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Vendredi 17 avril 2026, retrouvez Agnès Alazard (Co-fondatrice, MARIASCHOOLS) et Carine Kraus (directrice de l'engagement, groupe Carrefour) dans SMART JOB, une émission présentée par Arnaud Ardoin.
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00:08Bonjour à tous, ravi de vous retrouver dans Smart Job, votre rendez-vous emploi RH Management,
00:12débat, analyse, expertise et vos rubriques habituelles évidemment.
00:16Bien dans son job aujourd'hui, un livre à prendre, à apprendre.
00:20On renverse la table du learning et on va en parler avec l'une des autrices, Agnès Alazar-Roule,
00:26autrice de ce livre sorti chez Hubert, elle est notre invitée dans Bien dans son job.
00:31Le Cercle RH, un grand entretien pour s'intéresser à la grande distribution.
00:35Mais alors sur son versant RSE, on va accueillir Karine Croce, directrice exécutive justement de l'engagement chez Carrefour.
00:42Comment se manifeste l'engagement chez Carrefour et ce concept de transition alimentaire ?
00:47On lui posera toutes nos questions évidemment et je serai accompagné de Caroline de Senneville, journaliste décideur RH.
00:53Voilà le programme tout de suite, c'est Bien dans son job.
01:08Bien dans son job pour s'intéresser à un livre important, extrêmement documenté, très riche,
01:15Apprendre à apprendre, écrit par Agnès Alazar-Roule et Annabelle Bignon, deux co-autrices, fondatrices de Marias Koulz,
01:22Rue de Richelieu pour vous dire que j'ai bien lu votre livre, chère Agnès.
01:26Merci d'avoir répondu à notre invitation, Agnès Alazar-Roule, livre sorti chez Hubert,
01:30Comment développer les compétences qui comptent ?
01:33Et en fait, assez rapidement, au-delà du fait que ce livre est extrêmement documenté sur les études américaines,
01:38de tout ce qui peut sortir sur les disruptions éducatives, vous vous dites, vous renversez la table.
01:43La verticalité qui nous tombe sur la tête et dont on ne sait pas quoi faire, elle est presque dangereuse,
01:48si je reprends votre...
01:49Qu'est-ce qui vous a pris de vouloir écrire un livre sur le pas de côté de l'éducation
01:54?
01:55Depuis cinq ans, en fait, qu'on a créé l'entreprise avec Annabelle, on plonge dans tout ce qui nous
02:03inspire de la transformation du monde du travail.
02:06Et donc, on va puiser dans les sciences sociales, la philo, la psychologie positive, l'évolution du monde du travail,
02:12ça nous anime.
02:13Et on utilise en fait le levier du learning comme un moyen au service de trajectoire réussie pour les collaborateurs.
02:21Donc en fait, ce qu'on a voulu faire avec ce livre, c'est rassembler cinq ans de terrain, de
02:28tout ce qu'on a expérimenté, mis en place et compris,
02:31pour en faire un livre un peu manifeste, c'est vrai, parce qu'il nous semble à nous que le
02:36learning a une place peut-être plus importante à prendre que ce qu'il prend aujourd'hui.
02:39Je veux dire à ceux qui nous écoutent et qui voudront se pencher sur votre livre que ce n'est
02:42pas uniquement un livre de conseils pratiques,
02:44vous savez, c'est classique avec les petits conseils de l'expert. Non, non, vous allez jusqu'à l'anthropocène,
02:48c'est-à-dire que vous nous racontez toute l'histoire de la Terre,
02:50vous parlez d'écologie cognitive, c'est-à-dire que vous allez très très loin, je dirais, dans le renversement,
02:55je dirais, de ce qu'on a vécu, nous, élèves, depuis qu'on a fait le CP.
03:00Oui, parce qu'il nous semble que d'abord, sur le sujet de la formation pour les adultes, il est
03:05parfois un petit peu adressé comme,
03:08d'ailleurs le mot n'est pas très bien choisi, la formation c'est formater, c'est mettre un petit
03:11peu tout le monde dans un moule.
03:11Or, il nous semble au contraire qu'il faut développer des singularités et que finalement, face à la transformation et
03:17l'accélération de la transformation du monde,
03:20apprendre, apprendre à apprendre, c'est en fait la clé, c'est pour ça qu'on parle de boussole,
03:24pour en fait réussir à naviguer de manière à peu près sereine alors que tout change très très vite autour
03:29de nous.
03:30Avec des petites phrases d'auteurs que vous avez glanées, Siela, Edgar Morin et quelques autres qui sont très très
03:33riches.
03:35Vous parlez de l'IA, parce qu'en fait aujourd'hui, au-delà du fait qu'il faut peut-être
03:38repenser le modèle éducatif,
03:40il y a aussi l'IA qui nous arrive en pleine poire, et vous l'évoquez, comment on fait avec
03:45cette bestiole ?
03:46Ça pose la question clé en fait, c'est si l'intelligence artificielle elle sait tout et elle répond beaucoup
03:51mieux et beaucoup plus vite que nous,
03:52à quoi ça sert d'apprendre ? Mais finalement, c'est pour ça qu'apprendre aujourd'hui c'est une
03:58compétence,
03:58bien sûr c'est aussi un état d'esprit, c'est une posture, c'est celle de l'humilité, c
04:02'est celle de savoir dire je ne sais pas,
04:03c'est abandonner que le savoir, que le pouvoir, pardon, c'est le savoir, le pouvoir aujourd'hui c'est
04:08peut-être précisément ne pas savoir,
04:10et s'interroger, se poser les questions, pour réussir finalement à naviguer et à être à peu près serein,
04:17parce que ce que j'apprends aujourd'hui peut-être sera obsolète demain, mais j'ai confiance dans ma capacité
04:21à apprendre et à réapprendre et encore à réapprendre.
04:24Page 39, vous évoquez le protocole de désapprentissage, ça je trouve ça très intéressant, c'est-à-dire qu'en
04:29fait ce livre déconstruit beaucoup de choses,
04:31et donc par rapport à ça on désapprend.
04:33Oui, voilà, en fait on dit, on aime bien cette phrase qui est dire faire c'est mal faire,
04:37en fait personne ne fait quelque chose pour la première fois en réussissant du premier coup, c'est pas vrai.
04:42Donc il faut essayer de se mettre en action, mais pour ça il faut aussi accepter de ne pas tout
04:47savoir,
04:48il faut accepter d'oublier peut-être certaines choses dont on n'a peut-être plus besoin aujourd'hui en
04:53fait,
04:53et c'est ok de faire de la place dans son cerveau pour y mettre autre chose,
04:57et il faut accepter d'itérer, c'est-à-dire d'avancer de manière un peu expérimentale en essayant des
05:02choses,
05:02et on dit aussi beaucoup dans le lien, c'est-à-dire dans les relations, les ressources qu'on peut
05:08construire autour de soi.
05:10Vous évoquez l'IA, j'ai trouvé ça là pour le coup très amusant, sur les biais,
05:14avec toutes les questions qui nous traversent le cerveau, lisez les pensées ci-dessous,
05:17et voyez comme elles résonnent peut-être avec vos croyances, j'en cite deux ou trois.
05:20Je vais demander à Tchab GPT, ça sera plus rapide, vous l'évoquiez.
05:23Je ne comprends pas tout, donc ça doit être moi le problème, là je me culpabilise,
05:27c'est impressionnant, donc c'est forcément intelligent.
05:29J'ai le sentiment à travers votre livre aussi qu'on est à l'orée, à l'aune d'une
05:33nouvelle ère,
05:34que tout est à réinventer et à réécrire.
05:37Oui, nous c'est en tout cas un petit peu ce qu'on voit, c'est-à-dire qu'on
05:40a un peu oublié
05:40qu'il y a en chacun de nous une puissance d'agir qui est énorme,
05:44et qui est un petit peu sous-exploitée, parce qu'on nous demande peut-être moins de réfléchir,
05:49de nous poser des questions, d'interagir, on nous demande davantage d'exécuter,
05:53et peut-être qu'en fait en ranimant cette flamme, cette envie de faire, d'agir,
05:58en fait on est capable de faire beaucoup plus.
05:59Et il y a aussi un peu de bon sens, je dirais, dans ce qu'on propose.
06:03Je note, je parlais d'écologie cognitive, vous associez quand même beaucoup de concepts entre eux,
06:07vous les faites vivre, vous leur donnez du sens d'ailleurs,
06:09et dans un des chapitres 5, vous parlez de la permaculture cognitive.
06:12Alors, on a reçu un boulanger paysan de la biodynamie il y a quelques mois,
06:16qui nous parlait de ses engagements pendant le salon de l'agriculture.
06:19Vous parlez de permaculture cognitive, c'est quoi ?
06:21On mélange des plantes entre elles, ça c'est la permaculture ?
06:23En fait, c'est l'idée que finalement, et on est très inspiré par Olivier Hamant,
06:27l'idée de robustesse des organisations, et de s'inspirer de la nature,
06:30pour voir en fait comment on fait pour grandir,
06:33comment font les écosystèmes qui survivent.
06:36Et finalement, personne ne grandit jamais seul, quand on regarde la nature,
06:38elle ne grandit pas seule.
06:39En interaction.
06:41Exactement, en interaction.
06:42Prendre conscience qu'on fait partie d'un système,
06:44c'est passer de ce qu'on appelle de l'ego,
06:46c'est-à-dire une vision un peu individualiste de soi,
06:48et de sa trajectoire, de sa contribution,
06:50à l'éco, c'est-à-dire un écosystème dans lequel, en fait,
06:53ce qui compte, ce n'est pas tant les datas,
06:56les informations entre les différents points qu'on regarde,
06:58mais c'est les interactions.
06:59Et qu'en fait, la force, elle est dans les interactions
07:02entre les uns et les autres,
07:03dans les liens que les uns et les autres peuvent construire,
07:06et qui sont ressources, en fait, pour pouvoir continuer à grandir.
07:10Votre entreprise, parce que vous portez Maria Schools,
07:12vous avez évoqué votre associé,
07:14je mets le discours introductif que vous amenez,
07:16parce que finalement, la formation, c'est classique,
07:18on met des gens deux par deux dans un couloir,
07:20on les fait rentrer dans une salle,
07:21on tire un tableau, on écrit des trucs,
07:23on ferme l'ordinateur et on rentre chez soi.
07:25Vous, vous dites exactement l'inverse.
07:27C'est ce que vous dites aussi à ceux qui poussent la porte.
07:29Exactement.
07:29Dans toute l'expérience, en fait,
07:30c'est vraiment essayer de transmettre le plus possible
07:33cette idée qu'on est là pour apprendre,
07:35apprendre à apprendre,
07:36et donc cultiver sa curiosité,
07:38sa capacité à se questionner,
07:39qu'on va avoir peut-être,
07:41pour vous donner un exemple concret,
07:42dans une même journée,
07:42un intervenant qui dit A
07:44et un autre intervenant qui dit B.
07:46C'est vrai à la télévision,
07:47aussi, quand on la regarde.
07:48Exactement.
07:49Et donc, on amène les uns et les autres
07:53à s'interroger pour se dire,
07:54moi, j'ai plutôt confiance en A ou en B.
07:56Qu'est-ce qui est vrai pour moi ?
07:56C'est A ou c'est B ?
07:57Voilà, à réfléchir par eux-mêmes
07:59plutôt qu'à absorber des contenus.
08:01Puis de toute façon, aujourd'hui,
08:02tous les contenus sont gratuits sur Internet.
08:04Enfin, l'IA va vous donner toutes les réponses.
08:05Donc, comment est-ce qu'on fait pour,
08:07on aime bien cette phrase,
08:08développer sa souveraineté intérieure
08:10dans un monde d'assistance extérieure, en fait ?
08:12Et d'incertitude permanente.
08:13Et d'incertitude permanente, exactement.
08:15Et d'accéder à ce qu'on appelle la difficulté désirable.
08:18En fait, c'est dur d'apprendre.
08:19Ce n'est pas facile.
08:20Il faut désapprendre.
08:21On est parfois un peu en insécurité.
08:23On est vulnérable.
08:24On ne se sent pas forcément,
08:24on se sent un peu nul.
08:26Mais, en fait, c'est peut-être comme ça
08:27qu'on réussit à accéder à de nouveaux apprentissages.
08:29Avant de nous quitter, quand même,
08:30apprendre à apprendre.
08:31J'imagine qu'il y a des professeurs qui nous écoutent.
08:34Il n'y a pas que des DRH et des décideurs.
08:36Vous dites quoi ?
08:37On renverse la table du modèle éducatif ?
08:39Est-ce que c'est bien possible, ça ?
08:40Parce qu'on en parle souvent de ça.
08:41On l'entend dans des émissions de télévision
08:43où il faut tout changer.
08:44Puis on voit que rien ne change réellement.
08:46Moi, je ne peux pas m'exprimer sur l'éducation
08:48pour les enfants, notamment.
08:49Je ne connais pas assez les cibles.
08:50Ce livre, il est le fruit aussi
08:51de tout ce qu'on remarque chez les adultes.
08:53Je pense que chez les enfants, les adolescents,
08:55il y a d'autres problématiques probablement aussi imaginées.
08:58En tout cas, nous, on croit beaucoup
09:00à l'apprentissage du socle des fondamentaux.
09:03Donc, on ne dit pas qu'il faut arrêter d'apprendre,
09:05il faut arrêter de faire des études.
09:06Au contraire, il faut faire des études.
09:08On est convaincus qu'il y a un socle qui est essentiel
09:11et qu'ensuite, il faut travailler son esprit critique,
09:14sa capacité à penser de manière complexe,
09:17sa capacité à créer des liens
09:19avec les uns et les autres autour de soi.
09:21Lisez ce livre.
09:22Quand vous l'aurez fermé,
09:23vous serez plus intelligent, plus documenté,
09:25plus éclairé, en tout cas,
09:26sur tous ces sujets d'apprentissage, de learning,
09:28pour utiliser un anglicisme.
09:30Merci à vous, Agnès Al-Azard-Roul.
09:32Merci, Arnaud.
09:32Et merci à Annabelle Bignon,
09:33qui avait co-écrit ce livre avec vous,
09:35parce que c'est un sacré boulot.
09:36Apprendre à apprendre le superpouvoir
09:38à l'ère de l'IA,
09:39parce que je n'avais pas mis le sous-titre.
09:41Édition Vuibert.
09:42Voilà, merci de nous avoir rendu visite.
09:44On tourne une page,
09:45on s'intéresse à travers un grand entretien
09:47à l'ARSE de Carrefour,
09:49mais aussi à la transition alimentaire.
09:51Tiens, ça fait écho à la permaculture, peut-être,
09:53et on accueille, justement,
09:54l'un des membres du COMEX Carrefour.
09:56C'est le grand entretien,
09:57c'est le Cercle RH.
10:11Le Cercle RH est un grand entretien,
10:13aujourd'hui, pour parler de la grande distribution.
10:16Mais alors, en ouvrant la fenêtre de l'ARSE,
10:18de l'engagement, de l'inclusion, de la diversité,
10:21et on accueille Karine Croce.
10:22Bonjour, Karine.
10:23Bonjour, Arnaud.
10:24Très heureux de vous accueillir,
10:25directrice exécutive de l'engagement
10:27chez Carrefour,
10:29une enseigne patrimoniale.
10:31Merci d'avoir répondu à notre invitation.
10:33On s'intéressera à vous, d'abord,
10:34pour savoir votre parcours,
10:36la manière dont vous êtes arrivés
10:37chez Carrefour,
10:38et puis je suis accompagné, évidemment,
10:40dans chacune de mes émissions,
10:41par Caroline de Seineville,
10:43journaliste, décideur RH.
10:45Bonjour.
10:45Bonjour, Caroline.
10:46C'est un vrai plaisir de partager cette émission avec vous.
10:48D'abord, Karine, un tout petit mot,
10:49parce que quand on commence à travailler
10:51indépendamment de Carrefour, sur vous,
10:53on se dit, tiens, elle a fait Sciences Po,
10:55elle a fait l'ENA,
10:57elle est passée par les cabinets,
10:58elle a fait d'autres choses,
10:59et vous n'aviez pas le profil, je dirais,
11:02parfaitement calibré
11:02pour rentrer au COMEX de Carrefour.
11:04Comment ça s'est passé ?
11:05Racontez-nous.
11:06Qu'est-ce qui vous a attiré, là ?
11:08Je pense que c'est l'envie d'être utile,
11:11d'avoir de l'impact.
11:12Moi, j'ai passé l'ENA,
11:13donc quand j'étais plus jeune,
11:14parce que je voulais avoir de l'impact,
11:15parce que pour moi, la fonction publique,
11:16c'était une manière de changer le monde,
11:17et j'en reste convaincue.
11:19J'ai travaillé une dizaine d'années à Bercy,
11:20où on fait plein de choses magnifiques.
11:22Je suis une grande défendeuse du service public,
11:25des fonctionnaires qui font des tâches magnifiques.
11:27Moi, j'étais à Bercy, où je m'occupais du Syrie,
11:29les restructurations industrielles,
11:30donc tout ce qu'on voit en ce moment,
11:31les entreprises en difficulté,
11:33la désindustrialisation,
11:34et là, l'État a un vrai rôle à jouer,
11:36parce que l'État aide les entreprises
11:37qui, parfois, ont des difficultés avec leurs banques,
11:39avec des parties prenantes,
11:40à faire un peu le go-between entre tout le monde,
11:42et à sauver des emplois.
11:44Donc, voilà, il y avait beaucoup d'utilité,
11:45et j'étais très heureuse pendant une dizaine d'années à Bercy.
11:47Avec Bruno Le Maire, j'imagine ?
11:49Non, non, non.
11:50Moi, à l'époque, c'était Christine Lagarde,
11:51qui était ministre de l'économie,
11:53et Christian Estrosi,
11:54pour qui j'ai une vraie passion,
11:55qui était un homme très investi en tant que ministre de l'industrie.
11:57De l'industrie, à l'époque.
11:58De l'industrie, qui a sauvé énormément d'entreprises,
12:00avec beaucoup d'ambitions, d'énergie, de dynamisme,
12:02et Éric Besson, après,
12:03qui a également sauvé beaucoup d'entreprises.
12:05C'est exact.
12:05Et donc, voilà, je pense que l'État a un vrai rôle à jouer.
12:08À l'époque, on avait compté,
12:09on avait sauvé 50 000 emplois en trois ans.
12:11Alors, 50 000 emplois, c'est parfois rien à l'échelle de la France.
12:13Et en même temps, pour celui qui a pu conserver son job,
12:16c'est beaucoup.
12:17Juste un mot, comment on bascule ?
12:19J'ai lu des interviews,
12:20Alexandre Bompard dit,
12:21mais je souhaitais qu'elle soit avec nous.
12:23Comme s'il souhaitait aussi mettre du sang neuf,
12:26régénérer, apporter une autre image,
12:28une autre manière de s'exprimer.
12:29Et il y avait ça aussi, chez Alexandre Bompard,
12:31le fait de vous choisir pour diriger l'engagement ?
12:34C'est possible.
12:34Alors, après Bercy,
12:36moi, je suis passée par Veolia,
12:37où j'ai passé 10 ans.
12:38Là encore, ce sont des métiers qui ont du sens.
12:40C'est l'eau, les déchets, l'énergie.
12:42On voit bien tous les jours que c'est des sujets majeurs.
12:44C'est des sujets d'accès aux services essentiels.
12:46J'ai passé 10 ans là-bas.
12:47Et après, j'ai été recrutée par Alexandre,
12:49qui, en effet, je pense, aime bien avoir une équipe autour de lui,
12:51très diversifiée, avec des profils complémentaires.
12:53Et je pense que ça a énormément de sens
12:55d'avoir des gens qui sont des grands connaisseurs du retail,
12:57qui ont fait ça toute leur vie.
12:58Et puis, d'autres qui arrivent parfois de l'extérieur,
12:59avec des visions complémentaires.
13:01Donc, je pense que ça a fait partie des critères de son choix.
13:05Caroline, on voulait démarrer avec vous, chère Karine,
13:08sur un sujet qui semble être un pilier.
13:10D'abord, Carrefour, c'est l'alimentation.
13:11Pas ce que ça, mais c'est quand même l'alimentation.
13:14Et quand on prépare l'émission avec Caroline,
13:16on découvre que c'est un des piliers
13:18que vous avez baptisé la transition alimentaire.
13:22Oui, agir pour la transition alimentaire,
13:24c'est la raison d'être de Carrefour.
13:25Comment ça se traduit concrètement
13:27dans vos approches d'engagement ?
13:29Alors, comment ça se traduit concrètement ?
13:30Ça, c'est vraiment Alexandre Bompard
13:32qui a été visionnaire,
13:33puisqu'il a lancé ça en 2018.
13:34Donc, c'était quand même il y a 8 ans.
13:36Je pense que désormais, tout le monde
13:37fait un peu de la transition alimentaire.
13:39Tous nos concurrents le font aussi.
13:40Mais en 2018, c'était assez novateur,
13:41l'idée de dire qu'il faut que l'alimentation soit saine,
13:44quelque part durable pour le climat
13:46et à prix accessible.
13:47Et ça, c'était vraiment assez visionnaire en 2018.
13:49Comment ça se traduit ?
13:50On a toute une série de piliers.
13:52Mais alors, trois exemples.
13:53C'est un, il faut que l'alimentation soit bonne
13:54quelque part pour la planète.
13:55C'est l'exemple du bio.
13:57Carrefour a toujours été leader sur le bio.
13:59On a pris le virage du bio avant les autres,
14:01parce que c'était une grande attente de nos clients.
14:03On a été leader sur le plastique, par exemple.
14:05La réduction des emballages plastiques,
14:07évidemment, ça contribue à préserver la planète.
14:09Nos clients, ils sont très sensibles.
14:10Et donc, on enlève le plastique où on peut,
14:13sur les fruits et légumes,
14:14sur des exemples parfois du quotidien.
14:16Par exemple, les sous-vêtements.
14:17Les sous-vêtements, avant,
14:18il y avait des emballages plastiques.
14:19Vous rentrez chez vous,
14:20ce que vous faites,
14:21c'est évidemment, vous le mettez dans la machine.
14:23Donc, le plastique n'a pas de sens.
14:24Et objectivement, c'est tout bénéfice pour tout le monde
14:26d'enlever le plastique.
14:27Et notre dernier combat sur la transition alimentaire,
14:29c'est désormais la santé.
14:30Ça, c'est un sujet qui nous tient vraiment à cœur.
14:32La santé par l'alimentation,
14:33parce qu'on voit que de plus en plus,
14:35quels que soient les pays dans le monde,
14:37les gens veulent, en mangeant,
14:38essayer de se faire du bien,
14:40essayer d'éviter les controverses
14:41qu'on entend toute la journée.
14:42Camion, récemment.
14:43Voilà, le cadmium, le sucre.
14:45Et donc, Carrefour a toujours pris des positions
14:47de leader et de précurseur sur ce sujet
14:49qui, pour nous, est vraiment un sujet massif de société.
14:51Et tout ça, voilà, je finis sur la transition alimentaire,
14:54à prix accessible.
14:55Parce que l'idée aussi,
14:56c'est de l'offrir au plus grand nombre.
14:57On se doute bien que plus on a de revenus,
15:00plus on peut se permettre d'acheter
15:01une alimentation de qualité.
15:02Mais ce qu'on veut, nous,
15:03c'est que ce soit accessible partout,
15:05dans tous nos magasins, à tous nos clients.
15:06Donc voilà, c'est ça,
15:07notre transition alimentaire.
15:08Restons un instant sur l'alimentation,
15:10parce que Carrefour a aussi créé des filières
15:12où on peut même découvrir,
15:13quand on fait le QR code sur son poulet,
15:16découvrir la tête de l'agriculteur
15:18où le poulet a été découpé,
15:20ou en tout cas élevé.
15:22Il y a aussi de ça, chez Carrefour,
15:23l'idée aussi d'avoir une relation forte
15:26avec les agriculteurs qui nous nourrissent.
15:30Exactement, parce que ça, là encore,
15:31c'est quelque chose qui est gagnant pour tout le monde.
15:33Pour l'agriculteur,
15:34alors nous, on a beaucoup de contrats pluriannuels
15:36sur trois ans,
15:37notamment dans nos filières qualité Carrefour.
15:39Donc vous avez un petit logo FQC.
15:40Et on a quand même 35 000 agriculteurs
15:43avec qui on contractualise en France.
15:44On est le plus gros contractualiseur,
15:46quelque part contractant avec la filière agricole.
15:48L'agriculteur, lui, il a de la visibilité sur la durée.
15:51Nous, on s'assure d'avoir un approvisionnement français de qualité.
15:54Et le client s'y retrouve aussi.
15:56Donc c'est vraiment quelque chose qu'on aime beaucoup,
15:57qui permet de donner de la stabilité.
15:59Et puis je pense que tous ces engagements RSE,
16:01on voit bien en ce moment qu'avec le conflit actuel au Moyen-Orient,
16:04ils sont d'autant plus importants.
16:05C'est quand même un sujet majeur d'être capable d'avoir des filières
16:08d'approvisionnement locales sans les transports dans le monde entier.
16:12Oui, ça va se compliquer dans les semaines à venir, de toute évidence.
16:15Caroline, est-ce que vous vouliez...
16:16Les questions d'engagement, vous l'avez évoqué Arnaud en introduction,
16:19c'est aussi des questions de diversité et d'inclusion.
16:21Vous avez des objectifs assez forts en termes d'emploi,
16:23de personnes en situation de handicap notamment.
16:25Quelles sont vos actions phares en matière de diversité et d'inclusion ?
16:29Alors je pense qu'on a deux sujets qui nous animent beaucoup.
16:31Le premier, c'est le handicap.
16:32Parce qu'il y a quand même une personne sur huit en France
16:34qui est en situation de handicap.
16:35Et je pense qu'on connaît tous dans notre famille et dans nos entourages
16:38quelqu'un en situation de handicap.
16:40Visible ou invisible.
16:41Visible ou invisible.
16:42Voilà.
16:42Et donc on a pris deux engagements.
16:44Le premier, c'est de recruter massivement des personnes en situation de handicap.
16:47D'arriver à 15 000 collaborateurs fin 2026.
16:50Donc là, on est en ligne.
16:51On est à peu près à 14 200 personnes.
16:53Donc il faut encore qu'on en recrute 800 cette année.
16:55Et ça, je pense que c'est vraiment quelque chose qui change la donne
16:57de recruter des personnes en situation de handicap chez Carrefour.
17:00Et puis après, de faire en sorte qu'elles soient bien dans leur travail.
17:03Et puis l'autre sujet, c'est d'avoir des magasins handi-accessibles.
17:06On déploie des innovations.
17:07Alors après, on ne peut pas répondre à tout.
17:08On baisse le niveau sonore, par exemple.
17:10Voilà, ça c'est les heures silencieuses.
17:11On s'est rendu compte, ça vient d'un patron de magasin en Argentine
17:14qui avait un enfant autiste et qui s'est rendu compte
17:17que son fils ne pouvait pas aller faire les courses.
17:18Parce qu'il y a pas mal de lumière, pas mal de son.
17:20Et donc on baisse.
17:21Ça s'appelle les heures silencieuses.
17:22Entre midi et deux, c'est ça ?
17:24Alors on déploie souvent les magasins, plutôt dans les heures creuses,
17:26pour être honnête, parce que sinon ça fait un peu bizarre pour les clients.
17:29Mais donc pendant les heures creuses,
17:30généralement c'est jusqu'à 4 heures par magasin.
17:32Et c'est plébiscité par tout le monde.
17:34On a beaucoup de personnes âgées aussi qui nous disent que c'est plus calme.
17:37Moi aussi, la première, tout le monde aime bien.
17:38Ça fait du bien à tout le monde.
17:40Karine Croce, ce qui est intéressant, ce que vous évoquez,
17:42ces sujets-là qui sont des...
17:43Quand on parle de grande distribution, c'était encore il y a quelques semaines,
17:46il y avait la guerre des prix, il y avait ces tensions
17:48entre les centrales d'achat et les industriels.
17:53Actualités économiques.
17:54Comment vous prenez votre place, vous, dans un comex,
17:56où globalement, l'enjeu, il est business.
17:59Il faut qu'Arrefour dégage de la valeur.
18:01Il faut qu'il puisse s'y générer de la valeur.
18:04Comment vous prenez votre place dans ces sujets-là ?
18:07Je pense qu'il faut qu'à chaque fois qu'on lance une initiative RSE,
18:09on ne fait pas ça par conviction,
18:11parce qu'il y a des gens qui ont des convictions sur le climat,
18:13sur la biodiversité, mais ce n'est pas le rôle de l'entreprise.
18:15Il faut montrer qu'il y a une valeur marchande, sonnante et trébuchante.
18:18Et donc à chaque fois, on montre qu'il y a de la valeur.
18:20Donc un ROI.
18:21Un ROI, exactement.
18:22L'exemple parfait, je pense, c'est le végétal.
18:24Donc le végétal, c'est les alternatifs végétales.
18:26C'est remplacer des protéines carnées par des protéines végétales.
18:29On l'a lancé pour des raisons RSE,
18:31parce que quand vous mangez une assiette de pois chiches,
18:33évidemment, ça met moins de CO2 qu'un steak de viande rouge.
18:35Mais on se rend compte, évidemment,
18:37qu'il y a une appétence majeure de nos clients.
18:38On l'a fait aussi pour de bonnes raisons.
18:40On a fait 75% de chiffre d'affaires en plus,
18:42en trois ans, sur les alternatifs végétales.
18:45On a des familles qui viennent chez nous,
18:46parce que quand on a des enfants,
18:47on a de plus en plus d'enfants qui deviennent flexitariens, végétariens.
18:50Si vous savez que chez Carrefour, ce qui est le cas,
18:52on a 1500 références sur le végétal,
18:54que vous avez plus de choix qu'ailleurs,
18:56vous viendrez chez Carrefour faire vos courses pour toute la famille.
18:58Et donc à chaque fois, on essaye de traduire une conviction RSE
19:01en un engagement business, sonnant et trébuchant.
19:04Et je pense que c'est comme ça qu'on embarque l'entreprise.
19:06Oui, donc c'est de la RSE,
19:08de l'engagement connecté au business.
19:10C'est ça aussi qui est intéressant dans votre fonction.
19:12Et on agit beaucoup sur l'offre dans nos nouveaux sujets de santé.
19:16On voit bien par exemple l'ultra-protéiné,
19:18le skir, les yaourts enrichis en protéines,
19:20ça marche très très bien.
19:21Les jambans sans nitrite,
19:22qui est un autre sujet qui est notre passion chez Carrefour.
19:26Les skirs ont été pointés du doigt il n'y a pas très longtemps.
19:27Ils ont été pointés du doigt.
19:28Avec des produits ultra-transformés.
19:30Exactement, ultra-transformés.
19:31Mais c'est un segment qui fonctionne bien.
19:33Et donc quand on le fait, pour des raisons RSE aussi,
19:35d'avoir plus de protéines en rayon,
19:36on a aussi des clients qui l'achètent.
19:38Les jambans sans nitrite, c'est la même chose.
19:39Ça cartonne.
19:42Le dernier sujet, c'est de nous greffer dans ces discussions
19:44avec les grands industriels.
19:46On a lancé des nouveaux contrats RSE conjoints.
19:49Par exemple avec Coca-Cola.
19:51Coca-Cola, on a des discussions dures évidemment avec eux.
19:54De négociations commerciales.
19:56C'est l'équipe à achat qui fait ça.
19:58Et nous, côté RSE, on essaye de trouver un sujet d'intérêt commun.
20:01Vous leur dites quoi ?
20:01Mettez moins de sucre ?
20:02On a trouvé le Nature Pack.
20:05C'est-à-dire que quand vous achetez un pack de 6 bouteilles de Coca-Cola,
20:076 fois 1,5 litre, ça fait quand même 9 kilos.
20:09Jusqu'à maintenant, vous aviez un blister en plastique énorme.
20:12Plus la poignée, ça vous fait beaucoup de plastique qui ne sert à rien.
20:15Et donc Coca-Cola a développé en exclusivité pour Carrefour une glu magique.
20:19Et donc vos bouteilles sont tenues par une glu.
20:20Vous n'avez plus de plastique.
20:22Donc ça vous enlève tout le plastique.
20:23Et puis quand vous arrivez chez vous, vous faites comme ça.
20:25C'est comme un aimant.
20:26Et ça ne se casse pas la figure sur le chemin.
20:28Et ça, c'est un accord conjoint.
20:29On a signé un accord contractuel revu par des juristes.
20:33Eux, ils ont l'innovation et nous, on la teste en magasin.
20:35Parce qu'il faut quand même la tester en magasin.
20:57Les collaborateurs, parce que c'est intéressant, l'engagement, c'est aussi les collaborateurs.
21:01Vous l'avez évoqué sur l'enjeu des conditions de travail.
21:03La grande distribution n'échappe pas aux problématiques d'absentéisme.
21:07Il y a beaucoup de troubles musculo-squelettiques.
21:09Voilà, avec notamment les femmes qui sont majoritairement hôtesses de caisse.
21:12Voilà, quelle est votre approche pour accompagner au mieux ces collaborateurs
21:16et limiter les souffrances physiques ou psychologiques d'ailleurs ?
21:19Alors à chaque fois, on essaye de sonder en interne.
21:21On a quand même pas mal de voies de remontée d'informations.
21:24Ce qui pourrait être le plus utile pour nos collaborateurs.
21:27Et typiquement, alors, on s'est lancé sur le sujet de l'endométriose.
21:30Voilà, pour les femmes chez Carrefour.
21:31Parce qu'évidemment, il y a le sujet de féminisation, des cas de dirigeants, comme dans toute entreprise.
21:35Mais c'est un sujet parmi d'autres pour une femme qui travaille chez Carrefour.
21:39Et l'endométriose, évidemment, il y a beaucoup de femmes qui venaient en souffrant.
21:42Donc on a lancé l'initiative où une femme qui souffre d'endométriose lourde
21:45a un jour de congé par mois, payée par Carrefour.
21:48Donc ça fait quand même 12 jours par an.
21:50Dans la grande distribution, c'est pas rien d'avoir 12 jours.
21:52Pour que le jour où elle souffre, elle reste chez elle.
21:55Plutôt que soit d'aller au travail en se tordant de douleur,
21:58soit de ne pas venir avec une journée de carrément.
22:00Elle le prévient.
22:01Et tant qu'elle a eu une reconnaissance de sa maladie,
22:04elle peut avoir 12 jours de congé en plus.
22:05Et ça, c'est une vraie source de bien-être au travail.
22:08Parce qu'en effet, on parle assez peu de ce sujet de la santé des femmes.
22:11Mais donc nous, on s'est beaucoup investis sur le sujet de la santé des femmes.
22:13On a beaucoup de femmes chez Carrefour.
22:14Plus de femmes que d'hommes.
22:15On est à 52%, 48%.
22:17Et on s'est dit, qu'est-ce qui leur ferait vraiment du bien au quotidien ?
22:20Et voilà, c'est comme ça qu'on a lancé ce sujet-là.
22:23Un mot sur les collaborateurs et collaboratrices.
22:26On est à cheval dans l'engagement sur les enjeux RH.
22:29Forcément, vous avez des échanges avec les RH.
22:33Comment on fait pour garder des collaborateurs ?
22:36Les maintenir en poste ?
22:37Parce que tout le secteur est sous tension de recrutement.
22:40Tout le secteur a des difficultés et peine à recruter.
22:43C'est aussi la politique d'engagement.
22:45Comment on fait pour retenir ces collaborateurs ?
22:47On leur parle des enjeux de prévention en santé mentale.
22:49On les aide sur des sujets de leur vie quotidienne.
22:51Comment on fait ?
22:52Je pense que c'est tous ces sujets-là qui font un peu le supplément d'âme.
22:55Qui font que les gens restent.
22:56Alors pas tous, parce que comme tout le monde, on a du turnover.
22:59Mais en effet, des sujets comme l'endométriose,
23:01ça marche beaucoup aussi sur les jeunes générations.
23:04On s'est rendu compte que Carrefour faisait partie des entreprises préférées
23:06chez les jeunes diplômés.
23:07Parce qu'en effet, il y a ce sujet, la transition alimentaire,
23:09qui donne du sens.
23:10Et donc à chaque fois, on fait toutes ces politiques pour l'externe.
23:13Pour nos clients, pour nos actionnaires,
23:15nos investisseurs qu'ils demandent.
23:16Mais aussi beaucoup pour l'interne.
23:17Ça n'empêchera pas qu'il y a des gens qui changent tous les jours,
23:20ce qui est tout à fait normal.
23:21Mais je pense que ça donne un petit supplément d'âme.
23:23Où souvent, quand on lance des initiatives en interne,
23:25notamment sur les sujets de diversité et inclusion,
23:27ça plaît beaucoup en interne aux personnes concernées.
23:29Et ça, on essaie à chaque fois d'avancer sur un certain nombre de sujets
23:32qui ne sont pas toujours coûteux pour l'entreprise,
23:34mais qui sont une forme de reconnaissance de l'identité de chacun.
23:37On les écoute.
23:38On les écoute.
23:38On essaie de faire la chose qui nous semble le plus pertinent.
23:41On parlait de handicap invisible.
23:43C'est un vrai sujet de société.
23:44Et la reconnaissance.
23:45Et la reconnaissance.
23:46Qui est un autre sujet.
23:47On parle beaucoup.
23:48Par exemple, au mois de juin, on lance un mois sur la sclérose en plaques.
23:51C'est une maladie qui est très peu connue.
23:53Au mois de juin, ce sera la sclérose en plaques.
23:55Parce que les gens qui en ont une, ça ne se voit pas toujours au début.
23:57Ils n'osent pas en parler.
23:58Et donc, à chaque fois, on essaie de faire progresser un certain nombre de sujets.
24:01Avant de nous quitter, je sais qu'on sort de votre champ lié à l'engagement.
24:05Mais c'est aussi une réflexion qui doit traverser tout un comex
24:07d'une entreprise aussi importante que celle qu'est Carrefour.
24:11L'avenir des hypermarchés.
24:12Parce que c'est un grand sujet qui est posé.
24:14C'est la manière dont ces mastodontes de la consommation sont parfois remis en question
24:18par les consommateurs.
24:19Et ça aussi, ça a trait à l'engagement, à l'écologie, au bilan carbone
24:23sur lequel vous faites beaucoup d'efforts.
24:25Comment vous regardez ce sujet-là ?
24:26Alors nous, notre PDG l'a dit plusieurs fois, il est convaincu de l'avenir de l'hypermarché.
24:30Nous en sommes tous convaincus.
24:31Je l'ai entendu aussi.
24:32Exactement.
24:33Quand on va dans un hypermarché, je pense qu'on le voit.
24:35Il y a toute une série de choses quand même qui font une forme de commerce vraiment
24:38qui plaît aux gens.
24:39Il y a la largeur d'offres.
24:40Quand vous vivez dans Paris, vous avez généralement des surfaces qui sont plus petites.
24:44Dans un hypermarché, vous avez une largeur d'offres qui plaît à nos clients.
24:47Vous avez le prix le plus bas.
24:48Et vous avez aussi des hypermarchés où on fait attention désormais justement à la
24:52consommation d'énergie.
24:53Ils ont quasiment tous des bornes de recharge électrique, des panneaux photovoltaïques.
24:57Et nous, on est convaincus de l'avenir de l'hypermarché.
24:58Et c'est vrai qu'il y a quand même à condition de savoir l'animer.
25:01Donc, on fait aussi de plus en plus d'animations en magasin.
25:03On le réinvente à l'intérieur.
25:04Il faut le réinventer.
25:05C'est ça.
25:06Mais le format en lui-même est un format d'avenir.
25:08On en est vraiment convaincus.
25:09Donc, on réécrit l'histoire qu'on va vivre à l'intérieur.
25:14Exactement.
25:14J'ai vu qu'il y avait des corners qui se resserraient.
25:15On a de plus en plus de corners.
25:16Maintenant, vous avez par exemple des corners de sushi dans tous nos hypermarchés.
25:19Vous avez toute une série de corners d'animations avec des marques.
25:22Souvent des marques engagées.
25:23Ça aussi, on a beaucoup de marques engagées qu'on met en magasin.
25:25Et je pense qu'il y a cette forme de vie, malgré toute proximité, qui plaît beaucoup à nos clients.
25:30Caroline, peut-être un dernier mot ?
25:31Peut-être revenir un petit peu sur la formation des collaborateurs aux enjeux RST.
25:34Vous avez beaucoup évoqué la mise en avant du bio, de consommation responsable.
25:38Quelles sont vos approches, notamment pour les équipes en magasin ?
25:41On fait beaucoup de formations.
25:42On a fait beaucoup de formations qu'on essaie de faire les plus pratico-pratiques possibles.
25:46On a à la fois un dispositif où tous nos collaborateurs qui ont un bonus sont incentivés sur l'RSE.
25:52Donc ça, c'est un moyen de faire bouger les lignes.
25:54Exactement.
25:54Quand vous avez un bonus, vous avez une partie de votre rémunération avec l'RSE,
25:58avec 16 indicateurs qui vont du handicap, évidemment, des sujets diverses inclusions,
26:02la part du bio, la pêche durable.
26:04Donc toute une série d'indicateurs.
26:06Et puis beaucoup de formations, mais vraiment très concrètes.
26:08Parce que je pense que sur tous ces sujets de RSE, il faut à la fois être très business et
26:11en même temps très concret.
26:12Nous, c'est vraiment quelque chose qu'on déteste chez Carrefour.
26:15C'est la RSE un peu stratosphérique avec des grandes déclarations qu'il faut vraiment montrer.
26:19Et je pense qu'en effet, un collaborateur conforme justement aux nouveaux modes de consommation,
26:24à la lutte contre le gaspillage, tout le monde est ravi parce qu'on se dit qu'on fait mieux
26:28son travail à la fin de la journée.
26:29Il nous reste un peu moins d'une minute.
26:31La situation internationale, vous l'avez évoquée en expliquant qu'il fallait évidemment aller se sourcer au plus près avec
26:37des agriculteurs, des maraîchers.
26:40Elle vous inquiète ? Vous, le COMEX ?
26:42Je pense qu'on est relativement peut-être, j'allais dire, moins exposés que d'autres.
26:46Je ne sais pas.
26:46En tout cas, sur ma partie à moi, j'allais dire qu'il y a la partie un peu RSE.
26:49Il y a une opportunité peut-être de votre côté.
26:51On a beaucoup d'achats d'électricité verte, par exemple.
26:53Maintenant, c'est 25% de la consommation de Carrefour.
26:56On l'a fait pour de bonnes raisons environnementales.
26:57On est bien content maintenant d'avoir de l'énergie verte.
27:00Carrefour Brésil, par exemple, a signé la semaine dernière le plus gros contrat d'approvisionnement en énergie solaire de tout
27:05le Brésil.
27:05Personne n'avait signé ça avant.
27:07On le fait pour de bonnes raisons.
27:08Donc approvisionné que par le soleil.
27:09Que par le soleil.
27:10Et au Brésil, évidemment, c'est assez facile.
27:12Malgré tout, c'est quand même 25% de la consommation de Carrefour Brésil.
27:14Et ça les pré-munique entre l'augmentation du prix de l'électricité, du prix du gaz.
27:18Donc évidemment, il y a toute une série d'impacts négatifs de la crise actuelle.
27:21Mais sur les sujets RSE, je pense qu'on se rend compte d'autant plus de l'utilité de poussée.
27:26C'est d'ailleurs ce que disent en ce moment tous les gens un peu spécialistes de ces sujets de
27:30transition énergétique.
27:31Avec la problématique des transports routiers quand même qui viennent livrer les établissements.
27:36Exactement.
27:36Ce sujet-là, il est posé.
27:37Caroline, est-ce que vous vouliez rajouter un dernier mot ?
27:40C'était bon.
27:40On va saluer Karine Croce de nous avoir rendu visite.
27:42Merci d'avoir pris le temps de nous éclairer sur votre mission.
27:46Vous avez trouvé du sens, ça y est, vous avez trouvé le sens, vous évoquiez le sens.
27:49Ah oui.
27:49Vous y êtes, vous êtes bien ?
27:50Pleinement, pleinement, pleinement.
27:51Pleinement et heureuse.
27:52Très heureuse.
27:53Merci Karine Croce de nous avoir rendu visite, directrice exécutive de l'engagement au sein du groupe Carrefour.
27:58C'était un vrai plaisir de vous accueillir.
28:00Merci à vous Caroline.
28:01Merci à nous.
28:01D'avoir partagé cette émission, comme d'habitude.
28:04Merci aux équipes qui étaient derrière dans le long, Nicolas Juchat évidemment.
28:07Merci à notre ami ingénieur du son et merci à notre ami réalisateur Mani Pézecch.
28:12Je vous dis à très, très, très bientôt pour une prochaine émission.
28:15Bye, bye.
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