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Ce mardi 24 février, Jean-François Loiseau, président de l'Ania et président de la coopérative céréalière Axéréal, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Retour sur les négociations commerciales qui doivent s'achever au 1er mars.
00:06On est avec Jean-François Loiseau. Bonjour, vous êtes le président de l'Agnat.
00:11Vous étiez auditionné le 12 février dernier au Sénat.
00:14Vous nous avez dit quand même que ça se passait assez mal avec la grande distribution, même très mal.
00:18Vous parlez d'impunité totale d'un secteur qui tire les prix vers le bas et fragilise l'agroalimentaire.
00:25J'étais avec Michel-Edouard Leclerc la semaine dernière, en milieu de semaine Leclerc.
00:28Il m'a dit que tout se passe bien, c'est comme d'habitude, il n'y a rien de
00:32différent cette année par rapport aux autres années.
00:35Qu'est-ce que vous répondez, vous ?
00:36Moi, je réponds que tout se passe plutôt mal.
00:38Alors pour lui, oui, ça se passe bien. Pour la grande distribution, ça se passe certainement bien.
00:42Mais en tout cas, pour les 23 000 entreprises que je représente, ça se passe mal.
00:45Et je ne parle pas que des très grandes entreprises, parce que souvent on se focalise sur les très grandes
00:50entreprises.
00:51Non, je parle des PME qui malheureusement, elles aussi, on leur retire des produits à la vente,
00:58parce que ces entreprises petites, moyennes, ne satisfassent pas les demandes des distributeurs
01:07avec des baisses systématiques qui ne sont pas du tout justes.
01:10Donc là, clairement, les distributeurs demandent des baisses de prix, pas ne pas augmenter les prix.
01:14On est sur une demande déflationniste.
01:16On est vraiment sur une baisse de prix, n'est-ce pas ?
01:18Comme si l'alimentaire devait régler le problème du pouvoir d'achat des consommateurs.
01:22Il y a beaucoup de dépenses maintenant au-delà de l'alimentaire.
01:25L'alimentaire, c'est 12% à peu près du panier moyen aujourd'hui.
01:29Il y a 15 ans, c'était entre 15 et 22%.
01:32Aujourd'hui, c'est 12%.
01:33Donc on ne peut pas demander à l'alimentaire, donc aux petites entreprises, aux grandes entreprises,
01:38et donc en amont aux agriculteurs, d'être un peu la variable d'ajustement
01:41et de baisser les prix systématiquement.
01:44Alors c'est quoi l'issue ?
01:45Parce que si ça se passe mal, alors j'imagine qu'il y a des déréférencements,
01:47puisque c'est la première menace en fait, le déréférencement.
01:50C'est ce qui fonctionne le mieux presque.
01:53Après c'est quoi ? On arrive quand même à s'accorder, il reste quelques jours.
01:57Oui, alors moi j'ai entendu il y a quelques jours que finalement c'était une pièce de théâtre
02:00et que tout ça, ça allait se terminer correctement.
02:02Non, ce n'est pas du tout une pièce de théâtre.
02:04Parce que pendant ce temps-là, les entreprises, elles ne peuvent pas payer correctement leurs salariés,
02:07elles ne peuvent pas investir dans la décarbonation, on en parle tous les jours en ce moment,
02:11elles ne peuvent pas aller à l'international
02:12et elles décapitalisent.
02:14Ces entreprises, ce sont avant tout des familles.
02:16Des familles qui pendant 30 ans ont travaillé pour élaborer des produits
02:20et finalement se retrouvent avec un appauvrissement.
02:22Alors l'issue, nous ce que nous demandons,
02:24c'est que le ministre du pouvoir d'achat et des petites entreprises,
02:30M. Serge Papin, fasse son travail.
02:32C'est-à-dire qu'en fait qu'il procède à des contrôles.
02:34Il a l'autorité pour aller dans les magasins de la grande distribution
02:39et faire des contrôles, des relevés de prix.
02:41Et d'ailleurs, nous sommes prêts aussi, nous, à ouvrir nos livres.
02:44– Ah oui, parce que c'est ce que demande la grande distribution.
02:46– Oui, oui, il veut les livres.
02:47– Nous, on ouvre tout.
02:48Et de toute façon, ils le savent très bien.
02:51Et Serge Papin le sait très bien que le problème,
02:52il est du côté de la grande distribution.
02:54Donc nous, ce que nous demandons, ce sont des contrôles pour vérifier
02:57si les entreprises ou la grande distribution
03:00respectent bien les fameuses lois EGALIM, n'est-ce pas ?
03:02La matière première agricole qui doit être payée aux agriculteurs.
03:05Et donc, nous observons qu'aujourd'hui, 75% des contrats signés
03:09par la grande distribution avec les entreprises
03:12ne respectent pas la matière.
03:13– 75% ?
03:14– 75%, c'est énorme.
03:16– Tous distributeurs confondus ?
03:18– En moyenne, tous distributeurs.
03:20Alors peut-être que les plus importants appuient un peu plus fort.
03:22On a 520 000 emplois sur le terrain, dans tous les départements.
03:26Je veux dire, est-ce qu'on veut sacrifier au titre
03:28de 12% du panier du consommateur, finalement,
03:32cette espèce d'économie qui est la première industrie du pays ?
03:35La qualité alimentaire mérite autre chose.
03:38Moi, je pense que d'avoir systématiquement des baisses de prix
03:41depuis 15 ans maintenant.
03:43– Et là, vous voyez clairement des baisses de prix
03:46qui ont été acceptées sous pression ?
03:48– Alors, c'est un très bon point, parce que malheureusement,
03:51les petites entreprises, quelquefois,
03:53elles n'ont plus le choix à un moment donné.
03:55Donc, elles signent.
03:55Elles signent avec des baisses de prix.
03:57Alors, ça va être moins 6, ça peut être moins 2,
03:59ça peut être 0, mais en tout cas, c'est jamais plus 3.
04:01Ça, c'est clair.
04:02Les grandes entreprises, elles retiennent,
04:04elles ont un petit peu plus de cash pour l'instant.
04:06Et elles, de toute façon,
04:07elles ne vont pas avoir de prise de commande.
04:09Vous avez dit tout à l'heure, déréférencier,
04:11ça veut dire quand même enlever du produit.
04:12– Oui, ça c'est violent, évidemment.
04:13– Et puis, d'ici un mois, bien après la fin des négociations,
04:17d'ici deux mois, il y aura, je dirais,
04:20de nouvelles négociations entre la grande distribution
04:23et les entreprises.
04:24Mais finissons-en une bonne fois pour toutes.
04:26Il n'y a qu'en France que ça se passe comme ça.
04:27En Italie, en Allemagne, en Espagne, ça ne se passe pas comme ça.
04:30– Et c'est pas, pourquoi il n'y a qu'en France ?
04:33C'est-à-dire que c'est le fonctionnement des galimes
04:34qui ne marche pas, c'est la concentration des acteurs ?
04:36– Alors, oui, vous avez 500 000 agriculteurs en France,
04:3923 000 entreprises de l'agroalimentaire
04:40et vous avez à peu près 3-4 acteurs de la grande distribution.
04:45Nous en avons besoin de la grande distribution.
04:47Je ne dis surtout pas qu'il ne faut pas, bien au contraire,
04:49mais il faut que ce soit beaucoup plus respectueux.
04:52Leclerc, il fait 53 milliards d'euros de chiffre d'affaires,
04:552% de résultats nets, je ne vous raconte pas,
04:58je pense que c'est facile de faire l'addition
05:00et même la multiplication.
05:01Donc, il y a un vrai problème aujourd'hui
05:03de sauvegarde du tissu agroalimentaire.
05:06On a sacrifié le textile,
05:09on est en train malheureusement un peu de sacrifier l'automobile,
05:12on va sacrifier l'agroalimentaire
05:14pour quelques petits points, quelques centimes
05:16qui peuvent sauver des entreprises et de l'emploi.
05:19Moi, je dis non.
05:19– Vous me parlez du ministre qui vous défend,
05:21mais vous me parlez de Serge Papin.
05:22Alors Serge Papin, il vient de Système U,
05:23mais c'est Annie Gennevard qui aujourd'hui a pris le dossier sous le bras.
05:28– Annie Gennevard, elle est ministre de l'agriculture et de l'agroalimentaire
05:32et moi, je n'ai pas à distribuer des bons points,
05:35mais en tout cas, elle a fait le job et elle est courageuse.
05:37Mais Serge Papin, c'est lui qui a l'autorité sur la DGCCRF.
05:41– Donc les contrôles, c'est lui ?
05:43– Les contrôles, c'est lui.
05:44Il le sait très bien.
05:45Nous lui avons dit, je lui ai dit, je lui rappelle à chaque fois.
05:47– Et qu'est-ce qu'il dit ?
05:49– Il dit que ça va peut-être se faire.
05:51Il dit qu'il faudrait se mettre autour de la table et discuter.
05:54Non, qu'il fasse les contrôles.
05:55Ça va très vite, on peut faire des contrôles,
05:57on peut observer que la grande distribution ne respecte pas.
06:01Ce qu'il faut, c'est respecter.
06:02On ne demande pas des hausses de prix abusées.
06:05Non, nous ce qu'on veut, ce que nous voulons,
06:07c'est pouvoir payer correctement les salariés,
06:10décarboner, innover, investir, occuper le territoire.
06:12– Merci beaucoup Jean-François Loiseau d'être venu ce matin
06:15dans la matinale de l'économie.
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