00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Notre invité c'est Olivier Vignol, bonjour, vous êtes le président exécutif de Domitiz,
00:07numéro 1 des résidences seniors de service en France.
00:11Vous deviez venir initialement pour parler du plan senior, encore une fois, reculer.
00:17Rien que ça, ça doit vous désespérer ?
00:20Ça nous désespère, bonjour d'abord.
00:22C'est la cinquième fois depuis 2007 qu'on annonce un grand plan senior,
00:26et puis le gouvernement a annoncé, on comprend que c'est lié à un remaniement ministériel qui devrait arriver,
00:31mais le report si nédié de ce plan grand âge,
00:35et la crainte évidemment de tous les gens qui s'occupent du vieillissement de la population,
00:39c'est qu'il ne se passe rien avant les élections présidentielles de 2027,
00:44on verra si c'est reporté de quelques mois,
00:47et que le choc du vieillissement il est pour demain, et la France n'est pas prête.
00:51On a le corps là ce matin qui dit qu'il va tout falloir revoir sur la question des retraites,
00:56parce que les chiffres de la démographie sont pires que ce qu'on avait annoncé,
00:59donc le système ne tient pas.
01:01Mais quand même, vous disiez ce plan, cinquième fois qu'il est reculé,
01:04on a la ministre qui était dédiée au sujet, qui redevient députée,
01:08alors je ne sais pas si elle considère que le sujet n'est pas intéressant,
01:10ou si c'est parce que ça se passe à l'Assemblée nationale.
01:12Comment on fait à un moment donné pour expliquer à une population française
01:15qui refuse de se voir vieillir, qu'il faut prendre le sujet en main ?
01:20Je ne sais pas si la population française ne refuse le sujet,
01:23on a quand même plutôt l'impression que ce sont les gouvernants,
01:27le pouvoir exécutif qui depuis 2007 reportent ses plans,
01:30qui ne veulent pas le voir, probablement pour des raisons budgétaires,
01:33on sait que la prise en charge de la dépendance coûte beaucoup d'argent,
01:36et que ce choc de vieillissement, un seul chiffre,
01:39c'est le nombre de seniors de plus de 75 ans,
01:42entre 2020 et 2030 il va croire de 50%,
01:44un peu plus de 4 millions, un peu plus de 6 millions,
01:46c'est la fameuse translation du baby-boom d'après-guerre en pépi-boom,
01:51et objectivement, on ne va pas dire rien n'est fait,
01:53mais très peu est fait pour se préparer,
01:55et maintenant le choc de vieillissement c'est pour 2028,
01:58le baby-boom il a commencé en 1946,
02:01en 2028 les gens ont 82 ans,
02:03c'est l'âge où les problèmes commencent à arriver,
02:06les pertes d'autonomie, et on n'est pas prêts,
02:09et il faut bien le dire aux Français,
02:12le problème va devoir être pris en charge par les familles,
02:15et personne ne s'attend à cela,
02:18et les gouvernements, les députés,
02:21doivent considérer que ce n'est pas une priorité,
02:23moi je suis choqué de voir qu'on a passé des heures et des heures,
02:26c'est un sujet essentiel, très important,
02:28la fin de vie, la loi qui est encore en débat,
02:32mais le fait de prise en charge de la perte d'autonomie,
02:35de la dépendance, pas une heure de débat quasiment à l'Assemblée,
02:38c'est vrai que l'arbitrage est très étonnant.
02:40Mais c'est intéressant ce que vous dites sur le fait
02:42qu'il faut bien prendre conscience que ça va peser sur les familles,
02:46c'est-à-dire que ça va devenir un sujet pour les actifs qui travaillent,
02:49et qui doivent s'occuper aussi d'une personne dépendante,
02:52c'est-à-dire que c'est vraiment un sujet sociétal qui va toucher tout le monde,
02:55et qui va avoir un impact économique.
02:57– Oui, on m'a mis un peu d'ailleurs le clivage entre les générations
03:01sur le sujet des retraites,
03:02mais on va le mettre encore plus sur le sujet de la prise en charge
03:05de la perte d'autonomie et de la dépendance.
03:07Parce qu'on va passer en 50 ans d'une société,
03:10ou en tout cas pour ceux qui le pouvaient,
03:12où c'est les parents qui aidaient les enfants,
03:15à une société où ce seront les enfants et les petits-enfants
03:18qui devront aider leurs aînés à faire face à la dépendance,
03:22puisque la dépendance est prise en charge aujourd'hui par les départements,
03:25pour la partie perte d'autonomie et par la partie sécurité sociale pour les soins.
03:30Les départements, comme la plupart des collectivités locales,
03:34n'auront pas les moyens de faire face à la prise en charge de la dépendance,
03:37donc il faudra bien que les familles s'organisent.
03:40– Mais votre activité, elle est avant la dépendance,
03:43vous vous adressez à des gens qui sont autonomes,
03:46qui ont du service, de l'assistance,
03:48mais qui ne sont pas en situation de manque d'autonomie.
03:52– Non, les gens chez Demetis,
03:54on a un peu plus de 200 résidences en France,
03:56on accueille des résidents qui sont autonomes,
03:59mais quand même fragilisés.
04:01Les gens rentrent chez nous à 82 ans,
04:02ils restent entre 3 et 4 ans,
04:04donc c'est quand même un âge où on est fragilisés.
04:07Et les gens, ils viennent chez nous pour trois choses,
04:08vous savez, ils viennent d'abord pour le lien social,
04:10avant même de trouver un appartement adapté ou desservi,
04:13la peur d'être seul, la peur de l'isolement,
04:15c'est la première crainte des personnes âgées.
04:17Donc ils viennent pour être dans une petite communauté,
04:20ils viennent pour des sentiments de sécurité,
04:22les personnes âgées sont très perméables
04:25à l'insécurité ou à la sécurité,
04:28donc rassurées d'être dans une communauté,
04:30et puis ils viennent effectivement pour des services,
04:32parce que plus vous avancez en âge,
04:34plus faire votre ménage,
04:36faire votre linge,
04:40faire vos repas devient compliqué,
04:42et dans des résidences comme les nôtres,
04:43on propose ce type de services,
04:45et plus les gens avancent en âge,
04:46plus ils consomment des services,
04:48et le fait de les regrouper
04:50permet de donner des services de meilleure qualité
04:53pour un moindre coût.
04:54Et vous n'allez pas du coup aller sur la marche d'après,
04:57avec les personnes en manque d'autonomie,
04:59vous restez sur ce segment-là ?
05:01Alors on reste, l'évolution probable,
05:02c'est que dans les choses qui ne sont pas faites,
05:05on ne construit plus des pads en France
05:06depuis maintenant près de dix ans,
05:08donc on sait qu'à l'horizon 2029-2030,
05:11il n'y aura pas assez de place des pads en France.
05:14Il y a eu ce problème autour des EHPAD,
05:16aujourd'hui il y a de la place,
05:17dans 3-4 ans il n'y en aura plus,
05:19et on pense probablement que des résidences comme les nôtres
05:21devront probablement accueillir des gens
05:24qui sont au premier stade de la perte d'autonomie.
05:28Du coup, monter sur la médicalisation ?
05:30Alors on ne fait pas de soins,
05:31c'est ce qui nous différencie,
05:33les RSS ne sont pas dans le secteur médico-social,
05:36parce que la grande différence c'est qu'on ne fait pas de soins,
05:38en revanche on peut faire des prestations
05:40du type aide au lever, aide à la toilette,
05:42aide à la prise des repas,
05:44qui ne relèvent pas de la prescription médicale,
05:46mais qui sont quand même des prescriptions
05:47en lien avec la perte d'autonomie,
05:49et probablement on va être amené à en faire de plus en plus.
05:52Merci beaucoup d'être venu ce matin,
05:53Olivier Vignol, président exécutif de Domitiz.
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