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  • il y a 5 jours
Ce jeudi 12 février, Olivier Wigniolle, président exécutif de Domitys, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Notre invité c'est Olivier Vignol, bonjour, vous êtes le président exécutif de Domitiz,
00:07numéro 1 des résidences seniors de service en France.
00:11Vous deviez venir initialement pour parler du plan senior, encore une fois, reculer.
00:17Rien que ça, ça doit vous désespérer ?
00:20Ça nous désespère, bonjour d'abord.
00:22C'est la cinquième fois depuis 2007 qu'on annonce un grand plan senior,
00:26et puis le gouvernement a annoncé, on comprend que c'est lié à un remaniement ministériel qui devrait arriver,
00:31mais le report si nédié de ce plan grand âge,
00:35et la crainte évidemment de tous les gens qui s'occupent du vieillissement de la population,
00:39c'est qu'il ne se passe rien avant les élections présidentielles de 2027,
00:44on verra si c'est reporté de quelques mois,
00:47et que le choc du vieillissement il est pour demain, et la France n'est pas prête.
00:51On a le corps là ce matin qui dit qu'il va tout falloir revoir sur la question des retraites,
00:56parce que les chiffres de la démographie sont pires que ce qu'on avait annoncé,
00:59donc le système ne tient pas.
01:01Mais quand même, vous disiez ce plan, cinquième fois qu'il est reculé,
01:04on a la ministre qui était dédiée au sujet, qui redevient députée,
01:08alors je ne sais pas si elle considère que le sujet n'est pas intéressant,
01:10ou si c'est parce que ça se passe à l'Assemblée nationale.
01:12Comment on fait à un moment donné pour expliquer à une population française
01:15qui refuse de se voir vieillir, qu'il faut prendre le sujet en main ?
01:20Je ne sais pas si la population française ne refuse le sujet,
01:23on a quand même plutôt l'impression que ce sont les gouvernants,
01:27le pouvoir exécutif qui depuis 2007 reportent ses plans,
01:30qui ne veulent pas le voir, probablement pour des raisons budgétaires,
01:33on sait que la prise en charge de la dépendance coûte beaucoup d'argent,
01:36et que ce choc de vieillissement, un seul chiffre,
01:39c'est le nombre de seniors de plus de 75 ans,
01:42entre 2020 et 2030 il va croire de 50%,
01:44un peu plus de 4 millions, un peu plus de 6 millions,
01:46c'est la fameuse translation du baby-boom d'après-guerre en pépi-boom,
01:51et objectivement, on ne va pas dire rien n'est fait,
01:53mais très peu est fait pour se préparer,
01:55et maintenant le choc de vieillissement c'est pour 2028,
01:58le baby-boom il a commencé en 1946,
02:01en 2028 les gens ont 82 ans,
02:03c'est l'âge où les problèmes commencent à arriver,
02:06les pertes d'autonomie, et on n'est pas prêts,
02:09et il faut bien le dire aux Français,
02:12le problème va devoir être pris en charge par les familles,
02:15et personne ne s'attend à cela,
02:18et les gouvernements, les députés,
02:21doivent considérer que ce n'est pas une priorité,
02:23moi je suis choqué de voir qu'on a passé des heures et des heures,
02:26c'est un sujet essentiel, très important,
02:28la fin de vie, la loi qui est encore en débat,
02:32mais le fait de prise en charge de la perte d'autonomie,
02:35de la dépendance, pas une heure de débat quasiment à l'Assemblée,
02:38c'est vrai que l'arbitrage est très étonnant.
02:40Mais c'est intéressant ce que vous dites sur le fait
02:42qu'il faut bien prendre conscience que ça va peser sur les familles,
02:46c'est-à-dire que ça va devenir un sujet pour les actifs qui travaillent,
02:49et qui doivent s'occuper aussi d'une personne dépendante,
02:52c'est-à-dire que c'est vraiment un sujet sociétal qui va toucher tout le monde,
02:55et qui va avoir un impact économique.
02:57– Oui, on m'a mis un peu d'ailleurs le clivage entre les générations
03:01sur le sujet des retraites,
03:02mais on va le mettre encore plus sur le sujet de la prise en charge
03:05de la perte d'autonomie et de la dépendance.
03:07Parce qu'on va passer en 50 ans d'une société,
03:10ou en tout cas pour ceux qui le pouvaient,
03:12où c'est les parents qui aidaient les enfants,
03:15à une société où ce seront les enfants et les petits-enfants
03:18qui devront aider leurs aînés à faire face à la dépendance,
03:22puisque la dépendance est prise en charge aujourd'hui par les départements,
03:25pour la partie perte d'autonomie et par la partie sécurité sociale pour les soins.
03:30Les départements, comme la plupart des collectivités locales,
03:34n'auront pas les moyens de faire face à la prise en charge de la dépendance,
03:37donc il faudra bien que les familles s'organisent.
03:40– Mais votre activité, elle est avant la dépendance,
03:43vous vous adressez à des gens qui sont autonomes,
03:46qui ont du service, de l'assistance,
03:48mais qui ne sont pas en situation de manque d'autonomie.
03:52– Non, les gens chez Demetis,
03:54on a un peu plus de 200 résidences en France,
03:56on accueille des résidents qui sont autonomes,
03:59mais quand même fragilisés.
04:01Les gens rentrent chez nous à 82 ans,
04:02ils restent entre 3 et 4 ans,
04:04donc c'est quand même un âge où on est fragilisés.
04:07Et les gens, ils viennent chez nous pour trois choses,
04:08vous savez, ils viennent d'abord pour le lien social,
04:10avant même de trouver un appartement adapté ou desservi,
04:13la peur d'être seul, la peur de l'isolement,
04:15c'est la première crainte des personnes âgées.
04:17Donc ils viennent pour être dans une petite communauté,
04:20ils viennent pour des sentiments de sécurité,
04:22les personnes âgées sont très perméables
04:25à l'insécurité ou à la sécurité,
04:28donc rassurées d'être dans une communauté,
04:30et puis ils viennent effectivement pour des services,
04:32parce que plus vous avancez en âge,
04:34plus faire votre ménage,
04:36faire votre linge,
04:40faire vos repas devient compliqué,
04:42et dans des résidences comme les nôtres,
04:43on propose ce type de services,
04:45et plus les gens avancent en âge,
04:46plus ils consomment des services,
04:48et le fait de les regrouper
04:50permet de donner des services de meilleure qualité
04:53pour un moindre coût.
04:54Et vous n'allez pas du coup aller sur la marche d'après,
04:57avec les personnes en manque d'autonomie,
04:59vous restez sur ce segment-là ?
05:01Alors on reste, l'évolution probable,
05:02c'est que dans les choses qui ne sont pas faites,
05:05on ne construit plus des pads en France
05:06depuis maintenant près de dix ans,
05:08donc on sait qu'à l'horizon 2029-2030,
05:11il n'y aura pas assez de place des pads en France.
05:14Il y a eu ce problème autour des EHPAD,
05:16aujourd'hui il y a de la place,
05:17dans 3-4 ans il n'y en aura plus,
05:19et on pense probablement que des résidences comme les nôtres
05:21devront probablement accueillir des gens
05:24qui sont au premier stade de la perte d'autonomie.
05:28Du coup, monter sur la médicalisation ?
05:30Alors on ne fait pas de soins,
05:31c'est ce qui nous différencie,
05:33les RSS ne sont pas dans le secteur médico-social,
05:36parce que la grande différence c'est qu'on ne fait pas de soins,
05:38en revanche on peut faire des prestations
05:40du type aide au lever, aide à la toilette,
05:42aide à la prise des repas,
05:44qui ne relèvent pas de la prescription médicale,
05:46mais qui sont quand même des prescriptions
05:47en lien avec la perte d'autonomie,
05:49et probablement on va être amené à en faire de plus en plus.
05:52Merci beaucoup d'être venu ce matin,
05:53Olivier Vignol, président exécutif de Domitiz.
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