Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 minutes
Ce mercredi 11 mars, Sébastien Lescop, directeur général de Cloud Temple, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Et ce matin un patron qui veut concurrencer Microsoft, vous savez qu'on aime bien ça les ambitieux.
00:07Nous sur BFM Business, Sébastien Lescope, bonjour, vous êtes le directeur général de Claude Temple.
00:13Vous vous êtes candidat à l'appel d'offre lancé par l'État pour l'hébergement complet des données de
00:17santé.
00:18Jusqu'ici c'est géré par Microsoft, ça fait partie des dossiers sur lesquels l'État veut changer de fournisseur.
00:24Est-ce que vous êtes bien parti ?
00:26Écoutez, pour parler du dossier, la base de données médicales française dont nous parlons,
00:33qui est l'objectif d'intégrer la plateforme de données de santé, concerne 99% de la population française.
00:41Aussi important.
00:42Et aujourd'hui c'est l'une des bases de données les plus importantes au monde.
00:46Donc on est sur un dossier qui est extrêmement stratégique, qui est critique également,
00:49car sur le marché noir, la donnée de santé vaut à peu près 10 à 20 fois plus que la
00:55carte bancaire.
00:57Vous, vous êtes un acteur, vous faites 55 millions d'euros de chiffre d'affaires, vous n'êtes pas un
01:02petit poussé non plus,
01:03vous avez 350 ingénieurs, vous travaillez déjà avec le SAMU, avec l'établissement français du sang,
01:08mais vous n'êtes pas Microsoft.
01:10C'est-à-dire que, est-ce que vous avez les reins solides, la capacité pour vous occuper, vous nous
01:14disiez,
01:15des données de santé, dossiers éminemment importants ?
01:18Alors en 2017, nous avons fondé Cloud Temple avec une conviction simple.
01:23Nous avions la conviction que certaines infrastructures numériques auraient besoin de rester sous juridiction européenne,
01:30et avec un niveau de sécurité accru.
01:33Et aujourd'hui, de nombreux clients majeurs de la santé, du SAMU, de l'industrie,
01:38il y a Suez, Veolia, EDF, de la finance, Banque de France, le CCF, nous font confiance.
01:43Et 80% du portefeuille client de Cloud Temple n'a pas été choisi pour des critères de souveraineté,
01:49mais pour des critères de performance et de compétitivité.
01:52Donc oui, aujourd'hui, on a des armes à revendre, et c'est tout le sujet du dossier.
01:56Alors il y a un premier pan qui est de l'État de montrer qu'ils sont capables de reprendre
02:00la maîtrise
02:00sur leurs technologies critiques, mais il y a également un pan qui est le challenge,
02:04de challenger la filière tech française et européenne,
02:07pour qu'elle prouve qu'elle est en capacité de gérer également ses infrastructures nationales stratégiques.
02:12Oui, parce que si l'argument, c'est le seul argument de la souveraineté, ça ne fonctionne pas.
02:16Vous ne gagnez pas de part de marché avec ce seul argument.
02:18Il faut être au moins aussi fort.
02:20Compétitif, performant, oui, c'est la base en tout cas aujourd'hui de nos produits.
02:25Vous connaissez Octave Claba d'OVH Cloud, ça fait des années qu'il s'époumonne sur cette question,
02:31parfois avec difficulté de convaincre les acteurs français de ne pas aller justement vers les acteurs américains.
02:36Il se passe vraiment quelque chose là ces dernières semaines ?
02:39Alors vous savez, quand la majorité de votre économie tourne avec des technologies
02:45dont vous n'avez pas la maîtrise, naturellement il y a une perte de liberté.
02:50La souveraineté, c'est juste cette capacité à être libre de ses décisions.
02:54Aujourd'hui, quand on parle du cloud, 80% du marché est donné aux Américains.
02:58Au niveau européen, on parle de 250 milliards d'euros qui sont donnés chaque année
03:02pour acheter de la technologie américaine.
03:04Donc il y a tout un pan économique à la souveraineté.
03:07Et on se rend compte aujourd'hui que la valeur économique se déplace vers ceux qui conçoivent la technologie.
03:13Si on regarde le produit intérieur brut des services numériques,
03:17il pèse 5% en France et en Europe et plus du double en Chine et aux Etats-Unis.
03:22Mais souvent on dit qu'on n'a pas les acteurs pour répondre aux appels d'offres.
03:25En fait, vous dites que c'est faux.
03:27Alors aujourd'hui, et le rapport Draghi le dit très bien,
03:29ce qui manque en Europe, ce n'est pas des talents, ce n'est pas des industriels,
03:33ce qui manque des investissements.
03:35Le rapport Draghi parle de 800 milliards d'euros qu'il faut injecter dans l'économie européenne
03:40pour rester dans la course numérique.
03:42Mais quand on a dit ça, on se déprime.
03:44C'est-à-dire que quand on se dit 800 milliards d'euros,
03:46on se dit qu'on n'y arrivera pas, que c'est trop et qu'autant arrêter tout de suite.
03:49On parle d'un combat générationnel.
03:50En fait, c'est ça qu'on ne comprend pas.
03:51On a l'impression que parce qu'on va prendre une décision,
03:53on va avoir des réponses extrêmement rapides.
03:57Mais là, on est sur un combat générationnel.
03:59Et quand on parle de souveraineté, ce n'est pas uniquement se protéger des autres.
04:03On parle de souveraineté offensive, c'est développer de la tech française,
04:07de la tech européenne qui va irriguer le montre.
04:09C'est faire de la France, faire de l'Europe, de créer avec le numérique de la puissance économique.
04:15Et vous dites qu'il va nous falloir 20 ans, 25 ans, c'est ça une génération.
04:17C'est l'ordre de grandeur.
04:18Alors si on regarde dans le monde du cloud que je connais bien,
04:22aujourd'hui, on a à peu près 30% des infrastructures numériques qui sont passées dans le cloud.
04:26Donc 70% n'y est pas.
04:27Donc il y a de la place.
04:28On est sur un marché en croissance de l'ordre de 20 à 30% par an.
04:32Donc ça va prendre du temps.
04:33C'est un combat générationnel.
04:35Ce dont on a besoin, c'est d'avoir des orientations politiques qui soient pérennes et qui ne changent pas.
04:39Des orientations politiques ou des décisions business ?
04:42Est-ce que là, vous avez...
04:43Moi, j'entends des banques aujourd'hui se poser la question,
04:45je suis avec Microsoft, est-ce qu'il ne ferait pas que je bouge ?
04:47C'est ça dont on a besoin ?
04:48Alors si on regarde aujourd'hui les cadres dirigeants, en effet, on se rend compte que les critères prix performance
04:53ne sont plus les seuls critères.
04:54Il y a des critères sur la localisation de la donnée, sur la juridiction, sur qui va accéder aux données.
04:58Et aujourd'hui, on se rend compte également que le baril centre de décision s'est déplacé de la direction
05:03informatique et s'est invité à la table des COMEX.
05:06La réponse sur l'appel d'offres pour les données de santé, c'est quand ?
05:10Alors, en toute franchise, je n'ai pas le planning.
05:13Il est sous la responsabilité du gouvernement qui gère le planning.
05:18La seule responsabilité aujourd'hui que moi j'ai, c'est de prouver que la filière française de la tech
05:23est capable de répondre à ces enjeux d'infrastructure nationale stratégique
05:28avec le plus haut niveau de performance et le plus haut niveau de sécurité.
05:31Il y a du monde quand même sur cet appel d'offres.
05:32Ça intéresse Overwatch Cloud, ça intéresse Outscale qui appartient à Dassault.
05:36Donc, il y a des acteurs qui ont répondu en masse pour pouvoir récupérer ce contrat, ce qui est déjà
05:40une bonne nouvelle en soi.
05:41Il y a de la compétition, naturellement, comme dans tout dossier intéressant du marché.
05:45Mais ce qui est intéressant sur ce dossier, c'est le revers symbolique.
05:49C'est que la France va prouver qu'il est capable de reprendre la main sur des infrastructures nationales stratégiques.
05:56Merci beaucoup d'être venu ce matin, Sébastien.
05:58Les scopes pour Claude Temple.
Commentaires

Recommandations