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  • il y a 2 jours
Ce lundi 27 avril, Vincent Hays, directeur de FlixBus France, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Et notre invité c'est Vincent Hayes, bonjour, vous êtes le directeur de Flixbus France.
00:08Vous allez être tout seul sur le marché puisque Blabla Carbus va s'en aller.
00:13Vous allez vous retrouver sur l'activité des bus de votre côté sans un concurrent majeur.
00:19Ils disent qu'ils arrêtent parce qu'ils n'arrivent plus à trouver le bon prix.
00:23Pour pouvoir être attirant face au train, face à l'avion, il faut baisser beaucoup les prix.
00:26Donc ils n'arrivent pas à trouver de modèle économique.
00:28Est-ce que vous, vous avez trouvé quelque chose qu'eux n'ont pas trouvé ?
00:33Alors, on n'a pas forcément réinventé l'eau chaude.
00:36En revanche, la différence avec ce concurrent que vous évoquez, c'est que déjà nous, on a été les plus
00:41anciens.
00:42On a quelque part inventé ce business model.
00:44Donc on a eu le temps quelque part de le perfectionner.
00:46Donc on a quelques années d'avance finalement sur le reste de l'industrie.
00:49Par ailleurs, nous on est un pure player.
00:51C'est-à-dire que finalement, le Flixbus, on fait du bus.
00:54On fait du bus avec des partenaires autocaristes.
00:56Là où une entreprise comme BlaBlaCar fait également du covoiturage, fait de la marketplace.
01:01Et donc là-dessus, quand on se diversifie, il y a des moments où ça implique des choix, des prises
01:06de risques.
01:07Et ça atténue la possibilité d'être efficace.
01:11Donc à cet égard, je dirais que ça, c'est les deux premières différences.
01:15La troisième qui est peut-être la plus majeure, c'est l'effet volume.
01:19Flixbus, c'est un groupe mondial.
01:20On est présent dans 45 pays.
01:22Il y a évidemment des économies d'échelle qu'on peut mettre en place à l'échelle d'une entreprise
01:26comme ça,
01:27où il y a quand même beaucoup d'investissements nécessaires.
01:29Là où, effectivement, BlaBlaCar avait un focus plus français et les quelques pays limitrophes.
01:34Est-ce que vous pourriez reprendre les lignes que faisaient, les autocars qu'utilisaient ?
01:38Comment vous regardez le dossier ?
01:40Alors aujourd'hui, déjà, on va dire la chronologie du dossier.
01:43C'est qu'on a été quand même malgré tout surpris de cette annonce.
01:47Ce n'était pas quelque chose qu'on avait dans nos petits papiers.
01:50Après ça, bien évidemment que le retrait du concurrent principal en France, c'est une opportunité.
01:56C'est un levier de croissance potentiel.
02:00Après, déjà, on ne va pas créer victoire.
02:03On va dire que le monde du business, dans ce genre de cas, ce n'est pas un jeu à
02:06somme nulle.
02:07Ce n'est pas genre BlaBlaCarSort, Flixbus prend tout.
02:10On pourra revenir sur la question de la concurrence.
02:12Mais aujourd'hui, non, on n'est pas seul sur le marché.
02:14Il y a déjà des concurrents espagnols ou italiens, par exemple, qui opèrent déjà dans l'Hexagone.
02:18Donc, fondamentalement, non, on n'est pas tout seul.
02:21Et ensuite, la vérité absolue, c'est qu'on n'est pas sur le marché du bus longue distance.
02:25On est sur le marché de la longue distance.
02:28Donc, en fait, c'est multimodal.
02:30Aujourd'hui, la présence du covoiturage, du Wigo, du Wigo classique, même de l'avion low cost.
02:35Aujourd'hui, moi, j'opère un Paris-Londres, par exemple.
02:37Aujourd'hui, j'arrive à déterminer...
02:39Oui, votre concurrent, ce n'est pas les autres bus, c'est l'avion.
02:41C'est toute la mobilité low cost, longue distance.
02:44Et donc, là-dessus, pour répondre à votre question initiale,
02:47aujourd'hui, on regarde la situation.
02:49Il est possible que l'on prenne contact avec les entreprises partenaires de BlaBlaCar,
02:53qui sont très compétentes, qu'on connaît pour la plupart.
02:55Et qui travaillent peut-être déjà avec vous, non ?
02:58Alors, il y a quelques éléments qui sont des très gros éléments, en fait, à l'échelle de la France.
03:03Parce que vous, vous avez vos autocars ?
03:04Non.
03:06On est 100% pure player, c'est-à-dire qu'on travaille avec des entreprises autocaristes,
03:09des PME françaises, qui mettent à disposition des bus et des chauffeurs.
03:15Et donc, là-dessus, nous, on prépare le réseau, la biétique, la stratégie pricing, ce genre de choses.
03:19Donc, comme eux.
03:20Donc là, pour le coup, vous pourriez récupérer des carres.
03:23Alors, là-dessus, on a vraiment une vraie flexibilité qui nous permettra de répondre à la demande.
03:29C'est-à-dire qu'à quel que soit le niveau de demande qui va être dans les prochains mois,
03:32on aura la possibilité de mettre en place le réseau correspondant.
03:35Et il en est où, par exemple, le niveau de demande aujourd'hui ?
03:38Aujourd'hui, il est élevé.
03:39Il y a des actualités dramatiques qui vont pousser, effectivement,
03:42qui vont catalyser le report vers l'abandon de la voiture individuelle,
03:46vers des moyens de transport en commun, de mobilité plus douce.
03:49C'est-à-dire que le niveau de demande, il est très fort.
03:51Alors, vous l'avez vu, là, sur le mois de mars,
03:53vous avez vu des gens qui abandonnent clairement la voiture pour aller sur le bus.
03:56Oui, on commence à le voir.
03:57Mais vous avez quand même la même problématique.
03:58C'est-à-dire que vous roulez, vous aussi, au carburant.
04:01Donc, vous avez réussi à maintenir vos prix ?
04:04On maintient les prix parce qu'encore une fois,
04:05même par rapport à ce que j'évoquais sur la concurrence multimodale,
04:08aujourd'hui, nous, nos passagers, cette sensibilité prix, elle existe.
04:11Donc, si demain, j'augmentais mes prix de façon un peu unilatérale,
04:14de façon grossière, il y aura un report vers le co-haturage,
04:17vers l'avion low-cost, vers le Wigo.
04:18Mais c'est-à-dire que vous prenez sur vos marges, quand même ?
04:20Tout à fait.
04:20Et en plus, au-delà de ça, on a pris un engagement
04:23auprès de nos partenaires autocaristes pour les accompagner.
04:25C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on va couvrir une partie majeure.
04:28Ah oui, parce que la facture carburant, elle va sur les autocaristes.
04:31Et il vous répercute.
04:32Exactement, il nous répercute.
04:33Et donc, là-dessus, on prend une partie majoritaire de cette hausse.
04:35Mais combien de temps ça peut durer, ça ?
04:38La bonne nouvelle par rapport au groupe Flix,
04:40c'est que c'est un groupe qui est solide, qui est rigoureux,
04:42qui est bien accompagné.
04:42Donc, à cet égard, on a l'air insolides
04:45et on peut voir devant nous assez sereinement.
04:48Mais alors, du coup, comme vous êtes en concurrence
04:50avec les autres, tout mode de transport,
04:53là, on voit sur les avions,
04:54il répercute directement sur le consommateur.
04:56Donc là, peut-être qu'en plus, ça peut faire un nouveau report.
04:59Tout à fait.
05:00C'est-à-dire que là, de la même façon,
05:02on va dire à court terme, on a vu les premiers,
05:03les prémices de ce report modal,
05:06que j'estime plutôt voiture individuelle qu'autre chose.
05:08À terme, je pense que l'avion,
05:09qui a une part plus importante du carburant
05:11sur leur prix de leur coût de production,
05:13il risque d'y avoir effectivement cet effet-là.
05:15Moi-même, je suis en train de regarder
05:17pour prendre une semaine de vacances prochainement.
05:19Je suis assez surpris du niveau de pricing des avions.
05:22Et sur les lignes européennes,
05:24qu'est-ce qui fonctionne le mieux chez vous comme ligne ?
05:27Alors, je dirais que ça va dépendre des périodes.
05:29Si on a des saisons hautes, des saisons basses,
05:31comme tout le transport,
05:33donc pendant les vacances,
05:34on a bien évidemment des destinations de vacances
05:36qui fonctionnent mieux.
05:37L'international, ça marche très bien également.
05:39Aujourd'hui, par exemple,
05:40si je prends au départ de Paris,
05:42un Paris-Bruxelles, un Paris-Amsterdam,
05:44ça marche très bien.
05:45De la même façon, pendant l'été,
05:47aller Paris-Barcelone, Paris même,
05:48aller à Lisbonne, ça marche très très bien.
05:50Parce qu'encore une fois,
05:51on a un niveau de compétitivité.
05:53En étant une mobilité douce,
05:54donc abordable et durable,
05:56c'est donc, on va dire,
05:57une certaine valeur que les passagers reconnaissent.
06:01Paris-Barcelone-Ancars, ça prend combien de temps ?
06:02Ça prend un petit peu de temps,
06:04mais encore une fois,
06:04aujourd'hui, on a un certain niveau de confort.
06:07Ça doit prendre...
06:07Alors, en fait, la réponse,
06:09elle dépend de s'il y a des aires intermédiaires ou non.
06:11Mais c'est plus de la journée, quoi.
06:13Non, ça va prendre 14h-15h.
06:15Oui, plus d'une journée, c'est...
06:17Non, mais si vous avez le temps, ça se fait.
06:18Ça se fait si vous avez le temps.
06:19Tout est une question de temps.
06:21Et encore une fois,
06:22c'est une nouvelle façon de voyager.
06:24Historiquement, bien évidemment,
06:25qu'il y a un aspect sensibilité pricing
06:27qui va pousser une certaine partie des passagers.
06:29De plus en plus,
06:30on voit une diversification de la typologie de passagers.
06:33Ça peut être des gens qui veulent prendre leur temps pour voyager.
06:35Ça peut être également des familles,
06:37donc là-dessus, sur la partie pricing,
06:38mais également l'aspect écologique qui peut être important.
06:40Merci beaucoup d'être venus ce matin
06:41pour nous parler de Flixbus.
06:43Vincent Haïs.
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