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  • il y a 20 minutes
Ce mardi 14 avril, le secteur des logiciels, bouleversé par l'intelligence artificielle, a été abordé par Christian Parisot, conseiller économique pour Aurel BGC et président d'Altaïr Economics, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Neuvième séance dans le vert qui a permis au Nasdaq comme au S&P 500 d'être sur des plus
00:04hauts de fin février
00:05et d'effacer toute la baisse liée au Moyen-Orient.
00:08Bonjour Christian Parizeau.
00:10Bonjour.
00:10Vous êtes conseiller économique pour Aurel BGC, président d'Altaïr Economics.
00:15Fort rebond des indices américains depuis la fin du mois de mars.
00:19Hier, Wall Street a notamment été aidé par le secteur des logiciels.
00:25Oracle, décidément, je vais y arriver.
00:27En ce moment, il y a tellement d'actualités dans le software.
00:30Oracle qui a tiré le secteur des logiciels, qui a mis à jour Aconnex avec de l'intelligence artificielle.
00:37La semaine dernière, on avait des annonces de méta, on avait également des annonces d'anthropique.
00:41Bref, on a toujours un secteur qui est en pleine ébullition.
00:44Oui, alors c'est vrai que c'est compliqué aujourd'hui le secteur des éditeurs de logiciels
00:48parce qu'on voit que l'intelligence artificielle est en train de bouleverser complètement,
00:52je dirais, la valeur ajoutée et la distribution de cette valeur ajoutée au sein de ce secteur.
00:58Alors, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'on a eu un choc sur les derniers jours,
01:02c'est le fameux modèle mythose d'anthropics.
01:06Alors, ce modèle, il est important, il marque quand même.
01:09Alors, vous allez me dire, c'est peut-être de la publicité, c'est peut-être du marketing,
01:12mais ce qui est important, c'est qu'on montre que par la puissance de calcul,
01:15un modèle peut trouver des failles dans les logiciels qui n'ont jamais été découvertes.
01:20Alors, vous allez me dire, en quoi ça change tout ?
01:22Ça montre, ça a plusieurs conséquences.
01:24D'une part, ça montre que l'intelligence artificielle peut découvrir des choses,
01:29ne fait pas que seulement recracher ce qu'elle a appris,
01:32mais que par sa puissance de calcul aujourd'hui,
01:34a une capacité de découvrir des failles de logiciels
01:37et donc remet en cause pas mal de sociétés,
01:41de sociétés d'éditeurs de logiciels qui étaient spécialisées justement
01:44dans ce qu'on appelle ces découvertes de failles, ces zéro-day,
01:47ces failles qui sont inconnues.
01:49Et en général, c'était des gens très compétents, très peu nombreux
01:53et qui étaient très bien payés, qui trouvaient ça.
01:55Et aujourd'hui, n'importe qui, grâce à ce modèle, peut découvrir ces failles.
01:59Donc, ça veut dire qu'aujourd'hui, on a des modèles d'intelligence artificielle
02:02qui peuvent véritablement apporter de la valeur ajoutée,
02:05attaquer des sociétés qui étaient sur des niches derrière
02:09et qui peuvent, grâce à cette puissance de calcul,
02:12vraiment remettre en cause des business models.
02:13Alors, pourquoi c'est important ?
02:14Ça veut dire que la puissance de calcul redevient au centre de l'intérêt des investisseurs.
02:19C'est-à-dire qu'on se dit que derrière, ces modèles sont efficaces
02:22et que plus on aura de capacité de calcul, de puissance de calcul,
02:26plus on déploiera l'intelligence artificielle
02:28et donc plus on aura des impacts positifs.
02:30Donc, vous n'avez pas de risque à parier sur les entreprises
02:34qui développent de la puissance de calcul.
02:36Et donc, derrière Mythos, c'est aussi de la puissance de calcul que vous achetez.
02:40C'est pour ça que vous avez tous les fabricants de semi-conducteurs,
02:43le SOX qui est au plus haut.
02:45C'est pour ça que vous avez fabricants de mémoire qui sont redevenus
02:48comme un centre d'intérêt.
02:49Et puis, vous avez des acteurs comme Oracle qui a beaucoup investi aussi
02:52dans ces data centers qui redevient intéressants
02:54parce qu'on se dit qu'il faut mieux délaisser des éditeurs de logiciels
02:58qui étaient très pointus sur des marchés de niches à forte valeur ajoutée
03:02qui vont perdre à cause de l'IA et aller sur ces valeurs-là.
03:05Et puis, deuxième enseignement, c'est qu'au sein des éditeurs de logiciels,
03:08il y en a qui vont mieux s'en sortir que d'autres.
03:09Et parmi ceux qui vont mieux s'en sortir, par exemple,
03:11ce sont ceux qui offrent justement toute la chaîne aujourd'hui à leurs clients.
03:17C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ce qu'on montre, c'est qu'il y a un accélérateur.
03:19C'est-à-dire que des failles de sécurité, l'IA va vous en découvrir.
03:23Vous n'avez pas prévu.
03:24Donc, aujourd'hui, remettre à jour votre logiciel une fois tous les deux mois,
03:28c'est risqué.
03:28Il vous faut aujourd'hui tout un système d'informatique qui soit très réactif,
03:34qui aide lui-même de l'IA pour gérer sa sécurité et qui vous déploie tout ça.
03:39Et ça, ça veut dire des grands mastodontes, ça veut dire des géants comme Microsoft,
03:44ça veut dire des géants, des hyperscalers qui vont permettre d'offrir cette sécurité.
03:48Et donc, tous les logiciels de sécurité que vous achetiez,
03:51toutes les sociétés qui étaient très spécialisées dans la sécurité aujourd'hui,
03:54font face à finalement une concentration de la valeur ajoutée sur les hyperscalers
03:58qui ont aujourd'hui, un, les puissances de calcul,
04:00les moyens de déployer les logiciels en cas de faille de sécurité
04:03et surtout les modèles d'intelligence artificielle
04:05qui peuvent appliquer pour sécuriser votre réseau.
04:08Donc, c'est une redéfinition de la valeur ajoutée au sein des éditeurs de logiciels.
04:12Et donc, on voit que ça crée pas mal d'incertitude.
04:15Donc, ça veut dire quoi ?
04:16Déjà, pour l'investisseur, il ne faut pas jouer le secteur des logiciels dans son ensemble.
04:19C'est-à-dire que jouer l'indice aujourd'hui, jouer un ETF,
04:22jouer globalement le secteur des logiciels,
04:24vous allez avoir de telles dispersions au sein de ce secteur avec des perdants, des gagnants
04:29que finalement, vous ne gagnerez pas en jouant le secteur.
04:32Pour une fois, il ne faut pas jouer un ETF, il ne faut pas jouer le secteur
04:35et il va falloir vraiment faire du stock picking.
04:37Il va falloir vraiment aujourd'hui, l'IA est en train de modifier complètement
04:40la distribution de la valeur ajoutée.
04:42Alors attention, il ne faut pas vendre tous les éditeurs de logiciels,
04:45il faut juste jouer les éditeurs de logiciels qui ont la capacité
04:48de développer en interne de l'IA, de développer une offre IA
04:51et de la déployer rapidement.
04:53Donc ça veut dire que ça va forcément privilégier les gros acteurs
04:56du secteur des éditeurs de logiciels.
04:59Mais est-ce que ce n'est pas trop tôt pour les choisir, ces acteurs ?
05:01Là, il y a la question aussi, Christian Parézot.
05:04Vous l'avez souligné sur Anthropique,
05:05où est le curseur entre le réel et la communication ?
05:09Ça va mettre des semaines, des mois avant de se concrétiser
05:12et de voir les effets, notamment en bourse.
05:14Oui et non, parce que les éditeurs de logiciels,
05:17c'était une thématique très humaine.
05:19C'était du capital humain qu'on vendait,
05:21maintenant c'est du capital physique.
05:22Et donc aujourd'hui, il faut aller vers des éditeurs
05:24qui ont aujourd'hui des capacités de capex,
05:26des capacités d'investissement importants.
05:29Parce qu'aujourd'hui, ce qu'on est en train de voir,
05:31indirectement, je ne dis pas 100%,
05:33mais c'est que l'IA,
05:35donc un coût du capital élevé,
05:39c'est-à-dire que l'IA, lui, c'est du capital avant tout,
05:41est en train de se substituer au capital humain,
05:44qui était important.
05:46Donc c'est vrai qu'il y a encore quelques mois,
05:47on pouvait dire, les éditeurs,
05:49ce qui fait la valeur d'un éditeur,
05:50c'est la capacité de son personnel,
05:52c'est des programmateurs,
05:54des gens très qualifiés qui sont très performants.
05:57Aujourd'hui, c'est la capacité de l'éditeur
05:59à investir massivement dans une technologie
06:02et avoir la capacité de gérer cette technologie.
06:05Donc aujourd'hui, les grands gagnants,
06:06ce sont ceux qui peuvent fondre des puces,
06:09ce sont ceux qui peuvent développer leur architecture de puces
06:12pour consommer le moins possible d'énergie
06:14pour faire tourner les modèles IA,
06:16ce sont enfin ceux qui font les modèles IA
06:18et ceux qui proposent l'IA dans leur logiciel.
06:20Et donc, c'est moins le capital humain,
06:22c'est beaucoup plus capitalistique
06:23et donc c'est un vrai call
06:24vers les éditeurs de logiciels de grande taille
06:26qui ont les capacités d'investissement
06:28parce qu'un petit acteur va être forcément,
06:29et un acteur de niche,
06:30peut être très vite balayé par l'IA.
06:32Donc je pense qu'il y a un vrai arbitrage à faire
06:34entre les éditeurs aujourd'hui, dès aujourd'hui.
06:36Dans ce secteur technologique,
06:38il faudra suivre ASML
06:39qui va publier ses résultats demain.
06:40La semaine dernière,
06:41on avait une très bonne publication,
06:42c'était uniquement le chiffre d'affaires,
06:43mais en tout cas,
06:44au-delà des attentes et rassurants de TSMC.
06:46Qu'est-ce que vous attendez là aujourd'hui,
06:48Christian Parézot,
06:49de cette saison de résultats trimestriels ?
06:51On est vraiment au tout début.
06:53On est au tout début.
06:54Alors comme toujours,
06:55on estime qu'on pourrait dépasser les attentes
06:58parce que c'est toujours ce qui s'est passé
06:59au cours des derniers mois.
07:01Ce qu'il faut retenir,
07:02c'est plusieurs choses.
07:03Et d'une part,
07:04ça, ça soutient énormément la bourse américaine.
07:06On est plutôt sur un consensus
07:08qui a été révisé à la hausse
07:09depuis le début de l'année.
07:09Malgré tout ce qu'on a connu,
07:11malgré cette guerre au Moyen-Orient.
07:13Donc première chose,
07:14on est sur une révision à la hausse
07:15des attentes de bénéfices.
07:17C'était loin d'être gagné
07:18de la part des analystes.
07:19Donc il y a un petit conflit
07:20entre les économistes et les analystes d'action.
07:23On n'a pas la même vision du monde.
07:24Mais en tout cas,
07:25il y a ça qui est un point.
07:26Deuxième chose,
07:27c'est que par contre,
07:28la marge des entreprises,
07:30alors je parle au niveau global intégré,
07:32au niveau de l'ensemble de l'indice S&P,
07:33la marge est plutôt révisée à la baisse.
07:35Donc ça veut dire que quand même,
07:36les analystes d'action ont pris en compte
07:38qu'il y avait quand même un choc,
07:39un choc économique qui va peser sur la marge.
07:41Ça veut dire donc
07:42qu'ils sont très optimistes
07:44sur le chiffre d'affaires
07:44puisque les bénéfices sont en hausse
07:46avec des marges en baisse.
07:47C'est que globalement,
07:48on est très optimiste
07:50sur le chiffre d'affaires.
07:51C'est là où ça sera vraiment l'élément clé.
07:53C'est-à-dire que oui,
07:54le premier trimestre risque d'être
07:55encore assez bon
07:56parce qu'on a eu des commandes assez solides.
07:59On était sur un dynamisme de l'économie.
08:01Mais c'est surtout les guidances.
08:02Que vont nous dire les entreprises
08:03sur le deuxième trimestre ?
08:04Et c'est là que ça va se compliquer.
08:06Parce que d'une part,
08:06je ne vois pas des entreprises
08:07avoir un discours hyper optimiste
08:10sur l'avenir.
08:11Donc avec un risque de révision à la baisse
08:13des attentes sur le deuxième trimestre.
08:15Et puis d'autre part,
08:16on est quand même dans une phase d'incertitude
08:18telle qu'aujourd'hui,
08:19on aura beaucoup d'entreprises
08:20qui vont quand même souffrir
08:21sur leur chiffre d'affaires.
08:22Et puis jusqu'à quel point
08:24on a sur ou sous-estimé
08:26la contraction des marges ?
08:28Ça, c'est aussi un élément à regarder.
08:30Alors, je dis juste un petit bémol quand même
08:31parce que naturellement,
08:33il faut regarder les marges du S&P
08:34hors valeurs technologiques
08:35parce que là,
08:36on aura encore sûrement des résultats
08:38qui seront assez impressionnants
08:39au niveau du secteur technologique.
08:41Mais hors secteur technologique,
08:43on risque d'avoir des résultats
08:44un peu plus mitigés.
08:45Est-ce que vous faites partie
08:45des analyses qui,
08:47comme BlackRock,
08:47pensent qu'il faut surpondérer
08:48les actions américaines ?
08:49Hier, ils sont passés à surpondérer
08:51sur les actions américaines.
08:52Ils sont neutres
08:52sur les actions européennes.
08:53Oui, ils sont surpondérés
08:55sur les actions américaines,
08:56mais je pense que c'est
08:56un gros biais américain.
08:57Alors, d'une part,
08:58parce qu'il y a le secteur technologique
09:00qui joue pour beaucoup
09:01et on voit que c'est ça.
09:03Alors, si vous êtes dans un scénario
09:05que la Banque centrale américaine
09:06ne remonte pas ses taux,
09:07donc que les taux longs américains
09:09restent relativement bas,
09:10entre guillemets bas,
09:11mais qu'ils ne s'explosent pas,
09:12qu'ils ne vont pas vers les 5 %,
09:14on va dire.
09:14Donc, s'il n'y a pas de choc inflationniste
09:16et que la Banque centrale,
09:17en tout cas américaine,
09:18ne durcit pas énormément
09:19sa politique monétaire,
09:20il faut aller vers les valeurs technologiques
09:21parce que les valeurs technologiques,
09:23aujourd'hui,
09:23c'est une visibilité très forte
09:25sur la croissance,
09:26elles ne s'arrêtent pas
09:26et ce n'est pas parce qu'il se passe
09:28quelque chose au Moyen-Orient
09:29qu'on n'investit pas
09:29dans les data centers.
09:31On peut revenir 5 minutes
09:32il y a 5 minutes
09:33de ce que je viens de dire.
09:34Donc, on reste sur ces valeurs-là
09:35et c'est un poids tellement important
09:37aujourd'hui dans la cote
09:38et d'ailleurs, on l'a bien vu,
09:39c'est que l'indice équipondéré
09:42a sous-performé l'indice pondéré
09:44du S&P,
09:46ce qui montre qu'en gros,
09:47on est en train de se rejouer
09:50sur la bourse américaine,
09:51la thématique technologique
09:53et la thématique finalement
09:55quelques valeurs
09:55qui tirent la cote
09:56et donc, je pense que
09:57ce n'est pas forcément un signal
09:59qu'on est euphorique
10:00sur l'économie américaine
10:01ou qu'on est euphorique
10:02sur l'économie mondiale
10:02mais on a une sorte de
10:04fly to quality
10:04qui s'opère de nouveau
10:05vers le secteur technologique.
10:07Alors, sûrement avec des excès,
10:09sûrement avec peut-être
10:10des risques de déception.
10:11Je pense que
10:11ce que nous a montré
10:13les derniers mois
10:13la thématique de l'IA,
10:15c'est qu'il y a beaucoup
10:15de stock picking à faire
10:16mais en tout cas,
10:17ça incite pas mal
10:18de brokers américains
10:20à revenir sur la thématique
10:21l'IA et puis surtout,
10:23pour les investisseurs
10:24auxquels ils s'adressent,
10:25plutôt américains,
10:26ça leur évite d'être exposés
10:27aux risques de change
10:28qui a été quand même
10:29particulièrement violent
10:30et difficile à déterminer
10:32au cours des derniers mois.
10:33Que ce soit pour les entreprises
10:35comme on le voit en ce moment
10:35lors des résultats
10:36mais aussi pour les investisseurs
10:38puisqu'il ne faut pas oublier
10:39que bien sûr,
10:40cet effet change
10:40a un impact non négligeable
10:42sur la performance.
10:43On est au bout.
10:43En tout cas, merci beaucoup.
10:44Christian Parizeau nous a raccompagné
10:45ce matin, conseiller économique
10:46pour Aurel BGC
10:47pour revenir sur cette saison
10:49de résultats trimestriels
10:50sur les annonces d'Oracle
10:51et puis sur l'ensemble
10:52de cet écosystème
10:53intelligence artificielle
10:55qui continue de bouillonner
10:56au point même
10:57que le Nasdaq a clôturé
10:58hier soir
10:59sur une neuvième séance
11:00dans le vert.
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