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  • il y a 12 heures
Ce mardi 21 avril, le parcours de Tim Cook, à la tête d'Apple depuis 15 ans, a été abordé par Christian Parisot, conseiller économique pour Aurel BGC et président d'Altaïr Economics, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Dans un instant, nous allons parler de l'audition de Kevin Walsh qui se tiendra cet après-midi à 16h,
00:06heure française.
00:06Mais juste avant, oui, retour quand même sur le parcours de Tim Cook qui est à la tête d'Apple
00:11depuis plus de 15 ans maintenant.
00:13Bonjour Christian Parizeau, vous êtes conseiller économique pour Aurel BGC, président d'Altaïr Economics.
00:19Le groupe a annoncé hier que c'est John Ternus qui allait remplacer Tim Cook à partir du mois de
00:24septembre.
00:25Comment vous percevez cette nouvelle ? Est-ce que c'était attendu ?
00:28En tout cas, hier soir, en après-bourse, Wall Street n'a pas à paniquer, loin de là, le titre
00:32Apple était quasi stable.
00:34Oui, alors il était donné favori, on savait depuis longtemps que Tim Cook…
00:37Alors on est peut-être un peu surpris dans le timing, on pensait que Tim Cook allait poursuivre un peu
00:41plus longtemps,
00:44mais cette nomination était largement attendue.
00:47C'est quand même une nomination qui marque quand même la continuité.
00:50C'est quelqu'un qui est responsable de tout ce qui est hardware au niveau d'Apple.
00:54Donc on va sûrement continuer un petit peu dans l'esprit de Tim Cook, au moins à court terme.
01:01Donc ça ne fait pas paniquer les marchés, mais avec de nombreux challenges et on va voir comment va devoir
01:06évoluer Apple.
01:07Les challenges Apple, c'est son retard dans l'IA.
01:09Alors ils ont une force, Apple, ils ont Apple Silicon, leur processeur qui est vraiment très performant,
01:15qui permet véritablement de faire tourner l'IA au sein des smartphones.
01:19Mais le retard, c'est le logiciel et c'est naturellement l'IA qu'ils n'ont pas su développer
01:25en interne.
01:26Ils vont être dépendants de Jiminy, mais toute la question maintenant, c'est comment on va utiliser cette intelligence artificielle
01:31pour vendre plus de matériel Apple.
01:34Et c'est ça la vraie question aujourd'hui.
01:36Et c'est ça qu'il va falloir que véritablement le nouveau patron d'Apple éclaircisse rapidement les investisseurs.
01:42Donc pas de grands changements, pas de changements structurels à mon avis dans la stratégie d'Apple,
01:48mais une évolution qui doit avancer très rapidement pour qu'Apple véritablement fasse face à ses concurrents.
01:55Mais il faut reconnaître que quand même Tim Cook laisse une entreprise particulièrement saine.
01:59Et même les derniers chiffres de vente d'iPhone sont plutôt bons.
02:02Et puis on sait aussi que le nouveau patron d'Apple, c'est lui qui est à l'origine de
02:07cet ordinateur entre guillemets low cost pour Apple,
02:11qui n'est pas cher pour Apple, mais qui vise une nouvelle clientèle, cet Apple Neo, ce MacBook Neo.
02:19Et donc on sent qu'il y aura peut-être aussi une ouverture d'Apple, peut-être sur des segments
02:23de population,
02:24peut-être avec des prix plus bas, à l'image d'Apple, ça reste quand même cher pour Apple,
02:29mais des prix plus bas pour avoir de nouvelles clientèles.
02:31Le but naturellement, c'est de vendre le maximum de terminaux pour vendre ensuite des services sur lesquels Apple a
02:38des marges assez importantes.
02:39Donc continuité, mais peut-être quelques éléments de rupture aussi à attendre sur la gamme de produits,
02:45ça sera l'autre grande interrogation que l'on aura.
02:47Donc à partir de septembre, qui marquera sûrement le lancement de nouveaux iPhones,
02:52on verra un petit peu cette nouvelle stratégie d'Apple qui doit évoluer dans les prochains mois.
02:56En tout cas, depuis que Tim Cook est arrivé à la direction d'Apple, c'était en 2011,
03:00l'action a été multipliée par 20, Christian Parizeau, on est proche d'un record historique.
03:05Aujourd'hui, Apple, c'est 4000 milliards de capitalisation boursière au coude à coude avec Nvidia,
03:09avec Alphabet, la maison mère de Google, grâce notamment à des rachats d'actions massifs.
03:15Quand on regarde sur les 15 dernières années, vous avez quand même un groupe qui a racheté 800 milliards de
03:19dollars d'actions
03:20afin de les annuler. C'est juste monstrueux.
03:23Oui, mais permis aussi par une rentabilité exceptionnelle, il faut aussi quand même le souligner.
03:28Donc derrière, il y a une capacité quand même d'Apple à générer un free cash flow qui est assez
03:32impressionnant,
03:34avec peut-être un manque de prise de risque, c'est ce qu'on lui reprochera.
03:39Autant Steve Jobs marquait des ruptures, des ruptures technologiques importantes,
03:43il prenait des risques industriels importants qui ont été payants.
03:46On sent que Tim Cook, ça a été un très bon gérant de cet héritage, de cette innovation.
03:52Il a monté en gamme, il a su industrialiser les process, parce qu'aujourd'hui, quand on est dans la
03:57taille d'Apple,
03:58on peut produire des millions d'iPhone par trimestre.
04:01C'est quand même vraiment une réussite industrielle.
04:04Alors surtout plus, d'autant plus qu'en ce moment, on va être sur des problèmes d'approvisionnement essentiels
04:09qui vont vraiment freiner l'innovation et l'ensemble des ventes de produits électroniques.
04:14Et Apple est plutôt bien placée grâce à tous les efforts qu'a pu mettre en place Tim Cook.
04:19Donc il faut lui reconnaître le côté industriel, gestion de la chaîne d'approvisionnement.
04:24Mais on lui reprochera surtout son manque d'innovation.
04:27Je pense qu'il a été plutôt, je dirais, à la marge, une amélioration à la marge.
04:32Peut-être moins prendre de risques.
04:34On verra si le nouveau management sera prêt aujourd'hui à prendre beaucoup plus de risques.
04:38Et en tout cas, les quelques innovations de Tim Cook,
04:41certaines n'ont pas fonctionné parfaitement.
04:44On pense notamment au casque virtuel, de réalité virtuelle.
04:48Bon, il faut vraiment qu'Apple marque peut-être les esprits aussi dans l'innovation.
04:53Ou alors on restera dans des améliorations incrémentales et plutôt dans le sillage des autres.
05:00Mais voilà, en tout cas, il faudra voir un peu comment on redonne peut-être un nouveau souffle marketing à
05:06Apple.
05:06Ça sera un des éléments, un des challenges pour le nouveau patron d'Apple.
05:09Vous aimez bien, vous, cette action Apple, Christian Parizeau ?
05:12C'est vrai qu'en début d'année, c'est une action qui surperformait les autres GAFAM,
05:15dans le sens où elle n'était pas exposée à l'intelligence artificielle, à ses milliards de dollars sur l
05:22'IA.
05:22Et puis bon, maintenant, c'est un argument pour vendre cette action Apple en disant
05:26« Oui, mais ils ne sont pas dans le train de l'IA ».
05:28C'est qu'ils tout doublent.
05:30C'est un peu ça, c'est ce qu'on peut lui reprocher.
05:32L'avantage qu'a quand même Apple, je le rappelle, c'est quand même ces puces qui sont extrêmement puissantes
05:36et qui permettent de véritablement faire tourner l'IA au niveau des smartphones,
05:41au niveau des différents appareils d'Apple.
05:45Et donc, je pense qu'Apple, oui, a un retard, un retard dans l'IA,
05:48mais peut aussi quand même nous offrir des bonnes surprises sur l'utilisation de l'IA
05:52parce qu'on sait que la grande force d'Apple, ces dernières années, ce n'est pas d'innover,
05:56mais c'est d'offrir des produits qui sont adaptés aux besoins des gens
06:00et qui sont faciles à utiliser.
06:02Et ça, c'est la grande force d'Apple.
06:04Donc, Apple a quand même des arguments pour lui.
06:06Moi, je dirais qu'Apple, c'est un bon investissement.
06:08Si vous ne voulez pas prendre trop de risques sur l'IA,
06:10mais jouer quand même en partie cette thématique, ça reste une valeur de croissance.
06:13Ça reste une valeur qui a un free cash flow qui est assez important,
06:16qui a un programme de rachat d'action.
06:17Ça soutient quand même la valorisation.
06:21Donc, je dirais que ce n'est pas forcément la valeur la plus risquée des 7 magnifiques,
06:26mais c'est une valeur qui reste très solide
06:28et ça peut être un bon élément de diversification de portefeuille
06:31dans le secteur technologique.
06:33Et surtout, si vous ne voulez pas tout mettre dans le secteur technologique,
06:36exposez à l'IA.
06:37Parce qu'aujourd'hui, c'est vrai, vous pouvez prendre du SKINX,
06:40vous pouvez prendre du Micron Technology,
06:42mais là, vous êtes sur des risques quand même qui sont de risques de volatilité
06:45qui sont importants.
06:45Là, Apple, vous jouez un peu le secteur technologique sans prendre trop de risques.
06:49Donc, pour moi, ça reste une valeur un peu de fond de portefeuille.
06:52Si je vais faire une comparaison, c'est l'air liquide du secteur tech américain,
06:56pour faire simple.
06:57Belle image.
06:57En tout cas, il faut rassurer avec beaucoup d'attention
06:59les résultats trimestriels qui seront publiés le jeudi 30 avril.
07:03Un dernier mot, Christian Parizeau de la Fed.
07:05On change là également d'actualité, mais c'est l'autre actualité chaude de cette séance.
07:09Puisque aujourd'hui, à 10h, heure de Washington, 16h, heure de Paris,
07:14Kevin Ward sera devant la commission bancaire du Sénat.
07:18Il va devoir un petit peu faire patte blanche, en tout cas dire pourquoi il a envie d'être
07:23président de la Fed et puis surtout prouver qu'il peut être indépendant face à la pression
07:28de Donald Trump.
07:30Oui, alors ça sera une audition très prudente, à mon avis, vu les pressions qu'il a et vu
07:35que sa nomination n'est pas actée.
07:36On sait qu'il y a une opposition, y compris du côté des Républicains, pour ne pas acter
07:41sa nomination.
07:43Ça sera une audition forcément très, très, très prudente.
07:46Je pense qu'il y a deux choses que vont garder les marchés.
07:49D'une part, son positionnement à très court terme.
07:52Alors, ce n'est pas forcément quelque chose de structurel, mais on attend de voir quelle
07:55est son analyse.
07:55Il était plutôt accommodant, il parlait plutôt de baisse des taux, mais on va voir
07:59est-ce qu'il maintient encore cette baisse des taux avec le choc énergétique que l'on
08:02a eu et l'impact que ça a pu avoir sur l'inflation.
08:05Donc, on verra, est-ce qu'il prend vraiment à contre-pied tous les membres du FOMC qui
08:10ont été plutôt sur l'idée d'un statu quo et de grande prudence de la Banque centrale
08:14ou est-ce qu'il a un discours très volontariste, très colombe, comme on dit, ou alors est-ce
08:19qu'il va être assez neutre ? Je pense qu'il va être très neutre et très prudent.
08:22Il ne va pas vouloir véritablement induire des réactions trop vives.
08:26Et puis, l'autre élément qu'on attend beaucoup, c'est sur les aspects un peu plus structurels.
08:30On sait qu'il est très favorable à un rôle de la Fed très réduit.
08:35Pour lui, la Banque centrale américaine ne doit s'occuper que des taux courts, que
08:38de la politique monétaire, surtout pas intervenir sur la partie longue.
08:41Donc, c'est pour ça qu'il voudrait réduire la taille du bilan de la Banque centrale.
08:44Ce n'est pas forcément une bonne chose pour les marchés.
08:46Mais en tout cas, il n'est pas forcément sur l'idée de faire du quantitative easing,
08:50des injections de liquidités.
08:51Donc, on sent qu'il va peut-être marquer un peu sa patte en disant, on va recentrer
08:55un petit peu les fonctions de la Banque centrale.
08:57Ça ne veut pas dire qu'elle ne restera pas indépendante.
08:58Mais ça veut dire qu'on va être beaucoup plus limité dans le rôle de la Banque centrale.
09:03Et puis, surtout, on l'attendra sur son indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif,
09:08vis-à-vis de Donald Trump.
09:09Et là, je pense qu'il va plutôt noyer le poisson.
09:11Parce que ce n'est pas le moment de relancer des craintes.
09:15Le pire des scénarios, ça serait qu'il donne l'impression d'être aux ordres de Donald Trump.
09:19Donc, il va essayer, à mon avis, d'être relativement neutre.
09:22Donc, moi, je n'attends pas forcément beaucoup de scoops dans cette audition.
09:25Une audition très prudente parce qu'encore une fois, il n'est pas assuré d'avoir ce poste.
09:30Donc, ça s'annonce compliqué.
09:31Donc, il va essayer de faire le minimum de vagues.
09:33Bon, le marché va regarder, naturellement.
09:35C'est quelque chose qu'on va tous regarder, qu'on va tous écouter.
09:37Mais j'ai un peu peur que ça soit un peu vide de fond.
09:40Et derrière, on regardera un petit peu ce qu'il dit sur les futures fonctions de la Fed.
09:46Ça sera peut-être là où on aura peut-être des éléments plus intéressants pour le moyen terme.
09:50Mais ce sont des éléments de moyen terme.
09:51Et je pense qu'il sera très prudent sur le court terme.
09:54Et surtout, il sera très prudent sur ce que doit faire la Banque Centrale Américaine dans les prochains mois.
09:58Audition, bien sûr, que vous pourrez suivre dans BFM Bourse avec Guillaume Sommerer cet après-midi
10:03et que nous débrieferons également demain matin dans Good Morning Market.
10:06Merci beaucoup, Christian Parizeau, de nous avoir accompagné ce matin.
10:08Vous êtes conseiller économique pour Aurel Baï-Gécé et président d'Altaïr Economics.
10:12Non, non, non, non.
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