00:00Dans un instant, nous allons parler de l'audition de Kevin Walsh qui se tiendra cet après-midi à 16h,
00:06heure française.
00:06Mais juste avant, oui, retour quand même sur le parcours de Tim Cook qui est à la tête d'Apple
00:11depuis plus de 15 ans maintenant.
00:13Bonjour Christian Parizeau, vous êtes conseiller économique pour Aurel BGC, président d'Altaïr Economics.
00:19Le groupe a annoncé hier que c'est John Ternus qui allait remplacer Tim Cook à partir du mois de
00:24septembre.
00:25Comment vous percevez cette nouvelle ? Est-ce que c'était attendu ?
00:28En tout cas, hier soir, en après-bourse, Wall Street n'a pas à paniquer, loin de là, le titre
00:32Apple était quasi stable.
00:34Oui, alors il était donné favori, on savait depuis longtemps que Tim Cook…
00:37Alors on est peut-être un peu surpris dans le timing, on pensait que Tim Cook allait poursuivre un peu
00:41plus longtemps,
00:44mais cette nomination était largement attendue.
00:47C'est quand même une nomination qui marque quand même la continuité.
00:50C'est quelqu'un qui est responsable de tout ce qui est hardware au niveau d'Apple.
00:54Donc on va sûrement continuer un petit peu dans l'esprit de Tim Cook, au moins à court terme.
01:01Donc ça ne fait pas paniquer les marchés, mais avec de nombreux challenges et on va voir comment va devoir
01:06évoluer Apple.
01:07Les challenges Apple, c'est son retard dans l'IA.
01:09Alors ils ont une force, Apple, ils ont Apple Silicon, leur processeur qui est vraiment très performant,
01:15qui permet véritablement de faire tourner l'IA au sein des smartphones.
01:19Mais le retard, c'est le logiciel et c'est naturellement l'IA qu'ils n'ont pas su développer
01:25en interne.
01:26Ils vont être dépendants de Jiminy, mais toute la question maintenant, c'est comment on va utiliser cette intelligence artificielle
01:31pour vendre plus de matériel Apple.
01:34Et c'est ça la vraie question aujourd'hui.
01:36Et c'est ça qu'il va falloir que véritablement le nouveau patron d'Apple éclaircisse rapidement les investisseurs.
01:42Donc pas de grands changements, pas de changements structurels à mon avis dans la stratégie d'Apple,
01:48mais une évolution qui doit avancer très rapidement pour qu'Apple véritablement fasse face à ses concurrents.
01:55Mais il faut reconnaître que quand même Tim Cook laisse une entreprise particulièrement saine.
01:59Et même les derniers chiffres de vente d'iPhone sont plutôt bons.
02:02Et puis on sait aussi que le nouveau patron d'Apple, c'est lui qui est à l'origine de
02:07cet ordinateur entre guillemets low cost pour Apple,
02:11qui n'est pas cher pour Apple, mais qui vise une nouvelle clientèle, cet Apple Neo, ce MacBook Neo.
02:19Et donc on sent qu'il y aura peut-être aussi une ouverture d'Apple, peut-être sur des segments
02:23de population,
02:24peut-être avec des prix plus bas, à l'image d'Apple, ça reste quand même cher pour Apple,
02:29mais des prix plus bas pour avoir de nouvelles clientèles.
02:31Le but naturellement, c'est de vendre le maximum de terminaux pour vendre ensuite des services sur lesquels Apple a
02:38des marges assez importantes.
02:39Donc continuité, mais peut-être quelques éléments de rupture aussi à attendre sur la gamme de produits,
02:45ça sera l'autre grande interrogation que l'on aura.
02:47Donc à partir de septembre, qui marquera sûrement le lancement de nouveaux iPhones,
02:52on verra un petit peu cette nouvelle stratégie d'Apple qui doit évoluer dans les prochains mois.
02:56En tout cas, depuis que Tim Cook est arrivé à la direction d'Apple, c'était en 2011,
03:00l'action a été multipliée par 20, Christian Parizeau, on est proche d'un record historique.
03:05Aujourd'hui, Apple, c'est 4000 milliards de capitalisation boursière au coude à coude avec Nvidia,
03:09avec Alphabet, la maison mère de Google, grâce notamment à des rachats d'actions massifs.
03:15Quand on regarde sur les 15 dernières années, vous avez quand même un groupe qui a racheté 800 milliards de
03:19dollars d'actions
03:20afin de les annuler. C'est juste monstrueux.
03:23Oui, mais permis aussi par une rentabilité exceptionnelle, il faut aussi quand même le souligner.
03:28Donc derrière, il y a une capacité quand même d'Apple à générer un free cash flow qui est assez
03:32impressionnant,
03:34avec peut-être un manque de prise de risque, c'est ce qu'on lui reprochera.
03:39Autant Steve Jobs marquait des ruptures, des ruptures technologiques importantes,
03:43il prenait des risques industriels importants qui ont été payants.
03:46On sent que Tim Cook, ça a été un très bon gérant de cet héritage, de cette innovation.
03:52Il a monté en gamme, il a su industrialiser les process, parce qu'aujourd'hui, quand on est dans la
03:57taille d'Apple,
03:58on peut produire des millions d'iPhone par trimestre.
04:01C'est quand même vraiment une réussite industrielle.
04:04Alors surtout plus, d'autant plus qu'en ce moment, on va être sur des problèmes d'approvisionnement essentiels
04:09qui vont vraiment freiner l'innovation et l'ensemble des ventes de produits électroniques.
04:14Et Apple est plutôt bien placée grâce à tous les efforts qu'a pu mettre en place Tim Cook.
04:19Donc il faut lui reconnaître le côté industriel, gestion de la chaîne d'approvisionnement.
04:24Mais on lui reprochera surtout son manque d'innovation.
04:27Je pense qu'il a été plutôt, je dirais, à la marge, une amélioration à la marge.
04:32Peut-être moins prendre de risques.
04:34On verra si le nouveau management sera prêt aujourd'hui à prendre beaucoup plus de risques.
04:38Et en tout cas, les quelques innovations de Tim Cook,
04:41certaines n'ont pas fonctionné parfaitement.
04:44On pense notamment au casque virtuel, de réalité virtuelle.
04:48Bon, il faut vraiment qu'Apple marque peut-être les esprits aussi dans l'innovation.
04:53Ou alors on restera dans des améliorations incrémentales et plutôt dans le sillage des autres.
05:00Mais voilà, en tout cas, il faudra voir un peu comment on redonne peut-être un nouveau souffle marketing à
05:06Apple.
05:06Ça sera un des éléments, un des challenges pour le nouveau patron d'Apple.
05:09Vous aimez bien, vous, cette action Apple, Christian Parizeau ?
05:12C'est vrai qu'en début d'année, c'est une action qui surperformait les autres GAFAM,
05:15dans le sens où elle n'était pas exposée à l'intelligence artificielle, à ses milliards de dollars sur l
05:22'IA.
05:22Et puis bon, maintenant, c'est un argument pour vendre cette action Apple en disant
05:26« Oui, mais ils ne sont pas dans le train de l'IA ».
05:28C'est qu'ils tout doublent.
05:30C'est un peu ça, c'est ce qu'on peut lui reprocher.
05:32L'avantage qu'a quand même Apple, je le rappelle, c'est quand même ces puces qui sont extrêmement puissantes
05:36et qui permettent de véritablement faire tourner l'IA au niveau des smartphones,
05:41au niveau des différents appareils d'Apple.
05:45Et donc, je pense qu'Apple, oui, a un retard, un retard dans l'IA,
05:48mais peut aussi quand même nous offrir des bonnes surprises sur l'utilisation de l'IA
05:52parce qu'on sait que la grande force d'Apple, ces dernières années, ce n'est pas d'innover,
05:56mais c'est d'offrir des produits qui sont adaptés aux besoins des gens
06:00et qui sont faciles à utiliser.
06:02Et ça, c'est la grande force d'Apple.
06:04Donc, Apple a quand même des arguments pour lui.
06:06Moi, je dirais qu'Apple, c'est un bon investissement.
06:08Si vous ne voulez pas prendre trop de risques sur l'IA,
06:10mais jouer quand même en partie cette thématique, ça reste une valeur de croissance.
06:13Ça reste une valeur qui a un free cash flow qui est assez important,
06:16qui a un programme de rachat d'action.
06:17Ça soutient quand même la valorisation.
06:21Donc, je dirais que ce n'est pas forcément la valeur la plus risquée des 7 magnifiques,
06:26mais c'est une valeur qui reste très solide
06:28et ça peut être un bon élément de diversification de portefeuille
06:31dans le secteur technologique.
06:33Et surtout, si vous ne voulez pas tout mettre dans le secteur technologique,
06:36exposez à l'IA.
06:37Parce qu'aujourd'hui, c'est vrai, vous pouvez prendre du SKINX,
06:40vous pouvez prendre du Micron Technology,
06:42mais là, vous êtes sur des risques quand même qui sont de risques de volatilité
06:45qui sont importants.
06:45Là, Apple, vous jouez un peu le secteur technologique sans prendre trop de risques.
06:49Donc, pour moi, ça reste une valeur un peu de fond de portefeuille.
06:52Si je vais faire une comparaison, c'est l'air liquide du secteur tech américain,
06:56pour faire simple.
06:57Belle image.
06:57En tout cas, il faut rassurer avec beaucoup d'attention
06:59les résultats trimestriels qui seront publiés le jeudi 30 avril.
07:03Un dernier mot, Christian Parizeau de la Fed.
07:05On change là également d'actualité, mais c'est l'autre actualité chaude de cette séance.
07:09Puisque aujourd'hui, à 10h, heure de Washington, 16h, heure de Paris,
07:14Kevin Ward sera devant la commission bancaire du Sénat.
07:18Il va devoir un petit peu faire patte blanche, en tout cas dire pourquoi il a envie d'être
07:23président de la Fed et puis surtout prouver qu'il peut être indépendant face à la pression
07:28de Donald Trump.
07:30Oui, alors ça sera une audition très prudente, à mon avis, vu les pressions qu'il a et vu
07:35que sa nomination n'est pas actée.
07:36On sait qu'il y a une opposition, y compris du côté des Républicains, pour ne pas acter
07:41sa nomination.
07:43Ça sera une audition forcément très, très, très prudente.
07:46Je pense qu'il y a deux choses que vont garder les marchés.
07:49D'une part, son positionnement à très court terme.
07:52Alors, ce n'est pas forcément quelque chose de structurel, mais on attend de voir quelle
07:55est son analyse.
07:55Il était plutôt accommodant, il parlait plutôt de baisse des taux, mais on va voir
07:59est-ce qu'il maintient encore cette baisse des taux avec le choc énergétique que l'on
08:02a eu et l'impact que ça a pu avoir sur l'inflation.
08:05Donc, on verra, est-ce qu'il prend vraiment à contre-pied tous les membres du FOMC qui
08:10ont été plutôt sur l'idée d'un statu quo et de grande prudence de la Banque centrale
08:14ou est-ce qu'il a un discours très volontariste, très colombe, comme on dit, ou alors est-ce
08:19qu'il va être assez neutre ? Je pense qu'il va être très neutre et très prudent.
08:22Il ne va pas vouloir véritablement induire des réactions trop vives.
08:26Et puis, l'autre élément qu'on attend beaucoup, c'est sur les aspects un peu plus structurels.
08:30On sait qu'il est très favorable à un rôle de la Fed très réduit.
08:35Pour lui, la Banque centrale américaine ne doit s'occuper que des taux courts, que
08:38de la politique monétaire, surtout pas intervenir sur la partie longue.
08:41Donc, c'est pour ça qu'il voudrait réduire la taille du bilan de la Banque centrale.
08:44Ce n'est pas forcément une bonne chose pour les marchés.
08:46Mais en tout cas, il n'est pas forcément sur l'idée de faire du quantitative easing,
08:50des injections de liquidités.
08:51Donc, on sent qu'il va peut-être marquer un peu sa patte en disant, on va recentrer
08:55un petit peu les fonctions de la Banque centrale.
08:57Ça ne veut pas dire qu'elle ne restera pas indépendante.
08:58Mais ça veut dire qu'on va être beaucoup plus limité dans le rôle de la Banque centrale.
09:03Et puis, surtout, on l'attendra sur son indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif,
09:08vis-à-vis de Donald Trump.
09:09Et là, je pense qu'il va plutôt noyer le poisson.
09:11Parce que ce n'est pas le moment de relancer des craintes.
09:15Le pire des scénarios, ça serait qu'il donne l'impression d'être aux ordres de Donald Trump.
09:19Donc, il va essayer, à mon avis, d'être relativement neutre.
09:22Donc, moi, je n'attends pas forcément beaucoup de scoops dans cette audition.
09:25Une audition très prudente parce qu'encore une fois, il n'est pas assuré d'avoir ce poste.
09:30Donc, ça s'annonce compliqué.
09:31Donc, il va essayer de faire le minimum de vagues.
09:33Bon, le marché va regarder, naturellement.
09:35C'est quelque chose qu'on va tous regarder, qu'on va tous écouter.
09:37Mais j'ai un peu peur que ça soit un peu vide de fond.
09:40Et derrière, on regardera un petit peu ce qu'il dit sur les futures fonctions de la Fed.
09:46Ça sera peut-être là où on aura peut-être des éléments plus intéressants pour le moyen terme.
09:50Mais ce sont des éléments de moyen terme.
09:51Et je pense qu'il sera très prudent sur le court terme.
09:54Et surtout, il sera très prudent sur ce que doit faire la Banque Centrale Américaine dans les prochains mois.
09:58Audition, bien sûr, que vous pourrez suivre dans BFM Bourse avec Guillaume Sommerer cet après-midi
10:03et que nous débrieferons également demain matin dans Good Morning Market.
10:06Merci beaucoup, Christian Parizeau, de nous avoir accompagné ce matin.
10:08Vous êtes conseiller économique pour Aurel Baï-Gécé et président d'Altaïr Economics.
10:12Non, non, non, non.
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