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Ce mardi 3 février, une très forte volatilité des métaux précieux, a été abordée par Christian Parisot, conseiller économique pour Aurel BGC et président d'Altaïr Economics dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Christian Parizeau qui nous accompagne ce matin, conseiller économique pour Aurel BGC et président d'Altaïr Economics.
00:08Bonjour Christian Parizeau, merci d'être avec nous ce matin.
00:12Très forte volatilité, des métaux précieux depuis vendredi, l'argent a perdu 30% hier, il s'est repris un petit peu hier.
00:19On voit notamment ce matin l'argent qui retrouve la barre des 86 dollars.
00:24Ce qui est quand même plutôt sain dans tout cela, c'est que les marchés actions ne sont pas pris dans cette panique.
00:30Non, c'est plutôt sain. Je lisais certains commentaires ce matin qui disaient que même puisque les actifs refuges sont devenus risqués, autant aller sur les actions.
00:39On va mettre ça un peu de côté, mais c'est vrai que ce qu'on constate, c'est qu'il y a aujourd'hui des mouvements un peu excessifs sur les marchés.
00:48Ça traduit des excès de liquidités, ça traduit aussi des thématiques qui sont tirées jusqu'au bout.
00:53On en a parlé à un moment donné sur l'intelligence artificielle, là on est sur les métaux.
00:58Mais ça montre aussi que derrière, il y a quand même des vraies inquiétudes et que ça, ça ne va pas disparaître.
01:04C'est-à-dire que derrière l'arbitrage qu'on a fait sur l'or, derrière les arbitrages qu'on a pu faire éventuellement sur l'argent,
01:09c'est avant tout un risque géopolitique.
01:11C'est une incertitude liée en partie à l'administration Trump, il faut le reconnaître.
01:15Et donc derrière ça, c'est quand même des fondamentaux qui sont là.
01:17Alors après, vous allez me dire que ce n'est pas des fondamentaux très positifs pour l'économie,
01:21mais en tout cas, c'est une vraie inquiétude des investisseurs.
01:24Donc ce qui montre qu'on peut avoir des à-coups, on peut avoir de la volatilité,
01:27mais je dirais que ce qui fait l'appétit aujourd'hui de l'or n'a pas disparu fondamentalement.
01:32Donc on reste encore sur des mouvements qui sont peut-être erratiques,
01:35qui surréagissent à une nouvelle, qui créent de la volatilité à très court terme,
01:38mais qui ne remettent pas en cause une tendance qu'on a pu observer depuis un bon petit moment.
01:424 940 dollars ce matin pour une once d'or, cet or qui a pris plus de 400 dollars depuis hier matin quand même.
01:49On est quand même sur un rebond assez fort.
01:52Nous parlons d'ailleurs de l'argent dans un instant avec Paul Marcel,
01:55qui nous attend depuis l'atelier des options pour regarder comment l'argent évolue sur ces niveaux techniques.
02:01Un mot également, bien sûr, Christian Parizeau du secteur technologique.
02:05Hier soir, le Dow Jones a gagné plus d'un pour cent, c'est-à-dire deux fois mieux que le Nasdaq.
02:09Ça montre bien qu'on a des investisseurs qui vont sur la vieille économie.
02:12Parce qu'il y a des interrogations sur OpenEI, sur aujourd'hui la rentabilité des modèles d'intelligence artificielle
02:18et surtout une course qui est très forte.
02:20C'est-à-dire qu'on avait plus de 80% de part de marché pour Tchadjepity il y a un an.
02:24On est désormais plutôt aux alentours de 60%.
02:26Oui, alors il y a plusieurs éléments qu'il faut avoir en tête.
02:28C'est que l'investissement autour de l'intelligence artificielle devient risqué.
02:32Ce n'était pas le cas il y a encore un an.
02:33Parce qu'il y a un an, c'était j'investis dans Nvidia les yeux fermés.
02:36De toute façon, il y a une telle demande.
02:37Il y a des annonces de gens qui ont les poches pleines qui vont investir massivement dans l'IA.
02:41Donc il y avait zéro risque.
02:43Là, on passe dans la phase risque.
02:45Pourquoi ? Parce que déjà, dans les grands modèles d'intelligence artificielle,
02:48il y aura forcément des perdants.
02:49C'est-à-dire qu'on comprend que ça demande énormément, c'est très capitalistique,
02:53ça demande énormément d'investissements et en capacité de calcul
02:56pour avoir un Tchadjepity, pour avoir un Gemini, pour avoir les différents modèles.
03:00Mais on sait que ces différents modèles, ils ne vont pas tous survivre.
03:04Il y aura forcément des morts, parce que les coûts sont tellement élevés
03:07qu'il vous faut une diffusion au niveau mondial pour amortir ces coûts de l'intelligence artificielle.
03:12Et donc, quelque part, est-ce que Tchadjepity existera encore dans 5 ans ?
03:16Ou est-ce que ça sera Gemini qui aura pris toutes les parts de marché ?
03:19Ou alors, est-ce que ça sera le modèle de Microsoft avec Copilot ?
03:23Mais en tout cas, on sait qu'il y aura des modèles qui vont mourir.
03:25Et derrière, forcément, ça veut dire aussi peut-être moins de besoins en termes de plus de Nvidia,
03:30puisqu'on n'aura pas à surinvestir dans ce domaine.
03:33Donc, il y a beaucoup d'incertitudes aujourd'hui.
03:35Et on voit que les investisseurs commencent à être prudents.
03:37Ce n'est pas une remise en cause de l'IA.
03:38Ce n'est pas une remise en cause de la thématique.
03:40C'est juste la perception qu'aujourd'hui, il faut faire les bons choix
03:42et qu'il y a un vrai risque de stock picking aujourd'hui autour de cette thématique-là.
03:46Avec le Wall Street Journal qui évoquait ce week-end que non,
03:49visiblement, John Seng Yang et Nvidia n'allaient pas investir 100 milliards dans OpenEI.
03:54Mais environ 100 milliards, probablement plusieurs fois.
03:57Tout le monde est bien sûr prudent quant à la rentabilité d'OpenEI
04:00qui ne cesse d'être reportée.
04:03Oui, il y a un problème très clairement.
04:05C'est que Jiminy a vraiment marqué un coup par rapport à ChatGPT.
04:10Et donc, il y a une belle notoriété, il y a une belle marque avec ChatGPT.
04:13Mais on voit que l'intégration des coffres aujourd'hui,
04:18Alphabet, dans toutes ses applications,
04:19lui permet aujourd'hui de gagner des parts de marché et de percer.
04:22Mais il faut faire attention, il n'y a pas qu'on est très focalisé Jiminy et OpenEI.
04:27Mais on voit que les Chinois aussi sont en train de faire des percées dans leur modèle.
04:32Donc attention, ça évolue très vite dans ce secteur-là.
04:35Et puis surtout, on commence à vraiment maintenant regarder très près
04:38tout ce qui est investissement un peu circulaire.
04:40C'est-à-dire qu'en gros, j'investis dans OpenEI,
04:44mais OpenEI achète mes puces.
04:47Et ça, ça commence à être perçu comme un réel danger
04:49pour les profits à venir, pour les prises de risques.
04:52Et on voit aussi que même Oracle ne passe pas
04:55en termes de communication auprès des marchés.
04:57Donc on voit qu'on intègre aujourd'hui,
04:58on commence à délaisser là où il y a le plus de leviers
05:01et là où il y a le plus de facteurs de risque autour de la thématique de l'IA.
05:04Encore une fois, c'est le retour du stock picking
05:06autour de l'intelligence artificielle.
05:08Et puis, on voit qu'il y a aussi des solutions.
05:12Palantir, qui a publié hier soir,
05:13montre qu'on peut avoir des plateformes,
05:16des plateformes IA qui explosent
05:18parce qu'ils ont un carnet de commandes
05:19qui est de 150%, en hausse de 150%.
05:22Ces 20 premiers clients, sur un an,
05:25dépensent plus de 45% sur la plateforme de Palantir.
05:30Donc, il y a une demande autour de l'IA,
05:33mais on voit qu'il peut y avoir aujourd'hui,
05:35la demande autour de l'IA, c'est une demande sécurisée,
05:37une demande avec des modèles beaucoup plus pointus,
05:41appliqués à certaines applications.
05:42Mais ça veut dire que ça marche.
05:44L'IA est une source de rentabilité
05:46et une source de gain de productivité.
05:48Mais on voit que ça va encore beaucoup fluctuer.
05:51Et on verra que peut-être les gagnants de demain,
05:53je ne sais pas, ça sera peut-être plus Palantir
05:55qu'OpenAI qui a pourtant été à l'origine de ce phénomène.
06:00Mais on voit que ça peut évoluer très vite.
06:01Donc, beaucoup, beaucoup d'incertitudes
06:03sur qui seront les grands gagnants demain
06:05autour de cette thématique de l'intelligence artificielle.
06:08Oracle qui a clôturé en baisse de 2,8% hier soir,
06:11car vous avez un groupe qui va encore lever des capitaux.
06:14Ils avaient levé 18 milliards sur le marché obligataire en septembre.
06:17Et là, ils comptent lever entre 45 et 50 milliards
06:20en dettes convertibles, obligations convertibles,
06:23et également sur des obligations classiques
06:25avec des durées très longues,
06:26du 40 ans aujourd'hui,
06:28pour financer ces fameux data centers.
06:30Alors, d'un côté, ils ont raison,
06:31puisqu'ils voient qu'il y a de la liquidité,
06:33qu'il y a des gens qui sont prêts à accepter ça.
06:36Mais ça pose un énorme problème,
06:38parce que quand vous investissez dans Oracle,
06:40vous prenez le maximum de risques,
06:41puisque c'est un risque leveragé.
06:42Contrairement aux grands leaders,
06:44qui étaient Meta, Microsoft,
06:47eux, ils ont les capacités financières pour le faire
06:50sans trop utiliser le levier.
06:52Là, on est sur des acteurs
06:54qui utilisent vraiment un levier énorme.
06:56Et donc, si déjà la concurrence est très forte
06:59et qu'il n'y a pas un retour sur investissement
07:01aussi fort qu'attendu,
07:02on sera sur une société qui sera financièrement en difficulté.
07:04Donc, il y a un risque aujourd'hui.
07:06Ce n'est pas dire que ce sera positif ou négatif.
07:08Il y a une incertitude sur l'avenir.
07:11Mais aujourd'hui, c'est
07:12est-ce qu'il faut prendre le maximum de levier
07:14quand vous jouez la thématique de l'IA ?
07:15Je pense que les marchés sont en train de trancher
07:17et nous dire non.
07:18D'autant plus qu'il y a d'autres idées d'investissement
07:20qui commencent à apparaître.
07:21Et on l'a eu hier,
07:22notamment après l'ISM manufacturier
07:23qui était au-dessus des attentes.
07:25On s'est dit, est-ce qu'on ne joue pas mieux,
07:26finalement, il ne va pas mieux jouer
07:28la solidité de la croissance américaine
07:30et des valeurs plus classiques,
07:31du Russell 2000,
07:33des valeurs qui jouent la croissance américaine
07:35qui ne sont pas surévaluées,
07:36plutôt que d'aller jouer une thématique de l'IA
07:39qui est là, qui est impotentiel,
07:40mais qui est de plus en plus incertain.
07:41D'où la hausse hier soir de 1% du Dow Jones
07:43quand le S&P 500 était à 0,5%.
07:47Idem pour l'indice Nasdaq.
07:49A noter que désormais,
07:50Oracle perd 18% depuis le 1er janvier
07:52et son titre a été divisé par deux en septembre.
07:55Un dernier mot, Christian Parizeau,
07:57sur la Banque d'Australie
07:58qui remonte ses taux.
08:00Alors, c'est vrai qu'on parle assez peu
08:01de la Banque d'Australie,
08:02mais force est de constater
08:03qu'aujourd'hui, il y a quand même
08:04assez peu de banques centrales
08:05qui remontent leurs taux.
08:06Donc, c'est quand même intéressant
08:07de comprendre pourquoi, aujourd'hui,
08:09elle remonte ses taux, la RBA.
08:11Oui, entre la RBA et le Japon,
08:12il n'y en a pas beaucoup
08:13qui sont aujourd'hui
08:14à durcer la politique monétaire,
08:15mais c'est intéressant
08:16parce que la Banque d'Australie
08:17a baissé deux fois ses taux.
08:18Là, elle nous la remonte.
08:19Alors, c'était attendu.
08:20Il n'y a pas eu d'effet surprise,
08:22on le savait,
08:22mais c'est parce que l'inflation
08:24est résiliente.
08:25En tout cas, c'est un schéma,
08:26c'est quelque chose
08:27qui nous interpelle.
08:29Ça montre que c'est compliqué
08:29pour les banques centrales.
08:31Elle a fait face
08:32à un marché du travail
08:32qui reste tendu, finalement.
08:34Elle pensait que ça allait
08:35se dégrader beaucoup plus.
08:37Et face à ça,
08:37on a une inflation
08:38qui a donné des signes de rebond
08:40sur la fin de l'année dernière.
08:41Donc, ça montre
08:42que les banques centrales,
08:43ça ne sera pas un chemin paisible,
08:45qu'on peut avoir
08:46des mauvaises surprises,
08:47notamment si l'inflation
08:48se révèle beaucoup plus résiliente
08:50qu'attendu.
08:51Et là, naturellement,
08:52on regarde de très près
08:53ce qui se passe aux États-Unis.
08:54On a eu quand même
08:54un chiffre de prix
08:56à la production
08:56assez négatif
08:57qui a été publié
08:58la semaine dernière.
08:59Donc, on rentre quand même
09:00dans des périodes aussi
09:01peut-être plus incertaines
09:02qu'on le pense
09:03sur ce que feront
09:04les banques centrales.
09:05Je ne vous dis pas
09:05que la Fed va monter
09:06ses taux prochainement,
09:07mais en tout cas,
09:08ça montre qu'il y a quand même
09:09un débat
09:09et que ce débat
09:10est loin d'être clos
09:11et qu'on n'a pas
09:12une grande visibilité
09:13sur certaines banques centrales
09:14sur ce qu'elles feront
09:14cette année.
09:14Nous aborderons ce contexte
09:16avec notamment
09:17Maxime Darmé
09:18de Allianz Trade
09:19et Nour Benzim Red
09:20à 9h40,
09:22sachant que vous avez également
09:22la BCE
09:23qui va s'exprimer ce jeudi.
09:25Merci beaucoup,
09:26Christian Parizeau
09:26de nous avoir accompagné
09:27ce matin,
09:28conseiller économique
09:28auprès d'Aurel BGC
09:29et président
09:30d'Atahir Economics.
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