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Lundi 13 avril 2026, retrouvez Mike O'Sullivan (Chef économiste, Moonfare), Julien Nebenzhal (Président, eToro Patrimoine) et Valentine Ainouz (Responsable Stratégie Fixed Income, Amundi Investment Institute) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:00...
00:10Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:14Valentine Ennuz est avec nous responsable du Fixed Income chez Amundi Investment Institute.
00:18Bonsoir Valentine.
00:20Bonsoir.
00:20A vos côtés, Julien Nebenzal, le président de Itoro Patrimoine.
00:23Bonsoir Julien.
00:24Bonsoir Gégoire.
00:25Et Mike O'Sullivan qui est également avec nous ce soir, le chef économiste de Moonfair.
00:30Bonsoir et bienvenue Mike.
00:31Ravi de vous accueillir dans cette émission.
00:33Moonfair, je le dis d'un mot, qui est une plateforme de private equity.
00:38Pour les investisseurs professionnels.
00:40Pour les investisseurs professionnels.
00:42Mike, je ne sais pas si on parle de private equity, mais je veux bien qu'on parle un peu
00:46de la situation globale des marchés.
00:48On est au démarrage d'une septième semaine de crise dans le golfe,
00:52avec effectivement un cessez-le-feu depuis quelques jours qui semble maintenir un peu plus de calme sur le terrain.
00:59Néanmoins, le point d'attention des marchés, des investisseurs et des économistes,
01:03c'est bien sûr le sort du détroit d'Hormuz qui reste bloqué aujourd'hui.
01:07Qu'est-ce qu'on peut dire des impacts à attendre de sept semaines de blocage du détroit d'Hormuz
01:12?
01:12Et le fait que Donald Trump décrète un blocus du détroit, qu'est-ce que ça peut générer comme résultat
01:19?
01:19Au niveau d'impact, pour moi, les effets réels de la crise sont de plus en plus réels pour nos
01:29vies économiques, politiques.
01:31En Irlande, par exemple, le pays est bloqué par des manifestations.
01:39Nous subissons notre moment au gilet jaune.
01:42Donc, je ne donne pas de mauvaises idées aux Français.
01:45La vie chère, le sujet de la vie chère, exacerbée par le blocage d'Hormuz,
01:50est déjà en train de créer des mouvements sociaux dans un pays comme l'Irlande.
01:55En Irlande, c'est un pays où les gens ne se manifestent pas beaucoup.
02:01J'entends.
02:02La semaine dernière, le pays était bloqué, les apports étaient bloqués,
02:05toutes les grandes villes étaient bloquées par les fermiers, les routiers, par exemple.
02:11Quel est le niveau d'inflation en Irlande aujourd'hui ? Je n'ai pas le chiffre en tête.
02:14Le niveau officiel, c'est 3%, mais selon la plupart des gens, c'est plus exigeant.
02:21La perception de l'inflation est toujours au-delà, mais 3%, c'est déjà un peu plus que le reste
02:26de l'Europe en moyenne.
02:27Donc, ça commence à se pèser sur la vie politique, économique des Européens.
02:34Bien sûr.
02:35Et ça, si on est dans ce genre de schéma, ça veut dire qu'il faut attendre toujours plus de
02:42réponses de la part des politiques,
02:44budgétaires notamment.
02:45Est-ce qu'il y a des réponses possibles, si on est dans les conséquences de ce conflit aujourd'hui
02:49pour l'Europe ?
02:49En Irlande, il y a des réponses économiques possibles, parce que c'est un pays assez riche.
02:57Mais en gros, en Europe, on est dans un monde endetté.
03:04Donc, je pense que nous sommes sur la limite de l'espace fiscal ou économique.
03:11Donc, tous les pays n'auront pas beaucoup de marge de manœuvre pour accommoder cette situation.
03:16Après Covid, après la guerre en Ukraine, il n'y a plus de marge pour supplier les effets secondaires de
03:24ces crises.
03:25Sur le blocus américain du détroit d'Hormuz, comment est-ce que vous comprenez les objectifs de ce blocus ?
03:31Sur quoi est-ce que ça peut déboucher ? Est-ce que ça peut emmener, j'allais dire, l'ensemble
03:37du monde à se mobiliser pour libérer la circulation d'Hormuz ?
03:41Parce que derrière la question du pétrole, il y a un vrai sujet de liberté de circulation qui est prise
03:46très au sérieux par un certain nombre de pays dans le monde.
03:49J'ai écouté ce week-end une prise de parole du ministre des Affaires étrangères de Singapour.
03:52Ils ont le détroit de Malaga, le détroit de Singapour.
03:55Il y a plus de trafic maritime dans ces deux détroits que dans le seul détroit d'Hormuz.
03:59Et évidemment, ils sont très inquiets ou en tout cas très attentifs à ce qui va se passer pour Hormuz.
04:05Difficile à discerner une vraie stratégie de la part de Trump.
04:09Moi, j'ai l'impression qu'il priorite des victoires plutôt tactiques qu'une stratégie cohérente.
04:18Et Trump et Vance, ils ont été élus sur la promesse de réduction de l'inflation, de ne pas mener
04:27des guerres.
04:28No wars, c'est ça.
04:30Et on a quoi ? Quatre, cinq mois avant les élections en novembre, mi-terme.
04:39Et pour moi, c'est un peu bizarre qu'on pense à une stratégie nihiliste.
04:44Bon, on verra effectivement. Pour l'instant, le taux d'approbation de Donald Trump dans les sondages est au plus
04:50bas, évidemment, à quelques mois de ces élections de demi-mandat.
04:55Le blocus, qu'est-ce que ça apporte au débat, si je puis dire, Valentine, d'un point de vue
04:59de marché, j'entends ?
05:01C'est un conflit qui dure plus longtemps.
05:04Il faut dire que quand même, la semaine dernière, on avait un rebond de l'espoir d'une guerre courte.
05:09Donc, ça s'est immédiatement traduit sur les marchés par une baisse du prix du pétrole, des marchés d'actifs
05:17risqués qui ont performé, un recul des taux, en particulier des taux européens.
05:21Et puis, un dollar qui est aussi un peu moins fort.
05:24Donc là, on est reparti à nouveau dans ce scénario où ce conflit va durer un peu plus.
05:29Et on voit que les points d'achoppement entre le gouvernement iranien et les Etats-Unis sont quand même des
05:34points sérieux, notamment sur l'uranium.
05:36Ça ne va pas du tout être évident à très court terme d'arriver à un accord.
05:40Et aussi sur ce passage, cette volonté de faire payer le passage dans le détroit d'Hormuz qui créa un
05:47précédent.
05:48Et parce que faire payer sur un passage maritime international, normalement, c'est gratuit.
05:54On s'assied sur toutes les lois internationales qui régissent le trafic des mers, en l'occurrence.
05:59Ça inspirera d'autres pays pour pouvoir avoir une manne financière.
06:04Et globalement, ce qu'on peut se dire aujourd'hui, c'est qu'on a quand même un pétrole qui
06:07va rester plus élevé plus longtemps.
06:09Et puis, avec ce risque quand même du coût du transport maritime qui peut être peut-être structurellement plus élevé
06:16qu'avant.
06:17Ou du moins, il y a quand même plus de risques aujourd'hui.
06:20C'est beaucoup moins stable.
06:23Donc, en termes d'impact économique, c'est évidemment plus d'inflation, moins de croissance.
06:28Dans quelle proportion ?
06:29Quand on regarde les marchés obligataires, est-ce que c'est beaucoup plus d'inflation, un peu moins de croissance
06:34?
06:34Est-ce que c'est un peu plus d'inflation, beaucoup moins de croissance ? Comment ça s'équilibre ?
06:38Alors, pour l'instant, c'est plus d'inflation, moins de croissance, mais pas de récession.
06:41D'accord. OK.
06:42Et ça, c'est important.
06:43Et je pense qu'ils ne sont pas si détachés que des actifs risqués que ça, les marchés obligataires.
06:47Ils disent qu'il y a de l'inflation, les banques centrales vont monter leurs taux, mais on ne voit
06:51pas se dessiner de risque de récession aujourd'hui sur les marchés obligataires.
06:54On ne voit pas les investisseurs.
06:56Il n'y a qu'une toute petite baisse de taux, ou même à peine, qui est anticipée par la
07:00BCE dans un deuxième temps.
07:01On n'a pas un vrai mouvement de dire « Ouh là, on se bascule dans un risque de récession
07:06».
07:06Donc le marché considère que l'activité sera suffisamment résiliente pour permettre aux banques centrales d'aller monter les taux
07:12?
07:12D'aller monter les taux et n'est pas sur un risque de récession.
07:15Je dirais pour l'instant, on est globalement sur le scénario central de la BCE, voire on se rapproche un
07:21peu du scénario adverse.
07:23On est entre les deux.
07:24C'est le minimum, impact minimum.
07:26Je rappelle qu'il y a un autre scénario qui est le scénario sévère, dans la gradation de la BCE,
07:31centrale adverse et sévère.
07:33Centrale adverse et sévère.
07:35Donc pour l'instant, c'est l'impact sur l'inflation, mais plutôt l'inflation totale, avec une diffusion limitée
07:42de cette hausse des prix de l'énergie au reste de l'économie.
07:44Donc très peu de hausse sur l'inflation, comme l'on dit, corps.
07:49Et donc avec des banques centrales qui ont besoin de monter leur taux, mais de façon modérée, sans attaquer la
07:56croissance, sans basculer sur un scénario de récession.
07:59Mais on se rapproche pour moi, plus le conflit dure, plus on se rapproche évidemment de ce scénario adverse.
08:07Mais ce n'est pas encore pour moi le scénario central du marché.
08:10On le voit sur les marchés actions, on le voit sur les marchés du crédit qui tiennent bien.
08:14Ce n'est pas encore, on n'est pas en train de se dire, là on bascule dans un scénario
08:17de récession.
08:17Ce n'est pas encore le point de bascule.
08:19On n'y est pas, on n'y est pas.
08:21Julien, comment vous regardez la situation ?
08:23Et puis je veux bien qu'on dise un mot des cycles que vous étudiez.
08:27Ça fait partie de votre ADN, si je puis dire, Julien.
08:30Et je sais que depuis le choc Covid et la crise ukrainienne, notamment depuis la première vague d'inflation,
08:37vous nous avez toujours alerté sur l'idée que dans l'histoire, les pics d'inflation n'étaient jamais isolés.
08:43Et que très souvent, il y avait une deuxième vague d'inflation qui suivait assez rapidement, d'ailleurs, après le
08:49premier pic d'inflation.
08:50On est dans cette histoire-là, j'imagine.
08:52C'est un malheureux chercheur russe, un scientifique russe qui est mort en 1936 dans les goulags,
08:59qui avait découvert ça en observant la variation des prix alimentaires en Angleterre puis aux Etats-Unis.
09:05Il avait donc ce qu'on a convenu après comme quatre cycles derrière lui.
09:09C'est Schumpeter qui a mis ce travail en valeur.
09:11Donc c'est un cycle d'environ 55 à 57 ans qui ne traite que des prix.
09:17Donc ce n'est pas l'activité économique, ce n'est pas la valeur de la bourse, c'est les
09:22prix qu'il a pu constater.
09:24Donc on va dire que ce sont des prix plutôt à la consommation qu'à la production.
09:27Et donc tous les 55-57 ans, on a une phase d'inflation extraordinairement basse pendant une période très longue.
09:34Et puis tous les 55-57 ans, en miroir, on a une période d'inflation élevée sous forme de pic
09:40avec un S,
09:42puisque deux pics surgissent à chaque fois et sont espacés de 4 à 7 ans.
09:46Donc on a un premier pic en 2022-2023, selon le type d'inflation qu'on va regarder.
09:51Et là, on est en 2026, donc on rentre dans la zone et on est probablement en train de construire
09:56ce deuxième pic d'inflation.
09:58Alors après, si vous voulez que je reste dans les cycles avec plaisir, je vais redire quelque chose que j
10:02'ai déjà dit là-dessus.
10:03Si l'histoire est un guide, parfois, ça peut toujours être utile ?
10:06Je peux vous prendre un exemple.
10:08Quand Trump a été élu, j'étais sur ce plateau avec vos invités, je disais que Trump était une catastrophe
10:13pour tout le monde.
10:14L'économie américaine en premier, mais pour tout le monde, je n'avais rien de visionnaire, rien du tout.
10:19Évidemment, je faisais peut-être partie des gens qui n'appréciaient pas trop le personnage,
10:23mais je ne fondais pas mon observation là-dessus, mais sur le cycle géopolitique.
10:27Donc, il y a un deuxième élément qui est, comme dirait Braudel, encore une structure supérieure,
10:32qui est un cycle d'environ 110 ans, qui a été découvert par des chercheurs américains
10:35et dont ils sont certains, on va dire à partir de la Renaissance.
10:40C'est que pendant une période de 30 ou 40 ans, depuis la Renaissance,
10:44il y a une entité économique qui est dominante du point de vue technologique, militaire, culturel et monétaire.
10:52Parfois seulement trois des quatre paramètres sont bons.
10:55Donc, ça a été successivement Portugal, Pays-Bas, deux fois le Royaume-Uni, puis les États-Unis.
11:01Pour qu'ils soient dominants, ces gens-là, il faut que leur modèle ait été retenu comme le modèle global
11:05du monde développé.
11:08Et pour arriver à ça, c'est toujours une situation de conflit qui aboutit à la définition d'un leader.
11:13Et la foule politique a besoin d'un leader à suivre.
11:16Parce que derrière le chaos qui est une guerre, il faut trouver une solution.
11:19Et la solution, c'est le leader.
11:21Le leader, une fois qu'il est leader, il dépense de plus en plus d'argent pour défendre sa situation.
11:25Et à la fin, il s'épuise.
11:26Donc, il se retire et le conflit réapparaît.
11:29Donc, cette chose-là, elle est ultra documentée.
11:32Et pourquoi je vous parlais de ça quand Trump a été élu ?
11:34C'est quand on a la période de déconstruction, on a systématiquement...
11:38D'ailleurs, ça porte bien son nom.
11:39C'est déconcentration ou déconstruction.
11:42On casse tout pour qu'autre chose émerge.
11:45Puisque le système est arrivé à son terme.
11:47Il ne peut pas aller plus loin.
11:48Donc, quand je vois des Trumps, quand je vois le Brexit, j'étais...
11:52Ouais, on a parlé de ça en 2016 avec vous, déjà, bien sûr, bien sûr.
11:55Et que je vois Trump, et que je vois Trump revenir...
11:57Tout ça procède de la même logique à chaque fois.
12:00C'est des casseurs.
12:00C'est des casseurs.
12:01C'est des vendeurs.
12:02Intéressant.
12:03Oui, tel que vous racontez l'histoire, toute coïncidence avec ce qui se passe aujourd'hui n'est pas fortuit.
12:08C'est vraiment effectivement ce que vous racontez.
12:20Les deux, parce qu'en fait, les civils de Kondératèf, et notamment l'un des deux, se situent pendant la
12:25période du conflit global.
12:27Donc, le dernier conflit global, c'est 1910-1920.
12:30Le précédent, c'est les guerres napoléoniennes.
12:32Je peux remonter encore ?
12:33Oui, oui, oui.
12:33Vous parlez de livre Fourth Wave ? Non ? C'est un livre américain ?
12:38Non, les deux travaux qui ont été reconnus académiquement, c'est Georges Modelsky et Joshua Goldstein.
12:44Ils ont écrit à un an d'intervalle, sans se connaître, deux livres différents, avec deux sources différentes.
12:49Je partage votre enthousiasme pour la littérature, et j'ai même une conclusion par un chemin différent.
12:57C'est que c'est des mondialisations qui tuent l'inflation, et comme vous l'avez dit,
13:04Trump et Boris Johnson, ce sont des casseurs, ils ont vandalisé une mondialisation,
13:09et maintenant nous aurions une inflation importante.
13:14On pourra en parler longtemps, mais quand je définis ces personnages, je dis qu'ils cassent,
13:17je ne centre pas ce que je dis sur l'identité des personnages,
13:21mais sur la volonté des peuples qui les portent au pouvoir.
13:25Vous avez raison.
13:26Parce qu'il est modèle, quoi.
13:28Exactement. Sans trop savoir lequel, vers quoi, etc.
13:32Il y a besoin de quelqu'un.
13:34Toujours intéressant, quand même, cette mise en perspective, je trouve, grâce à vous, Julien.
13:38Alors, si on poursuit cette discussion, Mike, et si on revient aux banques centrales,
13:44comment vous comprenez ? Parce que le marché est convaincu que la situation va appeler une réponse de politique monétaire,
13:50notamment en Europe, de la part de la Banque Centrale Européenne.
13:53La réponse attendue de la Fed étant qu'elle ne fasse plus rien pour l'instant,
13:58quand on imaginait qu'elle pouvait encore baisser un peu ses taux.
14:01Qu'est-ce que ça vous inspire ?
14:02Les prochaines réunions de Banque Centrale arrivent d'ici deux semaines, maintenant.
14:05Oui. En parlant de l'histoire, je pense à l'erreur de Jean-Claude Trichet, je pense que c'était
14:13en 2006.
14:14Ou juillet 2008, Mike !
14:17Juillet 2008, bien sûr !
14:19Et je rappelle, suivi également de deux hausses de taux, juillet et septembre 2011.
14:24Il n'y a pas eu que 2008, mais il y a eu 2011 aussi.
14:26Parce qu'il y avait le prix de pétrole monté et triché.
14:31Ses collègues, ils ont reposté, ils ont élevé les taux d'entrée,
14:37et ils ont peut-être assisté à la provocation de la crise financière.
14:42Moi, franchement, personnellement, je pense que ce sera une erreur d'élever les taux d'entrée.
14:50Je pense que nous subisons des prix élevés, mais pas des attentes de l'inflation.
15:00Je comprends. Il n'y a pas de décentrage, des anticipations d'inflation.
15:03Et derrière ce hausse des prix, il y a un risque d'une récession.
15:11Donc, à mon avis, ce sera prudent de rien faire.
15:15Dans le monde actuel, il n'y a pas de risque de voir ce type d'inflation,
15:19ce choc d'offres sur le pétrole, se diffuser au reste de l'économie.
15:24L'économie, depuis le Covid, a changé.
15:26Les mécanismes de transmission, des hausses de prix sont encore présents d'une certaine manière, Mike.
15:31Ok, j'entends tout ce qu'on peut dire au sujet de la Banque Centrale Européenne
15:37et qu'elle ferait une erreur en montant ses taux,
15:38mais dans une position de gestion du risque, j'essaye de me mettre à sa place.
15:42Mais ça se diffuse comme un choc négatif, un choc d'appétit pour le risque.
15:50On voit ça dans la bourse.
15:53Moi, toutes les sociétés, les entreprises dont je parle,
15:59se sont devenues plus risque averse après ce choc.
16:04Donc, à mon avis, c'est une tendance négative sur l'activité et tout ça.
16:11Il n'y aura pas de volonté des entreprises de transmettre pleinement les hausses de coûts dans les prix ?
16:16Le pricing power ne sera pas aussi important que pendant la période post-Covid, notamment ?
16:21Je pense qu'ils sachent que leurs consommateurs n'ont plus d'appétit pour ça,
16:25comme je vous ai fréquenté sur les Irlandais, par exemple.
16:31Là, il n'y a pas de pouvoir de négociation de la part des entreprises pour monter les prix.
16:35Bon, d'accord avec ce constat, Valentin ?
16:38On avancera, enfin, on découvrira tout ça aussi en marchant.
16:43Je partage le marché sur trois hausses.
16:47Je trouve que c'est beaucoup.
16:49Nous, on est sur une BCE qui maintient ses taux inchangés.
16:51Mais il y aura peut-être quand même une hausse, je dirais, de précaution.
16:56Qu'on vendra comment alors ?
16:57Une assurance ?
16:59La précaution.
16:59Après, l'action de la BCE va dépendre pour moi de trois choses.
17:02Déjà, la trajectoire des prix du pétrole.
17:05Pour l'instant, on est quand même sur des prix du pétrole qui restent élevés.
17:07Et on n'a pas vu les prix du pétrole reculer.
17:10Donc, plus les prix du pétrole resteront élevés plus longtemps,
17:13plus ce risque d'avoir une BCE ou monter ses taux est présent.
17:16Après, il y a les anticipations d'inflation à moyen terme.
17:19Pour l'instant, les acteurs économiques restent persuadés, sont convaincus,
17:23que l'inflation restera à 2% à moyen terme, que ce soit aux États-Unis en zone euro.
17:28Le marché, d'une certaine façon, a fait le job de la BCE en anticipant des hausses de taux
17:33et en maintenant ancré les anticipations d'inflation à moyen terme.
17:38Les banques centrales, aujourd'hui, sont crédibles dans leur rôle.
17:40Le premier job d'une banque centrale, que ce soit celle de la Fed,
17:43même s'il y a un double mandat ou la BCE,
17:45c'est de maintenir ancré les anticipations d'inflation à moyen terme.
17:48S'il y a le moindre tension à la hausse sur les anticipations d'inflation à moyen terme,
17:52les banques centrales doivent monter leurs taux.
17:53C'est leur job.
17:55Et puis après, évidemment, cette diffusion des hausses des prix de l'énergie au reste de l'économie,
18:00et là, je partage ce point de vue, on n'est plus du tout dans le même contexte que 2022.
18:052022, post-Covid, il y avait de l'épargne, les ménages avaient accumulé beaucoup d'épargne,
18:10il y avait une politique budgétaire qui était quand même beaucoup plus soutenée.
18:15Déjà, on n'avait pas eu de choc sur les mêmes niveaux d'inflation,
18:18on n'était pas sur les mêmes niveaux de taux.
18:20Honnêtement, c'était une toute autre histoire.
18:22Donc maintenant, on voit quand même que la capacité, et ça, ça se voit en bottom-up,
18:26ça se voit en top-down, des entreprises à répercuter les hausses du coût de l'énergie
18:31ne sont pas aussi fortes que ça.
18:33Beaucoup plus limitées qu'avant.
18:34Beaucoup plus limitées que post-Covid.
18:37Et le choc sur les prix de l'énergie, pour moi, est différent.
18:41Pendant la crise, avec l'entrée de la guerre en Ukraine entre la Russie et l'Ukraine,
18:48l'Europe a perdu directement son accès au gaz russe.
18:52Et ça a entraîné des changements structurels, réorganisation de l'énergie sur le gaz en Europe.
18:59Là, il y a toujours un espoir.
19:00On est dans l'attente de la réouverture d'Hormuz.
19:03On est dans l'attente d'un retour à la normale.
19:04Alors, on se dit, ça va prendre un peu plus de temps, mais on est toujours dans cette philosophie
19:11qu'il va y avoir un retour à la normale.
19:13Et donc, pour moi, ce qui aussi peut changer ce comportement des banques centrales,
19:17c'est si on a une destruction des infrastructures.
19:19Alors, la probabilité de ce scénario de risque, des destructions, des infrastructures énergétiques...
19:23Massive, il y a eu des destructions d'infrastructures.
19:25Il y en a, mais il y en a vraiment qui retardent de façon très significative un retour à la
19:30normale.
19:31Voilà, donc là, ça nous ferait changer de scénario.
19:32Donc, pour moi, je pense que les banques centrales, pour l'instant, les marchés ont fait le job,
19:37ce qui permet de maintenir, ancrer les anticipations d'inflation à moyen terme.
19:41Je pense que les banques centrales vont continuer d'en jouer.
19:43Elles ne vont pas avoir un discours très doviche, mais elles vont être quand même prudentes dans les hausses de
19:47taux
19:48parce qu'il y a quand même, aujourd'hui, le vrai risque, pour moi, c'est un resserrement des conditions
19:51de financement,
19:52notamment avec ces hausses de taux.
19:54Et ça, ça nous ferait basculer notre scénario de croissance.
19:57Et attention, dans les deux scénarios de risque de la BCE, elle l'a bien précisé à la fin,
20:00il n'y a pas de hausse de taux dans ces scénarios-là.
20:04Il n'y a pas l'impact de resserrement des conditions de financement sur la croissance.
20:07Donc, on basculperait vraiment.
20:09Oui, oui, oui, ça peut être la double peine.
20:11Ah, ce sera la double peine.
20:12Les prix de l'énergie et les hausses de taux et l'impact sur les conditions de financement.
20:16Et une capacité à financer tous les investissements qu'on a besoin de faire,
20:19qui sera sans doute amoindri.
20:22Julien, du point de vue du marché, c'est vrai que la semaine dernière a vu un espèce de retour
20:28assez violent d'appétit pour le risque.
20:30Comment vous avez analysé cette séquence ?
20:32Est-ce qu'il y a un début de retour d'optimisme ?
20:36Est-ce qu'on peut le dire ainsi, avec l'idée que le pic du conflit actuel dans le Golfe
20:42est passé,
20:43et qu'on peut reprendre une activité normale sur les marchés ?
20:47C'est peut-être beaucoup dire, mais en tout cas, qu'on peut se focaliser à nouveau,
20:50peut-être par exemple sur les résultats d'entreprise,
20:53qui ont tout pour être encore très bons sur ce premier trimestre.
20:57Et donc, refaire des sommets, j'entends.
21:00Oui, il peut se passer beaucoup de choses.
21:02Moi, je ne suis pas du tout, je n'ai pas plus de boules de cristal que personne.
21:08Quand le phénomène qu'on voit, le deuxième pic d'inflation se met en place,
21:11on parlait là des banques centrales,
21:13et j'entendais Mike qui parlait de tricher.
21:17Je vais faire un mini point comportemental quand même.
21:22Si on lit le livre de Galbraith, qui s'appelle L'argent, j'en ai déjà parlé,
21:26c'est vraiment très rigolo.
21:27Alors, c'est de la politique monétaire, donc quand je dis que c'est rigolo,
21:29ne prenez pas ça au premier sens.
21:31C'est un peu très rigolo.
21:33Là, il va nous montrer sur 150 ans d'observations de banques centrales,
21:36qui font en général jamais un truc bien, mais jamais.
21:39Il n'y a que des coups à prendre.
21:40C'est un job, il n'y a que des coups à prendre.
21:42Et en fait, on est tous captivés par ça, parce qu'il y a le mythe du sauveur.
21:46Même, on l'a encore vu récemment,
21:48Powell monte les taux, on dit l'inflation baisse, c'est extraordinaire.
21:50Mais l'inflation, elle baisse le jour où il commence à monter ses taux,
21:53donc ça n'a rien à voir avec le fait d'une hausse de taux.
21:55Non mais, on le construit, on est ravis.
21:58Donc, ce qui se passe en ce moment,
22:00pour essayer de répondre quand même un petit peu à la question,
22:02c'est qu'on a tout un ensemble de choses
22:05qui sont monstrueuses.
22:07Je pèse mes mots.
22:08Les banques centrales ne peuvent rien faire, absolument rien,
22:11dans la situation actuelle.
22:12Les gouvernements ne peuvent rien faire.
22:15Et les prix du pétrole, s'ils veulent rester à 150 ou monter à 400,
22:18on ne peut rien faire.
22:21Donc, la capacité qu'ont les marchés obligataires
22:23à aujourd'hui tenir bon,
22:25je la trouve remarquable.
22:27Mais tant mieux, tant mieux, je dis tant mieux.
22:31Que les marchés actions n'intègrent pas le niveau des taux obligataires,
22:35comme c'est le cas depuis trois ans,
22:36au travers de la hausse des PER, etc.
22:38Ça, ça me laisse toujours un petit peu,
22:39mais pourquoi pas ?
22:40Il y a des flux, on est optimiste,
22:41il va se passer des choses, l'IA, volontiers.
22:45Encore une fois, je ne connais pas l'avenir.
22:46Ça me laisse un peu songeur.
22:48Mais là, on est sur un schéma
22:50où l'économie américaine, pour moi,
22:52allait rentrer cycliquement en récession,
22:53et le conflit, ça, j'en avais parlé en décembre,
22:56et le conflit qu'on rajoute maintenant,
22:58qui va toucher l'Asie en premier, l'Europe aussi,
23:02là, les problèmes d'énergie.
23:03Mais c'est évident que ça va mal se passer.
23:05C'est juste évident.
23:07Après, si on veut espérer un retour...
23:10C'est-à-dire qu'après des années de résilience,
23:11ça a été quand même le sujet,
23:13avec des crises depuis 2020
23:15qui sont de plus en plus fréquentes,
23:17qui s'accumulent.
23:18On n'a jamais eu cette grande récession,
23:20on n'a jamais eu cette grande purge de marché.
23:23Et les entreprises arrivent à nous sortir,
23:25là, sur le trimestre, encore, aux États-Unis,
23:27peut-être des résultats les meilleurs de leur histoire.
23:30Donc, c'est vrai qu'il y a quand même un biais assez naturel
23:33à se dire, en fait, à chaque fois, j'imagine le pire,
23:35et en fait, le pire n'arrive jamais.
23:39Si on veut, moi, je ne suis pas porteur de ce méchage
23:42en ce qui me concerne.
23:43Là, je dis juste que ce contexte, globalement,
23:46est quand même plus que préoccupant.
23:49Il est très catastrophique.
23:50Oui, oui.
23:50Non, mais quand je dis le pire du pire des marchés,
23:51du point de vue du marché.
23:52La réalité, c'est ça.
23:53Après, dans le comportement d'investisseur,
23:55le comportement d'investisseur,
23:57qu'on fasse là un rebond de 3 mois, 6 mois,
24:00quelle que soit la raison, quel que soit le motif,
24:02pourquoi pas ?
24:03Mais s'il se produit ce rebond,
24:05il n'a pour moi aucun intérêt,
24:07du point de vue de l'allocation.
24:09Et si vous me dites,
24:10tout peut très, très bien aller en fin d'année,
24:12nous sommes sur des nouveaux records historiques,
24:15je dis, OK, l'analyse que j'ai faite du contexte
24:17n'était pas la bonne.
24:18Je dis, d'accord,
24:19mais je ne peux pas, compte tenu de l'analyse que je fais,
24:22je ne peux pas dire,
24:23le rebond est fondé, il est structuré, etc.
24:25Il n'y a rien.
24:26À l'inverse, les points bas qu'on a vus en mars,
24:28c'est des points bas qu'on peut très facilement
24:30aller revisiter, voire beaucoup plus bas.
24:33Julien, dans votre esprit, alors ?
24:37Je disais les taux, l'économie.
24:38J'ai parlé rapidement du...
24:40Mais vous en avez parlé en introduction
24:42du Détroit d'Hormouz,
24:43mais ça fait dix ans qu'on le sait,
24:46ce sujet du Détroit d'Hormouz.
24:48On le sait tous.
24:49Ça fait vingt ans que j'en entends parler.
24:50Sauf que là, il est concret.
24:53Et si ce problème, il est encore là dans trois mois,
24:55je crois qu'on ne se représente pas
24:57le niveau des économies et des entreprises.
24:59C'est non linéaire.
25:01Donc on peut dire aujourd'hui,
25:03vu qu'on n'est pas dans trois mois,
25:06compte tenu du fait qu'on n'est pas très certain
25:07que ça se passe, on va garder un niveau de probabilité
25:10qui est que...
25:11Et donc, pourquoi pas faire un rebond ?
25:12Peut-être que ça va être alimenté
25:13par un apaisement temporaire.
25:15Mais la Chine, maintenant qu'on l'a provoqué,
25:17parce que c'est ce qui s'est passé,
25:18ce qu'a fait la Chine,
25:19ce qu'a fait les États-Unis au Venezuela,
25:21et maintenant en Iran,
25:22c'est une provocation directe.
25:23Enfin, moi, je ne le vois pas difficile.
25:24Oui, bon, ok, ok.
25:26En tout cas, c'est une manière de mettre...
25:27Oui, oui, oui.
25:27Le pétrole chinois, c'est une manière de mettre...
25:29Oui, oui, oui.
25:30De verrouiller l'accès aux ressources...
25:32Les iraniens qui doivent survivre,
25:33ça, c'est tous les plateaux de télévision
25:34qui vous le disent,
25:35qu'ils doivent survivre, etc.,
25:36donc ils ne vont pas lécher le morceau.
25:37La Russie, c'est parfait pour elle,
25:39tout ce qui se passe.
25:40Je ne vois pas comment ça va se solutionner.
25:42Bon.
25:42Voilà, donc, mon avis,
25:43s'il y a un rebond parce qu'on est survendu,
25:45que les gens sont pessimistes,
25:46que les trucs...
25:47Et que les flux rentrent,
25:48parce qu'il y a des niveaux d'épargne
25:49qui permettent que des flux rentrent,
25:50très bien.
25:51Moi, on m'intéresse pas.
25:52Mais ça ne changera pas la situation réelle
25:53telle que vous l'avez...
25:54On est loin du compte.
26:02C'est une nouvelle crise
26:02et cette guerre dans le Golfe,
26:04pour dire les choses.
26:05Qui a le plus à perdre ?
26:07Ou est-ce que le risque macro
26:08vous paraît le plus important aujourd'hui ?
26:10Est-ce que l'économie américaine
26:12peut être passablement fragilisée par...
26:15Oui, pour traper le commentaire de Julien,
26:18je pense que nous sommes sur une séparation
26:21des réalités, des mondes.
26:23Dans la bourse,
26:24les investisseurs sont plutôt résilients,
26:28optimistes, sur...
26:30On achète la croissance.
26:32C'est un renaculeur américain.
26:33Bien sûr.
26:34Mais dans la géopolitique
26:36et dans l'économie,
26:37nous sommes sur une accumulation des risques
26:41après la guerre commerciale de l'année dernière.
26:45Trump, maintenant,
26:45il impose des coûts
26:47sur les pays asiatiques,
26:50sur l'Europe.
26:52Nous sommes aussi dans le contexte
26:54de un monde endetté.
26:55Donc moi, sur l'économie,
26:59je suis assez...
27:02je dirais pas optimiste
27:04pour aller jusqu'en 2028,
27:09mais il faut un moment,
27:11comme vous l'avez dit,
27:13une chute vraie...
27:16On n'a plus ces phénomènes
27:17de récession.
27:19C'est ça, oui, oui, oui.
27:19Pour émettre l'ordre économique.
27:22Oui, oui.
27:23C'est ça, oui.
27:24Et ça, c'est un risque quand même
27:26qui grandit au fur et à mesure, Mike.
27:29Je pense que ça grandit
27:29parce qu'il y a une accumulation...
27:31On a l'impression que c'est un risque
27:31qui n'existe plus, en fait.
27:33Oui, ça n'existe plus dans les jeunes,
27:35dans les générations plus jeunes.
27:38Pas peut-être chez nous,
27:40mais parce que pour une jeune investisseur
27:44de 30 ans,
27:46elle n'a jamais vu une récession
27:49ou une vraie crise économique.
27:51Donc, c'est pas dans le paramètre
27:55des jeunes gens.
27:56Oui.
27:56Et du coup, vous regardez les marchés
27:59comme étant assez...
28:00Les actifs risqués,
28:01les actions étant assez déconnectées
28:03de cette histoire économique-là ?
28:05Je pense que les marchés
28:06sont vraiment déconnectés
28:07de la vie réelle des gens,
28:10de l'économie
28:12et aussi de la géopolitique.
28:15Et dans la géopolitique,
28:16nous sommes dans un monde
28:17qui est en train de se déchirer
28:20dans des camps.
28:22Pourtant, on va le voir
28:23avec les résultats d'entreprise, Mike.
28:24On va voir que la tech américaine
28:26peut voir des bénéfices progresser
28:28encore de 30, 40, 50 % peut-être cette année.
28:32On va voir un secteur
28:33comme l'Oil & Gas
28:34qui va forcément voir
28:35ses bénéfices progresser, etc.
28:39Peut-être que le secteur bancaire
28:40aussi est encore en bonne position
28:42pour faire croître ses profits
28:45et ses bénéfices
28:46tout au long de cette année 2026,
28:48quelle que soit la situation d'Ormouz,
28:50j'allais dire,
28:50dans deux ou trois semaines, Mike.
28:53Ça, c'est quand même une réalité aussi
28:54pour les investisseurs boursiers.
28:56C'est ça.
28:57Et pour moi,
28:58le vrai test,
29:01ce sera les résultats
29:03des magas d'Amazon, Google,
29:07et de voir comment ils gèrent
29:10le flux de IA
29:12sur leur modèle économique.
29:15Et on voit, par exemple,
29:16avec le modèle Mythos de Cloud,
29:18ça pourrait déchirer
29:22l'industrie de la cybersécurité.
29:25C'est ça.
29:26Donc, tout ce qu'on vivait
29:27avant le conflit,
29:28ce qu'on appelait le Saspocalypse
29:30ou Sasmaggedon, etc.,
29:31cette crise du logiciel,
29:33est-ce que l'IA crée de la valeur
29:35ou en détruit avant tout ?
29:36Ce débat-là dans le marché,
29:38cette discussion,
29:39elle n'est pas finie.
29:40Elle n'est pas terminée.
29:40Pas du tout finie.
29:41Pas du tout.
29:43On verra,
29:43les résultats des magas,
29:44c'est encore dans quelques temps.
29:45Pour l'instant,
29:46on va avoir les banques
29:47et le luxe,
29:48notamment,
29:49sur la situation de marché aussi.
29:53Valentine,
29:54peut-être qu'on peut dire un mot
29:55des résultats de l'élection en Hongrie.
29:57Donc, c'est quand même
29:58un changement assez profond
30:01de pouvoir,
30:02puisque 16 ans de régime Orban.
30:05Pauline le disait tout à l'heure
30:06dans son point bourse.
30:09Peut-être que depuis la chute du mur,
30:10on n'a pas vu un basculement
30:11aussi important de régime
30:14dans un pays d'Europe centrale
30:16et de l'Est,
30:17en l'occurrence.
30:19Pour la Hongrie,
30:20évidemment,
30:20ça veut dire quelque chose
30:21de manière très immédiate.
30:23Pour l'Europe,
30:24comme animal économique,
30:26animal politique,
30:27et donc pour les investisseurs.
30:30Je pense que les investisseurs,
30:31aujourd'hui,
30:31sont très, très focalisés
30:33sur le conflit
30:35au Moyen-Orient.
30:35Oui, mais quand même,
30:37je trouve que la Hongrie
30:37a une bonne place
30:38aussi dans l'actualité,
30:39quand même, ce lundi.
30:40La Hongrie,
30:41oui,
30:42elle a une place,
30:43mais bon,
30:43je pense que le conflit
30:44et les annonces
30:45et les tweets de Trump
30:48ont beaucoup plus d'impact.
30:50Mais on va devoir avancer.
30:52Je trouve, moi,
30:52une des conséquences
30:53de ce conflit
30:54et de ce qu'on voit en Europe,
30:55c'est d'avancer vers plus d'Europe
30:56et très, très rapidement,
30:58notamment sur l'énergie
30:59et sur la défense.
31:00Donc,
31:01toutes les bonnes nouvelles
31:02qui vont,
31:02il faut quand même
31:03prendre les bonnes nouvelles,
31:05qui vont dans le sens
31:06où on peut avoir
31:06un peu plus d'Europe,
31:07c'est quand même,
31:08c'est une bonne chose.
31:09J'ai bien peur que,
31:12vu le rôle qu'a joué l'Europe
31:13dans ce conflit,
31:15que Trump se désengage
31:17un peu plus de l'OTAN
31:18ou réclame plus de dépenses,
31:20de défense
31:20de la part des pays européens.
31:22Et on voit quand même
31:23qu'il y a certains pays européens,
31:24bon, pas tous quand même,
31:25parce qu'on a quand même
31:27une marge de manœuvre budgétaire,
31:28enfin, je dirais en Europe
31:30un peu plus qu'aux Etats-Unis,
31:31donc des pays comme l'Allemagne,
31:32enfin, tous les...
31:33Ah, ben l'Allemagne,
31:34oui, il y a quand même
31:36certains pays
31:36qui ont quand même
31:37de la marge de manœuvre budgétaire,
31:38d'autres moins.
31:40Mais bon,
31:41si tous les pays de la zone euro
31:43doivent réaugmenter
31:44leurs dépenses sur la défense,
31:45ça peut quand même
31:46mettre des grosses pressions.
31:47Vous dites là,
31:48moi je reste très content.
31:49Mais le montant d'investissement
31:51et de dépenses nécessaires,
31:52il n'est pas encore au niveau...
31:53On n'y est pas,
31:53on n'y est pas.
31:54Et puis certains pays
31:55ont très peu des pays
31:55comme l'Italie
31:56ou la France
31:58ou l'Espagne
31:58n'en a aucune envie.
32:00L'Italie,
32:00on a l'impression
32:01qu'on sort un peu du mirage
32:02Next Gen EU
32:03et on voit d'ailleurs
32:04Georgia Mellone
32:05qui est tout de suite
32:06friande
32:07de demander
32:08à suspendre
32:09les règles européennes.
32:10Mais non, mais oui.
32:11Mais parce que
32:12les effets du plan européen
32:14se dissipent
32:15au moment
32:15où les tensions reprennent.
32:17Et moi,
32:19sur ce risque macro
32:22aujourd'hui,
32:23moi je partage quand même
32:25ce point de vue
32:26qu'il y a une partie
32:26de l'économie américaine
32:27aujourd'hui
32:27qui est en récession.
32:29Les ménages
32:29les moins aisés,
32:30les petites entreprises
32:31qui subissent les deux cours,
32:32l'immobilier résidentiel
32:34aux Etats-Unis
32:34totalement à l'arrêt.
32:35On voit aussi
32:36que l'immobilier en Europe...
32:37Or,
32:38IA Data Center,
32:39vous dites qu'il y a
32:39une bonne partie
32:40de l'économie américaine
32:41qui est plus haut niveau.
32:42Effets richesses,
32:43consommation des ménages
32:44les plus riches
32:45et puis les investissements
32:46dans l'IA
32:46de cinq entreprises.
32:48Cinq entreprises !
32:48On voit qu'il y a
32:49une partie de l'économie
32:50américaine aujourd'hui
32:51qui fait face
32:52à des conditions
32:52de financement
32:53qui sont difficiles.
32:53On voit qu'en Europe,
32:55on a du mal
32:55à voir ce rebond
32:56sur le marché
32:56de l'immobilier.
32:57On voit que l'immobilier
32:58est quand même
32:59en difficulté.
33:00Donc pour moi,
33:01une des conséquences
33:02de cette crise,
33:02c'est qu'on ne va pas
33:03pouvoir baisser les taux
33:04ou on va les monter.
33:05On va reporter les baisses.
33:07Donc attention
33:07à l'impact
33:08de ce resserrement
33:08sur les conditions
33:09de financement
33:09sur les économies.
33:10Le crédit,
33:11elle nous dit quoi
33:11par rapport à ça,
33:12Valentine ?
33:13Tu n'as pas l'impression
33:13que le crédit
33:14nous alerte de grand-chose ?
33:15Non, le crédit,
33:16on est sur un scénario
33:17central qui tient.
33:19Après,
33:19les entreprises sur le crédit
33:21sont extrêmement résilientes.
33:22Je suis impressionnée
33:23de la résilience
33:25de ces grandes entreprises
33:26qui font face
33:26au choc Covid,
33:28les droits de loi,
33:30les hausses des prix de gaz.
33:31Elles ont bâti
33:31des modèles économiques
33:32très résilients.
33:33Depuis le Covid,
33:34elles sont extrêmement prudentes
33:36dans la gestion
33:37de leur bilan.
33:38On voit qu'elles se désendettent.
33:41Elles ont bénéficié
33:43jusqu'à présent
33:43de marchés primaires
33:45très dynamiques,
33:46d'une très forte demande
33:47des investisseurs.
33:48Il n'y a pas de mur de dette
33:50à refinancer
33:50comme en 2008.
33:51Elles ont vraiment échelonné
33:53leur refinancement.
33:55Jusqu'à présent,
33:55on a eu un marché primeur
33:56peut-être un peu plus chaotique
33:57ces derniers jours,
33:58mais bon an, mal an
33:59qui est resté ouvert
33:59pour les émetteurs.
34:00Il n'y a pas de sujet.
34:02Elles ont vraiment
34:03des bons fondamentaux.
34:04Certes,
34:05les spreads sont un peu serrés,
34:06mais on a les rendements
34:07qui sont plus attractifs.
34:08On voit les rendements
34:08sur l'IG,
34:10sur l'investissement.
34:12On voit qu'il y a
34:13une partie des investisseurs
34:14qui sont des investisseurs
34:14de rendement.
34:15Ils font de pensions,
34:16les assureurs.
34:16Et donc tout de suite,
34:17on revient ?
34:17Qu'ils reviennent.
34:19Parce que même s'il y a
34:23des entreprises-là,
34:23elles vont bien tenir.
34:24Donc ils reviennent.
34:25Comment réfléchir
34:25à la construction
34:26d'une allocation d'actifs
34:28sur des horizons de temps
34:29un peu stratégiques ?
34:30Julien, justement,
34:31dans cet environnement,
34:32qu'est-ce qu'il y a à faire ?
34:38Depuis décembre,
34:39où j'en avais parlé
34:40dans votre émission,
34:41je ne fais rien.
34:42Et en fait,
34:43je ne voudrais pas être impoli,
34:45mais je ne vais rien faire.
34:46Il n'y a rien de plus à faire
34:47que rien.
34:48Dans le portefeuille
34:49le plus dynamique,
34:50il y a 20% d'actions.
34:52Et ces actions
34:52sont composées uniquement
34:54de ressources de base
34:54et de pétrole.
34:55D'accord.
34:56Non, mais c'est bien,
34:56ça pose au moins le...
34:57Et le reste,
34:57c'est quasiment que du cash.
34:59D'accord.
34:59Alors, je vous ai fait
35:00le plus dynamique,
35:01je peux faire le sécuritaire,
35:02si vous n'avez pas...
35:02Oui, oui, non,
35:03mais je comprends.
35:04Je suis désolé d'être très court,
35:05mais je ne vois aucune raison
35:06de changer.
35:07Ça, c'est un peu lié
35:07à ce que j'ai dit avant.
35:08Je pense qu'on est
35:09très très loin du compte.
35:10Et toujours pas envie
35:11d'avoir plus que nécessaire
35:13des taux ou de l'obligataire
35:14ou de la duration
35:15dans un portefeuille
35:16aujourd'hui.
35:18Non.
35:18C'est-à-dire acheter...
35:21Acheter...
35:22Acheter la dette,
35:24les obligations,
35:25acheter de la dette.
35:26Acheter de la dette
35:26dans un monde
35:27qui a besoin
35:28de tellement d'argent en plus
35:30pour faire tellement
35:31de choses en plus.
35:32C'est que 200%
35:34sur du 30 ans,
35:35ça peut quand même
35:36se regarder.
35:37Je ne sais pas,
35:37quand on est assureur,
35:38il y a des taux réels positifs,
35:40quand on veut verrouiller
35:41quand même du rendement
35:42sur la durée,
35:44il y a peut-être quand même
35:44des moments
35:45où ça peut être intéressant.
35:46Et je vais revenir
35:48très vite fait
35:48sur le cycle
35:49de l'inflation.
35:5173,
35:52géopolitique,
35:52premier pic d'inflation.
35:54Ça passe
35:54dans les entreprises,
35:56ça passe dans les ménages.
35:5779,
35:57géopolitique à nouveau.
35:59Second pic d'inflation,
36:01Thatcher,
36:01Reagan,
36:03on n'a pas de pétrole
36:04mais on a les idées.
36:05Il se passe des choses
36:06extrêmement fortes.
36:07Donc c'est ça
36:07qu'il y a devant nous.
36:08Alors là-dedans,
36:09prendre des décisions stratégiques.
36:10On prend.
36:11Parce que votre question
36:11c'est stratégie,
36:12moi j'en ai pas.
36:13Est-ce que c'est le bon moment
36:14de vendre
36:15le dollar ?
36:17De se débarrasser
36:17du dollar ?
36:18À chaque fois,
36:19je sors mon joker.
36:20Sur le dollar ?
36:21Je n'ai jamais su
36:22ce qu'il fallait réellement
36:23penser du dollar.
36:24Le fond de ma pensée,
36:26c'est de suivre
36:27le cycle de 110,
36:28120 ans,
36:29c'est la disparition
36:30de la monnaie qui a dominé.
36:31La disparition,
36:32ça perd de valeur
36:33relative aux autres.
36:34C'est ce qui s'est passé
36:35pour le sterlin,
36:36deux fois,
36:37pour le florin,
36:38avant.
36:38Donc c'est ce qui se passe.
36:39Qu'est-ce que vous en dites
36:40vous, Mike,
36:41du dollar, justement ?
36:42Qui a retrouvé en partie
36:44son statut de refuge,
36:45même si pendant la crise
36:47du Golfe,
36:47le dollar n'a pas explosé
36:4810% à la hausse.
36:49Ils ont les mêmes livres.
36:52Galbraith,
36:53Barry Eichengren,
36:54aussi l'économiste américain.
36:57Pour moi,
36:58nous sommes peut-être
37:00au début de la chute
37:00de l'Empire,
37:01la chute,
37:03l'onde chute
37:04de l'Empire américain.
37:07Donc,
37:07court terme,
37:08je suis plutôt
37:09pessimiste pour le dollar.
37:10Réservé sur,
37:11effectivement,
37:12une poursuite
37:12de la réappréciation
37:13du dollar.
37:14On a vu,
37:15dès que le cessez-le-feu
37:16a été décrété,
37:17l'euro-dollar,
37:17comme une flèche,
37:18est reparti à un 17%.
37:19Ça n'a pas duré
37:20très très longtemps.
37:21Merci beaucoup
37:21à vous trois.
37:22Merci d'avoir été
37:23les invités de Planète Marché
37:24ce soir.
37:25Maïko Sullivan,
37:26chef économiste de Moonfair,
37:27Valentin Ennouz,
37:28responsable de la stratégie
37:29Fixed Income
37:30chez Amundi Investment Institute
37:31et Julien Nebenzal,
37:33le président de
37:33eToro Patrimoine.
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