- il y a 2 jours
Ce lundi 13 avril, Sandra Gandoin a reçu Kelly Massol, présidente et fondatrice des Secrets de Loly, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
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00:01BFM Business présente
00:07BFM Entreprises, leadership, la méthode
00:11Sandra Gondoy
00:13Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Entreprises consacrée comme tous les lundis au leadership.
00:19Une demi-heure avec un leader, un patron qui va nous expliquer comment il dirige, son parcours, sa méthode, les
00:26clés de sa réussite, les épreuves aussi qu'il ont forgé.
00:29Quel meneur est-il ? BFM Entreprises, aujourd'hui, c'est avec Kelly Massol.
00:35BFM Entreprises, leadership, la méthode, sur BFM Business.
00:41Bonjour Kelly Massol, ravie de vous accueillir dans cette émission Leadership.
00:46Vous êtes entrepreneur, re, entrepreneuse, je ne sais pas comment vous dites, fondatrice, présidente des Secrets de l'Oli, investisseuse
00:54ou investisseur, auteur, conférencière.
00:56Je pose toujours cette question pour commencer cette émission.
00:59Est-ce que vous êtes née leader, d'après vous ?
01:02Moi, je pense, oui.
01:04Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
01:06En fait, dès toute petite, j'étais celle qu'on envoyait au tableau, par exemple, pour aller défendre les idées
01:13auprès de la classe, auprès des professeurs.
01:15Donc, je pense que, voilà, j'ai déjà été déléguée de classe.
01:19Donc, ça a toujours été inné.
01:21Et puis, je voulais être avocate à l'origine.
01:23Donc, je pense que j'avais cet instinct, effectivement, d'essayer de mener de la justice, l'égalité et essayer
01:29de driver les autres.
01:30C'est vrai qu'il y a une volonté, quand même, depuis toujours.
01:33Quand on lit votre livre, on va en reparler de ce livre, Bosse Énergie, la puissance de croire en soi,
01:41on comprend votre parcours.
01:42En primaire, vous écrivez ce que vous appelez vous-même une feuille de chou et vous la vendez, déjà, en
01:47faisant du porte-à-porte.
01:49Votre leitmotiv, très tôt, c'est d'être indépendante financièrement, ne dépendre de personne.
01:54Ce parcours de votre enfance, il a eu quelle influence, finalement, sur la suite, sur la vie professionnelle ?
02:02La première chose, je pense que ça m'a appris la résilience, pour de vrai.
02:08Et puis, savoir qu'il y aura toujours des jours meilleurs.
02:10Donc, quand on part sur cette idée-là, pour un entrepreneur, finalement, on sait qu'on arrive toujours à rebondir.
02:17Et puis, ça ne peut pas être pire qu'hier et demain, ce sera toujours mieux.
02:22C'est intéressant, parce que vous dites aussi que vous voulez travailler pour avoir tout ce que vous désirez.
02:28C'est ce que vous écrivez dans votre livre.
02:30Des cloches à fromage chez vous, un appartement spacieux.
02:33Ce que vous avez vu chez des copines, en fait, quand vous étiez enfant.
02:37Finalement, pourquoi c'est être entrepreneur, ou avocate au départ, qui vous menait, qui finalement était la chose, la priorité
02:47pour vous ?
02:47Vous auriez pu être salariée, par exemple ?
02:49Je pense qu'aujourd'hui, en France, être extrêmement indépendant financièrement en étant salarié, c'est compliqué, c'est difficile.
02:58Et puis, dépendre d'un supérieur hiérarchique, c'est aussi difficile pour certains caractères.
03:03Donc, quand on est un peu leader, on a tendance à plutôt mener plutôt que de suivre.
03:09Donc, déjà, je pense que ça faisait partie des choses.
03:10Et puis, oui, depuis toute jeune, je pense que j'avais cet instinct de savoir construire ce que je voulais.
03:18Donc, si, par exemple, tu as une liste entière de choses que tu veux, tu dois mettre un plan en
03:23place pour pouvoir l'avoir.
03:24En fait, finalement, c'est la notion de tout décider soi-même.
03:27L'important, c'est qu'on ne décide pas de son destin, de son boulot à notre place.
03:33En fait, je pense que quand on se trouve effectivement dans le moment de l'orientation d'un enfant, d
03:39'un jeune adolescent, malheureusement, c'est biaisé.
03:43C'est biaisé par la personne qui vous analyse et qui vit avec son prisme.
03:48Donc, une jeune fille comme moi qui arrive, qui vient d'un milieu de la diversité, qui vient d'un
03:53milieu, entre guillemets, pas forcément le plus favorisé.
03:56Et parmi ces autres élèves qui, par exemple, au collège, j'étais au collège dans le huitième arrondissement, étaient plus
04:01aisés, j'avais pas les mêmes propositions d'orientation.
04:05Et pourtant, j'avais envie de dire à la personne, non seulement je ferais pas ça, mais je ferais bien
04:10mieux et tu te trompes.
04:13Et c'est ça, en fait, qui est très intéressant.
04:15C'est que malgré les barrières qu'on vous met ou les barrières mentales qu'on cherche à mettre très
04:20jeune aux enfants, tu ne peux pas faire ceci quand on est une fille.
04:23Regarde-moi, regarde-moi faire, je vais te montrer que je peux.
04:26Et j'ai fait des tonnes de choses comme ça pendant l'intégralité de ma vie.
04:29C'est important, en fait, de ne pas être forcée à être uniquement dans un couloir de nage.
04:35On a toujours dit aux gens, vous allez être salarié et vous allez faire le même travail toute votre vie.
04:40Parce qu'aujourd'hui, on bouge énormément.
04:42Mais avant, on choisissait une carrière et c'était pour toujours.
04:44Et ça, pour moi, ça me paraissait insupportable.
04:47Oui, et vous choisissez, c'est très intéressant, vous dites, ne pas réussir ne pourra jamais être une option.
04:52Donc, il y a cette notion de non seulement choisir son parcours, mais à la fin de ce parcours, ou
04:57en tout cas, dans ce que vous voulez être, dans vos buts, il y a la réussite.
05:02Il y a la réussite, mais déjà, quand vous êtes maître de vos choix, c'est déjà une réussite en
05:06soi.
05:08Finalement, quand c'est vous qui avez décidé, ça ne peut être que de la réussite à la fin.
05:12On ne parle pas forcément de réussite monétaire, on parle de challenges au quotidien, de décisions que vous avez prises,
05:18du dépassement de soi, de la fidélité, de la loyauté, de l'honnêteté, de la constance.
05:24La constance en soi est déjà quelque chose qu'on ne trouve pas forcément, c'est une qualité qui se
05:29fait de plus en plus rare.
05:30C'est intéressant. En revanche, c'est vrai que vous racontez dans votre livre que tout n'a pas été
05:35facile, qu'au départ, vous hésitez à vous lancer vous-même.
05:38Votre business, les secrets de l'holi, c'est des produits naturels pour les cheveux texturés.
05:42Vous racontez que malgré les convictions sur l'indépendance, la nécessité de l'argent, malgré des formules abouties, vous avez
05:49du mal à vous lancer.
05:50Et vous vous lancez en tant qu'auto-entrepreneur, par exemple.
05:52C'est vrai, parce que tout simplement, à l'âge de 25 ans, quand vous avez un travail à la
05:58sécurité sociale, vous êtes assimilé fonctionnaire, que vous avez déjà votre deux pièces, votre petite voiture et que vous partez
06:06en vacances,
06:07c'est l'aboutissement pour beaucoup de personnes de ce que doit être la vie.
06:12Et donc, ma question était, est-ce que c'est à moi de sortir de ce cadre ? Est-ce
06:16que finalement, les autres n'ont-ils pas raison ?
06:19Mais en fait, c'était plus fort que moi. C'était un feu intérieur qui fait que je n'ai
06:25pas un jour où je regrette d'avoir pris le chemin qui était peut-être un peu plus difficile.
06:31Au début, vous faites les produits vous-même, vous codez votre site vous-même.
06:35Qu'est-ce que ça représente aujourd'hui, cette entreprise pour vous, quand on connaît ses débuts, quand on voit
06:40tout ce que vous y avez fait ?
06:42Ça représente quoi ?
06:44Il faut bien se rendre compte que chaque euro que j'ai gagné a toujours été réinvesti dans l'entreprise.
06:49C'est une entreprise qui a fonctionné 13 ans en autofinancement.
06:52Donc pour moi, chaque euro gagné ou chaque euro dépensé doit être dépensé intelligemment.
06:59Je vous donne des exemples. Il faut faire des comparaisons de prix.
07:03Je fais attention au budget des agences, etc.
07:07Pourtant, vous pourriez dire que l'entreprise est fleurissante.
07:11Oui, mais j'ai mis 13 ans avant de me payer correctement.
07:17Je me suis payée entre 1 500 et 2 400 euros au moment où mon fonds d'investissement est rentré.
07:22Même eux se disaient, mais c'est quoi ce salaire ?
07:24Parce que j'ai investi non pas, j'ai pas dépensé, j'ai investi dans la boîte, j'ai investi
07:30dans l'entreprise, j'ai investi dans les équipes et dans les outils qui nous permettent d'être la boîte
07:34fluorescente qu'on est aujourd'hui.
07:35C'est-à-dire 49 personnes qui font presque 50 millions d'euros de chiffre d'affaires chaque année.
07:40Vous avez longtemps tourné quasiment avec une équipe de femmes.
07:44Oui, alors forcément, quand on met des offres d'emploi, déjà trouver une entreprise qui emploie les gens, peu importe
07:55la diversité, leur couleur de peau et leur âge.
07:59Déjà, ça, c'était quelque chose qui fait qu'on avait beaucoup de candidatures féminines.
08:03Et j'ai commencé à essayer d'ouvrir un peu plus auprès d'hommes sur certains postes, mais ça s
08:12'est fait comme ça.
08:14Oui, c'est ça, ça se fait au fil du temps.
08:15Et puis, ce que vous racontez, c'est qu'il y a beaucoup d'ailleurs de patrons qui le disent
08:18dans cette émission.
08:20Parfois, ce qui est le plus difficile dans l'entrepreneuriat, c'est de recruter correctement et finalement d'avoir eu
08:24raison sur certains profils.
08:26Des fois, on se trompe.
08:29Effectivement, j'ai envie de vous demander, vous, ce que vous pensez, qu'est-ce qui est le plus difficile
08:32dans l'entrepreneuriat ?
08:33Est-ce que c'est suivre la croissance, monter une équipe, se défaire justement des membres qui ne suivent pas
08:38ou qui s'égardent de cette route ?
08:41Le plus difficile, bien entendu, que c'est l'humain.
08:44Peu importe ce qu'on vous dira, le plus difficile, c'est l'humain, c'est de gérer l'humain.
08:49Et moi, ce n'est pas mon fort parce que moi, mon excellence, c'est faire des produits, repérer un
08:53marché, savoir communiquer.
08:55Voilà.
08:55Donc, à partir de ce moment-là, je délègue effectivement le recrutement.
08:59J'ai compris en fait que je ne pouvais pas recruter uniquement à l'instinct et qu'il était important
09:06de recruter par contre sur le mindset.
09:07Nous, on n'a jamais recruté uniquement sur le CV parce qu'en fait, dans les moments difficiles, c'est
09:13le mindset qui fera que l'équipe reste soudée, que le bateau va tanguer, mais il ne va pas couler.
09:17Donc, c'est hyper important. L'humain est au cœur de tout.
09:22C'est-à-dire que lorsque vous avez des jeunes femmes qui habitent Saint-Germain-en-Laye et qui vont
09:27au fin fond du 94 à Saint-Maur-des-Fossés, qui s'asseillent dans le RERA chaque matin pour finir
09:33au terminus, tous les jours aller-retour, imaginez le degré de motivation.
09:39Moi, je n'ai pas juste une équipe. Moi, mon équipe, mon noyau dur, c'est des pirates.
09:42C'est-à-dire que ce sont des hommes et des femmes qui sont motivés, qui sont dévoués à la
09:48cause et à ce qu'on fait et qui croient dans le leader de l'entreprise.
09:52Et ça, c'est ce qui fait qu'on a une rentabilité et un ratio qu'on trouve extrêmement rarement.
10:0049 personnes, 45 millions, ça n'existe pas.
10:04En 2009, 9 femmes sur 10 défrisent leurs cheveux texturés.
10:08Et 10 ans plus tard, dites-vous, plus qu'une femme sur 10 le fait.
10:12C'était votre combat à la base.
10:15Est-ce que vous considérez que ça, c'est votre succès ?
10:18Parce que ce que vous expliquez, évidemment, c'est que défriser des cheveux texturés, ça les abîme infiniment et que
10:23les femmes n'avaient pas d'autres options à l'époque.
10:25Vous, c'est ce que vous vouliez changer.
10:27On va plus loin que ça.
10:28Les études ont montré que non seulement ça abîme les cheveux, mais en plus, les perturbateurs endocriniens présents dans ce
10:37genre de produit altèrent la fertilité et ont donné fibromes et cancers.
10:45Ça allait jusque-là juste pour essayer de rentrer dans un moule qui correspond à ce que, tout simplement, les
10:53gens veulent voir.
10:54Non, absolument pas.
10:55On a trop essayé de faire longtemps rentrer des ronds dans des carrés.
10:58L'avènement des réseaux sociaux a montré d'autres beautés, des beautés multiques, des beautés diverses.
11:02Et je suis ravie d'avoir participé à ce mouvement.
11:04Non, effectivement, une femme sur dix se défrise uniquement.
11:08Ça veut dire que neuf femmes sur dix ne se défrisent plus.
11:11Mais c'est surtout une nouvelle génération qui est en place, c'est-à-dire des générations de petites filles
11:15pour qui c'est naturel de porter leurs cheveux.
11:18Elles en sont fières et surtout, elles n'ont pas ce complexe.
11:20Et quand on n'a pas ce genre de complexe, surtout à l'adolescente, on en fait des femmes fortes.
11:24Donc moi, je ne vends pas que du shampoing.
11:27Je permets à des gens d'être plus forts au quotidien pour affronter le regard du monde.
11:30C'est une...
11:31La communauté et les clientes des Secrets de Loli,
11:34il y a cette communauté aussi, ce forum Boucles et Coton que vous avez créé il y a bien longtemps.
11:40Est-ce que votre objectif aujourd'hui, c'est de garder cette communauté-là
11:45où finalement, avec l'entreprise qui grandit, c'est d'aller beaucoup plus large
11:50et pas de l'abandonner quelque part ?
11:52Parce que voilà, forcément, mais quand on prend de l'ampleur comme ça,
11:56que le succès est énorme, on arrive à peut-être être moins près de sa base.
12:00Qu'est-ce que vous voulez faire, vous ?
12:02Je ne suis pas moins prête.
12:04Près de ma base.
12:06Là où je suis, c'est là où je dois être.
12:08C'est-à-dire qu'il faut prendre de la hauteur.
12:11Et mon histoire est l'histoire de milliers, voire de millions de femmes
12:16qui ont eu besoin à un instant T.
12:18Aujourd'hui, on a ouvert un marché.
12:20On a des gros concurrents, des gros leaders sur le marché qui rentrent dans cette niche-là.
12:24On a des plus petites marques qui sont rentrées effectivement sur ce segment-là.
12:29Mais que faire pour avoir vraiment de l'impact ?
12:33Eh bien, ça passe par une autre phase où on crée une bourse pour pouvoir aider les jeunes.
12:37Ensuite, on décide de prendre la tête de la présidence des premières associations d'incubateurs
12:42de 13 réseaux féminins, en fait, qui aident l'entrepreneuriat féminin en France.
12:481 300 femmes chaque année qui sont accompagnées dans l'entrepreneuriat.
12:51Un petit peu ce que j'aurais eu besoin au début.
12:53Voilà.
12:54Donc, c'est mon rôle, en fait, de prendre de la hauteur et d'essayer d'être là où je
12:57suis vraiment utile.
12:59Est-ce que je suis toujours utile à faire des shampoings ?
13:00Oui.
13:01Est-ce que je m'occupe toujours des formules ?
13:02Oui.
13:02Est-ce que je m'occupe toujours de la communication de la marque ?
13:04Oui.
13:05Mais par contre, aujourd'hui, en étant investisseuse, je peux donner l'impulsion pour permettre à d'autres personnes
13:10de créer, et peut-être eux aussi, créer quelque chose de plus grand que simplement vendre un produit.
13:15C'est passionnant.
13:15Ça passe beaucoup trop vite, cette émission.
13:17On va tout de suite passer à la photo.
13:21BFM Entreprises.
13:22Leadership.
13:23La méthode.
13:24On va la voir apparaître, effectivement, cette photo.
13:26C'est quoi cette photo, Kelly Massol ?
13:28Expliquez-nous ce que c'est.
13:30Déjà où c'est.
13:30C'est sur les Champs-Elysées.
13:32C'est sur les Champs-Elysées.
13:33J'ai habillé l'hôtel 5 étoiles Le Claridge pendant leurs travaux avec une affiche horizontale de 500 m².
13:43Pour ma première campagne de publicité, de 2009 à 2022, je n'avais jamais fait de campagne d'affichage
13:51et je n'avais pas de budget marketing.
13:53Cette année-là, j'ai décidé de faire tapis et j'ai mis un budget de 2 millions sur cette
13:58année-là.
13:59Et cette affiche-là, je l'ai mise sur les Champs-Elysées parce que mon rêve était d'être vendu
14:05chez Sephora.
14:07Et la rumeur et la légende dit que M. Bernard Arnault se rend au Sephora Champs-Elysées chaque samedi.
14:14Et donc, j'espérais qu'un jour, ils se posent la question, mais c'est quoi cette grosse tâche rose
14:19au-dessus du magasin ?
14:20Et tout simplement, la marque est Secrets de Loli.
14:23Et en fait, on a envoyé beaucoup de clients en magasin demander si la marque y était.
14:28Et tout simplement, Sephora répondait que non.
14:31Et quelques mois plus tard, j'ai reçu un appel du service achat de Sephora et qu'ils nous ont
14:36dit qu'il est peut-être temps de discuter.
14:38Mais je ne sais pas si c'est à cause de l'affiche, à cause de M. Arnault, mais en
14:42tout cas, j'ai réussi mon coup.
14:43Ça a été un déclic dans l'image, dans la communication, dans le fait de finalement être de plus en
14:50plus connue ?
14:50Non, ça a été un déclic pour se dire qu'on était, nous aussi, comme les autres, une grande marque,
14:57instaurée.
14:58Et la réaction des gens, c'est « Mon Dieu, ils ont assez de budget pour pouvoir faire ça, mais
15:02en fait, ils ne sont pas aussi petits que ce qu'on pensait. »
15:04Donc, on est habillé là, on est habillé en face des Galeries Lafayette.
15:08On avait fait des choses incroyables lors de cette campagne sur des hyper-affiches.
15:13Et ça nous a tout simplement fait sortir aux yeux du monde, et notamment au sein aussi de la big
15:20concurrence.
15:21Parce que ce que nous avait dit l'affichaire, J.C. Decaux, c'est qu'aucune marque de groupe n
15:29'a jamais affiché en même temps sur des hyper-affiches.
15:32C'est-à-dire qu'on était présent là, on était présent en face des Galeries Lafayette, on avait habillé
15:37le centre commercial Beaugrenelle,
15:38et on avait habillé l'intégralité de la station Opéra.
15:41Et aucune marque du même groupe, vous pouvez avoir une marque d'un groupe pour faire ce genre de campagne,
15:47mais jamais la même marque au même moment.
15:49Et donc, c'est ce qu'on a réussi, on s'était donné un pari.
15:52Pari totalement, totalement réussi quand on voit où vous en êtes aujourd'hui.
15:56Vous écrivez « J'ai constamment l'impression d'être entre deux mondes, celui des bourgeois et celui des minorités.
16:02»
16:02Est-ce que c'est encore quelque chose que vous ressentez aujourd'hui ?
16:05Et quel entrepreneur ça fait de vous ?
16:07Ça fait que je peux autant aller parler effectivement à des jeunes entrepreneurs qui démarrent,
16:12que des personnes extrêmement établies et qui reconnaissent que la valorisation d'une entreprise à 200 millions de dollars,
16:19il y a un parcours derrière, il y a une entreprise qui est solide et pérenne.
16:23Donc, je suis entre ces deux mondes-là.
16:26Ça me permet effectivement d'aller dans des lycées pour pouvoir discuter et parler le même langage.
16:35C'est très intéressant en fait de pouvoir naviguer parce que j'ai le meilleur des deux mondes finalement.
16:41Vous avez devancé la question que j'allais vous poser, mais on va conclure tout de suite.
16:50Vous parlez souvent de transmission effectivement dans ce que vous dites.
16:55Est-ce que c'est ça que vous voulez laisser à partir de maintenant où cette entreprise commence à vraiment
17:00être un très très gros succès ?
17:03Est-ce que vous voulez la donner cette méthode aux jeunes filles qui vous ressemblent, aux jeunes filles qui veulent
17:10se lancer,
17:10aux jeunes filles qui se disent aujourd'hui, je ne suis pas très sûre de pouvoir, d'avoir les capacités
17:14d'être entrepreneur ?
17:15C'est ça que vous voulez donner ?
17:17Je me sens seule où je suis ?
17:18C'est-à-dire qu'aujourd'hui, si j'ouvre mon téléphone, je n'ai que des numéros de CEO
17:23et de PDG et de fondeurs hommes quasiment.
17:25Je me sens extrêmement seule.
17:27Je veux que d'autres rejoignent ma table.
17:29Je veux que d'autres prennent leur siège et viennent à ma table et à cette table avec d'autres
17:33hommes qui, eux, n'attendent aussi que ça.
17:34Vous savez, échanger, parler entre entrepreneurs, on se comprend, on sait par où il a fallu passer.
17:40Donc, il y a cette sorte de, je ne dirais pas sororité, mais il existe quelque chose qui fait que
17:45ça nous fait toujours plaisir d'échanger avec d'autres
17:47parce qu'on sait d'où on vient et on sait que ça n'a pas forcément été facile.
17:51Donc, oui, c'est le moment pour moi.
17:53Je leur ai dit, OK, j'ai compris, j'ai jalonné, le chemin, il est là.
17:57Il faut suivre mes pas.
17:58Et d'ailleurs, sur le marché, c'est ce qui se passe.
18:00Aujourd'hui, j'ouvre les portes et puis derrière, il y a une deuxième et une troisième marque qui s
18:04'installent derrière dans la foulée.
18:05Certes, ça me challenge plus, c'est excitant le challenge.
18:08Mais à terme, le but, effectivement, c'est de pouvoir créer de l'impact et avoir changé quelque chose pour
18:16quelque chose de plus vertueux, peut-être.
18:18Inspirer, oui, aussi les jeunes générations.
18:21Votre rôle modèle, c'est quoi aujourd'hui ?
18:23J'ai lu plusieurs noms, je les ai en tête, mais aujourd'hui, c'est qui ?
18:27Vous en désigneriez une.
18:29C'est toujours la même.
18:30Oprah Winfrey, c'est vraiment la femme que j'apprécie pour différentes choses.
18:34Non seulement parce qu'elle a réussi, effectivement, à acquérir sa fortune alors qu'elle venait de très loin.
18:39Elle venait d'une histoire extrêmement difficile, encore plus violente que la mienne, comme quoi il y a toujours plus
18:44malheureux que soi.
18:45Donc ça, c'est important de ne pas se donner d'excuses.
18:47Mais elle a fait le choix d'aller vers la lumière et ensuite, elle a fait le choix de monter
18:51un empire et ensuite d'aider les autres.
18:53D'aider les autres à se trouver, à chercher, à évoluer.
18:56Donc pour moi, c'est vraiment la femme, effectivement, qui me parle énormément.
19:01Après, en termes de businesswoman, en ce moment sur le terrain, on a une Emma Gride, qui est derrière, effectivement,
19:07le succès des Kardashians,
19:09qui exécute d'une façon incroyable tous les business auxquels elle touche.
19:14Mais je suis vraiment aussi inspirée des femmes que je croise au quotidien, qui sont mères de famille, entrepreneuses,
19:21ou bien juste à leur compte aussi.
19:24Ça aussi, il y a de plus en plus de femmes qui se mettent à leur compte, pour différentes choses,
19:27pour différentes raisons.
19:28Vous savez, être une femme mère, parfois issue de la diversité, c'est porter plusieurs casquettes et c'est porter
19:35plusieurs combats à la fois.
19:36Et donc, devant cette résilience-là, moi, j'apprécie beaucoup d'être entourée de femmes entrepreneuses.
19:42Vous avez fait énormément de choses au cours de ces années, depuis que vous travaillez.
19:45Quel est votre plus grand succès, ou en tout cas, votre plus grande fierté ?
19:51Je me mets des défis et des challenges, vous savez.
19:54J'aime bien dire que j'aime toujours vérifier que ce n'est pas de la chance et faire les
19:57choses deux fois.
19:58Donc, j'ai fait deux LBO.
19:59Je ferai plusieurs autres choses à plusieurs reprises.
20:04Mais oui, je pense qu'avoir réussi, en partant de 1 500 euros, sans diplôme, en autodidacte,
20:11à tirer la boîte vers cette valorisation-là, je pense que c'est une jolie fierté entrepreneuriale.
20:17Oui, très clairement. Et les échecs, je pose souvent cette question dans cette émission,
20:21parce que l'échec est dévalorisé, plus dans notre pays d'ailleurs, que, par exemple, aux États-Unis.
20:28Mais on peut rebondir aussi. Les échecs servent à ça.
20:32Auquel vous pensez, vous, quand je vous pose cette question ?
20:38Les échecs que j'ai eus ont toujours été sur les relations humaines.
20:42Donc, elles peuvent être professionnelles ou personnelles.
20:46Donner sa confiance, c'est difficile et c'est compliqué.
20:52Il faut savoir la donner aux bonnes personnes.
20:54C'est pour ça que, moi, mon travail en tant que chef d'entreprise,
20:57c'est de mettre les bonnes personnes au bon endroit,
21:00mais ne pas mettre quelqu'un qui veut être calife à la place du calife.
21:03Cette expression de « is no good », désolée.
21:07Non, mais ce que je veux dire, c'est qu'apporter sa confiance,
21:10mettre sa confiance dans les bonnes personnes,
21:12en fait, c'est compliqué et ça s'apprend dans la douleur.
21:16C'est ça que j'essaie de dire.
21:17Oui.
21:18C'est-à-dire, quand vous vous trompez, ça fait mal.
21:21Après, avoir choisi une personne et qu'elle se transforme dix ans plus tard
21:24ou qu'elle ait un autre chemin,
21:26on ne peut pas non plus toujours l'anticiper.
21:28On choisit la personne à l'instant T.
21:29Voilà, exactement.
21:31Tout à fait.
21:31J'ai aussi une question sur le personnel.
21:34La famille actuelle et puis la famille d'où on vient,
21:38est-ce que c'est un frein ?
21:39Est-ce que c'est une motivation quand on est entrepreneur,
21:42qu'on a son propre univers ?
21:45On sait qu'on doit faire des sacrifices.
21:47Ce sont des sacrifices qui coûtent cher.
21:49Ce sont des petites phrases qui disent
21:50« Pourquoi tu ne viens pas me chercher comme toutes les mamans à l'école ? »
21:53« Pourquoi tu ne me déposes pas tous les matins comme toutes les mamans à l'école ? »
21:57Mais on sait pourquoi on fait ça à la fin.
22:00Moi, je fais ça pour eux, pour les protéger, pour protéger leurs lignées.
22:04Donc oui, en termes de famille,
22:07le fait d'être ultra indépendante,
22:10ça peut être compliqué pour des enfants.
22:14Ça peut être compliqué de se dire
22:15« Pourquoi je ne suis pas toujours collée à ma maman ? »
22:17Mais à la fois, les choses qu'on vit,
22:20et les femmes ont eu du mal aussi.
22:23On a toujours essayé de faire passer la mère parfaite.
22:26C'est la femme qui s'occupe de ses enfants,
22:28qui priorise d'abord ses enfants.
22:30Oui, mes enfants sont toujours la priorité,
22:32mais il faut avoir une vision beaucoup plus haute.
22:34Si je dois travailler d'arrache-pied pendant dix ans
22:36pour que tout le reste de leur vie,
22:38qu'ils soient heureux, comblés,
22:40et qu'ils puissent faire, eux, ce qu'ils veulent,
22:42ça valait le coup de faire autant de sacrifices
22:45et parfois de sacrifier des petites choses du quotidien.
22:46C'est peut-être aussi la génération,
22:48cette nouvelle génération,
22:50qui voit leur mère travailler,
22:51bûcher énormément, mais être indépendante.
22:54Donc, ils vont aussi apprendre de ça
22:55quand ils seront adultes.
22:56C'est exactement ça.
22:57Ce sont des paroles d'enfants de neuf ans.
22:59C'est normal.
23:00Mais j'aimerais qu'on arrête, effectivement,
23:05les femmes doivent comprendre
23:07que c'est normal de ne pas pouvoir
23:08tout avoir au même moment.
23:10Vraiment.
23:11C'est important.
23:13Parce qu'en fait,
23:14on leur a inculqué qu'elles devaient tout faire
23:16parfaitement,
23:17alors que les garçons,
23:18on leur autorise d'échouer.
23:22C'est vrai.
23:23On ne demande pas à une petite fille,
23:24on ne lui autorise pas.
23:26On n'autorise pas aux petites filles d'échouer,
23:28de ne pas faire les choses correctement,
23:29d'avoir un brouillon.
23:30Les garçons, on dit,
23:31c'est un brouillon, ils évolueront.
23:33Donc ça, c'est hyper important.
23:34Moi, j'ai des fils,
23:34et c'est hyper important
23:35qu'il n'y ait pas une image ultra vertueuse de la femme
23:38où tout est parfait tout le temps.
23:40Non.
23:40Des fois, je leur dis,
23:41je ne peux pas me concentrer.
23:42Si tu es là,
23:43je ne peux pas me concentrer.
23:45Ou bien,
23:46je ne suis pas vraiment avec toi
23:46parce que je n'arrive pas à faire deux choses à la fois.
23:49Et c'est important de transmettre aux femmes
23:51qu'on peut effectivement
23:53être à 100% à un moment
23:55et à 80% à un autre moment.
23:57C'est normal.
23:57Une toute dernière question.
23:59Qu'est-ce que vous conseilleriez à une femme
24:01qui veut se lancer dans l'entrepreneuriat
24:03et qui a peur de le faire,
24:05qui a peur de franchir ce passage-là ?
24:10Vous savez,
24:12sauter dans le monde de l'entrepreneuriat,
24:14c'est un risque.
24:17mais la sensation,
24:19sincèrement,
24:20que j'ai depuis pas mal d'années aujourd'hui
24:22d'accomplissement,
24:24ce sentiment,
24:25je le souhaite à n'importe quelle autre femme
24:27de le vivre.
24:28Vraiment.
24:28Il y a deux choses.
24:30que c'est cette sensation-là
24:32et la sensation,
24:33effectivement,
24:33que vous avez quand vous avez des enfants
24:35et qui se portent bien,
24:36etc.
24:37Quand vous les voyez,
24:38vous les regardez,
24:38ces deux sensations-là
24:40sont deux sensations
24:40qui sont incroyables à vivre.
24:42Et je leur dirais,
24:44c'est plus compliqué
24:46d'avoir des regrets
24:47que d'avoir essayé.
24:49Et aller chercher son indépendance,
24:52aller chercher son propre bonheur,
24:54ne pas être victime
24:55et être maître de ses choix
25:01ça n'a pas de prix.
25:02Je suis un seul.
25:04Juste se jeter la première fois.
25:06Exactement.
25:07Merci beaucoup,
25:07Kelly Massol,
25:08d'être venu dans cette émission.
25:10Le leadership,
25:11selon Kelly Massol.
25:12Merci beaucoup.
25:13Si vous voulez connaître aussi
25:14la méthode des leaders,
25:16l'émission est disponible en replay,
25:17en podcast
25:18et sur nos réseaux sociaux,
25:19bien sûr,
25:20et tous les lundis à midi 30
25:21sur BFM Business.
25:22Passez une bonne journée.
25:29Sous-titrage Société Radio-Canada
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