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  • il y a 2 jours
Ce lundi 11 mai, Sandra Gandoin a reçu Guillaume Gibault, président fondateur de Slip Français, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00BFM Entreprise, leadership, la méthode.
00:04Sandra Gondoy.
00:05Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Entreprise, consacrée comme tous les lundis au leadership.
00:11Une demi-heure avec un leader, un patron qui va nous expliquer comment il dirige son parcours, sa méthode, les
00:18clés de sa réussite, les épreuves qu'il ont forgé, quel meneur est-il ?
00:23Aujourd'hui, BFM Entreprise, le leadership, c'est avec Guillaume Gibault.
00:29BFM Entreprise, leadership, la méthode, sur BFM Business.
00:34Bonjour Guillaume Gibault.
00:36Bonjour, merci de me recevoir.
00:37Je vous en prie, président fondateur du slip français, marque française iconique, fondée en 2011.
00:4415 ans que vous êtes à la tête de cette entreprise de textile que tout le monde connaît plus ou
00:49moins en France.
00:51Pour commencer, cette question, est-ce qu'on est leader ?
00:56C'est une bonne question. Je ne crois pas. Je ne crois pas. Je pense qu'on le devient.
01:02Il y a sûrement des choses dans le parcours, dans la construction qui font qu'on peut le devenir.
01:06Mais moi, pour ma part, je le suis vraiment devenu avec le temps.
01:09Et c'est plutôt une quête de sens et de liberté dans mon parcours professionnel qui m'a amené à
01:14devenir chef d'entreprise.
01:15Et donc, par un peu la force des choses, essayer de devenir leader, qui est un mot ambitieux, mais par
01:20la force des choses, on doit emmener des gens et des choses avec nous.
01:23Donc moi, c'est plutôt comme ça, plutôt à chercher un métier qui me plaisait, qui me rendait libre et
01:28épanoui professionnellement, qui m'a emmené vers la création d'entreprise.
01:31On va rappeler d'où vous venez. Vous avez un parcours scolaire assez remarquable quand même.
01:37Vous avez fait Louis Legrand, Prépa Henri IV. Vous m'arrêtez, si je me trompe.
01:40Non, non, c'est correct.
01:41HEC, vous êtes quand même passé quelques temps par le salariat. Mais enfin, ça n'a pas duré très longtemps.
01:46Ça a duré combien de temps ?
01:47Ça a duré un premier job chez General Electric, quelques mois.
01:50Puis, Bio C'est Bon, où vraiment, j'ai compris que je voulais devenir entrepreneur avec un mentor qui était
01:55génial.
01:56Et j'ai travaillé 18 mois chez Bio C'est Bon. Donc, j'ai été salarié un peu moins de
01:58deux ans.
01:59Qu'est-ce qui a fait que vous êtes passé de l'un à l'autre ? C'est le
02:01dégoût du premier ou c'est justement l'envie de la vie que pouvait offrir l'entrepreneuriat, la liberté ?
02:07Oui, j'ai compris chez Bio C'est Bon. Notre métier, c'était d'ouvrir des magasins bio. J'étais
02:11chef des ventes.
02:12Donc, je recrutais les équipes. J'avais 22-23 ans. Je recrutais une équipe de, je crois qu'à la
02:16fin, il y avait 80 personnes.
02:18Il fallait entretenir les frigos, les clims, les portes automatiques pour que les clients rentrent dans le magasin.
02:23Et moi, j'aimais que mon job soit très concret comme ça. J'ai compris que j'aimais l'entrepreneuriat.
02:26J'ai dû ouvrir des magasins en quelques jours. Les travaux n'étaient pas finis. Je ne connaissais rien à
02:31rien.
02:31Et on a dit, vas-y, démerde-toi. Et voilà, le patron de Bio C'est Bon de l'époque
02:35m'a dit, en fait, tu n'es pas trop con, tu as la tête bien faite.
02:38Le bon sens, le travail, c'est ça qui marche. Et je me suis dit, ok, en fait, c'est
02:41ça que je veux faire.
02:42Et moi, je me suis dit, j'ai 23-24 ans à ce moment-là. Je me dis, je sens
02:45que j'ai envie de monter mon truc.
02:47Si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai jamais. Je suis un peu à réfléchir.
02:50Voilà, les choix de vie. Moi, j'ai une histoire un peu particulière.
02:54Mon papa a eu un grave accident de voiture quand j'avais 5 ans.
02:56Donc, j'ai grandi avec un père handicapé qui, du jour au lendemain, a une vie tracée.
03:01Et puis, en fait, la vie n'est plus du tout ce qu'on imagine.
03:04Donc, moi, je vis un peu avec un compteur de dire, en fait, vas-y, décide, fais des choix.
03:08Et donc, au bout de 18 mois chez Bio C'est Bon, je me dis, en fait, voilà, j'ai
03:11compris que je voulais monter ma boîte.
03:12Si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai peut-être jamais. Vas-y, mon gars, j'y
03:16vais, mais j'ai peur.
03:16C'est vraiment, je la tente.
03:17Il y a une part d'inconscience. On n'a aucune idée du risque. On n'a aucune idée de
03:21ce qu'on va rencontrer.
03:22Et il faut, heureusement. Et d'ailleurs, il faut le cultiver.
03:24Je crois que quand on est chef d'entreprise, il faut une part d'inconscience, d'acceptation du risque.
03:29Parce que si on veut tout maîtriser, on ne se lance jamais.
03:31Et moi, en plus, dans mon cas, du coup, je suis chez Bio C'est Bon.
03:33Je me dis que je veux partir et je pars. Je pars. Et d'ailleurs, je pars en rupture conventionnelle.
03:37On pourra peut-être y revenir. Mais aujourd'hui, on a la chance d'avoir un cadre qui permet aux
03:41entrepreneurs d'être accompagnés.
03:42Donc, moi, c'était mon cas. J'avais 15 mois d'allocation chômage devant moi pour monter ma boîte.
03:47Et je me dis, OK, il faut que j'aille vite. Je n'ai peut-être pas une idée de
03:50génie.
03:51La mode, j'ai toujours bien aimé. Dans la mode, les sous-vêtements, c'est quand même pas mal adapté
03:55à la vente en ligne.
03:56Je me dis, Internet, à l'époque, va péter les scores. Et puis, le sous-vêtement, c'est petit, c
03:59'est léger, ça ne s'essaye pas.
04:01Un mec, s'il est content de son slip bleu marine, il va mettre le même toute la vie.
04:04Je me dis, c'est facile à vendre en ligne. Et donc, je me lance un peu comme ça, un
04:08peu par hasard, sans trop réfléchir le truc.
04:10Et effectivement, je pense que l'entrepreneur, il y a forcément une part d'inconscience ou d'acceptation de prise
04:16de risque.
04:16C'est intéressant ce que vous avez dit à l'instant. On y reviendra peut-être aussi un peu plus
04:20tard.
04:20Mais ça veut dire qu'il y a un contexte en France qui permet une sorte de boîte à outils,
04:24qui permet à celui qui veut travailler de travailler comme il l'entend.
04:27Aujourd'hui, il y a beaucoup de choses qui existent. Si on le décide, il y a tout ce qu
04:32'il faut.
04:32Donc, aujourd'hui, quand vous partez d'une entreprise, si vous partez, par exemple, soit vous êtes licencié, malheureusement,
04:38parce que la boîte doit séparer de certaines personnes, vous êtes licencié.
04:41Soit vous partez en rupture conventionnelle, vous avez le droit de transformer vos allocations chômage,
04:45non pas à une recherche d'emploi, mais à une aide à la création d'entreprise.
04:47Ça, c'est quand même complètement dingue. Donc, ça permet en tout cas d'avoir un minimum de revenus pendant
04:52un certain temps,
04:52de tester une idée. Et puis après, il y a tout l'écosystème, la BPI, le réseau entreprendre, les incubateurs.
04:58Il y en a partout, il y en a presque trop. Il y a plein de financements possibles.
05:03Il y a les plateformes de crowdfunding. Et puis, je pense qu'il y a, et sur votre chaîne d
05:06'ailleurs,
05:06il y a un intérêt général quand même pour l'entrepreneuriat en France.
05:09Donc, on est quand même, depuis, moi j'ai démarré en 2011, il y a tout un écosystème très, très,
05:14très favorable
05:14qui s'est créé pour accompagner les lancements d'entreprises. Et tant mieux.
05:18C'est vrai qu'il y a un intérêt pour les chefs d'entreprise, particulièrement en ce moment.
05:21Les Français se tournent à nouveau vers la stabilité chef d'entreprise, le pragmatisme, l'optimisme,
05:28celui qui a les mains dans le cambouis. C'est intéressant parce que, bon, le discours politique,
05:32parfois, est un peu dur avec les patrons.
05:33Oui, alors le discours politique, je ne sais pas trop. En tout cas, le pragmatisme du chef d'entreprise,
05:38c'est sûr qu'aujourd'hui, un chef d'entreprise, son métier, c'est de décider.
05:42Et décider, c'est difficile parfois.
05:44Tout décider.
05:45Tout décider, je ne sais pas. En tout cas, à la fin, d'être celui qui, à la fin, décide.
05:48Et quand je dis décider, c'est assumer les responsabilités. Et nous, on y reviendra.
05:52Mais on a eu plein de réussites, on a eu des échecs, on a failli planter la boîte plusieurs fois.
05:56À la fin, quand vous sentez un peu l'air frais dans le dos, que c'est à vous de
06:00décider,
06:00d'assumer, dans notre cas, par exemple, de diviser les prix par deux, de tout changer,
06:03changer le modèle, de fermer 17 boutiques, de séparer de certaines personnes.
06:07C'est lourd, ces décisions qui sont difficiles.
06:09Je crois qu'aujourd'hui, les Français, dans le choix d'un futur président de la République,
06:14ils attendent quelqu'un qui est capable de décider.
06:15Et je crois qu'aujourd'hui, dans le budget de l'État, on est tous conscients
06:19qu'en fait, il faut qu'on décide, et quitte à prendre des décisions difficiles.
06:21Et oui, aujourd'hui, un chef d'entreprise, normalement, il sait faire ça.
06:24Et c'est difficile, ce n'est pas fait pour tout le monde,
06:26mais ça fait partie des responsabilités du chef d'entreprise.
06:28Vous faites ça, effectivement, sur le slip français depuis 15 ans.
06:31On va parler des échecs dans un instant, parce que cette notion-là,
06:34elle est très importante. Et finalement, elle n'est pas si répandue que ça en France.
06:37Mais le slip français, au départ, c'est une aventure absolument fabuleuse,
06:40une montée en puissance, un magnifique produit.
06:44Vous avez choisi un positionnement premium, et puis une marque qui est devenue iconique.
06:47Oui, on est monté à plus de 20 millions d'euros de chiffre d'affaires en quelques années.
06:51On a fait deux levées de fonds, on a ouvert 20 boutiques,
06:53on a recruté plus de 600 000 clients,
06:55on a fait travailler 80 ateliers partout en France
06:57pour fabriquer plus d'un million cinq de produits.
07:00Donc, on montre que c'est possible de fabriquer en France.
07:01On est entreprise à mission, au sens de la loi PAC.
07:03Notre mission, c'est de réinventer avec Panache l'industrie textile française.
07:06Donc, on incarne quelque chose.
07:07Et effectivement, aujourd'hui, le slip français est connu de deux tiers des Français.
07:10Quand on dit quelle marque de sous-vêtements connaissez-vous,
07:12il y a deux tiers des Français qui nous connaissent.
07:14Et aujourd'hui, on a 800 000 clients.
07:15Donc, on n'a pas encore deux tiers des Français qui vont acheter chez nous.
07:17C'est un peu tout le propos pour la suite.
07:19Mais oui, on montre que même si on est une petite entreprise,
07:22on fait 21 millions d'euros de chiffre d'affaires,
07:23ce n'est pas énorme, c'est beaucoup et pas beaucoup.
07:25On est la première entreprise 100% made in France dans le textile.
07:28On est très fiers de ça, mais on est une petite boîte.
07:31Mais je pense qu'on a une valeur symbolique forte
07:33parce que chaque matin, nos clients sont fiers d'enfiler leur slip.
07:37C'est un bon début et on incarne cette idée que je porte depuis le début,
07:41qu'on peut faire des choses dingues en France
07:43et que si on veut changer le monde, on peut commencer par changer le slip.
07:45On peut le faire malgré les difficultés.
07:48Il y a eu la chute, il y a eu les chutes,
07:49c'est-à-dire plusieurs périodes où ça a été très compliqué.
07:54Vous, en tant que patron, comment vous traversez ça ?
07:56Ce qui est intéressant, et on va y revenir, c'est que vous en avez parlé.
07:59Oui, bien sûr.
08:00En tant que patron, on est des êtres humains,
08:02donc c'est difficile quand il y a des doutes,
08:04quand il n'y a plus de trésorerie,
08:05quand on ne sait plus comment payer les équipes.
08:07On se dit, merde, je suis foutu, je vais plier la boîte.
08:09On a peur pour sa boîte,
08:11on a peur aussi pour les conséquences personnelles qu'on peut avoir.
08:13Il faut rappeler qu'un patron n'a pas, pour le coup, de droit au chômage.
08:17Il faut quand même le dire.
08:17Un patron en France, au moins aujourd'hui,
08:19demain, je plante la boîte, il faut que je rentre 0.
08:20Il n'est pas protégé.
08:22Donc, j'assume mon risque, mais ça fait aussi partie des choses à avoir en tête.
08:27Donc, on essaie de prendre les bonnes décisions, de garder la tête froide,
08:31d'écouter les autres sans trop écouter aussi,
08:33parce que je crois que quand on est entrepreneur,
08:35justement, on a ce truc-là un peu différent des autres,
08:37de voir des choses différentes.
08:38Et finalement, moi, ce que j'ai vécu, c'est quand la boîte grandit,
08:41vous avez des investisseurs, vous avez des experts métiers,
08:44vous avez plein de gens qui ont pignon sur eux,
08:46qui peuvent avoir 10, 15 ans, 20 ans d'expérience
08:48et qui sont très forts, mais ils ne sont pas ceux
08:51qu'ont créé la boîte du début.
08:52Et finalement, parfois, on a des intuitions qui sont plus justes
08:55parce qu'on a créé la boîte.
08:56Et l'enjeu, c'est de s'écouter, de se faire confiance.
08:58C'est votre vision.
08:59Oui, c'est la vision de l'entrepreneur.
09:00Et c'est dur.
09:01Et de se dire, OK, on va y aller, on va diviser les prix par deux.
09:03Moi, j'ai eu la chance de rencontrer Léa, Marie,
09:05qui est directrice générale avec moi maintenant, on en reparlera.
09:08Mais à un moment donné, on était les deux seuls à se dire,
09:10on va diviser les prix par deux.
09:11Il faut quand même se rendre compte de ce que c'est.
09:13Quand on a une reprise qui fait 20 millions d'euros de chiffre d'affaires,
09:15on se dit, au lieu de vendre les slips 40 euros,
09:16on va les vendre 20.
09:18Tout le monde se dit, en fait, on va diviser le chiffre d'affaires par deux.
09:21C'est-à-dire qu'on va vendre le même nombre de produits
09:22et on va juste faire entrer deux fois moins de chiffre d'affaires.
09:25Et nous, on se disait, en fait, non,
09:26il faut qu'on passe d'une marque cadeau à 40 euros
09:28qu'on achète une fois à Noël pour faire plaisir
09:30à une marque d'équipement qu'on met tout le temps dans son tiroir.
09:32Les clients vont nous suivre,
09:33mais il faut qu'on fasse ce pari-là.
09:35Et en interne comme en externe,
09:37il faut avoir des convictions et s'y tenir.
09:39Donc, c'est difficile,
09:41mais je crois que ça fait partie des responsabilités du chef d'entreprise
09:43que d'avoir une vision et de s'y tenir.
09:44Jamais vous n'avez eu envie d'abandonner ?
09:46Si, plein de fois.
09:47Ah oui ?
09:47Vous me rassurez.
09:49C'est quoi ?
09:50C'est quand les banquiers appellent ?
09:51C'est quand il faut sortir des gens ?
09:54Quand les banquiers appellent,
09:55quand on doit renégocier la dette,
09:57quand, mot compte double,
09:59quand vous renégociez la dette pour votre entreprise
10:00et que les banquiers vous appellent à titre personnel
10:02et que vous passez aux affaires spéciales à titre personnel,
10:05ben là, vous vous dites,
10:05c'est chaud, je ne suis pas magicien,
10:08je n'invente pas l'argent,
10:08je fais de mon mieux,
10:09j'essaie de faire marcher ma tête,
10:10mais je ne suis pas magicien.
10:14Quand il n'y a rien qui marche,
10:15quand post-Covid,
10:17effectivement, on réduit l'équipe,
10:18on prend des décisions difficiles,
10:19on sépare certaines personnes,
10:20humainement, c'est super dur.
10:21Et en plus,
10:22quand vous êtes dans une transformation d'équipe,
10:24la mayonnaise n'a pas encore pris,
10:25vous sentez qu'on rame tout ça contre-courant,
10:28les gens ne sont pas hyper épanouis d'être là,
10:29c'est des moments d'équipe qui sont super durs à vivre
10:31et on essaie de faire les choses du moins mal possible.
10:34Et puis, au bout d'un moment,
10:35la mayonnaise reprend,
10:37vous avez des nouvelles personnes qui arrivent,
10:38qui font balle neuve,
10:39qui arrivent avec une nouvelle énergie,
10:40qui vous disent,
10:41c'est super, on fait ci, on fait ça.
10:42Et puis, progressivement,
10:43le travail finit par payer
10:45parce que c'est une règle impondérable,
10:46le travail paye.
10:47Et puis, les planètes se réalignent
10:48et on repart dans le bon sens.
10:49Et là, c'est le kiff.
10:51Ce qui est intéressant dans votre stratégie,
10:53dans cette période de difficulté,
10:55comme je le disais tout à l'heure,
10:56c'est que vous en avez parlé.
10:57Vous avez mis le doigt dessus.
10:58En France, on ne fait pas beaucoup ça.
11:00Aux États-Unis, à la limite,
11:01plus on se plante,
11:03plus les banques se disent,
11:04bon, ben voilà, finalement,
11:05il aime le risque, ça va le faire.
11:07En France, on a du mal encore
11:08avec cette notion de chèque chez les patrons.
11:10Vous, vous mettez le doigt dessus.
11:11Vous dites, ça y est, là,
11:12c'est compliqué en ce moment
11:14et on vous le dit.
11:14Oui, on a même dit,
11:15ça passe ou ça casse.
11:16On compte sur vous.
11:18Et c'est vrai que,
11:19et là, d'ailleurs,
11:19Léa était très en support
11:24et même à me pousser à dire,
11:25en fait, assumons ça.
11:26On est dans la merde,
11:27assumons-le,
11:28arrêtons de faire
11:29les bons élèves parfaits,
11:30de dire que tout va bien
11:31parce qu'en fait,
11:31tout ne va pas bien
11:32et c'est la merde.
11:33Et c'est vrai que ça a été
11:34assez libérateur
11:34parce que je ne m'y attendais pas.
11:36Mais c'est vrai que j'ai dit,
11:37ça passe ou ça casse
11:38avec notre sens de la formule.
11:40Et en fait,
11:40les gens se sont sentis
11:41d'un coup concernés.
11:42Et du coup,
11:43on a vu,
11:43en baissant prix par deux,
11:44on a fait x5 en volume
11:46et on s'est fait,
11:46dans le bon sens,
11:47exploser de commandes.
11:54Ça n'a été pas facile à faire
11:56parce que ce n'est pas commun
11:57et le slip français,
11:58c'est beaucoup ça.
11:59On a défriché beaucoup de choses,
12:00on a inventé beaucoup de choses,
12:01on a été les premiers
12:02à détourner les campagnes présidentielles
12:03en 2012
12:04et effectivement,
12:04en 2024,
12:05j'ai fait une vidéo
12:06un peu les yeux dans les yeux.
12:09En fait,
12:09on est dans la merde,
12:11on a besoin de vous,
12:12ça passe ou ça casse,
12:13révolution.
12:15Achetez-nous des slips
12:15et ça a fonctionné
12:17au-delà de tout
12:18ce que j'aurais pu imaginer.
12:19On est dans une émission leadership,
12:21ça veut dire que là,
12:21vous avez accepté
12:22de vous faire aider,
12:23d'en parler
12:23et de vous faire aider,
12:24de vous faire seconder
12:26par quelqu'un d'autre.
12:27C'est ça aussi,
12:27être leader,
12:28c'est savoir dire à un moment
12:28« là, je ne peux pas tout faire tout seul ».
12:29Bien sûr,
12:30le leader,
12:30c'est pour moi quelqu'un
12:31qui est conscient
12:32de ce qui fait bien
12:33et ce qui ne fait pas bien
12:34et qui est capable
12:35d'aller chercher de l'aide
12:36et des compétences
12:36sur ce qui ne fait pas bien,
12:37d'écouter les autres
12:39et à la fin,
12:40de trouver la voie centrale
12:41entre ce qu'il écoute
12:42et de fermer les œillères
12:43sur ce qu'il y a
12:44au bout d'un moment
12:44parce qu'on peut écouter
12:46tout le monde tout le temps.
12:46À la fin,
12:46il faut décider,
12:47c'est ce qu'on disait tout à l'heure
12:48mais pour moi,
12:49en tout cas,
12:49c'est ma vision des choses,
12:50le leader,
12:50il doit écouter
12:52les gens autour de lui,
12:53décider et actionner
12:55et je pense qu'aujourd'hui,
12:57on est vraiment
12:57un binôme de direction
12:59avec Léa
12:59et ça,
13:00c'est hyper important.
13:00Déjà,
13:01on est un homme et une femme
13:01et je pense que c'est
13:04très complémentaire
13:05et elle,
13:06elle incarne
13:07une exigence,
13:09une exemplarité.
13:10Moi,
13:11je lui dis,
13:11mais ça fait maintenant
13:12presque 20 ans que je bosse,
13:13je n'ai jamais vu quelqu'un
13:14d'aussi fort professionnellement
13:15qu'elle
13:15et ça commence par être
13:17très fort humainement
13:17avec les gens
13:18mais derrière,
13:19très exigeante.
13:20Elle tire vraiment
13:21le meilleur d'une équipe
13:22et elle sait faire travailler
13:23les gens ensemble
13:23donc elle a vraiment,
13:24je dirais,
13:25un leadership plutôt
13:28paternaliste et autoritaire,
13:29vraiment très ancré
13:31et moi,
13:32je vais amener quelque chose
13:33de peut-être plus
13:34en dehors de la boîte,
13:35plus créatif,
13:36plus inattendu,
13:37plus inspirant
13:38par certains côtés
13:39mais l'ensemble des deux
13:40vous fait un cerveau gauche
13:41et un cerveau droit
13:42qui fait qu'on est,
13:42déjà,
13:43on est un binôme ultra fort.
13:44On est plus fort.
13:44Et derrière,
13:45je pense que l'équipe
13:45ils se disent
13:46c'est des malades,
13:47on ne sait pas
13:48où ils vont aller
13:48mais on va les suivre
13:49et ils iront chercher
13:51l'un et l'autre
13:52des compétences,
13:53certains seront plus
13:53et puis il y a des moments
13:54aussi quand on est
13:55salarié dans une entreprise,
13:56il y a des moments
13:57où on a plus besoin
13:58de certaines choses
13:58parce qu'on a sa vie perso
13:59et à côté
14:00et puis on passe des caps
14:01professionnels aussi.
14:02C'est intéressant,
14:02c'est intéressant la vie perso
14:03parce que c'est vrai
14:03que patron,
14:04c'est patron 24 heures
14:06sur 24 la semaine,
14:07les week-ends,
14:08on travaille tout le temps,
14:08on ne prend pas de vacances,
14:09quand on est en vacances,
14:10on travaille quand même,
14:11on est en visio,
14:11bref, ça ne s'arrête jamais.
14:13C'est quoi l'apport du perso
14:16ou est-ce que c'est un frein
14:18pour certains ?
14:19Qu'est-ce que ça amène
14:21dans cette vie de patron ?
14:22Je pense que pour être
14:24un bon chef d'entreprise,
14:26il faut une vie personnelle
14:27équilibrée
14:28et à chacun
14:29de trouver son équilibre,
14:30des enfants,
14:31pas d'enfants,
14:32tout est possible
14:33mais en tout cas,
14:34il faut un équilibre fort
14:35pour avoir les ressources
14:36d'être sur le pont 24-24,
14:39d'être capable de répondre,
14:40de prendre des décisions claires
14:41et c'est essentiel.
14:43Donc à chacun,
14:44évidemment,
14:44ce n'est pas le rôle
14:45du chef d'entreprise
14:45de définir un cadre
14:46de ce que doit être
14:47une bonne vie perso
14:48mais elle doit être équilibrée
14:49et solide
14:49pour permettre de se déployer
14:51parce que forcément,
14:52ça prend beaucoup de temps,
14:54d'énergie
14:54et le chef d'entreprise,
14:56il a ce truc à part
14:57d'être câblé en permanence.
14:58Le soir, le week-end,
14:59effectivement,
15:00on y pense,
15:00on va voir un truc,
15:01on va aller au ciné,
15:02ça va nous faire penser
15:03à un truc.
15:03Il y a une autre compagne,
15:04c'est l'entreprise.
15:05Il y a un peu de ça.
15:08En permanence.
15:08Mais c'est ce qu'on vient chercher aussi,
15:11il y a une part d'adrénaline
15:11là-dedans
15:12et donc de trouver la limite
15:13qui n'est pas toujours évidente
15:15mais oui,
15:16je pense que dans tous
15:16les chefs d'entreprise,
15:17il y a une histoire personnelle
15:18qui fait qu'on s'accroche
15:19très fort à quelque chose.
15:20On passe à la photo
15:21tout de suite.
15:26Guillaume Gibault,
15:27on vous a demandé
15:27de venir avec une photo de vous
15:29dans le cadre
15:29de votre entreprise.
15:30Vous nous avez envoyé
15:32celle-ci notamment,
15:33on va la regarder tout de suite.
15:35Vous êtes l'image
15:36de votre marque
15:36très clairement
15:37depuis le début.
15:38Ça me rappelle un peu
15:39ce qu'a fait Ralph Lauren
15:40avec sa marque,
15:40mais ça fait 40-50 ans
15:42qu'il fait ça,
15:43c'est-à-dire que
15:43c'est une vision,
15:45c'est un produit
15:45qu'on a lancé,
15:46c'est quelque chose
15:46qu'on a imaginé
15:47dès le départ,
15:48qu'on vit au jour le jour
15:49et voilà,
15:50qui peut mieux l'incarner
15:52que le créateur ?
15:54Ralph Lauren
15:54l'a fait toute sa vie,
15:55lui, sa famille,
15:57il s'est mis en scène
15:57toute sa vie,
15:58c'était le meilleur modèle
15:59pour sa marque,
16:00c'est aussi ce que vous ressentez,
16:01vous ?
16:02Oui,
16:03alors ce n'est pas moi
16:04qui pose tout le temps
16:04en slip,
16:05bien évidemment,
16:05ça serait un peu décevant
16:06mais en tout cas
16:07dans les campagnes fortes
16:08qui est celle-là,
16:08Révolution,
16:09donc je suis assis sur une chaise,
16:10on ne la voit pas forcément bien
16:10mais j'ai dit à 400 000,
16:12j'enlève la chaise
16:14et ouais,
16:15ça a marché,
16:15moi j'aime cette photo
16:16parce que c'est de l'audace,
16:18c'est du panache
16:18et c'est de l'impertinence
16:20mais en même temps
16:21sur un sujet sérieux
16:22de fabrication en France
16:23qui a du sens
16:24et moi je me retrouve là-dedans,
16:30j'aime ce que ça dit
16:31de nous,
16:32de moi,
16:32c'est être sérieux
16:33sans se prendre au sérieux,
16:34ce truc-là,
16:34c'est ça que j'aime bien.
16:35Vous communiquez aussi beaucoup
16:36sur les réseaux
16:37dès le départ,
16:38vous avez dit
16:38que vous aviez cette vision
16:39de voilà,
16:40ça,
16:40ça va exploser
16:40les réseaux internet
16:42évidemment depuis la création,
16:44c'est indissociable
16:45complètement du business
16:46aujourd'hui ?
16:46aujourd'hui,
16:47quand on est une marque B2C,
16:48donc quand on voit
16:48un client particulier,
16:50être fort sur les réseaux sociaux,
16:52c'est indispensable,
16:54c'est un porte-voix.
16:56Aujourd'hui,
16:56on l'utilise vraiment
16:57pour prendre la parole
16:58sur des opérations,
17:00les campagnes,
17:02la campagne
17:03pour les municipales
17:04arrive bientôt,
17:05on sortira une campagne
17:06qui s'appelle
17:06l'union des partis,
17:08et voilà,
17:09on va prendre notre rôle
17:09dans le débat de société
17:11et notre rôle
17:11qui est d'être un marchand
17:12de slip fabriqué en France
17:14et apolitique,
17:15mais en tout cas,
17:16d'être là pour amener
17:17de l'audace,
17:17de l'impertinence
17:18et du sourire aux Français
17:19qu'on a, je crois,
17:20cruellement besoin en ce moment.
17:21Et les réseaux sociaux,
17:22pour ça,
17:22c'est un moyen d'expression
17:24de parler à ses clients,
17:26à sa communauté.
17:27Il n'y a pas trop de monde
17:28sur les réseaux sociaux
17:29malgré tout ?
17:30Cette concurrence,
17:31elle n'est pas exacerbée
17:31par ce moyen-là ?
17:32Aujourd'hui, c'est fou,
17:33il y a une avalanche
17:34de contenu tout le temps
17:35et nous tous,
17:36chacun de nous,
17:37on est pris sur le scroll
17:37de ses réseaux sociaux
17:38et c'est complètement dingue.
17:39Maintenant,
17:40je pense qu'aujourd'hui,
17:42nous,
17:42c'est aussi un porte-voix
17:44qui permet parfois
17:44d'être récupéré
17:45par les médias
17:46plus traditionnels,
17:47entre guillemets.
17:48Et puis voilà,
17:49aussi,
17:49on est une petite entreprise,
17:50on n'a pas beaucoup de moyens,
17:51donc les réseaux sociaux
17:52sont gratuits,
17:53en tout cas,
17:54pas sous une forme
17:56payante financièrement,
17:56on est tous bien conscients
17:57d'être les produits
17:58de ces boîtes américaines,
18:00mais ça reste un porte-voix
18:01qui permet de passer
18:03notre message
18:03et au fond,
18:04je crois qu'une entreprise
18:05en 2026,
18:06elle doit avant tout
18:07passer un message
18:07plutôt que d'essayer
18:08à tout prix
18:08de vendre ses produits
18:09et nous,
18:10moi je suis fier de ça.
18:11Le slip français,
18:12c'est une entreprise
18:12à mission,
18:13notre mission,
18:14c'est de montrer
18:15que c'est possible
18:15de fabriquer en France.
18:16Il se trouve qu'on vend des slips
18:18mais à la fin,
18:19ce n'est pas vraiment le sujet.
18:20Allez, la suite.
18:23BFM Entreprises,
18:24leadership,
18:25la méthode.
18:27On a parlé d'échecs
18:28tout à l'heure,
18:28Guillaume Gibault.
18:29A l'inverse,
18:30c'est quoi votre plus belle réussite ?
18:32Ma plus belle réussite,
18:34c'est 15 ans plus tard
18:35d'être vraiment fier
18:37de mon entreprise.
18:38C'est, je dirais,
18:38la cohérence.
18:39Là, quand je me retourne,
18:40je me dis 15 ans
18:41sans lâcher le truc
18:42en étant toujours là
18:43après avoir vécu...
18:45En étant rentable.
18:46En étant rentable,
18:47de prouver que c'est possible
18:49de fabriquer en France
18:50puisqu'effectivement,
18:51en 2025,
18:51on fait notre meilleure année,
18:5221 millions de reçus d'affaires,
18:53plus d'un million
18:54de résultats nets.
18:55On reste une petite boîte,
18:56un objet fragile
18:57mais en fait,
18:57on dit,
18:57c'est possible
18:58de fabriquer en France
18:59et ça,
19:00j'en suis fier
19:00parce que dans le garage
19:01de ma grand-mère,
19:02il y a 15 ans,
19:03j'y suis allé sacrément
19:04au panache
19:04avec un modèle de slip
19:06ramené dans le coffre
19:07d'une bagnole à l'allocation.
19:08L'eau a bien coulé
19:09sous les ponts
19:09et aujourd'hui,
19:11le slip est un symbole
19:12de...
19:13C'est petit
19:14mais c'est possible
19:15et sans mauvais jeu de mots,
19:17il n'y a pas que la taille
19:17qui compte.
19:18Effectivement.
19:19Votre entreprise,
19:20vous l'avez dit tout à l'heure,
19:20est classée Bicorp.
19:22Une vraie responsabilité
19:23dans cette démarche,
19:25dans cette entreprise,
19:25c'est un peu
19:26l'anti-fast fashion.
19:29C'est important.
19:30C'est pour aujourd'hui
19:31et pour la suite
19:32de votre parcours ?
19:33Oui, bien sûr.
19:35Moi, je suis très attaché
19:36à l'idée
19:37de la réussite en France,
19:39de l'industrie française.
19:41J'ai envie de montrer
19:42qu'Impossible n'est pas français,
19:43qu'on a des boîtes
19:44magnifiques en France,
19:45que les Français
19:46sont très attachés
19:47à leur travail,
19:48même si ce n'est pas forcément
19:49le discours
19:49qu'on entend tout le temps.
19:50Il y a une étude d'INSEE
19:51qui est sortie récemment
19:52qui dit que 70% des Français
19:53sont engagés dans leur travail.
19:54Moi, quand je vais en usine,
19:55les gens sont fiers
19:57de leur boulot.
19:58Bien sûr, on préfère tous
19:59être en vacances,
19:59pas de débat.
20:00Mais les gens sont attachés
20:03à leur travail.
20:04Souvent, dans les usines
20:04en France,
20:05il y a des histoires de famille.
20:06On va connaître son beau-frère,
20:07sa belle-sœur,
20:08dans la même boîte.
20:09C'est des histoires régionales,
20:10dans des villages,
20:11en France.
20:12Ça a du sens.
20:13On travaille avec
20:13des produits de qualité.
20:16J'aime ces histoires-là
20:17et je trouve qu'il y a
20:17une vraie vérité là-dedans.
20:20J'ai envie de raconter ça
20:21parce que je pense
20:22qu'il y a un lien social fort.
20:23Il y a une vraie fierté
20:24du travail bien fait.
20:26Qu'est-ce qu'on dit
20:27à des jeunes qui se lancent ?
20:28Vous me disiez tout à l'heure,
20:30ça fait 15 ans,
20:30cette boîte,
20:31avec un côté un peu
20:32« j'y crois pas ».
20:34Qu'est-ce qu'on dit
20:35à des jeunes
20:35qui veulent se lancer
20:36dans l'entrepreneuriat ?
20:37On les prévient,
20:38des difficultés ?
20:38Non, surtout pas.
20:40On leur dit
20:40« Allez-y, foncez,
20:41ne réfléchissez pas trop,
20:42n'écoutez que vous-même,
20:43tentez-la.
20:44Utilisez les outils
20:45que vous avez,
20:46les TikTok,
20:47l'intelligence artificielle,
20:47bien sûr.
20:49Prenez ces boosters
20:49pour réussir
20:50à aller plus vite
20:51que les autres.
20:52Faites-vous confiance
20:52et puis essayez.
20:54Au pire,
20:54vous ferez des souvenirs.
20:55Je crois qu'il faut
20:58vraiment désacraliser l'échec.
20:59Effectivement,
21:00en se trompant,
21:01on recommence
21:02et on réussit
21:02et ça vous rendra plus fort.
21:04Je crois qu'on est tous
21:06ici pour réussir
21:08un parcours de vie.
21:09On n'est pas dans une case
21:10d'un métier.
21:11Faisons des choses
21:12qui nous tiennent à cœur.
21:13Essayons de chercher
21:14la voie intérieure
21:15qui vous emmène
21:15dans ce qui vous épanouit.
21:16C'est difficile.
21:17C'est difficile,
21:18il faut quand même le dire.
21:19Bien sûr,
21:20c'est super dur.
21:20Et puis,
21:21ce n'est pas fait
21:21pour tout le monde
21:21et ce n'est pas grave.
21:22Tout le monde
21:23ne doit pas être entrepreneur.
21:24Moi,
21:24je le dis souvent
21:24et j'interviens souvent
21:25dans les écoles et tout ça.
21:26En fait,
21:26soit vous avez une voie intérieure
21:28qui vous pousse tellement fort
21:29qu'en fait,
21:29vous allez vous lancer
21:30et ça,
21:31vous êtes entrepreneur.
21:32Si ça ne va pas
21:32jusqu'à vous pousser,
21:34vous n'êtes pas fait pour ça
21:35et ce n'est pas grave
21:35parce que je pense
21:36qu'il n'y a rien de pire
21:36que de se forcer à le faire
21:38parce que là,
21:39si vous vous forcez à le faire,
21:40vous ne vous tiendrez pas
21:40la distance
21:41et ça va vous abîmer en route.
21:42Donc,
21:43faites-vous confiance.
21:44Si ça pousse assez fort,
21:45vous irez,
21:45vous le lancerez
21:46et vous ne vous poserez pas de questions.
21:47Quand on a connu ce parcours
21:48et toutes les difficultés
21:49dont on a parlé,
21:51les hauts,
21:52les bas,
21:52est-ce qu'on peut revenir en arrière,
21:54revenir à la position
21:55plus confortable,
21:57moins risquée,
21:57en tout cas,
21:58du salariat
21:59ou c'est absolument pas possible ?
22:01L'avenir le dira
22:02mais c'est vrai
22:02que je crois
22:03que quand on devient entrepreneur,
22:04on a une liberté
22:08je pense qu'il n'y a pas
22:08de retour en arrière possible
22:09après on verra
22:10de quoi d'un effet
22:11mais oui,
22:12je pense qu'on goûte
22:12à cet esprit d'initiative,
22:14cet esprit d'entreprendre,
22:16à cette responsabilité
22:17aussi dans les hauts
22:18comme dans les bas.
22:19On est responsable
22:19de ses succès
22:20comme on est responsable
22:21de ses échecs
22:21et finalement,
22:22c'est marrant
22:22parce qu'aujourd'hui
22:23quand je raconte mon parcours,
22:25en fait,
22:25c'est surtout les échecs
22:26qui intéressent les jeunes
22:29et tous les créateurs d'entreprise
22:30de se dire en fait,
22:31on n'imaginait pas
22:32que le gars
22:32il a morflé à ce point-là
22:34mais il n'a rien lâché
22:35et il a réussi à s'en sortir
22:36et moi c'est ce que je dis souvent,
22:38je dis en fait,
22:38ce que je veux
22:39c'est que les gens
22:40qui écoutent le message aujourd'hui
22:41c'est de dire en fait
22:42si ce gars-là
22:42il a réussi à construire
22:43un parcours professionnel
22:44qui l'épanouit
22:45et une certaine réussite professionnelle
22:46avec des slips
22:47avec toutes les cagades
22:48qu'il a prises
22:49voilà,
22:50moi je vais monter mon projet
22:52mon truc
22:52que ce soit entrepreneurial,
22:54artistique, associatif
22:55ce qu'on veut
22:55mais en fait,
22:56qu'est-ce que vous avez
22:56au fond de vous
22:57et juste faites-le en fait.
22:58C'est important de parler de l'échec
22:59parce que peut-être
23:00qu'on nous met en permanence
23:01devant la figure
23:02avec les réseaux sociaux,
23:03les réussis,
23:03les vies extraordinaires
23:05et que les jeunes
23:05se rendent compte
23:06que c'est fake.
23:07Mais c'est fake
23:08et ce n'est pas parce que
23:08vous voyez des gens
23:09que vous suivez
23:10qui postent des stories
23:10toujours incroyables
23:11dans des lieux incroyables
23:12ils ont des galères comme vous
23:13des doutes comme vous
23:14et voilà,
23:15et à la fin,
23:16tout le monde est humain
23:17et essaie de faire de son mieux
23:18pour faire des choses
23:18qui lui tiennent à cœur.
23:19Comment vous voyez
23:19vos 15 prochaines années ?
23:2215 ?
23:22Là j'ai 40
23:23donc j'aurai 55 ans.
23:25Professionnellement ?
23:26Oui,
23:30de plus de liberté,
23:31de plus d'audace encore,
23:32d'être consciente
23:33de ma vraie force
23:34et de mon talent
23:35et d'essayer
23:35d'en faire le maximum,
23:37d'en tirer le maximum
23:38d'épanouissement.
23:39Mon talent c'est vraiment
23:40la communication,
23:41le marketing.
23:42Mon talent c'est de comprendre
23:43ce qui se passe
23:43dans une entreprise
23:44et de trouver les mots
23:45et les images
23:46pour le donner à voir
23:47et à comprendre
23:47au grand public
23:48et de réconcilier
23:50le travail
23:51et l'entreprise en France
23:52avec le grand public.
23:53Quand on a travaillé
23:53avec Duralex,
23:54je suis allé dans une usine
23:55et pour moi je me suis dit
23:56en fait il y a une évidence
23:57c'est allons enfin de la cantine.
23:59Moi ce que je sais faire
24:00c'est ça,
24:01c'est trouver les mots
24:01qui sonnent juste
24:03et ça j'adore ça
24:05et j'ai envie de mettre ça
24:06à disposition du Slip français
24:08bien sûr
24:08mais d'autres entreprises
24:09et j'ai envie d'accompagner
24:10les boîtes françaises
24:11à montrer qu'on en a
24:12dans le Slip
24:13sans mauvais jeu de bon.
24:13Merci beaucoup
24:14d'être venu sur ce plateau
24:16du leadership.
24:17Le leadership selon Guillaume Jibo
24:19président fondateur
24:20du Slip français.
24:21Merci beaucoup
24:22d'être venu dans cette émission.
24:24Si vous voulez connaître
24:25la méthode des leaders
24:27l'émission est disponible
24:28en replay, en podcast
24:30et sur tous nos réseaux sociaux
24:31bien sûr.
24:32C'est tous les lundis
24:33à 12h30 sur BFM Business.
24:35Passez une très bonne journée.
24:37BFM Entreprises
24:39Leadership
24:40La méthode
24:41Sur BFM Business
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