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  • il y a 9 heures
Ce lundi 25 mai, Sandra Gandoin a reçu Xavier Rodriguez, président-directeur général du groupe Jarnias, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00BFM Business présente
00:06BFM Entreprise, leadership, la méthode.
00:11Sandra Gondoyne
00:12Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Entreprise, consacrée comme tous les lundis au leadership.
00:18Une demi-heure avec un leader, un patron qui va nous expliquer comment il dirige son parcours, sa méthode, les
00:26clés de sa réussite, les épreuves qu'il ont forgé,
00:29quel meneur est-il ? BFM Entreprise aujourd'hui, c'est avec Xavier Rodriguez.
00:34BFM Entreprise, leadership, la méthode, sur BFM Business.
00:40Bonjour Xavier Rodriguez.
00:41Bonjour Sandra.
00:42PDG de Jarnias. On va revenir bien sûr sur cette entreprise, on la connaît bien sur BFM Business, une entreprise
00:49de Cordy, c'est une entreprise du BTP,
00:51mais c'est vous qui m'intéressez aujourd'hui. Avant toute chose, cette question, est-ce que vous pensez être
00:57un leader né ?
00:59Je ne sais pas si on est leader. Je pense que je ne suis pas né en tout cas avec
01:04la carte magique pour le devenir.
01:07Peut-être que Xavier Rodriguez sur une camionnette d'une entreprise artisanale du BTP, ça pouvait marcher,
01:14mais être aujourd'hui le dirigeant d'un groupe avec 750 salariés, 28 implantations,
01:20présent dans 6 pays, être le leader de son secteur et le plus gros player européen de l'accès difficile,
01:26en tout cas c'est sûr que je n'avais pas écrit cette histoire-là quand je suis né et
01:30donc je ne sais pas si je suis né leader en tout cas.
01:32Ça pose la question en réalité de ce que c'est un patron, c'est quoi dans votre tête être
01:36un patron ?
01:37C'est quoi, je ne sais pas, pour vous qu'est-ce qui vient tout de suite quand on parle
01:41de patron ?
01:42C'est une excellente question, Sandra. Ça me fait penser à une pensée de Socrate qui disait que l'homme
01:49riche,
01:50c'est l'homme qui arrive à se contenter de peu et se contenter de ce qu'il a.
01:55En fait, je crois que c'est l'inverse d'un patron.
01:58Je crois que c'est un patron, en fait, c'est quelqu'un qui a l'envie de progresser,
02:03qui a l'obligation d'avancer, faire de la croissance, se développer,
02:08jamais s'arrêter d'explorer des nouveaux secteurs, des nouveaux marchés,
02:12accompagner ses équipes à évoluer.
02:15Je pense que c'est ça en fait un patron, c'est être sans arrêt dans l'étape d'après
02:18et dans une volonté infinie de progression.
02:21Ce qui est très intéressant chez vous, c'est de voir d'où vous venez.
02:24On s'est rencontrés plusieurs fois sur les plateaux.
02:27Vous avez été intérimaire de Jarnias, ce qui n'était pas le groupe Jarnias à l'époque,
02:33c'était l'entreprise de Cordyste.
02:35Vous étiez Cordyste, vous avez commencé en bas de l'échelle.
02:37D'ailleurs, juste avant, vous faisiez quoi ?
02:39J'étais en fait ouvrier Cordyste et donc je me déplaçais au fur et à mesure
02:44des missions d'intérim un peu de partout en France pour réaliser des travaux
02:48là où personne d'autre peut accéder.
02:50Et donc c'est vrai que je me rappelle en fait...
02:53D'ailleurs, il n'y a pas si longtemps que ça, puisque c'était en 2008, je crois,
02:59être en janvier ou en février au pied de la Tour Eiffel pour ma première mission.
03:03On travaillait de nuit à la Tour Eiffel.
03:06J'arrive, je m'en rappelle, au pied de la Tour Eiffel.
03:08Je la regarde d'en bas.
03:10Il faisait très froid.
03:11Je m'en rappelle qu'il y avait un froid saisissant,
03:13comme il y a quelques semaines d'ailleurs, de ça qu'on a connu à Paris.
03:17Mais je me dis tout de suite, à ce moment-là, j'ai une chance incroyable d'être là.
03:20Il faut que j'en fasse quelque chose.
03:22Et vous êtes devenu, en l'espace de quoi ?
03:25Dix ans ?
03:25Oui.
03:26Le PDG.
03:27C'est complètement incroyable.
03:28Est-ce qu'il y a un moment dans ces dix ans où vous vous êtes dit,
03:33je vais être patron de cette boîte, je vais la faire grandir parce qu'elle ne va pas là où
03:37je veux ?
03:38Je veux lui donner cette direction.
03:40Ou alors c'est venu par rencontre, par opportunité ?
03:43J'ai envie de dire que c'est un peu des deux, Sandra.
03:46La première chose, c'est qu'en fait, quand j'arrive au pied de la Tour Eiffel,
03:50j'ai cette chance, je m'en rends compte, j'ai une chance incroyable.
03:53Et je me dis qu'en fait, cette chance, il faut en faire quelque chose.
03:56Et donc, moi, je n'avais pas grand-chose puisque je n'avais pas fait la bonne école,
03:59je n'en ai pas du bon quartier, j'étais ouvrier, en plus intérimaire,
04:03sans un contrat un peu précaire quand même.
04:05Et je me suis dit, la seule chose que j'ai, c'est peut-être de faire tout ce que
04:09les autres ne veulent pas faire.
04:10Donc, j'ai travaillé la nuit, j'ai travaillé les week-ends, j'ai travaillé les jours fériés,
04:15je suis allé faire les chantiers que personne n'autre voulait faire, etc.
04:17Et je pense que cette volonté farouche de faire des choses que les autres ne voulaient pas faire,
04:21et peut-être d'en faire un peu plus que les autres, m'ont permis effectivement de progresser.
04:26Et la seule chose qui m'a guidé, c'était de dire, en fait, il faut que je progresse.
04:30Et donc, progresser soi-même, ça veut dire investir sur soi-même.
04:33Faire plein de choses pour apprendre, etc.
04:35Et quand on n'a pas assez de temps dans une vie, on se construit d'autres vies.
04:40Donc, à côté de mon travail, j'ai essayé de me former, de retourner à l'école, etc.
04:45Et donc, à chaque poste que j'ai occupé, je suis passé du poste d'ouvrier intérimaire
04:49à celui d'ouvrier salarié, et puis ensuite, de chef d'équipe, de chef de chantier,
04:54de conducteur de travaux, de chargé d'affaires, de directeur technique.
04:57Puis après, j'ai eu des missions pour développer commercialement le groupe.
05:03Et à tous les endroits, j'ai été celui qui essaye de mettre de l'énergie dans son entreprise,
05:09d'essayer d'emmener ses équipes avec lui.
05:11Je ne sais pas comment on peut dire ça, le chargeur, le pourvoyeur de nitroglycérine, d'énergie, etc.
05:18Et de faire en sorte, à chaque fois, d'essayer de faire plus et d'essayer de faire mieux.
05:22J'allais vous demander, et il y a presque déjà la réponse dans ce que vous venez de me dire,
05:26est-ce que tout le monde est fait pour être patron ?
05:28Mais tout le monde n'est pas prêt à accepter la pénibilité, le travail de nuit, les horaires,
05:34se reformer, se remettre en question en quelque sorte, d'après vous ?
05:38Je crois que j'ai fait beaucoup de sacrifices.
05:41Je n'ai pas vu grandir mes enfants, j'ai loupé des anniversaires,
05:45j'ai loupé des moments d'intimité, je pense, avec eux.
05:48Donc oui, ça demande en fait, en tout cas, de faire un choix.
05:52Et moi, j'ai fait le choix de m'engager pleinement dans cette aventure.
05:57Et ma plus grande fierté aujourd'hui, mes enfants sont grands,
05:59j'ai les moyens de leur payer des études, je pense, des études qui rêvent,
06:03dans les pays dans lesquels ils ont envie de le faire.
06:05Et donc, je n'étais peut-être pas là avec eux au quotidien,
06:07mais par contre, pour le coup, j'ai participé à changer leur avenir à eux.
06:11Et je crois que c'est ça qu'on essaie de faire quand on construit une famille.
06:14C'est vachement important, je crois, d'être proche de sa famille, de ses enfants.
06:17Mais il fallait faire un choix.
06:18Moi, je n'avais pas d'argent, je n'avais personne pour me donner le ticket d'or
06:22pour pouvoir être là.
06:24Et donc, la seule chose que j'avais, c'était mon temps de disponible.
06:26Et donc, effectivement, je l'ai consacré à développer ma boîte.
06:29Et donc, ça nécessite forcément de laisser des choses de côté.
06:32De laisser des choses de côté, exactement.
06:34Si on retourne un peu ce que vous venez de dire,
06:37quel est le rôle, quel est le poids du personnel dans la réussite d'un patron ?
06:42Est-ce que c'est une formidable motivation ? Est-ce que c'est un frein ?
06:47J'ai entendu souvent des patrons dire, quand j'ai créé ma boîte,
06:51mon entourage freinait des quatre fers parce qu'il avait peur.
06:54Et ça, pour les patrons, au départ, c'est difficile.
06:56Je crois qu'il y a des injonctions contradictoires.
06:59En fait, on essaie de tout faire bien.
07:00Et d'ailleurs, la société nous demande de tout faire bien.
07:03Il faut être un bon papa, un bon mari, un bon fils, un bon chef d'entreprise, un bon manager.
07:10En fait, il faut tout faire bien.
07:12Et je crois qu'en fait, ce n'est pas possible de tout faire bien.
07:15Il faut faire le choix de ses combats et de les faire au moment où c'est nécessaire de les
07:19faire.
07:19Et je pense qu'en semaine, pour moi en tout cas,
07:22je ne vis pas d'ailleurs même dans la même ville que vit ma famille.
07:25J'ai toujours été en déplacement et c'est le cas encore aujourd'hui.
07:27En fait, j'ai fait le choix la semaine de me concentrer à 100% sur mon travail.
07:33Et puis, j'essaye en fait, maintenant, j'ai de la chance d'avoir une super équipe
07:37et d'avoir construit un beau groupe, une belle boîte avec des gens qui travaillaient avec moi.
07:41J'ai un peu plus de temps le week-end pour passer du temps avec ma famille.
07:44Et pour le coup, j'essaye d'y mettre là autant d'énergie que j'y mettais dans le travail.
07:47Donc oui, c'est un choix d'allocation de son temps et des ressources qu'on veut mettre à faire
07:51les choses.
07:52Et je crois que l'image d'Epinal qu'on veut servir,
07:55de dire qu'en fait, tout le monde est prêt à devenir dirigeant.
07:58Je ne suis pas sûr que tout le monde soit prêt à faire les efforts que c'est possible.
08:03Je pense que je suis une anomalie.
08:05Je crois que ce n'est pas possible, en fait, de faire ce que j'ai fait.
08:07Je crois qu'en tout cas, c'est très compliqué.
08:08J'ai une volonté farouche d'être un rôle modèle.
08:11Je trouve que c'est important de montrer la voie.
08:13Mais en fait, il n'y avait rien qui montrait que ça allait être possible, en vrai.
08:18Et donc, j'ai envie qu'en fait, on ait la possibilité aujourd'hui, dans notre société,
08:22d'ouvrir vachement plus les portes à des gens qui ont des parts par le bon profil,
08:25et pour ça, il faut être dans des entreprises qui gagnent beaucoup d'argent.
08:29Parce que l'argent, ça permet une chose incroyable,
08:31c'est de donner la chance à ceux qui n'ont pas le profil.
08:34Ça permet d'essayer de faire des choses qui n'ont jamais été faites.
08:36Ça permet d'innover.
08:37En fait, l'argent, ça permet tout ça.
08:39Ce n'est pas être dirigeant pour s'en mettre plein les poches.
08:43C'est être dirigeant pour sortir les mains des poches et de faire des choses avec.
08:47Vous parliez de rôle modèle à l'instant.
08:51Devenir un rôle modèle pour quelqu'un.
08:52Le vôtre, peut-être, il y a eu un modèle, pas forcément dans votre domaine,
08:58pas forcément dans votre époque,
09:00mais est-ce qu'il y a eu quelqu'un qui a porté, en termes d'envie, en termes d
09:05'énergie,
09:06le Xavier Rodrigues qui a franchi toutes ces étapes ?
09:09Non, je ne savais pas.
09:10En fait, je ne savais pas.
09:13Et à chaque fois que j'ai passé des différentes étapes, je dis souvent ça.
09:17Je faisais le job d'après, avec le salaire d'avant,
09:20et avec pas les compétences qu'il fallait avoir pour tout faire.
09:23Et donc, ça nécessitait de regarder, de poser des questions, d'essayer d'apprendre.
09:28En fait, ce goût de l'apprentissage, je pense que c'est une des clés d'y arriver.
09:33Il n'y a pas quelqu'un où je me disais, j'ai envie absolument de lui ressembler.
09:38J'avais envie de tracer ma voie.
09:40J'avais envie de montrer que, de mon côté, en tout cas, c'était possible.
09:44Et je pense que ça, c'est aussi quelque chose qui est important à se rappeler.
09:48C'est qu'en fait, on est unique, quoi qu'il en soit,
09:51et qu'il faut essayer de faire du mieux qu'on peut, sans se comparer aux autres.
09:54C'est que le principal concurrent qu'on a, c'est soi-même.
09:56On se met soi-même des limites.
09:59Et donc, en fait, c'est essayer de se casser ses propres limites
10:02pour se dire qu'on va essayer de faire plus, aller plus loin, se développer, grandir.
10:06Est-ce que le fait, vous disiez tout à l'heure, que vous aviez grimpé tous les échelons,
10:11vous avez fait des formations, vous avez essayé d'être quasiment à chaque poste,
10:14en tout cas, de les comprendre, est-ce qu'aujourd'hui, en étant PDG,
10:17c'est quelque chose qui amène forcément de la crédibilité auprès de ses salariés ?
10:21C'est quelque chose qui sert de socle pour dire, je te comprends parce que je suis passé par là
10:26?
10:27Je ne sais pas si c'est indispensable et si c'est nécessaire.
10:31En tout cas, moi, ça, c'est mon parcours.
10:33Et mon parcours, aujourd'hui, j'ai une forme de légitimité assez naturelle
10:37parce que ce que vivent mes équipes, je l'ai vécu.
10:41Mais je crois que ce que ça apporte surtout,
10:43c'est la compréhension des difficultés qu'ils rencontrent.
10:45Et c'est surtout la possibilité de leur dire, en fait,
10:49regarde, moi, il y a dix ans, j'étais ouvrier intérimaire,
10:51aujourd'hui, je suis le président du groupe, c'est possible.
10:55Et d'Xavier Rodriguez, dans mon groupe, il y en a plein.
10:58On est une machine à progression, une machine à progrès.
11:00Et ça, c'est quelque chose d'assez fantastique, je trouve.
11:04Et d'être passé par tous les postes opérationnels,
11:06en fait, ça permet de comprendre parfaitement, en fait,
11:08tous les rouages d'une entreprise.
11:10Ça a été une chance incroyable.
11:11Je n'en avais pas conscience, forcément, quand je suis passé par tous les postes.
11:14Des fois, je trouvais que ça allait passer vite.
11:16J'avais envie de pouvoir appuyer sur l'accélérateur, etc.
11:19Et en fait, je me rends compte, aujourd'hui,
11:21que c'était une chance incroyable.
11:22Et de fait, de ne pas avoir grillé les étapes,
11:24de prendre le temps d'apprendre,
11:26même si c'est parfaitement inconfortable, Sandra,
11:29de se dire que tous les deux ans, on change de poste.
11:31On n'a même pas fini d'apprendre encore ce qu'on venait de faire,
11:33que déjà, on se remet dans une zone inconfortable
11:35à apprendre des nouvelles choses.
11:37Mais malgré tout, cette dynamique-là,
11:39d'être sans arrêt dans une logique de progrès,
11:42ça fait progresser de manière incroyable.
11:43et si ça apporte une légitimité.
11:45C'est quoi, vos qualités ?
11:46Les qualités qui vous ont aidé, justement,
11:49à arriver à ça, peut-être les trois qualités ?
11:54Je ne sais pas ce que c'est, les trois qualités.
11:56En tout cas, vous savez, j'ai un podcast qui s'appelle Build,
11:58où je reçois beaucoup d'entrepreneurs
11:59de plein de secteurs d'activité,
12:01entre autres ceux de la construction.
12:03Et en fait, je leur pose, à la fin de chacune des interviews,
12:05toujours la même question.
12:06Qu'est-ce que c'est ta compétence, ton super pouvoir,
12:09qui t'a permis d'être là où tu es,
12:11d'être le dirigeant que tu es,
12:13qui t'a permis d'être performant, etc.
12:16Le mien, en tout cas, si je dois répondre à cette question-là,
12:19je crois que c'est l'énergie.
12:21Je crois qu'en fait, si le patron, le dirigeant,
12:24il n'est pas en mesure d'accompagner,
12:25d'amener son équipe et de l'emmener avec lui
12:27dans les projets qu'il mène,
12:29qui sait d'autre qui va le faire ?
12:30Et donc, je crois que j'ai cette chance incroyable,
12:33c'est que quand je me couche le soir,
12:34j'ai l'impression que demain matin, ça va être Noël,
12:36que je vais avoir d'ouvrir des cadeaux.
12:37Et je suis tellement content de rencontrer mes collaborateurs, etc.
12:41Puis vous savez, il y a un truc qui est magique
12:42quand on est dirigeant, Sandra.
12:44En tout cas, pour moi, je me suis choisi ma famille de travail.
12:48Tous les gens qui sont autour de moi aujourd'hui,
12:50c'est des gens que j'ai choisis.
12:51Je suis content de les retrouver tous les matins.
12:53C'est des gens que j'ai décidé de voir tous les jours,
12:56avec qui je vais être en contact tous les jours.
12:57C'est une chance incroyable.
12:58À l'inverse, le défaut, les deux, trois défauts
13:02sur lesquels il a fallu travailler ?
13:05L'impatience.
13:07Quand il y a trop d'énergie, il n'y a pas de patience.
13:10L'impatience.
13:12Je dirais aussi, je ne sais pas si c'est un défaut,
13:15j'ai une espèce d'obsession pour l'autonomie.
13:19Je veux que mon groupe, je veux que mes entreprises,
13:22elles fonctionnent sans moi.
13:23Je veux qu'elles n'aient pas de dépendance.
13:25Je veux qu'elles n'aient pas de dépendance à une personne clé.
13:27Je veux qu'elles n'aient pas de dépendance à un marché.
13:30Je veux qu'elles n'aient pas de dépendance à un client.
13:32Je veux qu'elles n'aient pas de dépendance à des matériaux,
13:34à du matériel, à un brevet.
13:36Donc à des marchés ou à un contexte.
13:38Exactement.
13:38Et donc, j'attache beaucoup d'importance à ça,
13:41à faire que mes entreprises et mon groupe
13:42soient le plus autonomes possible,
13:44et qu'elles fonctionnent sans moi,
13:46et qu'elles fonctionnent de manière efficace,
13:49avec des process, etc.
13:50Donc ça, c'est quelque chose qui est une de mes obsessions.
13:54Mais pour répondre à votre question,
13:55en tout cas sur mes défauts,
13:58c'est que j'ai l'impression qu'on peut toujours aller plus vite.
14:00J'ai l'impression qu'on peut toujours faire mieux.
14:02Je pense que mes équipes disent de moi
14:03que je suis un malade mental de l'exigence.
14:08Un éternel insatisfait, on le dirait.
14:10Oui, alors j'arrive maintenant avec le temps
14:12à voir le chemin qu'on a parcouru,
14:15à voir ce qu'il faudrait qu'on améliore pour la suite.
14:17Mais j'arrive aussi aujourd'hui maintenant à me dire
14:19que c'est important d'être dans l'étape d'après,
14:21mais aussi de fêter ce qu'on a vécu ensemble.
14:24Et c'est ça, d'avoir une super équipe.
14:25C'est de fêter les victoires
14:26et d'être ensemble quand c'est difficile.
14:28On va passer à la suite, tout de suite.
14:35On vous a demandé de nous fournir,
14:37de venir avec une photo prise dans le cadre de votre entreprise.
14:42On va la regarder, cette photo.
14:45Pourquoi celle-ci ? C'est où ? C'est quand ?
14:49C'est la cathédrale Notre-Dame de Paris.
14:53C'est avec mes équipes.
14:54C'est au moment où le président de la République
14:57vient nous voir sur le chantier
14:59et nous remercier du travail qu'on a accompli.
15:02Pourquoi elle est importante
15:03et pourquoi j'ai choisi cette photo ?
15:04Parce que je crois qu'on ne fait rien tout seul.
15:07quand on est dirigeant.
15:08Je crois qu'on a besoin d'avoir une équipe.
15:10Et en fait, sur cette photo,
15:11si je dois vous faire un aveu,
15:13tous les gens qui sont sur cette photo,
15:15ils ont commencé comme moi, tout en bas.
15:18Il y a Rachid,
15:19qui était ouvrier intérimaire,
15:21mais qui était manœuvre,
15:22il n'était pas cordiste.
15:23Aujourd'hui, c'est un de nos chefs de chantier.
15:25Il est cordiste,
15:26il est une vraie référence dans son domaine.
15:28Il y a Kevin, aussi sur cette photo,
15:30qui, pareil,
15:31en fait, il n'était pas cordiste,
15:33il est devenu comme Noah,
15:34il est progressé, etc.
15:35Aujourd'hui, c'est un référent technique
15:36pour l'ensemble du groupe.
15:37Il a le plus haut niveau de qualification.
15:39Il est OTC,
15:40on appelle ça dans les cordistes,
15:41c'est organisateur des travaux sur corde,
15:43donc le plus haut niveau.
15:45C'est un référent,
15:45tout le monde l'appelle techniquement.
15:47Et en fait, cette photo,
15:48c'est un condensé de ce qu'on est.
15:49Une machine à progrès.
15:51Une machine à faire en sorte
15:52de propulser la vie des gens,
15:54de changer, effectivement,
15:56pas uniquement les parcours,
15:57mais aussi ce qui se passe dans le monde.
15:59Mon groupe, c'est ça,
16:00c'est d'être présent de partout.
16:01Il y a des enjeux qui sont extrêmement forts
16:02et où il y a beaucoup de complexité.
16:04Et c'est pour ça que Notre-Dame de Paris,
16:05avec ces gens-là,
16:06c'est ce qui fait mon groupe aujourd'hui.
16:08C'est très intéressant,
16:09les chantiers que vous faites.
16:10Il y a Notre-Dame de Paris,
16:11il y a le Mont-Blanc.
16:13Depuis quelques temps,
16:13vous faites aussi les travaux en sous l'eau.
16:16Vous faites des travaux,
16:17en fait, difficiles d'accès.
16:18C'est ça.
16:19Toutes les entreprises du groupe Jarnia,
16:21ce sont les travaux difficiles d'accès.
16:24C'est intéressant parce que
16:25ces salariés dont vous parlez,
16:27on a l'impression que pour certains,
16:29ce sont des mini-vous.
16:30Vous voulez les emmener au même endroit que vous.
16:33Pour autant, une entreprise,
16:34ce n'est pas que des mini-soies,
16:36c'est aussi des gens qui sont complètement différents,
16:39qui vont faire des horaires parfois réduits,
16:42qui ont des contraintes personnelles.
16:44Comment, quand on a votre énergie,
16:46quand on a votre envie,
16:47quand on a l'envie de partager,
16:49on gère aussi des équipes
16:51qui ne vous ressemblent pas ?
16:53Je crois que c'est le...
16:54Vous touchez du doigt à ce endroit,
16:56ce qui est le plus difficile pour moi.
16:57Et c'est ce qui m'a, dans le parcours,
16:59en tout cas, créé le plus de difficultés.
17:01C'était, effectivement, c'est l'humain.
17:05Parce que parfois,
17:05j'ai plus envie que les autres,
17:07qu'eux-mêmes d'ailleurs,
17:09qui progressent.
17:10Des fois, on ne fait pas les mauvais choix
17:11parce qu'on va pousser trop loin.
17:13On sait que ce n'est pas la bonne personne.
17:14On sait que ça ne va pas marcher.
17:16On sait qu'on est trop différents
17:17en termes de valeur
17:17et pourtant, on essaye encore
17:19et puis on prend du temps
17:19et puis on ne s'en occupe pas assez, etc.
17:21Donc, c'est vraiment...
17:24Ma difficulté, aujourd'hui,
17:25elle est là.
17:25C'est, effectivement,
17:27d'arriver à comprendre
17:28qu'on n'est pas tous pareils.
17:31Maintenant, il y a aussi quelque chose,
17:33c'est que dans la culture du groupe
17:35que je dirige,
17:36j'attache beaucoup d'importance
17:38d'expliquer la vérité de qui on est.
17:40Travailler chez nous,
17:41c'est extrêmement difficile.
17:44Progresser, c'est difficile.
17:45On travaille la nuit,
17:46on travaille dans des environnements
17:47qui sont complexes,
17:48on travaille parfois
17:49avec des masques à ventilation assistée.
17:51Il faut être capable de se mobiliser
17:52de partout en France et en Europe
17:54en quelques heures.
17:55Ça veut dire laisser aussi, parfois,
17:57sa famille et partir plusieurs semaines.
17:59Et avant, on ne voyait que nos chantiers vitrines.
18:01On voyait la Tour Eiffel,
18:03les Jeux Olympiques de Paris,
18:05Notre-Dame, etc.,
18:06la reconstruction, la sécurisation.
18:08Je passe beaucoup de temps
18:09à expliquer qu'aujourd'hui,
18:11on en est là aussi
18:12parce qu'il y a tout ce qu'on ne voit pas.
18:14Il y a la face cachée de l'iceberg
18:15qui est une grande partie
18:16de notre activité
18:17où on arrive à faire ces chantiers-là
18:19parce qu'il y a tous les chantiers d'avant
18:21qui sont des chantiers déficués
18:22et qui sont compliqués.
18:24Et donc, je crois que de plus en plus,
18:26aujourd'hui, dans le groupe,
18:27je ne sais pas si on a des mini-mois,
18:28mais on a des gens
18:28avec qui on partage
18:29la même valeur du coup de l'effort,
18:31du fait d'être obligé
18:32de travailler dur,
18:33du fait qu'on doit réussir
18:35à relever un défi,
18:36que quand on prend un engagement
18:37avec un client,
18:38avec un collaborateur,
18:40avec un fournisseur,
18:41avec un partenaire,
18:42on va au bout.
18:43Un peu, j'ai envie de dire,
18:44et c'est sans mauvais jeu de mots,
18:45quoi qu'il en coûte.
18:46Effectivement.
18:47Vous continuez à regarder
18:48le leadership
18:49selon Xavier Rodrigues.
18:55On va terminer cette interview
18:58sur votre leadership
18:59avec quelques questions
19:01à nouveau, Xavier.
19:02Votre plus belle réussite,
19:03c'est quoi ?
19:04Mon groupe,
19:05les trajectoires,
19:06les humains.
19:07Je trouve ça assez dingue.
19:09Je peux vous prendre
19:10une centaine de noms
19:11aujourd'hui que j'ai en tête
19:12qui ont commencé
19:13tout en bas de l'échelle
19:14ou en tout cas
19:15comme manœuvre
19:16ou comme ouvriers
19:16et qui aujourd'hui
19:17ont des postes
19:17à responsabilité.
19:18On fait trois promesses
19:19à des salariés
19:21qui viennent nous rejoindre.
19:22La première,
19:23c'est qu'avec nous,
19:23on va les aider à progresser.
19:24C'est-à-dire qu'on va améliorer
19:25l'employabilité,
19:26on va les former, etc.
19:27On va améliorer leurs conditions
19:28de travail et de rémunération.
19:30Ils sont mieux payés tous
19:32que du moment
19:32où ils sont rentrés chez nous.
19:34Et puis,
19:34on leur promet,
19:35je leur promet
19:36qu'en fait,
19:36avec nous,
19:37ils vont vivre
19:37des aventures extraordinaires.
19:39Et c'est ça,
19:40je crois,
19:40en fait,
19:41la clé des choses
19:42qui me rendent le plus fier,
19:43en tout cas,
19:43de réussir dans mon groupe.
19:45À l'inverse,
19:46c'est quoi le plus gros échec
19:47de votre carrière ?
19:48C'est les humains.
19:49C'est ceux avec qui
19:50je pensais qu'en fait,
19:51on allait pouvoir
19:53construire une histoire,
19:54etc.
19:54Et qu'on n'a pas réussi
19:56et que je n'ai pas réussi
19:57à les emmener.
19:59Mais je dis toujours
20:00que ce n'est pas eux
20:00le problème,
20:01souvent.
20:02Quand on est dirigeant,
20:03en fait,
20:04c'est trop facile
20:04d'imaginer
20:05que les problèmes
20:05viennent de l'extérieur
20:07ou que ce n'est pas soi.
20:07Je pense qu'on aurait
20:08à gagner en tant que dirigeant
20:11systémativement
20:11de se remettre soi en question.
20:13Qu'est-ce qu'on n'a pas fait ?
20:13Comment on a mal accompagné ?
20:14Pourquoi on ne s'en est pas
20:15occupé assez tôt ?
20:16Comment on pourrait être
20:17plus exigeant
20:18sur certains sujets,
20:19etc.
20:19Et donc,
20:19à chaque fois que j'ai
20:21un salarié qui part
20:23ou avec qui ça ne s'est pas bien passé
20:24ou que je n'ai pas pu emmener,
20:26la première chose,
20:26c'est que je me dis
20:26comment j'aurais pu faire
20:27autrement
20:28pour que ça marche pour lui.
20:29Souvent,
20:30quand je vous ai
20:31sur mon plateau,
20:33on parle de ce contexte
20:34économique
20:36en France.
20:36Les patrons sont décriés.
20:38C'est une période
20:39comme ça.
20:40Qu'est-ce que
20:42vous en pensez
20:44et qu'est-ce que
20:44vous voulez dire
20:46sur cette fonction
20:47de patron
20:48pour rétablir
20:49la vérité ?
20:51En plus,
20:51aujourd'hui,
20:51on voit bien.
20:52En fait,
20:53on a une nouvelle pendaison
20:55de crémaillère
20:56à Matignon
20:56assez régulièrement.
20:58On a des guerres,
21:00on a des crises,
21:01on a un monsieur
21:02avec une mèche blonde
21:03qui est extrêmement brutale,
21:05qui fait du lèche-vitrine
21:08au Groenland,
21:08au Venezuela,
21:09etc.
21:10On voit bien
21:10qu'en fait,
21:11on est dans une dynamique
21:12qui est difficile.
21:14En fait,
21:14ce n'est pas très optimiste.
21:16Et là,
21:17pour le coup,
21:17les dirigeants
21:18et les entreprises,
21:18elles ont un rôle à jouer.
21:20On est l'ancrage
21:21de ce qui se passe
21:21au quotidien.
21:22Nos salariés,
21:23ils viennent chez nous,
21:24ils viennent travailler
21:25avec nous dans nos entreprises
21:26tous les jours.
21:27Et ils voient
21:28que notre mission
21:29à nous en tant que chef
21:30d'entreprise,
21:30c'est de faire avancer
21:33le bien commun.
21:34Et le bien commun,
21:35c'est l'entreprise.
21:36C'est ça le plus important.
21:38Et donc,
21:38je crois que l'entreprise
21:39a un rôle à jouer,
21:40les dirigeants
21:40ont un rôle à jouer là-dessus.
21:42Alors,
21:42ce n'est pas simple.
21:43Pour de vrai,
21:44on ne peut pas dire
21:44à son entreprise,
21:45on va être performant,
21:46on va y arriver,
21:47on va se battre,
21:47si on n'est pas un dirigeant
21:48qui montre l'exemple.
21:50Et moi,
21:52qui montre que c'est possible,
21:54qui montre qu'on peut
21:55aussi bien respecter
21:57ses salariés
21:58et continuer à faire
21:58de la croissance,
21:59gagner de l'argent,
22:00y arriver,
22:01développer de nouvelles activités.
22:02Pour finir,
22:02Xavier Rodriguez,
22:03c'est quoi votre défi
22:05de demain ?
22:05Parce que quand on vous écoute,
22:06on a l'impression
22:07que vous avez tout ce
22:07que vous avez toujours
22:08voulu avoir
22:08et que vous l'avez eu vite
22:10en plus.
22:10C'est quoi le défi
22:12sur lequel vous travaillez
22:13demain principalement ?
22:15L'international.
22:17C'est en fait
22:17développer nos activités
22:19en dehors des frontières françaises.
22:20Aujourd'hui,
22:21on est présent dans six pays.
22:22On a envie d'accélérer
22:23cette démarche-là.
22:25D'une part parce que
22:26c'est un défi pour moi
22:27et je vous parlais
22:28à l'instant d'exemplarité
22:29et que je pense que
22:30si on veut être exemplaire
22:31pour de vrai,
22:32il faut que je montre
22:32à mes équipes
22:33que globalement,
22:34j'ai un défi à relever.
22:35Je sais que dans notre
22:36périmètre historique en France,
22:37ils font le job.
22:38J'ai des super dirigeants,
22:39j'ai des super équipes,
22:40c'est sur la route,
22:41ils vont y arriver,
22:42on va garder notre place
22:43de leader, etc.
22:44On va continuer
22:44à se challenger.
22:45Ça, ça va marcher.
22:46Mon travail à moi,
22:47c'est effectivement
22:48de me mettre en danger,
22:49d'aller dans des pays
22:50où on ne parle pas français,
22:51où je ne parle pas
22:52forcément la langue,
22:53arriver à comprendre
22:53comment ça marche pour eux
22:54et construire,
22:55j'espère en tout cas,
22:56le plus gros,
22:57le plus beau,
22:59le plus important
23:00groupe européen
23:01des travaux d'accès difficile
23:02en France,
23:03en Europe
23:04et dans le monde demain.
23:05Il faudra revenir
23:06sur BFM Business
23:07pour parler de l'évolution
23:08de ces projets.
23:08C'était le leadership
23:10selon Xavier Rodriguez,
23:12PDG du groupe Jarnias.
23:13Si vous voulez connaître
23:15la méthode des leaders,
23:16des patrons,
23:17l'émission est disponible
23:18en replay,
23:18en podcast
23:19sur tous nos réseaux sociaux
23:21évidemment
23:21et tous les lundis
23:22à 12h30
23:23sur BFM Business.
23:26BFM Entreprises
23:27Leadership
23:28La méthode
23:29sur BFM Business
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