- il y a 2 jours
Ce lundi 13 avril, Vincent Lequertier, responsable de l'allocation d'actifs chez WeSave, et David Benmussa, directeur exécutif France & Benelux de Nordea AM, ont évoqué l'impact du blocus du détroit d'Ormuz sur les marchés, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:01Avec un CAC 40 qui cède donc 0,96% à 8 180 points, Carrefour, Total Energy et Engie sont
00:07les trois plus fortes hausses du côté de l'Eurostock 50.
00:09Pour l'instant vous avez une baisse d'un peu plus d'un pour cent après une très belle semaine
00:13puisque la semaine passée, l'indice européen avait gagné un peu plus de 4%.
00:17Avec nous ce matin en plateau, deux invités, avec Vincent Lequartier ce matin, responsable de l'allocation d'actifs chez
00:24Ouissaïf.
00:24Bonjour Vincent.
00:25Bonjour Etienne.
00:25Merci de nous accompagner en compagnie de David Benmussa qui est directeur exécutif France et Benelix de Nordela Asset Management.
00:31Bonjour David.
00:32Bonjour Etienne.
00:33Merci également de nous accompagner ce matin.
00:35Les marchés européens font une petite pause avec toujours beaucoup de brouillard à court terme sur la situation géopolitique,
00:40des négociations qui se sont tenues ce week-end entre l'Iran et les Etats-Unis qui n'ont pas
00:44abouti, en tout cas à court terme,
00:46au point même que Donald Trump s'apprête donc cet après-midi à bloquer certains ports iraniens.
00:51La semaine dernière, les marchés actions avaient très bien performé.
00:54Vincent Lequartier, c'est vrai que l'Eurostock 50 avait gagné plus de 4%.
00:58On se souvient notamment de la séance de mercredi où on avait une non-volée même de certaines valeurs de
01:04plus de 10%.
01:05Comment vous regardez un petit peu ce qui est anticipé par les marchés ?
01:09Est-ce que notamment ce rebond de 4% la semaine dernière est allé un petit peu trop vite, trop
01:12fort ?
01:13Ou non, aujourd'hui, vous pensez que les marchés actions sont à leur juste prix ?
01:18Je pense que la semaine dernière, on a éliminé le risque absolu du conflit nucléaire, du blocage total.
01:27Si vous regardez historiquement, des conflits au Moyen-Orient, vous en avez tous les deux à trois ans.
01:33Des conflits dans le monde, vous en avez eu un en Ukraine, majeur.
01:38Malgré ça, vous avez structurellement des marchés qui vont au plus haut, des plus hauts, des plus hauts, des plus
01:43hauts.
01:43Donc les conflits n'empêchent pas forcément les marchés de monter.
01:48Celui-là, évidemment, est un petit peu particulier parce qu'il y a un risque de pénurie pétrolier ou gazier
01:57pour certaines zones.
01:59Je dirais que les grands marchés restent dominés par les marchés occidentaux, américains, européens,
02:09qui sont, on va dire, modérément affectés par le risque de blocus du détroit d'Ormousse.
02:16Donc je pense que pour les marchés financiers, au final, ce n'est pas forcément si grave.
02:20Il faut se rappeler aussi qu'un certain nombre de secteurs, je pense au secteur pétrolier par exemple,
02:24profitent de la situation pour monter.
02:29Donc on n'est pas forcément dans une situation où pour les marchés, si on prend l'ensemble des résultats,
02:35que c'est forcément quelque chose de dramatique en termes de contribution aux bénéfices par action des indices.
02:41Des indices qui ont repris 4-5% depuis leur plus bas du mois de mars, leur plus bas annuel,
02:48bien sûr.
02:49Quand vous regardez la situation aujourd'hui sur les flux, on en a parlé il y a quelques instants,
02:54on a une belle reprise du côté de l'Europe avec David Benmussa,
02:59un marché européen qui, c'est vrai, a été très sollicité en début d'année.
03:02C'était une grosse conviction, il y a eu un petit coup d'arrêt.
03:05Néanmoins, les différents acteurs pensent qu'il y a encore du potentiel sur l'Europe.
03:08Vous en faites partie, vous, aujourd'hui.
03:10Exactement, c'est-à-dire que sur l'Europe, on voit qu'il y a des très belles valeurs.
03:12C'est vrai que cette semaine aussi est assez importante parce qu'il y a beaucoup de résultats qui tombent.
03:17Et juste pour revenir un peu sur ces propos-là, je pense qu'il y a un sujet aussi qui
03:20inquiète tout le monde,
03:21c'est l'inflation.
03:22Qu'est-ce qui va se passer et comment les sociétés vont pouvoir transmettre,
03:26si il y a cette inflation persistante, comment on va pouvoir le transmettre aux consommateurs.
03:31Et c'est vrai que dans les marchés, ce que vous dites, avec une visibilité faible,
03:36ce qui est important, c'est de regarder les sociétés en elles-mêmes
03:39et de voir quelles sont les entreprises solides, innovantes,
03:43qui peuvent justement un peu plus résister sur le marché.
03:46Et je pense qu'il y a aussi un aspect dont on parle un petit peu moins,
03:49qui sont les taux aussi.
03:50C'est vrai que sur le marché actions, il y a des hauts et il y a des bas.
03:54Mais c'est vrai que sur le marché obligataire, avec les obligations françaises aux alentours de 3,7% aujourd
04:02'hui,
04:03il y a des questions à se poser.
04:04Est-ce que c'est des points d'entrée aussi ou pas ?
04:05Dans un portefeuille diversifié.
04:07Exactement.
04:08Sur la partie actions, vous l'avez dit, c'est vrai que les résultats d'entreprises
04:11qui vont commencer à être publiés cette semaine,
04:14avec notamment le secteur bancaire aux États-Unis,
04:16mais aussi en Europe avec le luxe, par exemple, à Paris,
04:19dans l'ensemble, les analystes s'attendent à des profits encore solides.
04:23En tout cas, ils n'ont pas revu à la baisse de façon drastique
04:25leurs attentes de bénéfices, Vincent Lequartier,
04:28dans le sens où, comme vous l'avez souligné,
04:30il y a un an, c'était le Libération Day,
04:32il y a cinq ans, c'était la guerre en Ukraine.
04:35Bref, il y a un petit peu l'image qu'au final,
04:36les entreprises peuvent traverser toutes les crises.
04:39Alors d'abord, les marges bénéficiaires sont au plus haut depuis 2008.
04:44Donc même si les entreprises n'arrivaient pas à retransmettre
04:47l'intégralité des hausses de prix qu'elles subissent,
04:50il faut garder en tête qu'on reste dans un niveau de profitabilité
04:55qui reste extrêmement élevé.
04:57Ça, c'est la première des choses.
04:58Deuxièmement, avec le conflit en Ukraine,
05:01il y a probablement beaucoup d'entreprises qui ont automatisé
05:04la répercussion ou qui ont garanti des prix énergétiques en amont.
05:13Donc des deux côtés, il y a probablement une transmission des prix
05:16qui va être automatique ou une modération des prix énergétiques à l'entrée
05:20qui va être, elle aussi, automatisée.
05:22Donc je ne suis pas certain qu'on ait forcément une angoisse à avoir.
05:25Au niveau sectoriel, évidemment, il peut y avoir des stress ponctuels,
05:29mais une fois encore, à l'échelle des indices,
05:32ce n'est pas forcément quelque chose de très inquiétant.
05:37Pas très inquiétant.
05:38Après, bien sûr, il y a des entreprises au cas par cas
05:40qui peuvent susciter de l'inquiétude.
05:43C'est vrai que le secteur technologique, une nouvelle fois,
05:45devrait afficher des profits épatants.
05:46Je voyais encore ce matin, rien que sur la partie technologique aux États-Unis,
05:49il y a une croissance des profits de plus de 20% qui est attendue.
05:52Donc c'est vrai, forcément, ça va tirer l'ensemble du S&P 500, une nouvelle fois.
05:55Il y a plus de 80% des bénéfices par action du premier trimestre
05:59qui doivent venir du secteur de la techno, pour le S&P 500.
06:03Donc c'est absolument époustouflant.
06:06Donc oui, il faut impérativement rester sur ce secteur.
06:09Alors évidemment, c'est compliqué.
06:11On l'a vu, le secteur des softwares a complètement dévissé,
06:16avec en face de ça le hardware, donc la partie semi-conducteur.
06:22Donc il y a énormément de discrimination boursière qui se passe.
06:25Mais quand on regarde sur la partie publication de résultats,
06:28on devrait encore avoir une excellente phase au premier trimestre.
06:33A noter que chez WeSave, Vincent Lecartier, dans vos portefeuilles,
06:36vous utilisez les ETF, vous n'êtes pas sur des valeurs.
06:39Comment aujourd'hui, dans vos portefeuilles, vous exposez à ce marché de la technologie
06:44qui, comme vous l'avez souligné, aujourd'hui est indispensable,
06:48ou en tout cas est prédominant sur les indices américains ?
06:51Alors on a une position structurelle sur le Nasdaq, dans nos allocations,
06:55parce que je suis convaincu que la numérisation des économies
06:59est quelque chose de persistant et qui va se prolonger.
07:03Donc je pense qu'il faut garder impérativement un biais techno
07:06dans les allocations d'actifs.
07:08Par contre, il faut se méfier des sets magnifiques,
07:12autrement dit de la surpondération de certaines sociétés à l'intérieur des indices.
07:16Et pour ça, vous pouvez contourner la chose en prenant des ETF équipondérés.
07:22Ça vous permet de neutraliser le poids de ces grands leaders.
07:25Par contre, évidemment, ça veut dire en contrepartie que vous acceptez
07:28de neutraliser aussi le poids du secteur de la techno dans vos allocations d'actifs.
07:33Donc il faut réfléchir à ce genre de choses.
07:35Et dernier point, il y a une chose très importante depuis, on va dire, deux ans,
07:40c'est la question de l'exposition ou non au dollar dans vos actifs.
07:44Dès lors que vous êtes exposé sur les États-Unis,
07:47il y a beaucoup de réflexions à avoir sur le fait d'être ou de ne pas être exposé au
07:51dollar.
07:51Pour notre part, on a eu un peu de chance.
07:54Juste avant le conflit, on avait remonté notre exposition sur deux choses,
07:58l'équipondération et le dollar.
08:00Donc ça nous a protégés un petit peu dans les deux sens.
08:03Ces deux aspects-là nous ont un petit peu protégés dans la baisse.
08:06Donc ça a permis de neutraliser un petit peu l'ampleur du décrochage sur nos portefeuilles.
08:12Et donc la réflexion maintenant, c'est de savoir si on ne rebascule pas éventuellement dans notre sens.
08:16Dans le sens où avant vous étiez protégés, vous étiez edgés sur les devises, maintenant moins.
08:21Et maintenant la réflexion, c'est est-ce qu'il faut se protéger à nouveau ?
08:23Non, on n'était pas edgés sur les devises.
08:25On avait réexposé nos portefeuilles au dollar.
08:28Le dollar a joué son rôle de couverture pendant le décrochage des marchés.
08:32Donc la question pour nous est éventuellement de rebasculer un peu plus.
08:36sur des ETF protégés du risque de change, dans l'idée que le dollar n'est plus forcément ultra recherché
08:45dans la phase suivante.
08:47Et donc de savoir s'il faut ou pas rester exposé sur cette devise.
08:52Sur vos portefeuilles chez Nordé Asset Management, David Benmussa, comment vous avez traversé un petit peu cette volatilité ?
08:59Comment aujourd'hui, en tant que professionnel des marchés, on traverse des séances, comme on l'a vu mercredi,
09:04où les indices prennent 4-5% dès l'ouverture ?
09:07Tout va très vite.
09:08Et puis à l'inverse, début mars, quand ça baissait, tout se faisait également à l'ouverture.
09:12C'est vrai que c'est compliqué d'opérer dans des marchés aussi volatiles.
09:15C'est assez difficile.
09:16Mais ce qui est intéressant, c'est qu'on voit un peu un retour de la gestion active.
09:19C'est-à-dire que c'est aussi quelque chose qui est important.
09:22Même chez Nordéa, on a de l'actif et du passif.
09:24On voit un peu un retour de la gestion active, dans lequel le rôle du gérant dans la sélection de
09:29valeurs est vraiment important.
09:31On voit aussi un thème, je pense qu'il y a deux thèmes aussi qui sont assez intéressants,
09:36qui sont l'autonomie européenne et qui sont tout ce qui est IA.
09:40On parle beaucoup d'IA, vous en parliez.
09:43Et tout ce qui est énergétique, parce que tout ça est un petit peu lié.
09:46C'est-à-dire que l'efficacité énergétique, comment réduire un peu la dépendance au pétrole,
09:50c'est vraiment un thème assez central.
09:51Et on peut, effectivement, on a des belles valeurs pour investir avec ces deux thèmes
09:56qui sont l'autonomie européenne et qui sont aussi le climat.
10:01Et de ne pas opposer climat et IA, c'est assez important.
10:04Et donc, le rôle du gérant au jour le jour, c'est évidemment de regarder à long terme,
10:08mais de profiter dans une gestion active des opportunités,
10:11que ce soit sur les actions ou sur l'obligataire.
10:14Et c'est vrai que sur les actions, il y a eu des belles choses,
10:17à la fois sur les grandes valeurs, mais aussi sur les plus petites et moyennes valeurs
10:20dont on parle aussi un petit peu moins.
10:22Donc, le secteur de l'énergie, vous l'aimez bien,
10:24le secteur de l'intelligence artificielle également, à travers quel segment ?
10:27Parce que c'est vrai que l'IA, aujourd'hui, c'est très large sur la partie action.
10:30Alors, sur l'IA, si on prend un exemple, on parlait des puces.
10:34Aujourd'hui, si on peut relier les puces et l'efficacité énergétique,
10:37vous avez les puces générales, qui sont ce qu'on appelle les GPU,
10:42qui sont les puces NVIDIA, qui font un petit peu tout.
10:44Et il y a des puces qui s'appellent les puces ASIC,
10:47qui sont des puces très spécialisées et qui sont moins énergivores.
10:49Et donc, on en a parlé, notamment la semaine dernière, avec Broadcom,
10:53qui a fait un deal assez important avec Anthropic, donc Claude,
10:58pour justement sécuriser ces puces-là,
11:00et pour essayer de réduire aussi la facture énergétique.
11:03Et donc, on peut profiter à la fois de ce vecteur IA,
11:06de cette croissance-là,
11:07et aussi de faire du bien, entre guillemets, au climat.
11:11Si on regarde après, il y a des fournisseurs de câbles,
11:13on a des leaders aussi français et européens,
11:16des gens comme Legrand, comme Schneider.
11:19Vous avez aussi des sociétés européennes sur les câbles
11:21qui s'appellent Prismian,
11:22qu'on a dans les portefeuilles,
11:24pour justement essayer de faire part
11:28un petit peu à tout ce qui se passe sur les pétrolières.
11:30Du côté des semi-conducteurs,
11:32c'est vrai qu'aujourd'hui,
11:34c'est un secteur qui est très présent,
11:35que ce soit dans les indices européens,
11:37avec ASML par exemple,
11:38ou aux Etats-Unis,
11:39avec Nvidia que vous avez cité.
11:42C'est un secteur que vous continuez toujours à surpondérer ?
11:45On est investi dessus,
11:47et c'est vrai qu'à l'intérieur du secteur,
11:49on essaye de trouver un petit peu
11:50les alternatives à Nvidia,
11:53et il y en a.
11:54Et donc, je vous parlais de Broadcom,
11:57mais il y a aussi tout cet écosystème
12:00autour des semi-conducteurs,
12:03sur lequel vous avez des petites et moyennes valeurs
12:05assez intéressantes.
12:06Mais vous avez les résultats d'ASML
12:08qui vont effectivement sortir cette semaine,
12:10et ça reste une des premières valeurs
12:12des portefeuilles sur les actions européennes.
12:14En effet, ça sera mercredi,
12:16les résultats d'ASML.
12:17Le secteur bancaire va donc publier
12:19ses résultats cette semaine aux Etats-Unis,
12:21avec Vincent Lequartier,
12:23une attention, une nouvelle fois,
12:24très forte sur le crédit privé.
12:27C'est vrai que c'est un sujet
12:28qui fait couler beaucoup d'encre
12:29depuis le début de l'année.
12:30Alors, il inquiète moins maintenant
12:32qu'il a pu inquiéter en début d'année,
12:35avec aujourd'hui différentes institutions,
12:38à commencer par la Fed,
12:39qui essaye un petit peu de calmer le jeu.
12:41Est-ce que ça vous inquiète,
12:42vous, de cette partie non cotée
12:43sur le crédit privé ?
12:45Alors, je ne sais pas si la Fed
12:46essaye de calmer le jeu.
12:47Elle essaye en tout cas
12:48de bien maîtriser l'ampleur des risques.
12:51Je pense que c'est surtout ça
12:52ce qu'elle essaye de contrôler.
12:54Quand on regarde les actifs sous gestion,
12:57on était à 2300 milliards sous gestion fin 2025.
13:03Au premier trimestre,
13:05vous avez 20 milliards qui ont été rachetés,
13:0710 milliards qui ont été bel et bien satisfaits
13:10par les sociétés de dettes privées
13:11et 10 milliards qui sont restés en suspens.
13:14Donc, si vous regardez sur le papier,
13:17les chiffres sont faibles, très maîtrisables.
13:20Combien même vous reproduiriez le 20 milliards
13:23sur les trois prochains trimestres,
13:27donc c'est des records historiques
13:28de décollecte pour le secteur.
13:30Vous arrivez au final à quelque chose
13:32qui tourne aux alentours de 4% de l'actif,
13:35sachant que les fonds de dettes privées
13:38limitent normalement à 5% les retraits.
13:41Ça veut dire que normalement,
13:42vous avez une adaptation
13:43entre l'ampleur des retraits
13:45et l'ampleur des retours sur investissement
13:50que vous êtes capable d'assurer à vos clients.
13:53Donc, en théorie, il n'y a pas de risque majeur.
13:55Alors, évidemment, pour certains établissements,
13:57on l'a vu avec Bluehole Capital, par exemple,
14:00il y a des cas spécifiques
14:01où là, on va bien bien au-delà du 5%.
14:04Mais si on regarde le secteur de façon agrégée,
14:07les choses semblent maîtrisées.
14:09Par ailleurs, vous le soulignez,
14:11la Fed s'intéresse au sujet,
14:14donc il est très probable que si jamais
14:15elle détecte qu'il y a un risque systémique
14:18au travers de cette dette privée,
14:21elle interviendra en accordant des crédits additionnels,
14:24en faisant du quantitative easing,
14:26en baissant les taux d'intérêt.
14:27Elle sera proactive pour s'assurer
14:29que le risque financier reste maîtrisé.
14:32La grande question, c'est bien sûr
14:33l'imbrication des banques entre elles
14:35et puis avec le secteur également de l'assurance,
14:38dans le sens où il y a eu beaucoup d'effets de levier
14:40sur cette classe d'actifs, Vincent.
14:41Vous voyez le private equity aussi
14:43qui pose un vrai sujet
14:44parce qu'à l'identique de la dette privée,
14:48vous êtes dans une situation
14:49où vous avez une problématique de liquidité.
14:51Quand il s'agit d'une banque,
14:53pour la plupart d'entre elles,
14:55les grandes banques en tout cas sont cotées en bourse,
14:57vous pouvez sortir, vous pouvez rentrer,
14:58ce n'est pas vraiment un sujet.
15:00Et la question des provisions
15:01qui sont prises par les établissements bancaires
15:05permet la plupart du temps
15:06de lisser les difficultés.
15:08On estime à 300 milliards de dollars
15:11par l'exposition des banques
15:14sur la dette privée.
15:15Ça reste maîtrisable.
15:17Du côté des taux d'intérêt,
15:20la grande question, c'est
15:20est-ce que la Fed va baisser ses taux ?
15:22Pour l'instant, ce n'est pas le sujet.
15:23Vincent Lequartier, on l'a encore vu d'ailleurs
15:25avec les chiffres d'inflation
15:26qui ont été publiés hier.
15:28En tout cas, en Europe,
15:29le marché, à ce stade,
15:31anticipe des hausses de taux
15:32de la part de la BCE,
15:33ce qui a donc un impact
15:35sur le marché obligataire,
15:36sur la partie courte,
15:37mais également sur la partie longue.
15:39Aujourd'hui, vous pensez
15:40qu'il y a des opportunités
15:41David Benmussa
15:42sur ce marché obligataire ?
15:44Alors, c'est une bonne question.
15:46Aujourd'hui, ce qu'on voit,
15:46c'est que la plupart des investisseurs
15:48se mettent sur des durations courtes
15:49parce qu'il y a effectivement
15:51ce risque-là.
15:51Et puis, il y a quand même
15:52une volatilité assez impressionnante
15:54sur l'obligataire.
15:55On est passé de 3,3 à 3...
15:57On est monté quasiment à 3,9
15:58sur le 10 ans français.
16:02Après, aujourd'hui,
16:04je pense qu'il y a énormément,
16:07toujours énormément d'argent
16:08dans le marché.
16:10Et donc, d'avoir des taux
16:11de 3,7,
16:12c'est assez intéressant.
16:14Quand la BCE va agir,
16:17on n'a pas trop de visibilité.
16:19Et ça va dépendre,
16:20tout est aussi un peu imbriqué
16:21avec l'inflation
16:21et ce qui se passe aujourd'hui,
16:22les chiffres qu'on va voir.
16:24Donc, aujourd'hui,
16:25les investisseurs se mettent
16:26plutôt sur des durations courtes
16:27pour se dire,
16:28on profite du portage
16:29et on enlève la duration.
16:32Mais pour les...
16:33Peut-être, je ne peux pas dire
16:34les plus téméraires,
16:34mais ceux qui ont une vision
16:35en tout cas plus long terme,
16:36aujourd'hui,
16:37ce sont des taux assez intéressants.
16:39Que ça soit...
16:39Dans une logique de portage ou...
16:41Plutôt dans une logique de portage.
16:43Donc, d'aller jusqu'à l'échéance...
16:45Exactement.
16:46À la fois sur les obligations d'État,
16:48mais aussi sur les obligations privées.
16:50Vous avez encore des écarts
16:52qui sont assez intéressants.
16:54On voit un petit peu moins de flux
16:56sur les obligations
16:58les moins bien notées,
16:59sur le high yield,
17:00mais ça reste aussi des sujets...
17:04Les investisseurs se posent des questions
17:06pour se dire,
17:07est-ce que c'est le moment ou pas ?
17:08Et le timing d'investir sur l'obligataire
17:11est aussi assez compliqué
17:12comme les actions.
17:13D'autant plus qu'en début d'année,
17:14on se souvient qu'on avait des spreads
17:16qui étaient au plus bas.
17:17Là aussi, il y a eu un changement majeur
17:19depuis ce conflit en Iran.
17:21Il y a eu un changement de paradigme
17:22assez rapide,
17:24avec aussi une baisse des volumes
17:26sur l'obligataire,
17:27comme il y a eu sur les dernières semaines,
17:29sur les actions.
17:30Sur la partie américaine,
17:31puisqu'on n'a pas encore eu l'occasion
17:32de parler de la partie américaine,
17:34qui est quand même aujourd'hui incontournable.
17:36En tout cas, si on l'a pas en portefeuille,
17:37on ne peut pas ne pas la regarder.
17:38Comment vous, aujourd'hui,
17:40arbitrez la partie américaine
17:42dans vos portefeuilles
17:43chez Nordé Asset Management,
17:44David Benmussar ?
17:45Alors, aujourd'hui,
17:45c'est vrai que,
17:46quand on regarde les indices mondiaux,
17:47les États-Unis,
17:48c'est 70% du portefeuille.
17:49Ce qu'on voit depuis
17:51un certain nombre de temps,
17:53c'est que les investisseurs européens
17:55se reposent des questions
17:56pour essayer de réduire un petit peu
17:57et de se repositionner sur l'Europe.
17:59Mais que les États-Unis,
18:01dans un portefeuille diversifié,
18:02sont incontournables.
18:03Vous avez ce biais
18:05dont on a parlé,
18:06qui sont les valeurs,
18:08les 7 magnifiques,
18:08qui captent à la fois les bénéfices
18:10et à la fois une portion importante
18:12de l'indice.
18:14Mais vous avez quand même
18:15des marchés assez liquides
18:17avec de très, très belles sociétés.
18:19Donc, on essaye de trouver
18:21les noms un petit peu de demain.
18:24Vous en avez trop dit, là.
18:25Il faut au moins en dire quelques-uns.
18:26Non, je ne peux pas trop dire.
18:29Vincent Lequartier,
18:30les secteurs aujourd'hui,
18:31après cette période mouvementée en mars
18:34et puis à l'aube de ces résultats
18:35d'entreprise,
18:36est-ce que vous avez revu
18:37un petit peu votre approche sectorielle ?
18:39Alors, on ne travaille pas directement
18:40sur l'approche sectorielle.
18:42On fait attention
18:42quand on combine nos indices
18:44à la résultante.
18:46D'instinct, j'ai tendance à dire
18:47que la construction, reconstruction
18:50va devoir être importante
18:52dans les prochaines années.
18:54Je pense notamment
18:55à d'éventuels contournements
18:57du détroit d'Hormuz.
18:58Il va falloir probablement
19:00s'activer de ce côté-là.
19:02Le secteur de la défense aussi,
19:04mais pas forcément autant
19:05la partie missile
19:06qu'auparavant
19:07et peut-être un peu plus
19:07la partie drone.
19:08Puisqu'on a vu
19:09que les deux derniers conflits
19:11ont changé un petit peu
19:12la nature
19:15des modalités de conflit.
19:17Je pense que de façon générale,
19:19on va continuer d'avoir
19:20tout ce qui est énergie alternative
19:23puisqu'on a bien compris
19:24que les énergies fossiles
19:25posaient problème.
19:27Donc, il va falloir essayer
19:28de réactiver la partie
19:30énergie alternative,
19:31donc les énergies nouvelles.
19:32Et derrière, il y a tous les...
19:34Ça veut dire les semi-conducteurs,
19:36enfin bref, vous avez...
19:36Ou les matières premières.
19:37Vous avez un certain nombre
19:38de dérivés qui se cachent
19:39derrière cette thématique.
19:41On est au bout.
19:41Merci en tout cas à tous les deux.
19:43Nous a raccompagnés ce matin
19:44Vincent Lequartier,
19:45responsable de l'allocation d'actifs
19:46chez WeSave
19:46et David Benmussa,
19:47directeur exécutif France
19:48et Benelux de Nordea
19:50Asset Management.
Commentaires