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Ce mardi 10 février, Hortense Lacroix, gérante actions chez Montpensier Arbevel, et Gilles Etcheberrigaray, co-fondateur, président et directeur des investissements chez Elkano Asset Management, ont discuté du début dynamique des marchés actions, et de la saison des résultats des entreprises, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Vous avez l'habitude de ce rendez-vous, deux acteurs de marché chaque matin à 9h40 sur BFM Business,
00:06avec ce matin Hortense Lacroix, gérante action chez Montpensier Arbevel.
00:09Bonjour Hortense.
00:10Bonjour Etienne.
00:11Merci d'être avec nous ce matin en compagnie de Gilles Etchébé-Garaille,
00:15cofondateur, président et directeur des investissements de Elcano Asset Management.
00:20Bonjour Gilles, merci d'être avec nous pour cette première dans cette émission.
00:23Gros programme ce matin avec, comme on le disait à l'instant, un début d'année dynamique sur les marchés actions,
00:28que ce soit en Asie, mais également du côté de Wall Street avec le retour de la volatilité.
00:35Et pour cause, c'est la saison des résultats d'entreprise, Hortense Lacroix.
00:38Une période très importante pour vous en tant que gérant de portefeuille.
00:42C'est vrai que cette saison de résultats 2025, on a des plus 10, moins 10.
00:47C'est encore le cas aujourd'hui avec Kyrin qui gagne plus 14.
00:49Le marché est très nerveux en ce moment.
00:51Oui, c'est assez étonnant parce que de plus en plus, en fait, la saison des résultats,
00:55la notion de surprise devrait être un petit peu amortie, étant donné qu'il y a des pre-close calls,
01:02ce qu'on appelle les pre-close calls, donc un mois avant les résultats,
01:05les sociétés n'ont plus le droit de communiquer.
01:07Mais elles font des calls avec tous les analystes pour un petit peu réajuster les consensus avant.
01:11Donc en théorie, la notion de surprise devrait être plutôt assez tempérée
01:15par rapport à ce qu'on connaissait dans les années antérieures.
01:18Et pourtant, effectivement, cette année, ça se coûte très très fort.
01:21On a vu Stellantis la semaine dernière.
01:23C'est absolument incroyable qu'une société de cette taille-là puisse perdre un quart de sa valeur
01:27sur des publications avec des surprises de résultats.
01:31Donc c'est une saison assez incroyable.
01:34Après, si on regarde non plus les surprises, mais les croissances,
01:38il ressort un peu toujours la même chose.
01:39C'est-à-dire qu'on est croissance à deux chiffres en termes de bénéfices côté des US
01:42qui ont à peu près publié la moitié des publications.
01:47Côté européen, on est bien moins avancé.
01:49On a à peu près un tiers des sociétés du stock 600 qui ont publié.
01:52On est sur des croissances plutôt de l'ordre de 5% en termes de bénéfices.
01:57Et surtout, on voit des sociétés qui ont beaucoup de mal sur la partie chiffre d'affaires
02:01avec des vents contraires sur les devises qui sont très dures.
02:04Des sociétés qui gèrent remarquablement leurs coûts dans un contexte un peu difficile.
02:09Mais ce qu'on aimerait bien entendre, c'est que quand ils nous parlent des guidance,
02:13qu'ils nous mettent des petits signes de lumière au bout du tunnel
02:15pour laisser entendre que les volumes, ça y est, reviennent.
02:18Or, à part quelques petits signes encore très, très timides dans la construction,
02:22on ne peut pas dire qu'on ait beaucoup, beaucoup de facteurs d'amélioration côté européen.
02:28Car les chefs d'entreprise sont comme beaucoup d'acteurs économiques,
02:31ils ont peu de visibilité à court terme.
02:33C'est vrai que pour aujourd'hui, un dirigeant d'entreprise,
02:35c'est compliqué de faire des prévisions à un an.
02:37avec le contexte géopolitique qu'on connaît, les taux de change,
02:40il y a beaucoup d'inconnus encore.
02:42Mais absolument.
02:42Alors, les pauvres chefs d'entreprise qui ont eu un turnover fou les dernières années,
02:46qui ont mangé le Covid, l'inflation, les pénuries, les surstockages,
02:51la baisse de la demande, les tarifs,
02:53on leur demande en janvier, début février,
02:57de faire des prévisions pour toute l'année.
02:59Et alors, s'ils ont le malheur de les réviser en baisse,
03:01ils se font fortement sanctionner.
03:03Donc, forcément, elles ne sont pas emballantes, ces guidance,
03:05parce qu'ils prennent une marge de manœuvre assez importante.
03:08Quels sont les messages que vous retenez, Gilles et Chebe Garay,
03:11des entreprises qui ont pour l'instant publié leurs résultats ?
03:14Alors, nous, on a une approche globale.
03:17Pour nous, ce qu'on regarde en tout, c'est le marché directeur,
03:19c'est les Etats-Unis.
03:21Et là, aux Etats-Unis, on a deux constats, je dirais.
03:23Un, on sort du tout AI, tout tech, vers l'économie, je dirais,
03:29les industriels et surtout l'énergie.
03:31Tout à l'heure, on parlait du retour des énergies renouvelables
03:33et c'est quelque chose sur lequel on a constaté,
03:35ce qu'on a investi.
03:36Donc, l'électricité et la production d'énergie
03:37deviennent un point de blocage aujourd'hui
03:40pour la construction de data centers et l'investissement dans l'AI.
03:43Et après, de façon, je dirais, fondamentale
03:45pour les marchés à l'échelle mondiale,
03:47on voit une divergence à l'intérieur du thème de l'AI, clairement.
03:50D'un côté, on voit ce qu'ont les constructeurs,
03:52de Pelle et Pioche, qui vont récupérer
03:54normalement 700 à 800 milliards de dollars
03:57d'investissement cette année.
03:58Et de l'autre, on voit ce qu'on appelle les hyperscalers,
04:00ceux qui construisent des data centers
04:01qui, eux, commencent à avoir des problèmes de financement.
04:04Aujourd'hui, tous les grands noms de l'industrie américaine
04:08dans ce domaine-là, Microsoft, Google, Meta,
04:12on voit bien qu'au niveau des cash flows
04:14et au niveau du financement de certains centers,
04:16on ne sait pas si ces 900 milliards de dollars d'investissement
04:19vont vraiment rapporter.
04:20Et là, on a une vraie question
04:21et on commence à avoir une divergence.
04:23Quand on parle de la tech, pour moi, il y a deux techs
04:25et même trois techs, si on a le software,
04:27qui émergent aujourd'hui, depuis le bout d'année.
04:29Il y a les semi-conducteurs qui continuent avec ASML en Europe
04:34et Edvidia qui continuent à marcher.
04:37Les hyperscalers, on commence à avoir des questions.
04:40Et le software, est-ce que ça sera une victime indirecte de l'AI ou pas ?
04:43La grande question, c'est quand est-ce que l'AI va rapporter vraiment ?
04:47Et là, pour l'instant, on ne sait pas.
04:48Il y a beaucoup d'interrogations.
04:49C'est vrai que la semaine dernière, ça fait peur.
04:51C'est mon temps.
04:52Amazon a été sanctionné après ses résultats.
04:54Idem pour Microsoft.
04:55Alors hier, Alphabet a levé de l'argent sur le marché obligataire.
04:58Ça s'est très bien passé.
04:59Bon, c'est vrai qu'ils sont en bonne position aujourd'hui.
05:01Oui, si eux n'y arrivent pas, c'est clair qu'il y a un problème.
05:04Mais je dirais qu'on a quand même une nouveauté
05:06par rapport à des machines à cash.
05:07Qu'étaient des machines à cash ?
05:08Microsoft, Google, qui deviennent aujourd'hui
05:10des déficitaires en cash flow.
05:12C'est quand même une révolution qui se passe
05:15sur des quasi-monopoles générant du cash
05:17qui aujourd'hui se retrouvent à emprunter
05:19parce que les investissements sont faramineux.
05:21Et quelque part, on ne sait pas combien ils vont rapporter.
05:23Alors, ces deux dernières séances,
05:25c'était le réveil notamment des TSMC, des NVIDIA,
05:27qui a repris d'ailleurs quasiment 10% en deux jours.
05:30Comment vous vous placez aujourd'hui chez Elcanoem
05:32dans ces trois catégories dans le segment de la tech ?
05:36Alors, je dirais qu'on est globalement neutre.
05:39On a un peu de tech en Chine parce qu'elle est moins chère.
05:41Mais nous, on cherche plutôt sur les énergies nouvelles,
05:45sur les autres secteurs.
05:46Il y a un vrai rebond.
05:47Il y a un vrai rebond des small caps aux Etats-Unis.
05:49Il y a un vrai rebond de tout ce qui est lié à l'énergie.
05:51Donc, c'est là où on va chercher la performance
05:53depuis le début de l'année.
05:54Ce qui a un changement,
05:55puisqu'avant, on était dans un tout tech, tout AI
05:57et avec une vague qui montait tous les bateaux.
06:00Là, aujourd'hui, il faut être discriminant sur ce thème
06:02parce qu'effectivement, quand on voit NVIDIA,
06:05on voit SML, ils ont trois, quatre clients.
06:06C'est-à-dire que si ces clients qui sont les hyperscaleurs,
06:09enfin qui sont Google, décident d'arrêter,
06:10ça va poser rapidement des problèmes.
06:13Il ne faut pas oublier que l'industrie de semi-conducteurs
06:15est une des plus volatiles,
06:16même si on ne l'a pas vue depuis deux ou trois ans,
06:18une des plus volatiles de toutes les industries.
06:21Elle est cyclique, il ne faut pas l'oublier.
06:22Voilà, elle est très cyclique
06:23parce qu'elle a très peu de clients.
06:25Pour moi, NVIDIA, c'est la première valeur
06:27qui pèse 5 trillions de dollars,
06:28qui n'a que 10 clients.
06:30Elle n'a que 10 clients
06:31par rapport à ce qu'était Apple,
06:32ce qu'était General Electric
06:34quand ils étaient les plus grosses valeurs de la planète.
06:36Il y avait des milliers, des dizaines de milliers de clients.
06:38Là, il y a 7-8 clients.
06:39C'est ce qu'il faut gérer,
06:42cet équilibre entre
06:42tant que ça investit,
06:44les semi-conducteurs bénéficient.
06:46Si ça arrête d'investir,
06:47ça peut être compliqué pour les semi-conducteurs.
06:49Hortense Lacroix, les exemples ne manquent pas.
06:51Rotation sectorielle qui est très forte en ce moment.
06:53C'est vrai que le marché se fait un petit peu baloté
06:54dans tous les sens.
06:55Là, depuis deux jours,
06:56c'est le Dow Jones qui est à la traîne
06:57après avoir très largement surperformé il y a une semaine.
07:00Je pense que ce qui est intéressant,
07:01c'est qu'on a eu plusieurs avertissements.
07:03On a des petits cracks dans le marché
07:04et puis ça repart.
07:05Il y en a déjà eu en fin d'année dernière.
07:07On en a début d'année.
07:09Et je pense que c'est un avertissement
07:11un petit peu de la fin d'une ère.
07:13Je suis tout à fait d'accord avec Gilles.
07:14Pendant deux, trois ans peut-être,
07:16vous investissiez dans les Max 7,
07:19comme on dit.
07:20Vous aviez 20% de croissance
07:22avec une liquidité maximale.
07:25Vous aviez des produits ETF.
07:27Il n'y avait qu'à se baisser pour en ramasser.
07:28Pourquoi s'ennuyer
07:29à aller ratisser le reste de la cote ?
07:32Bon, ça fait un petit moment
07:33qu'effectivement on a des interrogations
07:35sur le payback de ces investissements
07:37qui sont d'une ampleur considérable.
07:39Et puis au-delà de ça,
07:40la semaine dernière était intéressante
07:41parce qu'on a commencé
07:42à avoir tout un pan de la cote
07:45qui a craqué
07:45sur le lancement d'Enthropic
07:47avec des applications plus spécifiques,
07:49plus professionnelles
07:50comme Legal et tout ça.
07:51Alors là, tout d'un coup,
07:52on se réveille,
07:53on se dit peut-être que finalement
07:53il n'y a pas que les softwares
07:54qui seront challengés.
07:56Mais en fait,
07:57où est-ce que vous mettez exactement
07:58le périmètre
07:59de ce qu'on appelle
08:00le panier AI loser ?
08:01Parce que c'est comme ça
08:02qu'on les appelle en bourse.
08:03Les AI loser,
08:04il n'y a pas que les softwares finalement.
08:06Ça se décline.
08:07Peut-être qu'une société
08:08de services informatiques,
08:09est-ce qu'elle va,
08:11avec toute la productivité
08:12dont elle va bénéficier
08:13pour ses propres prestations,
08:15devoir forcément
08:16avoir une réduction
08:17de son chiffre d'affaires
08:17parce qu'elle va devoir rendre
08:18cette productivité à son client ?
08:20Ou alors,
08:20est-ce qu'elle va bénéficier
08:21dans un premier temps
08:22de cette implémentation
08:23de nouveaux outils
08:24auprès de ses clients ?
08:25Donc ça,
08:25c'est des interrogations
08:26qui sont essentielles,
08:27qui font un peu douter
08:28pour la première fois
08:29la bourse.
08:29Alors ça repart comme en 40,
08:31comme on le voit
08:32depuis la fin de la semaine.
08:33Néanmoins,
08:34ces petits avertissements
08:35obligent les investisseurs
08:37à élargir considérablement
08:38le spectre
08:40de leur champ d'investigation.
08:43Et ça s'est accompagné,
08:44c'est ça qui était
08:45très intéressant
08:45la semaine dernière,
08:46c'est que mercredi,
08:47on a eu effectivement,
08:48même mardi,
08:49on a un petit peu tremblé
08:50sur ces nouveaux lancements
08:51dans Tropik.
08:52et puis derrière,
08:53jeudi,
08:54on a des fuites
08:56dans le Handelsblatt
08:57en Allemagne
08:58disant que peut-être
08:59que l'Europe
08:59va un peu desserrer
09:00ses contraintes
09:01en termes de décarbonation.
09:04Et alors là,
09:04tout d'un coup,
09:05vous avez tout le secteur
09:06de l'ancienne économie
09:06qui repart.
09:07Alors tout ça
09:08était assez intéressant
09:09puisque finalement,
09:10le gérant non seulement
09:11se dit qu'il doit
09:12déconcentrer ses investissements
09:13du pur et aille,
09:15mais qu'en plus,
09:16il doit aller se redéployer
09:17sur l'ancienne économie
09:17qui n'a pas dit
09:18son dernier mot
09:19parce que peut-être
09:19qu'on l'a enterré
09:20un peu rapidement.
09:20Tout ça montre
09:22que la diversification
09:23reste la clé
09:24face à des volatilités
09:25aussi extrêmes.
09:27Alors c'était la clé
09:27ces dernières années.
09:28Peut-être que là,
09:29désormais,
09:30les acteurs,
09:31les gérants de portefeuille
09:32sont moins exposés
09:33aux Etats-Unis
09:34qu'avant.
09:34Ils découvrent peut-être
09:35qu'il y a d'autres opportunités
09:36et surtout,
09:37l'effet de change
09:37qui a eu un impact
09:38quand même très important
09:39l'an passé
09:39dans les portefeuilles
09:40montre encore aujourd'hui
09:42des effets importants
09:43depuis le début de l'année.
09:45Le dollar a un effet
09:46très important.
09:47On l'a vu au moment
09:47de la crise du Groenland.
09:49Il y a des pays
09:49qui ont quand même commencé
09:50à se fâcher,
09:51à remettre en cause
09:51le statut de valeur
09:54de réserve du dollar.
09:55Oui,
09:56on a clairement
09:56une volonté de diversification
09:58et peut-être
09:59qu'on va un petit peu
09:59aller étendre
10:00les investissements
10:01à d'autres zones géographiques.
10:04Et je pense qu'au-delà de ça,
10:06cette hyper réaction,
10:08ces rotations sectorielles extrêmes
10:10qu'on a vues
10:11la semaine dernière,
10:12je pense,
10:12appellent à une gestion
10:13qui n'est plus
10:14une gestion traditionnelle
10:15qui est simplement
10:16d'écouter les sociétés
10:17et de gérer
10:18ce qu'on appelle
10:18en bottom-up,
10:19ça veut dire
10:19c'est un petit peu
10:20ce qu'on comprend
10:22de chacun des rendez-vous
10:23avec les sociétés
10:24qui va nous amener
10:24à faire un portefeuille,
10:26mais beaucoup plus
10:26d'avoir une vision
10:29d'allocation
10:29un petit peu du capital.
10:30Et ça,
10:31c'est essentiel.
10:32Et c'est vrai
10:32que chez Montpensier Arbevel,
10:33on s'est doté
10:34d'outils un petit peu
10:35de sentiments,
10:36de notation de sentiments
10:37pour nous aider
10:38un petit peu
10:38à percevoir
10:39ces renversements brutaux.
10:41Gilles Etchebe-Garaï,
10:43aujourd'hui,
10:43Emmanuel Macron,
10:44dans Le Monde,
10:45estime qu'il faut
10:46faire appel
10:47à une préférence européenne
10:48sur des secteurs stratégiques.
10:50Il dit sinon,
10:50les Européens seront balayés.
10:52Alors,
10:52on voit des technologies
10:53qui essayent d'émerger,
10:54notamment dans le segment
10:55des paiements.
10:56C'est vrai que les acteurs
10:57de la défense
10:57essayent également
10:58de se mobiliser.
11:00Est-ce que la souveraineté,
11:01est-ce que cette thématique
11:02européenne,
11:03c'est une thématique
11:04qu'il faut jouer en bourse
11:05ou au final,
11:06il faut laisser la politique
11:07un petit peu de côté
11:07et les marchés
11:08feront leur jeu
11:09dans leur coin ?
11:10Je dirais que c'est quelque chose
11:11qui va être présent.
11:12La géopolitique est revenue
11:13avec le retour de Donald Trump
11:15et la nouvelle politique
11:16étrangère américaine.
11:17Donc, c'est une réalité.
11:18Après, au-delà,
11:19il y a des effets d'annonce,
11:21il y a des concepts
11:22et je dirais,
11:23il y a la réalité.
11:24Et aujourd'hui,
11:25c'est sûr que ce qui est annoncé hier,
11:27il y a aussi le commissaire
11:27au plan qui a parlé,
11:29c'est des choses
11:29qui ne sont pas inintéressantes,
11:30mais quelque part,
11:32je veux dire,
11:33c'est quand même des idées
11:33qui sont françaises,
11:35qui ne sont pas partagées
11:36complètement dans toute Europe,
11:37enfin, pas dans les dimensions,
11:38je dirais,
11:38les plus extrêmes.
11:39Et en plus,
11:40je dirais que ce qui s'est passé
11:41en France au moment
11:42du débat budgétaire
11:42et le retard dans nos efforts,
11:45je dirais,
11:45par rapport aux autres pays
11:48mine la crédibilité de la France
11:49parce que quelque part,
11:50ça fait un peu,
11:51on va financer l'industrie
11:52de la défense française
11:53pas avec des capitaux allemands,
11:56je veux dire.
11:56On a un problème de crédibilité,
11:58je pense, globalement.
11:59Je veux dire,
11:59la réflexion n'est pas fausse,
12:00c'est le sens de l'histoire,
12:01mais quelque part,
12:02si la France faisait plus d'efforts,
12:04avait été plus crédible
12:05sur le plan budgétaire et autres,
12:07ça porterait plus qu'aujourd'hui
12:08où on a un peu,
12:09les partenaires européens
12:10ont un peu l'impression
12:10que c'est là pour faire
12:13de l'industrie de la défense française
12:14et puis derrière,
12:16pas énormément,
12:16des efforts un peu plus limités
12:17sur l'aspect budgétaire
12:19pour se mettre en ligne
12:19avec les impératifs européens.
12:21Donc, il y a un décalage,
12:22je pense,
12:23entre ce qui est dit
12:24qui n'est pas faux
12:24et la réalité
12:26de la situation politique française
12:27qui fait que la crédibilité
12:29est quand même moindre
12:30de ce point de vue-là
12:31parce qu'effectivement,
12:33ça n'a pas été un spectacle
12:35totalement reluisant
12:37pendant quelques mois.
12:38C'est sûr.
12:39Du côté quand même
12:40de l'industrie automobile,
12:41visiblement,
12:42Bruxelles a envie
12:43de modifier un petit peu
12:44ses critères,
12:45comme vous l'avez souligné
12:46tout à l'heure,
12:47Hortense Lacroix
12:48a fait bouger le secteur automobile
12:49la semaine dernière.
12:50Ça y est,
12:51est-ce que l'Europe se réveille ?
12:53On a eu l'auto,
12:53on a eu la chimie,
12:54on a eu la métallurgie.
12:56En fait,
12:56toutes ces sociétés
12:57qu'on trouvait
12:58un peu structurellement
12:59challengées
13:00parce qu'effectivement,
13:01c'est vraiment un thème,
13:02je le répète à l'envie,
13:03mais ça fait un an
13:05que toutes les sociétés
13:06qu'on voit
13:06dans la troisième phrase
13:09de l'entretien
13:09vous disent
13:10la concurrence chinoise
13:11se durcit,
13:11ils sont montés
13:12en technologie
13:13et ça devient
13:14extrêmement difficile.
13:15Je pense que nos politiques
13:16le comprennent largement
13:19puisque c'est un discours
13:21qui remonte.
13:22Il faut absolument
13:23faire quelque chose.
13:24Alors complètement d'accord,
13:25Gilles,
13:25il ne faut pas prendre
13:26ses désirs pour des réalités
13:27et les Allemands,
13:27le moins qu'on puisse dire,
13:28c'est qu'ils n'ont pas
13:29tellement envie.
13:29Et autre effet pervers aussi,
13:35à mesure qu'on change
13:36les règles du jeu,
13:37c'est assez terrible
13:39parce qu'on l'a vu
13:40dans la métallurgie
13:42la semaine dernière,
13:43ceux qui rebondissaient le plus
13:44c'est ceux qui n'avaient pas
13:45fait les investissements
13:46de décarbonation
13:46et les enfants exemplaires
13:50qui avaient déjà
13:50un avantage concurrentiel
13:52qui était basé
13:53sur cette décarbonation
13:54sur laquelle ils étaient
13:54en avance
13:55et tout leur business plan
13:57est basé sur le fait
13:57que comme ils ont moins
13:58de quotas carbone
13:59à payer
14:00avec l'augmentation
14:01des prix des quotas carbone
14:02ça va être un avantage
14:04pour eux
14:04dans les prochaines années,
14:05alors eux
14:05ils étaient pénalisés.
14:06Donc c'est vrai
14:07qu'il y a un côté
14:07un petit peu révoltant
14:09et pareil pour Stellantis,
14:11Stellantis qui se fait
14:1110 milliards de provisions
14:13parce qu'en fait
14:13tous les développements
14:14qu'ils ont fait
14:14sur les véhicules électriques
14:16s'est reporté
14:17au calendre grec.
14:19Il y a un côté
14:20un petit peu révoltant
14:22pour un chef d'entreprise
14:23qui s'adapte
14:24à un plan d'action politique
14:27qu'on va changer
14:28pour lequel on va changer
14:29les règles du jeu
14:29au fur et à mesure.
14:30Alors autant Stellantis
14:31est sur des plus bas historiques
14:32comme malheureusement
14:33beaucoup de valeurs
14:33dans le secteur automobile,
14:34à l'inverse
14:35on a certaines valeurs
14:36comme ArcelorMittal
14:37ou Eramet
14:38qui ont des profils
14:39un peu plus dynamiques
14:40mais là aussi très volatiles
14:41en fonction de
14:42notamment
14:43de leurs sous-jacents.
14:44Est-ce que c'est le moment
14:45de revenir sur les valeurs
14:46cycliques ?
14:47Alors nous
14:48on en est assez persuadés
14:49en fait c'est le moment
14:50de se redéployer
14:52effectivement
14:53de quelques secteurs
14:55qui faisaient la une
14:56qui ne sont pas morts
14:57pour autant
14:57on n'a pas dit
14:58que les semi-conducteurs
14:59c'était fini
15:00Gilles l'a dit
15:00il y a encore
15:01des investissements
15:03considérables
15:03qui ont été annoncés
15:04pour cette saison de résultats
15:05on n'a pas dit
15:06que la défense
15:07c'était fini
15:07loin de là
15:08surtout si on trouve
15:09des façons de les financer
15:11au niveau européen
15:11en revanche
15:13il y a des secteurs
15:14qui ont été
15:15complètement délaissés
15:17qui se retrouvent
15:17avec des niveaux
15:18de valorisation
15:18à 3 fois
15:194 fois
15:20l'EBITDA
15:20sur lesquels
15:21qu'on a peut-être
15:21enterrés un petit peu tôt
15:22et sur lesquels
15:23on pense qu'il faut revenir
15:26aujourd'hui
15:27chez Elcano
15:29Asset Management
15:29comment vous arbitrez
15:30les portefeuilles ?
15:31Est-ce que vous êtes optimiste
15:32prudent ?
15:33Alors je dirais
15:34on fait ce que
15:37vient d'annoncer
15:37c'est-à-dire
15:38on diversifie
15:39on achète la Chine européenne
15:40on achète de l'énergie nouvelle
15:41on achète des choses comme ça
15:42parce qu'on voit
15:43cette rotation
15:43qui a enfin
15:45enfin lieu
15:45il est sorti de là
15:46après
15:47on reste lucide
15:49les taux montent
15:50ça passe inaperçu
15:50mais les taux longs
15:51sont en train de monter
15:51on a enterré
15:52la période des taux zéro
15:53des années 2010
15:54il faut aussi s'adapter
15:55en termes de valorisation
15:56en termes de valorisation
15:59des entreprises
15:59on a un risque
16:01sur l'AI
16:02parce qu'effectivement
16:03il y a des investissements
16:04mais ça peut s'arrêter
16:04totalement
16:05et si les marchés
16:06de semi-conducteurs
16:07craquent
16:07ça fera un gros trou
16:08dans le marché
16:09donc il faut être
16:10attentif là-dessus
16:11et enfin
16:12il y a toujours
16:13la géopolitique
16:13qui nous condamne
16:16à être attentifs
16:17et aux effets de change
16:18on investit globalement
16:19on investit sur le change
16:20on investit
16:20et aujourd'hui
16:21comme vous l'avez dit
16:21tout à l'heure
16:22le change
16:23est une dimension énorme
16:24des placements financiers
16:25si vous avez tort
16:26sur le dollar
16:26avec les mouvements
16:27de 12-15%
16:28comme l'année dernière
16:29ça change la performance
16:30des portefeuilles
16:31donc on est extrêmement
16:32attentif aux valeurs de change
16:33voilà
16:33donc je dirais
16:34on profite de la rotation
16:37on en bénéficie
16:38mais on regarde
16:39ce qui va se passer derrière
16:40et on est attentif
16:41en particulier
16:41aux taux d'intérêt
16:42qui sont en train
16:43de monter doucement
16:43et qui peuvent peser
16:44sur les marchés plus tard
16:45à suivre bien sûr
16:46du côté des Etats-Unis
16:47l'emploi américain
16:47demain après-midi
16:48avant l'inflation
16:50ça sera vendredi
16:51de statistiques
16:52qui seront bien sûr
16:53très surveillées
16:54par les analystes
16:55en ce qui concerne
16:55les prévisions
16:56de taux
16:57de la banque centrale
16:57américaine
16:58merci beaucoup
16:59Gilles Etier-Bégaraille
16:59de nous avoir accompagné
17:00ce matin
17:00je rappelle que vous êtes
17:01cofondateur et président
17:02directeur des investissements
17:04de Elcano Asset Management
17:05et Hortense Lacroix
17:06qui est gérant action
17:07chez Montpensier
17:08Arbevel
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