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  • il y a 11 heures
Ce lundi 20 avril, les convictions de BDL Capital Management, ont été abordées par Laurent Chaudeurge, membre du comité d'investissement chez BDL Capital Management, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et Laurent Chauder, Jean Plateau, membre du comité d'investissement de BDL Capital Management.
00:05Bonjour Laurent.
00:05Bonjour Étienne.
00:06Merci d'être avec nous ce matin en plateau pour nous parler de vos convictions
00:10et puis surtout un petit peu de votre état d'esprit,
00:12sachant que nous sommes en plein dans cette saison de résultats d'entreprise,
00:16ça a commencé un petit peu en Europe et aux Etats-Unis la semaine dernière.
00:19Qu'est-ce que vous attendez, qu'est-ce que vous voyez pour l'instant de ces résultats ?
00:24Alors ça reste encore au début sur l'Europe,
00:27je pense que nous ce qu'on va attendre c'est de savoir si les entreprises nous disent
00:30qu'elles ont commencé ou pas à avoir un impact du conflit au Moyen-Orient sur l'économie.
00:35On commence à voir certaines sociétés qui nous disent prudence sur le deuxième trimestre,
00:40je vais voir comment ça se passe,
00:41j'ai commencé à avoir des retards de commandes clients etc. qui sont un petit peu dans l'attentisme.
00:46Donc je pense que ça va être le sujet principal.
00:48Est-ce que les objectifs annuels sont remis en cause ou pas à cause du conflit au Moyen-Orient ?
00:52Sachant que la semaine dernière, le luxe n'a pas donné très bonne impression,
00:56on se souvient quand même que certaines valeurs ont perdu à 10% en l'espace d'une séance.
01:02Le secteur du luxe qui était très présent dans les portefeuilles il y a 4-5 ans,
01:05et puis c'est vrai qu'aujourd'hui il est boudé,
01:07ce n'est pas que tout le monde n'en veut plus, mais presque.
01:10Comment vous regardez ce secteur du luxe ?
01:12Est-ce que ça vous donne envie après des baisses de 30, 40, 50% depuis 2023 ?
01:17Alors c'est vrai que nous on n'a pas d'investissement dans le luxe,
01:20et on n'en a pas eu ces dernières années.
01:22Au départ, il y avait un sujet de valorisation après l'enthousiasme très fort,
01:26et donc il n'y avait pas beaucoup de marge de sécurité.
01:28Et puis on a vu ce qui s'est passé les dernières années, ce ralentissement.
01:31Et aujourd'hui, le problème, je pense, c'est que le secteur est un petit peu en phase de transition.
01:36On l'a vu sur les résultats récents.
01:39Concernant les volumes, il n'y a pas vraiment de reprise.
01:41Alors il y a certains segments où le luxe en tire, notamment le hard luxury ou le très haut de
01:48gamme,
01:48mais pour le reste, c'est un peu animique.
01:50Et sur les prix, on voit bien que l'industrie a été trop gourmande sur les prix les dernières années,
01:56et aujourd'hui, il n'y a plus d'effet prix possible.
01:58Donc les volumes sont un peu au ralenti, les prix ne peuvent plus monter,
02:02donc le moteur de croissance historique est un peu au ralenti.
02:06Et en fait, je pense que quand je dis une transition, c'est que l'industrie s'est beaucoup démocratisée
02:10ces dernières années,
02:11et ce qu'était le luxe il y a 20 ans est devenu le très haut de gamme aujourd'hui,
02:15mais le reste est devenu trop démocratique, et donc il n'y a plus de pricing power.
02:19Et les valorisations ont baissé, mais comme les profits ont baissé aussi,
02:23ce n'est pas non plus très décoté.
02:25Si vous prenez LVMH, qui est un petit peu l'emblème du secteur,
02:28on doit être autour de 20 à 22 fois les bénéfices,
02:30ce qui est finalement plus ou moins la moyenne sur 25 ans.
02:32Sachant que ce sont des valeurs de croissance qui aujourd'hui, si je grossis le trait,
02:35n'ont plus de croissance.
02:36Exactement.
02:37Donc forcément, le marché ne souhaite plus payer le même prix, ce type de valeur.
02:41Il y a moins de croissance, il y a moins de pricing power,
02:44donc toute chose est égale par ailleurs, le PER que vous êtes prêt à payer
02:46devrait être plus faible que ce que vous avez payé historiquement.
02:48Dans un instant, nous parlerons de SAP qui va publier ses résultats jeudi,
02:52il y a également Essilor ou encore L'Oréal qui vont publier leurs résultats mercredi.
02:57Juste avant, peut-être un mot de Diageo,
02:59si on reste dans ce secteur de la consommation discrétionnaire,
03:02là aussi c'est compliqué pour ce segment des spiritueux,
03:05on l'a encore vu la semaine dernière avec Pernod Ricard.
03:07Alors ça reste compliqué, ça reste compliqué notamment sur les volumes.
03:11Le secteur a un problème depuis 2-3 ans qui est un problème de stock.
03:15À la sortie du Covid, les distributeurs avaient beaucoup commandé
03:19et finalement il y a eu moins de ventes que prévu,
03:21donc l'industrie doit digérer ses stocks.
03:23Bon, un avantage dans cette industrie c'est que vos stocks vieillissent,
03:27quand vos stocks vieillissent ils prennent de la valeur.
03:29Si vous voulez faire un whisky de 15 ans d'âge,
03:32au bout de 10 ans, la 11e année, vous vous approchez des 15 ans,
03:35donc ça prend de la valeur, mais cela dit il y a un problème de stock à purger.
03:38Alors Diageo, c'est un bon exemple, c'est l'emblème un petit peu du secteur,
03:42un peu comme LVMH pour le luxe.
03:43C'est une participation qu'on a prise il y a quelques mois.
03:45Une des différences entre Diageo et LVMH,
03:47c'est que justement aujourd'hui on paye à peu près 13 fois les bénéfices sur Diageo,
03:51contre 20 fois historiquement, donc on est à 40% des cotes.
03:54Ça reflète certaines tendances sur les distributeurs qui sont moins bonnes qu'avant,
03:59mais il ne faut pas oublier que Diageo, c'est de le numéro 1 mondial,
04:03c'est 10 millions de points de vente dans le monde,
04:04c'est je crois 93 bouteilles vendues par minute,
04:08c'est 30 à 40% des top 20 des marques mondiales,
04:11c'est Johnny Walker, c'est Smirnoff, c'est Dan Julio dans la tequila,
04:15c'est vraiment un très beau portefeuille.
04:17Et la Guinness aussi.
04:17La Guinness évidemment, et un nouveau management qui est en train de réduire les coûts,
04:22de vendre certains actifs, on voit qu'ils ont vendu leur franchise de cricket en Inde
04:25à quasiment 2 milliards, et d'ailleurs je pense que c'est une tendance de l'industrie,
04:29on le voit avec Pernault et Brandt Forman, leur discussion,
04:32quand vous avez une industrie dont les volumes ralentissent,
04:34vous arrêtez de parler en valeur et en part de marché en volume,
04:38et vous commencez à vous concentrer vraiment sur le mix prix,
04:42le premium et aller sur des marques plus premium.
04:44Et la consolidation, on l'a vu avec la bière sur les 20 dernières années,
04:48la bière plutôt que les spiritueux a eu un problème de croissance,
04:51et vous avez commencé à avoir une très forte consolidation,
04:53et aujourd'hui vous avez les deux premiers acteurs dans la bière
04:55qui possèdent à peu près 40% du marché.
04:57On va voir probablement plus de ça dans la partie spiritueux,
05:01à la fois des consolidations entre acteurs et aussi probablement des sorties,
05:05on le voit déjà, de marques plus locales pour se reconcentrer sur un portefeuille moins gros.
05:10Diageo a 200 marques aujourd'hui, je crois que le top 10 fait 70% de l'archive d'affaires,
05:14donc ils ont de quoi élaguer certaines petites marques.
05:17Un titre qui est sur des plus bas de 15 ans à la Bourse de Londres,
05:19mais pour vous c'est une conviction, et vous croyez notamment à la nouvelle direction
05:22qui est arrivée l'an passé, afin de redresser la barre.
05:26Autre conviction aujourd'hui c'est SAP,
05:28un titre qui a été malmené aussi à la Bourse de Francfort par contre cette fois,
05:33dans le sens où le marché pense que SAP va être l'un des perdants de l'IA.
05:36Bon, on aura des éléments de réponse jeudi avec ces résultats.
05:40En attendant, SAP c'était quand même une success story à la Bourse de Francfort,
05:43c'était même la plus grande capitalisation à un moment en Europe.
05:46Exactement, comme quoi le marché change rapidement et parfois diamétralement de perception.
05:52C'est un dossier, c'est une participation qu'on a prise assez récemment,
05:55il y a à peu près un petit peu, un mois à peu près,
05:57donc dans ce cœur du débat entre les gagnants et les perdants de l'IA.
06:01Et nous, notre analyse sur le secteur des logiciels, c'était de dire
06:04il y a des fonctionnalités qui sont effectivement très fragilisées par l'IA.
06:08Par exemple, si votre logiciel c'est essentiellement une interface graphique jolie,
06:11on a vu qu'Entropic avec Cloud pourra faire aussi bien, plus vite, beaucoup moins cher.
06:15Si vous collectez des données publiques, pareil, l'IA va faire beaucoup mieux.
06:19Et en revanche, il y a d'autres fonctionnalités qui sont beaucoup plus protégées.
06:22Et SAP a pas mal de ses fonctionnalités, par exemple, les données privées des entreprises
06:28dans lesquelles il est le client.
06:31Deuxièmement, il faut bien voir que SAP, ce n'est pas juste un logiciel,
06:33c'est la colonne vertébrale de toute l'entreprise dans laquelle il est.
06:37C'est-à-dire qu'il va des factures de l'achat aux ressources humaines,
06:41au système de relations clients.
06:43Et il y a des statistiques qui vous montrent que si SAP s'arrête,
06:47en une heure ou en deux heures, vos usines s'arrêtent,
06:49en quatre heures, votre CRM s'arrête,
06:51et en huit heures, vous ne pouvez juste plus travailler du tout.
06:53Donc, il y a une sorte d'ancrage au sein de l'entreprise
06:55qui, pour nous, est la barrière la plus forte de SAP
06:58pour se protéger par rapport à l'IA,
07:00voire de redevenir un gagnant,
07:02au sens où c'est lui qui va intégrer l'IA dans toutes ses fonctionnalités
07:05et devenir plus fort, finalement, vis-à-vis de ses clients.
07:08On aura l'occasion de reparler ultérieurement de la Nostrake Exchange
07:11ou encore Canal+,
07:13qui sont deux dossiers là aussi où vous avez de fortes convictions.
07:16Mais peut-être un mot, et l'actualité l'exige d'Alstom,
07:19le titre a quand même perdu 30% vendredi à la clôture.
07:22Ce matin, il reprend difficilement 2% à 16,98 euros.
07:26Alstom qui montre bien qu'un industriel
07:29ne doit pas que se contenter d'avoir un carnet de commande.
07:31Il faut aussi, derrière, délivrer.
07:33Et c'est là où le bas blesse.
07:34C'est la tristesse d'Alstom.
07:36Effectivement, ils ont un carnet de commande de plus de 100 milliards.
07:38C'est 5-6 ans de chiffre d'affaires.
07:41Mais au-delà d'Alstom,
07:42c'est, je pense, l'industrie du rail qui est très compliquée.
07:45C'est un secteur sur lequel on n'est pas investi.
07:48Ça montre que la croissance ne veut pas dire la rentabilité.
07:52C'est vrai que les gens s'enthousiasent
07:53parce qu'avec l'ESG, etc.,
07:55probablement que la croissance du rail
07:57va être plutôt de 4-5% sur les prochaines années
07:59versus 1-2% sur les 10 dernières années.
08:02Mais c'est une industrie très compliquée
08:03parce que déjà, vos clients, vos donneurs d'ordre
08:05sont des gouvernements.
08:07Ils sont très sophistiqués.
08:08Ils font des appels d'offres.
08:09Donc, c'est vraiment au plus offrant.
08:11Et le moteur principal, c'est le prix.
08:14Deuxièmement, c'est la complexité.
08:16Vous avez un carnet d'ordre de 100 milliards,
08:18mais vous avez 60 endroits différents
08:19sur lesquels vous fabriquez vos trains.
08:21Vous n'avez quasiment aucune capacité d'industrialiser
08:24parce que chaque État, chaque pays,
08:26veut son propre train avec ses fonctionnalités.
08:29Et puis, l'autre gros problème de certaines industries,
08:30c'est que vous avez des délais de livraison
08:33de 5 à 7 ans.
08:34Donc, quand vous signez au départ,
08:35vous avez des clauses d'indexation sur vos prix.
08:37Mais si jamais les prix sont très différents
08:39ou si les clauses sont mal ficelées,
08:40probablement une partie des problèmes
08:42qu'ils ont eu lieu et qu'ils ont eu avec Bombardier,
08:44vous avez rapidement des problèmes de rentabilité.
08:47Et quand vous voyez cette industrie,
08:49c'est ironique parce qu'en même temps,
08:51elle est complexe.
08:52Il y a très peu d'acteurs.
08:52Donc, on pourrait se dire
08:53que c'est très rentable et que ça ne l'est pas du tout.
08:55Et d'ailleurs, même les meilleurs,
08:57Siemens Mobility, par exemple,
08:58arrivent péniblement à faire 7-8 % de marge.
09:01Donc, c'est très compliqué.
09:02Une belle industrie industrielle,
09:03vous pouvez avoir des acteurs leaders
09:04qui font 20 à 25 % de marge.
09:06Donc, on voit bien que le rail,
09:07c'est compliqué pour l'actionnaire.
09:08Et ce titre qui reprend donc 2 % ce matin
09:11après avoir baissé de près de 30 % vendredi
09:15avec un avertissement sur résultat d'ampleur,
09:17sachant que c'est une nouvelle direction qui est arrivée.
09:18Martin Sion, peut-être qu'il a voulu
09:20un petit peu donner la couleur
09:24afin d'annoncer probablement de futures bonnes nouvelles
09:27dans les trimestres à venir.
09:28Merci beaucoup Laurent Chauder.
09:30Je nous ai accompagnés ce matin en plateau
09:31aux membres du comité d'investissement
09:32de BDL Capital Management
09:34pour nous partager vos convictions
09:36de vos portefeuilles en ce moment.
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