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  • il y a 5 jours
Ce vendredi 6 mars, Nour Bendimered, directeur des investissements chez iVesta Family Office, et Sylvain Goyon, gérant actions chez Montpensier Arbevel, parlent de l'impact de la guerre en Iran sur les marchés, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:01Le face-à-face avec un CAC 40 qui progresse ce matin plus 0,47% à 8083 points, je
00:09rappelle l'Eurostox plus 0,41% à 5806 points,
00:13également le DAX plus 0,62% à 23 963 points.
00:18Pour évoquer les différentes questions que l'on peut se poser sur la tendance des marchés financiers aujourd'hui mais
00:25même cette semaine,
00:26nous avons le plaisir d'accueillir deux experts des marchés avec nous, Sylvain Goyen nous accompagne tout d'abord, bonjour
00:31Sylvain.
00:32Bonjour Nicolas.
00:32Merci d'être avec nous, vous êtes gérant action chez Montpensier Arbevel et nous avons le plaisir d'accueillir également
00:36Nour Bendimeret, bonjour Nour.
00:38Bonjour Nicolas.
00:39Merci d'être avec nous, vous êtes directeur des investissements chez Ivesta, comment ne pas commencer peut-être avec vous
00:44Sylvain et ensuite Nour,
00:46comment ne pas commencer cette émission avec les questions que tout le monde se pose sur les marchés financiers depuis
00:52une semaine
00:52mais moi j'ai envie de vous la poser peut-être un tout petit peu différemment, c'est comment comprendre
00:56les réactions disparates des marchés sur la semaine
00:58vis-à-vis de ce qui se joue au Moyen-Orient, est-ce que les marchés sont encore en train
01:02d'essayer eux-mêmes de comprendre l'impact que cela pourra avoir sur l'économie
01:05quand on voit la progression des cours du pétrole qui se stabilise à l'heure actuelle mais qui ont quand
01:11même progressé de 20% sur la semaine
01:13et des marchés européens ou asiatiques qui d'une journée à l'autre ne savent pas trop comment réagir finalement
01:22à cette guerre au Moyen-Orient ?
01:24Écoutez c'est la bonne question Nicolas et je pense que vous la posez très bien.
01:29Alors ce qui peut nous aider quand même c'est déjà de prendre un petit peu de recul même sur
01:32cette semaine, on n'a eu qu'une semaine d'opération
01:34et ce qu'on peut constater c'est qu'il y a quand même une forme d'homogénéité même s
01:37'il y a une différence entre l'Europe et les Etats-Unis,
01:39c'est une réaction plutôt modérée. Alors on a coutume de calculer nous une prime de risque sur les marchés
01:45actions
01:46et ce qui est frappant pour le coup c'est vrai, c'est la dichotomie qu'on peut avoir sur
01:50cet épisode-ci par exemple et la guerre en Ukraine.
01:52L'élévation de la prime de risque n'a strictement rien à voir, elle est à peu près d'un
01:56dixième de ce que l'on a eu
01:58et on peut dire, on va dire que par différents calculs qui sont plutôt des calculs de comptables, bien évidemment
02:02on n'est pas dans de l'astrophysique,
02:04on a plutôt un marché pour nous qui price quelque chose qui pourrait être de l'ordre de quelques mois.
02:08D'accord.
02:09Alors deuxième point, pourquoi cette réaction finalement relativement modérée ? Parce que c'est ça quand même qui est étonnant.
02:15Si je peux juste préciser, c'est que ça fait plusieurs mois qu'on entend qu'il pourrait y avoir
02:20une intervention américaine en Iran
02:22et plusieurs mois que tous les experts nous disent attention il y a un risque, un seul, c'est la
02:27fermeture du détroit d'Hormuz.
02:28Absolument.
02:28On y est, finalement la nouvelle est plutôt bien digérée par les marchés. Alors il y a des réactions mais
02:34plutôt mesurées à l'heure actuelle.
02:35Oui, alors vous avez tout à fait raison. On rappelle le détroit d'Hormuz, quand même 20% du pétrole
02:39qui est consommé dans le monde passe par là.
02:40Donc là, c'est normalement un choc justement majeur. Alors pourtant, visiblement, on ne croit pas trop à cela.
02:45Alors il y a plusieurs points. Quand on regarde historiquement ce qui se passe lorsqu'on a un choc pétrolier
02:51fort,
02:51à lui seul, il ne suffit jamais, en l'occurrence, à créer une récession.
02:57La question en fait que se pose le marché, c'est récession ou pas. Là aujourd'hui, il ne nous
03:00répond pas de récession.
03:01Très probablement pourquoi ? Parce que finalement, on estime que cette hausse du prix du pétrole ne durera pas suffisamment
03:06dans le temps.
03:07C'est quoi la limite en fait de soutenabilité temporelle d'un prix élevé du pétrole ?
03:12On va dire que c'est entre 3 et 6 mois. Ça, c'est un des paramètres.
03:14Le deuxième, c'est l'attitude des banques centrales. Est-ce qu'elles vont se montrer effectivement restrictives,
03:19comme en 79, au moment déjà d'un choc qui était lié à l'Iran ?
03:22Et là, c'est une récession, au contraire, plutôt accommodante.
03:25On a eu d'autres chocs au début des années 2000 et on n'a pas eu forcément de récessions
03:28qui ont été finalement conduites par cela.
03:31Puis troisième point, pour résumer un petit peu, c'est la force de l'économie à un instant T.
03:35Et là, pour le moment, les États-Unis sont un peu mieux placés que nous parce qu'ils partent de
03:38plus haut.
03:39Donc ils ont la capacité d'absorber par rapport à nous en Europe.
03:41Et puis le quatrième point, c'est la dépendance aux hydrocarbures.
03:44Et là, les États-Unis sont aussi mieux placés que nous.
03:46Ils sont devenus premiers producteurs mondiaux.
03:48Alors ils importent encore du pétrole, bien sûr.
03:50Beaucoup moins que nous.
03:51Et je dirais que le bonus ou le malus pour nous, malheureusement, c'est le gaz.
03:54On l'a bien compris avec la Russie.
03:56Et nous, en fait, les États-Unis consomment plus de gaz naturel liquéfié dans leur mix énergétique.
04:01La différence, c'est qu'ils le produisent.
04:04Et nous, en fait, on l'importe.
04:06Et on l'importe à des tarifs qui restent encore raisonnables à l'heure actuelle.
04:08Ça a progressé, mais on est loin des 345 euros le mégawatt-heure qu'on a connu en 2022.
04:13Ça n'a pour le moment rien à voir.
04:14Et n'oublions pas qu'il y a pas mal de contrats à prix fixes avec des prix qui sont
04:17finalement pour le moment encore stables.
04:19Nour, Ben Diméret, que dire en complément de ce que nous a déjà dit Sylvain sur la réaction des marchés
04:25?
04:25Cette volonté que l'investisseur a de comprendre.
04:28Une réaction que les marchés n'ont pas l'air de comprendre réellement.
04:31Ou en fait, la manière de se positionner vis-à-vis de ce conflit qui a débuté il y a
04:34une semaine au Moyen-Orient.
04:35C'est vrai qu'on a un contexte très particulier où d'un côté on a une guerre qui est
04:38très impressionnante,
04:39qui nous rappelle assez rapidement les guerres du Golfe de 80 et 90.
04:43Mais effectivement, le contexte est assez différent en réalité.
04:46Le marché intègre une guerre qui serait relativement courte.
04:49Donc c'est vrai sur les classes actives traditionnelles comme le pétrole, le gaz,
04:54qui est un peu plus challengé quand même que le pétrole, mais aussi les marchés actions.
04:58Quand on regarde du côté des nouvelles données, plutôt du côté de Polymarket,
05:01avec ce qu'anticipent les investisseurs finalement...
05:04Oui, c'est un réflexe aujourd'hui d'aller voir.
05:05Ça devient un réflexe effectivement.
05:06On voit une guerre qui durerait autour de 3 à 6 mois.
05:09Donc effectivement, quelles que soient les données et les marchés qu'on regarde,
05:12les acteurs de marché intègrent une guerre qui est plutôt relativement courte.
05:16Ça veut dire, pardon, que les marchés ont intégré,
05:19que ce serait plus long que ce que nous dit l'administration Trump,
05:20mais que ça reste un délai raisonnable du point de vue des marchés économiques.
05:25C'est-à-dire digérable.
05:26Le principal vecteur de transmission entre une guerre et une récession,
05:29effectivement, c'est les prix du pétrole.
05:30Aujourd'hui, les prix du pétrole ont progressé modérément.
05:36La hausse reste élevée, mais relativement continue.
05:38On n'a pas vraiment de craque, de choc pétrolier à proprement parler.
05:41Ce qu'il va vraiment falloir surveiller, c'est cet indicateur-là.
05:45On a quand même des forces de rappel.
05:46Justement, sur cet indicateur-là, on lit souvent que c'est le seuil symbolique des 100 dollars le baril
05:50qui pourrait potentiellement faire vaciller les marchés.
05:53C'est vraiment ça, l'indicateur ?
05:55C'est un seuil psychologique, mais c'est aussi la durée.
05:58Plus ça dure dans le temps, plus les impacts en termes d'inflation seront importants.
06:02On a quand même des forces de rappel qui sont intéressantes et relativement puissantes.
06:05Les États-Unis n'ont pas intérêt à ce que la guerre dure trop longtemps.
06:09On a les mi-termes qui arrivent prochainement en fin d'année.
06:12Et c'est absolument négatif pour Trump d'avoir une inflation
06:15qui augmente à l'approche de ces élections-là.
06:18Et du côté de la Chine, la Chine a plutôt intérêt à ce que le conflit se résolve assez rapidement
06:23en fonction des différents fournisseurs de données.
06:27On a entre 15 et 20% du pétrole de la Chine qui provient de l'Iran
06:32et qui transite par le détroit d'Hormuz.
06:33Donc la Chine est très directement impactée par ce conflit.
06:37Donc les deux grandes puissances qu'on a aujourd'hui, que sont la Chine et les États-Unis,
06:40ont toutes deux intérêt à ce que le conflit ne dure pas trop longtemps.
06:43Est-ce qu'elles ont la capacité de faire en sorte qu'on trouve une issue rapide ?
06:47C'est toute la question.
06:48Mais en tout cas, on a l'impression que le marché intègre plutôt bien ses primes de risque.
06:53Là où c'est un petit peu plus challenging, effectivement,
06:56c'est quand même, on a une économie, enfin ce contexte intervient à un moment
06:59où l'économie mondiale, notamment aux États-Unis,
07:02commence à montrer quelques signes de fragilisation.
07:04Bien sûr.
07:04Et là, c'est intéressant de voir comment le marché finalement résiste
07:08et se montre extrêmement résilient,
07:10malgré l'accumulation d'incertitudes et de doutes et de menaces quant à la croissance.
07:15Et avec notamment l'impact sur l'inflation
07:19qui pourrait venir remettre en cause les scénarios qu'on avait
07:22vis-à-vis de baisses de taux de la Fed jusqu'à il y a encore une semaine.
07:26Peut-être Nour et ensuite, Sylvain.
07:27Oui, complètement.
07:27Alors les impacts pour l'instant sont relativement modérés.
07:30Les marchés anticipaient jusque-là jusqu'à deux baisses de taux.
07:33On est plutôt autour de 1,5-1,60 en termes de baisses de taux.
07:37Donc le marché hésite entre une et deux baisses de taux.
07:39Pour l'instant, c'est assez modéré comme impact.
07:41Là où on voit l'impact le plus important, c'est peut-être sur la partie des taux longs.
07:45Ce qui, en règle générale, est plutôt une bonne couverture
07:48quand il y a une période de stress, un contexte de stress ou de récession anticipée.
07:52Là, la partie obligataire longue n'a pas servi de couverture
07:56puisque les taux sont remontés sur crainte potentiellement d'une inflation qui grimperait
08:01ou alors d'un contexte qui mettrait à mal les finances publiques américaines.
08:06Mais ça décale dans le temps les scénarios qu'on attendait pour juin.
08:13Pour le moment, ça décale dans le temps des baisses de taux à venir du côté de la Fed.
08:17Sylvain Goyon, est-ce que ça change radicalement les scénarios
08:20de soutien de politique monétaire au marché
08:22ou est-ce que de toute façon, on attendait un petit peu de voir ce qu'allait faire Kevin Warch
08:25avant de se positionner sur ces scénarios ?
08:28Alors, on attendait, même si on connaît un peu la coloration de Kevin Warch,
08:32c'est plutôt un côté, on aime bien toujours casser les gens en faucon ou en colombe,
08:36ça dépend véritablement des moments.
08:37Dans son passé, en fait, effectif à la Fed, il a plutôt été du côté faucon.
08:40Là, on dit que s'il a le job, c'est parce qu'il veut s'aligner avec ce que
08:43veut Trump,
08:44c'est-à-dire des baisses de taux.
08:46Si on prend objectivement les éléments qui plaident
08:49pour finalement une forme de décalage dans le temps,
08:53il y a effectivement ces effets inflationnistes sur le pétrole,
08:55ça a été très bien évoqué par nous.
08:57Et effets inflationnistes, pardon, mais nous le rappelait Maxime Darmé en début d'émission,
09:01qui vient après d'autres pressions inflationnistes.
09:03Vous avez raison.
09:03Qui vient finalement sur le haut de la pile des pressions inflationnistes aux Etats-Unis.
09:06Absolument.
09:07Et alors, ce qui en plus ne plaide pas a priori,
09:11moi je trouve que c'est un peu un effet en trompe-l'œil,
09:13c'est l'amélioration du marché de l'emploi aux Etats-Unis,
09:15enfin relative, puisque...
09:17Dont on aura les chiffres aujourd'hui d'ailleurs.
09:18La Fed, on sait qu'elle a ce mandat dual, en fait,
09:21à la fois inflation et à la fois effectivement emploi.
09:23Mais là où je trouve qu'en fait la situation de l'emploi
09:25est relativement fragile aux Etats-Unis,
09:26c'est quand lorsqu'on regarde la composante en fait des créations d'emplois,
09:29c'est très très concentré sur des secteurs
09:31à relativement faible valeur ajoutée, c'est la santé.
09:33Quand on dit la santé, c'est plutôt les EHPAD et ainsi de suite, ce genre de choses.
09:37Si vous retirez ça, vous êtes plutôt sur des vagues de destruction d'emploi.
09:39Vous avez vu les chiffres évisés par rapport à l'année dernière,
09:41c'est pas forcément hyper brillant non plus.
09:44Mais bon, tout ça plaide effectivement plutôt pour un décalage, je pense, dans le temps.
09:47Si je veux faire un peu de provoque
09:48et essayer peut-être d'être un bon client pour votre émission,
09:50c'est plutôt du côté de l'Europe qu'on pourrait avoir des surprises en réalité.
09:55Parce que bon, on nous dit, voilà, la BCE est très contente,
09:57Christine Lagarde, elle dit, voilà, on est à la bonne place et ainsi de suite.
09:59La réalité, c'est qu'on a une hétérogénéité en Europe qui est assez impressionnante.
10:02Quand on regarde en fait là où on en est en France en termes d'inflation
10:05par rapport à l'Espagne, par exemple,
10:06il y a 2,5, nous on est largement en dessous de 1, l'Italie est à 1 et ainsi
10:09de suite.
10:10Quand on regarde la divergence qu'on a entre l'inflation des biens manufacturiers
10:13et des services, les services sont à 3,2,
10:15les milieux manufacturiers sont en dessous de 2,
10:18comment elle va faire la BCE pour éviter effectivement cette divergence ?
10:22Il y a plutôt une tendance pour moi à avoir peut-être une bonne surprise
10:25du côté des baisses de taux en Europe et d'un décalage dans le temps.
10:28D'ailleurs, ce qu'on voit...
10:29Pour venir soutenir ceux qui en ont le plus besoin.
10:32Probablement.
10:32Et ce qu'on voit en fait à court terme, et c'est assez marrant,
10:34enfin c'est marrant, c'est pas vraiment le bon mot...
10:36Surprenant peut-être ?
10:37Surprenant, plus que marrant, vous avez raison,
10:39c'est que le dollar en fait, qui était quand même sur une trajectoire baissière assez importante,
10:44depuis ce conflit, alors évidemment, valeur refuge et ainsi de suite,
10:46a tendance à se redresser, mais je pense qu'il se redresse également
10:49parce que le marché, même si ça ne se voit pas dans des anticipations de baisse de taux,
10:52a plutôt tendance à les décaler dans le temps.
10:54Donc voilà.
10:56Nourbet Dimered, sur le sujet européen,
10:58effectivement c'est peut-être là où on va avoir des bonnes surprises du soutien,
11:01alors même qu'on est quand même un peu plus en première ligne quand même
11:04sur les sujets hausses du pétrole et mix énergétique que les Etats-Unis.
11:07Exactement, notamment du côté du gaz en fait.
11:10C'est surtout ça qui nous pénalise.
11:12Alors si on croit à Christine Lagarde, on n'aura pas de baisse de taux.
11:15Pour l'instant, le marché fait plutôt le pari de considérer que Christine Lagarde
11:19tiendra parole, tiendra ses promesses et ne baissera pas les taux.
11:23Surtout qu'on a une inflation effectivement qui est très disparate,
11:26mais qui dans l'ensemble est plutôt contenue.
11:28On est quasiment autour de zéro en France et au-dessus des 2,5 dans les pays du Sud.
11:32Il y a une grosse hétérogénéité.
11:34C'est un cocktail qui est très difficile à gérer pour un banquier central.
11:38En l'occurrence, Christine Lagarde, et je pense qu'on peut lui faire confiance,
11:41a indiqué qu'il n'y aura pas de baisse de taux.
11:43S'il y en a, il faut peut-être s'attendre à une baisse de taux,
11:46mais ça ne changera pas la phase du monde pour la croissance européenne en tout cas.
11:48Pour faire une transition avec les sujets entreprises et notamment saison des résultats,
11:53peut-être toujours avec vous, Nour, la Cour suprême a invalidé les droits de douane aux États-Unis.
12:00On ne sait plus tellement où on en est à l'heure actuelle,
12:01puisque Donald Trump a annoncé, lui, rajouter des droits de douane de 10 ou 15 % en réaction.
12:10Est-ce que le meilleur est à venir sur le sujet,
12:12ou est-ce qu'on va vers un imbroglio de remboursement, non-remboursement, sur droit de douane ou autre,
12:18ou est-ce que tout simplement on sait que, quoi qu'il arrive, le commerce mondial,
12:24qui s'était peut-être un petit peu crispé avec ses droits de douane, va se reflutifier ?
12:27Alors, il y a de grandes chances que ce soit le résultat, effectivement.
12:30Le commerce mondial a quand même significativement impacté la croissance américaine.
12:34On l'a vu dans les notes du pagebook de la Fed,
12:37qui montre effectivement qu'on a une croissance qui ralentit assez significativement,
12:41et qui reste bonne, qui reste positive, mais qui ralentit.
12:44Et le principal moteur de ce ralentissement de la croissance,
12:47c'est effectivement l'incertitude sur les droits de douane.
12:50Là, à court terme, ce que ça fait, c'est simplement remettre un petit peu plus d'incertitude.
12:54Donc, à très court terme, ce n'est pas nécessairement très positif.
12:57En revanche, à court ou moyen terme,
12:59on peut s'attendre à une meilleure dynamique,
13:03étant donné que les droits de douane seront de façon relativement certaine,
13:06nettement inférieures à ce qui est en place actuellement.
13:10Actuellement, on est autour de 17% de droits de douane au niveau global des États-Unis
13:14envers leurs partenaires commerciaux internationaux.
13:17Avec cette nouvelle règle, on serait peut-être autour des 12-13%.
13:20Donc, ça reste une modération des droits de douane,
13:22qui naturellement est un boost pour la croissance économique,
13:25pour les échanges commerciaux, même si à très court terme,
13:27ça vient simplement remettre un petit peu plus d'incertitude.
13:30Donc, il va falloir que ça se décante assez rapidement
13:32et qu'on ait des informations très rapides.
13:34Pour l'instant, on a des droits de douane qui seront autour de 15% pour les six prochains mois.
13:37On n'a pas de visibilité au-delà des six prochains mois.
13:40Ça doit passer par le Congrès pour une prolongation.
13:42Donc, pour l'instant, c'est juste de l'incertitude supplémentaire.
13:44Mais dans tous les cas, effectivement, ça reste une bonne nouvelle économiquement.
13:47Et politiquement, ça vient aussi rappeler au monde
13:49que les États-Unis sont une grande démocratie,
13:51que le président n'a pas les pleins pouvoirs,
13:53qu'il ne peut pas faire ce qu'il veut.
13:54Et qui a des contre-pouvoirs, effectivement.
13:55Et qui a des contre-pouvoirs, exactement.
13:56Et c'est aussi peut-être un des moteurs de la réappréciation du dollar, finalement.
14:00Bien sûr.
14:02Sur lesquels la prime politique s'estompe un petit peu, en réalité.
14:06Sylvain Goyon, un mot peut-être plus,
14:08vu le temps qu'il nous reste, sur cette saison des résultats.
14:11Alors, on a découvert hier soir les résultats de Marvel Technologies,
14:15fabricant de semi-conducteurs,
14:16qui montre que ces résultats sont, lui aussi,
14:19soutenus par une demande en forte progression en matière de centres de données.
14:22On a vu les résultats de Broadcom, aussi,
14:24qui, eux aussi, montraient qu'ils étaient soutenus par la division semi-conducteurs.
14:28On ne regarde que les fabricants de pellets de pioche dans la saison de résultats.
14:31Ou, au contraire, on se rend compte qu'il y a d'autres secteurs, aussi,
14:33que l'intelligence artificielle ?
14:35En fait, ce dont on se rend compte, c'est qu'effectivement,
14:38l'intelligence artificielle, en réalité,
14:39on parle de l'économie dans sa globalisation.
14:43Dans sa globalité, plutôt.
14:45Il y a une quinzaine de jours, à peu près,
14:46il y a eu cette fameuse note de Citrini Research qui est sortie,
14:49et qui était une sorte de dystopie pour nous expliquer, en fait,
14:53quels pouvaient être les effets à long terme de Lula.
14:55Et ces effets, en fait, sur ce point, je pense que cette note a raison,
14:59sont plutôt potentiellement déflationnistes.
15:01Donc, là, on est dans une période de temps où, je dirais,
15:03on a tendance à se rendre compte que, certes,
15:05il y a une croissance qui est très forte sur les fabricants de pellets de pioche,
15:09que ça disrupte des modèles qui étaient des modèles adorés par la bourse,
15:12le fameux Sass Apocalypse, et ainsi de suite.
15:14Bien sûr, oui.
15:15Mais la question, c'est, en fait, à chaque fois, quel est le bon niveau de valorisation ?
15:19Est-ce qu'il y a plus de 30 fois, finalement, les modèles Sass,
15:21tant qu'il n'y avait pas cette possibilité, finalement,
15:23d'avoir une capacité de remplacer le codage ou la mise en place
15:26par des systèmes qui sont beaucoup plus efficaces,
15:28était tout à fait justifié ?
15:29Si cette barrière à l'entrée est en train de sauter,
15:31effectivement, il y a probablement une décote de valorisation qui est à valoir,
15:34mais peut-être qu'il y a un prix à partir duquel...
15:36C'est ce que j'allais dire.
15:37Alors, en tant que gérant, peut-être, est-ce qu'on sort du Sass,
15:41ou est-ce qu'au contraire, on cherche le bon point d'entrée pour l'opportunité,
15:44potentiellement, parce qu'il y a quand même une activité économique qui est toujours présente ?
15:47Quand on regarde, effectivement, le secteur, on va dire,
15:48Sass, pour se concentrer là-dessus,
15:50on a perdu, pas loin, je pense, de 10 tours de multiples,
15:53en fait, en l'espace de deux mois.
15:54Donc, c'est quand même extrêmement rapide.
15:56Donc, la question, maintenant, peut à nouveau se poser.
15:58Et je crois que c'est à ça.
15:59Je dirais que...
16:00Je ne vais pas ouvrir le débat sur une très longue période de temps,
16:02puisqu'en fait, on se pose des questions à court terme,
16:04et vous avez dit, les réponses sont finalement difficiles,
16:08mais la bénédiction de l'IA, potentiellement,
16:10pour l'économie, c'est les gains de productivité.
16:13Puisque si on a une économie qui croit avec plus de productivité,
16:15on le sait, normalement, c'est plutôt positif.
16:17Le problème, et c'est quand on revient à Internet,
16:20c'est exactement ce qu'on a eu,
16:21les gains de productivité qu'on a eus,
16:22finalement, leur distribution dans l'économie, ça n'a pas été top.
16:25Parce que si c'est pour créer des jobs délivreux,
16:27derrière, je n'ai rien contre les vendeurs délivreux,
16:29je veux dire, ce n'est pas avec ça, finalement, qu'on crée une prospérité globale.
16:32Donc, la question, aujourd'hui, n'est pas tranchée, encore.
16:36Et sur les effets de long terme, on ne le sait pas, non plus.
16:38Donc, dans le fond, tout ça vient s'ajouter
16:41aux précédentes interrogations qu'on a posées.
16:44Et je crois qu'en fait, c'est plutôt important
16:45d'essayer d'avoir une idée sur le long terme,
16:47plutôt que de regarder, je dirais, le court terme particulier.
16:51Nour Ben-Dimeret, même question.
16:52Effectivement, on a connu cette sas apocalypse.
16:56Est-ce que c'est forcément un secteur
17:00qu'on tient à distance pour le moment
17:02parce qu'on attend de voir ce qui va se passer ?
17:04Ou est-ce qu'au contraire, ça peut être
17:07un point d'entrée intéressant,
17:08une opportunité pour un investisseur aujourd'hui ?
17:10Alors, finalement, ce qui compte,
17:12c'est les valorisations, en réalité.
17:13Effectivement, il y a eu une baisse de 10 tours
17:15de multiples en deux mois.
17:18Le sujet, c'est qu'on n'a pas encore eu de révision
17:19des croissances bénéficiaires.
17:21Donc, en cas de révision des croissances bénéficiaires futures,
17:23ces multiples pourraient mécaniquement remonter.
17:25Donc, ça, c'est quelque chose qu'on attend quand même,
17:26de voir comment les analystes anticipent ça
17:28et comment c'est intégré par le marché.
17:30Néanmoins, malgré ces baisses de multiples de valorisation,
17:32on est toujours au-dessus,
17:33en termes de price earnings show, de valorisation,
17:36du S&P 500 et du secteur hardware,
17:39pour lesquels on attend quand même une croissance
17:40qui est beaucoup plus importante
17:42et beaucoup plus résiliente et durable.
17:43Donc, s'il faut arbitrer aujourd'hui,
17:45on reste quand même plutôt favorable
17:47au segment des hardware, pardon,
17:49qui sont nettement à surpondérer
17:50vis-à-vis du software,
17:52sachant que le software a impacté les marchés financiers,
17:54mais il a aussi impacté les marchés privés.
17:56Il y a quelques mois,
17:57Jamie Dimon nous disait
17:58qu'il y avait probablement des cafards
18:00qui se cachaient dans le crédit privé.
18:02Bien sûr.
18:02Est-ce que le Saspocalypse
18:03n'est pas en train de nous montrer
18:04où est-ce que ces cafards se cachent finalement,
18:06avec une grosse dispersion dans les marchés,
18:09mais surtout une grosse correction, en fait,
18:11du côté des JP cotés,
18:12ces acteurs de private equity cotés en bourse,
18:15pas mal de rachats du côté de la dette privée également.
18:18Donc, il ne faut pas non plus considérer
18:19que ce secteur est mort.
18:21Simplement, il est très significativement
18:23challengé en termes de business model
18:25et de perspective de croissance.
18:27Très rapidement,
18:28qu'est-ce que vous regardez tous les deux,
18:29Nour, pour commencer,
18:30dans le marché qu'on n'a pas évoqué aujourd'hui ?
18:31Les marchés émergents.
18:33D'accord.
18:33Donc, c'était quand même une grande thématique
18:35depuis le début de l'année.
18:36C'est un petit peu challengé
18:37depuis la remontée des prix du pétrole
18:39puisqu'ils sont très dépendants
18:41des importations de pétrole,
18:42des prix du pétrole,
18:43notamment du côté de l'Asie,
18:44un petit peu moins du côté du LATAM.
18:46Mais on considère que
18:48s'il y avait quelques soubresauts
18:49sur ces marchés-là,
18:50ce serait plutôt des bons points d'entrée
18:52pour se renforcer,
18:53tant sur la partie action
18:54que sur la partie dette.
18:55Sylvain Goyen, même question.
18:56Qu'est-ce que vous regardez
18:57qu'on n'a pas évoqué aujourd'hui
18:58avec votre œil de gérant ?
18:59Bon, alors, je ne vais pas copier sur mon voisin,
19:01mais effectivement,
19:02nous aussi, on aime bien les marchés émergents.
19:03Mais il y a deux autres poches, en fait,
19:05qu'on a envie de regarder.
19:06Donc, évidemment,
19:10vraiment joué son rôle de secteur refuge.
19:13Et voilà, bon,
19:13il y a des questions fondamentales,
19:14mais on va dire la santé.
19:16Et puis deux,
19:17les small and mid-cap,
19:18parce que finalement,
19:18des acteurs, je dirais,
19:20qui peuvent avoir quand même
19:20des tailles économiques assez importantes,
19:22mais probablement plus agiles
19:23et probablement plus à même
19:24de pouvoir intégrer justement
19:26ces gains de productivité liés à l'IA
19:28sans avoir toute cette legacy,
19:30en fait, en termes d'organisation
19:31qu'on peut avoir sur des très grosses sociétés
19:32qui vont être plus difficiles à faire bouger.
19:35Merci, messieurs.
19:36Merci, Sylvain Goyen,
19:37gérant Action chez Montpensier Arbevel.
19:38Merci, Inouar,
19:39Bendy Meret,
19:40de directeur des investissements
19:41chez Ivesta.
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