00:00Avec Florian Yelko qui nous attend ce matin en charge de la macroéconomie.
00:05Bonjour Florian, merci de nous accompagner ce matin.
00:08Dans un instant nous parlerons de l'allocation aujourd'hui dans vos portefeuilles chez Lombard au DIM
00:13mais aussi et surtout des résultats trimestriels avec donc ce soir après la clôture les ventes de LVMH
00:18et puis aux Etats-Unis nous aurons le secteur bancaire avec notamment Goldman Sachs
00:24qui va publier en début d'après-midi.
00:25Du côté de l'Iran, ce week-end s'est tenu des négociations au Pakistan entre les Etats-Unis et
00:32l'Iran.
00:33Visiblement les négociations ne se sont pas très bien passées quand vous écoutez Donald Trump mais également l'Iran.
00:39Conséquence, ce matin les cours du pétrole remontent, petite baisse sur les marchés actions.
00:44Comment vous regardez un petit peu cette ouverture des marchés européens Florian ?
00:48Bonjour Etienne, bonjour à tous, merci de nous accueillir.
00:52Le message ce matin il est assez simple en fait, c'est qu'on passe, disons, le marché s'est
00:57mis à craindre un choc de géopolitique,
00:58ce choc de géopolitique a créé un choc pétrolier, je pense que ça n'échappe à personne.
01:04La question c'est est-ce que ce choc pétrolier va générer un choc monétaire ?
01:07C'est-à-dire, est-ce que le surcroît d'inflation qui est de plus en plus présent, vous le
01:14rappeliez en introduction,
01:16le rapport sur l'inflation aux Etats-Unis, l'incrément d'inflation est quasiment 100% expliqué par la progression
01:24des prix du baril,
01:26des prix de l'énergie globalement.
01:28Est-ce que ce choc énergétique va conduire nos banquiers centraux à se poser des questions vis-à-vis de
01:33leur politique monétaire ?
01:35C'est-à-dire qu'on peut observer en fait à moyen terme, si vous voulez, une différence d'interprétation
01:41de la situation
01:42entre les marchés obligataires et les marchés actions.
01:44Et c'est ça qui est particulièrement intéressant.
01:47Côté obligataire, ce qu'on appelle le premier facteur de la courbe des taux,
01:51c'est-à-dire ce qui explique la première source de variation des taux d'intérêt et donc du prix
01:56des obligations,
01:56c'est la politique monétaire.
01:58Et cette politique monétaire aujourd'hui, elle affiche une volatilité accrue.
02:01Pourquoi ? Parce qu'il est difficile en fait de transformer clairement ce scénario géopolitique
02:06en un scénario d'inflation à moyen terme.
02:09Côté actions, la situation est bien différente parce que certaines des grandes entreprises sont capables
02:14de passer justement le surcroît de coût à leur prix de vente
02:17et pourraient parvenir à absorber une partie du choc.
02:22Donc on est un peu à la croisée des chemins.
02:24Les obligations sont chahutées, les actions, grand point d'interrogation.
02:29S'il n'y a pas de mouvement de panique, c'est vraiment le point important à souligner ce matin.
02:33Oui, le baril de pétrole prend plus de 5% au-delà des 100 dollars,
02:36mais la baisse pour l'instant sur la partie actions est totalement maîtrisée.
02:41C'est vrai que la semaine dernière, notamment lors de la séance de mercredi,
02:44les marchés actions étaient en forte hausse avec l'espoir d'un cessez-le-feu.
02:49Néanmoins, le marché a bien pris en compte le fait que cette guerre allait perdurer
02:54et que tout n'allait pas se régler en quelques jours, Florian Elpo.
02:58C'est ça qui est difficile à gérer, c'est cette zone d'incertitude.
03:02Comment est-ce qu'on transforme de l'incertitude en prix de marché ?
03:04La réponse est extrêmement difficile aujourd'hui à donner.
03:08Mais ce qu'il faut reconnaître, c'est que le marché a peut-être réagi un peu trop fortement
03:14en amont de la nouvelle, qu'aujourd'hui la situation n'est toujours pas réglée,
03:19mais que beaucoup d'entreprises sur Terre peuvent encore vivre
03:23avec un niveau des prix du pétrole au-delà de 100 dollars.
03:28Maintenant, c'est la progression à 120, 130, 140, 150 qui devrait commencer
03:33à rogner suffisamment de croissance et qui devrait amener les actions
03:38à se poser les mêmes questions que les obligations.
03:41Encore une fois, aujourd'hui, on est vraiment à la croisée des chemins.
03:43Le monde obligataire est en souffrance.
03:46Le monde actions, lui, semble capable d'absorber le choc.
03:51Du côté des résultats d'entreprises, LVMH va donc publier ses ventes ce soir.
03:55Vous aurez Kering Publicis demain, Hermès mercredi, enfin Pernod Ricard jeudi.
04:00Voilà donc ce qui concerne le CAC 40.
04:03Du côté de l'Eurostock 50, il faudra bien sûr suivre ASML ce mercredi.
04:07Et puis aux États-Unis, le secteur bancaire, avec donc Goldman Sachs cet après-midi.
04:11Puis demain, vous aurez Citigroup ou encore JP Morgan Chase.
04:14Chez l'Ombarodier IM, qu'attendez-vous de ces résultats trimestriels, Florian ?
04:18Un trimestre qui devrait être une nouvelle fois époustouflant aux États-Unis.
04:23Alors les anticipations sont très élevées.
04:25On a 14% de croissance en glissement annuel anticipé sur les profits générés par les grandes entreprises du S
04:32&P.
04:33C'est un niveau de croissance des profits qui va être difficile à tenir.
04:38D'autant plus que cette saison des résultats, on va devoir une fois de plus être extrêmement attentif à ce
04:45qu'on appelle la forward guidance.
04:47C'est-à-dire, comment est-ce que les entreprises communiquent autour du choc pétrolier ?
04:52Oui, aux États-Unis, le secteur de l'énergie est une part significative des indices actions.
05:00Ce n'est pas le cas en Europe.
05:01Lorsqu'on est price taker, lorsqu'on est preneur de prix des prix de l'énergie,
05:07comment est-ce qu'on réagit à la situation actuelle ?
05:09Alors évidemment, on commence avec les bancaires.
05:12On commence avec le monde des financières.
05:14Ce n'est peut-être pas le monde le plus exposé à ce risque-là.
05:19Mais néanmoins, l'exposition aux consommateurs finales, aux ménages, au travers des bancaires,
05:25peut être intéressant à analyser.
05:27Le monde du lutte, même chose.
05:29Un problème de coûts.
05:30Le monde de la tech, même chose.
05:32Un problème de financement de l'investissement.
05:35Un problème de coûts d'affrêtement et de transports maritimes également.
05:39Il y a, disons, cette crise énergétique, elle a de multiples facettes.
05:43Elle touche de multiples éléments auxquels ces entreprises sont exposées.
05:47Donc le mot d'ordre, c'est forward guidance.
05:49C'est-à-dire, comment est-ce que les entreprises se préparent et disent se préparer
05:54à l'éventualité d'une prolongation du choc énergétique auquel on est confronté aujourd'hui ?
05:58Dans ce contexte aujourd'hui, Florian Lielpeau, comment vous arbitrez tout cela dans les portefeuilles,
06:04notamment sur la partie actions ?
06:07Eh bien, ça, c'est la grande question.
06:10Alors, notre gestion de portefeuille, elle est relativement prudente.
06:13Elle s'appuie notamment sur un suivi du niveau de la volatilité des actifs.
06:17On a vu depuis le début du mois de mars, effectivement, une explosion de la volatilité à la hausse.
06:22Ça nous a amené à retirer une partie de nos billes du marché,
06:26ce qui nous a permis de traverser un petit peu le mois de mars avec un peu plus de confort.
06:29Plus récemment, les volatilités se sont largement repliées.
06:34Mais je parle des deux grandes volatilités, c'est-à-dire qu'à la fois la volatilité action,
06:39mais aussi la volatilité obligataire.
06:41Si vous suivez l'indice qu'on appelle le MOVE,
06:43qui vous donne un petit peu une idée du niveau des volatilités implicites sur les options,
06:48sur produits obligataires, vous l'avez vu, elles se sont repliées également.
06:52Donc aujourd'hui, on a une reprise de confiance du marché.
06:55Cette reprise de confiance du marché, elle doit nous ramener vers une exposition de risque un peu plus importante.
07:01Néanmoins, globalement, on est en vitesse de croisière,
07:04on est revenu en vitesse de croisière sur nos grands fonds d'allocation, nos solutions hollow roads.
07:08Et globalement, on ne voit pas pour le moment de raison de désinvestir davantage
07:14ou de rajouter davantage de volures aujourd'hui.
07:17On aime particulièrement, on en a déjà parlé ensemble, la volatilité obligataire.
07:21La vol obligataire, c'est un excellent actif de couverture dans ce genre d'environnement-là
07:26parce que vous êtes exposé justement au risque principal qui est ce risque de choc monétaire.
07:31Comment ce choc d'inflation peut devenir un choc monétaire,
07:34en tout cas dans les yeux du marché à court terme.
07:36Et nous reparlerons d'allocation dans une demi-heure avec David Benmussa de Nordé Asset Management
07:41et Vincent Lequartier de WeSave.
07:43Merci beaucoup, Florian Lelpot, de nous avoir accompagnés ce matin en direct depuis Genève.
07:48Je rappelle que vous êtes en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier IM.
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