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  • il y a 10 heures
Ce lundi 9 mars, le marché du pétrole qui a connu une hausse cette nuit de plus de 20% pour le baril de Brent, a été abordé par Florian Ielpo, responsable de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Nous reviendrons bien sûr dans un instant avec Alexandre Baradès sur les niveaux à suivre à la Bourse de Paris.
00:05Ensuite avec les équipes de Ports-en-Pars, nous parlerons des small et mid-cap et plus précisément de Valneva,
00:10Planisware ou encore Gialivans.
00:12Mais juste avant, pour nous éclairer ce matin, c'est Florian Hielpo qui nous attend depuis Lombard-Rodier-IM.
00:18Bonjour Florian, vous êtes en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier-IM
00:22et vous allez nous aider à regarder d'un peu plus près ce qui se passe sur le marché du
00:25pétrole
00:26avec cette nuit une hausse spectaculaire de plus de 20% pour le baril de Brent.
00:30On se retrouve à nouveau au-delà des 100 dollars comme c'était le cas en 2022 lors de la
00:34guerre en Ukraine.
00:36Qu'est-ce qui a changé entre vendredi et aujourd'hui pour que d'un seul coup on se retrouve
00:40avec une hausse de 20% Florian ?
00:43Bonjour Etienne, bonjour à tous et merci de me recevoir.
00:46Ce qui se passe c'est que le conflit s'étend progressivement,
00:50qu'on a globalement de la peine à comprendre comment est-ce qu'on va trouver une fin rapide à
00:54cette situation
00:54et un certain nombre d'acteurs du monde pétrolier de la zone ont annoncé réduire la cadence de leur production
01:03de barils de pétrole.
01:05Ça c'est le premier élément.
01:06Le deuxième élément c'est qu'il y a également une forme de contagion,
01:09c'est-à-dire que toujours garder en tête le pétrole est quelque part la mère de toutes les matières
01:17premières,
01:18c'est-à-dire que pour produire un grand nombre de matières premières, on a besoin de pétrole.
01:22Donc vous avez une espèce d'effet boule de neige qui est en train de se mettre en place
01:26et cet effet boule de neige est en train de se répandre et on en connaît les conséquences au niveau
01:30de l'économie.
01:31Le pétrole est une forme de taxe qu'on n'a pas votée et qui aurait un impact à la
01:36fois sur les producteurs
01:36et les consommateurs en termes de progression des prix.
01:39Voilà la situation à ce matin.
01:41On a besoin d'avoir une désescalation de la situation pour qu'on puisse commencer à se dire
01:47dans l'ensemble le goulot de l'étranglement va se desserrer.
01:50On a un meeting du G7 aujourd'hui pour discuter la relâche des réserves stratégiques.
01:55Pour l'instant il n'en est pas question.
01:57En effet, les informations du Financial Times qui évoquent que le G7 pourrait libérer l'équivalent de 400 millions de
02:03barils par jour
02:04afin d'amener un petit peu d'offres sur ce marché et dégonfler un petit peu les prix.
02:08107 dollars à l'instant pour le Brent, 102 dollars pour le WTI.
02:13Intéressant de voir que l'once d'or ne s'envole pas, ce n'est plus une valeur refuge.
02:18Ces dernières heures, cette once d'or, nous sommes à 5100 dollars pour l'once.
02:23Quelles sont les valeurs refuge en ce moment, Florian Yelpo ?
02:27Pour l'instant la valeur refuge principale c'est le cash.
02:30C'est-à-dire que globalement les obligations souffrent
02:32parce que la reformation d'une prime inflation et la remontée des taux réels également
02:38qui vient avec cette prime d'inflation font que la performance des obligations est négative.
02:43On a les actions qui elles-mêmes ont une performance qui est négative.
02:46Alors effectivement les Etats-Unis, les actions américaines tiennent mieux que les actions européennes
02:51ou les actions asiatiques dans leur globalité, notamment le Japon.
02:56Ça répond simplement à une logique de dépendance énergétique.
03:00L'or souffre, l'impact du prix du pétrole sur le prix de l'or est assez faible en ligne
03:06directe
03:07contrairement aux autres matières premières.
03:08Donc aujourd'hui vous avez deux endroits où vous trouvez de la protection.
03:11Je le disais le cash, en Europe il reste encore 2%, aux Etats-Unis il reste plus de 3%.
03:17En Suisse on est à 0%, donc c'est difficile de trouver de la performance dans le cash.
03:21Par contre pensez qu'être investi en matières premières, c'est un élément qui peut aider une allocation
03:27selon le format dans lequel vous êtes investi.
03:29Ça peut vous permettre justement de traverser ce type de choc avec un peu plus de résilience.
03:35En tout cas pour le moment, les actifs classiques sont tenus en échec pour des raisons différentes,
03:40la croissance d'un côté et l'inflation de l'autre.
03:43Wall Street tient très bien.
03:44La semaine passée, le S&P 500 a perdu seulement 2% en dollars bien sûr, le Nasdaq moins 1
03:50,3%.
03:51Comment expliquer cette très belle résilience des actifs américains ?
03:55Certes les Etats-Unis vont peut-être moins souffrir que l'Europe et l'Asie de cette remontée des matières
04:00premières,
04:01mais le WTI est quand même à 100 dollars.
04:03Si demain, choc de prix il doit y avoir, il sera également présent aux Etats-Unis, Florian.
04:08Comme les pénuries sont plutôt localisées, le prix des matières premières est global.
04:14C'est-à-dire qu'à la pompe, les Américains ont déjà commencé à sentir la morsure de la progression
04:19des prix.
04:20Ça, c'est une évidence.
04:21Dire que les actions américaines tiennent bien, c'est peut-être un peu aller loin.
04:25Elles tiennent mieux que le reste des marchés.
04:27Ça correspond aussi à un détricotage de surpondération qu'on a vu dans les marchés au préalable des événements d
04:36'Iran.
04:36Très clairement, c'est-à-dire surpondération en actions européennes, en actions émergentes de la part d'acteurs américains.
04:43Ces flux-là ont été rapatriés et ça a aussi aidé à soutenir la côte.
04:48Maintenant, il faut raison garder. L'une des raisons pour lesquelles on est tous globalement optimistes vis-à-vis du
04:53cycle américain cette année,
04:55ce sont les investissements en infrastructures de l'IA.
04:58J'insiste sur infrastructures.
05:00Ces infrastructures, on l'a bien connue avec l'Ukraine, sont vulnérables à la progression des prix des matières premières
05:06dans leur globalité.
05:08Et on pourrait observer un renchérissement justement de ces projets CAPEX qui ont pu faire peur au marché avant la
05:14crise iranienne.
05:15Elles devraient néanmoins continuer à faire peur au marché après la crise iranienne si leur coût se met à progresser
05:21de 10, 20, 30 % selon les matières premières qui sont utilisées.
05:25Donc, attention aux amalgames, attention aux raccourcis dans l'investissement.
05:28La première réaction, c'est plutôt un détricotage des positions antérieures à la guerre en Iran.
05:34Maintenant, voyons voir cette semaine comment tiennent les actions américaines.
05:37Oui, elles sont plus liquides.
05:39Oui, elles ont ce côté qualité en partie qui est une bonne défense dans ce type d'environnement un petit
05:45peu difficile.
05:46Maintenant, leur cyclicalité peut revenir.
05:49Pourquoi ?
05:50Parce qu'une partie de cette côte est très exposée implicitement au coût des matières premières,
05:55notamment, je le disais, au travers des projets de l'IA, d'investissement en infrastructures.
06:00Et à ce sujet, d'ailleurs, il faudra suivre la publication demain de Oracle et jeudi d'Adobe.
06:04Bien sûr, deux grands acteurs qui sont importants et qui pèsent très lourd dans cet univers de l'intelligence artificielle.
06:12Pour terminer, Florian Ayelpo, quelle est votre stratégie aujourd'hui chez Lombard au DIM
06:15après une baisse de 10 % sur les grands indices européens en l'espace de six séances ?
06:20Est-ce qu'on commence à rattraper certains titres, un peu de « buy the deep »
06:23ou est-ce qu'à l'inverse, vous restez très prudent parce que c'est vrai que la situation est
06:27mouvante
06:27et comme on peut le voir encore ce matin, ça bouge très vite sur les matières premières ?
06:32Pour l'instant, on prend le choc pour ce qu'il est, c'est-à-dire un choc qui reste
06:36d'un choc de court terme.
06:38Ces chocs de géopolitique sont extrêmement difficiles à anticiper.
06:41Pour le moment, on tient bon dans notre positionnement
06:44et on attend de voir cette semaine comment, disons, à la fois le « price action »,
06:48c'est-à-dire l'évolution des marchés, va se faire et puis on a nos yeux rivés évidemment sur
06:54le prix du pétrole.
06:56Aujourd'hui, on ne pense pas que cet événement-là, s'il reste temporaire, puisse générer une récession.
07:03On est en train de réouvrir quelque part des valorisations plus attractives qu'avant.
07:09Gardez en tête que si les États européens se mettent à intervenir, ils vont le faire au travers de la
07:13dette.
07:14Donc, ça pénalisera peut-être davantage les obligations que les actions.
07:18Il y a encore un nombre d'incertitudes à régler dans cette situation-là
07:23qui, pour l'instant, nous mettent plutôt en position d'attentisme qu'en position défensive.
07:28– Avec les taux qui continuent de progresser ce matin, le 2 ans français prend 15 points de base à
07:332,60.
07:34Quand le 10 ans prend 10 points de base à 3,62,
07:37l'écart de taux entre la France et l'Allemagne continue de s'écarter.
07:41Nous sommes ce matin à 70 points entre le 10 ans français et le 10 ans allemand.
07:46Merci beaucoup, Florian Lepo, de nous avoir accompagné ce matin.
07:48Vous êtes en charge de la macroéconomie chez Lombardot d'IIM en direct depuis Genève.
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