00:00Oui, il ne faut pas perdre de vue ce qui se passe au Japon.
00:02Et pour nous éclairer, aujourd'hui c'est Florian Yelpau qui nous accompagne depuis Genève
00:07en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier IEM.
00:09Bonjour Florian, merci de nous accompagner ce matin.
00:12Dans un instant, nous reviendrons sur les minutes de la fête qui seront publiées mercredi,
00:15mais également sur l'industrie en Europe qui devrait montrer des signes de reprise ce matin.
00:21Mais juste avant, oui, le Japon à la une avec cette nuit une croissance
00:25qui a été annoncée de l'ordre de 0,1% au quatrième trimestre.
00:29Et le Japon qui évite de peu la récession.
00:33Oui, alors n'exagérons rien à la récession.
00:36Le Japon reste aujourd'hui plutôt une économie en forme de reprise,
00:39plutôt une économie qui se tient relativement bien.
00:41Ce qu'il faut lire dans ces chiffres-là, c'est un élément assez rassurant
00:45sur l'efficacité de la politique monétaire au Japon.
00:48C'est-à-dire, la Banque centrale du Japon lutte contre l'inflation maintenant
00:51depuis plusieurs trimestres.
00:52Elle a décidé de rehausser ses taux d'intérêt à court terme.
00:57Comme vous le savez, normalement, ça doit ralentir l'activité économique
01:00et ça doit ralentir l'activité économique par l'investissement.
01:03Et c'est exactement ce qui est en train de se produire.
01:05C'est-à-dire que, oui, on a une consommation globalement
01:08qui tourne autour de 1% de croissance annualisée.
01:11Ce n'est pas flamboyant, mais c'est à peu près la consommation
01:13qu'on a en Europe.
01:14Ce qui a le plus déçu, en fait, c'est justement l'investissement au Japon
01:19qu'on voyait bien plus fort qu'il n'est finalement.
01:22On peut lire dans ce chiffre-là le fait que lorsque la Banque centrale relève
01:26ses taux d'intérêt, même s'ils sont encore aujourd'hui,
01:29il y a des niveaux qui restent faibles, lorsqu'on les compare au reste
01:32des pays du G10, dans l'ensemble, on voit un ralentissement
01:36de la formation brute de capital fixe, c'est-à-dire de l'investissement global.
01:40Alors, est-ce qu'on doit s'en alarmer ? Non, les marchés financiers eux-mêmes
01:43ne s'en alarment pas.
01:44Là où c'est intéressant, par contre, c'est qu'on a douté pendant un certain temps
01:48que la Banque du Japon serait capable de relever ses taux
01:51et d'endiguer la progression de l'inflation.
01:53C'est peut-être ce qui est déjà en train de se passer aujourd'hui
01:56avec un message positif pour les obligations japonaises à moyen terme.
02:01Avec bien sûr tous les regards qui sont tournés vers le plan de relance
02:04qui a été voté au mois de décembre, qui va se mettre en place petit à petit
02:07dans les mois à venir.
02:08C'est l'une des raisons qui expliquent la non-réaction,
02:11comme vous l'avez souligné ce matin, des marchés actions,
02:13mais également des marchés obligataires à ces chiffres de croissance.
02:17Alors, c'est l'un des amortisseurs qui protège aujourd'hui l'économie japonaise.
02:22Ajoutez à cela, mine de rien, les effets positifs, multiplicateurs
02:25des grands investissements annoncés aux États-Unis,
02:31l'effet également bénéfique de la baisse globale des taux d'intérêt,
02:34l'effet positif d'un consommateur chinois qui, mine de rien,
02:38ne se porte pas si mal que ça.
02:39Il y a un certain nombre de signes positifs, signes faibles, positifs,
02:44qui peuvent soutenir à moyen terme la progression de l'économie japonaise.
02:48Le dernier élément, c'est que pour l'instant, le déflateur du PIB,
02:52qui est une mesure de l'inflation, a été publié à 3,4 %.
02:56Pour des taux courts qui sont en dessous de 1 %, on est encore face à une économie
03:01qui bénéficie de taux réels, vous savez, l'excès des taux en excès de l'inflation
03:06qui sont négatifs, qui dit taux réels négatifs, dit en général bonne nouvelle pour l'économie.
03:11Est-ce que ça en fait un cas d'investissement intéressant pour un investisseur action ?
03:15Aujourd'hui, le cas japonais, Florian Rielpau ?
03:18Alors, c'est un cas très intéressant en fait, au vu de ce qui se passe aujourd'hui,
03:23surtout pour des portefeuilles qui sont aujourd'hui très concentrés en actions américaines.
03:27Pourquoi est-ce que c'est intéressant ?
03:29C'est intéressant de point de vue.
03:30Un, tirer parti de la poursuite, de la reprise de l'activité économique au Japon,
03:34ça c'est le premier point, 50 % du chiffre d'affaires des grandes entreprises japonaises est domestique.
03:41Donc, vous avez une indexation très naturelle sur la santé de l'économie japonaise.
03:44Mais en plus, vous avez du yen dans votre portefeuille.
03:47Et le yen, tout spécialement contre dollar, c'est une devise
03:51qui tend à bien se comporter dans les mauvais moments.
03:54Donc, si vous êtes inquiet de la valorisation des grandes actions,
03:57des grands titres de la cote américaine,
03:59eh bien, décalez un petit peu votre allocation,
04:01encouragez la rotation qui est en train de se produire en décalant votre portefeuille
04:05vers des actifs japonais, notamment les actions,
04:08non couverts contre le risque de change.
04:10C'est probablement une bonne idée aujourd'hui.
04:12Du côté des États-Unis, vendredi, on a eu des données d'inflation
04:16qui sont ressorties meilleures qu'anticipées.
04:172,4% d'inflation au mois de janvier sur 12 mois,
04:21plus 0,2% d'un mois à l'autre.
04:24Ça, eh bien, ça plaît au marché,
04:26notamment en ce qui concerne les anticipations de baisse de taux aux États-Unis.
04:30Et à ce sujet, Florian Guilpeau, on en saura peut-être un peu plus mercredi,
04:33puisque les minutes, donc c'est le compte-rendu de la dernière réunion
04:37de la politique de la Fed, seront publiées,
04:40ces minutes seront publiées mercredi.
04:43Oui, absolument.
04:44On est en fait dans, comment dire,
04:47on continue d'être dans cet environnement qu'on appelle boucle d'or.
04:51Vous savez, boucle d'or avec les trois soupes,
04:52la soupe très chaude, la soupe très froide et la soupe tiède.
04:55Les marchés comme boucle d'or, ils aiment leur soupe tiède.
04:58Et les chiffres d'inflation qu'on a eus vendredi
05:00étaient l'un de ces multiples signes d'une soupe tiède,
05:04c'est-à-dire une activité économique, notamment aux États-Unis,
05:06qui se porte bien, sans pour autant générer de pression inflationniste,
05:10c'est-à-dire sans pour autant forcer la main de la réserve fédérale
05:14à ne pas abaisser ses taux.
05:15Ça, c'est le grand enjeu, enfin l'un des grands enjeux de 2026,
05:19à la fois pour les marchés obligataires et les marchés actions.
05:22Donc, tout ce qu'on a pour l'instant, c'est un faisceau de signaux
05:26qui sont cohérents, qui pointent justement vers cet environnement
05:30boucle d'or, une soupe exactement tiède,
05:33qui peut soutenir la côte tout au long de 2026,
05:36qui peut soutenir la progression des actions, notamment tout au long de 2026,
05:39mais également celle des obligations.
05:41Ce qu'on va découvrir dans les minutes, qui est particulièrement important,
05:44c'est qu'on a eu quelques rotations, on a eu quelques changements
05:48de membres votants au sein du Collège des 12 votants
05:51de la réserve fédérale américaine.
05:53Ces votants seront encore là, normalement, pour l'arrivée de Kevin Walsh.
05:57Donc, on pourrait en apprendre plus sur leurs intentions,
06:01leur façon de penser et les différents débats qui ont pu avoir eu lieu
06:04au terme du précédent meeting, durant le précédent meeting
06:08de la réserve fédérale américaine.
06:10Pour l'instant, encore une fois, il ne s'agit que d'un développement
06:13boucle d'or assez positif à moyen terme pour les marchés.
06:16Le consensus est très volatile ces dernières semaines sur l'hypothèse
06:20d'une première baisse de taux.
06:21Où est-ce que vous vous placez, vous, chez l'ombardier IM, Florian Yelpau ?
06:25Alors, nous, on continue à penser que le disque dur de la réserve fédérale américaine
06:29devrait l'amener à se retenir de baisser les taux lors de la première moitié de l'année
06:35pour ensuite engager deux baisses de taux dans la seconde partie de l'année.
06:39Mine de rien, le consensus de marché n'est pas si loin que ça.
06:41On est à une demi-baisse de taux de désaccord.
06:44Ce dont on a besoin, ce dont la Fed a besoin, justement, c'est d'apprendre à retravailler
06:50avec ce nouveau leader, qui est Kevin Walsh, à la tête de la réserve fédérale américaine.
06:55Et les marchés ont besoin de comprendre ce que ça change
06:57en termes de fonction de réaction de la réserve fédérale
07:00à l'environnement dans lequel on est aujourd'hui.
07:02Pour l'instant, rien ne semble indiquer que la réserve fédérale
07:06n'est pas à baisser ses taux en fin d'année,
07:08qui est une façon complexe de dire simplement
07:10« normalement, on devrait voir des baisses de taux d'ici la fin de l'année ».
07:13C'est une bonne nouvelle pour un grand nombre de marchés aujourd'hui.
07:16Et ça profite notamment aux 10 ans américains qui sont sur des plus bas de décembre,
07:20puisque nous étions à 4.05 vendredi.
07:22Merci beaucoup, Florian Lelpo, en charge de la macroéconomie
07:24chez Lombard ou DIM, en direct avec nous depuis Genève
07:27pour se projeter un petit peu sur la semaine qui s'annonce donc chargée
07:29notamment en termes de résultats d'entreprise.
07:32Aux États-Unis, il faudra suivre Walmart cette semaine
07:34quand à Paris, 9 sociétés du CAC 40 vont publier leurs résultats annuels.
07:37Aux États-Unis, en grande hommage
07:37Faist-Unis, chez Bol.
07:37Sous-titrage FR ?
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