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  • il y a 9 heures
Ce mardi 17 mars, Jean-Pierre Petit, président des Cahiers Verts de l'Économie, et Florian Ielpo, en charge de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, ont échangé leur point de vue sur les prix du pétrole, qui sont la principale préoccupation des marchés, et son impact sur l'économie européenne, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:009h39, tout de suite c'est donc l'heure du face-à-face, vous avez l'habitude de ce rendez
00:03-vous,
00:03deux acteurs de marché avec ce matin en plateau Florian Yelpeau en charge de la macroéconomie
00:07chez Lombard au DIM. Bonjour Florian, merci de nous accompagner avec Jean-Pierre Petit,
00:12le président des Cahiers Verts de l'économie. Le CAC 40 est donc en très légereuse de 0,16%,
00:16moins 0,1% pour l'Eurostock 50, les cours du pétrole aussi toujours aux alentours des 100$,
00:23104$ Jean-Pierre Petit pour le Bren, 97$ pour le WTI.
00:28On voit que depuis le début du mois, c'est un petit peu la boussole des marchés quand même,
00:32ce baril de Brent, on a vu hier, le pétrole a tenté de se dégonfler un petit peu,
00:37ça a profité au marché obligataire, ça a profité au marché actions,
00:40et là aujourd'hui on a une tendance un petit peu plus frileuse.
00:42Comment vous regardez aujourd'hui ce baril de pétrole à 100$ ?
00:45Est-ce qu'il est au juste prix ou est-ce que le marché tente un petit peu de se
00:48faire peur à l'heure actuelle ?
00:49Non, j'aime bien l'expression boussole, il n'y a pas que le pétrole qui augmente,
00:54il y a le prix du gaz, il y a le prix du fret maritime, il y a le prix
00:56des engrais,
00:57enfin bon bref, et en fait c'est un marché d'anticipation.
01:01Qu'est-ce que le marché voit aujourd'hui sur le pétrole ?
01:05Il voit que le détroit d'Hormuz est quasi bloqué, pas tout à fait, mais il est bloqué,
01:09on sait tous qu'il y a 20 millions de productions de barils de jour qui passent par là,
01:1515 millions si on retire les possibilités de reroutage, tout ça on le sait.
01:19Mais si on fixe les choses, si on considère que le détroit d'Hormuz va rester bloqué pendant une période,
01:26alors c'est là où c'est assez important, relativement important, si on prend 3 mois par exemple,
01:33là le pétrole ne va pas rester à 103$, il va monter.
01:36Et là s'il monte, effectivement c'est la boussole pour le marché actions et le marché obligataire,
01:41et même le dollar, l'or, un certain nombre d'actifs physiques, il va monter plus.
01:48Et c'est un choc stagflationniste.
01:50Donc c'est-à-dire que c'est un choc d'offres, donc stagflationniste,
01:54et donc c'est mauvais pour le marché obligataire et pour le marché actions.
01:58Et c'est quoi votre scénario à date ?
01:59Bien sûr tout dépend de l'évolution de ce conflit,
02:02mais j'imagine que vous avez fait tourner différents modèles.
02:05Aujourd'hui c'est quoi votre piste privilégiée ?
02:07Alors la piste privilégiée c'est que ça va se terminer, mais pas tout de suite.
02:11Oui mais la semaine dernière, il y avait des gens qui pensaient que
02:15Trump a fait la déclaration que l'essentiel était atteint,
02:21et donc il allait bientôt, enfin on a compris ça, qu'il allait bientôt quitter.
02:24Alors à ce moment-là, le prix du baril est tombé à 90$,
02:27le marché actions est remonté, le marché obligataire s'est détendu, etc.
02:30Bon c'était un coup de bluff, évidemment, de Trump.
02:33Il ne va pas, à mon avis, il ne va pas partir tout de suite.
02:36Pourquoi ? Parce que ce serait un super signal envoyé aux autorités,
02:40ou en ce qui reste des autorités iraniennes aujourd'hui.
02:43Dès que le prix du baril est à plus de 100$, ça m'embête du point de vue de
02:46l'opinion publique américaine,
02:47du point de vue de l'inflation, du point de vue des magas que j'ai du mal à gérer
02:51au sein du parti républicain,
02:53du point de vue des pays du Golfe qui sont contre ça, etc.
02:56Enfin bon bref, je réagis.
02:57Dès que le prix du baril est à plus de 100$, vous pouvez y aller, les gars, je me
03:00retire.
03:01Ce serait un très mauvais signal.
03:03Donc je ne pense pas qu'il va partir maintenant.
03:05Je pense que ça va prendre du temps.
03:08Pourquoi ? Parce que pour l'instant, pour le détroit d'Hormuz, on n'a pas de solution.
03:12Navire d'escorte, ça n'a pas l'air d'être une solution suffisante, en tout cas satisfaisante.
03:17Aujourd'hui, réassurance fédérale au niveau des assurances paritimes, ça ne marche pas.
03:24Intercepteur de drone, ça ne marche pas pour l'instant.
03:27En tout cas, ça ne marche pas complètement.
03:28Donc on est parti pour un Brent à 100$ pour encore plusieurs semaines ?
03:32Oui, enfin plusieurs semaines, on verra.
03:35Oui, plusieurs semaines, je suis assez d'accord avec ça.
03:39Ça peut aller vite, plus vite que généralement on le pense.
03:43Mais plusieurs semaines, ça ne me choque pas à plus de 100$.
03:46Et même si jamais les troupes américaines interviennent sur l'île de Karg, au nord du golfe Persique,
03:53là, d'où part 90 à 95% des exportations iraniennes de pétrole,
03:58le choc stagflationiste va se renforcer.
04:00Parce qu'évidemment, tu coupes tout de suite 2 millions de barils de jour qui sont exportés vers la Chine,
04:04à la production mondiale, qui est un peu plus de...
04:07Alors, à plus les 2 millions qui sont consommés sur place, ça fait 4 millions sur un peu plus de
04:10100 millions.
04:11Donc c'est un nouveau choc.
04:12Et puis, bien évidemment, les troupes iraniennes qui sont en mode survie,
04:17bien évidemment, les gardiens de la Révolution, eux, vont attaquer plus fermement
04:20avec ce qu'il leur reste de missiles balistiques, les installations des pays du Golfe.
04:25Donc tu peux parier plutôt sur un prix qui monterait au moins provisoirement.
04:29Voilà.
04:30En tout cas, à court terme, ce prix du pétrole à 100$ ou presque,
04:34ça va avoir un impact dès le mois de mars sur les chiffres d'inflation.
04:38Typiquement, en plus, en Europe, il y a la faiblesse de l'euro,
04:40qui a quand même perdu pas mal de terrain face au dollar.
04:42Donc c'est un petit peu la double peine, par exemple, pour la zone euro.
04:45Très clairement, et on aura une partie des réponses cette semaine.
04:48On a un agenda chargé en termes de meetings de politique monétaire.
04:52Si je peux revenir juste sur cette histoire de 100$ le baril.
04:54Je pense que c'est très important de faire attention.
04:56Pourquoi est-ce que le marché, aujourd'hui, traite autour de 100$ le baril ?
05:00On parlait de modèle de simulation.
05:01On fait tous ce travail-là de façon assez minutieuse ces derniers temps.
05:06Nos simulations montrent quelque chose d'assez intéressant.
05:08C'est que tant qu'on reste en dessous ou autour des 100$ le baril,
05:13on est précisément dans un mini-choc de stagflation.
05:15C'est-à-dire un peu plus d'inflation, un peu moins de croissance.
05:17Mais ça tombe bien parce qu'on est dans une phase plutôt de reprise.
05:21On était dans une phase de reprise plutôt globalisée.
05:23C'est absorbable par l'économie mondiale.
05:25Au-delà de 100$, on arrive dans un effet qui est extrêmement asymétrique
05:28d'après les simulations historiques.
05:29Et là, tout d'un coup, le coût réel se met à l'emporter sur le choc d'inflation lui
05:34-même.
05:35Et on est dans un monde qui est totalement différent.
05:37Totalement différent pour les actions, totalement différent pour les obligations.
05:40Et du coup, avec une allocation de portefeuille qui est très différente.
05:43Alors, la dernière pièce du puzzle, justement, c'est comment deux banquiers centraux voient ça ?
05:47Typiquement, comment est-ce que la Fed réagit face à ce choc-là ?
05:51La fermeture, enfin, disons, les données collectées par la Réserve fédérale américaine
05:55s'arrêtent au vendredi 13 mars.
05:57Donc, elles incorporent une partie de ce potentiel choc stagflation.
06:03Ce sera vraiment très intéressant d'observer.
06:05Comment les forecasts de la Fed, comment les prévisions de la Fed
06:07vont se déformer avec ce baril du dollar qui tutoie les 100$ ?
06:12Et à court terme, c'est un petit peu what and see.
06:14Elle ne peut pas faire grand-chose, la Fed.
06:15Il ne faut pas s'attendre à demain des hausses de taux, encore moins des baisses de taux.
06:20J'imagine que les banquiers centraux sont un petit peu comme les différents acteurs économiques.
06:24Ils attendent un petit peu de voir jusqu'où les conséquences peuvent aller.
06:27Et ils ne devraient pas.
06:29Parce qu'on le sait assez bien, ça fait 30 à 40 ans qu'on fait de l'archaire,
06:33justement, sur les chocs de matières premières.
06:35Un choc d'offres et un choc de demandes n'ont rien à voir en termes de progression des prix
06:40du baril.
06:40Tous les chocs sur le prix du baril ne se ressemblent pas.
06:44C'est quelque chose qu'on sait depuis maintenant une vingtaine d'années.
06:47Lorsqu'on est face à un choc d'offres, la banque centrale n'est pas censée réagir.
06:51Il y a eu une banque centrale historiquement qui a réagi à ça.
06:53C'était la BCE.
06:54Souvenez-vous, je dis toujours août, mais ce n'est pas août.
06:57Je crois que c'est juillet 2008.
06:58La hausse d'autos en pleine progression des prix du baril,
07:01alors qu'on est déjà en phase de ralentissement.
07:04Normalement, l'ADN des banques centrales est codé.
07:06De façon à dire, c'est un choc d'offres et du coup, c'est un choc qui est temporaire
07:10parce que si la demande ne suit pas, alors le choc d'inflation n'est pas pérenne.
07:14Jean-Pierre Petit.
07:15Oui, il y a juste un bémol qu'on peut dire.
07:17Moi, je suis doviche, donc je suis tout à fait d'accord avec ça.
07:20D'ailleurs, je critiquais à mort les évolutions de la BCE en 2008,
07:25qui était scandaleuse d'ailleurs.
07:27Mais bon, il y a juste un point quand même.
07:29C'est que même dans un choc d'offres, il y a quand même la mission de la Banque centrale
07:36qui est d'ancrer les anticipations de moyen terme.
07:38Si jamais les anticipations de moyen terme progressent,
07:42elle est obligée de lancer des signaux quand même, malgré tout.
07:44Soit dans le discours, soit dans l'action.
07:47Je le disais notamment en 2022.
07:49C'est-à-dire que j'étais doviche, mais je disais là,
07:52il faut dire qu'en 2022, avant la guerre d'Ukraine,
07:55il y avait pratiquement, on était à 7,5% d'inflation déjà aux Etats-Unis
07:59à cause du choc d'offres, mais alors pas lié à la guerre d'Ukraine,
08:04mais le choc d'offres post-Covid, avec les goulets d'étranglement un peu partout,
08:07et puis la reprise qui avait été à plus de 5% de croissance, rappelez-vous, en 2021.
08:12Donc là, les banques centrales, et puis en zone euro,
08:14on n'était pas à 7% d'inflation, mais on était à plus de 5.
08:16Donc là, les banques centrales étaient légitimes
08:18à resserrer au moins, en partie, pour lancer des signaux
08:23et pour, effectivement, mieux ancrer les anticipations d'inflation,
08:27ce qui, sur le moyen terme, s'est révélé justifié
08:29puisque, finalement, on n'a pas eu de récession.
08:32Aussi fou que cela puisse paraître,
08:34malgré ce choc inflationniste,
08:35ce double choc d'offres inflationnistes
08:37et ce resserrement monétaire exceptionnel aux Etats-Unis et en Europe,
08:40on n'a pas eu, à moyen terme, de récession.
08:44Et même la pression sur le marché, aussi fou que cela puisse paraître,
08:47n'a pas été aussi forte puisque le marché actions américain
08:49n'a baissé que de 25% entre le 1er janvier et le 30 septembre.
08:52Juste un petit point sur le prix du baril.
08:54On prend le prix du baril à 105 dollars et on dit,
08:57j'ai beaucoup de mes clients qui me disent
08:58« C'est beaucoup déjà, rappelez-vous, le record, c'est 147 dollars,
09:02le 8 juillet 2008, comme tu le disais juste à l'instant. »
09:08Je leur dis « Oui, mais il faut raisonner en pouvoir d'achat, mon ami.
09:10Entre depuis 2008, les prix ont augmenté.
09:13Si je prends avec les dollars de 2026,
09:15aujourd'hui, 147, c'est 220. »
09:17Ce n'est pas du tout la même chose.
09:19Et alors, ils me disent « On pourrait aller à 220 ? »
09:20Ben oui, on peut aller, sauf que ça ne dure pas.
09:23Parce que là, on ne passe plus en stagflation.
09:25Si on reste trois semaines, par exemple, ou un mois, à 220,
09:29là, on n'est plus en stagflation.
09:30Là, on rentre en récession.
09:32C'est pour ça que c'est très important pour l'allocation d'actifs.
09:34À ce moment-là, le marché obligataire remonte.
09:37Parce qu'on va aller en récession.
09:38Et là, le marché va penser, la Banque Centrale, dans le futur,
09:41va non plus arrêter de monter ses taux,
09:44et va même les baisser.
09:45Donc, le marché obligataire surperforme le marché actions.
09:49C'était le cas, notamment, dans les mini-chocs stagflationnistes de 1991,
09:53au moment de l'invasion du Koweït par Saddam Hussein.
09:56Donc, troisième choc pétrolier.
09:58Donc, il y a quelques mois où le marché obligataire se dégrade,
10:01les taux montent, les marchés actions baissent.
10:03Et puis, au bout d'un moment, comme on anticipe la récession,
10:05le marché obligataire remonte, c'est-à-dire que les taux baissent.
10:08Et on a eu ça aussi un petit peu en 2008,
10:10parce qu'au printemps 2008, aussi fou que ça puisse paraître,
10:13la majorité du marché pensait qu'on était en stagflation classique,
10:16en quelque sorte.
10:17Il y avait de l'inflation, il y avait plein de produits de couverture contre l'inflation,
10:20alors que la menace principale, évidemment, elle était déflationniste.
10:23Et on l'a vu très clairement après avec les Man Brothers.
10:26Et donc, il y a eu un petit moment de stagflation,
10:28où les marchés obligataires et les marchés actions se sont corrélés dans le mauvais sens.
10:32C'est-à-dire que tous les deux, ils ont baissé.
10:33Et puis, au bout d'un moment, le marché obligataire a rebondi.
10:35La fin 2008 est une très bonne période pour le marché obligataire, par exemple.
10:39Jusqu'au début de 2009.
10:41Très important pour l'allocation d'actifs.
10:42On n'y est pas encore.
10:43Alors, pour l'instant, le marché price plutôt stagflation.
10:45D'ailleurs, assez molle, mais stagflation.
10:47Et au bout d'un moment, il faudra bien juger.
10:51Soit le conflit s'arrête ou se calme.
10:53Il ne s'arrête pas comme ça du jour au lendemain.
10:55Ou il s'atténue.
10:57Et à ce moment-là, on reviendra dans des configurations classiques.
11:00Soit il continue ou il n'est pas assez clair.
11:03Et à ce moment-là, on sera toujours en thématique stagflationniste.
11:06Du côté de la BCE, pour l'instant, le marché anticipe une hausse de taux d'ici cet été.
11:12Et une probable deuxième hausse de taux à la fin de l'année.
11:16Par contre, aux États-Unis, le marché table toujours sur des baisses de taux.
11:19Comment vous expliquez ce grand écart, Florian Elpo ?
11:21On est encore sur cet ADN de ces deux banques centrales qui sont quand même très différentes.
11:25Et puis, on va avoir un changement, plus une rotation à la tête de chacune d'entre elles progressivement.
11:29D'abord la fête, puis ensuite la BCE.
11:32Si on s'en tient encore une fois au livre à l'histoire, globalement, on devrait avoir une fête qui
11:36ne fait rien,
11:37mais qui tente d'ancrer les anticipations.
11:39En maintenant, disons, un statut quo en termes de taux, on continue à anticiper des baisses de taux pour la
11:43fin de l'année.
11:44Parce que, comme Jean-Pierre, on est en train d'anticiper plutôt un scénario de court terme.
11:48Et ensuite, une résolution à moyen terme.
11:50Côté BCE, la BCE a cette tradition de répondre assez vertement au choc inflationniste,
11:57qu'il vienne de l'offre ou qu'il vienne de la demande.
12:00Il y a une courbe d'apprentissage, c'est une jeune banque centrale.
12:03La BCE, elle est encore jeune à l'échelle des banques centrales des pays du G10.
12:07On va observer sa réaction.
12:10Moi, j'aurais un vif intérêt, en tout cas, pour la session des questions-réponses qui va suivre la conférence
12:14de presse.
12:15Si je peux juste rajouter un élément sur la partie obligataire qui est particulièrement importante cet an.
12:19On va chercher généralement de la diversification dans le monde obligataire, à long terme, disons.
12:25Il faut garder en tête qu'il y a une différence, je pense, cruciale entre l'Europe et les États
12:29-Unis.
12:29C'est qu'en Europe, on a tendance à déployer des boucliers fiscaux autour de ces chocs inflationnistes.
12:35Et ça, c'est un élément qu'il faut garder en tête.
12:38Parce que, justement, sur cette route vers l'obligataire peut diversifier à moyen terme.
12:42Oui, mais à court terme, il y a un risque important.
12:44En tout cas, globalement, on a vu des marchés très sensibles aux problématiques de dette.
12:48On pourrait avoir des États qui se mettent à déployer des mécanismes fiscaux pour protéger la population de la progression
12:55de l'inflation.
12:56C'est-à-dire qu'on aurait une migration de la stagflation de stagverflation.
13:00C'est-à-dire qu'on retirerait une partie de l'effet négatif sur la demande.
13:03Et puis, on viendrait protéger, justement, contre cette inflation globale.
13:07Et ça rajouterait de la prime dans les taux européens.
13:10Un élément qui a déjà en partie été anticipé par les marchés, mais pas complètement.
13:15Donc ça, c'est un élément à bien garder en tête.
13:17On a beaucoup de sympathie pour Scénario.
13:19À long terme, les obligations, ça défend.
13:21Aujourd'hui, ce qu'il défend, c'est les matières premières.
13:23C'est le cash.
13:24Et ça vaut le coup, justement, de réaligner un petit peu son portefeuille vers un point un peu plus neutre.
13:29Monétiser un petit peu des gains qui ont été réalisés depuis le début de l'année.
13:31Parce qu'ils sont toujours là.
13:32Il faut s'en rappeler.
13:33Et aller chercher un peu de diversification dans les matières premières.
13:36Rappelons-nous qu'elles ne servent que 20% du temps.
13:40Et on est probablement dans l'une de ces périodes de ces 20% du temps.
13:43Puisque cette fois, l'once d'or ne fait pas office de valeur refuge.
13:46Ça, c'est quand même pour l'instant un enseignement.
13:48Alors, on n'est que sur les 15 premières séances.
13:50Mais on est à 5 000 dollars.
13:52Même hier, on a perdu ce fil des 5 000 dollars.
13:54Comment vous expliquez que l'or n'est pas recherché en ce moment ?
13:57Alors, historiquement, l'or est recherché dans ces phases-là.
14:01Le pétrole a ceci de particulier que c'est un donneur de choc.
14:05C'est une variable systémique dans le monde des matières premières,
14:08dans le monde économique, dans le monde des marchés globalement.
14:10Mais c'est un donneur de choc au reste des matières premières.
14:13La plupart des matières premières sont produites avec du pétrole.
14:16Donc, on a des effets de seconde qui, généralement, se génèrent.
14:19Et en plus de ça, c'est une valeur refuge.
14:21On va s'y réfugier, notamment contre l'inflation globalement.
14:25Surtout si cette inflation peut être plus prononcée aux États-Unis.
14:28Simplement, on a déjà marqué beaucoup de gains sur l'or.
14:31Il y a une problématique de valorisation.
14:32Si on compare la relation long terme entre le prix de l'or et l'inflation américaine,
14:37le niveau des prix aux États-Unis, ce qu'on appelle la golden constant, la constante dorée,
14:42globalement, on est à peu près à 1,5 écart type.
14:45Donc, on est quasiment au maximum de ce qu'on peut observer.
14:48Ça nous donne une valeur fondamentale à 3 500 et un max à 5 000, 5 500.
14:52C'est les ordres de grandeur où on est aujourd'hui.
14:54Jean-Pierre Petit, ça vous intéresse aujourd'hui de l'or à 5 000 dollars ?
14:58Ou vous estimez que non, il y a mieux à faire ?
15:00Non, je surpondère encore l'or aujourd'hui dans notre allocation d'actifs.
15:04Alors, inflation, stag ou inflation, il n'y a pas 36 000 actifs,
15:08que ce soit dans les cycles longs ou dans les cycles courts, qui performent.
15:11Ce sont le plus souvent les actifs physiques, il faut bien le dire.
15:14Les comos, cycliques ou pas.
15:17Et donc, effectivement, le pétrole, mais l'aluminium aussi.
15:20Enfin, nous, depuis 15 jours, on a établi une liste et il y a ces matières premières-là.
15:28Il y a les obligations indexées aussi, parce qu'on dit qu'on achète le break-even, etc.
15:32Il y a les infras qui peuvent être aussi un moyen de protection contre l'inflation.
15:36Certaines infras, plus exactement, pas toutes, cotées ou non cotées.
15:40Enfin, bref, il y a...
15:41Pour renforcer les côtés défensifs, là, depuis une quinzaine de jours.
15:44Depuis le dimanche qui a suivi, dimanche 1er mars, la première chronique que j'ai faite au matin,
15:49c'était une allocation défensive, parce que c'est quelque chose de très sérieux.
15:52Le conflit concerne à peu près 320 millions de personnes, une douzaine de pays.
15:57Il engage la première armée du monde et la première de la région Moyen-Orient.
16:04L'Iran, ce n'est pas rien.
16:06C'est 90 millions d'habitants, ça fait trois fois la France.
16:09Ce n'est pas le Venezuela, c'est ça que je veux dire.
16:11Et qu'est-ce que vous attendez, l'élément déclencheur qui fera un petit peu du buy the deep ?
16:15Qui vous fera dire, là, peut-être, il sera intéressant de retourner sur une marche action.
16:19Alors, Wall Street n'a quasiment pas corrigé, sur les indices européens, on a perdu 5 à 8%.
16:22Si, on a un petit peu corrigé quand même, par rapport au point haut.
16:25Non, je suis d'accord.
16:27Depuis le début du conflit, le Nasdaq est à moins 2.
16:29Oui, enfin, hier, enfin, vendredi soir, on était, par rapport au pic, on était pas loin de moins 4.
16:35Enfin, non, mais je suis d'accord.
16:36L'Europe et l'Asie de l'Est ont un peu plus corrigé, ce qui est normal, d'ailleurs.
16:40Mais c'est vrai, ça ne suffit pas.
16:41Je suis tout à fait d'accord.
16:43Alors, qu'est-ce qui pourrait favoriser un rebond un peu durable ?
16:46Évidemment, le dégagement des routes maritimes, même si c'est partiel, etc.
16:50Ça pourrait donner de la lisibilité.
16:53Et évidemment, les approches de négociation.
16:56Il ne faut pas s'attendre à ce que Larry Gianni, là, s'il n'est pas mort ce matin,
17:00annonce, ah bah oui, oui, finalement, on a eu tort, on va dégocier.
17:02C'est quelque chose, c'est un processus qui va être très, très graduel.
17:05Des approches de médiation sérieuses, c'est-à-dire la Chine, par exemple,
17:09qui pourrait se mettre un petit peu là-dedans, notamment à la faveur de rencontres
17:12ou de visio entre Trump et Xi Jinping.
17:15C'est ces choses-là qui pourraient améliorer le sentiment.
17:19En attendant, prudence, donc.
17:20Du côté de l'embarodier IM, le mot de la flamme, Florian Lepo ?
17:24Global allocation sur le portefeuille, là, depuis le début du mois de mars.
17:28Très clairement, je vais juste vous livrer ce qu'on fait dans notre fonds multi-assets.
17:30C'est le plus simple.
17:31Un, c'est générer un petit peu de cash, mais pas beaucoup.
17:34Pour l'instant, on ne pense pas que, en tout cas, nos signaux de marché
17:37et nos fondamentaux disent pas que c'est la fin du monde.
17:39Loin s'en faut.
17:40Et par contre, repositionner le portefeuille vers un peu plus de la bonne diversification,
17:44la diversification stackflationniste.
17:45On parlait des matières premières, cycliques ou non.
17:48C'est probablement la meilleure exposition.
17:49On s'expose au facteur de risque lui-même.
17:52Ce qu'on sous-estime probablement, c'est les effets de second tour,
17:54c'est-à-dire non pas sur l'inflation, mais sur le monde des matières premières lui-même.
17:58On pourrait avoir un effet d'entraînement, la progression des prix du baril
18:01sur le reste des matières premières.
18:03Il y a encore de l'upside sur les matières premières, selon nous.
18:05Florian Lielpot, en charge de la macroéconomie chez Lombard au DIM,
18:08et donc Jean-Pierre Petit, le président des Cahiers Verts de l'économie.
18:10Merci à tous les deux de nous avoir accompagnés.
18:12Le CAC 40 est en très légère hausse de 0,1%.
18:14A l'inverse, l'Eurostock 50 perd 0,2%.
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