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  • il y a 14 heures
Après un mois et demi de conflit, Donald Trump annonce un cessez-le-feu avec l’Iran pour ouvrir des négociations, tandis qu’Israël poursuit ses frappes massives au Liban. Le détroit d’Ormuz reste sous tension, les prix du pétrole flambent et les négociations s’ouvrent à Islamabad.

Dans cette émission, Alain Juillet, ancien patron du renseignement à la DGSE et officier des Commandos parachutistes du SDECE, décrypte sans concession les coulisses de cette guerre :

- Comment Netanyahou a-t-il convaincu Trump dans la Situation Room le 11 février ? Le New York Times révèle les détails explosifs.

- Pourquoi les renseignements américains ont-ils qualifié le plan israélien de "bullshit" ?

- Tentative de révolution de couleur en Iran : Trump avoue l’envoi d’armes via les Kurdes et le Mossad révèle son plan d’infiltration des manifestations.

- La tragique frappe sur l’école de filles de Minab : comment l’IA (Palantir Maven + Claude) a-t-elle pu recommander cette cible ?

- Le rôle de la DGSE, la position de la France et d’Emmanuel Macron.

- Détroit d’Ormuz : péage iranien, pétroyuans, impact sur l’économie mondiale et le dollar.

- Victoire ou défaite américaine ? Analyse du général Vincent Desportes et des déclarations de Pete Hegseth, Mojtaba Khamenei et Netanyahou.

Avec la franchise et l’expérience qui le caractérisent, Alain Juillet démonte les narratifs officiels et analyse les vrais rapports de force.

👉 Retrouvez Alain Juillet sur sa chaîne Open Box TV : https://www.youtube.com/channel/UCGMfMTt87K1BIeUMOZUr7gw

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00:00Vous payez des impôts sur le revenu ? Sur les sociétés ?
00:02Vous en avez assez de financer les choix désastreux de nos dirigeants politiques ?
00:06De contribuer à des guerres qui nous affaiblissent ?
00:08Que votre argent soit détourné pour que des oligarques ukrainiens achètent des Bentley ?
00:12Il y a une solution. Donnez à TV Liberté.
00:15Non seulement vous ferez vivre un média libre et indépendant, mais vous réduirez vos impôts.
00:19Si vous donnez 300 euros à TV Liberté, vous pourrez déduire 200 euros de vos impôts.
00:24Votre don ne vous coûtera donc que 100 euros.
00:26Et vous aurez privé le pouvoir macroniste du double.
00:28Une équation séduisante, n'est-ce pas ?
00:30Alors, n'hésitez pas. Soutenez TVL.
00:51Bonjour à tous. Je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro du samedi politique.
00:55Comme chaque semaine, nous allons tenter de décrypter l'actualité de ce monde qui bascule et qui s'emballe.
01:01Au programme, bien sûr, la guerre des États-Unis et Israël contre l'Iran.
01:06Alors, après avoir annoncé l'anéantissement de la civilisation perse,
01:09Donald Trump a finalement déclaré un cessez-le-feu.
01:12Des négociations devraient avoir lieu.
01:15Pendant ce temps, Israël a poursuivi ses frappes sur le Liban.
01:18Des frappes particulièrement violentes.
01:20Alors, comment en sommes-nous arrivés là ?
01:24Comment sortir de cette situation, de ce blocage aussi dans le détroit d'Hormuz ?
01:28Eh bien, c'est tout ce que nous allons voir dans cette émission.
01:30Mais n'oubliez pas avant, le petit coup de pouce.
01:33A tout de suite.
01:44Et à mes côtés, cette semaine, Alain Juillet.
01:47Bonjour, monsieur.
01:48Bonjour, Élise.
01:49Merci beaucoup d'être avec nous à nouveau.
01:51Vous êtes ancien officier des commandos parachutistes du SDEC.
01:55Vous avez été le patron du renseignement de la DGSE, spécialiste, grand spécialiste français de l'intelligence économique.
02:02Et puis, bien sûr, j'en profite pour une petite page de pub, parce qu'on n'est jamais aussi
02:05bien servi que par soi-même.
02:06Nos téléspectateurs peuvent vous retrouver très régulièrement sur votre chaîne YouTube, Openbox TV,
02:12où vous avez dépassé les 250 000 abonnés.
02:15Et puis, bien sûr, on peut régulièrement retrouver des émissions d'Openbox TV sur TV Liberté.
02:20Alors, pour commencer, Alain Juillet, la guerre des États-Unis et d'Israël contre l'Iran a débuté il y
02:25a à peu près un mois et demi.
02:26Pour vous, quel était l'objectif de cette intervention avec le recul ?
02:32Et surtout, ces objectifs sont-ils partiellement atteints pour les États-Unis, pas du tout atteints ou totalement obtenus pour
02:41Donald Trump ?
02:42– Alors, je crois qu'il faut… la réponse, on peut la séparer en deux parties, s'il vous plaît.
02:48Pour les États-Unis, on sait maintenant, depuis hier, depuis hier,
02:52le Washington Post a publié une enquête passionnante hier, où il a expliqué comment ça s'est passé.
02:58Parce qu'on disait tous, Netanyahou a mis la pression sur Trump.
03:03Alors, il y a ceux qui disaient, c'est suite à l'affaire Epstein, que Trump a été… on lui
03:08a mis sous pression.
03:10D'autres disaient, non, c'est les relations amicales qu'il peut y avoir.
03:13Enfin, il y avait plein de motifs, mais on ne savait pas lequel était le bon.
03:16Mais il y avait effectivement une collusion entre les Américains et les Israéliens pour faire la guerre en Iran.
03:21Et personne ne comprenait pourquoi en disant pourquoi les Américains se sont mis dans cette affaire.
03:28– Le Washington Post vient de nous informer qu'en définitive, le 11 février, c'est très précis,
03:33Netanyahou est venu aux États-Unis avec des collaborateurs et a présenté à Trump, à Vance et à Jared,
03:41le gendre de Trump qui est copain de Netanyahou, un plan pour attaquer l'Iran.
03:46En disant, on va attaquer l'Iran, on peut tout détruire.
03:49Et en même temps, il va y avoir un soulèvement populaire et ils seront renversés.
03:54Et Trump, il a trouvé que c'était une bonne idée.
03:58Vance était contre, il faut le savoir.
04:00Wittdorf, qui est le grand négociateur actuel, qui négocie aussi en Ukraine
04:04et qui va négocier en Pakistan à partir de demain, Wittdorf également était contre.
04:12Et Jared Kushner, qui est copain de Netanyahou, lui était pour.
04:18Donc Trump était soutenu par son gendre et a dit, oui, c'est une bonne idée, on y va.
04:22– Quand vous dites Trump était soutenu par son gendre,
04:24ça veut dire que Trump lui-même était plutôt favorable à l'Iran.
04:27– Ah oui, après ce que dit Washington Post, Trump était favorable, tout le monde.
04:30Ben oui, s'il y a un renversement du régime et qu'en plus…
04:34Alors après, ce qu'on découvre, c'est que les militaires, on dit tout de suite,
04:39on dit pour les destructions, on va y arriver, il n'y a pas de problème.
04:43Par contre, pour une action terrestre, ça va être beaucoup plus difficile,
04:47on ne peut pas le faire. Et derrière, ils ont dit, attention aux détruits d'Hormuz.
04:53Si les militaires ont dit, attention à Hormuz, là, il y a un risque réel.
04:57Bon. Trump a dit, mais non, ça ne fait rien, on y va.
05:01Et donc, après, quand je dis les militaires ont dit ça,
05:04ils ont étudié des plans. Après ce qu'avait donné Netanyahou,
05:08Trump a dit, étudiez tout.
05:09Et il y a eu le rapport qui a été fait par les Américains, disant,
05:12« Voilà, M. le Président, on peut y aller, mais voilà les conditions,
05:16voilà les dangers, voilà ce qu'on court. »
05:19Et Trump n'a pas passé outre l'histoire de Hormuz.
05:22Il a passé outre le fait que Vance disait, il ne faut pas y aller
05:26parce que notre électorat est contre la guerre.
05:28On a été élus pour faire la paix. Donc, il ne faut pas s'amuser à ça.
05:32Et donc, Trump y a été. À la Trump, j'ai moins qu'on puisse dire.
05:38Pour Netanyahou, ça a été un superbe coup,
05:41puisque lui, qui voulait par tous les moyens continuer la guerre,
05:45parce qu'on sait depuis toujours que Netanyahou,
05:47si la guerre s'arrête, il part en prison,
05:50parce que la Cour suprême israélienne continue à vouloir le mettre en prison
05:54pour les affaires de corruption.
05:56Donc, il sait que lui, sans survie, c'est la guerre pouvoir continuer.
05:59On le sait depuis des mois, ça. Donc, ce n'est pas une nouveauté.
06:02– Depuis avant le 7 octobre, d'ailleurs.
06:04– Bien sûr. D'ailleurs, c'est probablement une des raisons.
06:07Enfin, il y a beaucoup de choses à dire.
06:09Bon. Donc là, Netanyahou a dit, c'est bon, on y va.
06:14Mais Netanyahou, il était aussi convaincu,
06:17quand il a présenté son dossier,
06:18qu'il allait y avoir un soulèvement populaire.
06:21Erreur fatale.
06:23Ce qui est, alors, ce qui est beaucoup plus grave,
06:25c'est qu'aujourd'hui, on voit que,
06:27le même Netanyahou dit depuis trois jours
06:30que l'échec en Iran, ce n'est pas de sa faute,
06:32c'est la faute de David Barnea, le patron du Mossad,
06:35qui s'est trompé. Bon.
06:38Or, en Israël, il y a des choses qui sortent quand même aussi,
06:43aujourd'hui, et qui disent, mais ce n'est pas vrai.
06:46Barnea n'a jamais dit qu'il y aurait un soulèvement populaire.
06:50Donc, si vous voulez, on voit que c'est une affaire,
06:53un espèce de marché dupe général,
06:55où tout le monde s'est trompé,
06:56ou a trompé l'autre, si vous voulez.
06:59Et le problème, c'est que cette guerre,
07:02si on regarde froidement ce qui s'est passé,
07:05cette guerre, on est dans une impasse totale,
07:08parce qu'ils se sont trompés sur presque tout.
07:11– Et c'est un peu une guerre du faible au fort,
07:14où Donald Trump avait beaucoup à perdre ?
07:16– Alors, justement, il y a eu indiscutablement…
07:19Ça, c'est un…
07:20Le plan militaire, c'est une chose sur laquelle
07:21il faut qu'on médite sérieusement,
07:23c'est qu'on a considéré les Iraniens
07:26comme des moins que rien, en disant
07:29mais on peut les écraser parce qu'ils ne sont pas forts.
07:32On a oublié que dans la guerre du faible au fort,
07:35l'intelligence peut remplacer des armes.
07:38– Surtout quand il y a plus de l'intelligence, il y a des armes.
07:41– Alors, en plus, vous avez tout à fait raison.
07:44Et on le voit bien, parce que si vous regardez cette guerre,
07:46c'est très intéressant de voir que
07:49les Iraniens n'ont jamais tiré les premiers.
07:54C'est clair, ils ont été agressés, c'est clair,
07:55à part les Américains et les…
07:57Mais, derrière, quand vous voyez les frappes, par exemple,
08:03sur les bases américaines,
08:05ils ont tiré sur les bases américaines dans les pays autour.
08:07Ça, personne ne s'y attendait.
08:09Et les pays du Golfe…
08:10– Ils avaient prévenu d'ailleurs de ces ripostes.
08:12Ils avaient dit, en cas d'attaque,
08:13nous riposterons sur les bases américaines des pays du Golfe.
08:15– Oui, mais on ne voulait pas y croire,
08:16parce que ça ne s'était jamais fait.
08:18Et en définitive, c'est très intelligent,
08:20parce que les pétro-royaumes, pétro-monarchies,
08:24elles se sont rendues compte que d'avoir une base américaine,
08:27le Qatar en particulier,
08:28plus grosse base américaine au Moyen-Orient,
08:31c'était au Qatar,
08:32ils se sont rendus compte que d'avoir une base américaine,
08:34ça ne les protégeait pas,
08:35puisqu'on tirait sur la base américaine.
08:37– Ça en faisait même des cibles.
08:38– Ben oui.
08:39Et ça, ça a été…
08:40C'était un renouveau, si vous voulez,
08:42dans cette affaire-là.
08:43Parce que c'est un renouveau stratégique.
08:45On n'avait pas pensé qu'ils pouvaient réagir comme ça.
08:50La deuxième, bien sûr, ça a été Hormuz.
08:52Mais dans l'affaire d'Hormuz,
08:54ce qui est très intéressant,
08:55c'est de voir que…
08:57Là, il faut le dire pour les auditeurs,
09:00jamais les Iraniens n'ont dit qu'ils bloqueraient Hormuz.
09:04Les Iraniens…
09:04Non, il faut le savoir.
09:05Les Iraniens ont dit,
09:07nous tirerons sur les bateaux qui sont nos agresseurs,
09:12c'est-à-dire des bateaux liés aux Américains, aux Israéliens.
09:16Les autres peuvent passer.
09:18Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
09:19C'est que la Lloyd à Londres,
09:21la compagnie d'assurance à Londres,
09:23au tout début de la guerre,
09:25quand il y a eu les Iraniens qui ont dit
09:28que les bateaux peuvent passer,
09:30sauf ceux qui sont les opposants, la guerre,
09:34qui sont nos ennemis.
09:35– Les bateaux hostiles.
09:36– Les hostiles, voilà.
09:37Les bateaux hostiles.
09:39Bon, la Lloyd, qu'est-ce qu'elle a dit ?
09:41Elle a dit, ça devient trop dangereux
09:43parce que comme on ne peut pas identifier à coup sûr
09:45les bateaux comme étant d'un côté ou de l'autre,
09:49il y a toutes les chances que des bateaux non concernés
09:52prennent un missile,
09:54prennent une vedette lance-torpille ou quelque chose.
09:58Bon, donc qu'est-ce qu'ils ont fait ?
10:00Ils ont augmenté les primes de manière considérable.
10:04Et c'est ça qui a bloqué.
10:05Tous les armateurs ont dit,
10:07mais je ne vais pas payer des millions de dollars d'assurance
10:11uniquement pour passer le détroit d'Ormuse.
10:13Donc j'attends que la fin de la guerre pour faire passer mes bateaux.
10:16C'est pour ça que les bateaux sont bloqués.
10:19C'est pas parce que…
10:20– C'est d'ailleurs pour ça que, malgré les déclarations,
10:22pour le moment, le trafic ne reprend pas.
10:24– Mais exactement, parce que pour le moment, justement,
10:26même quand les Iraniens disent,
10:28mais vous pouvez passer, je ne vais pas tirer,
10:30les autres disent, attends, il y a quand même un risque,
10:32il y a un imbécile qui tire.
10:34Donc on se retrouve…
10:35Donc c'est ça, si vous voulez.
10:36Et là, on voit que les Iraniens,
10:38ils ont su jouer sur tous les aspects.
10:41Et quand, par exemple, on a eu…
10:45Alors quand les Israéliens ont tiré sur une raffinerie,
10:49jusqu'à ce moment-là, Trump avait dit…
10:52Vous savez que le pétrole, c'est sacré pour les Américains,
10:54parce que c'est la raison de beaucoup de choses.
10:56C'est la raison du Venezuela,
10:58c'est la raison aussi de l'Iran, pour les Américains.
11:02Bon, on veut contrôler les ressources pétrolières dans le monde.
11:05Donc qu'est-ce qu'on fait ?
11:07Eh bien, on n'y touche pas.
11:09Vous ne touchez pas dans les bombardements
11:11aux raffineries de pétrole et de gaz,
11:12parce que ça, c'est le business.
11:14Bon, qu'ont fait les Israéliens qui n'écoutent pas
11:17ce que disent les Américains de manière assez régulière ?
11:20Ils ont bombardé deux raffineries à côté de Téhéran.
11:24Vous avez vu, on a vu des images spectaculaires
11:26en Téhéran, en feu, et ainsi de suite.
11:28Bon, qu'est-ce qu'ont fait les Iraniens ?
11:30Ils ont dit, on était d'accord pour dire
11:32qu'on ne touche pas les raffineries.
11:34Immédiatement, ils ont touché deux raffineries
11:36au Bahreïn et je crois, au Kovit.
11:41Bon.
11:42À chaque fois que les Israéliens ont tiré quelque chose
11:47qui n'était pas prévu, les autres ont répondu.
11:50La riposte n'a pas tendu.
11:51Quand les Israéliens ont bombardé Nathan, c'est les sites,
11:57qu'est-ce qu'ont fait les Iraniens ?
11:59Ils ont bombardé Dimona, la centrale atomique israélienne
12:03où il y a les bombes atomiques israéliennes.
12:05Donc, si vous voulez, on voit qu'à chaque fois,
12:07c'est du donnant-donnant.
12:08– C'est une symétrie dans les francs.
12:09– C'est une symétrie.
12:10C'est là où on voit la guerre du faible au fort.
12:13Mais avec, autant le problème du nucléaire est réglé,
12:20mais on le savait déjà avant,
12:21puisque dans la négociation avant le début de la guerre,
12:24il ne faut pas l'oublier,
12:26dans la négociation qui a eu lieu avant le début de la guerre,
12:29les Iraniens et les Américains s'étaient mis d'accord sur le nucléaire.
12:33Donc ça, on le sait.
12:34Ils ne s'étaient pas mis d'accord sur les intermédiaires d'Oman.
12:37– C'est ça, avec Oman.
12:39– Et il y avait, là où ils ne s'étaient pas mis d'accord,
12:41c'étaient les missiles.
12:43Parce que les Américains disaient,
12:44on ne veut plus que vous ayez les missiles,
12:46et les autres ont dit, attendez,
12:47on veut bien que vous nous enleviez le nucléaire,
12:50mais laissez-nous au moins les missiles pour nous défendre.
12:52Sinon, on ne peut pas se défendre.
12:54Ce qui était logique, il faut être honnête, c'est logique.
12:57On ne peut pas tout enlever à un pays
12:59sous prétexte que ça menace l'autre.
13:02Il y a une question d'équilibre, un minimum d'équilibre.
13:05Donc, c'est ça qu'il y a.
13:06– Et, or, ces missiles ne se sont révélés pas du tout
13:09comme on le pensait,
13:10parce qu'il y en avait d'abord beaucoup plus que prévu.
13:13On pensait qu'il y en avait entre 500 et 700.
13:16Aujourd'hui, on dit qu'il y en avait 3000
13:18et qu'il en reste au moins 1000.
13:20Donc, ce n'est pas rien.
13:22Et d'autre part, la grande surprise, ça a été la précision des missiles,
13:26puisqu'on dit qu'ils sont précis à 1 mètre, 1,50 mètre.
13:30Alors qu'avant, c'était à plusieurs cinquantaines de mètres.
13:34Entre parenthèses, je ne sais pas si vous avez vu cette image magnifique
13:36qu'on ne voit pas sur les grandes télévisions,
13:40mais qu'on a vu sur les réseaux sociaux,
13:41c'est comment un missile iranien a touché la villa
13:44où habite M. Netanyahou.
13:46Elle n'existe plus.
13:48– Absolument.
13:49– Qui prouve la précision quand même du tir,
13:51parce que dans une zone de résidence où c'est juste une maison,
13:57là, ça commence à devenir sérieux.
13:59– Alors, je vous demandais tout à l'heure,
14:00un peu en introduction de cette émission, Alain Juillet,
14:03si les objectifs de Donald Trump étaient atteints.
14:06Je crois que vous y aviez partiellement répondu.
14:09Je voudrais qu'on écoute à présent le général Vincent Desportes,
14:12que vous devez connaître.
14:13– Bien sûr.
14:13– Et il considérait, à l'annonce du cessez-le-feu,
14:16que les États-Unis avaient perdus.
14:19On le regarde.
14:20– Non, c'est une défaite des États-Unis, soyons clairs.
14:23Trump arrête parce qu'il doit arrêter.
14:25Vous savez, quand vous avez quelqu'un qui dit victoire complète,
14:27mais je reprends le plan de paix de l'autre,
14:29et maintenant je vais négocier un peu chacun des dix points de l'autre,
14:33c'est qu'il a totalement abandonné son propre agenda.
14:36Il a perdu ce qui n'est pas bien du tout pour lui et puis pour nous,
14:41parce que l'Amérique perd sa crédibilité en tant que puissance de réassurance.
14:46Et nous, derrière, nous ne sommes pas partie prenante de cette guerre,
14:50mais nous sommes, par ce qu'on appelle le sud global,
14:52considérés comme faisant partie du camp qui a attaqué.
14:55– Alors, ces déclarations vont un peu dans le sens de ce dont on parlait,
15:05à savoir de cette stratégie du faible au fort,
15:06parce que finalement, les États-Unis partent tellement gagnants
15:09dans ce genre de conflit que, j'allais dire, de façon un peu basique,
15:14à chaque fois que l'Iran marque des points,
15:16en réalité, c'est une victoire incommensurable par rapport aux États-Unis
15:19qui auraient dû écraser la puissance iranienne,
15:22qui était déjà pas très loin de l'âge de pierre,
15:24si on en croit le président américain.
15:26– Il est clair que les États-Unis se sont lancés,
15:30en pensant que ça serait une promenade de santé,
15:34et que ça s'est révélé un échec total.
15:36Mais suite à toute une série d'erreurs,
15:40ne serait-ce que…
15:41parce qu'en face, il y a des gens qui avaient préparé cette guerre,
15:44il y a des gens qui se disaient, un jour, ça va nous arriver,
15:47et voilà comment on va faire,
15:49pour justement, dans une guerre du faible au fort,
15:52comment on peut s'en sortir ?
15:53– Bon, les Américains, visiblement, ne l'avaient pas prévu,
15:56ni les Israéliens d'ailleurs.
15:59Aujourd'hui, qu'est-ce qu'il y a ?
16:01On est dans une impasse, c'est clair,
16:04on est dans une impasse totale,
16:05puisque les bateaux, comme on l'a dit,
16:07pour des raisons diverses, mais sont bloqués.
16:09Or là, c'est tout le commerce mondial qui est touché,
16:12et tout le monde dit, maintenant, ça suffit,
16:14il faut rouvrir le Hormuz,
16:16et les Iraniens disent, mais nous, on veut bien,
16:19mais il faut qu'on négocier.
16:22Et les Américains disent, mais oui, il faut qu'on négocie.
16:24– Le problème, pardon de vous interrompre,
16:26mais quand on dit négocier aujourd'hui,
16:27c'est compliqué de savoir avec qui les Américains vont négocier,
16:30parce qu'ils ont quand même éliminé une grande partie
16:33des dirigeants iraniens.
16:34– Oui, mais non, mais attendez, c'est là où,
16:37là aussi, si vous voulez,
16:39on en avait même parlé ensemble ici une fois,
16:43on savait depuis, on sait depuis toujours
16:46que le remplacement des Molas se ferait par un gardien de la Révolution.
16:51Ce n'est pas le chat Palavi, le fils du chat Palavi
16:55qui allait, Reza Palavi, qui allait remplacer les Molas,
16:59on le savait très bien, on savait que ce serait forcément,
17:01compte tenu du système, un gardien de la Révolution.
17:04C'est ce qui se passe, le président de l'Assemblée nationale
17:07qui est maintenant le négociateur en chef,
17:10il est un gardien de la Révolution, militaire…
17:13– Et le guide suprême est désormais le fils du guide suprême
17:16qui a été assassiné.
17:17– Oui, il est bien malade, le pauvre,
17:19le fils du guide suprême, il a été nommé,
17:21mais il est très fatigué, il a été blessé,
17:24et il est bon, il garde un Molas, mais c'est fini,
17:28ce n'est plus lui le chef, on le voit très bien,
17:30les négociations, c'est les autres qui les mènent.
17:32– Surtout s'il est mal en point,
17:33soit dit.
17:34– Ah oui, oui, c'est le moins qu'on puisse dire.
17:35– Et comment on sait ça ?
17:37– Parce que d'abord, le fils du guide,
17:40on ne l'a pas vu depuis très longtemps,
17:41on ne l'a jamais vu, depuis qu'il a été nommé.
17:44Bon, on sait par contre qu'il est encore vivant
17:46parce qu'il a donné son accord pour les négociations,
17:49c'est parce que c'est les Iraniens qui l'ont expliqué,
17:51ils ont dit que le guide avait donné son accord,
17:54mais les négociations, elles sont menées par qui ?
17:57– Par le président et surtout par, et c'est là,
18:00celui qui les aime, Trump l'a dit,
18:02Trump a dit, le président de l'Assemblée,
18:04là c'est quelqu'un de très bien, on peut discuter avec lui.
18:07Ça y est, ils sont en train,
18:09ils refont le coup de Dulce Rodriguez au Venezuela,
18:14on prend le président du Parlement, c'est important là-bas,
18:17et c'est lui qu'on va mettre comme chef.
18:20Donc, là-dessus, et alors, ce qui est très intéressant aussi,
18:23ce qui montre qu'ils sont dans une impasse,
18:25c'est que, qui est le chef des négociateurs au Pakistan ?
18:31Vance, qui était contre la guerre,
18:33et qui depuis le premier jour, alors il est loyal,
18:36il n'a pas dit un mot.
18:37– C'est le mot qu'on puisse dire,
18:38chaque déclaration qu'il fait est extrêmement agressive
18:41à l'égard de l'Iran aujourd'hui,
18:42et pas vraiment dans l'apaisement, à vrai dire.
18:45– Non, oui, mais il est pour la paix.
18:47– Vance, c'est pour la paix.
18:50Depuis le début, Vance se dit, il ne faut pas faire la guerre,
18:52ce n'est pas la solution.
18:55Donc, Vance avec Wigdorf,
18:57alors il y a bien sûr, il y a Jared Kushner,
18:59qui est le gendre, qui va être là aussi,
19:01c'est les trois négociateurs.
19:03Bon, dans cette négociation, il faut qu'ils trouvent une solution.
19:07Et la solution, on le voit bien,
19:09d'ailleurs, Trump commence à lâcher des choses incroyables,
19:12qui peuvent se mettre d'accord avec les Iraniens,
19:15oui, qu'il a même été dire quelque chose d'invraisemblable,
19:18en disant, mais si les Iraniens mettent une taxe
19:21sur le passage par Hormuz,
19:22on pourrait se mettre d'accord avec eux
19:24pour partager le résultat.
19:25– Et puis après, il a ensuite dit le contraire,
19:27et aujourd'hui, il refuse qu'il y ait un péage.
19:29– Oui, parce qu'on lui a dit que c'était interdit
19:31par les lois internationales.
19:33Montego Bay, qui est le traité de circulation
19:37sur les mers dans le monde,
19:38que les Américains n'ont pas signé, d'ailleurs.
19:41– Mais il a le droit, alors.
19:41– Oui, comme par hasard, mais le texte dit bien
19:44qu'on n'a pas le droit de toucher de l'argent
19:47sur un passage d'un détroit, quel qu'il soit.
19:49Il y a 13 détroits dans le monde, stratégiques,
19:52on n'a pas le droit de toucher de l'argent
19:54sur le passage d'un détroit.
19:55Enfin, ceci dit, peut-être qu'ils le feront, pourquoi ?
19:58Parce que les Iraniens sont malins.
20:00Qu'est-ce qu'ils ont dit, les Iraniens derrière ?
20:02Il faut voir.
20:02Pourquoi ils veulent mettre une taxe ?
20:04C'est parce qu'il faut refinancer
20:06la reconstruction de l'Iran.
20:09Alors, normalement, c'est le pays qui attaque.
20:12Le pays attaquant doit payer les réparations
20:14au pays qui a été détruit.
20:16C'est la règle.
20:17Bon, là, ils ne peuvent pas demander aux Israéliens,
20:20aux Américains, de payer ça.
20:23Pas plus que les Ukrainiens verront les Russes
20:25financer la reconstruction de l'Ukraine.
20:29Donc, ce que disent les Iraniens,
20:31c'est que pour nous permettre de financer,
20:32tout le monde va collaborer,
20:34vous allez payer une taxe au passage d'Hormuz.
20:37Vous voyez, c'est là qu'on voit que c'est des choses...
20:38Ils sont malins.
20:39C'est la guerre du faible au fort.
20:41Je vous propose qu'on écoute quand même
20:43les déclarations de Moustaba Khamenei.
20:44Effectivement, ce n'est pas lui qui nous lit, bien sûr.
20:50Nous exigerons une réparation pour chaque blessure subie,
20:53ainsi que pour les familles des martyrs
20:54et des combattants de cette guerre.
20:56La gestion du détroit d'Hormuz sera entièrement repensée.
21:00Nous n'avons pas cherché la guerre
21:01et nous ne la voulons pas.
21:07Mais nous ne renosserons en aucun cas
21:10à nos droits légitimes et à cet égard,
21:12nous considérons l'ensemble du front de la résistance
21:15comme un tout.
21:25Ces déclarations vont à la fois dans le sens
21:27d'un cessez-le-feu, d'une paix,
21:29mais en même temps,
21:30une marge de négociation du point de vue iranien
21:33qui est assez faible, visiblement.
21:34Vous savez, dans une négociation,
21:37les positions des deux sont toujours très éloignées au départ.
21:39Bien sûr.
21:41Si les Pakistanais ont réussi
21:43à faire venir les deux parties,
21:45c'est que derrière,
21:47il y a déjà, sur un certain nombre de points,
21:50la possibilité de les faire converger.
21:52Si on regarde,
21:54ils ne vous disent jamais sur le nucléaire,
21:57jamais.
21:58Par exemple, pour prendre les Iraniens,
22:00ils vous disent ça.
22:00Mais d'un autre côté,
22:01on sait qu'avant la guerre,
22:03dans la négociation qu'il y a eu avant,
22:04ils avaient dit oui,
22:05pour que le stock d'uranium enrichi
22:08soit mis dans un autre pays que l'Iran.
22:12Et les Russes avaient proposé de garder le stock chez eux.
22:16Et à ce moment-là,
22:17on disait comme ça, c'est fini,
22:19on fera juste du nucléaire civil et rien de plus.
22:24– Pardonnez-moi,
22:25mais en même temps,
22:26après cette intervention,
22:28les Iraniens,
22:29ce ne serait pas illogique de leur point de vue,
22:31je ne sais pas moi qui parle,
22:32mais de leur point de vue,
22:33de se dire,
22:34c'est la démonstration qu'on a intérêt
22:35d'avoir l'arme nucléaire,
22:36parce que sinon,
22:37on peut être attaqué tout le temps.
22:38– Oui, mais ils sont d'abord
22:41de bons négociateurs.
22:42Moi, je vais peut-être vous étonner,
22:43mais la négociation se passe au Pakistan.
22:48Le Pakistan a la bombe atomique,
22:50exactement comme les Israéliens,
22:53et il l'a obtenue illégalement,
22:55exactement comme les Israéliens.
22:56Donc on a deux cas qui sont les mêmes.
22:59L'Iran au milieu voulait l'avoir aussi illégalement,
23:02ils ne vont pas pouvoir l'avoir.
23:03Mais qu'est-ce qui vous dit
23:05que l'Iran ne va pas dire au Pakistan,
23:07pays frère,
23:08sur le plan musulman,
23:10de dire, écoutez,
23:10on veut bien signer l'accord,
23:13un accord de paix avec les Américains
23:15et les Israéliens,
23:16mais on veut comme garantie
23:18que la garantie nucléaire pakistanaise,
23:21exactement comme les Français,
23:22comme le président Macron,
23:24a dit encore récemment en Europe,
23:26mais nous, on peut vous assurer
23:27le parapluie nucléaire pour les autres pays.
23:29Si nous, on peut le faire pour l'Europe,
23:31pourquoi le Pakistan ne le ferait pas pour l'Iran ?
23:33– Absolument.
23:33– Et à ce moment-là,
23:34le problème nucléaire, il est réglé.
23:35– Hum, bien sûr.
23:37– Alors, il y a plein de choses comme ça.
23:40Il y a plein de choses sur lesquelles,
23:42dans ce qu'on voit,
23:44alors qu'est-ce qu'ils veulent en réalité ?
23:47Vous savez, les Iraniens,
23:49ce qu'ils veulent, c'est la levée des sanctions.
23:51Pourquoi ?
23:52Parce que c'est le pays le plus peuplé de la zone.
23:56C'est le pays le plus éduqué de la zone.
24:00Et ce sont d'excellents commerçants.
24:03Donc, si jamais on lève les sanctions,
24:05ça va être le pays phare.
24:06Tout le monde va investir en Iran,
24:08parce qu'il n'y aura plus le régime des Mollins,
24:10il y aura un régime militaire,
24:12mais là-bas, il y a tous des régimes un peu dictatoriaux,
24:15quand même, il faut être honnête.
24:16– Bon, donc, toutes les choses,
24:19à ce moment-là, changeront complètement.
24:21Et c'est ça qui est…
24:21Et le jeu, il est là.
24:23Et pour les Iraniens, c'est un dosage savant
24:26de la part des gardiens de la Révolution
24:28qui vont faire la négociation,
24:30pour dire, on va lâcher sur certaines choses,
24:32mais on veut des contreparties.
24:34Et ils ont une contrepartie qui est sûre,
24:36c'est qu'ils disent,
24:36deux fois les Américains nous ont attaqué
24:40alors qu'on était en train de négocier,
24:42donc on veut maintenant un système
24:44qui fasse que ça ne soit plus possible.
24:47Alors, bien sûr, il y a le deuxième partenaire,
24:50c'est Israël.
24:53Alors, les Américains, c'est clair que Trump,
24:55il a joué gros et il perd très gros.
24:59Et pour s'en sortir, il faut qu'il arrive
25:01à imposer la paix là-bas, une bonne paix.
25:05Parce que si les choses marchent,
25:06l'économie se relance et tout,
25:08il pourra dire, vous voyez, je les ai écrasés,
25:10mais grâce à ça, maintenant, c'est la paix.
25:12Bon, on racontera tout ça.
25:14Mais le problème, c'est Israël,
25:17parce qu'Israël, eux, ils ont dépensé
25:19énormément d'argent, quand même, en matériel et tout,
25:23pour faire la guerre en Iran.
25:26Donc, le matériel militaire, ça coûte très cher,
25:28surtout à la cadence où il a été utilisé.
25:31Ils ont freiné leur économie,
25:33parce qu'il y avait 400 000 hommes et femmes
25:36mobilisés dans la réserve,
25:37pour l'armée israélienne, pour Tsaal.
25:40Bon, ça a freiné le développement économique,
25:43indiscutablement, ils ont un coup de feu.
25:44Et ils ont des dettes de partout,
25:46parce que ça a lourdi.
25:48Et puis, le troisième dont personne ne parle,
25:51c'est que les destructions par les missiles iraniens
25:53ont été très importantes.
25:55Alors, elles sont cachées par la censure,
25:57mais il n'y a pas que la villa d'Ethaniaou qui a sauté.
25:59– Il y a les ports, notamment.
26:01– Il y a les ports qui ont été touchés,
26:03il y a les systèmes de défense.
26:04Le système américain TAD, qui coûte une fortune,
26:07400 millions de dollars, a été détruit.
26:10Ça, on le sait, parce qu'on a vu une photo,
26:12mais c'est très rare, parce qu'ils ne montrent pas.
26:14Il y a des bases aériennes.
26:16Il y a Bercheva, avec l'unité 8200,
26:19on me dit qu'elle a été touchée aussi.
26:20Celle, vous savez, il y a toutes les sociétés
26:22qui font du cyber, la cyberdéfense,
26:25cyberattaque et autres.
26:25Il semblerait qu'il y ait eu des impacts.
26:28Enfin, il y a eu des destructions dans tous les coins.
26:31Il va voir reconstruire aussi.
26:33– Là, dans les négociations qui ont lieu à Islamabad,
26:36il n'y a pas de représentant israélien.
26:38– Non. Ah non, non, c'est ça aussi.
26:41Si vous voulez, les grands perdants,
26:43d'ailleurs, Lapide, qui est le patron de l'opposition,
26:49le patron de l'opposition israélienne,
26:51a dit avant-hier ou hier, enfin dans les derniers jours,
26:54a dit, mais s'ils arrivent à faire la paix
27:00en Pakistan, c'est un désastre pour Israël.
27:03Et pourtant, attention, Lapide, il est en l'opposition,
27:06mais c'est un dur à cuire, un faucon,
27:08ce n'est pas un gars pour relâcher tout.
27:10Mais il dit que c'est un désastre,
27:12parce que c'est vrai que pour Israël, c'est catastrophique.
27:15D'où la réaction de Fury, il n'y a pas d'autre terme,
27:18de Netanyahou au Liban, qui, excusez-moi du bilan,
27:23on nous annonce, on a tué un secrétaire,
27:25le secrétaire du chef du Hezbollah,
27:28250 morts, 1000 blessés.
27:30Est-ce que c'est bien sérieux ?
27:33C'est insupportable.
27:34– C'était au lendemain de l'annonce du cessez-le-feu.
27:37– Bien sûr, pourquoi ?
27:38Parce que c'est la furie de Netanyahou et de son équipe,
27:44qu'ils sont furieux parce qu'ils sentent que tout leur échappe.
27:48Parce qu'ils ne sont pas fous,
27:49ils savent très bien que ça va négocier.
27:51Alors bien sûr, après il y a les manœuvres des uns et des autres,
27:54c'est une négociation,
27:56et une négociation entre des gens qui sont de très bons négociateurs,
27:59donc ils ne vont pas lâcher facilement,
28:01ni d'un côté ni de l'autre.
28:02– Alors on le sait, d'ailleurs, Netanyahou a annoncé
28:05que des négociations pourraient désormais avoir lieu avec le Liban.
28:08– Absolument, parce que sous la pression américaine.
28:11– On l'écoute.
28:12– À la suite des demandes répétées du gouvernement libanais
28:15d'ouvrir des négociations directes avec Israël,
28:18j'ai donné instruction hier soir au cabinet
28:21d'entamer des négociations directes avec le Liban
28:24afin d'atteindre deux objectifs.
28:27Premièrement, le désarmement du Hezbollah
28:29et deuxièmement, sur un accord de paix historique et durable
28:32entre Israël et le Liban.
28:40– Donc pour vous, c'est indubitablement la pression américaine qui a obligé de…
28:44– Non mais il n'y a pas de photo.
28:46Après le massacre, il n'y a pas d'autre terme,
28:48après le massacre qu'ils ont fait au Liban,
28:51tout le monde est contre eux.
28:53Parce que c'est injustifiable, on peut habiller ça comme on veut,
28:55mais c'est injustifiable.
28:57Donc les Américains qui ne sont pas fous
28:59et qui sentent bien que c'était pour saboter la paix,
29:01ce qu'a dit Erdogan.
29:03Erdogan a dit, celui qui va tout faire pour saboter la paix
29:07qui est en train de se construire, c'est Israël.
29:10Erdogan l'a dit carrément.
29:11Alors lui, il a été exprimé là-dessus.
29:15Donc les Américains, ils ont téléphoné à Netanyahou,
29:17ils ont dit, maintenant tu n'as pas le choix,
29:20après ce que tu viens de faire, vous négociez avec les Libanais.
29:23Et la négociation commence.
29:25Alors, je souhaite bien du plaisir aux négociateurs des deux côtés,
29:28parce que personne n'est capable, il faut dire la vérité,
29:32l'armée libanaise est incapable de désarmer le Hezbollah.
29:37Toutes les frappes israéliennes,
29:39tout ce qu'ils ont fait n'a pas réussi à le casser.
29:42Autant vous dire que ce n'est pas l'armée.
29:44Donc comment, et c'est le vrai problème,
29:47et je vais vous dire plus loin,
29:49ce problème-là, c'est la meilleure preuve
29:52que l'affaire du Liban entre Israël et le Hezbollah au Liban
29:58est une absurdité.
29:59Qui peut régler le problème du Hezbollah ?
30:02– Le Liban.
30:03– C'est l'Iran.
30:04– Ah oui, bien sûr.
30:05– Et c'est l'Iran, puisque les Israéliens nous disent
30:08c'est le Hezbollah qui est soutenu par l'Iran.
30:11Bon, et sans l'Iran, le Hezbollah n'existe pas.
30:15Donc si on coupe le lien entre l'Iran et le Hezbollah,
30:19il n'y aura plus de problème du Hezbollah.
30:21Donc ça veut dire que le problème du Hezbollah
30:23ne se réglera pas dans les négociations libanaises,
30:26telles qu'elles sont annoncées,
30:28ça va se régler dans le cadre des négociations iraniennes
30:31avec les Américains.
30:32C'est comme ça que ça va se faire.
30:34Il faut que les Américains négocient l'arrêt du soutien aux outils
30:38et en contrepartie.
30:40Alors là, je vais vous dire, si Trump réussissait avec ses négociateurs
30:47à désarmer le Hezbollah par l'Iran, d'accord,
30:50ne plus soutenir le Hezbollah et ne plus soutenir les outils,
30:56là ça vaut le coup qu'il lève les sanctions,
30:58parce que ça change tout le Moyen-Orient.
31:00– Bien sûr, mais est-ce que c'est vraiment réaliste ça ?
31:02– Ah, avec les Iraniens, tout est possible.
31:04– C'est impossible.
31:07Contre la levée des sanctions, vous vous rendez compte,
31:10voilà un pays qui depuis plus de 30 ans maintenant,
31:13vit sous sanctions, ils crèvent la faim tous.
31:15Si on lève les sanctions, ça va devenir la plus grande puissance économique
31:19du Moyen-Orient.
31:20Ça change tout.
31:22Autant vous dire que c'est tentant.
31:25Vous savez, c'est tentant.
31:27Si vous n'avez pas un rond, que vous êtes un malheureux qui vit au SMIC,
31:34et qu'on vous dit, voilà, tu peux avoir un milliard.
31:39– Il coûte moins cher que ça.
31:41– Ah bah oui, ça tente.
31:45– Alors justement, arrêtons-nous un moment sur les sanctions contre l'Iran,
31:48puisque vous l'avez expliqué, elles durent depuis très longtemps,
31:52elles mettent évidemment un frein incommensurable à l'économie du pays.
31:56– C'est comme Cuba, c'est les blocus.
31:57– Absolument.
31:58– Il y avait le Venezuela, il y avait Cuba, il y a l'Iran,
32:00et il y a la Corée du Nord.
32:01– Il y a également des répercussions très lourdes sur la population,
32:04épanouiquement sur le pouvoir iranien.
32:06– Terrible, terrible.
32:06– Quand on regarde ces manifestations qui ont eu lieu
32:09contre le régime des Mola, comme on dit, dans les rues,
32:14les sanctions, elles n'ont pas d'impact en réalité.
32:18Sans les sanctions, peut-être que la population vivrait mieux.
32:22– Ah bah il n'y a pas de doute, la population vivrait beaucoup mieux.
32:26– Les révoltes, les manifestations d'il y a quelques mois,
32:30en réalité, les gens, les langues se délient, si vous voulez.
32:33Le secrétaire d'État au Trésor américain a dit,
32:36oui c'est vrai, on a provoqué la faillite d'une banque,
32:40la dernière grande banque iranienne,
32:43ça a ruiné des quantités d'épargnants,
32:45et c'est pour ça qu'on les a mis dans la rue.
32:47Tiens, tiens.
32:48Dans le même temps, on a appris que les leaders, les meneurs,
32:51ils avaient tous des antennes Starlink,
32:54vous savez, qui permettaient de dialoguer à travers les satellites,
32:58sans que la police iranienne puisse les contrôler.
33:01Donc on découvre que c'est un truc qui a été monté,
33:04dans lequel les Israéliens et les Américains ont joué.
33:08Bon, ce qui est un vrai sens…
33:10– Donald Trump a dit au début de la semaine
33:11que des armes avaient été acheminées en manifestant par les Kurdes.
33:15– Mais exactement, tout était monté.
33:18Ils ont manipulé les manifestations.
33:22Ce qui est étonnant, si vous voulez, c'est qu'elles ont échoué.
33:25Alors, on peut se poser deux questions.
33:28C'est à partir du moment où elles ont échoué
33:30par une répression terrible, épouvantable.
33:34Bon, les Israéliens et les Américains savent très bien
33:37que la plupart des leaders qu'ils avaient poussés à manifester ont été tués.
33:42Donc après, pour que les gens redescendent dans la rue,
33:44c'est plus difficile.
33:46Donc la question, c'est pourquoi on n'a pas fait cette attaque de l'Iran
33:49au même moment ?
33:51S'ils avaient, par exemple, tué tous les dirigeants,
33:56le fameux tir qui a eu lieu sur le bloc d'Imeubles
34:01où étaient tous les dirigeants en réunion,
34:02s'ils avaient fait à ce moment-là,
34:05peut-être que ça aurait changé les choses.
34:07Mais là, il y a eu un problème de mauvaise organisation.
34:10Ils ont fait tuer des pauvres gens dans des manifestations
34:13qui ne servaient à rien.
34:16Et ça, c'est terrible.
34:17C'est un échec total.
34:20Alors, échec pour les services qui ont préparé ces opérations,
34:24que ce soit les Américains ou les Israéliens.
34:26C'est clair.
34:26C'est un échec total.
34:28– Justement, sur ces services,
34:29aujourd'hui, on s'est rendu compte,
34:31donc, que l'essentiel des dirigeants iraniens du départ
34:34ont été neutralisés, comme on dit poliment, aux États-Unis.
34:40Comment cela a été possible ?
34:42Comment on a pu identifier, localiser ces dirigeants ?
34:44Là encore, est-ce qu'il y avait des infiltrations, tout simplement ?
34:48Est-ce qu'ils étaient surveillés ?
34:50On se rappelle l'affaire des beepers aussi du Hezbollah
34:54menés par Israël.
34:57Comment c'est possible ?
34:58Parce qu'on imagine mal, quand même,
34:59que les dirigeants iraniens n'aient pas su qu'ils étaient surveillés.
35:03– Alors, il y a une chose, sur laquelle il faut tordre le cou,
35:06une rumeur, il faut tordre le cou,
35:08qui a été pourtant dite par beaucoup de gens,
35:10c'est qu'il y avait une taupe à côté,
35:12une taupe, donc un agent, si vous voulez,
35:15à côté des dirigeants, et ça même, ça est énorme,
35:17parce qu'ils ont même dit, la preuve qu'il y avait une taupe à côté,
35:20c'est qu'on a eu des photos de Khamenei mort,
35:25deux heures après.
35:26Mais c'est idiot.
35:28S'il y avait eu un agent qui était à côté d'eux,
35:30il serait mort dans le bombardement.
35:32– Évidemment.
35:33– Donc, c'est là, il faut être simplement…
35:35Bon, c'est non.
35:36– Le bon sens.
35:36– C'est pas vrai.
35:37Donc, c'est pas ça.
35:38En réalité, c'est l'utilisation des moyens techniques actuels,
35:44ce qu'on appelle nous l'osine,
35:46avec tous les moyens, c'est même pas de l'osine,
35:48parce que là, ça va aussi dans des trucs…
35:50– L'osine, c'est en gros, les sources ouvertes.
35:51– Mais tous les renseignements qu'on peut recueillir,
35:54si vous voulez, par les écoutes, par les images,
35:58on sait que ça a fuité, donc on le sait,
36:01qu'ils avaient piraté toutes les caméras dans les rues,
36:05les Israéliens, et les Américains.
36:08Donc, ils avaient, quand on voit les gens,
36:11on les reconnaît avec les caméras et avec les logiciels actuels,
36:15on se dit, tiens, c'est M. Intel, surtout quand on les connaît,
36:17qui se rend à telle réunion.
36:19Bon, on le voit.
36:19Bon, alors, quand vous avez ça,
36:22vous avez les téléphones portables d'eux-mêmes,
36:25mais également des gardes du corps.
36:27Alors, on sait que pour Maduro,
36:29pour Maduro, ce sont les téléphones des gardes du corps
36:31qui ont été piratés par les Américains
36:34et qui permettaient en permanence de savoir où était Maduro.
36:37Lui, il faisait attention, mais c'est les gardes du corps,
36:39ils avaient piqué, ils suivaient les gardes du corps.
36:43Donc, on savait où il était,
36:44parce que les gardes du corps étaient autour.
36:46Vous voyez, donc c'est ça.
36:48Il y a eu un moment, un faisceau d'informations
36:52qui est arrivé de tous les côtés,
36:53disant qu'il va y avoir une réunion demain,
36:58à peu près dans la matinée,
37:00en gros, c'est ça.
37:01Il va y avoir une réunion demain
37:03qui va se passer à l'endroit où ils se réunissent toujours.
37:07Très bien.
37:08Donc, on connaissait le lieu,
37:10on savait que c'était le lieu le matin.
37:11Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?
37:13Ensuite, on le sait,
37:15parce que c'est les Américains qui l'ont raconté.
37:18Il y a eu les avions qui étaient destinés à les tirer.
37:20D'ailleurs, Netanyahou l'a confirmé.
37:22Les avions étaient en l'air.
37:24Ils étaient ravitaillés en vol.
37:26Et ils attendaient le feu vert.
37:28Le feu vert, quand est-ce qu'il a été donné ?
37:30C'est quand, au niveau technique, au niveau numérique,
37:34quand les logiciels, le type Palantir, si vous voulez,
37:37mais ce n'est pas Palantir, c'est d'autres.
37:39Il y a Claude, il y en a d'autres.
37:42Quand ces logiciels ont dit, ça y est,
37:45un tel est arrivé, un tel est arrivé, un tel est arrivé.
37:48On les a vus tous arriver.
37:50On les suivait, s'ils voulaient,
37:51et à un moment, on a vu qu'ils étaient tous là.
37:53Et à ce moment-là, on a dit, feu vert, vous pouvez y aller.
37:57C'est impressionnant, mais c'est du ciblage,
38:01ce qu'on appelle, nous, le ciblage.
38:03Alors, les militaires le font pour les cibles,
38:05aujourd'hui, dans tous les domaines.
38:08C'est-à-dire qu'on concentre toutes les informations,
38:11et à un moment, on dit,
38:12on a toutes les bonnes informations,
38:14on peut tirer à tel moment.
38:15Il n'y a plus qu'à appuyer sur le bouton
38:17pour déclencher l'opération.
38:19– Alors, vous venez de citer le nom de Palantir.
38:21On ne va pas rappeler, parce que ça nous fait du mal
38:24à chaque fois que c'est aussi le logiciel
38:25qui est occupé de l'essai en France.
38:28Alors que c'est un logiciel qui a grandement été financé
38:30par la CIA, bien entendu.
38:32– Totalement.
38:33– Et on sait, du moins il a été révélé,
38:36que les premières frappes de cette opération Epic Fury
38:38ont été conçues, préconisées, identifiées
38:42par deux logiciels qui font appel à l'intelligence
38:46artificielle, c'est le cas de Palantir et de Claude.
38:48– Mais Claude, c'est ça, ce que je disais tout à l'heure.
38:50– Ce sont ces frappes qui ont donné lieu
38:53notamment au carnage sur l'école de petites filles
38:58en Iran à Minab.
39:01Comment, parce que dire que c'est l'intelligence artificielle,
39:04évidemment, ça ne veut tout et rien dire,
39:05comment peut-on aboutir à des algorithmes
39:07qui ciblent des écoles ?
39:09– Attendez, l'algorithme ne cible pas une école,
39:13c'est une erreur, justement, c'est là.
39:14C'est le problème de l'école en question.
39:17Le système, les systèmes, si vous voulez,
39:18algorithmiques, les deux intelligences artificielles,
39:21en définitive, qu'est-ce qu'ils font ?
39:23Ils recueillent toutes les informations possibles disponibles,
39:27toutes celles qu'on a, les parts satellites,
39:29les écoutes, les photos, les informations humaines, tout.
39:33Ils font la synthèse et ils vous disent, par exemple,
39:37à tel endroit, actuellement à tel endroit, il y a ça,
39:41il y a, je ne sais pas, un lance-missile,
39:44ou il y a monsieur un tel.
39:46Bon.
39:48Cette synthèse, elle arrive sur l'écran d'un analyste de la CIA,
39:52ou de l'armée, parce qu'il y en a, tout le monde utilise ça.
39:56Et là, qu'est-ce qu'il voit, lui, sur son écran ?
39:58Il dit, voilà, il voit là la cible,
40:00et on est sûr que pour le moment, elle est bonne.
40:03Et l'analyste, il a, entre 45 secondes et une minute maximum,
40:09pour dire, on y va.
40:11Donc, pour appuyer sur le bouton.
40:12Dès qu'il appuie sur le bouton, toute la machine se met en marche,
40:16parce que tout ça, c'est piloté par des systèmes informatiques,
40:20des systèmes numériques.
40:21Si vous voulez, aujourd'hui, l'époque,
40:23on faisait la planification à la main pour dire,
40:26telle heure, tel avion, passe par là.
40:27Avec une croix sur la carte.
40:28Non, non, là, c'est, exactement, ça, c'est fini.
40:31Maintenant, c'est, vous appuyez sur le bouton,
40:34les algorithmes calculent tout et disent,
40:36l'avion, tel avion, machin, va décoller de là,
40:39celui qui est là, il va passer par là,
40:41la bombe, ça va être telle bombe utilisée.
40:43Enfin, tout est planifié, tout est organisé.
40:46– J'allais dire, c'est irréversible.
40:47– Ah ben, exactement.
40:50Une fois qu'il a appuyé sur le bouton, c'est irréversible.
40:53Alors, ça donne des résultats extraordinaires.
40:55C'est que, alors, selon les chiffres,
40:58il y a eu entre 6 000 et 12 000 cibles touchées
41:01durant cette guerre depuis le début.
41:04C'est jamais, on a obtenu de tels résultats.
41:07Jamais on a tiré autant de cibles avec autant de précision
41:10dans l'histoire des guerres,
41:12des guerres depuis 50 ans ou 100 ans,
41:14ou ce que vous voulez.
41:15Jamais.
41:16Donc, ça veut dire, avec une précision, pareil.
41:19Ça veut dire quoi ?
41:20Ça veut dire que les logiciels, aujourd'hui, sont capables,
41:22les systèmes numériques,
41:25avec l'intelligence artificielle,
41:26sont capables de faire des choses incroyables.
41:29Par contre, ça épuise.
41:31Alors, je peux vous dire, les pilotes,
41:32ça épuise tous les gens qui sont…
41:34– Et les armes.
41:35– Et les armes, oui, bien sûr.
41:37Alors, de temps en temps, il y a des erreurs.
41:39Et là, visiblement, sur l'histoire de l'école,
41:43cette école avait servi, il y a quelques années,
41:46avait servi à les gardiens de la réforme,
41:49pour des gardiens, pour sans doute une caserne
41:52ou un centre de réunion de gardiens de la Révolution.
41:55Et visiblement, les informations qu'on a eues depuis
41:59n'ont pas changé cette information.
42:02On a cru que ça…
42:03Ils ont cru que ça continuait à être ça.
42:05Donc, quand c'est arrivé, le type,
42:06il voit « caserne des gardiens de la Révolution,
42:10telle heure, telle cible »,
42:11il appuie sur le bouton « manque de peau »,
42:13c'est une école où il y a 200 pauvres filles,
42:17jeunes filles, qui vont se faire tuer.
42:20Mais, ne faites pas d'illusion,
42:23sur les 6 000 ou 12 000,
42:26ce n'est pas une erreur.
42:27Celle-là, elle nous a frappés, nous a choqués,
42:29parce que ça a touché des gamins,
42:31des petites filles.
42:34Mais il y en a des dizaines d'erreurs.
42:37Bien sûr.
42:38Alors, on va vous dire « mais c'est des crimes de guerre ».
42:41Et non, on va vous dire « mais non,
42:42puisque c'est le numérique qui a tout fait,
42:44ce n'est pas nous ».
42:45En réalité, oui, c'est une nouvelle forme
42:48de crimes de guerre.
42:49Et il va falloir se poser la question,
42:51parce que comme ce système de ciblage automatique,
42:54numérique, si vous voulez,
42:56devient de plus en plus important,
42:59il va falloir se poser la question.
43:01Et quand le système se trompe,
43:02comment on fait ?
43:03Bien sûr.
43:04– Et ça, c'est quelque chose de nouveau
43:06qu'on ne connaissait pas.
43:07Mais dans toutes les guerres,
43:08on a fait des erreurs de tir,
43:11toutes les guerres.
43:11– Oui, bien sûr, bien sûr.
43:12Mais là, du coup, c'est massif, c'est industriel.
43:14– Mais je vous dirais, je vais être très méchant
43:15par mes amis américains.
43:16– On adore, on adore, allez-y.
43:17– Soyons honnêtes, non, mais soyons honnêtes.
43:19Pendant la Deuxième Guerre mondiale,
43:22les chasseurs français, les bombardiers français,
43:24ils apprenaient à descendre
43:26et à bombarder, par exemple, une usine
43:28en mettant 4, 5 bombes sur l'usine.
43:31Mais c'était un risque,
43:33parce que quand on descendait,
43:35les Américains, ils volaient à 5 000 mètres
43:37ou 6 000 mètres,
43:38et ils faisaient ce qu'on appelle le tapis de bombe.
43:40– Le carpet de bombe.
43:41– On met des bombes, le carpet de bombe,
43:425 kilomètres de large, on détruit tout.
43:45– Ce qui a été fait en Irak.
43:46– Alors bien sûr, au milieu, c'est plus efficace.
43:48Ça coûte une fortune, c'est plus efficace.
43:50On détruit l'usine,
43:51mais on a aussi détruit tout ce qu'il y a autour.
43:53– C'est ce qu'on appelle la pêche à la grenade, quoi.
43:55– C'est ça, oui, mais c'est la même chose.
43:58– On a déjà beaucoup parlé de la CIA,
44:01on a parlé du Mossad,
44:02avec les déclarations de David Barnea,
44:04le patron du Mossad.
44:05Moi, ma question, Alain Juillet,
44:08c'est que fait la DGSE dans tout cela ?
44:12– Elle s'informe.
44:13La DGSE, elle s'informe de tous les côtés.
44:17Vous avez pu voir, par exemple,
44:18que le ministre français des Affaires étrangères
44:22a communiqué avec son homologue iranien,
44:28que notre président a parlé au président iranien.
44:31Bon, autant vous dire que ça veut dire
44:32qu'il faut continuer à avoir des liens,
44:34avoir des liaisons.
44:35Et là, les services ont un rôle à jouer là-dedans.
44:37Mais les services, ils doivent aussi informer l'État
44:40sur ce que font les belligérants.
44:43Or, effectivement, vous avez pu voir la position française,
44:46qui a été une bonne position,
44:47de dire, nous, un, on n'a pas voulu
44:50que les avions américains se posent en France
44:53pour aller ensuite bombarder là-bas,
44:55ce qui a mis la furie,
44:56mais il trempe en fureur,
44:58vous avez vu sa furie.
45:01Mais c'était bien vu,
45:02parce que tout le monde a compris ce qu'allait se passer.
45:04Ça veut dire que les services,
45:05ça vient préciser, quand les autres ont dit,
45:08on est en train d'aller là-bas,
45:10les services français ont joué leur rôle
45:12pour dire, attention, voilà ce qui va se passer,
45:14voilà ce qui se prépare.
45:15– Et pour une fois, ils ont été entendus,
45:16parce qu'on voit que les services américains…
45:17– Là, ils ont été entendus,
45:18donc c'est une…
45:19Moi, je le trouve, c'est plutôt un bon signe.
45:21– On voit que dans la séquence,
45:22Emmanuel Macron, enfin Emmanuel Macron,
45:24en tous les cas, un navire, un pétrolier français
45:27a réussi à passer le détroit d'Hormuz,
45:29avant les déclarations de cesser le feu.
45:32– Mais ça, ce n'est pas Macron,
45:33ça, c'est grâce à M. Saadé, ça.
45:35– Directement ?
45:36– Directement, oui, parce que…
45:38Attendez, c'est le troisième armateur mondial,
45:41il connaît très bien tout le monde,
45:43il ne faut pas oublier non plus qu'il est par là-bas,
45:46– Il est libanais ?
45:47– Oui, il est libanais, d'origine,
45:49il connaît bien les Iraniens,
45:51il connaît bien tout le monde.
45:52Donc, à l'évidence, il a discuté, il a négocié.
45:56– Donc, il a un poids supranational ?
45:58– Ah ben oui, je pense que dans cette affaire-là,
46:01de toute manière, les grands armateurs,
46:04si vous voulez, que ce soit les armateurs maèsques,
46:08que ce soit le danois maèsque,
46:09que ce soit nous, que ce soit Costco, le chinois,
46:13ou les armateurs grecs, qui sont la flotte,
46:17essentiellement, qui permettent d'avoir la fameuse flotte fantôme,
46:20tous ces gens-là, ils sont capables de négocier…
46:24– Directement connectés ?
46:25– Ah ben attendez, les enjeux financiers sont colossaux.
46:30Regardez, vous parlez de CGA, CGM,
46:33ils ont fait un coup formidable, personne n'en a parlé, bien sûr,
46:35mais c'est eux qui ont eu l'idée,
46:38puisqu'on ne pouvait plus passer par Ormuse,
46:43ils enlèvent leur cargaison dans un port du côté,
46:48si vous voulez, où il y a le drone d'Ormuse, c'est un peu comme ça.
46:50– Je ne suis pas Jean-Noël Barraud, donc je vois le drone d'Ormuse.
46:53– Voilà, il y a comme ça, vous avez d'un côté le Bahreïn,
46:58et Abu Dhabi, enfin tout ça, ici,
47:00et de l'autre côté, vous avez Oman sur l'océan Indien.
47:03Eh bien, ils débarquent à Djebel Ali,
47:06ils débarquent de la marchandise qu'ils ont chargée de l'autre côté,
47:09et ils la transportent par terre jusqu'à Oman,
47:13et Oman, ils la rechargent sur un bateau qui part,
47:15donc ils évitent Ormuse.
47:18C'est génial, c'est les Français qui font ça.
47:21Alors, vous me direz, ça coûte très cher de faire tout ça,
47:23mais par rapport à l'économie, c'est très fort.
47:27Donc non, il y a des gens forts quand même, chez nous comme ailleurs.
47:30– Alors justement, dans cette question du détroit d'Ormuse,
47:33il y a un point fondamental qu'on n'a pas évoqué,
47:35c'est qu'effectivement, on l'a dit, il n'a pas réellement été fermé,
47:38mais ce sont les polices d'assurance qui ont complètement rembolisé le trafic.
47:43Pour autant, comme vous l'avez rappelé, des navires amis de l'Iran ont continué de passer,
47:48mais ces transactions, pour la plupart, se sont faites en pétro-youan.
47:51– Oui.
47:52– Quelles conséquences pour le dollar ?
47:54– C'est la continuation de choses dont on avait parlé déjà,
47:57c'est que de plus en plus, les gens veulent ne plus dépendre du dollar,
48:02parce qu'ils trouvent que le dollar, bon, les Américains jouent sur le dollar en plus,
48:06actuellement, ils jouent le dollar à la baisse,
48:09donc ça n'intéresse pas grand monde, alors que c'est la monnaie de référence mondiale.
48:14Donc les gens cherchent des monnaies de référence alternatives.
48:18Les Chinois, qu'est-ce qu'ils disent ?
48:20Ils disent, nous, on a le Luan, payez-nous en Luan, ou on va vous payer en Luan.
48:25Et les Saoudiens et plein d'autres pays disent, mais ce n'est pas une mauvaise idée.
48:29Donc oui, ce qui est en train de se passer contribue aussi
48:32à la dévalorisation de l'impact du dollar au niveau mondial.
48:37Donc c'est pour ça que cette affaire, elle est très grave, en définitive,
48:40au-delà de la guerre en Iran.
48:42Elle est très grave parce que Trump, selon la fin de la négociation,
48:48il aura gagné ou perdu son pari, avant même les mi-termes.
48:53S'il réussit à faire la paix, il pourra dire, j'ai relancé l'Amérique,
49:00parce que c'est vrai que ça va relancer, il va pouvoir rapatrier les boys et les bases américaines.
49:04Il n'aura plus besoin, s'il y a la paix dans le coin, il n'y a plus besoin
49:08de bases américaines.
49:09Il pourra rapatrier ces bases américaines vers les États-Unis,
49:12et il dira au mid-terme, regardez, j'ai ramené la paix à tout le Moyen-Orient,
49:17maintenant on est tranquille.
49:19Et là, il va discuter avec Yiping, Naïping, dans 8 jours, dans 15 jours,
49:24dans les semaines qui viennent, il va discuter avec lui,
49:26et lui aussi, ils vont se mettre d'accord sur un certain nombre de choses.
49:29Donc, il aura refait le monde.
49:33Si par contre, il échoue, je crois qu'on est rentré dans le déclin de l'Amérique.
49:39Parce que pour tous les pays du monde, en dehors des Occidentaux,
49:43c'est l'Amérique qui est battue.
49:45Ce n'est pas Israël.
49:46Israël, les gens ne l'aiment pas vraiment.
49:49Et puis, ils n'ont pas de doute sur Israël, si vous voulez.
49:52Ce que les gens verront, c'est que l'Amérique, avec sa toute puissance,
49:55n'a pas réussi à plier un pays qui était pourtant très affaibli.
50:00C'est ça que les gens verront.
50:02Et ça, c'est dramatique, si vous voulez, pour les États-Unis,
50:05mais pour nous tous, pour les Européens aussi.
50:07Même si, dans cette affaire, les Européens ont été complètement dehors.
50:13Ce qui est très amusant, parce que je me souviens d'issues
50:15qu'on avait pu avoir dans le passé.
50:17C'est très amusant de voir que Trump est en train de nous dire
50:21« L'OTAN, vous ne valez rien, puisque vous ne m'avez pas aidé.
50:24Je vais abandonner l'OTAN. »
50:27Et moi, je m'étonne que notre président, par exemple,
50:29ne se fasse pas des bons de cabri de joie,
50:32parce que lui qui défend, comme tous les présidents français depuis 30 ans,
50:36une armée européenne,
50:38Trump est en train de nous servir sur un plateau l'armée européenne,
50:42parce que s'il se retire de l'OTAN,
50:44il faudra quand même une défense européenne.
50:46Ça sera l'armée européenne souhaitée par les Français depuis très longtemps.
50:50Le problème, c'est que s'il se retire,
50:52il continuera quand même à nous mettre des clauses
50:54pour qu'on achète du matériel américain.
50:56Nous ne faisons pas ce qu'il faudra.
50:57– Même quand il n'y a pas de clauses, de toute façon…
50:59– Exactement, il nous forcera.
51:00Donc de manière, il ne faut pas se faire d'illusions quand même.
51:02Mais enfin, si vous voulez,
51:03on voit que toutes les cartes sont en train d'être battues,
51:07et ce qui va se passer est très, très important pour la suite.
51:10– Je vous remercie beaucoup Alain Juillet d'être venu sur le samedi politique.
51:13Je rappelle à nos téléspectateurs
51:15qui peuvent aussi vous retrouver sur Openbox TV sur YouTube.
51:18En tous les cas, j'espère que cette émission vous a plu.
51:20Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine,
51:21mais en attendant, portez-vous bien, à bientôt.
51:23– Sous-titrage ST' 501
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