- il y a 23 heures
La pomme de terre. Difficile d'imaginer nos assiettes sans elle. Frites, purée, gratin... elle est aujourd'hui l'un des aliments les plus consommés au monde. Et pourtant, il fut un temps pas si lointain, où ce tubercule venu des Andes était regardé avec méfiance, voire avec effroi. En France, au XVIIIème siècle, on l'accusait de transmettre la lèpre. Des parlements en interdisaient la culture. Les philosophes eux-mêmes la jugeaient indigne de figurer dans l'assiette des hommes.
Il a fallu un homme pour changer tout cela. Un homme de conviction, de science et d'une extraordinaire ténacité. Un pharmacien militaire originaire de Picardie, qui avait découvert les vertus de ce tubercule dans les geôles prussiennes pendant la guerre de Sept Ans, et qui allait consacrer sa vie entière à convaincre ses contemporains de le cultiver et de le manger.
Cet homme, c'est Antoine-Augustin Parmentier. Son nom est entré dans l'histoire - et dans nos recettes de cuisine. Mais derrière la légende du promoteur de la pomme de terre se cache un personnage bien plus complexe, bien plus riche : savant, humaniste, acteur de santé publique, homme des Lumières à part entière.
C'est ce portrait authentique et vivant que nous offre aujourd'hui Francis Bergeron, journaliste et historien, dans son ouvrage "Antoine-Augustin Parmentier, le bourru bienfaisant", paru aux éditions Déterna.
Il a fallu un homme pour changer tout cela. Un homme de conviction, de science et d'une extraordinaire ténacité. Un pharmacien militaire originaire de Picardie, qui avait découvert les vertus de ce tubercule dans les geôles prussiennes pendant la guerre de Sept Ans, et qui allait consacrer sa vie entière à convaincre ses contemporains de le cultiver et de le manger.
Cet homme, c'est Antoine-Augustin Parmentier. Son nom est entré dans l'histoire - et dans nos recettes de cuisine. Mais derrière la légende du promoteur de la pomme de terre se cache un personnage bien plus complexe, bien plus riche : savant, humaniste, acteur de santé publique, homme des Lumières à part entière.
C'est ce portrait authentique et vivant que nous offre aujourd'hui Francis Bergeron, journaliste et historien, dans son ouvrage "Antoine-Augustin Parmentier, le bourru bienfaisant", paru aux éditions Déterna.
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ÉducationTranscription
00:09Générique
00:10...
00:20Bonjour à tous.
00:21La pomme de terre, difficile d'imaginer nos assiettes sans elle.
00:25Frites, purées, gratins, elle est aujourd'hui l'un des aliments les plus consommés au monde.
00:29Et pourtant, il fut un temps, pas si lointain, où ce tubercule venu des Andes était regardé avec méfiance, voire
00:35effroi.
00:35En France, au XVIIIe siècle, on l'accusait même de transmettre la lèpre.
00:40Des parlements en interdisaient la culture.
00:42Les philosophes eux-mêmes la jugeaient indigne de figurer dans l'assiette des hommes.
00:46Il a fallu un autre homme pour changer tout cela.
00:48Un homme de conviction, de science et d'une extraordinaire ténacité.
00:52Un pharmacien militaire, originaire de Picardie,
00:55qui avait découvert les vertus de ce tubercule dans les geôles prussiennes pendant la guerre de 7 ans.
00:59Et qui allait consacrer sa vie entière à convaincre ses contemporains de le cultiver et de le manger.
01:05Cet homme, c'est Antoine-Auguste Parmentier.
01:08Son nom est entré dans l'histoire et dans nos recettes de cuisine.
01:10Mais derrière la légende du promoteur de la pomme de terre,
01:13se cache un personnage bien plus complexe, bien plus riche.
01:16Savant, humaniste, acteur de santé publique, homme des lumières à part entière.
01:20Et c'est ce portrait authentique et vivant que nous offre aujourd'hui Francis Bergeron
01:25dans son ouvrage Antoine-Augustin Parmentier, le bourru bienfaisant,
01:29paru aux éditions d'Eterna.
01:31Francis Bergeron, bonjour.
01:33Merci d'être parmi nous.
01:35Vous êtes journaliste, romancier, essayiste et historien.
01:39Vous avez écrit plus d'une centaine d'ouvrages, dont des Qui suis-je ?
01:42Mais les enfants vous connaissent également,
01:44à travers les aventures du clan des Bordesouls.
01:47Et vous êtes directeur de la collection BioCollection, aux éditions d'Eterna.
01:52C'est une collection de biographies populaires que vous dirigez avec David Gattegnaud
01:58et qui a pour ambition de remettre en lumière de grandes figures de notre histoire nationale.
02:03Et c'est précisément dans ce cadre que vous publiez, en ce début d'année 2026,
02:07une biographie consacrée à Antoine-Augustin Parmentier.
02:12– Alors avant d'évoquer le personnage, deux mots sur le tubercule qui l'a rendu célèbre.
02:18Solanum tuberosum, plus familièrement appelé pomme de terre.
02:22Alors chacun le sait, il est originaire d'Amérique du Sud
02:24et fut rapporté en Europe par les Espagnols au XVIe siècle.
02:28Mais les choses n'ont pas été très faciles au début pour notre brave patate.
02:32Visiblement les Européens ne l'ont pas tout de suite adopté, ils se sont même méfiés.
02:36– Alors ça a varié selon les pays, mais la France est peut-être l'un des pays
02:42où il y a eu le plus de réticences.
02:45Ça a varié, mais de toute façon la pomme de terre était conçue comme un…
02:51enfin était appréhendée comme un plat, enfin disons une nourriture
02:58qui était plutôt pour les animaux, pour les cochons, enfin voilà.
03:03Ce n'était pas quelque chose que l'on pouvait servir aux êtres humains.
03:08C'était un bas de gamme.
03:11D'ailleurs les philosophes, et vous en avez dit un mot,
03:13mais les philosophes ont critiqué la pomme de terre à la fois sur son goût.
03:21C'est une tubercule, ou un tubercule ?
03:26– Un tubercule.
03:26– Un tubercule qui est fade, qui n'a aucun goût, qui n'a aucun intérêt,
03:31qui est farineux, et puis ils l'ont aussi critiqué socialement je dirais,
03:37parce que c'est dans la terre, c'est pour les cendants de l'époque.
03:42Et donc ça n'est pas… c'est humiliant de vouloir faire manger des pommes de terre aux Français.
03:49Or on sait aujourd'hui que c'est grâce à la pomme de terre qu'on a mis fin aux
03:54famines.
03:54En France, on va évoquer ça.
03:56Mais est-ce qu'on explique vraiment, déjà ces différences, France ou d'autres pays,
04:01même les parlements s'y mettent, c'est-à-dire que celui de Daule en 1630,
04:05celui de Paris en 1748, interdisent la consommation ?
04:10C'était possible ça ?
04:11– Alors oui, c'était possible.
04:14Après il y avait des batailles presque juridiques sur ces questions-là,
04:17mais il y avait plusieurs raisons à cette condamnation ou à ces réticences,
04:24voire même à ces interdictions.
04:27Il y avait notamment… il y avait une dimension un petit peu religieuse.
04:33C'est-à-dire que dans l'Ancien Testament, dans l'Évangile, on ne parle pas de la pomme de
04:39terre.
04:40On parle du pain, on parle de la farine.
04:42Et donc, c'était suspect ce produit qu'on présentait comme pouvant peut-être se substituer
04:48ou compléter la farine et le pain.
04:53C'était quelque chose d'un petit peu suspect pour certains religieux.
04:59Pas pour tous, moi on s'en faut, puisqu'on connaît aussi des évêques
05:02qui ont pris la parole en chair pour dire, mais dans ces périodes, dans cet hiver très dur,
05:08pensez à manger des pommes de terre.
05:11– Vous m'avez même accusé de transmettre la lèpre.
05:12– Oui, alors là, c'est peut-être l'aspect physique de la pomme de terre,
05:17la peau de la pomme de terre qui devait rappeler quelque part…
05:20D'abord, ça venait d'un pays exotique, or toutes ces maladies, la lèpre…
05:24– Mais ce n'était pas le seul, personne non plus qui n'est.
05:26– Ça venait de là.
05:29Et certainement, ça a contribué à inquiéter les gens.
05:34Et donc, il y avait une réticence énorme à la pomme de terre.
05:36Et d'autre part, on dit aussi que ça pouvait rendre malade.
05:40Et effectivement, une pomme de terre, une peau de pomme de terre mal cuite
05:44peut engendrer des maux d'estomac et des problèmes de sa nature.
05:48Le dernier point, me semble-t-il, c'est que l'introduction de la pomme de terre
05:54bouleversait l'économie française.
05:56Or, l'économie française reposait sur les moulins, reposait sur les meuniers,
06:01reposait sur la minoterie, enfin les minotiers.
06:03Il y avait toute une industrie autour de la farine, autour du pain,
06:08autour de ces produits-là.
06:11Et il y avait des réticences qui venaient justement des minotiers,
06:14qui venaient des fermiers généraux, qui venaient de…
06:17Et ça explique, si on additionne tout ça, ça explique pourquoi il y a eu une réticence,
06:21je dirais, incompréhensible, illogique.
06:24– Heureusement…
06:25– Autant même que les progressistes qui étaient Voltaire et les grands esprits
06:28trouvaient ça déshonorant, vous le disiez.
06:29– Oui, oui, oui, absolument.
06:32Et Diderot se battait…
06:34Essayait de décourager les gens en disant que c'est pas bon, ça n'a aucun intérêt.
06:38Donc aucun intérêt, c'est pour les animaux, c'est pas pour les êtres humains.
06:41Et puis Voltaire, lui, il disait que c'est des aliments dégradants, quoi.
06:47Alors, on peut les donner à des bagnards, on peut les donner à des gens comme ça,
06:52mais faire manger de la pomme de terre aux Français,
06:55c'est finalement les réduire à la condition d'animaux.
07:00– Alors, avant, on va reparler de Parmentier, de sa pomme de terre,
07:02mais déjà, je voudrais parler de Parmentier directement.
07:05Alors, qui était-il, cet Antoine-Auguste Parmentier ?
07:08D'où vient-il ? Et qu'est-ce qu'il a aidé à la pharmacie ?
07:11– Il est de la Somme, près d'Amiens, de Montdidier, exactement.
07:15Donc cette petite ville, toute petite ville de Montdidier.
07:21Ses parents, ses grands-parents, c'est une famille qui était de la petite bourgeoisie,
07:27je dirais, de la petite bourgeoisie, mais un peu en déclin.
07:32Ils habitaient… On a des photos de la maison Parmentier,
07:35qui a été détruite malheureusement en 1918,
07:37mais on a donc des photos, pas de l'époque de Parmentier, évidemment.
07:42Et on voit une boutique,
07:45parce qu'au rez-de-chaussée, c'était un magasin de tissus,
07:52et au premier étage habitait la famille dans deux pièces.
07:55Il y avait donc le père, la mère dans une pièce,
07:58et puis les cinq enfants dans l'autre pièce.
08:00Donc on voit un milieu pas très argenté,
08:06même plutôt désargenté,
08:07mais ce n'est pas la légende qui dit que c'est un enfant orphelin,
08:14son père meurt à 7 ans, quand il a 7 ans, etc.
08:17Ça, c'est la légende dorée.
08:20Mais en tout cas, c'était une famille qui n'était pas du tout prospère.
08:26Et quand il a 13 ans, ses parents essayent de le…
08:29Ce n'est pas le petit poussé, mais quand il a 13 ans,
08:31ses parents disent qu'il faut que tu apportes de l'argent à la maison,
08:36comme les autres.
08:38Et ils le placent chez un apothicaire,
08:40parce qu'il y avait besoin d'un apothicaire
08:42pour faire du travail sous la houlette d'un pharmacien.
08:46– Qui est un de ses cousins ?
08:47– Oui, c'est ça, qui était un cousin.
08:49Tout le monde était cousin de tout le monde à l'époque
08:51dans ces petites communes.
08:53– Alors, pour devenir apothicaire,
08:54il faut suivre quand même quelques études, j'imagine ?
08:57– Non, il faut…
08:57À l'époque, on est en 1745,
09:03un peu plus, 50,
09:04on est apprenti, effectivement,
09:06et il faut travailler avec un apothicaire
09:09qui, lui, va vous apprendre les plantes,
09:12puisque les apothicaires, c'était essentiellement,
09:14et presque exclusivement,
09:15ce n'était pas de la chimie,
09:16c'était des produits naturels,
09:20et il va vous apprendre à faire les dosages,
09:24à faire, etc.,
09:25pour soigner avec ses plantes, quoi.
09:29Et donc, il va apprendre ça,
09:30et puis, en fait, c'était…
09:31Tout le monde le dit,
09:32enfin, tous les gens de l'époque le disent,
09:33c'était un petit garçon et un jeune homme
09:38extrêmement intelligent,
09:40extrêmement travailleur,
09:41et qui se passionnait pour tout ce qui…
09:44– Tout ce qui le fait.
09:45Tout ce qu'il voyait,
09:46ça le passionnait,
09:47il voulait savoir comment…
09:49Enfin, à quoi ça servait,
09:50comment ça marchait, etc.
09:52Et ça explique son destin.
09:54Et il a eu de très bons pédagogues,
09:56c'est-à-dire que ses pharmaciens,
09:58donc il a fait plusieurs pharmacies,
10:00à Mont-Digier d'abord,
10:01puis ensuite à Paris,
10:02et puis ensuite dans l'armée.
10:03– Dans l'armée, il s'enrôle ?
10:05– Oui, il s'enrôle.
10:06C'est-à-dire que chaque fois,
10:08les pharmaciens ont vu que c'était un personnage,
10:12un jeune homme incroyablement intelligent,
10:16exceptionnel,
10:17et ils l'ont parrainé,
10:20et ils l'ont guidé dans son cursus.
10:25Et c'est l'un des…
10:27c'est l'un des…
10:28le dernier pharmacien
10:29avec lequel il a…
10:30chez qui il a travaillé,
10:31un pharmacien parisien,
10:32il lui a dit,
10:32mais là, tu en sais plus que moi,
10:35il avait 21, 22 ans,
10:37je ne sais plus, 23 ans,
10:38il faut que…
10:39Mais là, il y a la guerre de 7 ans,
10:41dont vous parliez à l'instant,
10:43enfin au début,
10:44et il lui dit,
10:45mais il faut s'enrôler là,
10:47parce que les guerres,
10:49c'est horrible à dire,
10:50mais les guerres pour les pharmaciens,
10:53pour les chirurgiens,
10:54pour les médecins…
10:55– Oui, source de progrès.
10:56– Voilà, c'est un…
10:57– Voilà, ça booste des carrières,
10:59en quelque sorte.
11:00Et donc, il s'enrôle,
11:02et il va rester plus de 50 ans
11:04sous l'uniforme…
11:05– Oui.
11:06– Sous l'uniforme…
11:06– Alors, quel était le rôle
11:07des apothicaires dans les armées du roi,
11:09à l'époque ?
11:10– Le rôle était réduit,
11:11mais c'était quand même
11:12trouver des médicaments,
11:14enfin, donner des produits
11:16pour que les gens…
11:18que les plaies se referment
11:20le plus rapidement possible,
11:22que les dysenteries,
11:25toutes ces maladies-là…
11:26– Ah, donc il travaille
11:26avec les médecins…
11:27– Absolument,
11:28et surtout,
11:29il est pris en charge,
11:32enfin, pris en main
11:33par un apothicaire
11:36qui, lui,
11:37qui s'appelle Bayen,
11:39il y a une rue Bayen…
11:40– Bayen, en 17ème.
11:41– En 17ème, exactement,
11:42et qui, lui aussi,
11:45remarque ce garçon
11:46absolument incroyable
11:47et va le prendre en…
11:50enfin, va le promouvoir, etc.
11:51il va devenir, donc,
11:53le grand parmentier
11:54et il va lui succéder
11:56aux Invalides.
11:56– Mais alors,
11:57ce qui est important,
11:58c'est ce qui va se passer
11:59pendant la guerre de 7 ans,
12:00donc il est plusieurs fois
12:01prisonnier,
12:01plusieurs fois laissé.
12:01– Sept fois,
12:03avec Bayen, notamment.
12:04– Avec Bayen,
12:05et là,
12:06donc, c'est quand même
12:07pendant sa captivité
12:09dans un camp prussien
12:11qu'il va découvrir
12:12véritablement la pomme de terre.
12:13On ne sait pas
12:13s'il la connaissait avant,
12:14s'il l'avait déjà trouvée.
12:15– Oui,
12:16elle était connue
12:16parce qu'on en donnait aux cochons,
12:18mais là,
12:20il a été obligé
12:21de ne se nourrir
12:21que de pommes de terre.
12:22– Parce que finalement,
12:22les Allemands étaient
12:23les moines réticences que nous.
12:25– En tout cas,
12:26oui,
12:26pour les cochons
12:27et pour les prisonniers
12:29et les bagnards.
12:30– D'accord.
12:30– Et donc,
12:31il a commencé…
12:32Et puis alors,
12:32comme c'était un savant
12:34d'essence,
12:35il a commencé
12:36à prendre des notes
12:36en disant,
12:37voilà,
12:37premier jour,
12:38troisième jour,
12:39j'ai mangé
12:39des pommes de terre,
12:43digestion normale,
12:44machin,
12:44etc.
12:45Après,
12:45cinquième jour,
12:46huitième jour,
12:46vingtième jour,
12:47enfin,
12:49comme des tests médicaux
12:52de niveau 1,
12:53niveau 2,
12:53niveau 3,
12:54comme font aujourd'hui
12:56les laboratoires pharmaceutiques
12:57qui mettent des produits
12:58sur le marché.
13:00il fait un protocole.
13:00– Et donc,
13:01il va être convaincu
13:02que la pomme de terre
13:02est parfaitement comestible,
13:04voire même qu'elle peut…
13:05– En tout cas,
13:06ça peut remplacer.
13:07Alors,
13:08il ne devait pas avoir
13:08beaucoup d'huile,
13:09de vinaigre,
13:10de sel et tout ça
13:10pour préparer
13:11ses pommes de terre,
13:12mais en tout cas,
13:15totalement,
13:17aucun risque,
13:18etc.
13:18Et puis,
13:19tout ça a été renseigné,
13:21a été…
13:21Donc,
13:22il y a fait énormément
13:22d'études là-dessus
13:23et à partir de là,
13:25il s'est dit,
13:27ces pommes de terre,
13:28c'est quand même dommage
13:30qu'en France,
13:30on n'en mange pas.
13:34alors que tous les dix ans
13:35à peu près,
13:35j'ai regardé
13:36les statistiques là-dessus,
13:38en gros,
13:39tous les dix ans,
13:39il y avait une famine
13:40quelque part.
13:41Et une famine,
13:41c'était des morts,
13:42des dizaines de morts,
13:43des centaines de morts,
13:44des milliers de morts.
13:45Eh bien,
13:45lui,
13:46il a dit,
13:46on ne peut pas continuer
13:47comme ça,
13:47alors que ce produit-là,
13:49il est beaucoup plus résistant
13:52au froid,
13:54à toutes les misères
13:57climatiques,
13:58que le blé.
14:00Vous le disiez,
14:01il est nommé aux Invalides,
14:03donc les Invalides,
14:04c'est un hôpital militaire,
14:07créé par Louis XIV.
14:09Alors,
14:09qu'est-ce qu'il va faire aux Invalides ?
14:10Il va continuer à travailler
14:11sur la pomme de terre ?
14:11Il ne fait pas que ça,
14:12j'imagine,
14:12il va continuer à travailler
14:13sur la pomme de terre ?
14:14D'abord,
14:15il va monter un laboratoire
14:16qui existe toujours aux Invalides,
14:18qu'on peut visiter,
14:20enfin,
14:20il ne se visite pas
14:21dans le cycle normal,
14:22mais on peut aller voir.
14:24Il va monter ça
14:25et il va commencer,
14:27donc il va être
14:28le pharmacien des Invalides,
14:30c'est-à-dire qu'il va aider
14:33les médecins
14:34et les chirurgiens
14:36à soigner
14:37les Invalides,
14:38et puis,
14:40il va,
14:42il va,
14:43de son côté,
14:45poursuivre des recherches,
14:46il va planter
14:46des pommes de terre
14:48sur certains terrains,
14:49d'ailleurs,
14:50pas très loin
14:50du cimetière des Invalides,
14:51ce qui fait que
14:54il a été un peu en conflit
14:55avec les bonnes sœurs
14:56à un moment donné,
14:56et les bonnes sœurs
14:59se sont plaintes
14:59en disant que
15:00les pommes de terre
15:01étaient élevées
15:02avec les cadavres
15:04des morts.
15:06comme en vrai.
15:06C'était,
15:07non,
15:07c'était complètement idiot,
15:09mais en tout cas,
15:10bon,
15:11il a,
15:11c'était quelqu'un,
15:13de toute façon,
15:13par capillarité,
15:14qui s'intéressait
15:15à tout ce qui concernait
15:17la santé,
15:19la nourriture,
15:20le bien-être,
15:22et sur tous les produits,
15:23donc le lait,
15:24le maïs,
15:27la pomme de terre,
15:28le vin,
15:29le raisin,
15:29etc.
15:30Donc c'était un passionné
15:31de tout ça.
15:32Il était,
15:33sur ce point-là,
15:33il était extrêmement
15:35précurseur.
15:35L'alicament,
15:36la notion d'alicament
15:37qui rejoint un petit peu
15:40ces problèmes
15:40d'essais cliniques
15:42et des choses comme ça,
15:43il en est un peu
15:44l'inventeur.
15:44Il a inventé aussi,
15:46j'en parle peut-être
15:46avec trop de passion,
15:47il faut peut-être
15:48que je me réfraîne,
15:50mais il a inventé aussi
15:51les pharmacies portatives
15:57des troupes
15:58en manœuvre
15:59et en guerre.
16:00Il a inventé
16:01plein de trucs,
16:02c'était un type incroyable.
16:04– On va continuer
16:05à le découvrir.
16:06Donc la pomme de terre,
16:07c'est toujours laborieux,
16:08mais d'abord,
16:09je voudrais revenir
16:10sur le sous-titre
16:11de votre livre.
16:13Vous l'appelez
16:13le bourru bienfaisant
16:14que vous reprenez.
16:16Alors qu'est-ce qu'il nous dit
16:17du caractère de Parmentier,
16:18ce terme de bourru bienfaisant ?
16:21C'est comme ça
16:21que c'est...
16:21– Oui, alors c'était
16:23ses amis savants
16:25qui avaient dit
16:25« Allez voir Parmentier »
16:27où aujourd'hui
16:28on reçoit Parmentier
16:31qui est un bourru bienfaisant.
16:33Parce que...
16:34C'était un bourru
16:35parce que c'était quelqu'un
16:36qui ne s'intéressait
16:37absolument pas aux honneurs,
16:38qui ne s'intéressait pas à...
16:41Je ne dirais pas
16:41à la vie sociale,
16:42mais il ne s'est jamais marié,
16:44comme je l'ai dit,
16:45il n'a jamais eu d'enfant.
16:47Quand sa sœur
16:48est devenue veuve,
16:49sa sœur l'a rejoint
16:50et l'a aidé
16:51pour les recherches
16:54scientifiques.
16:57Lui, c'était...
16:58Bon, je ne pense pas
16:59qu'il soit allé souvent
17:00au théâtre,
17:01je ne pense pas
17:01qu'il soit allé souvent
17:03dans des salles,
17:04enfin danser, etc.
17:06Et les seules fois
17:07où il est allé à la cour,
17:08ça a toujours été
17:08avec un objectif
17:10en rapport
17:11avec sa science.
17:13Et donc,
17:14de ce point de vue-là,
17:15c'était un bourru.
17:16Quand on venait le voir
17:17pour papoter,
17:19on le distrayait
17:20de son travail.
17:21Donc ça,
17:21c'était le côté bourru.
17:22Mais bienfaisant
17:24parce qu'en fait,
17:25après,
17:25il disait,
17:26mais non,
17:26mais ce gars
17:27qui est venu me voir
17:28avec un projet,
17:29avec des interrogations
17:30sur des produits alimentaires
17:32ou des choses comme ça,
17:33au fond,
17:33peut-être qu'il faudrait
17:34que je regarde.
17:35Et puis,
17:36il le rappelait,
17:37il le faisait venir,
17:39il étudiait tout ça.
17:40C'était un côté bienfaisant.
17:42Mais surtout,
17:43on dit que c'est un bourru bienfaisant
17:46parce que c'est son rôle
17:49par rapport aux famines
17:52qui en fait un bienfaiteur
17:53de l'humanité.
17:54Donc c'est un bienfaiteur
17:55de l'humanité.
17:55Un bienfaiteur de l'humanité.
17:58Oui.
17:58Alors justement,
17:59cette pomme de terre,
17:59il continue,
18:00c'est quand même
18:01son cheval de bataille
18:02pour l'instant.
18:03Oui.
18:06À quel moment
18:06on va vraiment basculer ?
18:09À quel moment
18:09la pomme de terre
18:10va être acceptée ?
18:12Il y a deux, trois coups
18:13qui sont peut-être légendaires,
18:14mais il y en a un
18:14qui n'est pas légendaire,
18:15c'est Dîner.
18:16Ah oui.
18:16On va en reparler.
18:18Mais est-ce qu'il avait
18:19un sens de la communication aussi ?
18:20Oui, un sens
18:21de la communication incroyable.
18:22Il se dit,
18:24et tout ça,
18:25on le retrouve d'ailleurs
18:25dans des correspondances,
18:27il se dit,
18:28mais au fond,
18:33les pauvres gens,
18:34les gens qui risquent
18:35de mourir de faim,
18:37ils ne mangent pas
18:38de pomme de terre
18:39parce qu'ils pensent
18:41que c'est une nourriture nuisible.
18:43Mais si j'arrivais
18:45à convaincre Louis XVI,
18:47si j'arrivais à convaincre
18:48la cour,
18:49eh bien,
18:51si les nobles
18:53mettaient à leur menu
18:54de la pomme de terre,
18:56eh bien,
18:58les petites gens
18:59se mettraient aussi
19:00à en manger.
19:02Ils se diraient,
19:03si les nobles,
19:04s'ils érichent,
19:05ils mangent,
19:05l'exemple
19:06viendrait d'en haut.
19:06Exactement.
19:07Et ça,
19:07c'est très moderne.
19:08Je l'ai d'ailleurs retrouvé
19:09dans un article
19:11de l'Express récemment,
19:12une dame,
19:14une jeune femme,
19:15qui expliquait
19:17les principes,
19:17justement,
19:18de communication
19:22des influenceurs,
19:22comme on dit aujourd'hui.
19:23Mais c'est ça,
19:25c'est qu'il faut trouver
19:25un influenceur,
19:26il faut qu'il trouve
19:28les canaux.
19:29Donc,
19:29son influenceur principal,
19:30ça va être Louis XVI ?
19:32Alors,
19:32il va y avoir Louis XVI,
19:33oui,
19:33qui va jouer un rôle
19:34très important.
19:34Donc,
19:34il va à Versailles.
19:38Parce que pour l'instant,
19:39il cultive toujours
19:39ses pommes de terre,
19:40donc il continue.
19:40il y a aussi
19:41la plaine des Sablons.
19:42Alors,
19:42après,
19:43il va demander
19:45à Louis XVI
19:45qu'on lui donne
19:47des terres
19:48pour donner
19:49une dimension
19:50beaucoup plus professionnelle,
19:51beaucoup plus systématique
19:53de culture
19:56de ses produits,
19:57avec les tests possibles,
19:58avec les sortes
19:59de pommes de terre,
20:00etc.
20:00Effectivement,
20:01Louis XVI
20:02lui donne
20:06la possibilité
20:06de planter
20:07sur la plaine des Sablons.
20:08Et la plaine des Sablons,
20:09c'est intéressant
20:10parce que c'était
20:11un champ
20:11de manœuvre militaire
20:13et donc c'était
20:14du sable,
20:16Sablons,
20:17c'était une terre
20:18aride et pauvre
20:19et qui ne produisait
20:21rien normalement.
20:21On preuve que la pomme de terre
20:22effectivement pouvait
20:22passer sur les terres pauvres.
20:25Alors,
20:25dans l'ordre,
20:26donc l'histoire de Louis XVI,
20:27est-ce que c'est vrai
20:28cette histoire ?
20:28Il arrive avec un bouquet
20:29de fleurs de pommes de terre ?
20:30Oui, c'est vrai.
20:32Alors,
20:33vous allez me dire,
20:35ce n'est pas forcément
20:36renseigné partout,
20:37mais enfin,
20:37il y a beaucoup de témoignages
20:38quand même
20:38qui disent
20:39il y a très peu de photos,
20:40je dois préciser.
20:42Non,
20:42il y a des témoignages
20:44et on sait que,
20:46alors,
20:46ce qu'on ne sait pas,
20:47c'est si c'est la reine
20:48qui prend une fleur de pomme de terre
20:50et qui se la met
20:51dans sa chevelure
20:52ou si c'est Louis XVI
20:53qui la met dans sa chevelure.
20:55Ce sont des détails comme ça,
20:57c'est assez amusant.
20:58Par contre,
20:58par contre,
20:58sur la plaine des Sablons,
20:59il y a donc cette fameuse anecdote
21:01qui est reprise partout
21:02des soldats
21:04et on dit
21:06que
21:08parmentier
21:10extraordinaire,
21:11visionnaire,
21:12enfin,
21:13avec une habileté incroyable,
21:15dit,
21:17organise
21:20l'implantation
21:21de ces pommes de terre
21:22et fait garder
21:23ce champ de pommes de terre
21:24par des soldats
21:26et
21:27s'arrange
21:28pour que les gens
21:29puissent venir
21:30voler les pommes de terre
21:31et
21:32de ce fait,
21:34parce que si les soldats
21:35gardent les pommes de terre,
21:36c'est que ça doit être précieux,
21:37c'est que ça doit être rare,
21:37c'est que ça doit être bon
21:39et voilà,
21:40ça c'est là,
21:41certainement,
21:41enfin,
21:41il est fort possible
21:42que ce soit une légende.
21:43– Mais on n'a pas,
21:43c'est pas attesté,
21:44on n'a pas trop de...
21:45– Oui,
21:45en tout cas,
21:46sur le sujet.
21:47– Mais il semblerait
21:48qu'effectivement,
21:50les soldats
21:50aient simplement
21:51quitté la zone la nuit
21:53et qu'il y ait des gens
21:55qui avaient besoin de manger,
21:56qui venaient
21:58voler les pommes de terre
21:59et qui n'ont jamais été
22:00poursuivis,
22:00condamnés,
22:01etc.
22:02Alors,
22:02est-ce que c'était à dessein ?
22:03Je ne suis peut-être
22:04pas aussi catégorique,
22:06mais par contre,
22:07si vous prenez
22:07toutes les bandes dessinées
22:08sur...
22:09– Oui,
22:09il y en a,
22:10j'en ai quelques plans,
22:11paru dans Spirou,
22:13paru dans ces...
22:13– Chez nos amis
22:14des éditions du Triomphe.
22:15– Absolument,
22:16eh bien,
22:17on reprend toujours ça
22:18et même le Campanile
22:20et ce genre de choses,
22:21on reprend toujours
22:22ces légendes.
22:23C'est là où je dis
22:24quand la légende
22:25est plus belle
22:25que la réalité,
22:26c'est la légende
22:27qu'il faut imprimer
22:28parce que finalement
22:28cette légende
22:29a beaucoup contribué
22:30à faire,
22:31je pense qu'il y a eu
22:32beaucoup de bouche à oreille
22:33à l'époque
22:33et ça a contribué
22:35à donner envie aux gens
22:37d'avoir aussi
22:38des pommes de terre
22:39même si c'était
22:40d'en manger
22:41ou d'en mettre
22:42dans leur assiette
22:42alors que c'était
22:44peut-être
22:46une rumeur,
22:47une simple rumeur.
22:48– Alors en revanche,
22:49une chose qui n'est pas
22:50une rumeur,
22:51parce qu'il y avait
22:52du monde connu,
22:53c'est un fameux dîner
22:54en octobre 1787
22:57où là il reçoit
22:58si je puis dire
22:59le gratin
22:59des savants,
23:01on a Lavoisier,
23:03Benjamin Franklin,
23:04Arthur Young,
23:06Bruce Sonnet,
23:07bon je ne les connais pas tous
23:09et là il fait un dîner
23:10entièrement à base
23:11de pommes de terre.
23:12– Oui, on a le menu,
23:13on a le menu,
23:13alors je vais vous le donner,
23:15donc l'entrée est composée
23:16d'une purée de pommes de terre
23:17et de croquettes
23:18de pommes de terre,
23:19le plat principal
23:22donc de la Solanum
23:24tuberosum
23:25bien entendu,
23:26mais elle pouvait être dégustée
23:27ce jour-là
23:27de cinq façons différentes,
23:28en hachis,
23:29en omelettes,
23:29en pâté,
23:30en salade,
23:30en beignets,
23:31histoire de montrer
23:32l'incroyable diversité
23:33d'accommodement
23:34de ce tubercule,
23:34même le gâteau,
23:35le gâteau de Savoie,
23:36au lieu d'utiliser la farine
23:37on va utiliser
23:38de l'amidon
23:39de pommes de terre
23:41et même dans le pain
23:42vous avez de la pomme de terre
23:43et puis bien évidemment
23:44en digestif
23:45un alcool de pommes de terre
23:46qu'on connaît d'ailleurs
23:47sous le nom de
23:47c'est la vodka.
23:48– Voilà,
23:49c'est la vodka.
23:50– Donc une diététicienne
23:52dirait que ça manque
23:53de fibres,
23:54tout ça,
23:55mais est-ce que ça…
23:56– Ce n'était pas le but.
23:57– Ce n'était pas le but.
23:58Est-ce que vraiment
23:58ça a convaincu
24:01la communauté scientifique
24:03et est-ce que c'était
24:04l'apothéose
24:05de toute la campagne
24:05de Puy-Lac ?
24:06– Pour la partie
24:07inocuitée
24:08de la pomme de terre
24:10et pour la diffusion
24:12de ce produit
24:13ça a eu
24:15une influence
24:16énorme
24:17c'est sûr.
24:19Après il fallait
24:21faire en sorte
24:22que tout le monde
24:24que les gens
24:26le mettent
24:27dans leur assiette
24:27et là
24:28il fallait convaincre
24:29la cour.
24:30Et donc
24:31c'est pas lui
24:31qui pouvait le faire
24:32parce que c'était
24:33un bourru
24:34bienfaisant
24:35mais bourru
24:35et c'est là
24:36où il a pu
24:38bénéficier
24:39de l'aide
24:40d'autres savants
24:42qui ont
24:44travaillé
24:45je dirais
24:45l'influence
24:46et j'imagine
24:47les cuisiniers
24:48aussi
24:48ont dû s'y mettre
24:48parce que…
24:49– Les cuisiniers
24:50tout le monde
24:50oui
24:50ces menus
24:52d'ailleurs
24:56certaines facultés
24:57de pharmacie
25:00reproduisent
25:01de temps en temps
25:01enfin pour des anniversaires
25:03le fameux
25:04dîner
25:04de 1747
25:06il y a eu
25:06même en 1853
25:07il y a eu aussi
25:08un gros dîner
25:09de pommes de terre
25:10pour les anciens combattants
25:11et pour le vin
25:12ils avaient fait venir
25:15à ce dîner là
25:16d'ailleurs
25:16pour les anciens combattants
25:18ils avaient fait venir
25:18du vin
25:19d'une petite ville
25:22d'Algérie française
25:23qui s'appelait
25:24Parmentier
25:25la ville s'appelait
25:26Parmentier
25:26en l'honneur
25:27de Parmentier
25:27et ils avaient fait ça
25:29mais ça c'est bon
25:30après aujourd'hui
25:30on n'a plus besoin
25:31de convaincre
25:32qui que ce soit
25:33mais à l'époque
25:34ça a été magistral
25:36cette affaire
25:37– Alors est-ce qu'on peut dire
25:37vraiment à ce moment-là
25:38la population française
25:39on commence à planter
25:40des pommes de terre
25:41dans les champs
25:41ça prend tout son…
25:43– Oui, oui
25:43notamment dans le nord
25:44de la France
25:44mais oui
25:45absolument
25:45– Ça prend tout son essor
25:46– Ah oui, oui
25:47ça a été
25:49je dirais
25:49un raz-de-marée
25:50enfin ça a été
25:51c'était
25:53une révolution
25:53c'est vrai
25:55alors avec les problèmes
25:56économiques
25:56qui pouvaient
25:58accompagner ça
25:59mais ça a été formidable
26:00en tout cas
26:01pour la santé
26:01des Français
26:03et puis pour mettre
26:04un terme
26:05aux famines
26:06donc oui
26:07ça c'est sûr
26:08– Alors vous parliez
26:09de révolution
26:10on va bientôt
26:10d'ailleurs
26:11y arriver
26:12mais d'abord
26:13la pomme de terre
26:14c'est très bien
26:15mais on a tendance
26:15à le réduire aussi
26:16à la pomme de terre
26:17et votre livre
26:18montre qu'il était
26:19bien plus que ça
26:20alors quelles sont
26:20les autres contributions
26:22majeures ?
26:23– Alors la famille
26:25la famille a son
26:27tous ses livres
26:28ou presque
26:29enfin la famille
26:30les descendants
26:30de Parmentier
26:31notamment Caroline
26:32Parmentier
26:33et d'autres
26:34mais c'était
26:37de toute façon
26:37il s'intéressait
26:38à tout
26:38c'était quelque
26:39enfin tout ce qui était
26:40scientifique
26:41tout ce qui pouvait
26:41améliorer
26:42la condition humaine
26:43et on le trouve
26:45monter une école
26:48de boulangerie
26:49par exemple
26:51donc il s'intéressait
26:53beaucoup aussi
26:54à l'aspect sanitaire
26:55enfin l'aspect
26:57propreté sanitaire
26:58etc
26:58c'était assez révolutionnaire
26:59pour l'époque
27:00où on pensait
27:00qu'un chiffon
27:01dans un coin
27:01pouvait faire naître
27:02une souris
27:04lui il disait pas ça
27:06et puis
27:07donc il s'est occupé
27:09du maïs
27:09il s'est occupé
27:10du lait
27:11il s'est occupé
27:12du vin
27:15alors notamment
27:16alors c'est plus tard
27:17déjà
27:18quand le blocus
27:20anglais
27:20empêche de faire venir
27:22la canne à sucre
27:22enfin le sucre
27:24de la canne à sucre
27:24des îles
27:25et bien
27:26il va
27:28il va favoriser
27:30les recherches
27:31sur le sucre
27:32pour faire du sucre
27:33et sur la betterave
27:34et sur la betterave
27:35oui oui
27:35alors sur la betterave
27:37c'était plutôt
27:37la fin de sa vie
27:38enfin
27:38ou la fin du blocus
27:40mais
27:42effectivement
27:43betterave
27:44et
27:45et
27:45et
27:46vin
27:46il a donc
27:48travaillé ça
27:48il est allé voir
27:49il a refait le coup
27:50de la
27:51de la fleur de pomme de terre
27:53il l'a fait avec
27:55Bonaparte
27:56avec Napoléon
27:57et
27:57il est allé
27:58il est allé alors
28:00à la Malmaison
28:00je sais pas où
28:01ou à Fontainebleau
28:02et il est arrivé avec
28:03avec de la
28:04avec de la
28:04son sucre de
28:04son sucre de
28:06oui absolument
28:06enfin du sucre de
28:08de raisin en tout cas
28:08et il en a fait goûter
28:09à l'empereur
28:10etc
28:11et après tout le monde
28:12se croyait obligé
28:13de
28:13de prendre
28:15il a également joué
28:17un rôle important
28:17dans les diffusions
28:18de la vaccination
28:20oui
28:21et puis
28:22l'amélioration
28:23des conditions sanitaires
28:24dans les hôpitaux militaires
28:25oui
28:26c'était vraiment
28:26un hygiéniste
28:27sur ce plan là
28:28c'est un précurseur
28:29de l'hygiénisme
28:30il a touché
28:31à beaucoup de domaines
28:32c'est très surprenant
28:33c'est un
28:34je dis
28:35c'est un pic
28:35de la mirandole
28:36de la santé
28:37la santé alimentaire
28:39de la
28:40et alors
28:41il était en relation
28:42avec les savants
28:43de son temps
28:43oui
28:44c'est là où je me suis
28:46je vais parler
28:46on va parler
28:47de la révolution
28:48vous avez parfaitement raison
28:49c'est un point
28:49très très important
28:50c'est que
28:51il faisait partie
28:52de plein de sociétés
28:54savantes
28:55les sociétés royales
28:56dans le domaine
28:57de la chimie
28:58de la pharmacie
29:00enfin
29:01dans beaucoup de domaines
29:03et
29:03il les faisait travailler
29:04ensemble
29:06il pratiquait
29:07l'intersectionnalité
29:08je crois que c'est
29:08comme ça
29:08oui
29:09et
29:11ça aussi
29:11c'est précurseur
29:12parce que c'était
29:13très cloisonné
29:13les sciences
29:15étaient très cloisonnées
29:16et lui
29:17il disait
29:17mais tout
29:18tout joue quoi
29:19les problèmes
29:20d'hygiène
29:21les problèmes
29:21d'alimentation
29:24tout
29:25est dans tout
29:26si je puis dire
29:27et de ce point de vue là
29:28il a été
29:29c'est pour ça
29:30qu'il s'intéressait à tout
29:31parce que
29:31par capillarité
29:33il disait
29:34bah oui
29:34mais si
29:35si on veut
29:36produire
29:37ou développer
29:38telle consommation
29:39il ne faut pas oublier
29:40bien sûr
29:40mais c'est des implications
29:41donc il a beaucoup travaillé
29:43avec
29:44avec Lavoisier
29:45évidemment
29:45qui était un de ses meilleurs amis
29:48qui malheureusement
29:49a été
29:51quiotiné
29:51et puis
29:53il a travaillé aussi
29:54avec
29:55Villemorin
29:55qui a fondé
29:57une société
29:57prestigieuse
29:58que tout le monde connaît
30:00aujourd'hui
30:00il a travaillé
30:01dans tous ces domaines là
30:02parce que
30:04par capillarité
30:05pour bien arriver
30:06aux résultats
30:06qu'il espérait
30:07il fallait développer
30:09les plantations
30:10les graines
30:12l'herboristerie
30:13etc
30:13et c'est
30:15un savant
30:16très éclectique
30:17sur ce plan là
30:18mais il n'avait qu'un seul objectif
30:19l'amélioration
30:21de la population
30:22du bien-être de la population
30:23alors
30:24et à propos
30:25de bien-être de la population
30:26il va traverser
30:27la révolution française
30:29qui n'a pas forcément
30:30été une partie de plaisir
30:31pour tous
30:32les savants
30:33on retient
30:34la phrase
30:34la phrase célèbre
30:36alors je ne sais plus
30:36de qui elle est
30:37vous allez me
30:38alors
30:38la république
30:39n'a pas besoin
30:40de savants
30:40oui oui
30:41je l'ai reproduit
30:42quelque part
30:43enfin
30:43on tient le chapitre
30:44carrément
30:44oui
30:45je ne sais plus
30:46de qui elle est
30:47bon
30:47alors elle n'est pas
30:48de
30:49le seront
30:50oui
30:51bien
30:52peu importe
30:55mais qu'est-ce qui s'est passé
30:56donc à la révolution
30:57les savants
30:58ont tous été
30:59plus ou moins bannis
31:00parce qu'ils avaient fait partie
31:02de
31:03comment dirais-je
31:05de
31:05de société royale
31:06donc société royale
31:08d'agriculture
31:08société royale
31:09des eaux et forêts
31:11enfin
31:11ce genre de choses
31:12et évidemment
31:14il fallait faire table rase
31:15du passé
31:17et
31:18certains
31:19comme
31:19Lavoisier
31:20donc a été guillotiné
31:21parce qu'il avait été
31:23fermier général
31:24donc tous les fermiers généraux
31:25ont été guillotinés
31:26et
31:27et pourtant
31:28c'est grâce
31:29à ce poste
31:30de fermier général
31:31que Lavoisier
31:31a
31:33dressé
31:34les bases
31:35de la chimie
31:35parce que notamment
31:37il bénéficiait
31:38de balances
31:39très très sensibles
31:40pour peser
31:40les produits
31:41etc
31:41et
31:42pour faire
31:43ses expériences
31:44chimiques
31:44ses balances
31:46lui ont beaucoup servi
31:46et en fait
31:47il faisait pas
31:48il faisait pas
31:49beaucoup de trucs
31:50de fermiers généraux
31:51il s'occupait surtout
31:52de ses recherches
31:53en chimie
31:54et
31:56mais
31:57il a été
31:59guillotiné
31:59malgré ça
32:00donc avec cette fameuse
32:01formule
32:01effectivement
32:03la révolution
32:04n'a pas besoin
32:04de savants
32:05et tous les savants
32:07se sont sentis menacés
32:08donc toutes les
32:09sociétés royales
32:11et toute cette interaction
32:12entre sociétés
32:13tout ça
32:14ça a été supprimé
32:15d'un coup
32:15avec toutes les conséquences
32:17et le retard
32:18que la France
32:18s'est mis à avoir
32:20dans le domaine
32:20de la recherche scientifique
32:22sur ce plan là
32:23et les savants
32:27ont essayé
32:28de sauver leur peau
32:28donc il y en a
32:29qui ont été
32:30massacrés
32:31il y en a
32:33qui sont passés
32:34dans le camp
32:35de la révolution
32:35comme le Foucroix
32:36par exemple
32:37et puis
32:37lui
32:39lui
32:40comme
32:41comme Bayin
32:42ils ont
32:43ils sont partis
32:44en province
32:44enfin ils se sont
32:45entraînés
32:45pour pouvoir
32:46s'éloigner
32:47du
32:47de Paris
32:49du
32:49je dirais
32:51du Chaudron
32:52du Chaudron
32:53maudit
32:54et
32:55mais il était
32:56il était
32:57suspect
32:57donc les suspects
32:58vous pouvez être guillotiné
32:59il suffisait
33:00d'une dénonciation
33:01ou de n'importe quoi
33:02et hop
33:03on était guillotiné
33:04donc lui
33:05il est parti à Marseille
33:06pour étudier
33:10développer
33:10les pharmacies
33:12de campagne
33:12enfin les pharmacies
33:13de militaires
33:14et ça lui a
33:16sauvé la vie
33:16quelque part
33:17très certainement
33:17voilà
33:19et ensuite
33:21bah après
33:22les choses ont évolué
33:24on va en reparler
33:24mais je voudrais
33:25m'arrêter
33:25un chapitre
33:26le titre
33:27m'a frappé
33:29qui est un peu provocateur
33:30oui tout à fait
33:31donc qui est juste
33:32après le chapitre
33:33la république
33:33n'a pas besoin de savants
33:34où vous racontez
33:35les malheurs de
33:36pardon
33:37les malheurs des savants
33:38d'ailleurs j'ai repris
33:39tous les savants
33:40enfin tous les savants
33:41de l'époque
33:41avec lesquels il travaillait
33:43Cuvier
33:43Buffon
33:44etc
33:46et les cadets
33:47de Gassicourt
33:48et j'ai essayé
33:50de voir
33:50comment s'était passée
33:52pour eux
33:52la révolution
33:52ça m'intéressait
33:53et puis c'est là
33:55où j'ai découvert
33:55que
33:56j'ai découvert
33:57que
33:58la révolution
34:00enfin la convention
34:00avait demandé
34:02aux savants
34:03de se réunir
34:05et de travailler
34:06à la conception
34:08à la création
34:09de chambres à gaz
34:10donc c'est le titre
34:11de votre chapitre
34:12jusqu'aux chambres à gaz
34:13mais oui parce que
34:14ils étaient arrivés
34:16à la conclusion
34:16cette bonne convention
34:17était arrivée
34:18à la conclusion
34:19qu'il fallait
34:23industrialiser
34:23en quelque sorte
34:24l'extermination
34:25des vendéens
34:26donc il fallait
34:27trouver des produits
34:29qui permettent
34:29si on les enfermait
34:31dans des espaces clos
34:32par exemple
34:32des églises
34:33ou des chapelles
34:34ça permettait
34:35d'en exterminer
34:36de les exterminer
34:37par centaines
34:38ou par dizaines
34:38plutôt que
34:39de consommer
34:41des munitions
34:43donc c'est vraiment
34:44ressourcé
34:44alors quand j'ai lu ça
34:46moi je l'ai lu
34:46chez Crétino Jolie
34:47je l'ai lu
34:47chez quelques auteurs
34:49je me suis dit
34:50mais ça paraît
34:51tellement gros
34:51parce que j'en avais
34:52jamais entendu parler
34:53et puis j'ai appelé
34:55Reynald Secher
34:56qui est quand même
34:57un spécialiste du truc
34:58et puis je me suis rappelé
34:58qu'il avait fait
34:59un livre sur
35:01un parallèle
35:02entre le génocide
35:02vendéen
35:03et le génocide
35:05de la seconde guerre mondiale
35:07de la seconde guerre mondiale
35:08et il m'a confirmé
35:10tout ça
35:12et puis son livre
35:13et ses oeuvres
35:16donnent pas mal
35:17de sources
35:18et je me suis dit
35:19c'est pas possible
35:20qu'on parle pas de ça
35:21même si ça a pas marché
35:22parce que
35:24ce qui est monstrueux
35:25là dedans
35:25c'est pas que ça ait marché
35:26ou pas marché
35:27c'est l'idée
35:28mais l'idée
35:29est absolument monstrueuse
35:30alors quand on voit
35:32c'est un imparté
35:32que je voudrais faire quand même
35:33c'est qu'on voit
35:34qu'on a reproché
35:35à Alexis Carrel
35:36et on a fait d'Alexis Carrel
35:37le savant
35:38qui a inventé
35:39les points de suture
35:39enfin des choses comme ça
35:40du début du XXème siècle
35:42on a dit
35:43bah oui mais c'est
35:44les nazis sont inspirés
35:46d'Alexis Carrel
35:46mais
35:47c'est bon
35:48évidemment c'est complètement faux
35:49mais
35:51c'est
35:52je dirais que
35:52si il faut chercher
35:53une source d'inspiration
35:54des nazis
35:55alors allons voir
35:56plutôt
35:56les pratiques
35:57de la révolution
35:58parce que ça
35:59c'était déjà
36:00l'idée
36:00des chambres à gaz
36:01bon ça n'a pas marché
36:02les vapeurs
36:03n'étaient pas assez concentrées
36:05les moutons ne mouraient pas
36:07mais par contre
36:07les bergers
36:08qui apportaient les moutons
36:08mouraient
36:09bon c'était foireux
36:10leur système
36:11mais enfin
36:12c'était une idée de Thurot
36:13et c'était
36:14c'était leur idée
36:15et on a
36:16alors ça tout ça
36:16c'est sourcé
36:17c'est sûr
36:19donc c'était intéressant
36:20de
36:20de
36:21cette incise
36:22effectivement
36:22beaucoup de savants
36:23je dois dire
36:24ils n'ont pas voulu
36:26se mêler à ça
36:27pas seulement des savants
36:27d'ailleurs
36:28même des gens
36:30qui avaient
36:30des soldats
36:31et des officiers
36:32qui étaient dans l'armée
36:33révolutionnaire
36:34n'ont pas voulu
36:36ne voulaient pas
36:37mettre le doigt
36:38dans cet engrenage
36:39immonde
36:39donc bref
36:40il échappe
36:41donc
36:42au purge
36:43de la révolution
36:44si je puis dire
36:45et sa relation
36:46vous parliez tout à l'heure
36:47de Napoléon
36:48comment est sa relation
36:49avec Napoléon
36:49vous la décrivez
36:50un peu comme ambigu
36:51il est séduit
36:52pas séduit
36:52par l'empereur
36:54non il n'est pas séduit
36:55en tout cas
36:55je ne vois pas
36:56de marque
36:57de séduction
36:58il était
36:59il était
37:01royaliste
37:04Parmentier
37:04était royaliste
37:05et il était catholique
37:06aussi
37:07il avait été élevé
37:08notamment par un prêtre
37:09enfin
37:10il était
37:10donc il avait
37:11cette double
37:12cette double fidélité
37:14qu'il ne mettait pas
37:15trop en avant
37:16en tout cas
37:16pendant la révolution
37:17mais il était
37:18sensible à ça
37:20c'était un homme
37:22pieux
37:24il voulait faire le bien
37:25il avait été éduqué
37:26comme ça
37:26il voulait aider son prochain
37:29et donc
37:31il a
37:33Napoléon
37:33l'inspirait moins
37:34il ne l'inspirait pas
37:35en plus
37:36c'est quelqu'un
37:36qui n'a jamais cherché
37:37les beaux uniformes
37:39les honneurs
37:39la légion d'honneur
37:42donc
37:42la légion d'honneur
37:43ce n'est pas lui
37:43qui l'a demandé
37:44ça a été
37:45parce que
37:45tous les autres savants
37:46qui étaient sous ses ordres
37:48l'avaient reçu
37:49en 1804
37:52au camp de Boulogne
37:53je crois
37:54quelque chose comme ça
37:55et
37:56lui
37:56il voulait
37:58pour lui
37:59il ne voulait rien
37:59ça ne l'intéressait pas
38:00parce que
38:01honnêtement
38:02c'était hors de son champ
38:04d'exploration scientifique
38:05avec cette
38:07une légion d'honneur
38:08n'apporte pas le bonheur
38:09au
38:10l'an
38:10mais il continue quand même
38:11de travailler
38:12pour l'armée
38:13oui
38:14notamment vous parliez
38:15du camp de Boulogne
38:16qu'est-ce qu'il y fait
38:16alors il s'occupait
38:17de toutes les pharmacies
38:19et de tous les hôpitaux
38:20du camp de Boulogne
38:21parce que ça a réuni
38:22je ne sais plus combien
38:22plusieurs dizaines
38:24de milliers d'hommes
38:25pendant deux ans et demi
38:26à peu près
38:26et donc il fallait
38:29les garder en bonne santé
38:30etc.
38:30puisqu'après il devait
38:31aller envahir l'Angleterre
38:33donc il y avait
38:33toute une organisation
38:34et c'est lui
38:35qui pilotait tout ça
38:35mais il commençait
38:36à être un peu âgé
38:37il commençait à être malade
38:38il avait 68-70 ans
38:40quelque chose comme ça
38:42et bon
38:43au bout d'un moment
38:44il est tombé malade
38:45mais c'était
38:49le camp de Boulogne
38:50c'est un épisode important aussi
38:52parce que
38:55il s'est beaucoup investi
38:56là-dessus
38:56c'est d'ailleurs
38:58c'est ça qui l'a rendu malade
39:00il a attrapé froid
39:02il s'était
39:04créer une ville
39:04comme ça
39:05de plusieurs dizaines
39:05de milliers de personnes
39:06pendant deux ans et demi
39:08c'était risqué
39:09là on est en 1805
39:11oui c'est ça
39:12et lui va mourir en 1813
39:14donc dans quelles conditions
39:17il a
39:17ça je ne me souviens plus
39:19exactement
39:19enfin tout ça
39:20est conseillé dans mon livre
39:22enfin pas de paillir
39:23non et pas de quoi
39:23mais il est toujours
39:25respecté comme
39:26c'est bon
39:27il ne meurt pas
39:28de la misère
39:28non non non
39:29il meurt
39:31je pense qu'aux invalides
39:33me semble-t-il
39:33enfin non parce qu'après
39:34il a habité Paris
39:35la rue Parmentier
39:37notamment d'aujourd'hui
39:38la rue Parmentier
39:38il avait
39:39il commençait à devenir âgé
39:42et sa soeur
39:43est décédée avant lui
39:44donc il en a été
39:45très meurtri
39:46plus longue vie de Paris
39:46d'ailleurs
39:47oui c'est possible
39:48la rue Parmentier
39:49oui
39:49avec la rue de Vaugira
39:50il a
39:51il a
39:52voilà
39:53il a eu
39:54une vie
39:55une fin de vie
39:56mais d'ailleurs
39:56c'était une grande
39:57longévité pour l'époque
39:58de mourir à
39:5960
40:00enfin
40:01de Louis XV
40:02à Napoléon
40:03oui
40:03oui oui
40:04Louis XV
40:04Louis XVI
40:05la révolution
40:06et Napoléon
40:07et oui
40:08tout ça donc avec toujours
40:09cet objectif
40:11alors vous consacrez un petit chapitre
40:13à ce que vous appelez
40:13la légende de Parmentier
40:15alors
40:15quelle est selon vous
40:16la plus grande
40:17des informations historiques
40:19qui a pu se construire
40:19il y en a eu
40:20on dit qu'il était agressé
40:21physiquement
40:22pour avoir fait manger
40:23des pommes de terre
40:23je sais pas
40:23mais c'était pas
40:24des personnes se sont fait
40:25agresser pour ça
40:27mais pas lui
40:28oui il y a plein de légendes
40:29là-dessus
40:30mais c'est un peu normal
40:32il était un tel bienfaiteur
40:34à l'époque
40:35il a tellement été considéré
40:37comme un sauveur
40:37il était absolument connu
40:38de son temps
40:38oui
40:39ah oui oui
40:40qu'on lui attribuait
40:42plein de vertus
40:42c'est tout juste
40:43s'il guérissait pas
40:45des écrouelles
40:45ça c'est assez logique
40:51après on oublie aujourd'hui
40:52qu'il y a eu des famines
40:53en France
40:54on oublie tout ça
40:55mais il a peut-être permis
41:00qu'on mette fin aux disettes
41:05et aux famines
41:06aux famines 50 ou 60 ans
41:09avant d'autres pays
41:10qui n'ont pas eu cette chance
41:11oui d'ailleurs on avait vu
41:12enfin en cru
41:13qu'une maladie sur les pommes de terre
41:14pouvait créer des familles
41:15notamment en Irlande
41:16oui oui exactement
41:18il n'y avait plus de pommes de terre
41:19alors vous dédiez ce livre
41:20à Anne Muratori-Philippe
41:23qui est présentée
41:24comme la seule vraie grande
41:26biographe de Parmentier
41:27la seule biographe
41:28il n'y en a pas eu d'autre
41:29c'est ça
41:29c'est très étonnant
41:30alors est-ce qu'on explique ça
41:31on l'explique pourquoi
41:32mais vous savez
41:32un savant
41:34enfin les aventures d'un savant
41:37ce ne sont pas des aventures
41:38sa seule aventure
41:39c'est d'avoir été capturé
41:42et prisonnier
41:43en Prusse
41:44mais
41:46raconter des expériences
41:48ce n'est pas grand chose
41:50d'où peut-être un petit peu
41:51la légende
41:52les légendes dorées
41:53autour de ça
41:55et puis le fait que
41:56ça n'a pas donné tellement envie
41:59je dirais
42:00au biographe
42:02de s'intéresser à lui
42:03qui plus est
42:04si on prend
42:05le livre
42:06de cette
42:07de cette journaliste
42:08qui était journaliste
42:09au Figaro
42:09c'est un livre
42:11qui est très
42:13c'est pas
42:14c'est pas palpitant
42:16c'est
42:17c'est une histoire
42:18il y a beaucoup de documents
42:20il y a beaucoup de
42:21elle explique très bien
42:23les relations entre
42:23Lavoisier
42:24et Parmentier
42:25entre Linné
42:27et enfin
42:28tous ces savants
42:29Gassicourt
42:30elle raconte tout ça
42:32elle a fait beaucoup de recherches
42:34c'est elle qui
42:34la première
42:38a fait le tri
42:39entre
42:40ce qui était vrai
42:41et ce qui était probablement
42:44probablement
42:45une légende
42:46donc son travail
42:47est très sérieux
42:48mais en même temps
42:49c'est un gros livre
42:50qui ne suscite pas
42:53qui ne suscite pas
42:54des
42:55enfin
42:56qui n'a peut-être pas eu
42:57un tirage colossal
42:58mais j'ai lu d'autres
42:59alors d'autres
43:00toutes petites biographies
43:01du 19ème siècle
43:02de Parmentier
43:03il y en a eu plusieurs
43:03mais alors c'est bourré
43:05bourré d'erreurs
43:06bourré de
43:09enfin c'est
43:09c'est vraiment
43:11des biographies romancées
43:12quoi
43:13là où il y avait
43:14trois pharmaciens
43:14il n'y en a plus qu'un
43:16son père
43:17dans ses biographies
43:19c'est vraiment présenté
43:21comme une histoire vraie
43:22il meurt
43:23alors qu'il avait 7 ans
43:24alors qu'il est mort
43:25on connaît la date
43:25de la mort de son père
43:27on connaît tout ça
43:28et elle
43:28elle a aidé aussi
43:29à faire ce tri
43:29à partir de documents authentiques
43:31mais donc ça vous paraissait vous
43:32important de rendre
43:33Parmentier finalement
43:34plus accessible
43:35à tous
43:37oui
43:38et donne envie
43:39quelle leçon
43:40on pourrait tirer
43:41de sa vie
43:41ça sera notre mot
43:43de la fin
43:44bah moi je trouve que
43:46les bienfaiteurs
43:47de l'humanité
43:47c'est important
43:48et qu'il n'y en a pas tant
43:50que ça
43:50il y a aussi
43:51beaucoup de bourreaux
43:52et bien
43:53je trouve
43:54d'ailleurs c'est un peu
43:54l'objet de la collection
43:56de la biocollection
43:56c'est de mettre en valeur
43:58des
43:58je dirais
44:00pour faire simple
44:00des héros et des saints
44:01si vous voulez
44:02c'est à dire
44:03des personnages
44:04qui méritent vraiment
44:05d'être racontés
44:07alors des
44:07il y a aussi des écrivains
44:09ça peut être
44:09des gens qui ont
44:10qui ont fait du bien
44:12disons
44:13on a besoin
44:14de figures de proue
44:16si nos figures de proue
44:18c'est
44:19c'est
44:20Lénine
44:20Staline
44:21et Mao
44:21non merci quoi
44:23donc
44:25cette collection
44:26elle a cet objet
44:27cet objectif
44:29et
44:30Parmentier
44:30mérite
44:31d'entrer dans ce panthéon
44:35il mérite vraiment
44:36parce que c'est un
44:36c'est un type
44:37bon voilà
44:38c'est un
44:40un bienfaiteur de l'humanité
44:41en tout cas
44:41un bienfaiteur de la France
44:42lorsque nous mangerons
44:42nos pommes de terre
44:43nous les regarderons
44:45autrement
44:46les yeux de pommes de terre
44:47les yeux de pommes de terre
44:48Francis Bergeron
44:49merci infiniment
44:51d'avoir
44:51nous avoir révélé
44:52la vraie vie
44:53de Parmentier
44:54donc je rappelle
44:56aux éditions
44:58biocollection
44:59Antoine August
45:00bien
45:00Antoine Augustin
45:02je vais y arriver
45:02Parmentier
45:03le bourru
45:04bienfaisant
45:05merci beaucoup
45:06merci à vous
45:06je vous en prie
45:07c'était
45:08passé présent
45:09l'émission historique
45:10de TVL
45:11réalisée en partenariat
45:13avec la revue
45:14d'histoire européenne
45:15d'ailleurs
45:16à propos de la revue
45:17d'histoire européenne
45:18vous pouvez toujours
45:19vous procurer
45:19sur le site
45:21on va mettre
45:22le lien
45:22en dessous
45:23de la vidéo
45:24vous pouvez toujours
45:24vous procurer
45:25le numéro
45:26dont le dossier
45:26a été consacré
45:27à l'histoire
45:28de l'alimentation
45:29comme ça
45:30vous vous apprendrez
45:30d'où vient réellement
45:32la pomme de terre
45:32et plein d'autres produits
45:34maintenant
45:35avant de nous quitter
45:36vous n'oubliez pas
45:37bien sûr
45:37de cliquer sur le pouce
45:38levé
45:38sous la vidéo
45:39et de vous abonner
45:41à notre chaîne YouTube
45:41merci
45:42à bientôt
45:43à bientôt
45:44Sous-titrage Société Radio-Canada
45:47Sous-titrage Société Radio-Canada
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