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  • il y a 2 jours
Le monde en plein choc. Plus de 35 jours après le début de la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, l’inquiétude grandit sur les marchés financiers et l’économie mondiale.

Dans ce nouveau numéro du Samedi Politique, Pierre-Yves Rougeyron (Président du Cercle Aristote, essayiste et directeur de la collection Perspectives Libres) décrypte sans langue de bois cette actualité brûlante.

Au programme :

• Trump annonce avoir "anéanti" l’Iran… mais Téhéran tient toujours et riposte

• Ormuz toujours sous contrôle iranien : le choc pétrolier qui frappe l’Europe

• Négociations fantômes ou véritable poker menteur ?

• L’humiliation de Macron par Trump et la gifle de Brigitte

• Conséquences géopolitiques et économiques : vers une crise pire qu’en 1973 ?



Retrouvez également le dernier numéro de Perspectives Libres https://cerclearistote.fr/librairie/perspectives-libres-n35-guerre-et-geopolitique/

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Transcription
00:00:07Générique
00:00:15Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro du Samedi Politique.
00:00:20Évidemment, cette semaine, nous allons poursuivre ce décryptage du monde en pleine bascule.
00:00:24Et nous allons bien sûr parler de cette guerre qui se poursuit entre Washington, Tel Aviv et Téhéran.
00:00:30Alors, cette guerre touche-t-elle à sa fin, comme semble le dire Donald Trump ?
00:00:34Vers quelle issue avançons-nous ?
00:00:36Et puis surtout, quelles conséquences économiques commencent à s'abattre sur nos pays et notamment sur la France ?
00:00:42Eh bien, c'est ce que nous allons voir dans quelques instants, juste après le coup de pouce.
00:00:45A tout de suite.
00:00:57Et à mes côtés cette semaine, Pierre-Yves Rougeron.
00:00:59Bonjour Pierre-Yves, merci d'être avec nous.
00:01:01Bonjour Élise.
00:01:01Alors, vous êtes président du Cercle Aristote Essayiste,
00:01:05directeur de la collection Perspective Livre aux éditions Jean-Cyril Godefroy.
00:01:10Pour commencer, Pierre-Yves Rougeron, aujourd'hui,
00:01:12comment jugez-vous la position de Donald Trump dans cette guerre ?
00:01:16Pour vous, que cherche-t-il à faire ?
00:01:19– Pour moi, Donald Trump cherchait avant tout à sécuriser une partie de sa base électorale
00:01:27par rapport aux élections de novembre, car on lui avait promis et vendu, je pense,
00:01:33via d'ailleurs des réseaux très proches de lui,
00:01:35vu qu'il y a une responsabilité à mon avis écrasante de son premier cercle
00:01:38et de son gendre particulièrement, une guerre rapide,
00:01:43enfin d'ailleurs même pas une guerre, il faut bien s'entendre sur ce qu'est une guerre
00:01:46pour la base américaine. Une guerre pour la base américaine,
00:01:49c'est l'envoi des boys au sol et donc la possibilité qu'ils reviennent
00:01:53dans des sacs à viande froide, dans des bodypacks.
00:01:55Donc on allait rester en l'air, ça allait durer quelques jours,
00:01:58on allait flinguer les chefs indiens et la tribu, elle est débandée,
00:02:04ni vue ni connue, et comme ça, une partie de la droite religieuse
00:02:11pour qui l'agenda israélien est très important politiquement,
00:02:14parce que pour eux c'est un agenda théologique.
00:02:16– La droite religieuse, vous faites référence aux évangéliques.
00:02:18– Les évangéliques, très clairement.
00:02:21Le, allez, ne pas se démobiliser en novembre,
00:02:24vu qu'ils étaient la partie, disons, la plus friable de l'électorat de Donald Trump,
00:02:29vu que si on fait une grande schématisation,
00:02:32vous avez une part populiste stricte dans ma gare,
00:02:34vous avez une part nationaliste dans ma gare,
00:02:37et vous avez ce qui reste de plus dur de l'ancien électorat du parti républicain,
00:02:44les anciens rénaux sont partis déjà.
00:02:47Ils vont à la droite du parti démocrate, ce qui est leur destinée historique,
00:02:51d'ailleurs c'est de là d'où ils viennent,
00:02:52donc ça c'est pas grave, mais il reste la droite religieuse.
00:02:56La droite religieuse qui s'est imposée au fil des décennies au sein du parti républicain,
00:03:00rappelez-vous quelqu'un comme Goldwater était contre,
00:03:03certains dirigeants républicains ont été contre,
00:03:05ils ont été pétés en deux d'ailleurs, tous,
00:03:07au fur et à mesure que cette droite religieuse s'est exprimée,
00:03:11alors c'est elle qui va prendre son envol à partir de Reagan,
00:03:14et qui va être la cocu satisfaite de ceux qu'on a appelés les néo-conservateurs,
00:03:20c'est-à-dire qu'elle n'obtiendra jamais rien sur le plan des valeurs internes,
00:03:25mais elle aura une politique étrangère qui ressemblera à ses interprétations,
00:03:32ou ses délires comme vous l'entendrez, en termes d'interprétation des écritures.
00:03:36Bon, Donald Trump, dans des élections de novembre qui vont être serrées,
00:03:41qui le sont toujours pour un président en exercice,
00:03:44qui là en plus se passe, alors on dit se passe mal,
00:03:49c'est facile de dire ça quand on est au 2 ou 3 avril,
00:03:52c'est des élections qu'on lue en novembre,
00:03:54et vous avez deux problèmes, premièrement vous avez une part de l'électorat démocrate
00:03:58qui essaye de se refaire face à l'ICE, face à la police aux frontières,
00:04:03qui n'est pas du tout une création de Donald Trump quand je vois des conneries,
00:04:06c'est né après le 11 septembre l'ICE, donc il faut arrêter de, si vous voulez,
00:04:11– Bon après on s'imagine que les méthodes évoluent peut-être au gré des présidents,
00:04:14– Certes, mais si vous voulez, quand vous êtes une police anti-immigration,
00:04:19vous n'avez pas fait CAP calinerie, d'accord,
00:04:23pour arrêter des flux migratoires, il faut arrêter des gens, c'est physique.
00:04:26Et deuxièmement, il y a la politique des droits de douane de Donald Trump
00:04:32qui se heurte au puissant lobby du libre-échange
00:04:36qui va quand même jusqu'à la Cour suprême.
00:04:38Donc, si vous voulez, ça va être des élections serrées,
00:04:41mais on ne peut pas dire que Donald Trump n'ait rien fait aux États-Unis,
00:04:43bien au contraire.
00:04:44– Pardon, mais vous dites les libres-échangistes jusqu'à la Cour suprême,
00:04:47précisément j'imagine, parce qu'ils ont retoqué les droits de douane de Donald Trump ?
00:04:51– Parce qu'ils les retoquent, parce qu'une partie des juges estime
00:04:55qu'ils sont les gardiens d'une vision anhistorique du libre-échange,
00:05:01c'est-à-dire le libre-échange grosso modo c'est la paix,
00:05:03parce que c'est la paix du commerce, quelque chose qui n'a jamais existé,
00:05:06qui n'existera jamais, qui est un délire de magistrat.
00:05:12D'ailleurs à la base c'est un délire de Montesquieu,
00:05:14qu'il était lui-même.
00:05:15Donc ça n'a pas de sens, et surtout le peuple américain veut des frontières
00:05:21et des droits de douane.
00:05:22Il a élu Donald Trump pour ça.
00:05:24Donc il y a une politisation assez exécrable de la Cour suprême là-dessus,
00:05:30surtout que, et c'est terrible, mais si on veut réindustrialiser,
00:05:34quand vous avez laissé partir les usines, il faut les payer une deuxième fois.
00:05:38Et le prix des droits de douane c'est ça.
00:05:40C'est terrible, il ne fallait pas les laisser partir.
00:05:42Voilà, les usines vous les avez payées une fois, c'est germinal au XIXe siècle,
00:05:46vous allez les repayer si vous les voulez.
00:05:48Sinon, vous ferez une économie de service et vous allez crever lentement, au choix.
00:05:52Donc le souci c'est que Donald Trump n'a pas besoin au moment où nous sommes
00:05:58d'avoir un coup de couteau dans le dos.
00:06:00Et je pense, là pour le coup c'est une hypothèse de travail,
00:06:05que Benjamin Netanyahu n'a pas perdu les trois semaines qu'il a passées
00:06:07au mois de décembre aux États-Unis.
00:06:10Je ne suis pas certain qu'il soit allé fêter et Thanksgiving.
00:06:15Donc je pense qu'il a fait le tour de la droite religieuse.
00:06:19Bien sûr il ne les enverra pas voter démocrate, il n'en a pas le pouvoir
00:06:22et le parti démocrate dans l'État où il est ne peut pas les attirer.
00:06:25Par contre il peut les démobiliser.
00:06:27Ils peuvent voter avec leurs pieds en novembre.
00:06:29Ce qui suffira d'ailleurs à une sanction dure contre Donald Trump
00:06:34et à rendre plus difficile sa deuxième partie de mandat.
00:06:38Ce qui d'ailleurs ne ferait pas de mal à Benjamin Netanyahu
00:06:40parce que nécessairement cette deuxième partie de mandat
00:06:43serait dominée par quelqu'un que Benjamin Netanyahu déteste, Key Vance.
00:06:47L'inimitié entre les deux hommes est devenue proverbiale.
00:06:52Donc la seule chose c'est que je pense que Benjamin Netanyahu
00:06:56a sacrifié pour une raison tactique et obsessionnelle chez lui
00:07:00qui a à voir à son propre agenda électoral.
00:07:04Une pièce maîtresse qui est le soutien de l'opinion publique américaine Maga
00:07:09qui est la seule opinion publique américaine où il restait un soutien majoritaire à Israël.
00:07:14Maintenant à mon avis ça va être… il faudra parler de ça au passé.
00:07:19Et quand on est un État qui a toujours eu besoin d'un protecteur,
00:07:22l'Union soviétique d'abord, la France ensuite, les États-Unis enfin,
00:07:26cracher dans la figure d'un homme qui a donné les gages extérieurs en tout cas
00:07:34d'un soutien à Israël, rappelez-vous du transfert de l'ambassade,
00:07:39et lui faire perdre une élection majeure ou du moins menacer de le faire,
00:07:45je ne suis pas certain… joli coup tactique, coup stratégique je pense lamentable
00:07:50dans les années à venir mais ça c'est une autre hypothèse de travail.
00:07:52Or Donald Trump est piégé dans une guerre.
00:07:56Il n'a pas voulu écouter Vance, il n'a pas voulu écouter les militaires,
00:07:58ça on le sait.
00:07:59Or les militaires lui avaient dit…
00:08:01– Alors justement là les militaires, visiblement, ça dégage beaucoup
00:08:04dans les hauts gradés militaires américains, limogés un après l'autre,
00:08:10notamment par Pitexet.
00:08:12– Tout simplement parce que le Pentagone était contre,
00:08:15et c'était tout à fait logique.
00:08:18L'Iran, déjà premièrement, à un moment, le délire de…
00:08:24nous on a créé l'État moderne, les autres c'est des chefs de tribu,
00:08:29alors déjà premièrement une tribu c'est plus compliqué que ça en anthropologie
00:08:32que ce qu'on pense, il ne suffit pas de tuer…
00:08:34– On va le dire à Michel Onfray.
00:08:35– Non mais voilà, il ne suffit pas de tuer le chef Comanche
00:08:38pour que la tribu débande, et ce mythe, on va flinguer…
00:08:42Exact, c'est un rôle, soit il plaque l'imaginaire des tribus,
00:08:46soit celui des organisations criminelles.
00:08:48C'est-à-dire, oui, le cartel de Medellin a eu mal
00:08:50quand on a tué Pablo Escobar, je vous l'entends bien volontiers,
00:08:52il existe néanmoins toujours.
00:08:54Or, ce sont des États modernes, particulièrement l'Iran,
00:08:58qui est l'une des plus vieilles civilisations étatisées au monde.
00:09:01– Et décentralisées, accessoirement.
00:09:03– Ça fait 40 ans qu'ils se préparent à la liquidation de leur élite,
00:09:06donc chaque poste n'est pas doublé, il est triplé, qu'adruplé,
00:09:09qu'intuplé, j'en sais rien.
00:09:10Mais vous voyez, l'idée de dire, tu as le vieux barbu là-bas,
00:09:16une fois qu'on l'aura liquidé, c'est comme si on faisait sauter
00:09:19la haute du Père Noël, tout va se casser la gueule.
00:09:22Et ils vont ramper à nos pieds en moins de temps qu'il ne faut pour cirer
00:09:25des babouches.
00:09:26Ça, c'est délirant.
00:09:29Déjà, ça a échoué au Venezuela, ça.
00:09:30Au Venezuela, c'est-à-dire un État qui vit sous pression américaine
00:09:34depuis des décennies.
00:09:35– L'Iran aussi vit sous pression américaine.
00:09:36– L'Iran aussi, mais il n'est pas la même,
00:09:38parce qu'aucun Américain vous dira que le Venezuela, c'est chez lui.
00:09:41Alors, par la destinée manifeste, oui, malheureusement.
00:09:44Enfin, vous dira que l'Iran, c'est chez lui.
00:09:47Mais le Venezuela est dans la destinée manifeste.
00:09:49C'est dans la doctrine Monroe, donc pour eux, c'est chez nous, malheureusement.
00:09:53Donc, si vous voulez, c'est une sorte d'impérialisme automatique.
00:09:56L'Iran, c'est loin.
00:09:59Donc, le souci, c'est que le Patagone avait prévenu
00:10:02une campagne d'élimination ciblée.
00:10:04Pour quoi faire ?
00:10:06Pour arrêter un programme nucléaire
00:10:10dont nous savons que le volet militaire est gelé depuis longtemps,
00:10:14que d'ailleurs nous allons le faire repartir,
00:10:16parce qu'à force de taper dans la figure des gens,
00:10:19à un moment, ils vont vouloir sanctuariser leur territoire.
00:10:21Enfin, ils n'ont pas vocation,
00:10:23ils n'ont peut-être pas vocation au martyr,
00:10:25mais ils n'ont pas vocation au Pouching Ball non plus.
00:10:27Donc, là, vous venez de leur donner
00:10:29le meilleur argument pour sanctuariser leur territoire,
00:10:32et j'ose une question provocatrice,
00:10:33pourquoi n'en aurait-il pas le droit ?
00:10:36Si vous voulez, moi je suis sur l'option gaullienne,
00:10:38dans les affaires nucléaires.
00:10:41C'est-à-dire, soit on désarme tous,
00:10:43soit tout pays qui a suffisamment d'ingénieurs
00:10:46pour pouvoir garantir au monde d'éviter des Tchernobyl à répétition,
00:10:49il y a droit.
00:10:50C'est-à-dire, soit vous avez les moyens de soutenabilité de l'arme.
00:10:54Soit dit en passant, on sait que quand les accords de Vienne tenaient encore,
00:10:58il y avait des observateurs de la IEA qui allaient en Iran.
00:11:02Mais c'est comme ça que nous avons le décompte de leur uranium homme enrichi.
00:11:05Et soit dit en passant, beaucoup ont aussi dit
00:11:07que certains personnels de la IEA avaient peut-être donné des informations
00:11:11qui avaient permis cette guerre des 12 jours cet été.
00:11:14– Mais de toute façon, la totalité, la quasi-totalité malheureusement,
00:11:18des organisations multilatérales sont sorties de leur rôle
00:11:20à partir de l'imperium mundi des années 90.
00:11:25une large partie des ONG, une large partie au nom du droit d'ingérence,
00:11:30le bon docteur Kouchner, Mario Bettati, enfin de tous ces gens
00:11:33qui ont en réalité scié la branche sur laquelle ils étaient assis,
00:11:37et une partie des organisations internationales.
00:11:40prenez le cas ukrainien, le cas ukrainien, vous aviez encore,
00:11:45vous aviez l'OSCE, qui a au moins été un peu respecté par les Russes,
00:11:51aujourd'hui c'est fini.
00:11:52Là c'est la IEA, aujourd'hui c'est fini.
00:11:56– On pense à Benoît Paré d'ailleurs, qui était observatoire de l'OSCE,
00:11:59et qui a été débarqué globalement, et a été dégoûté de ce qu'on lui demandait d'écrire.
00:12:03– Évidemment, et puis il a fait un travail roboratif, mais extrêmement sérieux.
00:12:10Or, est-ce qu'on se rend compte que ces organisations,
00:12:15qui étaient pensées beaucoup plus intelligemment qu'on l'a dit,
00:12:20ont pris du volume au moment des mouvements des non-alignés,
00:12:23donc en réalité qui annoncent avec des décennies d'avance
00:12:27ce que les BRICS vont avoir,
00:12:30pour pouvoir avoir un monde, non pas intégré, mais uni,
00:12:35c'est-à-dire avec des forums.
00:12:38Maintenant, ils ont des États, ils ont la souveraineté,
00:12:40donc ils méritent qu'on les appelle monsieur.
00:12:42C'est soit ça, soit l'imaginaire colonial, mais il n'y a pas d'entre-deux.
00:12:46Il n'y a pas d'entre-deux.
00:12:47Moi quand j'entends aujourd'hui,
00:12:48oui mais les Iraniens, vous vous rendez compte,
00:12:51ils ont des missiles balistiques.
00:12:52Je dis, oui, ils ont des ingénieurs, donc ils ont des missiles.
00:12:54C'est eux qui les font, enfin ils ne les volent pas en tapis volant.
00:12:59Non mais c'est vrai, ils ont fait l'effort de s'armer,
00:13:02ils y ont le droit.
00:13:03Et là, comme réponse, j'entends, mais vous savez,
00:13:05les nazis avaient les V2, quel rapport ?
00:13:08Ça c'est, j'ai des collègues à vous, c'est le CI ça.
00:13:12C'est pas moi qui l'invente.
00:13:13– Ça c'est pas très gentil, c'est le médiorceur.
00:13:15– Mais non, mais vous êtes journaliste tous les deux, ma chère.
00:13:17– Je ne mérite pas ça, pourquoi tant de haine ?
00:13:19– Non, c'est vrai que vous êtes le haut du panier, ma chère.
00:13:22Mais par contre, personne n'arrête ce genre de délire,
00:13:28de délire Doctor House, à un moment, ils ont, ce sont des états,
00:13:34ils ont les droits et les dignités afférentes,
00:13:36ou alors, on dit, vous savez, il y a des états plus égaux que les autres,
00:13:41donc c'est la ferme des animaux d'Orwell.
00:13:43Le problème, c'est que dans la sphère étatique,
00:13:45quand vous dites que vous avez plus de droits que les autres,
00:13:47ça veut dire que vous êtes plus violent, vous êtes plus armé,
00:13:50et surtout, vous avez une avance technologique majeure.
00:13:53Où est l'avance technologique majeure des Occidentaux,
00:13:55au moment où nous parlons ?
00:13:56Donc, à un moment, il va falloir redescendre,
00:13:59et c'est d'ailleurs ce qui oppose Donald Trump au Pentagone,
00:14:06avance et agabar.
00:14:08C'est-à-dire que là, je pense qu'il s'est laissé totalement enfermé
00:14:13par son premier cercle, qui lui a dit, bon,
00:14:16face à un calcul électoral que je comprends,
00:14:19mais qui était…
00:14:22Et dont il pouvait difficilement sortir, soyons honnêtes.
00:14:26– Si je reprends ce que vous avez expliqué, concrètement,
00:14:28vous expliquez qu'il y avait une part électorale friable
00:14:31qui était celle de la droite républicaine plutôt évangéliste…
00:14:36– D'une partie de la droite évangélique.
00:14:37– Voilà, d'une partie de la droite évangélique,
00:14:39qui soutient globalement la politique israélienne,
00:14:42mais en même temps, on peut considérer qu'en essayant de favoriser
00:14:46le vote de cette partie-là, il a perdu un vote non négligeable
00:14:49de la part de son électorat de base, à savoir l'électorat Maga.
00:14:53– L'électorat Maga, déjà, et ça, ça pose une question
00:14:57pour l'ensemble des forces populistes au monde.
00:15:01Réconcilier un peuple, c'est jouer la miscibilité des électorats.
00:15:05Et comme nous le voyons à chaque fois dans les échecs
00:15:08des partis alternatifs européens, c'est jamais la base populiste
00:15:12qui recrache la droite idéologique, c'est l'inverse.
00:15:17C'est la droite idéologique qui dit, les prolos,
00:15:21vous marchez derrière moi, mais bon…
00:15:23– Mais loin, parce que vous sentez pas…
00:15:24– Comme vous êtes depuis la sueur un peu loin,
00:15:26et puis mon ombre est belle, ne la gâchez pas.
00:15:30C'est le syndrome Patrick Buisson, et bien c'est la même chose,
00:15:33c'est la même chose, c'est-à-dire, nous, gens socialisés à droite,
00:15:37nous allons chevaucher le peuple comme on chevauche le tigre,
00:15:41et vous allez faire l'on vous dit de faire, dressage de chien.
00:15:46Or, à un moment, les nationalistes et les populistes finissent par dire,
00:15:53bien gentils, surtout qu'il faut voir le monde.
00:15:57Alors attention, toute la droite religieuse américaine
00:16:00ne peut pas passer dans un claquement de doigts
00:16:04s'il y a un problème avec le Premier ministre israélien.
00:16:06Un électeur évangélique n'est pas que évangélique.
00:16:09Il a le droit d'aimer son pays, il a le droit d'être ancien soldat,
00:16:12il a le droit d'avoir des problèmes avec le galon de pétrole,
00:16:14il a le droit d'avoir sa boîte, etc.
00:16:16Mais il y en a une partie non négligeable
00:16:18pour qui le facteur religieux, nous sommes aux États-Unis,
00:16:21nous ne sommes pas en Europe,
00:16:22en Europe continentale, enfin en Europe de l'Ouest,
00:16:26est un facteur majeur du vote.
00:16:29Surtout qu'il faut voir ce que c'est l'univers mental
00:16:31de la droite évangélique américaine.
00:16:32C'est-à-dire, ce sont des gens pour qui…
00:16:34– On a eu des aperçus avec des scènes à la Maison-Blanche
00:16:36assez surprenantes, avec la fameuse Paula White
00:16:40de prière autour de Donald Trump.
00:16:42– Alors déjà ça, particulièrement nous en tant que Français,
00:16:45ça nous choque, mais déjà quand je vois le mal
00:16:49que la science politique, il y avait un très bon ouvrage dessus
00:16:52qui s'appelait Jésus et Juifs en Amérique,
00:16:56Fayard, c'est une thèse doctorale, donc moi si vous voulez,
00:16:59je ne suis pas dans le conspi.net.
00:17:02Donc, quand je vois le mal que nous avons eu à faire comprendre
00:17:06que pour cette part évangélique, comme pour eux les Écritures
00:17:11sont d'interprétation stricte, l'État israélien doit être soutenu
00:17:15pour pouvoir ensuite être immolé, ça ce n'est pas notre univers mental.
00:17:22Là, on se retrouve Jacques Chirac face à George Walker Bush
00:17:25et George Walker Bush qui dit qu'il faut attaquer l'Irak
00:17:27parce que ça va être Gog et Magog, Chirac lui dit
00:17:29« Gog, il va aller au Chirac, qu'est-ce qu'il me dit ? »
00:17:32et convoque Daniel Hervieux-Léger, la sociologue des religions de l'EHESS,
00:17:36il lui dit « Écoutez, pourquoi l'autre ? Il m'a parlé des Gog, je ne comprends pas. »
00:17:39Et elle lui répond « Mais M. le Président, ce que je vous dis est totalement vrai. »
00:17:43Elle lui dit « M. le Président, vous n'avez pas compris,
00:17:45il vous a parlé de l'Apocalypse. »
00:17:47Chirac fait une descente d'organes.
00:17:48Non, non, mais réellement, vous vous renseignerez,
00:17:54cette scène est totalement juste.
00:17:56Et malheureusement, quand on entre là-dedans
00:17:59pour connaître un petit peu les écrits de ces gens,
00:18:01on n'est pas chez nous, on n'est pas chez nous,
00:18:03on n'est pas dans notre monde.
00:18:05Et en plus, vous avez une cassure culturelle au sein du Maga,
00:18:09ce n'est pas pour rien que quelqu'un comme J. Divan, c'est catholique.
00:18:14Vous avez une part de l'Amérique aujourd'hui,
00:18:16la destinée manifeste, c'est bien,
00:18:18mais sauver l'Amérique, c'est mieux.
00:18:21Donc, oui, on est peut-être le peuple élu du Second Testament,
00:18:24mais comme on est dans la merde, ça veut dire que Dieu nous a abandonnés
00:18:26et qu'il va falloir qu'on se démerde.
00:18:27Donc, vous voyez, c'est…
00:18:28Et là, on entre dans le dur de cet affrontement-là,
00:18:32qui peut coûter très très cher,
00:18:35parce que c'est peut-être l'une des seules chances du Parti démocrate
00:18:37de se remplumer dans l'État dans lequel il est.
00:18:40Ce que je vous propose, c'est d'écouter à présent
00:18:42la déclaration de Donald Trump entre le 1er et le 2 avril,
00:18:46notamment quand il évoque ces fameuses frappes
00:18:48qui ont lieu sur l'Iran depuis le 28 février
00:18:51et la façon dont il en parle, puisqu'il veut les ramener à l'âge de pierre.
00:18:55Ce soir, la marine iranienne n'existe plus.
00:18:59Leur armée de l'air est en ruine.
00:19:02Leurs dirigeants, dont la plupart appartenaient
00:19:05au régime terroriste qu'ils dirigeaient,
00:19:07sont désormais morts.
00:19:10Leur système de commandement et de contrôle du corps
00:19:12des gardiens de la révolution islamique
00:19:14est en train d'être décimé à l'heure où nous parlons.
00:19:18Leur capacité à lancer des missiles et des drones
00:19:20est considérablement réduite.
00:19:22Et leurs armes, leurs usines et leurs lances-roquettes
00:19:25sont réduites en miettes.
00:19:28Il n'en reste pratiquement plus.
00:19:31Jamais dans l'histoire de la guerre,
00:19:32un ennemi n'a subi des pertes aussi évidentes
00:19:35et dévastatrices à grande échelle
00:19:37en l'espace de quelques semaines.
00:19:39Nous allons les frapper de plein fouet
00:19:40au cours des deux ou trois prochaines semaines.
00:19:43Nous allons les renvoyer à l'âge de pierre,
00:19:45là où est leur place.
00:19:53Bon, on est clairement dans une rhétorique de l'anéantissement
00:19:57et puis alors avec une contradiction quand même
00:19:59qui subsiste quand même depuis trois semaines.
00:20:01C'est-à-dire que chaque fois que Donald Trump prend la parole,
00:20:03c'est pour dire que l'Iran n'existe plus
00:20:05et qu'il a déjà réduit à néant l'intégralité du territoire,
00:20:08tout en expliquant qu'il va continuer de frapper.
00:20:10Donc on ne sait pas s'il frappe des ruines
00:20:12ou si tout le monde est mort.
00:20:14Enfin, il y a un moment…
00:20:15– Surtout, là, le problème, c'est qu'il est démenti.
00:20:19Et c'est là où on voit malheureusement l'aspect tenu.
00:20:24Parce que là, pour le coup,
00:20:25ce qui faisait la force politique de Donald Trump,
00:20:28c'est de lever non pas des vérités entières,
00:20:31mais des parts de vérité quasiment à chaque fois
00:20:32à où il parlait.
00:20:33Et c'est ce qui a attiré d'ailleurs une partie du peuple américain.
00:20:36Là, dans cette crise-là, pour la première fois,
00:20:39il fait exactement ce qu'il reproche à Biden,
00:20:43c'est-à-dire qu'il enfile des trucs faux.
00:20:45Et là, le problème, juste après,
00:20:47c'est que, comme vous le savez,
00:20:48dans les heures qui ont suivi cette déclaration,
00:20:50ce sont ses propres services de renseignement
00:20:52qui ont dit,
00:20:52le corps des gardiens de la révolution,
00:20:54jusque-là, va très bien.
00:20:56Oui, d'accord, les chefs tués ont été remplacés.
00:20:59La marine, oui, elle existe, elle existe encore,
00:21:02tout comme l'armée de l'air.
00:21:04Tout ceci est de la folie furieuse.
00:21:05Quand on sait, moi, j'avais avancé ce fait,
00:21:11je m'étais peut-être avancé de manière imprudente
00:21:14il y a plus d'un mois et demi, deux mois,
00:21:18je pensais que les Américains étaient en train de négocier
00:21:22à plein tube avec les Iraniens,
00:21:24et que c'était bien parti.
00:21:25J'avais raison.
00:21:26Le sultanat d'Omane a fini par nous le confirmer.
00:21:31Et là, pour le coup, on voit la nécessité pour Benyamin Netanyahou,
00:21:36au prix d'ailleurs du gel des accords d'Abraham,
00:21:41ou du moins de redéfinir encore les accords d'Abraham
00:21:44de manière primaire,
00:21:44c'est-à-dire comme une sorte de milice anti-chiite,
00:21:48au lieu d'en faire une base de stabilité globale pour la région,
00:21:52incluant mécaniquement l'Iran à un moment ou à un autre.
00:21:55Bien sûr.
00:21:56– Et le pire, c'est que tout était prêt pour ça.
00:22:00L'accalmie est d'ailleurs l'accalmie plus qu'une accalmie.
00:22:03Riyad Téhéran avait été brillamment négocié par la diplomatie chinoise
00:22:10et Glorahel de l'avoir fait, donc tout était prêt.
00:22:12La seule chose, et ça, moi ça m'avait été reproché,
00:22:16mais au tout début du procédu d'Abraham,
00:22:18le procédu d'Abraham n'a qu'une seule faiblesse réelle.
00:22:21Beaucoup de gens pensent que c'est la question palestinienne
00:22:23qui fait saigner le cœur de tout le monde.
00:22:25Mais dans les capitales arabes, le palestinisme,
00:22:29c'est bien pour parler à la rue arabe, à l'intérieur des palais.
00:22:33C'est une question, ça fait 70 ans qu'on en bouffe, donc bon.
00:22:38Non, la vraie faiblesse du procédu d'Abraham,
00:22:40c'est que si tout le monde veut aller se normaliser avec Israël,
00:22:42est-ce que Israël veut se normaliser avec le reste du monde ?
00:22:45Enfin, avec le reste du monde arabe.
00:22:46Est-ce qu'Israël accepte ce que les pères du sionisme avaient tous,
00:22:50les pères politiques, pas les pères doctrinaux,
00:22:52donc Ben Gurion, Dayan, etc. avaient totalement accepté ?
00:22:57C'est-à-dire qu'Israël est un État moyen-oriental.
00:23:01Alors, le problème, c'est que vous avez un changement de définition
00:23:04dans la politique extérieure israélienne qui se fait au début des années 80,
00:23:07qui est porté entre autres par Benjamin Netanyahou.
00:23:10Pour qui ? Non, non, non.
00:23:11Israël n'est pas un État du Moyen-Orient.
00:23:12Israël est un État occidental en terre avancée barbare.
00:23:17Donc, au nom de la politique de civilisation, quoi qu'on fasse,
00:23:20vous devez être de notre côté.
00:23:23Ce qui veut dire qu'Israël, qui a tout fait pour être un État normal,
00:23:27échappe d'un seul coup à la juridiction normale des États.
00:23:29Et je le dis d'autant plus que ça, pour le coup, ça pourrait mettre fin aux rêves sionistes.
00:23:33Parce que le problème, c'est que si vous…
00:23:37Je ne suis pas le seul à le penser.
00:23:38Henri Laurence m'a écrit exactement ce que je dis.
00:23:42Plus vous allez dire à l'ensemble de la zone qu'Israël n'a rien à faire là,
00:23:45vu que c'est un État occidental, en terre non occidentale,
00:23:51plus les mecs vont finir le raisonnement à votre place.
00:23:53C'est-à-dire, oui, si vous n'avez rien à foutre là et que vous nous le dites,
00:23:57on va entrer en acte.
00:23:58Et vous voyez, là pour le coup, tout le monde s'enferme dans des coups tactiques
00:24:04où même les Israéliens se tirent pour l'avenir des balles dans les pieds,
00:24:08tout simplement parce que là, ça leur permet de revenir dans un agenda électoral
00:24:14en disant, vous voyez, Gaza, Iran, je vous l'ai toujours dit,
00:24:18le palestinisme, c'est le terrorisme international domestique, pour nous,
00:24:23et l'Iran, c'est la menace existentielle de la fin de la semaine.
00:24:26Et le problème, c'est que ça fait depuis 1982 que c'est chaque semaine
00:24:29où l'Iran doit avoir la bombe.
00:24:30Bon, très bien.
00:24:33Trump a dit 15 jours, l'autre fois.
00:24:35Ils étaient à 15 jours d'avoir la bombe.
00:24:37Ah, le décalage horaire.
00:24:39Oui, c'est ça.
00:24:40Non, mais voilà, ça doit être le…
00:24:41Ce n'est pas du tout ce que disait Hussi Gabbard, par exemple.
00:24:42Non, mais Gabbard le dit bien.
00:24:44Nous savons que l'Iran, en fait, en plus, le fait que l'Iran ait voulu
00:24:48sanctuariser son territoire pendant des années, ça n'a pas été contre Israël.
00:24:52Ça n'a pas été contre l'Occident, ça a été contre des puissances sunnites hostiles,
00:24:58dont, au cœur de la décennie des années 2000, principalement la puissance pakistanaise.
00:25:04Quelle belle ironie de l'histoire, encore, là.
00:25:06Oui, mais le Pakistan a énormément changé.
00:25:08Aujourd'hui, c'est un État modernisé,
00:25:12qui aurait pu être modernisé grâce à nous.
00:25:15Mais c'était Moucharaf, et nous, on a décidé que Moucharaf, on n'en voulait pas.
00:25:18Bon, ben très bien. Bon, c'est la Chine qui l'a fait. Très bien.
00:25:23Et là, vous avez une inversion, parce que c'est une zone qui évolue extraordinairement vite,
00:25:28et qui, d'un côté, ça veut dire qu'elle est pleine de vie,
00:25:30et qu'elle cherche le développement plus que l'affrontement.
00:25:33On devrait être content.
00:25:34Parce que plus ils se développeront…
00:25:35On voit que le Pakistan a joué un rôle, justement, dans les discussions de paix,
00:25:38et accessoirement, on comprend que, quelque part,
00:25:41il n'est pas impossible que le Pakistan, qui a la bombe nucléaire,
00:25:46globalement, mette l'Iran sous son parapluie.
00:25:49– Et à travers Islamabad, il y a quand même la main de Pékin.
00:25:53Il faut s'en rendre compte.
00:25:55Mais, d'un côté, pourquoi pas ?
00:25:58Parce que, là, pour le coup, je suis navré de le dire,
00:26:03mais Israël, il faut rassurer nos amis israéliens,
00:26:06ils ne seront jamais, jamais, vitrifiés.
00:26:10Parce que sinon, ils vitrifient tout le monde.
00:26:12Parce que, jusqu'à preuve du contraire, l'arsenal, c'est eux qui l'ont.
00:26:16L'Iran ne l'a pas.
00:26:17Et si l'Iran, on l'avait pendant…
00:26:19Le pire, c'est que les officiels iraniens, au tout début,
00:26:22dès les années 2000, sont venus nous le dire.
00:26:24Ils sont même venus à l'Institut du Monde Arable le dire à Paris.
00:26:27Ils ont dit, écoutez, nous, on se bat,
00:26:30il y a eu une guerre pakistano-iranienne,
00:26:34par l'intermédiaire des talibans.
00:26:35On l'oublie.
00:26:36On l'oublie.
00:26:38Et les Iraniens sont venus nous le dire.
00:26:39Nous dire, mais quand le Pakistan tombera dans les mains de ces gens-là,
00:26:43et fondera sur notre frontière nord,
00:26:45vous nous sauverez ?
00:26:47Avec ce que vaut votre parole ?
00:26:50On va peut-être faire quelque chose nous-mêmes.
00:26:54Parce que bon, la parole des Occidentaux est quand même un truc
00:26:57qui s'est légèrement dévalué ces 40 dernières années.
00:26:59Donc, non mais, ça c'est une donnée géopolitique majeure.
00:27:03Avant, la parole des Occidentaux,
00:27:05elle était crainte, elle était attendue,
00:27:07elle était ce que vous voulez,
00:27:08mais personne ne s'en foutait.
00:27:10Ça, c'est une révolution géopolitique majeure
00:27:12dont nous ne comprenons que les prémices.
00:27:14Donc, l'Iran n'a jamais voulu
00:27:18entrer dans une guerre à mort avec les Israéliens.
00:27:20Déjà, premièrement, ils ne peuvent pas la gagner
00:27:22et ne sont pas débiles.
00:27:23Donc,
00:27:26quand on sait en plus que la révolution islamique
00:27:28est en train d'être avalée par la population iranienne
00:27:30comme le buvard boit l'encre,
00:27:32on devrait être content.
00:27:34Moi, si vous voulez, c'est une phrase qui n'a pas été comprise
00:27:36mais que je réutilise à l'envie.
00:27:41Une république islamique où il y a 60% d'ingénieurs femmes
00:27:45a échoué.
00:27:47Ou alors, on n'a pas la même vision de ce qu'est une république islamique.
00:27:50Alors, je veux bien qu'une république islamique chiite,
00:27:52que ce soit un peu plus cérébrale que l'État islamique,
00:27:55mais ce n'est quand même pas fait pour avoir des femmes médecins et ingénieurs.
00:27:58Alors, je ne suis pas certain, eh bien, la société iranienne
00:28:02est en train, par le nationalisme, de sortir gentiment.
00:28:06Ils ne veulent pas sortir par la violence de ce qui s'est passé en 79.
00:28:10La violence, ils en ont suffisamment eu, merci.
00:28:13Donc, et nous, alors qu'on pourrait être les premiers bénéficiaires de tout ça,
00:28:18nous, non.
00:28:19Nous, c'est…
00:28:20Les Occidentaux, c'est…
00:28:22Non, non, les barbares restent des barbares
00:28:25et nous vous imposons un ordre,
00:28:27mais un ordre qu'on n'a même plus les moyens de tenir.
00:28:29Et le monde le sait.
00:28:31Là, la marine américaine, je vous rappelle que la première fois
00:28:33où elle recule face à des chiites,
00:28:35ce n'est pas face à l'Iran.
00:28:36Ce n'est pas pour Ormose.
00:28:37C'est pour les houthis.
00:28:39Bon, quand vous avez reculé la distance de vos vaisseaux de peur
00:28:43que les houthis vous balancent du matériel iranien,
00:28:47bon, vous n'allez pas conquérir un pays de 90 millions d'habitants.
00:28:50Vous n'allez pas les écraser sous les bombes.
00:28:52Donc, ces méthodes-là, c'est de la petite politique aérie
00:28:58et ça implique un vrai changement dans le Moyen-Orient à venir,
00:29:01c'est-à-dire que si il y a maintien des groupes sociologiques magas
00:29:06dans les années à venir,
00:29:08une partie de la vie politique américaine se fera,
00:29:12disons, non pas du tout vers l'antisionisme,
00:29:15il faut arrêter de balancer des mots qui ne veulent rien dire à tort et à travers,
00:29:19mais que la place de l'agenda israélien dans la politique étrangère américaine
00:29:25sera bien moindre.
00:29:27Et ça, c'est à Benyamin Netanyahou que les Israéliens le devront.
00:29:30– Ils le devront, bien sûr.
00:29:30J'aimerais qu'on regarde à présent le porte-parole du commandement militaire central iranien.
00:29:35Il répondait donc aux déclarations de Donald Trump
00:29:37et on voit que les déclarations triomphalistes de Donald Trump
00:29:41n'ont visiblement pas vraiment d'impact sur les dirigeants iraniens.
00:29:45– Avec la confiance que Dieu Tout-Puissant nous accorde,
00:29:48cette guerre se poursuivra jusqu'à l'humiliation.
00:29:51Le regret éternel est votre rédition.
00:29:54Dans la continuité des coups et des affronts terribles et inimaginables
00:29:58que vous avez déjà subis,
00:30:00attendez-vous à des actions encore plus dévastatrices,
00:30:03d'une ampleur et d'une destruction sans précédent.
00:30:07Les installations que vous avez ciblées jusqu'à présent sont insignifiantes
00:30:11et notre production militaire stratégique se déroule dans des lieux
00:30:15dont vous ignorez tout et que vous ne pourrez jamais atteindre.
00:30:19– Sous-titrage Société Radio-Canada
00:30:25– Bon, là encore, premièrement, bien sûr,
00:30:27ça dément une grande partie des déclarations de Donald Trump.
00:30:31Et puis, que penser de ces déclarations ?
00:30:34Est-ce qu'on a une idée, d'ailleurs, de ce qui reste de l'arsenal iranien ?
00:30:37– Premièrement, c'est du brouillard de la guerre, déjà.
00:30:39Donc, il est tout à fait normal que ce soit tenu.
00:30:43De toute évidence, vu les répliques,
00:30:47l'Iran a encore…
00:30:49– En a sous le pied.
00:30:50– En a sous le pied.
00:30:51Je rappelle que, de toute façon,
00:30:52il a des accords structurants de défense,
00:30:54entre autres avec Pékin,
00:30:55de livraison de matériel militaire et d'observateurs,
00:30:58et d'observateurs aguerris,
00:31:00sur du matériel de haute technicité.
00:31:05Ensuite, il est tout à fait normal qu'ils répliquent
00:31:07de manière communicationnelle, comme ça.
00:31:10C'est-à-dire, chacun, grosso modo, dit,
00:31:12c'est moi qui y vais le plus haut, qui y vais le plus loin,
00:31:16jusqu'au moment où, et je l'espère,
00:31:19des équipes de négociateurs aguerris,
00:31:21qui doivent être déjà, je l'espère, en train de travailler,
00:31:24vont dire, bon, ça y est, stop, on arrête le jeu.
00:31:26Et là, ça permet à tout le monde de s'en sortir dans l'honneur,
00:31:29c'est-à-dire, on a bien tenu, et l'autre,
00:31:32ah, qu'est-ce qu'ils ont pris quand même,
00:31:34et de pouvoir dire, entre autres,
00:31:35à une partie de sa droite religieuse,
00:31:36hé, moi je l'ai fait de cette guerre-là.
00:31:40Vos amis néoconservateurs n'ont pas eu le courage de la faire.
00:31:43Moi je l'ai fait.
00:31:45Et je pense que c'est le seul scénario
00:31:47où tout le monde s'en sort à peu près réglo,
00:31:51sachant qu'il y avait un accord encore plus pro-américain
00:31:55que mes camarades avaient prévu,
00:32:00encore plus, disons, conforme aux intérêts américains
00:32:04que celui de 2015.
00:32:07Donc, en réalité, les Iraniens,
00:32:10pour une raison qui est simple
00:32:11et qui est propre à tous les grands États en développement,
00:32:13c'est nous qui voyons le monde contre les BRICS.
00:32:17Pas du tout.
00:32:18La plupart des BRICS ne veulent pas se fâcher avec l'Occident.
00:32:21Ils ne veulent pas être méprisés par l'Occident,
00:32:22ce qui n'est pas la même chose.
00:32:24Il y avait des organisations qui étaient faites
00:32:27pour assurer le respect mutuel,
00:32:29il y en a une qui s'appelait l'ONU.
00:32:30Bon, nous on a décidé de s'essuyer les pieds dessus.
00:32:32Très bien.
00:32:33Ben, eux, ils ont fait des cénacles
00:32:35où on ne les traite pas comme des portiers et des jardiniers.
00:32:38Je peux tout à fait l'entendre.
00:32:41Ça prouve juste notre échec.
00:32:43C'est-à-dire, à un moment,
00:32:47le temps des colonies est fini,
00:32:51depuis un petit moment déjà.
00:32:52Et donc, l'éthos colonial doit terminer avec lui.
00:32:55Il n'y a pas de raison
00:32:56que quand les Occidentaux prennent la parole dans un cénacle,
00:33:00tout le monde soit obligé de la fermer.
00:33:02Il n'y a aucune raison à ça.
00:33:05C'est nous qui l'imaginons.
00:33:05– Ça tombe bien d'ailleurs,
00:33:06parce que plus personne ne la ferme, soit dit en passant,
00:33:08quand ils prennent la parole.
00:33:09– Non, mais on pense que notre supériorité morale éclatante,
00:33:16quand on regarde l'affaire Epstein ou deux, trois trucs de ce type-là,
00:33:19que le monde entier a suivi,
00:33:21que notre supériorité morale va compenser notre faiblesse stratégique.
00:33:26Non, mais qui vous a dit ça ?
00:33:30Qui est l'assassin qui vous a raconté ça ?
00:33:33Ça n'allait jamais être avalé par personne.
00:33:36Ce qui n'implique pas que les Occidentaux aient vocation
00:33:41à devenir les vendeurs de clopes des autres.
00:33:42Ce n'est pas la question.
00:33:44– Bien sûr.
00:33:44– C'est nous qui voyons la vie internationale comme ça.
00:33:47La plupart, déjà pour la plupart des États en développement,
00:33:50la politique internationale, vous savez ce que c'est ?
00:33:52C'est 5% de ce qu'ils font par jour.
00:33:55Tout le reste, ils le font à la maison.
00:33:57Nous, on a délaissé la maison, donc on emmerde le monde entier.
00:34:00Donc, pour un État normal, la politique internationale, c'est important,
00:34:05mais c'est la politique domestique qui compte,
00:34:07c'est-à-dire quels hommes je vais former,
00:34:10quels ingénieurs vont garantir ma souveraineté technologique,
00:34:14mon tissu économique et me prévenir contre des problèmes sociaux majeurs
00:34:20et structurants, vieillissement de population, perte démographique, etc.
00:34:23Donc, que ce soit Xi Jinping, que ce soit Modi ou que ce soit les Iraniens,
00:34:27ils ont autre chose à faire que penser à nous tout le temps.
00:34:30C'est nous qui entrons par la fenêtre de leurs imaginaires en disant
00:34:35il va falloir que vous nous rendiez des comptes.
00:34:37Au nom de qui, au nom de quoi ?
00:34:39Tout ça doit être remis à plat.
00:34:41Parce que pendant ce temps-là, les populations occidentales,
00:34:44elles sont abandonnées par leurs propres élites.
00:34:45Et je rappelle que si Donald Trump a été élu pour quelque chose,
00:34:48c'est pour mettre fin à ça, en tout cas concernant son pays.
00:34:52– Alors, dans l'allocution de Donald Trump et dans cette même séquence,
00:34:57le président américain a aussi évoqué notre président,
00:35:00Emmanuel Macron, dans des propos assez peu élogieux.
00:35:03Je vous propose qu'on regarde aussi cette séquence.
00:35:05– J'ai appelé la France, Macron, qui se fait vraiment maltraiter par sa femme.
00:35:14Il est encore en train de se remettre d'une droite dans la mâchoire.
00:35:17J'ai dit, Emmanuel, nous aimerions beaucoup avoir de l'aide dans le golfe.
00:35:21Mais pourrais-tu envoyer des navires de guerre immédiatement ?
00:35:24– Non, non, non, je ne peux pas faire ça.
00:35:26Nous ne pouvons pas faire ça, Donald.
00:35:27Nous pourrons le faire lorsque la guerre sera gagnée.
00:35:30J'ai dit, non, non, j'en ai pas besoin lorsque la guerre sera finie, Emmanuel.
00:35:33– Donc les propos que j'ai pu entendre, que vous faites référence,
00:35:37ne sont ni élégants ni à la hauteur.
00:35:40Voilà.
00:35:40Donc je ne vais pas y répondre, ça ne mérite pas de réponse.
00:35:49– Bon, c'est encore un coup dur, c'est le cas de le dire, pour la France.
00:35:53– Pour la France, non.
00:35:54– Pour la France, non.
00:35:56Il faut dissocier absolument la France de Macron.
00:36:00C'est Emmanuel Macron prend dans la figure les ricochets de sa propre politique systémique
00:36:09de destruction de notre armée, de notre indépendance nationale.
00:36:12Plus le ridicule dont il ne se dépare jamais dès qu'il sort de nos frontières
00:36:17et déjà il a du mal à l'enlever quand il est dedans.
00:36:19Donc voilà, Emmanuel Macron est face à Emmanuel Macron, comme toujours.
00:36:25Donald Trump se permet de dire ça parce que Emmanuel Macron s'est tellement donné en spectacle
00:36:32ces dernières années qu'il nous a humiliés par sa seule présence.
00:36:36Aujourd'hui, cette présence lui est renvoyée en miroir.
00:36:39à tête personnelle, je ne me sens pas concerné.
00:36:42– Bon, très bien, très bien, c'est confortable.
00:36:45– Comment ? Non mais, navré, navré.
00:36:48Emmanuel Macron mérite exactement ce qui lui arrive.
00:36:52– Et ça a quand même malheureusement des répercussions sur la vision de la France à l'étranger.
00:36:58– Non, ça a des répercussions parce qu'Emmanuel Macron parle alors que tout le monde sait
00:37:02qu'il affaiblit son pays.
00:37:05Tout le monde le sait.
00:37:06Bon, tout le monde le sait.
00:37:08Vous croyez que les gilets jaunes ne sont pas si inaperçus ?
00:37:11Vous croyez ? Non, non, non.
00:37:12Tout le monde sait que personne ne peut le sentir à l'intérieur.
00:37:15Tout le monde voit les décisions aberrantes qu'il prend.
00:37:20Et que d'ailleurs, Donald Trump se sent d'autant plus capable de faire ça,
00:37:25que je vous rappelle qu'il avait proposé un accord à la France.
00:37:27il y a quelques années.
00:37:30Rappelez-vous.
00:37:32Il dit, pourquoi…
00:37:33Il dit, voilà, moi mes analystes pensent que la France s'en sortirait mieux
00:37:39si elle était libre.
00:37:40Et si elle est libre, je te fais le même accord que pour les Britanniques.
00:37:44T'as tout gagné.
00:37:45Ce qui était vrai.
00:37:47Bon, nous on a joué les soumis cocus et heureux.
00:37:52Bon, très bien.
00:37:53– Mais européens.
00:37:54– Et européens.
00:37:54Et donc, vous êtes traité comme tel.
00:37:56Bon, or, si Emmanuel Macron avait voulu être respecté,
00:38:02est-ce qu'il aurait publiquement humilié notre armée
00:38:04ce qu'il a fait à un intervalle régulier ?
00:38:05Ce qui n'a jamais échappé à l'armée américaine.
00:38:08Jamais.
00:38:09Parce que l'armée américaine,
00:38:11et beaucoup de gradés de l'armée américaine,
00:38:13ont du respect pour l'armée française.
00:38:15Donc ils le savent très bien.
00:38:17Ça, c'est arrivé mécaniquement aux oreilles de Donald Trump.
00:38:20Mécaniquement.
00:38:21Surtout que Donald Trump,
00:38:22et il suffit de lire le livre américain de la défense de Trump 1 pour le voir,
00:38:28la France était traitée à part des autres puissances continentales.
00:38:32Certes, elle était moins bien lotie que l'Angleterre,
00:38:33mais elle était le deuxième pays le mieux lotie.
00:38:37Bon, pourquoi ?
00:38:38Parce qu'il y a une francophilie qui, certes, est historiquement une nouveauté,
00:38:43ça fait à peine 20 ans que ça existe,
00:38:46au sein d'une partie de la droite américaine qui a donné le mouvement MAGA.
00:38:52Et qui est né quand ?
00:38:54Eh bien, qui est né de l'Irak.
00:38:56Qui est né de l'Irak.
00:38:57Paradoxalement.
00:38:58Eh bien, ça veut dire que les Français ont été vraiment nos seuls amis ce jour-là,
00:39:01parce que tous ceux qui nous ont léché les pompes
00:39:04ont béni les bodypacks des gamins.
00:39:07Donc nous, on a besoin que quelqu'un, parfois, nous dise tu déconnes,
00:39:10et le seul qui nous a dit qu'on déconnait, c'était Chirac.
00:39:14Donc, prenez quelqu'un comme Vance,
00:39:15les éloges multiples qu'il fait de la personne du général de Gaulle
00:39:18ne lui rapportent zéro voix, zéro centime.
00:39:20Bien sûr.
00:39:21C'est même contre-productif,
00:39:22parce que ça hérisse le poil d'une Amérique
00:39:25qui garde un souvenir traumatique de de Gaulle,
00:39:27qui est l'Amérique démocrate.
00:39:29Dans la lignée de la haine que Lyndon Johnson ou Roosevelt,
00:39:32et même Kennedy, nous portaient.
00:39:34Donc, mais surtout Johnson et Roosevelt.
00:39:37Or, le problème, c'est que, excusez-moi,
00:39:44Donald Trump ne fait que tirer les leçons,
00:39:46mais tout le monde la tire.
00:39:47Poutine, avec sa table à rallonge, etc., c'est les mêmes choses.
00:39:51Nous n'allons pas dérouler le tapis rouge
00:39:53à un mec qui marche sur son propre peuple
00:39:57et qui se prend en pour un aigle alors que ce n'est qu'un poulet.
00:40:01Point.
00:40:02C'est aussi simple que ça.
00:40:03Je suis désolé.
00:40:08Malheureusement, quand on a perdu la souveraineté,
00:40:10on est devenu un pays de second rang.
00:40:13On a le sentiment aussi que le positionnement de la France,
00:40:16toujours très proche du Liban, en soutien du Liban,
00:40:19qui vit aussi une période très difficile,
00:40:22puisque les frappes israéliennes s'abattent également
00:40:23sur le sud du pays et aussi sur la capitale,
00:40:27on le pécache aussi, Emmanuel Macron notamment.
00:40:30Alors, le problème, là encore, qui ouvre la destruction moderne du Liban ?
00:40:37C'est Chirac.
00:40:38C'est Chirac, lors du sommet d'Evian, quand il dit, il va falloir que je trouve quelque chose,
00:40:46parce que la haine que Georges Wilker Bouche,
00:40:48et que toute l'Amérique démocrate et républicaine a déchaîné contre nous
00:40:55avec l'aide de nos amis américains, de nos amis européens,
00:40:58un italien, espagnol, allemand, etc.
00:41:02Le Chirac, qui a réagi comme ce qu'il était profondément, c'est-à-dire un lâche,
00:41:06le dit, mais il va falloir que je donne un truc, un os à ronger,
00:41:09on a donné la sécurité du Liban.
00:41:11Et donc, le Liban a commencé à reprendre des coups,
00:41:15alors qu'il n'en avait pas besoin,
00:41:17que le pays n'ait jamais sorti de l'après-guerre civile.
00:41:20Et aujourd'hui, on essaye, tant bien que mal,
00:41:24de réparer les bêtises que nous avons faites nous-mêmes.
00:41:26Et en plus, on le fait, excusez-moi, on le fait piano-piano,
00:41:30enfin, voilà, je ne suis pas certain que l'aviation israélienne
00:41:34ait quoi que ce soit à craindre des remontrances de la diplomatie française,
00:41:40mais il est vrai que ça peut se retourner contre nous.
00:41:43Et pour le coup, c'était, comment dire,
00:41:50c'était un point où la France avait raison,
00:41:53mais comme toute position que vous abandonnez,
00:41:55c'est quasiment impossible de la reprendre.
00:41:58Donc voilà, mon camarade et ami Roland Lombardi
00:42:02le dit malheureux très bien et de manière très dure,
00:42:06la France a certainement été chassée du Moyen-Orient
00:42:09après la guerre d'Algérie.
00:42:11Nous n'avons jamais voulu y retourner,
00:42:13parce que Villepin, après le discours onusien,
00:42:17a lui-même débranché nos ambassades
00:42:19pour ne pas qu'on réponde aux envies de francophonie des populations,
00:42:22pour ne pas vexer nos alliés européens.
00:42:24Il faut bien le savoir.
00:42:26C'est toute la palinodie du discours de Villepiniste à l'ONU,
00:42:31en plus rédigé par Bruno Le Maire.
00:42:33Il nous avait juste évité le renflement.
00:42:35Et le…
00:42:36– C'est déjà pas mal.
00:42:38– Non, mais il aura plusieurs cordes à son arc dans l'avenir.
00:42:42Et la bibliothèque rose est à portée de tout le monde.
00:42:46Donc, non mais voilà le topo.
00:42:48C'est malheureusement, nous avons laissé tomber
00:42:51les positions stratégiques de la France.
00:42:52Et aujourd'hui, comme on n'a pas d'idée de nouvelles positions stratégiques,
00:42:56parce que nos anciens avaient bien fait le boulot,
00:42:58donc on avait les meilleures positions pour nous,
00:43:00les plus adaptées pour nous.
00:43:01Et bien maintenant, on essaye de les reprendre.
00:43:03Le problème, c'est qu'une fois que vous avez laissé la maison vide,
00:43:06les squatteurs s'y sont mis.
00:43:08Et virer les squatteurs, c'est pas aussi facile que ça en a l'air.
00:43:10– Si on s'intéresse plus précisément au cas du Liban,
00:43:14là aujourd'hui, comment vous voyez les choses ?
00:43:15Parce que concrètement, on a le sentiment
00:43:17qu'Israël va tenter d'annexer toute la partie sud.
00:43:20– Alors, j'ai beaucoup de mal à prendre au sérieux
00:43:24les déclarations israéliennes sur une présence courte.
00:43:28J'ai beaucoup de mal.
00:43:29Pour deux raisons.
00:43:30– Donc ça met en sens d'une présence longue.
00:43:32– Premièrement, une partie du cabinet israélien
00:43:37peut faire croire facilement qu'à chaque fois
00:43:39qu'Israël a déserté le sud-Liban,
00:43:42elle a pris, ça a renforcé ses ennemis dans la région.
00:43:46Mais soyons clairs, si jamais les Israéliens
00:43:50avaient suivi une voie autre de leurs intérêts,
00:43:54c'est-à-dire d'aider à leurs conditions
00:43:57à la dédiabolisation de l'Iran,
00:43:59le Hezbollah ne serait plus un problème.
00:44:02Le Hezbollah existe parce qu'Israël maintient,
00:44:06entre autres, parce qu'Israël maintient une obsession anti-Iranienne déraisonnable.
00:44:12déraisonnable pour nous, déraisonnable pour la zone, déraisonnable pour elle-même.
00:44:15Donc on peut dire qu'elle est déraisonnable.
00:44:20Or, ils peuvent dire, vous voyez,
00:44:22on leur avait donné, on avait reculé du sud-Liban,
00:44:25on n'aurait pas dû,
00:44:27et en plus, aujourd'hui, vous avez,
00:44:30comment dire,
00:44:32la puissance politique
00:44:35du sionisme religieux le plus dur.
00:44:37Pour qui ?
00:44:38Mais le Liban, ça fait partie des terres qui nous ont été promises.
00:44:43– À l'instar de la Cisjordanie,
00:44:44qui est petit à petit grignotée également par Israël.
00:44:47– Et le problème, c'est que,
00:44:49malheureusement, heureusement, c'est un état de fait,
00:44:51aujourd'hui, aucune coalition de droite en Israël
00:44:54ne se passera d'eux.
00:44:57C'est la force de Benyamin Netanyahou,
00:44:59je suis déjà venu ici vous l'expliquer,
00:45:01c'est qu'il a compris comment relier,
00:45:03pour l'instant en tout cas,
00:45:04les nationalistes religieux au quartier noir,
00:45:06donc les deux principales forces démographiques d'Israël,
00:45:08étant, alors ce ne sera peut-être pas toujours lui,
00:45:11mais l'homme qui tiendra la clé de cette entente,
00:45:14tant que cette entente existera,
00:45:16sera le roi du pétrole.
00:45:17– On a vu, là, justement, ces derniers jours,
00:45:20une nouvelle loi adoptée par la Knesset,
00:45:23qui légalise la peine de mort en Israël,
00:45:27pour ce qui est des condamnés,
00:45:29qui seraient condamnés à de la réclusion à perpétuité.
00:45:33S'ils avaient, en gros,
00:45:37quiconque cause intentionnellement la mort d'autrui
00:45:38avec l'intention de nier l'existence de l'État d'Israël,
00:45:42très concrètement…
00:45:42– Autrement dit, tout crime commis par un palestinien.
00:45:45– C'est un peu ce qui ressort,
00:45:47concrètement, on a le sentiment que ça peut très facilement
00:45:49s'appliquer à des habitants de la Cisjordanie,
00:45:52qui seraient mis dehors par des colons israéliens,
00:45:54alors même que cette annexion est illégale,
00:45:56non reconnue par le droit international.
00:45:58– Alors, si vous voulez, Israël a le droit
00:46:02de faire ce qu'elle veut, eux, dans ses frontières,
00:46:04mais vous avez tout à fait raison, il y a les zones disputées.
00:46:07Et ces zones sont, aux yeux du droit international,
00:46:09des zones occupées.
00:46:11Et malheureusement, mais là, pardonnez-moi,
00:46:14mais le vieux les avait prévenus.
00:46:15conférence de novembre 67, se manifestera une résistance
00:46:21que vous qualifierez de terrorisme,
00:46:23et ensuite, vous aurez le lot de l'occupation,
00:46:26qui veut dire agression, répression.
00:46:29Bon, ben voilà, c'est…
00:46:30– Et est-ce que cette logique n'est pas contre-productive
00:46:34pour les intérêts israéliens ?
00:46:36Parce que finalement, on voit bien qu'il y a une espèce
00:46:39de montée, de progression crescendo dans la répression,
00:46:43dans l'encadrement, on pourrait aussi faire le rapprochement,
00:46:46et vous me pardonnerez si ça va un peu loin,
00:46:48mais peut-être cette loi qui va être en discussion
00:46:50bientôt aussi en France, cette fameuse loi Yadon,
00:46:54qui va aussi encadrer la parole sur la critique
00:46:56de la politique israélienne, est-ce que finalement…
00:46:59– Quel magnifique cadeau fait à Mélenchon.
00:47:01– Bien sûr, est-ce que finalement, le fait d'encadrer
00:47:05petit à petit de plus en plus la parole et la critique,
00:47:08pour être clair, autour de ce qui est fait par Israël,
00:47:12n'est pas une promotion presque décomplotiste d'ailleurs,
00:47:15qui parle d'Israël ?
00:47:17– Alors premièrement, déjà…
00:47:19– On ne comprend pas la logique en fait.
00:47:22– Pour toute personne qui n'a qu'un marteau,
00:47:24le monde entier est un clou.
00:47:25– Oui, c'est ce qu'Obama a dit.
00:47:26– Et le problème, c'est qu'il pense qu'il faut taper,
00:47:30taper, taper, taper, or ils ne se rendent pas compte
00:47:33qu'en réalité, là pour le coup, ils valident les exposés
00:47:38les plus délirants sur l'influence israélienne,
00:47:41par leur propre comportement et par surtout la sûreté
00:47:45qu'ils ont d'eux-mêmes là-dedans,
00:47:47ils ne se rendent pas compte qu'à force de multiplier
00:47:51les coups tactiques sans stratégie, Israël est en danger,
00:47:57mais en danger qui est un danger interne, pour le coup.
00:48:00Et là, si vous voulez, ce n'est pas pour rien
00:48:02que le premier homme à avoir compris, intériorisé, accepté
00:48:08et peut-être même applaudi à la conférence du général de Gaulle en 67,
00:48:11c'est Ben Gurion lui-même.
00:48:13Parce que c'est comme ça que des alliés se parlent.
00:48:17Si on n'a plus le droit d'être franc avec son allié,
00:48:20c'est qu'on n'est plus son allié.
00:48:23Je n'ai pas le droit de vous dire la vérité.
00:48:25Bon, quelqu'un qui n'a pas le droit de vous dire la vérité
00:48:26n'est pas un ami.
00:48:27Donc quelqu'un qui n'a pas le droit de vous dire la vérité
00:48:29n'est pas un allié.
00:48:31Bon, c'est surtout quelqu'un qui va être exposé
00:48:35aux conséquences de vos actes.
00:48:37Car je rappelle qu'à chaque fois qu'il y a une tension
00:48:40dans cette région, nous qui avons de fortes communautés juives
00:48:45et de fortes communautés musulmanes,
00:48:48on a tendance à crisper les épaules.
00:48:51D'accord ?
00:48:52Bien.
00:48:52Donc comme on n'a plus le droit de vous parler en allié,
00:48:57ce faisant, vous perdez un allié.
00:49:00Tout le monde est obligé de vous dire que vous avez raison
00:49:02quand vous déconnez.
00:49:03Le problème, c'est qu'au moment où vous déconnerez la fois trop
00:49:06et où ça se retournera contre vous…
00:49:08On nous reprochera de rien avoir dit.
00:49:11Un, on vous dira que…
00:49:13Où étiez-vous ?
00:49:14Mais oui, mais nous, on ne pouvait pas.
00:49:16Or, le problème…
00:49:17Moi, j'ai tendance à dire que tous ceux qui suivent
00:49:19la ligne gaullienne et la ligne gaullienne,
00:49:21c'est très clair.
00:49:22C'est…
00:49:23Nous avons fait comprendre aux peuples arabes
00:49:26qu'Israël était un fait établi,
00:49:29nous n'accepterions pas qu'il fût détruit.
00:49:31Conférence de 67, point 1, point 2,
00:49:36nous sommes aussi de vieux alliés des peuples arabes.
00:49:41Donc, tant qu'on reste là-dedans,
00:49:43je pense qu'on peut même être qualifié de meilleurs alliés d'Israël
00:49:46parce qu'on est obligé de leur dire la vérité.
00:49:47– Mais ça, c'est une solution politique ?
00:49:50– Le problème, c'est qu'ils en veulent de moins en moins.
00:49:54Tout le monde veut une solution de fait établie
00:49:57par des forces barbares.
00:49:59La démographie dans un cas, l'expulsion militaire dans l'autre.
00:50:02C'est-à-dire que vous avez une partie des Palestiniens
00:50:03qui disent de toute façon, on finira par vous avoir
00:50:06parce que démographiquement, on vous aura.
00:50:08Ce qui en plus va prendre beaucoup plus de temps que prévu
00:50:10parce que les populations, entre autres ultra-orthodoxes,
00:50:14font énormément d'enfants.
00:50:17Et deuxièmement, vous avez ceux qui disent
00:50:18mais de toute façon, vous n'aurez pas le temps de nous avoir
00:50:21parce qu'on va vous écraser avant.
00:50:25Et donc, tout le monde parie sur des forces barbares.
00:50:28Personne ne veut régler ce problème politiquement.
00:50:31Or, aujourd'hui, le seul moyen de le régler,
00:50:33c'est la politique à deux États
00:50:34mais qui ne peut pas avoir lieu dans les confettis qui sont restés.
00:50:39C'est pour ça que Oslo est mort, définitivement mort.
00:50:42Et de toute façon, c'était un accord morné.
00:50:44Et le seul moyen, c'est d'élargir le spectre.
00:50:49Alors, de l'élargir à qui ? Jordanie, certainement.
00:50:52Mais de toute façon, ou alors c'est l'État binational.
00:50:56Mais l'État binational avec deux populations qui se détestent à ce point-là,
00:50:59si vous voulez, c'est un système Highlander
00:51:02où là, vous les enfermez ensemble et vous jetez la clé.
00:51:04Bon, il ne faudra pas se plaindre de ce qui en sortira.
00:51:07Il y aura nécessairement une épuration ethnique.
00:51:10Donc, évitons tout ça.
00:51:11La seule chose, c'est qu'aujourd'hui, tout le monde poursuit les courbes
00:51:14de sa propre folie.
00:51:17Vous avez le même problème.
00:51:19Alors, en moins grave, enfin d'ailleurs en moins grave, non,
00:51:23c'est tout à fait parallèle.
00:51:24En Ukraine, parce que justement, vous avez des gens comme les Russes,
00:51:26comme les Iraniens qui restent des gens encore rationnels.
00:51:30Mais, voilà, nous, on est face à une hystérie de guerre.
00:51:33On hystérise toute question politique en en faisant une question civilisationnelle,
00:51:37ce qui est hors de propos.
00:51:38Et à la fin…
00:51:39– Voir morale, voir les deux.
00:51:41– Voir morale, voir les deux.
00:51:42– Morale ou civilisationnelle, pour nous, de toute façon,
00:51:44les termes sont connexes.
00:51:47Donc, les termes sont connexes et donc, résultat, on hystérise tout.
00:51:50C'est-à-dire que, voilà, je suis…
00:51:54C'est terrible d'un point de vue de…
00:51:57Mais même maintenant, on hystérise même la forme.
00:52:00C'est-à-dire, vous voyez le ministre des Affaires étrangères chinois,
00:52:02vous voyez Lavrov, vous voyez Benjamin Haddad.
00:52:04Enfin, vous voyez qu'il y a des wagons qui ont été décrochés.
00:52:09Enfin, vous le voyez.
00:52:11Et encore, j'ai dit Haddad, j'aurais pu dire Barraud, c'est encore plus criant.
00:52:14Mais, vous voyez, vous avez ceux qui pensent
00:52:17qu'ils vivent dans un monde normal avec des États.
00:52:19Puis, vous avez ceux qui pensent que les droits de l'homme
00:52:24sont une sorte de loi révélée, tombée du monde de la bienveillance humaine,
00:52:31que nous les avons ramassées, ce qui nous donne un droit d'aînesse,
00:52:34dans ce que Régis Debré appelle la ROC, la religion de l'Occident contemporain.
00:52:38Donc, nous avons un droit d'aînesse et nous devons aller porter la bonne parole
00:52:44et évangéliser.
00:52:45Je rappelle que la foi…
00:52:47On a déjà fait ça.
00:52:48On a déjà fait ça, mis à part qu'on apportait la technologie et la santé.
00:52:52Là, on n'apporte rien du tout, mis à part notre bonne parole.
00:52:57Et ça va se terminer par une haine encore bien plus grande
00:53:00que la haine de l'ancien ordre colonial.
00:53:01Parce que là, les gens sont plus honnêtes qu'on ne l'imagine.
00:53:06Ils font la balance.
00:53:07Oui, vous nous avez fait du mal, mais il y a aussi ça, il y a aussi ça.
00:53:10Là, on n'est pas totalement ignorants.
00:53:14Là, quand ils nous disent, vous ne nous apportez rien sauf des ennuis,
00:53:19quel argument rationnel pouvons-nous ?
00:53:21Prenez le cas des Iraniens.
00:53:22Vous voyez, des gens qui essayent de négocier avec nous,
00:53:25ils ont essayé en 2015, ils ont réessayé là.
00:53:27Quel bien le fait de négocier avec les Occidentaux a fait à l'Iran
00:53:30ces 30 dernières années ?
00:53:32Et d'ailleurs, il semble, je fais une aparté rapide,
00:53:35mais il semblerait justement qu'il y avait l'ancien ministre
00:53:38des Affaires étrangères iraniens.
00:53:40Karazi, qui aurait été récemment frappé, ciblé par des frappes américano-israéliennes,
00:53:46alors même qu'il aurait été convié à ces fameuses négociations.
00:53:50Lui a été grièvement blessé et sa femme est décédée.
00:53:52Mais vous vous rendez compte ?
00:53:55On ne lève pas la main sur un plénipotentiaire.
00:54:00Ce sont déjà les règles de la diplomatie grecque.
00:54:03C'est des règles qu'ont 25 siècles.
00:54:05Ce n'est pas certain que les dirigeants actuels ont bien lus.
00:54:08Il y a eu les règles de la démocratie étrangère.
00:54:10Non, mais ce n'est pas ça.
00:54:11C'est que, si vous voulez, ensuite, ça a été repris par la diplomatie française,
00:54:14qui a structuré le droit des gens pendant des siècles.
00:54:20Est-ce qu'on se rend compte que nous sommes en train de régresser
00:54:23sur nos propres règles, sur les règles que nous avons données au monde ?
00:54:27Comment voulez-vous que quelqu'un vous prenne au sérieux,
00:54:31sachant que tous ceux qui ont cru à votre parole,
00:54:35vous les avez tués froidement d'une balle dans le dos ?
00:54:39Là, c'est du pratico-pratique.
00:54:41C'est comment allons-nous assurer nos intérêts
00:54:44si tout le monde pense qu'on est que des petits scorpions
00:54:47et qu'il suffit de nous tourner le dos pour qu'on les égorge ?
00:54:50C'est ça, le problème.
00:54:52C'est que, moi, si vous voulez,
00:54:55moi, je dis tout ce que je dis par rapport à nos intérêts.
00:54:57C'est-à-dire que, moi, j'en ai marre que les boîtes françaises
00:55:00qui avaient pignon sur rue en Iran aient tout perdu.
00:55:03J'en ai marre qu'on passe pour des guignols.
00:55:05Et j'en ai marre que nos ressortissants puissent terminer en danger
00:55:10pour des conneries comme un de nos ressortissants
00:55:12qui vient de prendre 10 ans de tôt la bas-coup,
00:55:14alors que c'est un super type qui n'a rien fait
00:55:16et qu'il est juste l'otage de médiocrité du Quai d'Orsay.
00:55:25Et voilà le problème.
00:55:27C'est qu'après, à la fin, c'est la France qui paye.
00:55:30Alors, justement, parmi les conséquences,
00:55:31on ne peut pas terminer cette édition sans parler, bien entendu,
00:55:34des conséquences économiques.
00:55:35On l'a vu, dès le départ, le centre de gravité principal
00:55:38de la puissance iranienne, c'est bien sûr le détroit d'Hormuz.
00:55:40Il a été bloqué.
00:55:41Aujourd'hui, on voit que le trafic reprend.
00:55:44C'est du moins ce que nous expliquent les médias.
00:55:45Mais en réalité, ce sont les navires non hostiles
00:55:47qui ont les droits de passage,
00:55:49donc globalement les alliés des Iraniens
00:55:51et quelques pavillons neutres.
00:55:53Je crois que les Espagnols,
00:55:54qui ont une position originale au sein de l'Union européenne,
00:55:58donc c'est la gauche espagnole
00:55:59qui a une position originale au sein de l'Union européenne,
00:56:02qui rejoint celle de l'AFD en Allemagne,
00:56:04ce qui est quand même assez original.
00:56:07Comment voyez-vous les choses ?
00:56:09Je vous propose d'écouter Trump, justement,
00:56:10sur cette question du détroit d'Hormuz.
00:56:12Il a dit qu'il ne voyait pas le problème.
00:56:16Les États-Unis n'importent ne pratiquement pas de pétrole
00:56:18via le détroit d'Hormuz
00:56:20et n'en importeront pas non plus à l'avenir.
00:56:23Nous n'en avons pas besoin.
00:56:24Nous n'en avons jamais eu besoin
00:56:25et nous n'en avons pas besoin.
00:56:27Nous avons vaincu et complètement anéanti l'Iran.
00:56:30Ce pays est anéanti tant sur le plan militaire qu'économique
00:56:34et à tous les autres égards.
00:56:36Et les pays du monde qui reçoivent du pétrole
00:56:39via le détroit d'Hormuz
00:56:40doivent prendre soin de ce passage.
00:56:43Ils doivent le chérir.
00:56:44Ils doivent s'en emparer et le protéger.
00:56:47Ils peuvent le faire facilement.
00:56:54– Est-ce que les États-Unis se moquent vraiment du blocage
00:56:57du détroit d'Hormuz ?
00:57:00– Objectivement, ils sont largement taux suffisants
00:57:06en matière première.
00:57:08En tout cas, dans les matières en première transitantes.
00:57:12Donc, objectivement, ça ne les embête pas plus que ça.
00:57:17– Mais ça a des conséquences sur le dollar.
00:57:18– Mais ça… Alors, attention,
00:57:20c'est des conséquences plus compliquées.
00:57:22En même temps qu'il est vrai que ça accélère la dédollarisation.
00:57:28Ça, c'est certain.
00:57:29Mais de toute façon, c'est un processus qui ira à terme
00:57:36au terme que les BRICS l'entendent.
00:57:38C'est-à-dire, attention, la dédollarisation,
00:57:40ce n'est pas un bouton électrique.
00:57:41La dédollarisation, c'est de ramener le dollar
00:57:47disons à une proportion d'échanges
00:57:48de l'ordre de 40% des échanges mondiaux.
00:57:51Ils ne veulent absolument pas,
00:57:52parce que déjà, beaucoup de pays émergents
00:57:55ont des avoirs en dollars surtout.
00:57:58Donc, si le dollar s'effondre, eux avec,
00:58:01tout le monde ne peut pas se dédollariser
00:58:02comme la Chine l'a fait.
00:58:04La Chine a fait graduellement baisser, etc.
00:58:08Évidemment, vous allez compenser,
00:58:11d'où les politiques sur l'or, entre autres.
00:58:16Mais le dollar, pour beaucoup de pays,
00:58:18particulièrement de pays occidentaux pétochards,
00:58:20mais pas uniquement, en cas de crise,
00:58:22reste une valeur refuge,
00:58:24beaucoup moins qu'elle ne l'a été.
00:58:25Mais, si vous voulez, ça vous fragilise,
00:58:28ça vous fragilise sur le moyen et long terme.
00:58:30Parce que ça va vous obliger à changer.
00:58:35Rubio l'a dit, sans vouloir le dire,
00:58:36quand il a dit que le système de sanctions américain
00:58:38ne tiendra pas une dizaine d'années de plus.
00:58:40Parce que c'est les sanctions qui reposent sur le dollar.
00:58:41– Bien sûr.
00:58:42– Mais, par exemple, ça va aussi vouloir dire
00:58:45que l'Amérique va devoir redécouvrir
00:58:47l'hétérodoxie monétaire.
00:58:51C'est d'où le problème récurrent avec la Fed.
00:58:55Vous voyez ce que je veux dire ?
00:58:56Parce que sinon, vous allez vous retrouver
00:58:59avec des déficits jumeaux gigantesques,
00:59:02et vous ne pourrez plus faire payer par l'imprimante
00:59:06le monde entier, ce qui était l'avantage.
00:59:08Et l'avantage, et en même temps,
00:59:10la servitude de la monnaie monde.
00:59:11Car il ne faut pas oublier que le dollar
00:59:13donne l'impérialisme aux États-Unis,
00:59:15mais est un problème pour la souveraineté américaine.
00:59:20C'est le double visage du dollar.
00:59:23Or, là, pour l'instant, cette crise
00:59:25ne l'affaiblit pas plus qu'il ne l'est en réalité.
00:59:28Là, cette crise va vraiment surtout faire du mal
00:59:31aux pays dépendants, comme d'hab, les Européens,
00:59:36et surtout certains Européens.
00:59:38C'est-à-dire que nous, à la rigueur,
00:59:39on échappe encore à pas mal de choses.
00:59:43– Alors justement, la France n'est pas vraiment
00:59:45approvisionnée par du pétrole en provenance
00:59:47du détroit d'Hormuz.
00:59:48Pour autant, comment on explique que ça grimpe
00:59:52de cette façon dans les stations-services françaises ?
00:59:55Parce que là, ça, c'est les Français qui paient le prix.
00:59:57On se retrouve avec des Français qui paient
00:59:59les aventures hasardeuses de Donald Trump.
01:00:02– Alors, attention, n'oubliez pas que dans le prix
01:00:07à la pompe, vous avez des taxes auxquelles
01:00:11largement on ne peut pas toucher,
01:00:12vu qu'on ne peut pas toucher la TVA sur le pétrole,
01:00:14parce que la TVA, c'est avec Bruxelles que ça se négocie.
01:00:17Donc, quand on est un pays soumis, on est un pays soumis.
01:00:19Et ensuite, il y a un effet d'aubaine.
01:00:21– Alors, toutes les taxes sur l'essence,
01:00:23ce n'est pas uniquement la TVA,
01:00:25mais il y a une TVA sur les autres taxes.
01:00:26– Il y a une TVA sur les autres taxes,
01:00:28c'est celle-là que vous ne pouvez pas toucher.
01:00:29Quant aux autres taxes elles-mêmes,
01:00:32vous avez un coût d'opportunité qui est évident,
01:00:34à mon sens, de Bercy, bien sûr.
01:00:38Mais ça, ils le font à chaque fois.
01:00:39Pourquoi ils ne l'auraient pas fait là ?
01:00:41Pourquoi ils ne l'auraient pas fait là ?
01:00:43Ensuite, après, vous avez la fluctuation mondiale,
01:00:48mais sur notre prix à nous, ce n'est pas la part du lion.
01:00:53– Donc, concrètement, ce que vous êtes en train de nous expliquer,
01:00:55c'est qu'en France, si les Français ont du mal
01:00:57à faire le plein d'essence aujourd'hui,
01:00:59c'est une décision politique plus que les conséquences
01:01:01du détroit d'ordre.
01:01:02– À titre personnel, je miserais plutôt sur une décision politique
01:01:05et sur une servitude politique.
01:01:09– Surtout qu'objectivement, là encore,
01:01:13c'est des affaires de planification et d'ingénierie.
01:01:17– Ça tombe bien, on n'a plus de planificateur,
01:01:19on n'a plus d'ingénieur.
01:01:21– Si, on n'a plus de planificateur, ça, je vous l'accorde bien volontiers.
01:01:25Mais des ingénieurs, on en a, la seule chose, c'est que…
01:01:28– Enfin, pas au pouvoir, en tout cas.
01:01:29– Non, pas au pouvoir et ça, c'est ça qui bloque.
01:01:33Alors, c'est que nous aurions dû prendre depuis très longtemps
01:01:38la planification de notre territoire.
01:01:41Je vous rappelle que la France a des réserves pétrolières, à elle.
01:01:45– Les fameuses réserves stratégiques ?
01:01:48– Non, nous avons également des gisements au large
01:01:51de certains de nos domptomes plus en Guyane.
01:01:53Et nous nous interdisons d'y toucher.
01:01:55Bon, le problème, c'est que toute personne spécialiste des minerais
01:01:59vous dira que la France est beaucoup moins impactée que d'autres
01:02:02sur les terres rares, métaux rares.
01:02:05Mais nous, on ne veut pas.
01:02:07On ne veut pas, parce que ça nous renverrait à notre francité,
01:02:10à notre territoire, à tout ce qu'on ne veut pas toucher.
01:02:13– Alors, si je résume, entre ce que vous venez de nous expliquer
01:02:16à l'égard des territoires d'outre-mer,
01:02:17si je résume aussi les problèmes relatifs à notre diplomatie,
01:02:21et je pense aussi à l'Algérie, parce que peut-être que l'Algérie
01:02:24ne se comporte pas toujours très bien avec la France,
01:02:26mais force est de constater que la relation diplomatique de la France
01:02:28à l'égard de l'Algérie n'est pas très efficace.
01:02:30Si on prend en plus les décisions de la France via l'Union européenne
01:02:35dans la guerre en Ukraine, qui refuse désormais toute énergie
01:02:38venant de la Russie.
01:02:40– Et encore, ça va encore s'amplifier, je vous rappelle quand même
01:02:42que 2027, théoriquement, c'est la fin des haricots.
01:02:46– Voilà, plus en prime le peu qui était acheminé peut-être par Hormuz,
01:02:52on se dit à la fin, quand on aura fermé tous les robinets,
01:02:55on se mettra tous ensemble et puis on pourra pleurer.
01:02:57– Alors, attendez, ce n'est pas fini, parce que je vous rappelle
01:02:59que c'est la même bande qui gère la liquidation de notre parc nucléaire.
01:03:05Petit point, parce que le cœur principal de la France,
01:03:08ce qui a été fait, entre autres, pour que nous soyons moins dépendants
01:03:12des crises moyennes orientales.
01:03:15– Là encore, le grand problème de la France,
01:03:18c'est qu'elle n'est protégée que par des fantômes.
01:03:21Ce qui tient en France, c'est encore les gaullistes qui l'ont fait.
01:03:25C'est soit le vieux, soit messe-mères.
01:03:26Donc au choix.
01:03:27La France est avant tout protégée par des gens qui ne sont plus là,
01:03:31puisque personne de vivant ne la protège.
01:03:33Bon, malheureusement, c'est QFD, quoi.
01:03:36À un moment, oui, parce que je vous rappelle que c'est la même équipe.
01:03:41Nous avons d'ailleurs eu cette semaine un document extraordinaire
01:03:44qui est le patron de la IUA, qui a dit, première rencontre avec Emmanuel Macron,
01:03:49il me dit qu'il veut flinguer la part du nucléaire.
01:03:53Et je lui réponds, vous n'avez qu'à vendre la tour Eiffel,
01:03:55parce que c'est le même effet.
01:03:57Le patron de la IUA ?
01:03:58Non, mais liquider nos centrales nucléaires, c'est…
01:04:01Vous voyez, quand vous avez un joyau qui est payé et qui vous protège,
01:04:07la tour Eiffel, tout le monde voulait s'en débarrasser après l'exposition.
01:04:10Aujourd'hui, on se rend compte combien elle nous rapporte.
01:04:13Elle a annoncé les concerts de Céligno, en plus.
01:04:16On va rire.
01:04:19Nous discuterons de vos goûts musicaux, mademoiselle Blaise.
01:04:21Nous discuterons de vos goûts musicaux.
01:04:23Mais les centrales nucléaires, c'est pareil, il y a l'aspect stratégique et défensif en plus.
01:04:28Mais quand vous avez un truc qui est payé et qui est rentable, vous, vous le bradez.
01:04:33Il faut être inspecteur général des finances pour penser ça.
01:04:36On se rend compte aussi, c'est amusant, que là, cette nouvelle crise,
01:04:39avec l'envolée des prix, va globalement servir les caisses de l'État,
01:04:44puisque, comme vous l'avez rappelé, il y a beaucoup de taxes.
01:04:45Ces taxes vont être réinjectées pour, a priori, développer, en gros, les énergies vertes,
01:04:53donc la voiture électrique, etc., etc.
01:04:55C'est ce qu'a dit Sébastien Lecornu.
01:04:57Donc, on va r'avancer dans cette logique-là.
01:04:58Youpi.
01:04:59Tout en s'abordant les centrales nucléaires, alors que c'est aussi de l'électricité.
01:05:05Je ne sais pas s'il faudra peut-être installer une éolienne dans son jardin
01:05:08pour recharger sa voiture électrique.
01:05:09Le problème, si vous voulez, c'est que plus vous faites d'éolien,
01:05:11plus vous avez nécessairement des centrales à gaz ou à charbon derrière.
01:05:14Donc, bon, la planète vous remerciera, mais n'attendez pas le carton tout de suite.
01:05:20Sur la planification de la voiture électrique, moi, je suis très circonspect,
01:05:23parce que j'attends un véritable débat là-dessus.
01:05:25Parce que, moi, si vous voulez, plus je parle à des professionnels,
01:05:28plus je vois l'indécision des milieux.
01:05:31Et le recul politique, on a vu.
01:05:33Bien sûr, bien sûr.
01:05:34Donc, le problème, c'est que nous aurions dû…
01:05:40Mais ça, c'est normal, c'est un changement d'échelle et un changement de regard.
01:05:44Dans le temps, quand on avait un problème, on disait, voilà,
01:05:47on va faire le décompte de tout ce que la France peut faire.
01:05:49Et on va le faire.
01:05:51La logique de planification, c'est ça.
01:05:53Bon, c'est ce que les Russes ont fait, ce que les Chinois font, etc.
01:05:55Une manière…
01:05:56L'État développeur asiatique, c'est ça.
01:05:58Et le problème, c'est qu'évidemment, plus vous faites,
01:06:01plus vous avez des moyens de faire.
01:06:02Et donc, évidemment, quand vous êtes au cinquième plan,
01:06:05au trentième plan, au quarantième plan, ça n'a plus rien à voir.
01:06:08C'est-à-dire que là, pour le coup, vous maîtrisez l'échelle entière,
01:06:10vous maîtrisez la création de valeurs entières.
01:06:12Donc là, vous avez fait tellement d'efforts que, là, ensuite,
01:06:17tout le monde a les yeux de Chimène pour vous,
01:06:21comme on l'a pour la Chine.
01:06:22Mais je vous rappelle que le Houston Institute, en 1967,
01:06:27disait, l'une des pires menaces pour les États-Unis, c'est la France.
01:06:29– Parce que l'État gaullien, à 50 millions d'habitants,
01:06:36vu ce qu'on arrivait à produire, ça leur faisait sortir les yeux des orbites.
01:06:40Donc, vous voyez, ça, c'est la logique politique, traditionnelle, normale,
01:06:46de gens normaux.
01:06:48Nous, on est entrés dans la logique de, oui, le marché mondial est pourvoir.
01:06:53Enfin, c'est, vous voyez, quel équivalent de, la grâce finira par arriver,
01:06:57Dieu le voudra, c'est, on a, sincèrement, le marché mondial va y pourvoir,
01:07:05donc on n'a rien à faire, finalement.
01:07:06Donc, d'un côté, peignons la girafe, c'est ce qu'on fait le mieux.
01:07:10Donc, non mais, c'est la logique, non mais, c'est la logique financière
01:07:15d'une partie de l'énergie depuis 40 ans.
01:07:18Le marché mondial doit pourvoir à tout.
01:07:21Le problème, c'est que le marché mondial, c'est une fiction.
01:07:24Il n'y a rien de plus arbitraire, il n'y a rien de plus non naturel qu'un marché.
01:07:28Un marché, c'est décrété, c'est organisé.
01:07:32Donc, ce n'est pas l'état naturel d'une économie.
01:07:35C'est quelque chose de totalement, de, à la fois de, c'est largement fictif,
01:07:40et c'est totalement artificiel.
01:07:42Et qui dit marché, dit les maîtres du marché.
01:07:45D'accord ?
01:07:46Et quand vous n'êtes pas maître du marché, vous avez nécessairement,
01:07:49vous avez rarement l'intérêt d'y aller dans le marché,
01:07:51quand vous ne le maîtrisez pas.
01:07:54Et donc, nous, on a voulu avoir une ambition de feuille morte.
01:07:57On a voulu être dans le vent.
01:07:58Bon, ben, on est dans le vent.
01:08:00Ce sera notre conclusion.
01:08:01Merci beaucoup, Pierre-Yves Rougéron.
01:08:02On a vu plein d'aspects de cette crise que nous sommes en train de connaître.
01:08:06J'espère que cette émission vous aura plu.
01:08:08Je crois que vous aviez quelque chose à annoncer avant qu'on se quitte.
01:08:11– Heureusement que je pense à vous.
01:08:13– Je vous remercie.
01:08:14Donc, le dernier numéro de Perspective Libre vient de sortir sur Guerre et Géopolitique.
01:08:19– Très tombé.
01:08:19– Donc, ceux qui veulent se renseigner dessus et le commander
01:08:23peuvent aller sur cerclaristote.fr.
01:08:25Et le 27 juin, j'organise à Paris 10 impasses d'Ubailly,
01:08:31dans le 10e, un salon littéraire alternatif,
01:08:34si vous voulez bien nous y retrouver, à partir de 11h.
01:08:38– Ce sera avec plaisir.
01:08:39Merci beaucoup, Pierre-Yves Rougéron.
01:08:40Merci à tous de nous avoir suivis.
01:08:43N'oubliez pas, si cette émission vous a plu, le petit coup de pouce.
01:08:45Et puis, bien sûr, écrivez-moi dans les commentaires.
01:08:47Comme chaque semaine, je vous lis et je vous réponds.
01:08:50À la semaine prochaine.
01:08:51À bientôt.
01:08:53Sous-titrage Société Radio-Canada
01:08:55– Sous-titrage Société Radio-Canada
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