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  • il y a 2 jours
En 1936, un roi abdique par amour. Mais derrière ce scandale mondial se cache peut-être une affaire bien plus explosive. Dans "Opération duc de Windsor", le grand-reporter Antoine Michelland révèle les dessous d’une vaste opération de renseignement impliquant les services britanniques… et au-delà.
👑 Un ancien roi jugé dangereux
🕵️ MI5, MI6, Scotland Yard… jusqu’au FBI
📜 Archives et dossiers longtemps restés secrets
Le duc de Windsor était-il réellement proche de l’Allemagne nazie ?
Wallis Simpson a-t-elle joué un rôle trouble ?
La Couronne a-t-elle organisé sa mise à l’écart pour éviter une crise majeure ?
Une enquête fascinante au cœur des secrets les mieux gardés de la monarchie britannique.

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Transcription
00:00– Bonjour à tous, c'est un Zoom aujourd'hui avec Antoine Michelin.
00:09Bonjour Monsieur. – Bonjour Monsieur.
00:11– Antoine Michelin, vous avez été grand reporter au magazine Point de vue
00:15pendant plus de 30 ans, vous êtes spécialiste de la famille Windsor
00:20et vous publiez l'ouvrage dont on va parler dans un instant,
00:23Opération duc de Windsor, le prince, les nazis et les espions,
00:28les dossiers secrets enfin révélés sur la boutique de TV Liberté.
00:33C'est disponible dès maintenant.
00:35Avec vous Monsieur, on va essayer peut-être de remettre un peu de contexte.
00:42Nous sommes en 1936, le Royaume-Uni traverse une crise sans précédent.
00:47Le roi Edward VIII abdique après moins d'un an de règne pour épouser Wallis Simpson.
00:54Derrière le scandale sentimental se cache une affaire bien plus grave,
00:59les soupçons de sympathie pro-allemande d'Edouard VIII.
01:03Une vaste opération de renseignement aurait été déclenchée dès les dernières années du règne
01:09de son père, le roi Georges V, pour contenir les risques que faisait peser le futur souverain
01:15sur la couronne et sur le pays.
01:17Alors vous parlez d'une des plus vastes opérations de renseignement jamais menées par le Royaume-Uni.
01:24Qu'est-ce qui permet aujourd'hui d'affirmer qu'elle fut d'une telle ampleur ?
01:29Déjà ça a duré, parce qu'en fait ça a duré de 1935, les premiers jours de 1935,
01:34à 1945 pour ce qui est du côté vraiment renseignement pur,
01:37et même encore une décennie de plus pour effacer les traces de ce qui concernait le duc de Windsor,
01:43justement pour préserver l'image de la famille royale britannique.
01:45Donc c'est une opération qui est extrêmement longue.
01:48L'ampleur, elle a été progressive.
01:50C'est-à-dire qu'au départ, il n'y a pas une opération de grande ampleur,
01:53mais plutôt une surveillance qui est exercée par la Special Branch de la Metropolitan Police,
01:58c'est-à-dire les personnes qui à l'époque étaient chargées de la protection de la famille royale,
02:03à qui on demande non seulement de protéger le duc de Windsor,
02:06mais également de renseigner le gouvernement sur ses agissements.
02:09– Alors, l'opération commence à la demande du père d'Édouard VIII, Georges V,
02:17qu'est-ce qui lui met la puce à l'oreille ?
02:20– La puce à l'oreille, il y a depuis un certain temps déjà,
02:23c'est-à-dire que son fils est un petit peu l'opposé de lui-même.
02:26Ils ont des qualités et des défauts inverses, en quelque sorte,
02:29et le problème que pose le prince de Galles de l'époque à ce moment-là,
02:34donc l'héritier du trône, c'est qu'il ne comprend pas quels sont ses devoirs,
02:39il ne comprend pas quelles sont les limites de ses attributions futures.
02:42– Et le roi ne doit pas se mêler de politique.
02:45– Voilà, alors il n'est pas encore roi,
02:46mais il se trouve qu'il va d'ailleurs, dans les dernières années du règne de son père,
02:49le remplacer à plusieurs reprises,
02:50parce que l'absenté de Georges V est de plus en plus déclinante,
02:54et il fait des déclarations de sa propre initiative
02:58qui vont à l'encontre, parfois, de la politique britannique,
03:01notamment en ce qui concerne les relations germano-britanniques, justement.
03:05Et donc ça, ça pose un vrai problème à Georges V,
03:08d'autant plus qu'à 40 ans, son fils est toujours célibataire,
03:12qu'il a une vie qui montre un petit peu son manque d'équilibre,
03:17à la fois affectif et son immaturité,
03:20donc ça inquiète énormément son père.
03:22Ça l'inquiète d'autant plus que ce garçon, si on peut dire,
03:25ce prince est très populaire, qui n'est pas idiot.
03:33– Est-ce qu'il est populaire auprès de tous les Anglais,
03:35ou parmi la bourgeoisie, parmi les classes modestes ?
03:39– Il est assez largement populaire, parce qu'il a du charisme,
03:42parce qu'il a une empathie d'apparence qui est très naturelle,
03:47parce qu'il s'exprime très bien aussi,
03:49et c'est vrai qu'il est particulièrement populaire auprès des classes laborieuses,
03:53parce que justement, il a le souci de ce que deviennent justement ces classes laborieuses,
04:04en pleine crise économique, parce que la crise de 1929 est passée par là,
04:07il y a eu déjà aussi la crise de la fin de la guerre,
04:09causée par la fin de la guerre, la première guerre mondiale,
04:11l'économie ne va pas très très bien,
04:14tout ce qui est mineur, etc., dans le pays de Galles, souffre énormément,
04:18il y a beaucoup de chômage, et lui va aller vers eux.
04:21– Est-ce qu'il fait des déclarations publiques ?
04:24– Il fait des déclarations publiques,
04:26qui peuvent parfois justement embarrasser le gouvernement du roi,
04:31et surtout ce sont des déclarations,
04:33il n'a pas le pouvoir de ces déclarations en quelque sorte,
04:35c'est-à-dire qu'il faut faire quelque chose, mais il ne dit pas quoi,
04:39il faut que vous alliez mieux, très bien,
04:41mais le gouvernement n'a conscience,
04:43s'il trouvait les moyens de faire en sorte que ça aille mieux, il le ferait.
04:46Donc c'est quelque chose qui est un petit peu de l'ordre de la démagogie,
04:49ce qu'il appelle un coup de démocratie lui-même,
04:52et ça pose également problème,
04:54parce qu'il n'est pas censé justement être là pour faire une campagne électorale.
04:58– Alors ce prince, Édouard VIII, diriez-vous qu'il était véritablement pro-nazi,
05:04par conviction, idéologique,
05:06ou était-ce seulement de la germanophilie politiquement imprudente ?
05:13– C'est avant tout de la germanophilie,
05:16il dit lui-même qu'il n'a pas une goutte de son sang qui ne soit allemand,
05:19ce qui est vrai,
05:21la famille royale britannique à cette époque-là est entièrement allemande,
05:25de sang d'origine,
05:27ce sont des familles, la Saxe-Coburgota,
05:28c'est devenu le Windsor en 1917,
05:30– Donc il dit qu'il n'a pas une goutte de sang allemand,
05:32mais… – Non, pas une goutte de sang qui ne soit allemand,
05:34– Ah oui, d'accord.
05:35– Il est 100% allemand.
05:37– Oui, les Mohn-Battenberg ?
05:39– Non, non, non, non, c'est les Windsor qui étaient leur véritable nom,
05:43c'est Saxe-Coburgota, c'est la dynastie de Saxe-Coburgota,
05:47et même par mariage,
05:49enfin sa mère est une princesse de Württemberg,
05:51enfin d'une maison maridothèque,
05:54mais d'une branche organatique Württemberg,
05:57enfin c'est vrai,
05:59et ce dont il se vante un petit peu comme ça,
06:02son père a tout fait pour le faire oublier justement,
06:05il a changé le nom de la dynastie en 1917,
06:07parce que la germanophobie des Britanniques était à son comble
06:10avec la Première Guerre mondiale,
06:13et il veut montrer qu'il est 100% britannique,
06:18si ce n'est de sang en tout cas de conviction,
06:20et qu'il est vraiment l'étendard et le représentant suprême de la nation.
06:24Et son fils, lui, est en train de démolir gentiment le travail
06:26qu'a effectué le père, donc ça pose un vrai problème.
06:28– Donc une germanophilie et non pas d'attachement
06:32à ce qui est en train de préparer Adolf Hitler.
06:35– Alors, dans un second temps,
06:38sans parler d'attachement à ce qu'est le nazisme,
06:40parce que je pense qu'il n'en a pas réellement conscience,
06:42ni une connaissance réelle,
06:45il est assez fasciné, que ce soit par Mussolini ou par Hitler,
06:48par les hommes forts,
06:50peut-être parce que lui-même justement manque un peu de colonne vertébrale,
06:54donc il y a une certaine fascination,
06:56mais il ne sait pas ce que c'est exactement.
06:58– D'accord.
06:59Et justement, cette photo bien connue
07:05de la future reine d'Angleterre, Elisabeth,
07:08tendant le bras alors qu'elle n'a que 8 ans,
07:12est-ce que ça a laissé des traces dans la population,
07:17sur la couronne, cet attachement ?
07:20C'était quand même sa nièce ?
07:22– Non, je ne pense pas à dire que c'est.
07:24C'est une affaire qui est sortie assez récemment,
07:26en fait, parce que c'était un bout de film privé
07:28qui a fait ne pas ressortir, etc.
07:30Tout le monde a bien compris qu'une enfant de 8 ans
07:33ne sait pas très bien ce qu'elle fait,
07:35surtout quand son oncle lui dit pour s'amuser,
07:36tu devrais te saluer comme Hitler, etc.
07:38Donc c'est plutôt lui qui a été blâmé
07:40d'avoir fait jouer, si je puis dire, sa nièce comme ça,
07:44qu'autre chose.
07:45– Alors, ce prince de Galles,
07:48je l'appelais Édouard Vuit,
07:49mais donc il rencontre Wallis Simpson,
07:53on la soupçonne d'être un agent d'influence.
07:57Est-ce que vous apportez de nouvelles preuves sur ces rumeurs ?
08:02– Il y a pas mal de choses que j'ai trouvées en cherchant.
08:06Alors, c'est plus complexe que ça.
08:09En fait, on a dit qu'elle avait été la maîtresse de Rimetrop,
08:12ça c'est totalement faux,
08:14qu'elle était en effet un agent nazi,
08:18c'est faux également.
08:19En revanche, ce qui est vrai, c'est qu'elle a une...
08:23– Ce qui dérangeait déjà, c'est que c'était une roturière.
08:26– Non, ce qui dérangeait beaucoup,
08:28c'était que c'était une aventurière plus,
08:30qu'elle a été déjà deux fois mariée, ce qui est beaucoup,
08:33et en plus américaine, c'est trop.
08:36– La scie sur le gâteau.
08:37– Donc non, c'est vraiment sa personnalité qui dérangeait beaucoup,
08:40et le fait en effet qu'elle ait déjà été deux fois mariée,
08:43parce qu'elle arrive dans la vie du roi, du futur roi,
08:48au moment justement où il approche du trône,
08:49il va falloir le sacré roi,
08:51ce qui est quand même un acte religieux également,
08:53politique mais religieux,
08:55et c'est très compliqué quand même pour un futur roi
08:57d'être sacré, enfin couronné,
08:59mais c'est vraiment un sacre en Grande-Bretagne,
09:01puisqu'il est également chef d'église d'Angleterre,
09:03avec à côté de lui une dame très très divorcée
09:07et qu'il voudrait épouser.
09:08Ça pose un vrai problème sur ce plan-là.
09:10Mais ce n'est pas le problème majeur,
09:11ça c'est plus un symptôme révélateur,
09:14Will Simpson, que la réalité du problème.
09:16En revanche, elle, elle a une réelle emprise sur Édouard,
09:22et c'est ça qui inquiète,
09:23parce qu'elle n'a pas une tête politique,
09:26elle a une tête d'intrigante et de dominatrice.
09:29Voilà, donc il suffit…
09:30– De fouteuse de…
09:31– Il faut dire ça comme ça, par exemple, oui, tout à fait.
09:34Et donc un monsieur assez habile comme Ribbentrop pour lui dire qu'elle est merveilleuse
09:39et qu'elle devrait dire ça à son amant plutôt que ceci,
09:44peut avoir en effet, par son intermédiaire, emprise également sur Édouard.
09:49– Alors vous mentionnez dans votre ouvrage, Antoine Michelin,
09:54le Scotland Yard, le MI5, le MI6,
09:58donc tous les services de renseignement britanniques
10:01et même FBI pour les États-Unis.
10:04Est-ce qu'on a des preuves de coordination officielle
10:07entre tous ces services de renseignement
10:10pour enquêter sur la germanophilie de ce prince ?
10:15– Alors c'est un petit peu comme des poupées russes.
10:18Déjà, l'opération de renseignement va aller crescendo.
10:23D'abord, c'est juste ce qu'on disait tout à l'heure,
10:26c'est la special branch qui fait du renseignement approché
10:29pour savoir exactement quels sont les rapports
10:31entre le prince de Galles, puis ensuite Édouard Vitte et Willie Simpson,
10:35pour avoir plus d'informations sur ce qu'ils veulent faire, etc.
10:38Et à la fin du règne, le premier ministre Stanley Berlouin va obtenir,
10:44et ça, on a un document par rapport à ça qui a été déclassifié,
10:47va obtenir de mettre sur écoute Édouard Vitte et son frère,
10:51pas que, mais enfin entre autres, le futur Georges VI.
10:55Pour savoir ce qu'il est en train de faire,
10:57ce qu'il est en train de préparer,
10:58est-ce qu'il va abdiquer, est-ce qu'il ne va pas abdiquer,
11:00enfin pour être prévenu en amont.
11:02Donc il y a déjà à ce moment-là le MI5 qui entre dans la danse,
11:05si j'ose dire.
11:07Une fois qu'il aura abdiqué, on est un petit peu dans l'urgence,
11:09ça se décide en quelques jours finalement.
11:12Donc c'est à nouveau la spéciale Blanche qui prend le relais
11:14quand il part en exil.
11:16Et après ça, vous allez avoir, plus tard le MI6,
11:19qui va également jouer son rôle,
11:22vous allez avoir tous les services diplomatiques de la Couronne,
11:26parce que la diplomatie sert également beaucoup,
11:28beaucoup d'agences de renseignement,
11:30que ce soit les ambassadeurs ou les attachés
11:33qui sont chargés plus particulièrement de ça.
11:35Et même, on va trouver des gens dans l'entourage du Duc de Windsor
11:39pour renseigner le gouvernement.
11:41Donc il est vraiment de plus en plus surveillé.
11:44Le FBI, il va le mettre sur écoute quand il va aller à Miami.
11:46Et le MI5 va produire des rapports un petit peu falsifiés
11:50pour le FBI, pour les inciter à prendre très au sérieux cette menace.
11:55Donc il y a une intoxication par le MI5 du FBI
11:58pour être sûr que vraiment, ils considèrent ça comme chose de sérieux.
12:02Et en même temps, ils pensent déjà à l'après,
12:05parce que dans cette falsification d'informations,
12:07on met tout sur la duchesse de Windsor, sur Wallis,
12:10et on dédouane le plus possible le Duc de Windsor.
12:14– Alors on a ces dossiers de Marbourg
12:16qui ont montré que les nazis envisageaient
12:18de restaurer Édouard sur le trône.
12:22Et votre livre confirme-t-il une implication active du Duc
12:27dans ses projets ou seulement un intérêt allemand unilatéral ?
12:32– Alors on est sûr de l'intérêt allemand,
12:34parce qu'il y a vraiment eu une tentative,
12:36notamment d'enlèvement à un moment donné.
12:37D'ailleurs le fait qu'il y ait une tentative d'enlèvement
12:39prouve bien qu'il n'est pas totalement raccord
12:42pour faire exactement ce que veulent les nazis.
12:47Mais il y a également des contacts qui sont pris
12:50par le Duc et Duchesse de Windsor avec les Allemands
12:53quand ils sont en Espagne et également au Portugal,
12:55mais pour des raisons d'une futilité confondante.
12:58C'est-à-dire qu'ils veulent récupérer des vêtements
13:00et des biens qui sont dans un coffre à Paris
13:03chez eux dans la résidence.
13:05Donc ils demandent gentiment aux Allemands de s'en occuper,
13:07comme ils vont demander aux Allemands de protéger
13:08leur propriété à Paris et à la Croix,
13:10de le château de la Croix qui loue également dans le Midi.
13:13Ce qui est sidérant quand on y pense.
13:15Donc il y a une demande de service,
13:19parce qu'ils les trouvent, ma foi, très utiles,
13:21ces occupants, autant qu'à faire,
13:23autant prendre contact avec eux.
13:26Il y a également un code qui a été établi entre…
13:29alors pas directement avec les Allemands, jamais.
13:32Il y a un code qui a été, non pas par prudence,
13:34mais parce que je pense que ça ne s'est pas trouvé et que voilà,
13:37qui a été établi entre Édouard VIII et un banquier portugais,
13:44Ricardo Espirito Santo,
13:46par qui passent également des fonds qui sont des fonds allemands
13:49et qui est l'hôte du château de Windsor pendant leur séjour à Lisbonne.
13:53Et donc il y a un code qui est établi pour qu'ils puissent continuer à communiquer
13:58quand ils seront au bas masse,
14:00au cas où il serait nécessaire qu'ils reviennent.
14:02Donc je ne pense pas qu'il y ait une volonté
14:03d'aller totalement dans le sens des Allemands,
14:08mais il y a également la volonté de pouvoir éventuellement
14:12revenir en Grande-Bretagne,
14:14être roi je pense qu'il ne pense pas,
14:16mais peut-être faire une sorte de contre-gouvernement,
14:19reprendre un petit peu, revenir au centre du jeu.
14:21Voilà, je pense qu'il ne sait pas exactement comment,
14:23mais il est persuadé qu'il faut absolument une paix séparée avec l'Allemagne,
14:27qu'il faut sortir de ce conflit,
14:28et il est prêt à tout pour ça,
14:29y compris, d'ailleurs il le fera quand il sera au Bahamas
14:32où il y a beaucoup d'hommes d'affaires américains qui passent,
14:34y compris décourager tous les agents d'influence américains,
14:38tous les hommes influents américains,
14:41de permettre aux États-Unis d'entrer dans la guerre.
14:43– Donc ce prince cible malgré lui
14:46ou interlocuteur potentiel déjà en contact ?
14:49– Vous semblez dire que c'était plutôt une cible malgré lui ?
14:53– Il est d'abord une cible malgré lui,
14:55c'est quelqu'un qui va être très manipulé par Wally Simpson,
14:57par les Allemands, par son entourage également,
15:03mais il y a une vraie volonté quand même de garder un rôle,
15:07de retrouver un rôle,
15:09et de parvenir à une paix séparée,
15:11ce qui n'est pas à l'avantage,
15:13en tout cas qui n'est pas du tout la politique britannique.
15:15– Oui, le Churchill qui voulait en découdre…
15:17– Voilà, on est à l'opposé de la politique de Churchill,
15:20lequel Churchill est au courant,
15:21parce que Duggan Winsor est extrêmement surveillé,
15:26donc il lui envoie des câbles, des télégrammes,
15:28on a même des brouillons qui n'ont pas été envoyés,
15:31parce que des ministres de Churchill ont dit,
15:32non là quand même c'est un peu trop violent,
15:33il faudrait modérer un petit peu votre ton,
15:37pour lui faire entendre raison,
15:39ça on ne peut pas le faire,
15:40et vous devez au contraire nous aider
15:43pour persuader les Éthonies d'entrer en guerre,
15:45il fait le contraire.
15:46– Et donc on envoie ce prince,
15:50Obama, on le nomme gouverneur,
15:53est-ce que c'est stratégique,
15:56c'est un exil stratégique ?
15:57– Il faut bien voir le contexte à cette époque-là,
16:01on est quand même à la veille du blitz,
16:08de la campagne d'Angleterre avec des bombardements massifs,
16:12les Britanniques se préparent dans l'urgence
16:14à ce qui va leur tomber dessus,
16:19et le problème du duc de Windsor se greffe à ce moment-là,
16:23se noue à ce moment-là.
16:25Donc Churchill au départ pense plutôt le rapatrier
16:29pour pouvoir le contrôler finalement,
16:31mais Georges VI ne veut absolument pas avoir son frère dans les pattes,
16:35et Churchill finit par adhérer, par dire que oui, en effet,
16:40si on a quelqu'un qui devient le réceptacle de tous les mécontents
16:44que va créer la guerre, le conflit, etc.
16:48– Ce n'est pas bon, donc on l'éloigne.
16:50– On va voir ailleurs si j'y suis.
16:51– Voilà, donc on va l'éloigner et on va même,
16:53parce qu'à un moment donné il traîne des pieds pour partir,
16:56on va même lui intimer l'ordre de partir.
16:59Donc c'est vraiment une action qui est très forte,
17:02avec l'idée en effet de l'éloigner,
17:04sans peut-être mesurer qu'en l'éloignant beaucoup,
17:06on le rapproche aussi des États-Unis.
17:08Alors le FBI il va certes se surveiller quand il ira à Miami
17:10ou quand il ira en tournée aux États-Unis,
17:13mais lui va se retrouver à portée des États-Unis,
17:18à portée des personnages influents des États-Unis,
17:21et va pouvoir justement jouer un agent d'influence
17:25pour essayer de conforter l'idéalisme américain
17:28au lieu d'encourager les États-Unis à entraîner la guerre.
17:31– Donc on a quand même un prince très soutenu par sa population,
17:36très germanophile, impressionné par ces figures émergentes,
17:42fascistes Adolf Hitler, Benito Mussolini,
17:46et de l'autre on a le gouvernement britannique
17:48qui n'est pas du tout aligné sur…
17:51Donc on a un rapport de force qui s'impose
17:56et qui finalement est favorable au gouvernement
18:00qui rétablit la situation.
18:02– Bien sûr, c'est sûr que de toute façon,
18:03le rapport de force est un moment indécis,
18:06à la fin de 1936, quand justement on est au moment de l'abdication,
18:10il y a des manifestations pour que le roi reste,
18:13c'est compliqué quand même à ce moment-là.
18:16Il y a une partie également de la classe politique britannique
18:19et de l'aristocratie également britannique
18:21qui est pour une politique d'apaisement avec l'Allemagne
18:25et pour éviter à tout prix d'entrer en guerre.
18:27Mais à partir du moment où la guerre est là,
18:30il se passe ce qui se passe dans la plupart des pays en guerre,
18:32il y a une unité nationale, il y a un front commun face à l'ennemi,
18:36donc…
18:37– Il y avait quand même toute une partie du Parti conservateur
18:42qui était pour une paix séparée…
18:45– Oui, mais à partir du moment où…
18:47– Pour une paix négociée avec Adolf Hitler
18:49et pas pour rentrer en guerre.
18:50– Oui, mais à partir du moment…
18:51– C'est le cas de Neuville-Chamberlin, je crois.
18:53– Oui, là il était… tout à fait, il y a eu Munich en 1938,
18:56Chhamberlin n'y est pas pour rien.
18:58– En effet, mais à partir du moment où la guerre est déclarée,
19:01à partir du moment en plus où le blitz a lieu,
19:03où les bombardements de Londres sont de plus en plus sanglants, etc.,
19:09la messe est dite en fait.
19:10– Et ça, le duc de Windsor, puisqu'il n'est plus Édouard VIII,
19:14ne peut pas le comprendre, parce qu'il n'est pas là.
19:16Donc il est toujours avec une image d'avant-guerre, lui.
19:19Il ne réalise pas les souffrances des Britanniques,
19:22il les lit, mais il ne les vit pas.
19:24Au contraire de Georges VI, qui reste justement parmi son peuple.
19:28D'ailleurs, le palais de Buckingham est bombardé allègrement,
19:31peut-être en partie grâce à des propos un petit peu imprudents,
19:35on va dire, de son frère,
19:37qui ont été recueillis par les Allemands certainement.
19:42Et donc il n'a pas conscience en fait de la situation réellement.
19:45Mais le grave problème, je pense, c'est qu'il y a beaucoup de choses
19:48dont il n'a pas conscience.
19:49– Alors il y a aussi peut-être beaucoup de choses
19:51qui n'ont pas été dites encore sur cette affaire Antoine Michelin.
19:55Est-ce que vous savez pourquoi cette affaire reste aussi sensible
19:59aujourd'hui sous le règne de Charles III ?
20:02Est-ce que vous avez été interdit d'enquêter,
20:05d'avoir des documents ?
20:07– Non, non, non, là il y a énormément de choses qui sont déclassifiées.
20:10Les déclassifications ont commencé en fait après la mort de la reine-mère,
20:15donc la mère d'Elisabeth II, qui est morte en 2002.
20:17Donc on a commencé à déclassifier les choses à ce moment-là.
20:20Il y a encore des choses qui restent classifiées,
20:21notamment aux États-Unis, il y a des choses qui sont classifiées jusqu'en 2070.
20:26– Des choses qui sont de quel ordre ? Vous n'avez aucune idée ?
20:29– Non. Ah non, c'est top secret jusqu'en 2070.
20:33Il y a également des documents qui ont disparu,
20:35que ce soit des documents britanniques,
20:36alors disparus peut-être à propos, je n'en sais rien,
20:39mais il y a également des documents espagnols qui ont disparu,
20:43parce que les Espagnols ont joué un rôle aussi
20:45dans la tentative de maintenir la présence du cédé de Chasse de Windsor
20:52en Europe d'abord et puis en Espagne ensuite au profit des Allemands.
20:56Et donc il y a des choses qu'on n'aura jamais,
20:59il y a des choses qu'on aura peut-être dans quelques décennies.
21:02Mais l'essentiel, je pense qu'on l'a vraiment.
21:05On l'a vraiment, déjà il y a les marbles aux files qui sont très intéressants,
21:09là on a depuis très longtemps,
21:10parce qu'ils ont été découverts à la fin de la guerre
21:13et analysés jusqu'aux années 50 à peu près, avant d'être publiés.
21:18Et puis il y a beaucoup, beaucoup de choses dans ce qui a été déclassifié.
21:22Il y a également des historiens britanniques ou anglo-saxons
21:25qui ont fait des découvertes tout à fait intéressantes.
21:28Moi j'ai eu la chance de trouver des choses qui n'ont pas été publiées,
21:30en tout cas à ma connaissance jusqu'à présent,
21:32notamment sur toute la partie off de l'interview qu'a réalisée Fulton Horsler,
21:38qui était le rédacteur en chef de Liberty Magazine,
21:40à la fin 1940 du duc de Windsor,
21:44quand il est donc nouveau gouverneur des Bahamas.
21:50Et ça c'est passionnant, parce que ça a été récupéré par son fils,
21:54parce que Fulton Horsler est mort depuis belle lurette,
21:57et il raconte tout ce qui s'est passé autour de l'interview proprement dite.
22:02Et les questions que lui pose, en inversant un peu les rôles,
22:05le duc de Windsor, son aide de camp qui vient ensuite voir Horsler
22:12pour dire « est-ce que vous voudriez bien entrer dans un complot ? »
22:15L'autre veut en savoir le plus possible,
22:18donc il dit « pourquoi pas, quel genre de complot ? »
22:21« Pour la paix, pour absolument empêcher les étudiants d'entrer en guerre,
22:24vous devriez dire à Roosevelt,
22:25parce que Fulton Horsler est proche de Roosevelt,
22:30et donc il va en effet faire son rapport à Roosevelt.
22:32On a tout le off de la conversation entre Roosevelt en tête à tête
22:35et Horsler à la Maison-Blanche, dans le bureau Oval.
22:40La colère de Roosevelt, etc.
22:42C'est absolument passionnant, j'ai trouvé ça, j'ai été ravi.
22:45Alors c'est ouvert, c'est en ligne, mais ça n'a pas été publié.
22:48Il y a deux ou trois autres choses comme ça aussi
22:49qui sont assez amusantes, que j'ai vues nulle part.
22:51– À découvrir en tout cas dans votre ouvrage,
22:55passionnant, opération duc de Windsor.
22:57Merci à vous, monsieur, d'avoir accepté notre invitation.
23:00– Merci.
23:01– Sous-titrage Société Radio-Canada
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