00:02Situation toujours incertaine, avec donc hier soir Donald Trump qui a tenu une nouvelle conférence de presse,
00:08qui a tenu des mots une nouvelle fois très durs envers l'Iran, et donc un nouvel ultimatum qui sera
00:13pour nous à 2h, heure française.
00:15Bonjour Hervé Gouletker, merci de nous accompagner ce matin, vous êtes conseiller économique chez Accuracy.
00:21Bon en tout cas, les marchés ce matin ne paniquent pas, le baril de pétrole gagne 1%, les marchés actions
00:26sont dans le vert.
00:27Il faut dire que ce n'est pas le premier et probablement pas le dernier ultimatum de Donald Trump.
00:34Écoutez, ça on n'en sait rien, mais...
00:36Enfin les marchés en ont pris l'habitude.
00:38Voilà, le monsieur est versatile et donc on verra bien.
00:41Moi je pense que derrière la réaction du marché, il y a la prise en compte de la dimension économique,
00:48de la dimension de politique intérieure, des événements géopolitiques en cours,
00:54et on voit bien que dans les deux cas, il faut que ça se termine vite.
00:58Donc en fait, quand vous avez ce prisme-là, vous dites,
01:01le président Trump va prendre les mesures qui s'imposent pour que, voilà, on touche à la fin rapidement.
01:08L'ennui, c'est que mesures qui s'imposent, on vire non plus dans le politique intérieur,
01:14non plus dans l'économique, mais dans le politique international,
01:18et là, ça devient beaucoup plus compliqué.
01:21Quel positionnement des États-Unis sur la scène mondiale le président Trump veut ?
01:27Et là, on voit les oscillations.
01:29On peut dire qu'il y a une tentation un peu isolationniste,
01:33c'est ce qu'on avait vu avec les droits de douane par exemple,
01:36mais en fait, il y a de l'hésitation.
01:38On voit aussi que pour essayer de contrer la Chine,
01:41il y a cette volonté d'aller vers un accord.
01:44La façon dont le président Trump est revenu sur les droits de douane par rapport à la Chine le prouve.
01:51Et puis, il y a aussi quelque chose qui est embêtant,
01:54parce qu'il y a la tentation d'affirmer la domination mondiale des États-Unis.
02:01Et dans ce cas-là, ne pas être capable d'assurer la liberté de circulation sur les mers, c'est
02:09embêtant.
02:10Et aujourd'hui, avec le détroit d'Ormuse bloqué, on ne va pas dire fermé, mais bloqué,
02:16eh bien, il y a un vrai problème.
02:17Et donc, le président Trump, en la matière, il ne sait pas tout à fait ce qu'il veut
02:21en termes de positionnement sur la scène internationale.
02:24Et donc, oui, il y a toujours des capacités à être surpris,
02:28parce que lorsqu'on se lance dans une opération comme cela,
02:31il faut avoir des objectifs clairs.
02:34Cette guerre de choix manquait un peu de ses objectifs clairs.
02:38Et on voit donc un président qui oscille un peu.
02:42Et ça, c'est quand même quelque chose qu'il faut prendre en compte.
02:46À noter que le sujet des droits de douane n'est pas refermé, loin de là,
02:49puisque jeudi dernier, Donald Trump a décidé d'imposer des droits de douane
02:53de 100% sur certaines importations de produits pharmaceutiques.
02:58Et puis, dans le même temps, vous avez également un projet de loi
03:00qui vise à imposer de nouvelles restrictions sur les exportations d'équipements
03:03de fabrication de puces électroniques vers la Chine,
03:06ce qui affecte notamment ce matin ASML,
03:08qui est de loin la plus forte baisse de l'Eurostox 50.
03:11Le titre perd plus de 4%.
03:13Et ça explique en grande partie pourquoi l'Eurostox 50 perd désormais 0,1%.
03:18Cette semaine, Hervé Gouletker, nous aurons des chiffres d'inflation aux États-Unis.
03:23Ça sera vendredi, avec notamment une inflation qui devrait repartir de l'avant,
03:27avec notamment des prix à la pompe.
03:29On l'a vu ces derniers jours, qui était au-delà des 4 dollars le galon.
03:33En attendant, hier et vendredi, on a eu des indicateurs intéressants
03:36sur l'emploi, sur le secteur des services.
03:38Je pense à un monde qu'il y a un ralentissement,
03:40mais qu'il y a une certaine forme de résilience,
03:42encore et toujours, de l'économie américaine.
03:44Alors, c'était clairement le message envoyé par les chiffres de l'emploi.
03:49Donc, l'emploi de mars, plus de 180 000 nouveaux emplois créés.
03:55Donc, c'était une bonne surprise.
03:57Alors, je pense qu'il y a une question de lisibilité du chiffre.
04:00Le mois de février avait été marqué par des grèves dans le secteur de la santé en Californie,
04:05marqué par des conditions climatiques un peu rudes.
04:08Donc, il y a une correction du mauvais chiffre de février en mars.
04:12Donc, volatilité.
04:13Mais en fait, il n'empêche qu'on voit tout de même une résistance du marché du travail.
04:19On ne crée plus, comme ça serait la normale aux États-Unis, 200 000 emplois par mois.
04:25Mais en tendance, on est plutôt, je ne sais pas, autour de 50 000 à peu près.
04:29Ce qui n'est pas si mal que ça, il n'y a pas une dégradation du marché du travail.
04:34Mais il n'empêche que lorsque l'on essaie de creuser un peu dans ces chiffres
04:38et qu'on essaie de se poser la question, qu'est-ce que ça envoie comme message sur l'activité
04:43?
04:43Il faut avoir en tête qu'au mois de mars, le volume des heures travaillées a baissé.
04:48Donc, en fait, c'est quand même plutôt une économie un peu molle que l'on a observée en mars.
04:54Et ça nous permet de virer sur l'enquête ISM dans le secteur des services, aussi pour le mois de
05:03mars.
05:03Alors là, on observe une baisse.
05:06Mais en fait, on reste à des niveaux encore acceptables,
05:09faisant dire que le tempo de l'activité n'est pas mauvais.
05:12Mais en fait, aujourd'hui, puisqu'on est face à de l'incertitude,
05:17la lisibilité de ces chiffres n'est pas très bonne.
05:20Et je pense qu'au niveau des enquêtes de conjoncture auprès des entreprises,
05:24ISM Manufacture, ISM Service ou l'équivalent en termes de PMI,
05:29il y a un double message envoyé et c'est celui-là qu'il faut avoir en tête.
05:33Premier message, évidemment, il y a des anticipations d'accélération des prix.
05:39Et ça, d'une façon ou d'une autre, ce n'est pas très bon.
05:43Ce n'est pas très bon pour les marchés.
05:45Ce n'est pas très bon pour le pouvoir d'achat.
05:47Et le deuxième message, c'est que finalement, si on est dans un monde
05:51où il y a plus d'inflation demain, il faut mieux acheter aujourd'hui que demain.
05:57Et donc, il y a une résistance de l'activité qui envoie un message de perspective
06:03à quelques mois qui ne sont pas très bonnes, crainte des conséquences,
06:08de la hausse des prix et qui oblige finalement à produire plus aujourd'hui,
06:13à commander plus aujourd'hui, à stocker plus aujourd'hui,
06:16en sachant que tout ça n'est pas très durable.
06:19Donc, il y a cette dimension du temps qu'il faut prendre en compte
06:22lorsqu'on regarde les messages envoyés par ces enquêtes.
06:26– Hervé Gouletker à Curacier, est-ce que vous voyez pour l'instant
06:29les premiers effets de l'intelligence artificielle ou c'est encore trop tôt ?
06:32– Les effets de l'intelligence artificielle, aux États-Unis,
06:37en termes de profil de la productivité, on voit des choses.
06:43Sur les derniers trimestres, la productivité s'est plutôt accélérée
06:48et ça, on a envie de dire que c'est lié au développement de l'intelligence artificielle.
06:54Alors, avec un bémol, on a envie de dire qu'aujourd'hui,
06:58cette amélioration de l'efficacité serait visible dans les secteurs
07:04qui produisent les éléments nécessaires à l'intelligence artificielle.
07:09Ça se voit moins dans les entreprises qui utilisent cette intelligence.
07:13Donc, en fait, oui, on voit des choses aux États-Unis,
07:17mais en fait, comme on avait vu des choses avec l'informatique,
07:20comme on avait vu des choses avec Internet,
07:23la question, c'est combien de temps cela va durer
07:26dans les deux épisodes précédents,
07:28donc les années 80, les années 2000.
07:32Finalement, ça avait duré un an, deux ans
07:35et ça n'avait pas été beaucoup plus loin que ça.
07:37Donc, encore une fois, une dimension de calendrier.
07:40Et puis, pour le moment, si on voit un profil de la productivité
07:44qui s'améliore outre-Atlantique,
07:46chez nous, en Europe, c'est calme plat.
07:48– Merci beaucoup Hervé Gouletker de nous avoir accompagné ce matin.
07:52Conseiller économique chez Accuracy
07:54pour revenir sur ces derniers indicateurs
07:56publiés aux États-Unis.
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