- il y a 7 semaines
Ce jeudi 9 avril, Jean-Pierre Petit, président des Cahiers Verts de l'Économie, et Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO IS, ont échangé leur point de vue sur la fragilité du cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l'Iran, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:019h33, c'est l'heure du face à face ce matin avec Jean-Pierre Petit, le président des cahiers verts
00:05de l'économie.
00:06Bonjour Jean-Pierre.
00:07Bonjour Étienne.
00:08Merci de nous accompagner en compagnie de Christophe Boucher, le directeur des investissements de ABN Amro IS.
00:13Bonjour Étienne.
00:14Merci également d'être présent ce matin.
00:17Bon, je vais y aller de façon peut-être un peu directe.
00:20Jean-Pierre Petit, est-ce que ce n'est pas un peu une séance de bull trap ?
00:23Hier, le CAC 40 a gagné 4,5%.
00:25Hier à Wall Street, c'était la meilleure séance depuis avril 2025 et le Liberation Day.
00:30Alors qu'au final, les négociations n'ont pas encore commencé.
00:33Elles se tiendront demain.
00:34Assez peu de bateaux ont pu sortir du détroit d'Hormuz.
00:38Et puis quand vous entendez les sociétés hier, Delta Airlines ou encore Constellation Bones qui ont publié leurs résultats,
00:43elles sont dans le flou total dans les approches sur les perspectives des prochains mois.
00:49Oui, je pense que d'ailleurs ce n'est même pas un vrai cessez-le-feu,
00:53cette espèce de pause sur laquelle on s'est mis d'accord, enfin un accord minimal pour ne plus effectuer
01:02de bombardements à haute intensité, on va dire.
01:05Probablement pour refixer les choses et probablement pour reconstituer un certain nombre de réserves.
01:12Et sinon, d'ailleurs, un cessez-le-feu sur quelle base ?
01:18Parce que déjà, entre la version iranienne et la version américaine, ce n'est pas la même chose.
01:22Et puis, quand on regarde les seules exigences qui ont été manifestées par une des parties, c'est-à-dire
01:30la partie iranienne,
01:32en 10 points, c'est totalement inacceptable.
01:35Sur quoi on peut se mettre d'accord en 15 jours, même pas 15 jours, puisqu'en fait les discussions
01:38vont commencer dans quelques jours.
01:40Ça me paraît très difficile.
01:43Et pour moi, c'est un conflit long, de toute façon.
01:46Il avait commencé d'ailleurs avant, il faut bien le dire, c'était intensifié à partir du 7 octobre 2023.
01:52Il ne faut pas oublier la guerre des 12 jours, qui a eu lieu au mois de juin dernier.
01:56Et puis là, il y a eu une intensification extrêmement brutale le 28 février.
02:01Mais là, il y a une pause.
02:03Et puis, pour moi, ça va recommencer d'une façon ou d'une autre.
02:09Puisque ce qui apparaît quand même au strict plan militaire, c'est que les proxys de l'Iran n'ont
02:16pas été complètement anéantis.
02:18Ils restent là, ils conservent leur pouvoir de nuisance, le Hezbollah.
02:22Puis les outils n'ont pas encore été très mobilisés en mer rouge.
02:25Mais ils se sont manifestés au cours des derniers jours.
02:34Les capacités balistiques, elles ont été réduites, mais pas complètement.
02:39La guerre des drones se poursuit.
02:44Même au plan militaire, au plan politique, faire des bilans, ça me paraît extrêmement difficile.
02:51Pour moi, le combat continue d'une certaine manière.
02:53Mais au strict plan militaire, l'Iran a, avec tous ses proxys, encore les moyens de poursuivre le combat.
03:01Et il n'a manifesté aucune forme de volonté de réelle négociation.
03:08Parce que les dix points présentés, ils le savent très bien, sont totalement inacceptables.
03:13Voilà.
03:14Notamment la mise en place de droits de PH sur le détroit d'Hormuz.
03:19Le fait que les forces américaines quittent la région, c'est un truc totalement impensable.
03:25Et puis, il y a Israël qui n'a pas la même position.
03:28Et puis, il y a les pays du Golfe aussi qui sont là et qui vont souffrir économiquement.
03:33C'est la première fois que je vois les pays du Golfe souffrir à la suite d'un choc pétrolier,
03:36d'ailleurs, soit dit en passant.
03:38Je ne vois pas comment on éviterait la récession, par exemple, pour le Qatar.
03:42Donc, en fait, voilà ce que je pense, grosso modo.
03:45Et pourtant, hier, c'était une séance historique Christophe Boucher, avec le CAC 40 qui a pris 4,5%.
03:51Meilleure séance depuis 2022, une baisse de plus de 10% des cours du pétrole.
03:54Comment vous expliquez cette réaction très forte des différents actifs cotés ?
03:58Il y a quand même un cap qui a été passé.
04:00Alors, ce n'est pas le cap le plus important, mais c'est le cap militaire.
04:03On attendait ça quand même, qui était dans un scénario de relâchement, du stress, des tensions.
04:08C'était la première étape, cessez le feu.
04:10Et puis après, il y a tout le reste qui doit venir par la réouverture du détroit, etc.
04:14Mais ce qui s'est passé quand même dans la nuit précédente, c'est une première étape qui est le
04:20mot-clé, cessez le feu.
04:21Alors, on verra s'il est suivi, ce qui n'est pas sûr aussi.
04:24Déjà, ils ne sont pas d'accord sur le cessez le feu, concerne le Liban ou pas.
04:27Mais pour le moment, on suit les frappes en live pour voir si ça tient.
04:33C'est quand même ça la réalité.
04:35Il y a des annonces qui sont faites et puis ensuite, il faut les vérifier.
04:37Mais il y a quand même un cap qui est la première étape de quelque chose qui pourrait se détendre.
04:41Néanmoins, ça peut être complètement temporaire.
04:44Et on est loin d'un accord politique.
04:47Ça me semble même très compliqué en l'état quand on voit les propositions.
04:50En plus, parmi les dix propositions, il y a plusieurs versions qui circulent.
04:55Versions américaines, versions iraniennes, plusieurs versions iraniennes.
04:57Les Américains disent que ça a été rédigé sur Tchad GPT, on ne sait pas d'où ça sort.
05:01Enfin, c'est aussi...
05:03On sentait que les deux parties avaient envie d'arrêter les frappes.
05:07On trouvait le prétexte.
05:08Chacun dit, nous, on a gagné sur le plan militaire.
05:11Honnêtement, les États-Unis ont quand même gagné militairement.
05:13Politiquement, ça semble plutôt mal orienté.
05:15C'est-à-dire que la liste des conditions de l'Iran semble des conditions inacceptables.
05:19Donc, on va voir ce que donnent ces négociations.
05:22Mais je suis assez sceptique sur le fait que les négociations aboutissent rapidement.
05:27Alors, les marchés sont toujours dans l'anticipation.
05:29Pour une fois, ils n'ont pas anticipé les annonces de mardi soir.
05:33Là, hier, ils ont pris 4-5% en Europe, les indices actions européens.
05:38Qu'est-ce qu'ils anticipent aujourd'hui ?
05:39C'est quoi le prix des choses ?
05:41Comment aujourd'hui vous arrivez, en tant qu'allocateur,
05:43Christophe Boucher, à vous y retrouver face à une telle volatilité ?
05:48Depuis le début du conflit, et puis même si les tensions remontent, bien sûr, à beaucoup plus longtemps,
05:54depuis le début du conflit, c'est extrêmement difficile de prendre des positions opportunistes.
05:58Pourquoi ? Parce que le marché, en tout cas du côté action,
06:01il semble ce qu'on appelle efficience.
06:02C'est-à-dire qu'il y a une news qui arrive,
06:04si elle est jugée comme véridique ou crédible,
06:07tant que le marché s'ajuste.
06:08Mais vous ne pouvez quasiment pas trader,
06:10à part avoir des positions sur les dérivés qui courent pendant la nuit ou pendant les week-ends.
06:16En fait, la news arrive pendant la nuit,
06:18le marché européen s'est ajusté à l'ouverture.
06:20Et puis après, il ne fait plus rien.
06:22Et puis après, on se dit, finalement,
06:24et c'est la séance d'aujourd'hui,
06:25finalement, est-ce que c'est vraiment crédible, pas crédible ?
06:28Ça rend un peu, mais ça se fait en one shot, de manière instantanée.
06:33Ce qui fait qu'on est tous,
06:35enfin, je ne connais pas un allocataire,
06:36qui n'est pas là en train de se dire,
06:39soyons prudents, c'est difficile de faire des opérations dans ce marché-là.
06:43Oui, parce que quand vous loupez une séance à 5%,
06:45c'est compliqué de se rattraper derrière.
06:47Donc, il faut rester investi,
06:48et en même temps, il faut être à l'abri également de certaines pentes de saloon.
06:52Oui, absolument.
06:54Concrètement, nous, on ne touche pas tellement à l'exposition marché,
06:56parce que c'est effectivement des portes de saloon,
06:59des risques de portes de saloon.
07:00Si vous le ratez le plus 5,
07:02vous ne vous dites pas, oui, mais je vais éviter le moins 5,
07:04mais vous n'êtes pas sûr qu'il arrive non plus.
07:07Donc, c'est plutôt de travailler les valeurs,
07:08d'être sûr que le portefeuille est toujours diversifié,
07:11parce que malheureusement, c'est difficile de faire des plans sur la comète.
07:16Déjà qu'en économie, c'est difficile de faire des prévisions,
07:18mais en matière géopolitique, c'est encore plus compliqué.
07:21Donc là, en la matière, nous, on prend du risque quand il est rémunéré.
07:24Là, il n'y a aucune rémunération à se dire,
07:28moi, je suis convaincu qu'en mai, c'est fini, et puis on y va.
07:32C'est trop difficile à prendre.
07:34Jean-Pierre Petit, quand vous échangez avec vos clients,
07:36avec des allocataires, des gérants, c'est quoi la stratégie ?
07:39C'est quoi un petit peu l'état d'esprit depuis un peu plus d'un mois ?
07:44Nous, elle n'a pas trop changé.
07:46J'ai rédigé une note le lendemain, le 1er mars,
07:50le lendemain du début des opérations,
07:52et j'ai dit que c'était un événement sérieux, en gros,
07:57potentiellement disruptif.
07:58Et donc, la location qu'on a préconisée,
07:59c'est une allocation très prudente.
08:02Et depuis le 1er mars, vous n'avez pas bougé ?
08:04On a fait quelques changements sectoriels,
08:06notamment sur les minières.
08:08On avait surpondéré dans un premier temps le foot 600.
08:10Ça n'a pas trop mal marché, mais on a arrêté.
08:12Les minières aussi, on avait shorté les minières,
08:15on est revenu dessus.
08:16Mais c'est des ajustements à la marge.
08:19Mais sinon, sur l'essentiel,
08:22on a préconisé, c'est assez simple,
08:24mais quand même, ça n'a pas trop mal marché,
08:26l'éligence dans les secteurs,
08:28la défense qui a surperformé,
08:30au moins en termes relatifs.
08:31Alors après, ce n'est pas forcément l'absolu,
08:34c'est du relatif.
08:36C'est pareil pour les tips,
08:37les obligations indexées, c'est du relatif.
08:40Ça ne veut pas dire que la classe d'actifs monte,
08:43voilà, en niveau.
08:44Alors, il y a eu des loupés, par exemple,
08:47on a surpondéré l'or,
08:48ça n'a pas marché du tout au début.
08:49On est resté sur cette position,
08:51depuis ça marche mieux.
08:52On a pu constater que, d'ailleurs,
08:55l'or, dans les premières phases de tensions géopolitiques,
08:57souvent baisse.
08:58C'était le cas en 2022, par exemple,
08:59notamment parce que le dollar remonte,
09:02les taux réels montent,
09:03et qu'évidemment, il y a un certain nombre de gérants,
09:07voire de banques centrales,
09:08qui shortent un peu les positions sur l'or,
09:10sachant qu'elle avait connu un momentum très puissant.
09:13Mais pour l'instant, il n'y a pas vraiment,
09:15quand je regarde, par exemple,
09:16notre tableau de bord tactique,
09:18qu'on a mis en place juste au lendemain,
09:20disons, les deux tiers, trois quarts des trades,
09:23comme on dit, qu'on a préconisés,
09:25se sont révélés pertinents,
09:28sauf, par exemple, l'or.
09:30Sinon, on a shorté les small caps,
09:31on a shorté l'essentiel des cycliques,
09:34on a choisi les telcos dans un premier temps,
09:37parce que ce sont des défensives qui résistent bien à la montée des taux,
09:39enfin, bon, bref, on a choisi le dollar,
09:42le franc suisse qui a marché dans un premier temps,
09:45voilà.
09:45Mais sinon, dans les marchés qu'on montait,
09:48à part le pétrole, le marché norvégien,
09:50si jamais ça vous intéresse,
09:51c'est un des rares marchés actions dans le monde qui a progressé,
09:55on comprend pourquoi, évidemment,
09:56comme si ce pays avait besoin de ça,
09:59si je puis dire,
10:00il y a des choses très injustes dans la vie,
10:02mais je passe là-dessus,
10:04voilà, et je pense qu'aujourd'hui,
10:08les événements qu'on a à notre disposition,
10:10même s'il y a une étape,
10:12ne nous permettent pas de revenir franchement sur des positions,
10:15sachant qu'en plus,
10:16si je prends le principal marché d'actifs risqués,
10:19de référence qui est l'ESP 500,
10:20on est, je crois, hier à 6 782,
10:24je rappelle qu'au maximum,
10:25on a dépassé en séance les 7 000 à la fin du mois de janvier,
10:29donc en fait,
10:29la baisse est quasi inexistante,
10:33face à un choc quand même puissamment,
10:35enfin assez puissamment pour l'instant,
10:38stagflationniste,
10:39d'ailleurs plus stagflationniste,
10:41mais enfin ça,
10:41c'est un petit point peut-être qu'on pourrait développer tout à l'heure,
10:43parce que sur l'arbitrage,
10:45obligation,
10:46action,
10:46ça pourrait changer,
10:47pas tout de suite,
10:48mais dans les mois à venir.
10:50Avec une séance hier,
10:51qui a été aussi mouvementée,
10:52sur le marché obligataire.
10:54Oui, parce que c'est l'inverse de la stagflation.
10:56La stagflation,
10:57c'est les obligations et les actions qui baissent,
10:59quand il y a une phase de normalisation anticipée par les marchés,
11:04les positions de stagflation sont débouclées.
11:07En dehors du marché actions,
11:08comment aujourd'hui,
11:09on peut être un petit peu à l'abri,
11:11en quelque sorte,
11:11Christophe Boucher ?
11:13C'est presque la caractéristique de cette phase,
11:15c'est qu'il n'y a pas de valeur refuge.
11:18Le dollar l'a été un tout petit peu,
11:19mais c'est très difficile de trouver des actifs
11:22qui ont une performance absolue positive
11:25depuis le début du conflit.
11:26Donc c'est presque la caractéristique de cette phase de tension.
11:30Il n'y a pas de valeur refuge,
11:31et alors on peut aller sur l'énergie,
11:33effectivement,
11:33c'est légèrement positif,
11:36mais ce n'est pas non plus,
11:38ce n'est pas parce que le prix du pétrole
11:40vous permet de faire plus de marge,
11:41il y a aussi des problèmes de chaînes d'approvisionnement.
11:45Et ça a déjà beaucoup monté en plus.
11:46Oui, ça a déjà beaucoup monté,
11:47donc c'est très difficile d'y échapper.
11:51Ce qui est aussi,
11:52et là ça va être intéressant quand même,
11:54de revenir à des choses plus fondamentales,
11:57au-delà de l'énergie,
11:58c'est de suivre la saison des résultats.
12:00Alors bien sûr,
12:01elle ne va pas prendre en compte exactement ce qui s'est passé,
12:03puisqu'on est en décalage,
12:05le conflit, c'est les six dernières semaines,
12:08et puis les résultats sont un peu plus longs.
12:09Mais il y a quand même un paradoxe dans cette phase,
12:11au-delà de l'absence de valeur refuge,
12:14c'est les analystes qui ont plutôt révisé à la hausse les bénéfices.
12:18Et donc il y a un décalage,
12:20alors nous, qui nous posent beaucoup de questions,
12:21et on essaie de comprendre pourquoi,
12:23c'est quand même que la vision,
12:24alors on pourrait dire que c'est de la complaisance,
12:26les analystes ignorent ce qui se passe,
12:27ne savent pas ce qui se passe,
12:28et puis ils se disent,
12:30l'économie reste résiliente,
12:31elle reste résiliente malgré tout, l'économie,
12:33parce que c'est des économies de service,
12:35on a oublié quand même,
12:37là on s'inquiète tous,
12:39parce qu'il y a des raisons de s'inquiéter,
12:40mais c'est quand même un fait stylisé
12:41que les économies,
12:43depuis 20 ans,
12:45voire 30 ans,
12:45sont moins sensibles au choc énergétique.
12:48Ça c'est fondamental,
12:49à la fois sur la transmission à l'activité,
12:50et la transmission au prix.
12:52Donc,
12:54si vous voulez,
12:55quand on avait le prix du baril en 2022,
12:58ou en 2024,
13:00qui était à ces niveaux-là,
13:01un peu en dessous,
13:01quelquefois un peu au-dessus,
13:03j'ai le sentiment qu'on ne se posait pas
13:04tout à fait les mêmes questions.
13:05Alors,
13:06le blocage est différent,
13:07puisque là,
13:07il y a des chaînes d'approvisionnement,
13:08des capacités de production,
13:11mais attention aussi,
13:13les chocs énergétiques
13:14sont beaucoup moins coûteux
13:15pour l'économie
13:16que par le passé,
13:18et c'est en cela que,
13:19donc le premier paradoxe,
13:20c'est pas de valeur refuge,
13:22le deuxième paradoxe,
13:22les analyses qui tiennent des révisions,
13:25et le troisième paradoxe pour moi,
13:27c'est quand même
13:28que le marché obligataire
13:29et les analystes obligataires
13:32sur les attentes des banques centrales,
13:33notamment sur la zone euro,
13:35sont extrêmement pessimistes,
13:36au sens,
13:37la BCE va remonter ses taux.
13:39Quatre fois.
13:40Oui,
13:40alors ça évolue aussi
13:42en fonction du scénario.
13:48Même si on se dit
13:49que la BCE a déjà fait
13:50des erreurs de politique monétaire
13:51par le passé,
13:52quel que soit le gouverneur,
13:54mais ça me paraît difficile.
13:56Et le marché price ça.
13:58Ça me semble,
13:59peut-être,
13:59il y a peut-être des choses
14:00à faire du côté obligataire,
14:02effectivement,
14:02peut-être que les taux
14:03sont trop montés,
14:04honnêtement.
14:04Je suis d'accord avec ça.
14:05Je pense que,
14:06c'est ce que je disais juste
14:07préalablement,
14:08par rapport à 2022,
14:10là c'était une stagflation,
14:11le marché obligataire
14:11a baissé jusqu'à l'automne 2023,
14:13ça fait 20 mois de baisse,
14:15voilà.
14:15Alors que le marché à action,
14:16lui,
14:17il a baissé pendant 9 mois,
14:19du 1er janvier
14:19au 30 septembre 2022,
14:21de 25%,
14:22ce qui d'ailleurs
14:22n'était pas énorme,
14:24alors qu'on avait
14:24le plus puissant choc inflationniste
14:26depuis 40 ans
14:27et le plus fort resserrement monétaire
14:28depuis 40 ans.
14:29Donc on aurait pu se dire
14:30que ça allait être pire.
14:31Mais ce qu'a marqué en 2022,
14:33c'est la résilience
14:35de l'économie américaine,
14:36qui a fait un oeuf ou deux,
14:37je crois,
14:37en 2022,
14:38alors que la majorité du consensus
14:40prévoyait quelque chose
14:40de beaucoup plus bas.
14:42Et donc ça a permis
14:43au BPA de résister
14:44et qu'au total
14:45de faire de moins de 25%.
14:46Donc c'était plus inflationniste
14:48que stag,
14:49si je puis dire.
14:50Il faut dire
14:50qu'on démarrait l'année 2022
14:52avec déjà le premier choc d'offres
14:53post-Covid,
14:54avec les goulots d'étranglement,
14:55il faut le savoir.
14:56L'inflation américaine,
14:57si vous lissez un peu,
14:57était à plus de 7% déjà.
15:00Et donc il y avait
15:01un marché de l'emploi
15:01beaucoup plus tendu.
15:03On venait d'une super reprise
15:04en 2021,
15:05plus de 5% de croissance.
15:07Là, on n'est pas du tout
15:08dans la même configuration.
15:09On a plus des configurations stag,
15:12avec les droits de douane
15:13qui sont toujours là.
15:14Enfin l'ambiance,
15:14c'était quand même
15:15en début d'année,
15:16avant même ces événements,
15:17n'étaient pas extraordinaires
15:17sur la croissance.
15:18Alors qu'au début de 2022,
15:20c'était quand même plus favorable.
15:21On avait une dynamique
15:22quand même plus forte
15:23et plus de tensions inflationnistes
15:25qui se sont d'ailleurs manifestées.
15:27Et la Fed a attendu
15:29l'été 2023
15:30pour stopper son processus
15:32de l'adduction.
15:33Donc le marché obligataire...
15:34Là, je pense que...
15:36Si le conflit se prolonge
15:37à peu près comme il est
15:38depuis le 28 février,
15:39on va dire ça,
15:40on va prendre cette hypothèse,
15:42je pense qu'à un moment donné,
15:43le marché obligataire
15:44va recommencer
15:45à surperformer
15:45le marché actions.
15:46Voilà.
15:47En espérance de rentabilité
15:49à ajuster du risque
15:49parce que les obliques
15:50sont quand même moins risqués
15:50que les actions.
15:51Voilà.
15:51Donc voilà ce qui peut se passer.
15:53Surtout si on commence
15:54à anticiper un ralentissement
15:55plus fort.
15:57Et dans ce cas-là,
15:57on aurait des obligations
15:58qui verraient leur rendement
15:59progresser.
16:01Leur rendement,
16:01leur valeur plus égale,
16:03leur performance,
16:04leur rentabilité globale
16:05progressée.
16:06C'est ce qui se passe
16:06quand il y a des chocs
16:08pétroliers,
16:09des chocs d'offres pétroliers.
16:10Par exemple,
16:10première guerre du Golfe,
16:12il faut s'en souvenir,
16:12à l'invasion du Koweït
16:15par Saddam Hussein
16:16le 2 août 1990.
16:18Donc,
16:18le marché réagit mal,
16:20le marché obligataire
16:20et le marché actions
16:21réagit mal pendant quelques mois.
16:22Puis au bout d'un mois,
16:23le marché réalise
16:24qu'au final,
16:25ça va se terminer
16:25par une récession.
16:26Donc,
16:26les obliques,
16:27le rendement des obliques
16:28baisse et donc
16:28la valeur des obligations
16:29monte,
16:30elle surperforme les actions.
16:32On a la même chose
16:32en 2008.
16:33Rappelez-vous,
16:34le premier semestre 2008,
16:35les actions et les obligations
16:37baissent les deux
16:38parce qu'il y a aussi
16:39un choc pétrolier
16:39alors qu'il n'est pas
16:40un choc géopolitique
16:41mais qu'un choc,
16:41disons,
16:41c'est une bulle matière première,
16:43on va résumer les choses.
16:44On monte à 147 dollars
16:46le 8 juillet 2008
16:48puis finalement,
16:49le marché réalise
16:49que tout ça
16:50n'est pas sous le table.
16:51L'économie américaine
16:52va baisser.
16:53En plus,
16:53par-dessus le marché,
16:54il y a la crise bancaire
16:55et financière
16:55et les Man Brothers.
16:56Alors là,
16:57c'est un super rallye obligataire
17:03qui va durer
17:04pendant six mois
17:05alors que les actions
17:05continuent de baisser
17:06jusqu'au 9 mars 2009.
17:08Voilà.
17:08Donc,
17:09sur l'arbitrage
17:10obligation-action,
17:12il va falloir
17:13à un moment donné
17:14trancher.
17:15Et sur les résultats
17:16d'entreprise,
17:16vous parliez
17:17des analyses
17:17qui avaient revu
17:18à la hausse
17:18leurs prévisions,
17:19notamment aux Etats-Unis
17:20tirées par l'IA.
17:22Sur la partie européenne,
17:23comment vous regardez
17:24les résultats d'entreprise ?
17:26Ça va commencer
17:26la semaine prochaine.
17:27On aura notamment
17:27le VMH
17:28ou encore ASML,
17:29Christophe Boucher.
17:30Oui,
17:30on est assez attentif
17:31à ce qui se passe
17:31sur le marché européen
17:32mais pas tellement
17:33en termes de...
17:34On remonte l'exposition,
17:35on la diminue
17:36parce que quand même
17:38l'économie européenne
17:38était en accélération cyclique.
17:40Enfin,
17:40c'était le discours avant,
17:42en tout cas sur janvier,
17:43février,
17:43puis même un peu avant.
17:44Alors que l'économie américaine
17:45était plutôt
17:45en ralentissement cyclique.
17:48Mais au sein
17:48de cette réaccélération cyclique,
17:50le choc énergétique
17:51vient quand même pénaliser ceci.
17:53Il y avait les valeurs bancaires
17:54par exemple
17:55qui surperformaient
17:57très fortement.
17:59Nous,
17:59même avant le conflit,
18:00on sentait
18:00que c'était en train
18:01de s'émousser.
18:01et on va être
18:03surtout attentifs
18:04selon les résultats
18:05à la rotation sectorielle
18:07qui va s'opérer
18:07au sein du marché européen
18:09et avec la grande question
18:10des valeurs bancaires.
18:11Avec le crédit privé
18:12notamment
18:12qui inquiète en ce moment
18:14sur l'exposition
18:15des banques
18:16à cette classe d'actifs.
18:18Ça sera bien sûr
18:18l'une des grandes questions
18:19lors des résultats trimestriels.
18:21Oui,
18:21alors il y a ça
18:23mais plus généralement
18:23la capacité
18:24à transformer en marge
18:26les évolutions
18:27de taux récentes
18:28du secteur bancaire.
18:30Quand même
18:30sur le crédit privé
18:31effectivement
18:31ça a surtout
18:33secoué aux Etats-Unis
18:34parce que les portefeuilles
18:35étaient très peu diversifiés
18:37concentrés
18:37sur du logiciel
18:38de l'IT
18:38qui ont souffert.
18:40Bon après
18:41il n'y a pas de
18:42il n'y a quand même pas
18:43semble-t-il
18:44pas tant de levier
18:45que ça.
18:46Donc effectivement
18:47c'est quelque chose
18:48qu'on surveille
18:49c'est-à-dire
18:49les banques
18:50ne sont pas forcément
18:51exposées
18:52à avoir prêté
18:53de l'argent
18:53pour faire du levier
18:54dans ce crédit privé
18:57ou ces actifs privés.
18:59Donc on
19:01surveille
19:01mais c'est plus
19:02général que ça
19:03c'est la capacité
19:04à réaliser des marges
19:07et le scénario
19:07était plutôt favorable
19:08jusqu'ici
19:09pour les bancaires
19:10sur des fondamentaux
19:11macro
19:11c'est-à-dire
19:12les taux
19:12n'étaient pas si bas
19:13que ça
19:13d'ailleurs on pouvait
19:14se plaindre
19:14du fait
19:15que la BCE
19:16puisse aller un peu
19:17plus loin
19:17dans la baisse
19:18des taux
19:18donc des marges
19:19d'intérêt
19:20relativement
19:20confortables
19:21avec une accélération
19:22cyclique
19:23c'est typiquement
19:23une phase
19:25qui est favorable
19:25aux bancaires
19:26là
19:27c'est plutôt
19:28la question
19:28enfin c'est plutôt
19:29ce qui se pose
19:30aujourd'hui
19:30sur les valeurs
19:31bancaires
19:32les valeurs bancaires
19:33qui ont cartonné
19:34l'an passé
19:35Jean-Pierre Petit
19:36l'Eurostock 50
19:37affichait l'une des plus
19:38belles performances
19:40sectorielles
19:40vous êtes inquiet vous
19:41sur l'exposition
19:42des banques
19:43aux crédits privés
19:43ou non c'est un risque
19:44qui est gérable
19:45pour abaisse
19:45environ 2000 milliards
19:46d'encours
19:47oui mais même
19:48de toute façon
19:49même avant la guerre
19:50nous on était
19:51passé note sur les bancaires
19:52alors qu'on l'avait
19:53surpondéré l'an dernier
19:54il y avait l'argument
19:55de la marge nette d'intérêt
19:56effectivement l'argument
19:57que les banques
19:57sont aussi des valeurs cycliques
19:59voilà donc
19:59et puis les attentes
20:00des analystes étaient quand même
20:02très optimistes
20:02il y avait eu un super momentum
20:04donc de toute façon
20:05nous on était plutôt
20:06sur une position de neutralité
20:07voilà
20:07sur les valeurs bancaires
20:09après il n'y a pas
20:10que les secteurs aussi
20:11sur lesquels il faut jouer
20:12il y a les styles d'investissement
20:14donc small caps
20:15alors même si les small caps
20:16ne sont pas chers
20:16sont même assez massacrés
20:18en termes de valorisation
20:18je pense que quand
20:19il y a des inquiétudes
20:20sur les conditions financières
20:21ou sur la conjoncture domestique
20:23il faut plutôt rester à l'écart
20:24il y a le style
20:26low volatilité
20:28qui à mon avis
20:28quand on est dans un processus
20:31de perturbations exogènes
20:33il faut mieux jouer
20:33ces styles d'investissement
20:34puis il y a le style quality
20:35comme on dit souvent
20:36c'est-à-dire les valeurs
20:38jouées
20:38alors là c'est des paniers de valeurs
20:40c'est pas des secteurs
20:40c'est pas des pays
20:42c'est des valeurs
20:44à faible niveau de dette
20:45à fort cash flow
20:47enfin des boîtes assez régulières
20:49alors tout dépend
20:49de la qualité des paniers
20:50parce que là il n'y a pas de
20:51et puis il y a des biais sectoriels
20:53il y a des biais sectoriels
20:54alors il faut faire gaffe
20:54à ce qu'on met dedans
20:55c'est un petit peu plus flou
20:57mais disons que
20:58si j'étais gérant d'actifs
20:59là aujourd'hui je procéderais
21:01je procéderais à des ajustements techniques
21:03qui ne remettraient pas en cause
21:04la vue vision générale
21:06prudente qu'on a
21:07depuis presque 6 semaines
21:09mais quelques ajustements techniques
21:11en fonction de la valorisation relative
21:12par exemple
21:13sur l'arbitrage cyclique défensive
21:14bon bah les défensives
21:16ont évidemment bien surperformé
21:18et à un moment
21:18elles deviennent chères quoi
21:19voilà
21:19et donc il faut arrêter un petit peu
21:21il faut revenir plutôt
21:22vers une position
21:24de neutralité
21:25ou en fonction du momentum
21:26quand il y a un momentum
21:26très très fort
21:27on parlait de Ruy Lengas tout à l'heure
21:29bon bah il faut peut-être se calmer
21:30voilà
21:30et à l'inverse
21:31les secteurs qui vous donnent envie
21:32aujourd'hui ?
21:32bah c'est ce que j'ai dit
21:33déjà
21:34alors en termes stratégiques
21:35en termes stratégiques
21:36moi je
21:37je reste favorable
21:38aux valeurs de défense
21:40même si alors
21:40effectivement
21:41elles ont bien
21:41elles ont bien surperformé
21:43en relatif
21:45là
21:45pour l'instant
21:46je reste sur des valeurs
21:48sur des
21:48sur les secteurs
21:49oil and gas
21:50voilà
21:50et je reste à l'écart
21:52de tout ce que j'ai mentionné
21:54tout à l'heure
21:55je surprendère aussi
21:56alors en termes de pays
21:57vous n'avez pas posé la question
21:58mais il y a quand même
22:00des questions là-dessus
22:00il faut rester à l'écart
22:01la plupart des marchés émergents
22:03il faut surpondérer
22:04le marché américain
22:05qui est plus défensif
22:06et qui va moins souffrir
22:07on le sait très bien
22:08ils l'ont montré
22:09d'ailleurs en 2022
22:102023
22:112024
22:11il va moins souffrir
22:12que l'Europe
22:14de ce choc
22:17plus évidemment
22:18la partie tech
22:19voilà
22:19les marges très élevées
22:21etc
22:21donc il faut plutôt revenir
22:22sur le marché américain
22:23le mot de la fin
22:24Christophe Boucher
22:26merci
22:28non mais par rapport
22:28à ce qui vient d'être dit
22:29sur les zones géographiques
22:30c'est vrai qu'on n'a pas parlé
22:31des zones géographiques
22:33le S&P 500 est stable
22:34depuis le début de l'année
22:35nous sur les émergents
22:36on a quand même
22:37une vision un peu différente
22:38parce que
22:40on en a beaucoup profité
22:41nous
22:42l'année dernière
22:43puis on restait convaincus
22:45la guerre est venue
22:46un peu perturber
22:47mais il n'y a pas eu
22:47de massacre non plus
22:48de la classe d'actifs
22:49qui est quand même
22:49historiquement peu chère
22:51encore aujourd'hui
22:52la Corée du Sud
22:54qui avait un petit peu
22:55exposé l'an dernier
22:56la Corée est quand même
22:57très dépendante
22:58donc c'est un effet
22:59très spécifique quand même
23:01au sein des émergents
23:02donc nous on reste quand même
23:03assez favorables
23:04sur les émergents
23:04tout en évitant
23:06de se faire parter
23:08comme on dit
23:08à très court terme
23:09sur les développements géopolitiques
23:11merci à tous les deux
23:12nous avoir accompagnés
23:13Christophe Boucher
23:13pour ABN Amro
23:14IS et Jean-Pierre Petit
23:15pour les cahiers verts
23:16de l'économie
23:17pour les émergents
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