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  • il y a 6 minutes
Ce mercredi 4 mars, les conséquences de la guerre en Iran sur le marché obligataire, notamment en ce qui concerne les taux longs et le marché souverain, ont été abordées par Sébastien Barthélémi, responsable de la recherche crédit chez Kepler Cheuvreux, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Comme chaque mercredi, dans la deuxième partie de l'émission, nous parlons du marché obligataire
00:05et il y a de quoi dire aujourd'hui sur ce marché obligataire, notamment en ce qui concerne les taux
00:08longs
00:09et le marché souverain. Pour nous éclairer, c'est Sébastien Barthélémy que nous rejoignons,
00:13qui nous attend depuis Kepler-Chevreur, responsable de la recherche crédit.
00:16Bonjour Sébastien Barthélémy, merci d'être avec nous ce matin.
00:20Bon, quelles sont les réactions du marché obligataire depuis lundi en réaction au conflit au Moyen-Orient ?
00:26Bonjour Étienne, des réactions sont en surprise. On note effectivement, comme vous l'avez souligné,
00:32une hausse des taux longs, que ce soit sur la partie Bund, française.
00:36Alors c'est quand même relativement mesuré comme hausse, pour donner quelques chiffres rapidement,
00:42si on regarde le 10 ans allemand, on est passé à vendredi de 2,65 à 2,76.
00:49Il faut savoir qu'on était autour des 2,90 fin janvier.
00:54La même chose sur le taux français. Et puis aussi, évidemment, il y a un écartement des spreads significatifs
01:01sur la partie corporate. Là encore, significatif, parce que si on regarde les plus bas,
01:07où on était avant la déclaration de guerre et avant les événements au Moyen-Orient,
01:12on est passé par exemple, pour vous donner une idée, le spread sur la partie corporate,
01:16high yield, donc la moins bonne qualité. On est passé de 250 à 275.
01:21Alors c'est une hausse significative qui conduit à une hausse du coût du refinancement
01:25pour les entreprises.
01:27Les entreprises qui sont forcément impactées au vu du contexte, dans le sens où là,
01:30j'imagine que le marché obligataire est fermé. Ce n'est même pas la peine pour une entreprise
01:34d'aller émettre de la dette. En tout cas, il faut que son dossier soit de bonne qualité,
01:38de très bonne qualité, sinon.
01:39Alors effectivement, là pour l'instant, on est dans un marché où on est risk off.
01:47Il y a vraiment un sentiment de crainte et les clients sont vendeurs, mais ils ne sont
01:54surtout pas acheteurs. Étant donné la situation et les incertitudes, l'écartement des spreads,
02:00l'écartement des taux, effectivement le marché primaire est fermé. Alors ce que l'on a eu,
02:04c'est qu'on a eu quelques émissions, mais des émetteurs AAA. On a eu l'Allemagne,
02:08là où vous avez parlé de la France, ce n'est pas AAA, mais ce sont des souverains,
02:11on va dire de bonne qualité qu'ils peuvent émettre. Mais effectivement, le marché pour
02:15les entreprises est pour l'instant fermé. Et effectivement, comme vous le soulignez,
02:20il faut bien différencier entre les entreprises de bonne qualité, ce qu'on appelle investment
02:24grade, celles qui sont notées entre AAA et BBB, celles du Aïd, qui sont notées en dessous
02:29dans la catégorie WB, simple B et triple C. Effectivement, la grosse problématique
02:33qu'il va y avoir selon l'amplitude, selon la durabilité du stress sur les marchés
02:39obligataires, de se retrouver face à l'incapacité de refinancer des dettes sur les prochaines
02:44semaines.
02:45Avec donc demain la France qui va émettre entre 11 et 13 milliards, comme chaque premier
02:49jeudi du mois, ce sera bien sûr un temps fort. Là ce matin, le 10 ans français est
02:54à 3,4%. Un dernier mot sur la situation du marché obligataire au niveau global. Dans
03:00un premier temps, jeudi matin, le marché a acheté le marché obligataire, c'était
03:04un peu fly to quality, on se cachait sur les obligations. Et puis là, ça s'est totalement
03:09inversé. Comment vous pouvez expliquer ce mouvement ? Est-ce que c'est la crainte de
03:13l'inflation à venir avec la hausse des matières premières, la crainte sur un ralentissement
03:17de la croissance ? C'est vrai que pour une fois, les marchés ne vont pas se cacher sur
03:21certains pans de la cote.
03:24Etienne, c'est exactement ça. Vous avez très bien défini les raisons de cet écartement
03:29des taux. C'est relativement simple. Les principales raisons sont effectivement un choc
03:34d'inflation, potentiellement suivi d'un choc de croissance, avec la hausse des coûts
03:39de l'énergie dans un premier point. Après, la deuxième tendance va être une hausse des
03:44dépenses, notamment pour la défense, qui mettent là aussi plus de croissance sur la
03:49partie inflation et potentiellement un choc de croissance avec cette hausse de coûts
03:53d'énergie qui vont impacter différentes industries. Alors, on a des industries toujours classiques
03:58qui sont immédiatement impactées, comme par exemple tout ce qui est compagnie aérienne.
04:03Mais après, derrière, potentiellement, vous avez tout ce qui est secteur auto, industriel.
04:09Vous avez également la problématique du secteur de l'immobilier qui est très sensible
04:14au phénomène de taux. Et puis, on a quelques utilities qui sont dépendantes également,
04:19par exemple, de l'importation des gaz. Donc, effectivement, choc inflationnique, choc
04:23de croissance qui explique cette hausse des taux.
04:26Et ce sont des mouvements qui se font avec du volume, où on est vraiment sur des réactions
04:29épidermiques ?
04:30Alors, là, on est plus sur une réaction épidermique. Alors là, je parle vraiment par la partie
04:37Crédit Corporate, puisque les discussions que nous avons avec les clients, c'est plutôt
04:42une situation de stand-by. On regarde un petit peu l'évolution du marché, on essaie de comprendre
04:49quelle pourrait être la durabilité. On n'a pas eu le sentiment que nos clients étaient
04:53vendeurs de positions, ou alors c'était marginal.
04:56Merci beaucoup Sébastien Martellemi de nous avoir accompagnés ce matin pour nous éclairer
04:59sur ce marché obligataire. Je rappelle que vous êtes responsable de la recherche Crédit
05:02chez Kepler-Chevreux.
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