00:00Les matières premières qui repartent de l'avant ce matin, avec donc ce matin les cours du gaz qui sont
00:05en hausse de plus de 5%,
00:06le TTF est au-delà des 50 euros, quand sur le Brent nous sommes à 84 dollars.
00:12Bonjour Hervé Gouletker, merci d'être avec nous ce matin, vous êtes conseiller économique chez Accuracy.
00:17Bon bien sûr, toute la question c'est la durée de ce conflit d'un point de vue macroéconomique,
00:23puisque ce choc sur les matières premières peut être, j'imagine, tout à fait absorbable pour l'économie européenne
00:29si ça dure quelques semaines, par contre si ça dure quelques mois, forcément ça aura un impact.
00:34Oui, vous dites le vrai, mais en ayant dit ça, la question reste entière.
00:40Ce qui est sûr, c'est qu'on est face à de l'incertitude, on ne sait pas combien de
00:45temps ça va durer,
00:46et en fait plus ça dure, sans que l'on reçoive des signaux comme quoi ça pourrait s'arrêter assez
00:53vite,
00:54évidemment plus on est inquiet, on en est là aujourd'hui.
00:57Alors si on essaie de normer un petit peu, on a envie de dire qu'en matière de pétrole,
01:04aujourd'hui, si ça dure trois semaines, quatre semaines, le moment sera un peu compliqué à vivre,
01:11mais il n'y aura pas de fracture dans le scénario.
01:16Sur le gaz, on sait que les stocks sont relativement bas, mais en ce moment de l'année, c'est
01:21un peu normal,
01:22il faudrait les reconstituer, là encore, on a quelques semaines pour se lancer dans le processus.
01:29Donc pour le moment, c'est de l'inquiétude, ça ne va pas au-delà,
01:34mais en fait, on guette les signaux qui nous permettraient de comprendre combien de temps ça va durer,
01:41et pour le moment, les signaux sont contradictoires entre la guerre de choix des Américains,
01:47et donc en fait, une décision qui peut venir vite, on arrête parce que les objectifs sont atteints,
01:54et une guerre de nécessité des Israéliens qui demande plus de temps.
01:58On voit bien que les Israéliens sont plutôt sur un changement de régime,
02:02et en fait, on ne sait pas très bien de quel côté le fléau de la balance va pencher,
02:08et donc pour le marché, il y a une incapacité aujourd'hui à choisir,
02:13et donc une incertitude qui dure, et bien ça pèse évidemment sur l'inflation,
02:19avec les gains de pouvoir d'achat qui sont grignotés,
02:23mais aussi ça pèse sur la confiance,
02:25et donc il ne faudrait pas qu'on se trouve demain avec un scénario du style stagflation,
02:32c'est-à-dire une inflation plus élevée, une croissance significativement plus faible,
02:38pour le moment, c'est le scénario alternatif, c'est celui du pire,
02:43mais en fait, comme on n'a pas de repères, on est obligé de le garder dans un coin de
02:48sa tête,
02:48et n'oublions pas qu'il y a un compartiment du marché qui nous envoie ce message,
02:53soyez attentifs à cette perspective, aussi désagréable soit-elle,
02:58c'est le marché des titres d'État, ce sont les taux longs,
03:03qui en fait, alors qu'on devrait se dire qu'il y a une recherche de la qualité,
03:08au même titre qu'on va vers l'or, on va vers les titres d'État,
03:11et bien on n'a pas une grosse tension, on a une petite tension sur les taux longs,
03:15il faut être attentif à ça.
03:163.41 ce matin, notamment pour le 10 ans français,
03:20un 10 ans français qu'il faudra suivre,
03:21puisque tout à l'heure, à 11h, l'agence France Trésor au Bercy,
03:25donc, va émettre entre 11 et 13 milliards de dettes,
03:28comme ils le font tous les mois, chaque premier jeudi du mois.
03:31C'est vrai que ça, c'est quand même un signal assez intéressant,
03:34Hervé Gouletker, les investisseurs ne se réfugient pas
03:36sur les obligations souveraines, en tout cas pas sur les 10 ans,
03:41puisque quand on regarde depuis lundi,
03:42on a une remontée d'une quinzaine, voire même d'une vingtaine de points de base,
03:45que ce soit sur les grandes références en Europe ou sur le 10 ans américain.
03:49Oui, on l'observe, alors d'ailleurs, on observe à peu près un mouvement similaire
03:55sur les titres à deux ans, ce qui veut dire que c'est toute la courbe des taux,
03:59en fait, qui connaît une translation vers le haut.
04:03Pourquoi cela ?
04:04Eh bien, en fait, le marché, dans la veille sur ce scénario alternatif,
04:10envoie un double message sur l'inflation, on en a déjà parlé,
04:14et puis en plus sur les finances de l'État,
04:18les finances de l'État, parce qu'en fait,
04:21eh bien, on a déjà une situation de départ qui n'est pas très bonne,
04:24alors c'est vrai aux États-Unis, c'est vrai en France,
04:27et en fait, si on a ce scénario stagflationniste,
04:31eh bien, les conséquences sur les déficits des comptes seraient mauvaises,
04:36et donc, le marché est attentif à cela.
04:40Du côté de la parité euro-dollar, nous sommes à 1,16 ce matin,
04:43nous étions à 1,18 la semaine dernière, c'est compliqué aujourd'hui pour les investisseurs
04:46de trouver des refuges, même l'once d'or, on n'est pas sur des records,
04:50on est quasiment sur les mêmes niveaux que la semaine précédente.
04:52Visiblement, les refuges en ce moment, c'est plutôt les actions américaines.
04:57Quand on regarde Wall Street depuis vendredi soir,
05:00eh bien, on a des indices qui sont stables,
05:01là où les actions européennes ont perdu 4-5%,
05:04c'est plus important même pour les actions émergentes.
05:08Où sont les refuges aujourd'hui, Hervé Gouletker ?
05:11Eh bien, en fait, il n'y en a pas vraiment,
05:14et c'est pour ça qu'il y a une espèce de mécanique de diversification des actifs-refuges.
05:21On en met un peu dans le dollar.
05:23Le dollar se comporte un peu mieux qu'avant la guerre,
05:27mais en fait, ce n'est pas beaucoup.
05:29L'or avait déjà beaucoup monté,
05:30donc il y a une hésitation par rapport à son potentiel haussier.
05:35Les titres d'État, on s'aperçoit qu'il faut faire attention aussi.
05:38Donc, en fait, il n'y a pas un actif-refuge qui s'impose,
05:42et donc on voit des investisseurs qui diversifient,
05:46et ça, c'est quelque chose de nouveau aussi.
05:48Donc, on voit bien qu'on est face à une crise
05:53que l'on a du mal à qualifier.
05:55Elle est de nature géopolitique pour partie,
05:59de nature géoéconomique pour notre partie,
06:02avec cette difficulté à comprendre combien de temps ça va durer.
06:06Et donc, l'investisseur, il doit prendre ça en compte
06:10en intégrant l'idée que les actifs-refuges classiques,
06:15soit paraissent un peu moins solides qu'auparavant,
06:20soit paraissent déjà chers.
06:22Alors, trois séances ne font pas une tendance,
06:23mais force est de constater que pour l'instant,
06:25l'actif-refuge, c'est le bitcoin,
06:26qui est à 72 000 dollars.
06:28Il a repris 12% depuis vendredi,
06:30quand l'or a reculé de 2%,
06:32le bitcoin qui est sur un plus haut d'un mois ce matin.
06:34A voir comment tout cela va évoluer dans les prochaines heures.
06:37Ce matin, il y avait une belle envolée du COSPI,
06:39c'est la bourse de Séoul,
06:41plus 9% après un moins 12 hier.
06:44Et pour cause, Lady Miang,
06:45le président de la Corée du Sud,
06:47a annoncé un programme de stabilisation des marchés
06:49via une enveloppe d'environ 60 milliards d'euros,
06:51si on fait la conversion yon euro.
06:54C'est quand même assez important,
06:55et ça nous rappelle une fine,
06:57Hervé Gouletker,
06:58que les politiques, les banques centrales,
07:00sont au chevet des marchés,
07:01après une baisse de 20% du COSPI en trois jours.
07:04– Oui, alors dans l'attitude des pouvoirs publics coréens,
07:10il y a sans doute une double dimension.
07:12Dans l'immédiat, il y a essayer de casser
07:17cette volatilité dangereuse du marché action,
07:21et donc il y a du déclaratif qui a aidé à cela,
07:25en sachant bien qu'en fait,
07:27le marché coréen est quand même un marché fragile.
07:32D'une part, il avait beaucoup, beaucoup monté l'année dernière,
07:35encore au cours des premiers mois de cette année,
07:38et donc il était un peu cher.
07:41Deuxièmement, il est très concentré,
07:44il y a cinq titres qui font 50% de la capitalisation,
07:48mais il y avait sans doute une possibilité
07:50pour les autorités coréennes de le contrôler un peu mieux.
07:54Les étrangers, depuis le mois de novembre,
07:57étaient plutôt partis de ce marché.
07:59Donc c'est un marché qui est plutôt avec des investisseurs locaux,
08:03et donc il y a une manœuvrabilité, je dirais,
08:07du marché qui est un peu plus facile.
08:09Ça, c'est pour la dimension court terme,
08:11donc casser cette volatilité qui peut devenir dangereuse.
08:15Et puis il y a une dimension préparation
08:17de ce qui pourrait se passer demain.
08:19C'est pour ça qu'on dit,
08:21si jamais le besoin s'en fait sentir,
08:24il y a de l'argent qu'on peut mettre sur la table.
08:26Et on comprend que la Corée soit un des premiers pays à réagir.
08:31C'est un pays qui est très sensible à l'énergie
08:34qui vient de l'étranger, aux importations de pétrole.
08:37Et donc c'est vrai que c'est un pays
08:39qui est très concerné par ce qui se passe.
08:42Il ne faut pas oublier que l'essentiel de l'énergie,
08:45singulièrement du pétrole qui vient du golfe Persique,
08:49va vers l'Asie et parmi les pays d'Asie, vers la Corée.
08:54Un indice matin qui a été porté par Samsung
08:56qui a repris un peu plus de 11% à la clôture,
08:59le titre qui est de 50% depuis le début de l'année
09:01quand SKNX a pris également une dizaine de pourcents,
09:04plus 40% depuis le 1er janvier.
09:07Donc quand vous regardez aujourd'hui ce cas coréen,
09:10en dehors bien sûr des valeurs liées aux semi-conducteurs,
09:12il ne faut pas l'extrapoler.
09:14C'est ça un petit peu le message ?
09:16Oui, je pense qu'il y a des caractéristiques économiques,
09:22la sensibilité à l'énergie carbonée venant du golfe Persique.
09:26Il y a des caractéristiques de marché.
09:29On ne peut pas faire de parallèle entre la Corée
09:32et ce qui se passe dans la vieille Europe.
09:34Merci beaucoup Hervé Gouletker de nous avoir accompagné ce matin
09:37et de nous avoir éclairé.
09:38Je rappelle que vous êtes conseiller économique chez Accuracy
09:40pour revenir notamment sur cette belle remontada du Kospi ce matin à Séoul
09:45quand du côté de l'Europe nous sommes en baisse,
09:47moins 0,6% pour le CAC 40 à 8 121 points.
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