00:00Les marchés qui s'emballent et pour cause cette nuit, les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé un accord
00:05de cessez-le-feu de 15 jours avec la réouverture du détroit d'Hormuz.
00:09Bonjour Mickaël Petit-Zange, vous êtes chef économiste de Waterloo Asset Management, professeur à l'université de Louvain.
00:16Cette nuit donc, l'Iran et les Etats-Unis ont annoncé 10 points sur lesquels ils vont négocier un cessez
00:23-le-feu de 10 jours.
00:24Bon, assez intéressant de voir que les marchés qui sont toujours dans l'anticipation, pour une fois, n'avaient pas
00:28anticipé cet accord.
00:32C'est vrai que les anticipations n'étaient pas claires.
00:37Néanmoins, il faut quand même se rendre compte que Trump, à chaque fois, procède de la même façon, c'est
00:43-à-dire qu'il annonce des éléments qui font très peur.
00:48Il avait parlé d'éradiquer la civilisation iranienne de la surface de la Terre.
00:53Et à chaque fois, malgré tout, il fait un pas en retrait.
00:58Et d'ailleurs, il y a une expression dans le marché qu'il indique très bien, de plus en plus,
01:02maintenant on parle d'effet taco.
01:04C'est-à-dire, en anglais, c'est Trump always chickens out.
01:09C'est-à-dire que Trump fait toujours un peu marche arrière par rapport à des annonces qui sont très
01:14fortes et qui peuvent déstabiliser le marché.
01:16Donc, moi, on n'était pas non plus extrêmement surpris par cette annonce.
01:21Le souci, c'est qu'il ne faudrait pas tomber dans une forme d'euphorie non plus, ni panique, ni
01:26euphorie.
01:26C'est un peu notre mot-clé pour le moment, sachant qu'il y a quand même encore des points
01:31en suspension et pas mal,
01:33parce qu'on se demande qui va accepter exactement ce cessez-le-feu en Iran,
01:37sachant que les centres de commandement ont été éliminés les uns après les autres.
01:43Et apparemment, aujourd'hui, il en resterait encore, mais c'est dans une structure très décentralisée.
01:48Il y aurait 31 centres de commandement.
01:50Alors, la bonne nouvelle, c'est vrai que c'est que la milice islamiste chiite irakienne qui soutient le régime
01:56iranien
01:56a dit qu'elle cessait les hostilités.
01:58C'est quand même un point intéressant.
02:00Maintenant, comment va réagir déjà Tsaal, l'armée iranienne, parce que Netanyahou désapprouvait ce cessez-le-feu.
02:06Et on a aussi quand même, malgré tout, Trump qui continue d'envoyer des appuis militaires dans la région.
02:14Donc, il anticipe quand même, malgré tout, dans deux semaines, éventuellement des complications supplémentaires.
02:20Et alors, je termine par un dernier point.
02:22Il faut quand même se rendre compte que le Congrès est de plus en plus soucieux de ce qui se
02:26passe en Iran,
02:28parce qu'on fait valoir d'ailleurs une loi de 1973 qui était sur le pouvoir du président en temps
02:38de guerre.
02:39Et il faut savoir que le président a effectivement la possibilité d'agir sur le plan militaire
02:44sans déclaration de guerre ni autorisation spécifique du Congrès pendant 60 jours.
02:50Il a encore 30 jours pour se désengager du conflit.
02:52Ce qui nous amène en fait à la fin avril.
02:55Et au-delà de cette période-là, ça pourrait se compliquer au Congrès,
03:00sachant en plus qu'il y a un appui de Trump qui s'appelle le sénateur Graham
03:06qui se demande exactement ce que cache l'accord actuel du cessez-le-feu.
03:10C'est-à-dire, qu'est-ce que les États-Unis ont cédé aux Iraniens sur ce plan-là ?
03:15Donc, quand même pas mal de points de suspension.
03:16Donc, il faudra quand même rester prudent dans les semaines qui viennent.
03:19En tout cas, à court terme, les marchés achètent la nouvelle.
03:21Le CAC 40 gagne 3,6%.
03:23Le DAX à Francfort gagne 4,8% plus 4,3% pour l'Eurostoxx 50
03:29avec des taux sur le marché obligataire qui se détendent d'une façon impressionnante
03:34puisque vous avez une baisse de 23 points de base.
03:36Oui, 23 points de base sur le disant français.
03:39Hier, on était peu au pro à 3,8%.
03:41Là, on est à 3,55.
03:42Le marché qui se fait baloter au gré des annonces de Donald Trump,
03:46au gré de l'évolution du baril de pétrole qui est donc ce matin à 94 dollars.
03:50Ça change quoi aujourd'hui pour vous en tant que chef économiste
03:54chez Waterloo Asset Management ?
03:55Comment on navigue à vue face à une telle volatilité ?
03:59Écoutez, c'est très compliqué parce que les nouvelles peuvent aller dans un sens
04:04comme dans l'autre assez rapidement.
04:05Je pense que dans ces circonstances-ci, vous savez, moi, il faut faire preuve vraiment d'humilité.
04:10Et chez Waterloo Asset Management, nous avons trois grands piliers dans notre analyse.
04:15C'est d'abord les facteurs psychologiques qui, pour moi, sont prédominants actuellement.
04:20Donc, c'est bien regarder ce qu'on appelle les indicateurs de momentum dans le marché.
04:24C'est-à-dire qu'ils portent les marchés vers la hausse ou vers la baisse.
04:27Et ça, ce sont les facteurs psychologiques qui prédominent.
04:30Ça, c'est les facteurs à court terme.
04:31Et c'est ceux-là qui jouent pour l'instant.
04:34Derrière ce facteur-là, pour l'instant, moi, je classerai quand même les facteurs microéconomiques,
04:38c'est-à-dire liés à la santé des entreprises.
04:39Et il se fait que, pour l'instant, les anticipations de bénéfices aux États-Unis sont bonnes, voire très bonnes.
04:47C'est-à-dire que les anticipations se maintiennent.
04:50Et donc, effectivement, si on parvient à se désengager de ce conflit-là avec une réouverture du détroit d'Hormuz,
04:57les marchés pourraient effectivement corriger assez fortement.
04:59On anticipe toujours à un an un SMP aux environs de 7400 points, fin de l'année à 7000,
05:06avec, attention, un PE, donc un rapport court-bénéfice qu'on estime à 20.
05:12Il pourrait même remonter à 22 si on a des bonnes nouvelles.
05:15Donc, le scénario, pour l'instant, est assez bon sur le plan microéconomique.
05:20Maintenant, il faut bien garder en tête que la macroéconomie, dans ces circonstances-ci,
05:24sincèrement, il faut la considérer avec beaucoup de recul,
05:27parce que les annonces d'inflation, les menaces d'inflation,
05:31les évolutions de ton intérêt vont un peu dans tous les sens.
05:34– On est donc à 6600 points sur le S&P 500.
05:37Vous parliez de 7400 points en termes d'objectifs pour la fin de l'année.
05:42Bon, il n'y a pas que le marché actions, il y a également le marché obligataire.
05:46Comment, aujourd'hui, vous arbitrez l'allocation dans vos portefeuilles mixtes, Michael Petitjean ?
05:51– Écoutez, pour l'instant, nous, on est quand même assez prudents.
05:54Il ne faut pas non plus trop se réagir dans ces circonstances-ci,
05:58sachant que la volatilité est effectivement élevée.
06:01Mais je souligne directement que la volatilité n'est pas non plus anormalement élevée.
06:05Vous savez, c'est des marchés, effectivement, qui ont du mal à trouver leur direction,
06:10mais des niveaux de volatilité, comme on les mesure avec le VIX aux États-Unis,
06:15c'est des niveaux de volatilité qu'on a vus assez fréquemment dans 2021-2022.
06:20Donc la volatilité est là.
06:21Le seul souci, c'est quand même le manque de visibilité qu'on a.
06:25Alors, pour l'instant, si vous voulez, on a identifié des opportunités d'achat à terme.
06:30C'est vrai qu'on s'intéresse à nouveau au marché des services de communication et la technologie,
06:36pour la simple raison que les valeurs sont quand même, de nouveau, assez intéressantes.
06:42On a un rapport court bénéfice pour ces deux secteurs, qui sont donc des secteurs du S&P 500.
06:48On a un rapport court bénéfice qui est à 20,7, alors que pour le S&P 500, globalement, on
06:56est à 20.
06:57Donc c'est quand même un rapprochement des valeurs qui nous fait penser qu'il y a encore un potentiel
07:03assez intéressant dans l'avenir.
07:05Mais d'un autre côté, c'est vrai qu'on a aussi un œil sur les fonds monétaires, parce que
07:10quand l'incertitude est aussi forte,
07:13il faut pouvoir associer des opportunités d'achat un peu plus risquées à des opportunités défensives.
Commentaires