- il y a 4 semaines
Ce jeudi 5 mars, Vincent Chaigneau, directeur de la recherche de Generali Investments, et Charles-Henry Monchau, Chief Investment Officer de la Bank Syz, ont notamment débattu sur les indices européens, qui ont nettement baissé depuis le début de la semaine, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:019h37, c'est donc l'heure du face-à-face avec ce matin en plateau Vincent Chéniot,
00:05qui est directeur de la recherche de Generali Investment.
00:07Bonjour Vincent.
00:08Bonjour Ekel.
00:09Merci d'être avec nous ce matin en compagnie de Jean-Charles Monchot,
00:12qui est avec nous à distance depuis Genève, chef des investissements de la banque CISE.
00:16Bonjour Jean-Charles, merci également d'être avec nous.
00:18Bonjour.
00:19Avec une actualité qui est très chargée, des indices européens
00:23qui sous-performent très nettement depuis le début de la semaine.
00:25Alors un point ne fait pas une tendance,
00:27mais c'est vrai que la séance que nous vivons actuellement
00:30rappelle un petit peu des mauvais souvenirs 2022,
00:32où on avait un choc énergétique qui était très fort.
00:34Pour l'instant, on en est très loin Vincent,
00:36on est à 50-60 euros le mégawatt-heure de gaz en Europe,
00:39le baril de pétrole est à 80,
00:40on était monté bien au-delà des 120-130 en 2022.
00:43Mais pour l'instant, le marché se dit qu'à court terme,
00:46c'est peut-être un peu mieux d'aller se réfugier du côté des actifs libellés en dollars
00:50et du côté de Wall Street.
00:51Oui absolument, d'autant que c'était un peu un thème pour cette année.
00:56L'idée de sortir un peu de la tech américaine
01:00et de diversifier davantage vers l'Europe, vers les marchés émergents.
01:05Et donc on a eu des flux de portefeuille dans ce sens.
01:09Et cette thématique a été punie avec cette attaque sur l'Iran.
01:14On sait que les États-Unis ont acquis une indépendance énergétique
01:19et donc d'un point de vue économique,
01:20ils sont moins sensibles à ces pressions sur les prix de l'énergie.
01:23Alors évidemment, le consommateur américain est quand même exposé
01:26et ça pourrait jouer sur les élections de demi-mandat.
01:30Mais l'Europe est beaucoup plus exposée sur ces thèmes d'énergie.
01:35L'Asie également.
01:36En l'occurrence, en Europe, on a transformé un peu les dépendances
01:40puisqu'on dépendait beaucoup de la Russie pour tout ce qui est énergie fossile.
01:44Aujourd'hui, on dépend notamment pour le gaz davantage des États-Unis,
01:49mais également du Moyen-Orient, du Qatar par exemple.
01:51Et donc, ce qui se passe aujourd'hui, effectivement, est assez pénalisant.
01:56On voit que les prix du pétrole ont beaucoup monté
01:59puisque le Brent est à près de 84 dollars.
02:01Je rappelle qu'on était plutôt cette année vers les 60 dollars.
02:05Donc, c'est quand même une hausse assez considérable, de l'ordre de 40%.
02:08Et c'est encore pire sur le gaz naturel.
02:12Il est très volatile.
02:13C'est vrai que quand on voit les cours,
02:15certes, on est passé de 25-30 euros à 53 euros sur le TTF.
02:19C'est la référence en Europe, mais c'est vrai que le gaz sur les marchés spot est très volatile.
02:25C'est vrai qu'on n'a pas l'habitude de voir des plus 15 ou 20% sur certaines
02:28actions ou sur certains indices.
02:30Sur le TTF, ce n'est pas courant, mais ça arrive.
02:32Absolument.
02:33Et malheureusement, on sait que le prix du gaz a également un impact sur le prix de l'électricité en
02:40Europe.
02:40Et donc, tout ça est quand même assez pénalisant pour l'économie.
02:45Alors après, l'économie européenne, il faut voir combien de temps le conflit va durer
02:49et si ces pressions sur les prix de l'énergie vont persister.
02:53En tout cas, Jean-Charles-Henri Monchot, tout cela arrive au pire moment,
02:59dans le sens où on a des investisseurs qui, depuis des semaines, des mois,
03:03anticipent une normalisation des politiques monétaires, des baisses de taux,
03:06notamment du côté des États-Unis, dans une moindre mesure de la part de la BCE.
03:11Est-ce qu'aujourd'hui, cette remontée des matières premières remet en cause
03:15le scénario de baisse de taux rapide, en tout cas au milieu de l'année, pour la Fed notamment ?
03:22Alors, est-ce que ça arrive au pire moment ?
03:25Je trouve que les marchés, dans l'ensemble, ont été relativement résilients,
03:30notamment les actions américaines.
03:33Il y a peut-être plusieurs raisons à cela.
03:36La première, c'est qu'il y a tout de même une hypothèse selon laquelle
03:39le conflit n'a peut-être pas duré aussi longtemps que ce qu'on le craignait.
03:43Et puis, il était aussi assez bien anticipé, avec une hausse des prix du pétrole
03:48et des valeurs énergétiques qui a eu lieu depuis le début de l'année,
03:51de manière très forte.
03:53Et puis, n'oublions pas que, si on regarde la croissance des bénéfices,
03:58qui reste très forte, et aussi les chiffres macro,
04:00qui sont relativement rassurants,
04:02on a quand même un contexte global qui reste porteur pour les actions.
04:06C'est pour ça que je pense que les marchés réalisent plutôt bien.
04:08Regardez hier, ce qui s'est passé à Wall Street.
04:11On a eu une batterie d'indicateurs macro qui était relativement fort,
04:16que ce soit l'ISM des services, qui était au plus haut depuis de très nombreux trimestres.
04:22Les prix payés ont commencé à revenir vers le bas,
04:26donc c'était plutôt une bonne nouvelle.
04:28On a eu aussi les chiffres de l'emploi ADP, qui étaient relativement bons.
04:32Et donc, du coup, le scénario des taux,
04:34ce n'est pas juste basé sur ce qui pourrait se passer sur l'inflation,
04:37mais aussi le fait que les indicateurs économiques sont plutôt porteurs.
04:41Je rappelle qu'aux États-Unis, une hausse de 10% du pétrole,
04:45mécaniquement, c'est une hausse temporaire de 0,1% de l'inflation.
04:50Donc, on n'est pas non plus sur les scénarios hyperinflationnistes,
04:53on est sur les scénarios de, certes, tension temporaire des prix,
04:56mais pas au-delà.
04:57C'est vrai que je pense que le marché reste relativement serein,
05:01malgré des nouvelles qui ne sont pas bonnes du tout.
05:05Avec, vous l'avez souligné, des cours du pétrole qui sont sur des plus hauts de 2024,
05:10ça, ce n'est quand même pas une bonne nouvelle pour Donald Trump.
05:13On a le galon qui est repassé au-delà des 2 dollars de mémoire.
05:17Il a une fenêtre de tir qui est quand même assez réduite aujourd'hui,
05:20Charles-Henri Manchot.
05:23Surtout que c'est une année, on le sait, électorale,
05:26donc il ne peut pas se permettre d'avoir des prix du pétrole
05:29qui sont trop hauts trop longtemps.
05:31Et d'ailleurs, je pense que du côté de l'Iran,
05:34ils vont jouer avec cette...
05:36Quelque part, pour eux, c'est un effet de levier.
05:38Ils ont, on va dire, deux effets de levier principaux.
05:42Le premier, c'est ce qui se passe sur les pays voisins.
05:44Et le deuxième, c'est un prix du pétrole qui resterait élevé relativement longtemps
05:49et qui pénaliserait Donald Trump juste avant les élections.
05:522,40 dollars pour le galon aux États-Unis.
05:55Aujourd'hui, Vincent Chéniot, quand Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche,
06:00on était du côté des 1,90.
06:03Et quand on regarde en début d'année, nous étions à 1,70.
06:06Ce n'est pas anodin quand même pour le consommateur américain ?
06:08Non, absolument. D'autant que cette élection de mi-mandat au mois de novembre
06:13va beaucoup se jouer sur la question de pouvoir d'achat.
06:17Et là, la hausse des prix de l'énergie, de l'essence notamment,
06:23est quand même assez pénalisante.
06:25On voit que les sondages ne sont pas très bons pour les républicains.
06:29Et cette guerre en Iran n'est pas soutenue par la population.
06:34Contrairement à ce qu'on a pu avoir par le passé, en tout cas au début de la guerre,
06:38par exemple en Irak, là la situation est assez différente.
06:42Et donc, effectivement, je rejoins l'idée que...
06:45Alors, évidemment, il est très difficile de faire des prévisions
06:48sur ces phénomènes géopolitiques et sur la guerre.
06:52Combien de temps est-ce que ça va durer ?
06:55L'administration américaine nous laissait entendre hier
06:59que ça pourrait être entre 3 et 6 semaines.
07:02C'est effectivement notre scénario central.
07:04On avait un scénario central autour de 4-5 semaines.
07:07Avec l'idée quand même qui est importante, je pense,
07:10c'est qu'à la fois les États-Unis et la Chine
07:14ont intérêt à ce que ce conflit ne dure pas très longtemps.
07:17Les États-Unis, parce qu'effectivement,
07:19les élections de mi-mandat se rapprochent.
07:21Mais également la Chine, puisque au niveau des énergies fossiles,
07:24elle dépend beaucoup des exportations de la région Moyen-Orient,
07:28de l'Iran en particulier.
07:30Et donc, ils ont intérêt également à ce que ça se normalise assez rapidement.
07:36Donc, c'est notre scénario central.
07:38Évidemment, il y a beaucoup de risques des deux côtés sur ce scénario.
07:41Très difficile de faire des prédictions.
07:43Mais effectivement, si ce choc sur les prix d'énergie
07:47ne dure pas trop longtemps,
07:49a priori, l'économie mondiale, je rejoins ce qui vient d'être dit,
07:53est plutôt bien placée pour absorber le choc.
07:55Puisque, avant le début de la guerre,
07:57on avait plutôt des signes rassurants
07:59qui nous incitaient plutôt à réviser à la hausse les prévisions de croissance.
08:03Notamment dans le secteur de manufacturiers
08:05qui semblait sortir de l'ornière.
08:08On a eu l'ISM service hier aux États-Unis qui est également très bon.
08:12Donc, on a des signes...
08:12Demain, l'emploi, ça sera l'enquête ADP demain.
08:15L'emploi également à suivre de très près.
08:17Là, il y a un gros point d'interrogation,
08:18plutôt à moyen terme, sur l'impact de l'intelligence artificielle.
08:23Mais les chiffres, globalement, sont plutôt solides.
08:25Donc, si ce conflit est court,
08:27en effet, l'économie est bien placée pour l'absorber.
08:31Un dernier mot, quand même, peut-être, sur ces sujets énergétiques.
08:33En ce qui concerne la Chine, aujourd'hui,
08:36Charles-Henri Monchaud,
08:37dans le sens où vous avez la Chine
08:39qui tient actuellement le congrès des deux sessions.
08:41Et à ce titre, cette nuit,
08:43ils visent désormais une croissance non plus à 5,
08:46mais plutôt dans une fourchette 4,5-5.
08:49C'est comme ça un changement majeur,
08:51mais c'était quand même très attendu,
08:52dans le sens où c'est vrai que l'année dernière,
08:54la Chine a dû mettre les bouchées doux
08:55pour afficher ces 5% de croissance.
08:58Oui, ce n'est pas une énorme surprise.
09:01Ça peut également impliquer
09:04une relance fiscale et monétaire
09:06qui pourrait être plus importante que prévu,
09:08ce que les marchés, potentiellement, pourraient apprécier.
09:13C'est assez important ce qui a été mentionné avant
09:15concernant le fait que la Chine n'est pas du tout
09:19enclin à ce que ce conflit ne dure très longtemps.
09:22Je pense que ce qui a plu au marché hier également,
09:24c'est un changement de rhétorique
09:27assez important du côté chinois
09:29qui n'a pas du tout condamné d'ailleurs
09:32les attaques américaines et israéliennes auprès de l'Iran.
09:37Ils ont effectivement tout intérêt à trouver une solution.
09:39Ils ont des stocks énormes de pétrole et de gaz
09:42qui peuvent leur permettre de tenir un moment.
09:44Mais comme vous l'avez mentionné,
09:46ils n'ont pas non plus une économie qui va au mieux.
09:49Et donc, ils n'ont pas envie d'être pénalisés
09:51par des prix du pétrole qui seraient trop élevés.
09:54Et puis aussi le fait que ce sont les principaux importateurs
09:58via le détroit d'Hormuz.
10:00C'est presque un tiers des importations de pétrole
10:04passant par le détroit d'Hormuz qui vont vers la Chine.
10:06Donc ça, ça va mettre de la pression sur les Iraniens
10:10et ça pourrait effectivement déboucher
10:12sur une solution plutôt prévue dans ce conflit.
10:17A noter d'ailleurs que Bloomberg annonçait cette nuit
10:19que la Chine a demandé à ses principaux raffineurs
10:21de suspendre les exportations de gasoil et d'essence.
10:24Ce qui pèse peut-être d'ailleurs un petit peu ce matin
10:26sur les cours.
10:27Nous sommes à 84 dollars sur le baril de Brent.
10:30Dans ce contexte aujourd'hui,
10:31comment arbitrerait les portefeuilles Vincent Chéniot
10:35chez Generali Investment ?
10:36Vous l'avez souligné en préambule tout à l'heure.
10:38C'est vrai qu'en début d'année,
10:39les principales maisons étaient assez optimistes
10:42sur l'Europe, mais également sur les émergents.
10:45C'est un petit peu retour à la case départ
10:47depuis le début de la semaine.
10:49Oui, en effet.
10:50Ce qui est problématique,
10:52c'est que de nouveau,
10:54les marchés de taux ne jouent pas vraiment
10:57le rôle de valeur refuge.
10:59C'est le cas notamment des Treasuries.
11:01Alors évidemment,
11:02il y a la question de l'inflation.
11:04Ce choc-là est plutôt inflationniste,
11:07réduit effectivement,
11:08vous en avez parlé,
11:09les chances de baisse de taux de la Fed.
11:11Le marché anticipe encore 40 points de base
11:14de baisse de taux de la Fed cette année.
11:17Ça nous paraissait déjà beaucoup.
11:20Le marché à un moment anticipait
11:22plus de 50 points de base de baisse.
11:25Cette année, ça nous paraissait beaucoup.
11:27Ça nous paraît toujours beaucoup.
11:30Effectivement, avec la pression,
11:33le choc, peut-être temporaire,
11:35mais le choc d'inflation qui s'annonce,
11:37la Fed sera dans une situation plus difficile
11:39pour baisser les taux.
11:40Alors ce qui est un peu inquiétant sur les taux,
11:42c'est que non seulement les anticipations,
11:44les points morts d'inflation montent,
11:45mais également les taux réels.
11:47Donc ça, ça nous dit
11:49que les obligations ne jouent pas
11:50leur rôle de valeur refuge.
11:52Ce qui était notre inquiétude,
11:54c'est à savoir que la hausse des dettes publiques,
11:57notamment, les interrogations
12:00sur la soutenabilité de cette dette
12:02sont telles que les obligations
12:04jouent moins le rôle de valeur refuge.
12:07Donc ça, c'est un problème dans les portefeuilles.
12:09Pour l'instant, nous nous recommandons
12:12de réduire la voilure sur les actions,
12:16mais nous ne passons pas baissier.
12:18Comme j'ai dit, il y a des risques
12:19des deux côtés sur ce conflit,
12:21aussi bien d'une fin prématurée
12:24que d'une extension du conflit.
12:25Et donc, on ne veut pas être trop négatif
12:28dans un contexte plutôt porteur
12:31sur l'économie mondiale.
12:33Alors, on se replace vers les secteurs
12:34un peu plus défensifs,
12:36par exemple les télécoms, utilities, la défense.
12:40Mais on garde quand même
12:42certains secteurs cycliques,
12:43comme les matériaux, les biens d'équipement.
12:47Et on pense que ces portefeuilles équilibrés
12:50peuvent bien performer
12:52dans différents types de scénarios.
12:55Le 10 ans français est ce matin à 3,4%.
12:57Il faudra le suivre en fin de matinée
12:58parce que vous avez l'agence France Trésor
12:59qui va émettre entre 11 et 13 milliards de dettes
13:02sur du long terme, sur du 10 ans et plus,
13:04comme ils le font chaque premier jeudi du mois.
13:05Alors, c'est vrai que les taux longs,
13:07aujourd'hui, Vincent, sont plus hauts
13:09qu'il y a une semaine,
13:10mais c'était bien détendu au mois de février,
13:12avec là, aujourd'hui, des taux longs
13:14qui ont repris une dizaine de points de base,
13:15voire quasiment 20 points.
13:17Forcément, ça aura un impact pour les États.
13:19Et in fine, si ça se poursuit,
13:21pour les ménages, pour les entreprises,
13:22en fait, tout ça, à la fin, ça va se payer.
13:24Oui.
13:25Alors, la hausse est, somme toute, très modérée.
13:28Je ne pense pas que l'impact sur l'économie
13:30soit important.
13:32On est sur des plus hauts de trois semaines.
13:33C'est vrai que ça fait relativiser.
13:343,40, c'était le niveau de mi-février,
13:36dès mi-février.
13:37Absolument.
13:37Comme vous dites,
13:38on a pas mal baissé en février.
13:40Donc, l'impact est quand même modéré.
13:42Mais c'est vrai que le marché
13:44commence à s'interroger,
13:45par exemple, sur la BCE.
13:46C'est-à-dire que le marché,
13:47qui a plutôt tendance à penser
13:49que le risque, cette année,
13:50était à une baisse supplémentaire
13:52des taux de la BCE.
13:53Et on avait entre 5 et 10 points de base
13:56d'anticiper pour cette année.
13:58Là, le marché est plutôt orienté
13:59du côté d'une hausse des taux.
14:01Et comment ça se dit ?
14:01Est-ce que la BCE,
14:03du fait de chocs inflationnistes,
14:04pourrait monter les taux ?
14:05Alors, il me semble que la barre
14:06est assez haute
14:07pour que la BCE monte les taux.
14:10Il faudrait vraiment que le shop
14:11soit plus important sur l'énergie
14:13et plus durable.
14:15Mais c'est vrai que le marché
14:16a changé un petit peu
14:17d'état d'esprit en la matière.
14:18Pour l'instant, sur la duration,
14:20nous restons relativement prudents,
14:22avec un risque que les taux longs
14:23montent encore un peu.
14:25Mais on va surveiller
14:26des points d'entrée.
14:28C'est-à-dire que si on monte encore
14:29de 15, 20, 25 points de base,
14:31on sera plutôt acheteur
14:32sur l'obligataire,
14:33avec plutôt un passage
14:36sur des durations longues.
14:38Charles-Laurie Manchot,
14:39un petit mot,
14:39un petit commentaire peut-être
14:40sur cette partie des taux
14:41sur le marché obligataire ?
14:44Oui, c'est vrai que sur le repricing
14:46des taux courts,
14:47c'était assez intéressant
14:51de voir ce changement.
14:52Maintenant, le marché,
14:52je pense que c'était assez rationnel.
14:54L'euro se déprécie,
14:56le prix du gaz naturel
14:58va au plafond.
14:58Donc forcément,
14:59il y a un repricing qui a lieu.
15:01Je pense que c'est tout à fait normal,
15:02sans être exagéré.
15:04Sur les taux longs,
15:05je pense que ce qui a été
15:06très intéressant
15:06au cours des dernières semaines,
15:09c'est le fait que la plupart
15:10des taux longs,
15:11que ce soit en Europe,
15:13aux États-Unis,
15:14se sont détendus
15:16en même temps
15:17que la détente
15:18des taux longs japonais.
15:19Je pense que ça a été
15:22vraiment assez clair
15:23que la détente
15:24des taux longs japonais
15:26a permis
15:27aux taux longs en Europe
15:29et aux États-Unis
15:29de se détendre.
15:32Maintenant,
15:32c'est assez logique
15:34avec les tensions
15:36qu'on a sur le prix du pétrole
15:37qui est une légère hausse
15:38des taux longs.
15:39Mais franchement,
15:40on nous aurait dit
15:41qu'en début d'année,
15:43il va y avoir
15:44un conflit majeur
15:45au Moyen-Orient
15:46et le 10 ans,
15:46aux États-Unis
15:47sera à 4,1.
15:49Personnellement,
15:49j'aurais signé
15:50parce que c'est quand même
15:51pour l'instant,
15:53ça reste tout à fait gérable
15:54aussi pour l'administration américaine.
15:56Je rappelle,
15:57c'est également important
15:58pour le consommateur américain
15:59que le nombre
16:02d'applications
16:04pour des hypothèques
16:05aux États-Unis
16:06est en train d'exploser
16:07parce que les taux hypothécaires
16:08sont en train
16:08de se détendre
16:08très fortement.
16:10Et ça,
16:10c'est très important
16:11pour les États-Unis
16:12qu'il y ait une détente
16:13aussi sur le marché
16:15immobilier.
16:15Donc,
16:16on est plutôt
16:16dans une configuration
16:17qui reste,
16:18j'ai envie de dire,
16:19relativement confortable
16:20sur les taux longs,
16:21pour l'instant en tout cas.
16:22Du côté de l'allocation
16:23sur la partie action,
16:24vous êtes en charge
16:25des investissements.
16:26Charles-Henri Monchot,
16:26comment vous opérez actuellement ?
16:29Alors,
16:29autant peut-être en Europe,
16:30il y a un buy the dip léger.
16:32Les indices ont perdu
16:334-5% depuis lundi.
16:35Autant sur les États-Unis,
16:36il n'y a pas de buy the dip
16:36puisque les indices
16:37sont toujours
16:38sur le niveau
16:38que vendredi soir.
16:40Alors,
16:41on a donné un message
16:42très clair lundi matin
16:43à nos clients.
16:44Premièrement,
16:45pas de panique.
16:46On le voit historiquement,
16:48les conflits,
16:49c'est toujours très impressionnant,
16:51mais ce n'est pas forcément
16:52des bons moments
16:53pour vendre les actions.
16:54Au contraire,
16:55il y a toujours
16:56un redressement.
16:57Deuxièmement,
16:58on était très diversifié
17:00sur les portefeuilles.
17:01On avait des valeurs énergétiques,
17:02on avait des matières premières,
17:03on avait des valeurs de la défense.
17:04C'est trop tard
17:05pour se ruer massivement
17:07sur ces secteurs-là.
17:08Au contraire,
17:09il pourrait y avoir
17:10des opportunités plus tard
17:11sur les secteurs
17:12qui ont souffert
17:13avant le conflit.
17:14Je trouve que c'est un conflit
17:15qui a été relativement
17:16bien anticipé par les marchés.
17:18Regardez la performance
17:19des valeurs énergétiques
17:20ou des valeurs de la défense
17:21depuis le début de l'année.
17:23Tout semble dire
17:24que beaucoup d'investisseurs
17:25ont quelque part
17:26anticipé ce conflit.
17:28Ça veut dire
17:28que c'est trop tard
17:29pour complètement réajuster
17:31les portefeuilles
17:31par rapport à ça.
17:32Nous, on reste constructif
17:33sur les actions.
17:35On reste constructif aussi
17:35sur les actifs internationaux.
17:36Vous avez posé la question
17:37au début.
17:38Je pense que la réallocation
17:39vers l'Europe,
17:40vers les pays émergents,
17:41elle va continuer
17:42ces prochains mois.
17:42Et donc, s'il y a des opportunités
17:44à ce niveau-là,
17:45il faut pouvoir
17:46les saisir.
17:49Du côté du crédit privé,
17:51il y a de nouvelles inquiétudes
17:52ces derniers jours
17:53avec notamment
17:54des retraits,
17:56que ce soit
17:56chez Blue Oil,
17:58mais également
17:59chez un autre opérateur
18:00aux États-Unis.
18:02Forcément,
18:02quand on est dans une banque
18:03comme la vôtre,
18:04on regarde forcément
18:05ce qui se passe
18:06sur le crédit privé.
18:07ça vous inquiète ?
18:10Oui,
18:10je pense que c'est un événement
18:11qui est peut-être
18:13encore plus important
18:15à surveiller
18:16que ce qui se passe
18:16sur le pétrole
18:18et au Moyen-Orient
18:18parce qu'il y a des vrais
18:19signaux d'inquiétude.
18:21Et puis,
18:22c'est assez logique
18:23avec cette course
18:25aux dépenses
18:26d'investissement
18:27des grandes sociétés
18:29technologiques.
18:30On le voit,
18:31les écarts
18:32de crédit
18:34sur tout ce qui est
18:36technologique
18:36n'arrêtent pas
18:37de se tendre.
18:38C'est ce qui d'ailleurs
18:39est en train d'écarter
18:40les spreads obligataires
18:42sur l'ensemble
18:43des marchés
18:44de crédit.
18:45Là,
18:45il y a effectivement
18:47un sujet d'inquiétude.
18:48Et c'est pour ça d'ailleurs
18:49qu'on a réopéré
18:51des arbitrages
18:53dans les portefeuilles
18:53en ayant moins
18:54de valeur technologique
18:55qu'avant
18:55et en allant
18:56sur d'autres secteurs.
18:57Parce que je pense
18:58que le marché du crédit
18:59est en train de donner
19:00un signal d'inquiétude
19:01sur ces grandes
19:02valeurs technologiques.
19:02Il s'agissait de Blackstone.
19:04Voilà,
19:04je cherchais le nom
19:04d'entreprise américaine
19:05qui avait fait part
19:06de Décollect
19:06en début de semaine.
19:08Un dernier mot
19:08peut-être là-dessus
19:09avant de conclure
19:10sur la dette privée,
19:11sur le crédit privé,
19:12Vincent Chéniaud.
19:13C'est sûr
19:14que les signaux
19:16d'inquiétude
19:16sont sérieux
19:19à ce niveau-là.
19:19On sait que
19:20le secteur
19:21de la dette privée
19:21est effectivement
19:22très impliqué
19:23notamment
19:24sur tout ce qui est
19:25tech et software,
19:27en particulier
19:28logiciel,
19:29qui représente
19:30plus de 20%
19:31des encours de prêts.
19:33Et comme c'est un secteur
19:35comme on sait
19:36qui a été
19:36sous forte pression
19:37et potentiellement
19:39exposé
19:40au décollage
19:41de l'intelligence artificielle,
19:44il y a pas mal
19:45d'inquiétudes
19:45sur le dossier
19:48d'aide privée.
19:49Ceci dit,
19:50sur le crédit liquide,
19:52alors évidemment,
19:52on a un marché du crédit
19:53qui est de plus en plus
19:54continu
19:54entre les marchés liquides,
19:57tout ce qui est
19:58loans,
20:00CLO
20:00et la dette privée.
20:02Mais sur ce qui est
20:04marché du crédit liquide,
20:05notamment investment grade,
20:07on est relativement serein.
20:08C'est-à-dire que certes,
20:09les spreads se sont écartés
20:10d'environ 10 points de base
20:11par rapport aux obligations
20:12gouvernementales.
20:13On ne pense pas
20:14que ça va aller
20:14beaucoup plus loin
20:16et on pense que
20:17les compagnies
20:18investment grade
20:19sont relativement saines.
20:21Et comme je l'ai dit,
20:22les obligations d'État
20:23étant de moins en moins
20:24des valeurs refuge,
20:26on va vraiment utiliser
20:27tout écartement de spread
20:29pour renforcer
20:29le crédit liquide
20:30sur la partie
20:31investment grade.
20:32Car la partie qui fait peur,
20:33c'est vraiment la partie
20:33logicielle,
20:34la partie infrastructure,
20:35la partie bien notée
20:36investment grade,
20:37comme vous avez souligné,
20:38il n'y a pas de stress majeur.
20:39Voilà.
20:40Au contraire,
20:41il nous semble que
20:41dans une économie
20:42qui globalement reste solide
20:44et en capacité
20:46d'absorber ce choc
20:47sur la crise iranienne,
20:49l'investment grade
20:50va bien résister.
20:51Sur le high yield,
20:52un peu plus de prudence
20:53parce que là,
20:53on pourrait effectivement,
20:54si les inquiétudes
20:55d'aides privées
20:56montaient,
20:57on pourrait avoir
20:58de la contagion.
20:59Ceci dit,
20:59le marché a pricé déjà
21:00beaucoup de mauvaises nouvelles.
21:01Vous avez mentionné
21:02Blue Hall,
21:03mais de façon générale,
21:04tout ce qui est
21:05compagnie BCD,
21:06tous les assets managers
21:07qui sont très exposés
21:09aux actifs privés,
21:11ont corrigé très fortement
21:13la baisse déjà.
21:14Donc,
21:14je dirais qu'il y a déjà
21:15beaucoup d'inquiétudes
21:15dans les prix
21:16à ce niveau-là.
21:17Avec le marché
21:18qui est bien sûr
21:18toujours dans l'anticipation,
21:19parfois par accès.
21:21Il faudra voir
21:21comment ça se passe
21:22dans les prochaines semaines.
21:23Merci beaucoup à tous les deux
21:24de nous avoir accompagnés.
21:25Vincent Chéniot
21:26qui est directeur
21:26de la recherche
21:27de Generali Investment
21:28et à distance depuis Genève.
21:30Charles-Henri Monchot
21:31qui est responsable
21:31des investissements
21:32de la banque CIS.
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