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  • il y a 2 semaines
Ce jeudi 26 février, l'Allemagne, qui fait face à la concurrence chinoise, a été abordé par Michel Martinez, chef économiste Europe chez Société Générale CIB, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et pour parler de tout cela, c'est Michel Martinez qui est avec nous, le chef économiste Europe de Société
00:05Générale CIB.
00:06Bonjour Michel Martinez. En effet, Yannemagne a annoncé une croissance de 0,3% au quatrième trimestre.
00:13Ça tombe bien parce qu'on a actuellement le chancelier MERS qui est en visite en Chine, en visite officielle,
00:20un petit peu en VRP pour essayer de vendre la technologie, l'industrie allemande en Chine.
00:26Le problème, c'est qu'on le verra dans un instant, la concurrence chinoise est de plus en plus forte.
00:31Quelles sont vos prévisions de croissance pour l'Allemagne cette année ?
00:34L'Allemagne qui finalement n'aura pas connu de récession.
00:38Alors, l'Allemagne n'a pas connu de récession, en tout cas elle n'a pas connu de croissance depuis
00:432021-2022.
00:46On a un profil plutôt plat de l'activité économique.
00:50Et on attend cette année une croissance proche de 1%.
00:54Donc c'est un changement assez notable.
00:56C'est évidemment l'effet du plan de relance allemand.
01:01Le plan de relance qui va injecter un peu moins de 2 points de PIB cette année dans l'économie.
01:08Donc c'est beaucoup.
01:09Et c'est ça qui explique que la croissance devrait passer de zéro à de l'ordre de 1%.
01:14Ce qui est intéressant, c'est que quand on regarde la dynamique des chiffres du quatrième trimestre,
01:20on voit que la demande interne est très dynamique.
01:24Vous mentionnez 0,3% sur le trimestre en soi, ce n'est pas extraordinaire pour le chiffre du PIB.
01:31Mais la demande interne, elle va deux à trois fois plus vite.
01:35Investissement en particulier, mais aussi la consommation.
01:38Les ménages allemands aussi se mettent maintenant à désépargner.
01:42C'est plutôt une bonne nouvelle.
01:44Et donc voilà, 1% de croissance cette année.
01:46Même plus probablement l'an prochain parce que l'impulsion budgétaire ne fait que commencer.
01:52En fait, elle n'a commencé qu'au quatrième trimestre.
01:55Chancelier Maers, qui est donc actuellement à Pékin, qui rencontre Xi Jinping,
01:59que peut-il attendre de la Chine, sachant qu'on a aujourd'hui des partenaires commerciaux
02:05qui voient bien que la Chine peut arriver à se passer de la technologie allemande,
02:10notamment sur le segment automobile ?
02:13Alors, ce qui est intéressant, c'est que l'Europe continue d'avoir un solde commercial positif,
02:20une balance courante excédentaire, largement excédentaire,
02:26et même continue à progresser sur beaucoup de marchés, y compris les États-Unis.
02:35Mais le seul marché où notre balance commerciale se dégrade, c'est la Chine.
02:40Alors, ce qui est aussi intéressant, c'est que ça ne vient pas tellement des importations.
02:45On parle beaucoup d'importations chinoises, mais les importations chinoises ne bougent quasiment pas.
02:50Et là où le bas blesse, ce sont les exportations vers la Chine.
02:55Et vous avez raison de mentionner que la raison pour laquelle nos exportations vers la Chine
03:01baissent et baissent très rapidement, et l'Allemagne est en premier concernée,
03:06c'est dû à la qualité et au prix des produits chinois.
03:10On pense aux voitures électriques, on pense aussi à des machines à outils.
03:15Dans le passé, la Chine n'était pas capable de produire ses biens,
03:19et donc les importait d'Europe, d'Allemagne en particulier maintenant.
03:23Elle en produit en cas de qualité et à bas coût,
03:27et c'est la raison pour laquelle la Chine n'a plus besoin de l'Europe.
03:31Donc ça, c'est une menace structurelle de long terme.
03:36On ne voit pas comment ça pourrait changer à court terme,
03:39à moins d'innovation technologique majeure.
03:44Et la question, c'est quelle peut être la réponse de l'Europe face à ça ?
03:50Eh bien, je dirais essentiellement via l'innovation.
03:56Et ça, comme je le disais, ça ne peut pas se faire de façon immédiate.
04:02Concrètement, les voitures allemandes qui ne sont pas vendues en Chine,
04:05les modèles haut de gamme, comment aujourd'hui l'Allemagne peut trouver de nouveaux débouchés
04:10face à, c'est vrai, cette baisse des exportations qui est durable ?
04:15Il faut prendre le tournant des nouvelles technologies.
04:21L'avenir, c'est effectivement les voitures électriques et hybrides.
04:25Alors, on ne sait pas quand exactement le moment, au débat 2035, au-delà.
04:29Mais je pense qu'il est assez évident qu'à un très long terme, c'est le tournant.
04:35Et il faut spécialiser sur ces produits.
04:40Mais bon, la Chine a un avantage compétitif majeur.
04:43Donc, il y a peut-être d'autres secteurs de l'économie
04:46où l'Europe peut rester très performante que l'automobile.
04:53Je pense par exemple à tout ce qui est lié à la transition climatique,
04:57l'intelligence artificielle ou, par exemple, les produits électriques,
05:04tout ce qu'il faut pour créer des data centers.
05:06L'Europe est aujourd'hui assez bien positionnée.
05:08Donc, elle devrait renforcer cet avantage.
05:12Après, les mesures de rétorsion que vous mentionnez le voyage du chancelier Merz en Chine,
05:20les mesures de rétorsion que l'Europe pourrait prendre sont assez limitées.
05:24Parce que la Chine a, de facto, une capacité de nuisance sur l'Europe
05:30qui est nettement supérieure à ce que pourrait faire l'Europe.
05:34Je pense par exemple à la capacité de la Chine de restreindre ses exportations vers l'Europe
05:41de minéraux critiques, de terres rares, voire de composés électroniques
05:46qui sont utilisés dans toute notre chaîne de production dans le secteur manufacturier.
05:50On a vu l'an dernier que la Chine avait commencé à le faire à l'automne dernier
05:55et qu'immédiatement, il y avait des usines qui avaient dû se fermer temporairement.
06:02Et donc, aujourd'hui, il n'y a pas tellement d'alternatives.
06:05Donc, je dirais qu'un des axes que l'Europe doit explorer,
06:13c'est de demander à la Chine de continuer à ouvrir ses marchés pour nos produits
06:18et pas simplement les produits qu'on exportait dans le passé,
06:23on était meilleurs en qualité et en prix que la Chine,
06:25mais les nouveaux produits, ce dont on a besoin pour les transformations actuelles.
06:31Merci beaucoup Michel Martinez, vous d'avoir accompagné ce matin
06:33pour décrypter ces chiffres allemands.
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