00:02À 9h05, nous allons donc faire un point sur la situation en zone euro avec les équipes de BNP Paribas
00:08et plus particulièrement Hélène Beauchon, chef économiste adjointe.
00:12Bonjour Hélène Beauchon, merci de nous accompagner ce matin.
00:16Ce matin, vous avez eu un indicateur de l'INSEE qui montre que les ménages n'ont pas le moral
00:20en ce moment, avec un indice de confiance qui est à 84 points.
00:23Le consensus s'attendait à 88 points, ça concerne les données du mois de mars et puis surtout avec vous,
00:29on va revenir sur les indicateurs qui ont été publiés en zone euro.
00:32Les fameux directeurs d'achat, les PMI, qui montrent que vous avez une activité en zone euro qui ralentit au
00:39mois d'avril.
00:40Ce sont les premiers indicateurs sur ce mois d'avril.
00:43Ce sont en effet les premiers indicateurs sur le mois d'avril et en fait, on avait déjà eu une
00:48première trace de la guerre en Iran dans les enquêtes du mois de mars.
00:51Donc là, on dispose d'un deuxième point d'analyse.
00:54Et ce qui est intéressant, je trouve, c'est que le climat des affaires dans le secteur manufacturier, l'indice
01:00composite, reste sur son orientation haussière pour le quatrième mois d'affilée.
01:05Et en fait, ça illustre, d'après nous, les facteurs de soutien plus structurels qui bénéficient pour le moment à
01:11ce secteur.
01:12Et j'ai notamment à l'esprit les efforts de réarmement et le plan d'investissement en Allemagne.
01:16Alors, c'est vrai qu'il reste à voir si cette résistance perdurera sous l'effet du choc énergétique.
01:23Mais pour l'heure, le signal est positif.
01:26Et l'indice aussi, le point intéressant, c'est qu'il se situe désormais plutôt confortablement au-dessus du seuil
01:32des 50, c'est-à-dire en zone d'expansion.
01:35Et vous l'avez dit dans votre introduction aussi, là où le bas blesse, c'est dans le secteur des
01:39services,
01:39avec un repli à nouveau très marqué du climat des affaires en avril, après déjà quelque chose de très négatif
01:46en mars,
01:47qui fait basculer pour le coup l'indice sous la barre des 50 et donc en zone de contraction.
01:53Et c'est ça qui fait baisser l'indice général pour le climat des affaires, compte tenu du poids des
01:59services.
01:59Et c'est en fait, je rapprocherai cette détérioration dans les services de celle de la confiance des ménages,
02:07les deux portant la trace des craintes sur le pouvoir d'achat liées à la hausse des prix de l
02:12'énergie et au rebond de l'inflation.
02:15Et les enquêtes de l'INSEE pour la France nous racontent effectivement à peu près la même chose.
02:19Et un dernier point sur ces enquêtes PMI, justement à propos d'inflation, c'est une autre évolution que l
02:26'on surveille de très près.
02:27En avril, on a observé à nouveau une nouvelle forte hausse de la composante prix des intrants,
02:33mais aussi de la composante prix de vente, signifiant qu'il y a de possibles effets de propagation de la
02:39hausse des prix de l'énergie aux autres prix.
02:41Donc voilà, un autre point à surveiller.
02:43En tout cas, cela montre bien l'attentisme de la part des entreprises, mais également la certaine forme de prudence
02:49qu'ont également les ménages,
02:51que ce soit en France, mais aussi dans la zone euro.
02:53Ces PMI ont été publiés hier, c'est-à-dire quelques heures après l'annonce de l'Allemagne, mais aussi
03:00de l'Italie,
03:00en ce qui concerne les prévisions de croissance.
03:02Typiquement, le gouvernement allemand ne prévoit plus 1% de croissance, mais 0,5%.
03:06En cause, selon le gouvernement allemand, les prix de l'énergie, la situation en Iran,
03:13et puis donc l'industrie allemande, qui est bien sûr en première ligne face à tous ces sujets.
03:17Est-ce que pour vous, ça ne vous semble pas un petit peu exagéré de passer de 1 à 0
03:20,5 ?
03:22Alors en fait, pas complètement.
03:24L'Allemagne et l'Italie aussi sont nettement plus exposées que la France et l'Espagne.
03:30Par exemple, le nouveau choc énergétique.
03:32Et en fait, pardon, cela a été dit, mais les deux pays, Allemagne et Italie,
03:37sont plus exposés du fait de leur mix énergétique et du poids de leur industrie,
03:41naturellement plutôt énergivore.
03:43L'Italie est plus spécifiquement exposée du fait de sa dépendance au Moyen-Orient
03:48en termes d'approvisionnement en GNL.
03:50L'Allemagne, de son côté, en fait, elle sort aussi tout juste de deux années de récession en 2023 et
03:562024.
03:57Et donc, la reprise, elle y apparaît quand même plus fragile.
04:00Mais comme je l'évoquais plus tôt, en fait, il ne faut pas oublier non plus le soutien à la
04:06croissance
04:06apportée par la montée en puissance du plan d'investissement.
04:10Le bémol, c'est qu'on peut, en fait, s'attendre à ce que ce soutien soit un peu moins
04:15important
04:15qu'espéré initialement parce que le BTP, notamment, est assez énergivore.
04:20Et donc, ce que l'on appelle les multiplicateurs budgétaires, pardon pour le jargon,
04:24seront peut-être un peu moins positifs que ce qu'on attendait.
04:27Donc, il y a un effet moins favorable à la croissance.
04:31Mais nous, chez BNP Paribas, on reste quand même assez positif sur ce point.
04:35En comptant aussi sur des effets d'entraînement dans les autres pays.
04:39Et on pense que la croissance allemande sera un peu moins basse
04:42que la nouvelle prévision du gouvernement allemand.
04:45On anticipe quelque chose d'un peu plus près de 1%, en dessous de 1%,
04:49mais un peu plus près de 1% que de 0,5%.
04:52Donc, on verra bien.
04:53Du côté des États-Unis, l'activité est plus résiliente.
04:56Mais attention, il y a certains effets de trompe-l'œil,
04:59notamment en ce qui concerne la consommation.
05:01On l'a encore vu mardi, avec une économie en cas, toujours.
05:04D'ailleurs, c'est assez intéressant de voir qu'American Express a publié ses résultats hier.
05:07Il vous dit, chez nous, les clients qui ont une American Express
05:09ont dépensé 9% de plus au premier trimestre par rapport à l'an dernier.
05:13C'est la croissance la plus forte des dépenses en l'espace de 3 ans.
05:15Bon, une fois qu'on dit ça, cette économie en cas,
05:17comment se porte aujourd'hui l'économie américaine face à cette guerre en Iran ?
05:22Oui, non, c'est vraiment un très bon point.
05:25Et c'est ce que j'avais envie de partager aussi avec vous à nouveau aujourd'hui.
05:30En termes d'indicateurs tout récents, on a eu les enquêtes PMI du mois d'avril pour les États-Unis,
05:35exactement les mêmes enquêtes que j'ai commentées pour la zone euro.
05:38Ces enquêtes pour les États-Unis, en fait, sont bonnes,
05:41avec une double amélioration dans le secteur manufacturier comme dans les services.
05:45Alors, à voir si ce signal sera confirmé par les enquêtes dites ISM,
05:50qui sont plus pertinentes pour l'économie américaine.
05:53Mais voilà, pas de doute, le signal des PMI est plutôt positif.
05:59Ce n'est pas vraiment une surprise dans la situation actuelle,
06:03les États-Unis ayant pour eux d'être exportateurs nets d'hydrocarbures.
06:08Après, cela a été dit, les consommateurs américains et les entreprises en dehors du secteur pétrolier,
06:14qui, en fait, sont exposés comme les Européens et les Européennes au choc sur les prix de l'énergie.
06:19Et on le voit bien sur la confiance des ménages américains,
06:21qui est quand même très basse, selon l'enquête de l'Université du Michigan.
06:27C'est vrai que les États-Unis ont aussi pour eux, et c'est cette fameuse croissance en forme de
06:31cas,
06:32il y a aussi l'effet amortisseur du boom de l'IA,
06:35qui est plus important outre-Atlantique que de ce côté-ci.
06:39Mais une fois encore, je dirais que le dynamisme de quelques secteurs
06:42ne doit pas masquer les difficultés des autres secteurs.
06:46La croissance américaine est élevée, mais ses bases sont étroites.
06:49On en a déjà parlé sur cette antenne, et c'est vraiment un sujet important.
06:53Merci beaucoup.
06:54Hélène Beauchamp nous a raccompagnée ce matin pour faire un focus sur la situation en zone euro,
06:58mais aussi aux États-Unis.
06:59Je rappelle que vous êtes chef économiste adjointe de BNP Paris-Bahn.
07:02Merci à tous.
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