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  • il y a 13 minutes
Ce vendredi 24 avril, la situation dans la zone euro notamment les indicateurs montrant que les ménages ont le moral en baisse, ainsi que la fausse impression de résilience aux États-Unis, ont été abordées par Hélène Baudchon, cheffe économiste adjointe de BNP Paribas, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:02À 9h05, nous allons donc faire un point sur la situation en zone euro avec les équipes de BNP Paribas
00:08et plus particulièrement Hélène Beauchon, chef économiste adjointe.
00:12Bonjour Hélène Beauchon, merci de nous accompagner ce matin.
00:16Ce matin, vous avez eu un indicateur de l'INSEE qui montre que les ménages n'ont pas le moral
00:20en ce moment, avec un indice de confiance qui est à 84 points.
00:23Le consensus s'attendait à 88 points, ça concerne les données du mois de mars et puis surtout avec vous,
00:29on va revenir sur les indicateurs qui ont été publiés en zone euro.
00:32Les fameux directeurs d'achat, les PMI, qui montrent que vous avez une activité en zone euro qui ralentit au
00:39mois d'avril.
00:40Ce sont les premiers indicateurs sur ce mois d'avril.
00:43Ce sont en effet les premiers indicateurs sur le mois d'avril et en fait, on avait déjà eu une
00:48première trace de la guerre en Iran dans les enquêtes du mois de mars.
00:51Donc là, on dispose d'un deuxième point d'analyse.
00:54Et ce qui est intéressant, je trouve, c'est que le climat des affaires dans le secteur manufacturier, l'indice
01:00composite, reste sur son orientation haussière pour le quatrième mois d'affilée.
01:05Et en fait, ça illustre, d'après nous, les facteurs de soutien plus structurels qui bénéficient pour le moment à
01:11ce secteur.
01:12Et j'ai notamment à l'esprit les efforts de réarmement et le plan d'investissement en Allemagne.
01:16Alors, c'est vrai qu'il reste à voir si cette résistance perdurera sous l'effet du choc énergétique.
01:23Mais pour l'heure, le signal est positif.
01:26Et l'indice aussi, le point intéressant, c'est qu'il se situe désormais plutôt confortablement au-dessus du seuil
01:32des 50, c'est-à-dire en zone d'expansion.
01:35Et vous l'avez dit dans votre introduction aussi, là où le bas blesse, c'est dans le secteur des
01:39services,
01:39avec un repli à nouveau très marqué du climat des affaires en avril, après déjà quelque chose de très négatif
01:46en mars,
01:47qui fait basculer pour le coup l'indice sous la barre des 50 et donc en zone de contraction.
01:53Et c'est ça qui fait baisser l'indice général pour le climat des affaires, compte tenu du poids des
01:59services.
01:59Et c'est en fait, je rapprocherai cette détérioration dans les services de celle de la confiance des ménages,
02:07les deux portant la trace des craintes sur le pouvoir d'achat liées à la hausse des prix de l
02:12'énergie et au rebond de l'inflation.
02:15Et les enquêtes de l'INSEE pour la France nous racontent effectivement à peu près la même chose.
02:19Et un dernier point sur ces enquêtes PMI, justement à propos d'inflation, c'est une autre évolution que l
02:26'on surveille de très près.
02:27En avril, on a observé à nouveau une nouvelle forte hausse de la composante prix des intrants,
02:33mais aussi de la composante prix de vente, signifiant qu'il y a de possibles effets de propagation de la
02:39hausse des prix de l'énergie aux autres prix.
02:41Donc voilà, un autre point à surveiller.
02:43En tout cas, cela montre bien l'attentisme de la part des entreprises, mais également la certaine forme de prudence
02:49qu'ont également les ménages,
02:51que ce soit en France, mais aussi dans la zone euro.
02:53Ces PMI ont été publiés hier, c'est-à-dire quelques heures après l'annonce de l'Allemagne, mais aussi
03:00de l'Italie,
03:00en ce qui concerne les prévisions de croissance.
03:02Typiquement, le gouvernement allemand ne prévoit plus 1% de croissance, mais 0,5%.
03:06En cause, selon le gouvernement allemand, les prix de l'énergie, la situation en Iran,
03:13et puis donc l'industrie allemande, qui est bien sûr en première ligne face à tous ces sujets.
03:17Est-ce que pour vous, ça ne vous semble pas un petit peu exagéré de passer de 1 à 0
03:20,5 ?
03:22Alors en fait, pas complètement.
03:24L'Allemagne et l'Italie aussi sont nettement plus exposées que la France et l'Espagne.
03:30Par exemple, le nouveau choc énergétique.
03:32Et en fait, pardon, cela a été dit, mais les deux pays, Allemagne et Italie,
03:37sont plus exposés du fait de leur mix énergétique et du poids de leur industrie,
03:41naturellement plutôt énergivore.
03:43L'Italie est plus spécifiquement exposée du fait de sa dépendance au Moyen-Orient
03:48en termes d'approvisionnement en GNL.
03:50L'Allemagne, de son côté, en fait, elle sort aussi tout juste de deux années de récession en 2023 et
03:562024.
03:57Et donc, la reprise, elle y apparaît quand même plus fragile.
04:00Mais comme je l'évoquais plus tôt, en fait, il ne faut pas oublier non plus le soutien à la
04:06croissance
04:06apportée par la montée en puissance du plan d'investissement.
04:10Le bémol, c'est qu'on peut, en fait, s'attendre à ce que ce soutien soit un peu moins
04:15important
04:15qu'espéré initialement parce que le BTP, notamment, est assez énergivore.
04:20Et donc, ce que l'on appelle les multiplicateurs budgétaires, pardon pour le jargon,
04:24seront peut-être un peu moins positifs que ce qu'on attendait.
04:27Donc, il y a un effet moins favorable à la croissance.
04:31Mais nous, chez BNP Paribas, on reste quand même assez positif sur ce point.
04:35En comptant aussi sur des effets d'entraînement dans les autres pays.
04:39Et on pense que la croissance allemande sera un peu moins basse
04:42que la nouvelle prévision du gouvernement allemand.
04:45On anticipe quelque chose d'un peu plus près de 1%, en dessous de 1%,
04:49mais un peu plus près de 1% que de 0,5%.
04:52Donc, on verra bien.
04:53Du côté des États-Unis, l'activité est plus résiliente.
04:56Mais attention, il y a certains effets de trompe-l'œil,
04:59notamment en ce qui concerne la consommation.
05:01On l'a encore vu mardi, avec une économie en cas, toujours.
05:04D'ailleurs, c'est assez intéressant de voir qu'American Express a publié ses résultats hier.
05:07Il vous dit, chez nous, les clients qui ont une American Express
05:09ont dépensé 9% de plus au premier trimestre par rapport à l'an dernier.
05:13C'est la croissance la plus forte des dépenses en l'espace de 3 ans.
05:15Bon, une fois qu'on dit ça, cette économie en cas,
05:17comment se porte aujourd'hui l'économie américaine face à cette guerre en Iran ?
05:22Oui, non, c'est vraiment un très bon point.
05:25Et c'est ce que j'avais envie de partager aussi avec vous à nouveau aujourd'hui.
05:30En termes d'indicateurs tout récents, on a eu les enquêtes PMI du mois d'avril pour les États-Unis,
05:35exactement les mêmes enquêtes que j'ai commentées pour la zone euro.
05:38Ces enquêtes pour les États-Unis, en fait, sont bonnes,
05:41avec une double amélioration dans le secteur manufacturier comme dans les services.
05:45Alors, à voir si ce signal sera confirmé par les enquêtes dites ISM,
05:50qui sont plus pertinentes pour l'économie américaine.
05:53Mais voilà, pas de doute, le signal des PMI est plutôt positif.
05:59Ce n'est pas vraiment une surprise dans la situation actuelle,
06:03les États-Unis ayant pour eux d'être exportateurs nets d'hydrocarbures.
06:08Après, cela a été dit, les consommateurs américains et les entreprises en dehors du secteur pétrolier,
06:14qui, en fait, sont exposés comme les Européens et les Européennes au choc sur les prix de l'énergie.
06:19Et on le voit bien sur la confiance des ménages américains,
06:21qui est quand même très basse, selon l'enquête de l'Université du Michigan.
06:27C'est vrai que les États-Unis ont aussi pour eux, et c'est cette fameuse croissance en forme de
06:31cas,
06:32il y a aussi l'effet amortisseur du boom de l'IA,
06:35qui est plus important outre-Atlantique que de ce côté-ci.
06:39Mais une fois encore, je dirais que le dynamisme de quelques secteurs
06:42ne doit pas masquer les difficultés des autres secteurs.
06:46La croissance américaine est élevée, mais ses bases sont étroites.
06:49On en a déjà parlé sur cette antenne, et c'est vraiment un sujet important.
06:53Merci beaucoup.
06:54Hélène Beauchamp nous a raccompagnée ce matin pour faire un focus sur la situation en zone euro,
06:58mais aussi aux États-Unis.
06:59Je rappelle que vous êtes chef économiste adjointe de BNP Paris-Bahn.
07:02Merci à tous.
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