Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 minutes
Ce mercredi 11 mars, l'inflation en Allemagne, dont les effets de second tour pourraient inquiéter la BCE, et la réduction du déficit commercial en France, ont été abordées par Fabien Bossy, chef économiste France chez Société Générale CIB, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Dans un instant, nous regarderons en détail la séance du jour avec Mathieu Serone.
00:04Juste avant, un petit focus macroéconomique avec Fabien Bossy qui nous accompagne ce matin,
00:09chef économiste franche chez Société Générale CIB.
00:11Bonjour Fabien Bossy, merci de nous accompagner ce matin afin de revenir à chaud sur les différentes statistiques
00:17qui ont pu être publiées ces dernières heures.
00:20A commencer notamment par l'inflation en Allemagne qui est confirmée à 2% sur la période de février.
00:27Oui, alors effectivement, l'inflation allemande a été confirmée à 2% en février.
00:32Ça va de pair, c'est en ligne grosso modo avec le chiffre européen qui était à 1,9%
00:37sur la même période.
00:38Pour rappel, la BCE a une cible d'inflation proche mais en dessous de 2%.
00:44En pratique, 1,9%, c'est l'idéal pour la BCE.
00:50Malheureusement, ce chiffre est évidemment daté.
00:53Maintenant, on sait que l'inflation va monter en mars dans la foulée de la hausse des prix du pétrole
01:00et de la hausse des prix de l'essence.
01:02Alors le chiffre exact de mars, ça dépendra des mouvements journaliers sur le marché pétrolier.
01:11Mais le mouvement sera à la hausse et assez nettement à la hausse.
01:14Après, pour la BCE, la question principale, ce ne sera pas vraiment le chiffre de mars lui-même.
01:20Ce sera quelle implication à moyen terme sur les perspectives d'inflation si c'est un choc temporaire ?
01:26Le mot est un petit peu maudit maintenant chez les banquiers centraux depuis l'expérience de 2022.
01:32Mais ça reste vrai.
01:33Si le choc est temporaire, il n'y a pas de raison d'y réagir.
01:36Mais si le choc est assez important et s'il prend part dans une économie où l'activité est assez
01:44dynamique,
01:45on peut craindre des effets de second tour et c'est ça qui pourrait amener la BCE à s'en
01:49inquiéter.
01:50Dans un contexte de très forte volatilité des matières premières,
01:52il est bien sûr compliqué de faire des projections, des prévisions d'inflation pour cette année.
01:57Néanmoins, quand vous regardez un petit peu dans le rétroviseur,
02:00dans quelles conditions se rentraient les principaux pays européens dans cette crise,
02:03comment vous regardez notamment l'industrie en Allemagne, les niveaux d'inflation ou encore de croissance ?
02:10Alors effectivement, j'ai dit qu'un choc d'inflation, c'est particulièrement dangereux
02:15lorsque l'économie est déjà proche de son potentiel, lorsqu'elle est déjà en train d'aller à un bon
02:20rythme
02:21parce que grosso modo, vous mettez un nouveau coup d'accélérateur
02:24et là, le risque, c'est que le cycle des dépenses s'accélère
02:27et qu'on ait une inflation qui accélère encore plus que ce que ne l'indiqueraient les cours du pétrole.
02:35Dans le cas allemand, on espère, tous les prévisionnistes espèrent,
02:38une accélération assez nette de la croissance en 2026
02:41grâce au stimulus fiscal qui est massif.
02:46On parle de plus d'un point de PIB de dépense supplémentaire en 2026.
02:50Ça va se transmettre à l'activité.
02:53Mais c'est vrai que pour l'instant, on reste toujours un peu sur notre faim.
02:57Ça fait plusieurs mois que le stimulus allemand est un peu l'arlésienne des données économiques
03:03et on a eu des données industrielles allemandes ce lundi
03:07qui ont été plutôt décevantes avec des commandes industrielles
03:11qui ont fortement baissé de presque 11% sur le mois
03:14mais c'est des données particulièrement volatiles.
03:16Donc on ne va pas trop s'en formaliser.
03:17Ce qui est un peu plus embêtant, c'est la production industrielle
03:20qui était attendue en hausse sur le mois de janvier
03:23et qui finalement recule légèrement de 0,5%.
03:26Malheureusement, on reste sur l'image d'une industrie allemande
03:30qui a probablement passé sa phase de déclin
03:33mais est donc plutôt encore dans une phase de stagnation.
03:36Ça patine et on n'a pas encore d'accélération nette.
03:40Les effets du stimulus fiscal, en tout cas sur le secteur industriel,
03:43restent limités.
03:45Et dans ce contexte-là, un choc sur les prix de l'énergie,
03:49c'est effectivement quelque chose d'un petit peu inquiétant.
03:52Un petit peu inquiétant, en tout cas à suivre.
03:53Pour l'instant, les prévisionnistes restent optimistes
03:56et on se classe dedans.
03:59Mais c'est vrai que pour l'instant,
04:00l'industrie allemande n'était pas aussi dynamique
04:02que ce qu'on aurait pu espérer.
04:04Voilà pour le cas de l'Allemagne.
04:06En France, cette fois, ce matin,
04:07le gouverneur de la Banque de France,
04:09François Villeroy de Gallo, a estimé
04:11qu'au vu du contexte, il fallait s'attendre
04:12à un petit peu plus d'inflation
04:14et un peu moins de croissance.
04:16Ça tombe mal car on était plutôt mieux partis
04:18ces dernières semaines.
04:19Bien partis, c'est peut-être un peu trop s'emballer,
04:21mais mieux parti dans le sens où
04:22on avait un déficit commercial
04:24qui commençait à se réduire
04:26sous l'effet notamment d'un euro
04:28qui se reprenait et de matières premières
04:30qui étaient relativement basses.
04:32Oui, alors effectivement,
04:34la France, peut-être de façon assez étonnante,
04:37alors que tout le monde attendait
04:39une accélération en Allemagne
04:40et était un petit peu plus prudent en France,
04:42ce qu'on a vu, c'est un début d'année
04:44plutôt positif pour la France
04:46avec une hausse de la production industrielle,
04:49notamment en janvier,
04:51et qui fait suite à une bonne dynamique
04:53dans le secteur industriel français
04:55tout au long du second semestre
04:56de l'année précédente.
04:58Et ça, ça se traduit effectivement
05:00dans des chiffres de commerce
05:01plutôt rassurants,
05:03avec des exportations en hausse
05:05et un déficit commercial
05:06qui continue de se réduire
05:08et continue de se réduire
05:09à tel point que si on prend le compte courant
05:11qui ont en quelque sorte
05:13la balance commerciale élargie,
05:15c'est la véritable balance des paiements,
05:18eh bien on était en surplus
05:19en décembre et en janvier.
05:22Donc quelque chose de plutôt positif.
05:24Et d'ailleurs, hier soir,
05:27la Banque de France a publié
05:28son enquête de conjoncture
05:29qui a été menée dans les tout derniers jours
05:31avec une bonne partie
05:32qui a été menée
05:33après le déclenchement du conflit
05:34et ça montre des industriels
05:36qui restaient encore assez optimistes
05:38pour les perspectives.
05:39Alors il est beaucoup trop tôt
05:40pour qu'ils aient eu le temps
05:42de se faire une bonne idée du choc,
05:43mais pour l'instant,
05:44le début d'année était bon en France.
05:46Alors un petit bémol
05:48sur ce chiffre de déficit commercial,
05:50un déficit commercial qui se réduit,
05:53c'est bien lorsque ça reflète
05:55une bonne tenue des exportations.
05:57C'est un peu moins encourageant
05:58lorsque ça reflète aussi
06:00une certaine atonie des importations
06:02parce que les importations,
06:03c'est une bonne partie
06:06qui va être consommée,
06:07qui va être investie
06:08et ça reflète probablement encore
06:12une certaine atonie
06:13de la demande intérieure française.
06:15Ça fait plusieurs années maintenant
06:17que la croissance française
06:18est avant tout tirée
06:20en plus de la demande publique
06:21par la demande extérieure
06:23avec la consommation des ménages,
06:25l'investissement des entreprises
06:26qui patinent un petit peu
06:28et pour l'instant,
06:29on reste un peu sur notre faim
06:30de ce côté-là
06:31et la baisse du déficit commercial
06:34est un signal un petit peu ambivalent
06:37de ce point de vue-là.
06:38Donc, un début d'année
06:40plutôt rassurant
06:41pour l'économie française
06:42avec toujours une petite faiblesse
06:44à craindre du côté
06:45de la demande intérieure
06:46mais la hausse des prix du pétrole arrive
06:49et on ne va pas pouvoir y échapper.
06:51Encore une fois,
06:52le résultat de l'enquête
06:53de la Banque de France
06:54était rassurant
06:54mais il est beaucoup trop tôt
06:55pour avoir une idée
06:57de l'impact du choc.
07:00Effectivement, l'impact
07:01il est assez évident.
07:02C'est hausser sur l'inflation
07:03et baisser sur l'activité.
07:05Savoir de quelle ampleur
07:06ça va dépendre avant tout.
07:08Je pense que tout le monde le rappelle
07:10mais malheureusement
07:11c'est l'évidence
07:12et que tout va dépendre
07:13de la durée de ce choc
07:15autant que de l'amplitude
07:17sur les mouvements de prix.
07:19Et bien sûr du prix du baril de pétrole
07:21qui est à 89 dollars ce matin.
07:23Merci beaucoup Fabien Bossy
07:24nous a raccompagné
07:25chef économiste France
07:26de Société Générale CIB
07:27pour revenir sur cette inflation
07:29en Allemagne
07:30et sur les différents indicateurs
07:32macroéconomiques
07:33de ces dernières heures
07:34que ce soit du côté de l'Allemagne
07:35mais également du côté de la France.
Commentaires

Recommandations