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  • il y a 4 minutes
Ce jeudi 2 avril, Leslie Palti-Guzman, fondatrice d'Energy Vista, était l'invitée de Mathilde Chaminade dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Elles ont évoqué les tensions sur les marchés de l'énergie, ainsi que ses expositions selon les pays. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On va continuer à parler énergie et gaz dans cette matinale avec notre invitée ce matin, c'est Leslie Palti
00:05-Guzman.
00:06Bonjour, vous êtes la fondatrice de Vista, vous êtes spécialisée dans l'énergie et le transport maritime,
00:11vous êtes donc la personne qu'il nous faut évidemment ce matin.
00:14On parlait il y a quelques instants de ce que disait l'AIEU avec le patron de l'AIEU qui
00:18nous dit que c'est la pire crise qu'il ait jamais vue entre 73, 79 et 2022.
00:24Attention, il les additionne ces crises en disant que c'est pire aujourd'hui que ces trois crises réunies.
00:29Est-ce que vous êtes d'accord avec ce constat ?
00:31Alors il y a bien sûr des tensions sur les marchés de l'énergie, mais il faut quand même distinguer
00:36les expositions selon les pays.
00:39Et ça va aussi dépendre de la durée de la fermeture du détroit d'Hormuz.
00:45Et je pense qu'il ne faut pas non plus trop amplifier ce discours de choc énergétique,
00:51parce que pour moi, si on distingue des différentes énergies, par exemple le gaz, les prix du gaz en Europe,
00:59n'ont pas vraiment augmenté, ils ont augmenté, mais de façon modérée comparée à la crise en Ukraine, par exemple.
01:06Oui, ça n'a rien à voir.
01:07Ça n'a rien à voir.
01:07Mais on a quand même, notamment au Qatar, des infrastructures qui ont été détruites.
01:13Donc là, il y a de la perte de production qui ne sera pas retrouvée avec l'ouverture du détroit
01:19d'Hormuz.
01:20Oui.
01:21Donc pour le moment, on a un mois de guerre.
01:24Tout le monde se demande combien de temps la guerre va durer.
01:26Un mois de guerre pour le Qatar, ça veut dire environ 7 millions de tonnes qui sont parties du marché.
01:35Ça va probablement durer jusqu'en juin.
01:37Donc on peut dire au moins trois mois de perte de production mensuelle pour le Qatar.
01:44En addition, on a eu deux destructions de trains de liquéfaction.
01:49Donc ceux-là, ils ne vont pas revenir à peu près pendant trois ans, selon le Qatar.
01:53On s'attend déjà à 30 millions de tonnes, au moins pour 2026, qui sont perdues.
01:57Oui.
01:58Mais il faut savoir que le marché était long avant.
02:01On allait s'apprêter dans un marché où les acheteurs allaient avoir la main haute sur les négociations, sur les
02:09prix.
02:09C'est-à-dire qu'il y avait trop de gaz ?
02:10Il y avait trop de gaz.
02:12Et le marché du GNL américain est en plein boom.
02:16Beaucoup d'exportations et de nouvelles usines qui s'apprêtent à démarrer de nouveau.
02:20Enfin, à commencer.
02:21Donc tout va dépendre de la durée de cette guerre.
02:26Si en juin, tout repart, je pense que c'est gérable pour l'Europe, par exemple,
02:31qui reçoit de plus en plus de GNL américains.
02:33Et pour le moment, les cargos flexibles vont en Europe, ne vont pas en Asie.
02:38Ce n'est pas encore au plus offrant et hop, on prend un cargo, on le dévie de l'Europe
02:43pour aller en Asie.
02:45Ça s'est vu quand même.
02:46Ça s'est vu, mais les prix du fret maritime ont augmenté.
02:50Et donc, ça ne rend pas économique, ce n'est pas économique pour les cargos américains d'aller en Asie
02:55actuellement.
02:56Mathilde.
02:57Vous mentionnez le GNL américain.
03:00Quelles sont les autres alternatives au GNL Qataris qui sont en train de se développer ces derniers temps ?
03:05Alors, je viens d'écrire une note en regardant le Venezuela et Trinidad, par exemple.
03:11Trinidad a une énorme opportunité actuellement.
03:13C'est de s'associer sur certains champs gaziers qu'ils ont en commun avec le Venezuela.
03:21Et donc, cette association a été retardée depuis des années à cause du régime et de l'instabilité au Venezuela.
03:27Mais maintenant que les sanctions vont s'évaporer et qu'il y aura peut-être plus de stabilité politique au
03:33Venezuela,
03:34il y a au moins trois champs gaziers où il y a des possibilités d'unitisation conjointement de produire et
03:42d'exporter.
03:43Et donc, le Trinidad, qui avait une énorme perte, en fait, de pas assez de gaz domestique pour exporter,
03:53va retrouver potentiellement plus de capacités pour l'export.
04:01Et c'est un marché, l'Europe est un marché naturel pour Trinidad.
04:05Donc, ça, c'est un petit extra qu'on va avoir.
04:10Il y a l'Afrique dont on a parlé pendant des années, le Mozambique, par exemple,
04:14où il y a eu des problèmes d'instabilité, mais Total Energy, par exemple, regarde de près.
04:20Il va y avoir aussi potentiellement un peu plus au Nigeria.
04:24Il y a un peu des éléments dans différents pays, mais c'est vrai que...
04:28Certains sont au taquet, quand même.
04:29Le mois du jour, il va y avoir de la diversité et moins de concentration et trouver différents points de...
04:37Parce que quand on parle de l'Europe du Nord ou de l'Algérie, on est déjà quand même à
04:41des niveaux très élevés.
04:42On ne peut pas aller beaucoup plus loin en termes de production.
04:45Quand on regarde, en fait, ce qui va se passer dans le futur, c'est qu'il y avait deux
04:50pôles
04:50où vraiment les capacités allaient augmenter dramatiquement, le Qatar et les États-Unis.
04:57Là, actuellement, le Qatar, il y a beaucoup d'incertitudes sur le futur de cette expansion qui allait se produire
05:05parce que le Qatar et l'Iran partagent le plus grand champ gazier du monde.
05:11Et aussi, le Qatar dépend du détroit d'Ornose.
05:14Donc, si le nouveau gouvernement qui sera en place décide d'honorer l'accord un peu tacite
05:22qu'il y avait entre le Qatar et l'Iran pour conjointement développer ce gaz, tout ira bien pour le
05:27Qatar.
05:28Mais si on trouve un gouvernement qui veut renégocier cet accord
05:32et ne pas être très satisfait du fait que le Qatar a pu exporter beaucoup toutes ces années
05:36sans que l'Iran puisse exporter autant parce qu'il y avait les sanctions, etc.,
05:40ce sera intéressant à voir.
05:45Situation ambivalente pour le Qatar, entre relations pacifiques avec l'Iran.
05:51Exactement.
05:51Et c'est tout dans l'intérêt pour le Qatar de garder une espèce de statu quo,
05:56de vouloir la négociation, la médiation, la déescalation, etc.,
06:00parce que le Qatar a beaucoup d'intérêt en jeu.
06:03Et c'est aussi la confiance des acheteurs.
06:05Si les acheteurs voient qu'il va y avoir un risque de sécurité constant,
06:12ça ne va pas être jouable de dépendre trop du Qatar, par exemple.
06:16Mathilde ?
06:17Il y a aussi des tensions sur l'approvisionnement en hélium ces derniers jours
06:23qui commencent à se révéler, en partie parce que c'est les mêmes infrastructures énergétiques
06:29qui servent au GNL, qui servent aussi à la fabrication d'hélium au Qatar.
06:33Oui. Alors, il y a, en même temps que ces deux usines de liquefaction qui ont été attaquées,
06:38deux trains qui appartenaient en partie à ExxonMobil et à Qatar Énergie,
06:42il y a eu un, on appelle ça des trains, deux GTL et d'hélium aussi, par Shell.
06:49Mais l'hélium est un by-product, un produit associé aussi.
06:55Et donc, ça tend le marché.
06:59Il y a aussi de la production d'hélium maintenant aux Etats-Unis et à d'autres endroits.
07:03Mais c'est vrai qu'il n'y a pas énormément d'endroits dans le monde où on produit de
07:07l'hélium.
07:08Et l'hélium est de plus en plus, on en a besoin pour certaines industries stratégiques.
07:15À la fin, on a l'impression que c'est les Etats-Unis qui gagnent.
07:17C'est-à-dire qu'à la fin, ils vendent plus de GNL, plus d'hélium et plus de pétrole.
07:21Tout à fait.
07:22Et on voit qu'il y a eu pas mal d'inquiétudes en Europe de trop dépendre des Etats-Unis.
07:30Mais au final, il y a peut-être moins de risques.
07:34Quand on regarde les routes, il n'y a pas de choke point.
07:38Il n'y a pas de...
07:39Au niveau de la mer.
07:41Entre les Etats-Unis et l'Europe.
07:42Et au-delà de la rhétorique, pour le moment, les Etats-Unis ont été un exportateur fiable.
07:51Oui, sauf quand ils nous font un peu de pression sur la question des échanges commerciaux
07:54et qu'ils disent qu'ils vont baisser les arrivées de GNL si on ne signe pas rapidement.
07:59Mais on en reparlera.
08:00Merci beaucoup d'être venue, Leslie Palti-Guzman, fondatrice d'Energie Vista.
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