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  • il y a 25 minutes
Ce mercredi 22 avril, François Cazor, président et cofondateur de Kpler, était l'invité dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin. Ils ont parlé de l'entreprise Kpler qui fournit des données en temps réel sur les marchés des matières premières et notamment les flux de pétrole dans le détroit d'Ormuz. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:00Et ce matin c'est François Cazor, président et cofondateur de Kepler, qui est avec nous dans la matinale de
00:05l'économie,
00:06entreprise fournisseur de données en temps réel sur les marchés des matières premières.
00:11Merci d'être en direct avec nous François Cazor.
00:14Première question, le détroit d'Hormuz, épicentre du risque énergétique mondial en ce moment,
00:19ça fait six semaines qu'il est bloqué, contrôlé par les gardiens de la révolution et les Etats-Unis.
00:24On suit quotidiennement ce statu quo grâce à vos cartes en temps réel.
00:29Est-ce que déjà, pour avoir une idée, vous savez combien de personnes vous suivent, en ce moment, vos cartes
00:36dans le monde ?
00:37Bonjour, merci. Écoutez, on a plusieurs millions de visiteurs chaque heure sur Marine Trafic, un site ouvert.
00:45Et après on a plusieurs applications qui sont sous souscription et pour lesquelles on a les professionnels du marché qui
00:51regardent ça tous les jours.
00:52Mais il y a beaucoup de gens qui sont obsédés par les bateaux en ce moment.
00:55Oui, qui sont vos clients concrètement ? Parce que finalement, le spectre est assez large.
01:01Oui, écoutez, on a commencé cette entreprise, on l'a créée il y a 12 ans.
01:07Initialement, c'était vraiment pour donner de la transparence à des marchés qui étaient opaques.
01:11Donc le shipping, les matières premières, tout ce dont on voit depuis six semaines en permanence à la télévision.
01:18Et donc initialement, on a offert ça aux clients, aux marchés qu'on suit.
01:22C'est-à-dire que c'est les pétroliers, c'est les maisons de trading,
01:26c'est les banques qui vont financer les cargaisons, qui vont financer les bateaux,
01:29qui regardaient ce qui se passait sur ce marché et qui ont souscrit à Kepler.
01:32Et puis progressivement, ça a étendu un nombre de contreparties différentes.
01:38Maintenant, on travaille pour des gouvernements, on travaille pour des ministères,
01:42on travaille pour des entreprises de grande consommation
01:46qui ont besoin d'utiliser les lignes de shipping pour envoyer les containers un peu partout dans le monde
01:51et qui ont besoin de suivre un peu leurs actifs.
01:54Tout ça, c'est une agrégation de plein plein de données finalement que vous arrivez à récolter,
01:58les routes qui sont empruntées, les positions satellites, les chargements des bateaux.
02:03C'est absolument passionnant.
02:04Alors habituellement, il y a 120 navires qui empruntent ce détroit d'Hormuz tous les jours.
02:09Aujourd'hui, il y en a très peu.
02:11Ces données, en ce moment, ça a un impact direct sur les décisions des propriétaires de ces bateaux,
02:16sur les décisions des États aussi, sur les stratégies.
02:20Ça va presque redessiner les routes maritimes mondiales.
02:24Oui, là, je pense qu'il faut bien comprendre, c'est que tout le monde est obsédé par
02:29est-ce que les bateaux sont passés, est-ce que le détroit est ouvert ou pas.
02:33Mais à la fin, on parle d'un marché qui reçoit un choc qui est du jamais vu.
02:40Et finalement, même si le détroit réouvre et que les bateaux se remettent à passer,
02:45donc en temps normal, c'est à peu près 100 à 130 tankers qui passent,
02:48donc qu'à ce soit du gaz ou du pétrole par jour,
02:51là, même si ça réouvre, derrière, vous avez l'intégralité des installations du marché
02:56qui sont endommagées ou parfois détruites.
02:59Donc de toute façon, la capacité de production derrière, elle est entamée.
03:03Et donc on ne va pas revenir à la normale avant longtemps,
03:06même si c'est une résolution du conflit et de l'ouverture du détroit qui arrive bientôt.
03:11On l'a dit, le monde est rivé sur vos données, sur vos cartes en temps réel.
03:16Le monde, tous les États, dont l'Iran notamment,
03:19qui est important évidemment dans ce conflit au Moyen-Orient,
03:22est-ce que vous considérez que vous avez, d'une certaine partie,
03:24vous faites partie des données de ce conflit, d'une certaine façon ?
03:29Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'une des sources de données principales pour nous,
03:33c'est un réseau propriétaire d'antennes qu'on a implanter partout dans le monde
03:37et qui récupère les signaux des bateaux.
03:40Donc en fait, chaque bateau émet un signal qui dit où il est, où il va, et sa vitesse, etc.
03:45C'est un signal qui est émis comme le signal radio ou télévision.
03:50Donc avoir un émetteur, ça vous permet d'écouter ce que quelqu'un est en train de dire,
03:56mais ça ne fait pas de vous le propriétaire de cette information.
03:58Donc on est clairement le plus grand réseau sur Terre pour récupérer ces informations,
04:03mais c'est encore des informations qui sont des zones publiques.
04:07Et c'est vrai qu'on va dire pour la sphère privée, on est clairement le leader.
04:12Maintenant, il y a des réseaux gouvernementaux qui existent aussi.
04:15Donc je pense qu'on est la source la plus visible.
04:17On a beaucoup de visibilité sur Internet, mais il y en a d'autres.
04:21J'imagine qu'il y a des bateaux, des flux qui ne veulent pas être suivis.
04:26Quelle part ça représente dans la masse de données que vous avez
04:29et des bateaux que vous suivez, par exemple ?
04:31Et qu'est-ce qui bloque, qu'est-ce qui fait qu'il y a un bateau qu'on n
04:35'arrive pas à suivre ?
04:36Alors, il y a des bateaux militaires déjà qui n'émettent pas et qui ne sont pas censés être suivis.
04:42Après, on a ce qu'on a appelé pendant longtemps la flotte fantôme.
04:46Donc avant le conflit, c'était essentiellement tous les bateaux qui sont sanctionnés,
04:49toutes les cargaisons qui sont sanctionnées, que ce soit l'Iran, le Venezuela, la Russie.
04:53Et là, c'est 1 000 à 2 000 bateaux qui essentiellement coupent tous leurs transpondeurs,
04:59n'émettent rien et essaient d'être invisibles.
05:02Et maintenant, c'est plus en fait, parce qu'il y a des bateaux qui sont totalement clean,
05:08on va dire, qui n'ont rien fait de mal, qui cachent aussi leur position
05:11pour essayer de ne pas être visibles peut-être du régime iranien
05:15ou des potentiels opérateurs de drones.
05:18Donc on a beaucoup plus de travail maintenant encore
05:20parce qu'il y a une plus grande partie de la flotte qui essaie de se cacher.
05:23Vos données ont été particulièrement scrutées pendant les crises.
05:27Alors il y a eu le Covid avec le chaos que ça a causé dans le commerce mondial,
05:30le blocage du canal de Suez et puis cette crise aujourd'hui.
05:34Qu'est-ce que l'entreprise tire à chaque fois de ces crises en termes d'innovation,
05:39en termes d'amélioration des outils que vous utilisez ?
05:43Je pense que ce qu'il faut voir, c'est que c'est un nouveau type de risque
05:47qui émerge dans l'économie mondiale.
05:51Jusqu'ici, on a le risque crédit, le risque de contrepartie,
05:54le risque que le prix change de ce qu'on achète.
05:57Et je crois que les entreprises privées, les gouvernements
06:01sont en train de se rendre compte que ce qu'on appelle la globalisation,
06:04c'est en fait quelque chose d'assez fragile
06:06et qui peut impacter énormément d'entreprises,
06:09pas du tout uniquement les pétroliers ou les entreprises du secteur énergie ou logistique.
06:13Mais en fait, l'intégralité de l'économie repose sur une suite de lignes maritimes.
06:1990% des marchandises sont les dans le monde, c'est par voie maritime.
06:23Et donc, ce qu'on voit au sein de Kepler, c'est de plus en plus d'entreprises dans le
06:28monde
06:28et d'organismes publics aussi qui réalisent que c'est un risque majeur qu'il faut monitorer.
06:35Au même titre que vous avez pendant longtemps regardé le prix des actions,
06:39le prix des taux, le niveau de l'inflation,
06:41je pense qu'il va falloir se faire à l'idée qu'il va falloir suivre
06:47vraiment la qualité et l'état de santé de la chaîne d'approvisionnement.
06:52Merci François Cazor d'avoir été avec nous ce matin dans la matinale de l'économie,
06:56président et cofondateur de Kepler.
06:59Merci François Cazor.
06:59Merci.
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