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  • il y a 3 heures
Ce mercredi 4 mars, Bruno Vanier, président de Gemway Assets, s'est penché sur l'impact des conflits en Iran sur les marchés émergents, la pire séance en bourse de Séoul, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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00:01BFM Bourses, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Et pendant ce temps, tiens, alors le conflit au Moyen-Orient, bien sûr, on continue de le suivre,
00:10il continue de laisser son empreinte sur les marchés.
00:12Et les marchés émergents en souffrent peut-être, ou vont en souffrir peut-être encore plus que les autres.
00:16Seront-ils les marchés émergents les grands perdants de ce conflit sur les marchés, bien sûr ?
00:20Bruno Vannier nous rejoint, président de Gemway Assets. Bonjour Bruno.
00:23Bonjour.
00:23Avis de vous retrouver. Quel impact ce conflit, en fait, dans tous ces pays émergents ?
00:27Par exemple, on voit que depuis que les Etats-Unis ont lancé l'eurofensible, le dollar monte, le dollar monte
00:32fortement.
00:33Et forcément, je ne sais pas, mais en tout cas, il monte fortement.
00:35C'est un impact important, on l'imagine, pour ces marchés émergents.
00:39Les deux effets vraiment directs de ce conflit en Iran, c'est bien sûr la hausse du dollar,
00:44enfin, hausse du dollar qui est aussi contre euros, donc en fait, traduit tout en euros,
00:48la baisse des devises émergents n'est pas aussi importante.
00:51Et le deuxième point, c'est bien sûr la limitation de l'approvisionnement en pétrole,
00:56la hausse du prix du pétrole en 15% au mois, même si on rebaisse un petit peu tout à
01:00fait récemment.
01:01Et donc, un impact très dur sur les marchés émergents, notamment les marchés asiatiques.
01:08On a vu que depuis le début de la semaine, on a des baisses de 15% pour certains marchés,
01:13notamment la Corée.
01:14Il faut dire que ce sont des marchés qui ont énormément monté quand même sur les deux premiers mois de
01:18l'année.
01:18La Corée, c'est hallucinant, enfin, ils avaient un peu fumé, l'indice sud-coréen gagnait 50%.
01:23Là, avec la baisse des deux derniers jours, on a perdu 15% en 2-3 jours.
01:27Malgré cette baisse de 15%, on est encore en hausse de 43% depuis le 1er janvier.
01:31Pour certains titres, en tout cas, pour Samsung Electronics, pour RyanX,
01:35il faut quand même bien rappeler que ces titres, ces sociétés ont des bénéfices
01:39qui explosent littéralement à la hausse quand même,
01:42compte tenu de la situation extrêmement tendue sur la mémoire
01:46et que leurs produits, enfin, les produits qu'ils fabriquent en tout cas,
01:49sont des prix qui cessent de monter.
01:51Donc, on prévoit quand même des croissances bénéficiaires de plus de 150% cette année.
01:57Lesquelles prévisions bénéficiaires ont depuis 4-5 mois plus que triplé, entre guillemets.
02:01Donc, la hausse de ces titres est mettre en perspective, bien sûr,
02:05par rapport à des perspectives bénéficiaires bien, bien, bien plus fortes.
02:10On comprend par exemple, l'indice sud-coréen ce matin, moins de 12%,
02:13rien que sur la séance du jour, c'est la pire baisse intraday pour le COSPI, la bourse de Séoul.
02:17On comprend qu'il y a des prises de bénéfices aussi, d'accord,
02:19mais est-ce qu'il y a un lien direct avec ce qui se passe au Moyen-Orient,
02:22avec l'approvisionnement au pétrole ?
02:23Alors, c'est sûr que les pays asiatiques sont, pour la plupart,
02:26et notamment les pays du Nord, comme la Corée, le Japon, Taïwan,
02:29sont des grands importateurs, bien évidemment, de pétrole,
02:31importent une très très grande partie de leur pétrole du Détroit,
02:35enfin, du Golfe-Persique.
02:36Et donc, la fermeture de facto du Détroit est un sujet important,
02:43pas simplement au niveau du prix,
02:45parce que le prix se reflète partout, sur tous les marchés,
02:48même pour ceux qui produisent du pétrole, et tant mieux pour eux,
02:52mais surtout au niveau de l'approvisionnement.
02:54On a un sujet, une crainte, qu'on ait plus suffisamment de pétrole à un moment donné.
02:59Même si les réserves mondiales restent très importantes,
03:02on les évalue, en dehors, bien sûr, de celles qui sont coincées dans le Golfe-Persique,
03:07on les évalue à quelque chose qui ressemble à peu près à 200 jours de consommation.
03:13Donc, au niveau global, bien sûr, ces réserves-là ne sont pas équitablement réparties au niveau des pays.
03:20Sans doute, des pays ont des réserves stratégiques moins importantes.
03:23Et dans ce cadre-là, effectivement, on voit que la Chine peut mieux s'en tirer.
03:26Et de fait, son marché boursier baisse, comme tous les autres, mais baisse moins.
03:30Et la Corée du Sud très exposée, ce qui expose toute la tech et toute l'IA,
03:34parce que la Corée du Sud, ce sont les cartes mémoires,
03:37indispensables ces cartes mémoires aux technologies d'intelligence artificielle.
03:40Et les cartes mémoires étant fabriquées en Corée du Sud, elles ont besoin de pétrole.
03:43Voilà, il faut que les prix de l'énergie n'augmentent pas trop vite là-bas en Corée du Sud,
03:46sauf qu'ils importent 97% de leur énergie.
03:50Ça passe par les ports et une partie passe par les portes.
03:51C'est bien d'accord quand même que le prix des barrettes de dirham
03:55sont ramenés à ce qu'elles coûtent et largement supérieurs au prix du baril quand même.
04:02Ah oui, d'accord.
04:03Oui, mais si le prix du baril augmente, ça n'empêchera pas les prix d'en augmenter.
04:05Voilà, en fait, le marché du dirham, c'est un peu comme le marché du pétrole.
04:10C'est un marché d'offres et de demandes.
04:12Et surtout, là aujourd'hui, compte tenu des capacités qui ont été mises en place par ces grands acteurs,
04:18y compris Micron aux Etats-Unis, on manque bien évidemment de capacités.
04:23Et les prix, je rappelle que les prix ont monté de 7 fois à peu près depuis le mai dernier.
04:27Il n'y a plus que le prix de pétrole.
04:28Et sur le dollar, qui est le plus exposé à la hausse du dollar dans les liens émergents ?
04:32La hausse du dollar est souvent un peu compliquée.
04:36La hausse du dollar reflète une sorte d'un retour, comme une valeur refuge, si vous voulez.
04:42Donc tout ce qui paraît un peu plus bêta, typiquement des semi-conducteurs asiatiques, baisse plus.
04:49Donc on a un effet qui est souvent concurrent quelque part, même s'il n'y a pas forcément un
04:54effet de cause à effet, une conséquence.
04:58Mais clairement, une hausse du dollar, ça veut dire que le marché devient plus risqué quelque part.
05:02Le monde devient plus risqué, les taux d'intérêt à long terme risquent de baisser.
05:07Les perspectives économiques sont réduites.
05:10Et tout ça est négatif pour des pays très exportateurs que sont la Corée, Taïwan ou certains autres dragons asiatiques.
05:19Mais en revanche, on voit bien que des marchés comme l'Inde, même si elle est touchée dans son approvisionnement,
05:24notamment au niveau du gaz, parce que là, forcément, ces réserves ne sont pas très importantes.
05:29Ces économies très domestiques, que sont la Chine ou l'Inde, sont comparativement moins touchées.
05:34Pour revenir à la Chine, on entre là dans une séquence importante, mercredi-jeudi, avec l'Assemblée populaire qui va
05:43annoncer le plan quinquennal,
05:44les objectifs de croissance, le budget militaire, c'est les deux sessions.
05:47Mais en même temps, il y a toujours cette rencontre qui est prévue entre Donald Trump et Xi Jinping.
05:52Alors, fin mars, débrouille-avril, il devrait y avoir une pré-rencontre entre Scott Bessent et son nomologue dans quelques
05:56jours.
05:57Mais est-ce qu'on n'est pas quand même face à un président chinois qui est affaibli face au
06:03président américain ?
06:03Oui, d'une certaine manière, oui, c'est sûr que les Chinois, c'est à peu près 12% de
06:08leur importation de pétrole vient de l'Iran.
06:12Tout ça passe par la Malaisie, ne me demandez pas pourquoi, y compris le pétrole vénézuélien de l'époque.
06:17Le détroit de Malacca.
06:18Qu'on peut imaginer être à zéro aujourd'hui.
06:21Donc, ce n'est quand même pas négligeable, bien évidemment, même si les Chinois ont largement la possibilité d'augmenter
06:27d'autres sources d'approvisionnement, telles la Russie, bien évidemment.
06:32Et n'oublions pas que la Chine produit aussi son propre pétrole, même si elle est nette importatrice.
06:38Mais indédiablement, on sent bien que sur le plan de la scène internationale, oui, Xi Jinping semble largement affaibli.
06:44De fait, on pourra remarquer que depuis 3-4 jours, il n'y a pas de commentaires très agressifs de
06:50la part de Pékin sur ce qui se passe en Iran.
06:54On aurait pu peut-être attendre des commentaires plus belliqueux ou plus importants, ça n'a pas été le cas.
07:02Il est important effectivement que cette visite se passe, cette visite de Trump en Chine se passe.
07:09Elle pourrait être annulée à n'importe quel moment, donc ne soyons pas encore tout à fait certains du sujet.
07:16Mais moi, je trouve ça plutôt positif de voir que c'est important pour Pékin qu'elle se passe.
07:21On avait l'impression que depuis un an, Pékin avait un peu, je dirais, fort de ses terres rares quelque
07:27part, la main forte quelque part.
07:31Là, c'est une sorte d'ouverture chinoise qui est plutôt positive.
07:35De fait, les commentaires du président Trump concernant la Chine ont été plutôt favorables tout à fait récemment.
07:41À suivre, effectivement, toute fin de mois, début avril, cette rencontre là-bas à Pékin entre Donald Trump et Xi
07:46Jinping.
07:46Exactement. Mais avant ça, vous le faisiez bien de le remarquer, il y a ces fameuses sessions, ces deux sessions
07:51parlementaires du Congrès,
07:52qui va nous donner des chiffres un peu plus importants.
07:55Vous voyez que la stratégie a été évoquée lors des rendez-vous de décembre dernier.
08:02et les chiffres plus importants sont donnés à partir de ce mois de mars.
08:09Donc, ça va venir dans les quelques jours à venir.
08:14Ce qu'on peut dire, c'est qu'effectivement, si la situation internationale du fait du conflit en Iran se
08:19détériore,
08:20la Chine a les moyens d'annoncer des mesures supplémentaires de relance.
08:25Et là aussi, c'est un point positif pour la Chine par rapport à d'autres pays émergents qui n
08:29'ont pas forcément ces moyens.
08:30Oui, et pendant ce temps, l'IA chinoise continue d'avancer.
08:32On a appris la nuit dernière que Quen, l'IA d'Alibaba, cette IA avait été portée avec succès sur
08:38un iPhone 17.
08:39Ce qui permettrait peut-être d'enjamber les besoins, vous savez, en cloud et en infrastructures,
08:44qui sont aujourd'hui le modèle de l'IA à l'américaine.
08:46L'IA à la chinoise pourrait permettre d'enjamber tous ces besoins-là.
08:49C'est énorme ce qui a été annoncé la nuit dernière.
08:51Quen, ça appartient à Alibaba.
08:52Donc, Alibaba perd quand même presque 15, moins une dizaine de pourcents depuis le début de l'année.
08:57Assez fortement depuis le début février.
09:00C'est un titre qu'il faut regarder aujourd'hui.
09:03Effectivement, avec peut-être un nouveau modèle d'IA, beaucoup moins gourmand en infrastructures
09:06et qui pourra se passer du cloud.
09:08Vous imaginez, vous avez tout dans votre téléphone, plus besoin du cloud.
09:10C'est une autre architecture, là, pour le coup.
09:12Moins besoin d'investir plein de capitaux dans les infrastructures
09:15et peut-être des capitaux qui pourraient être employés autrement.
09:17Voilà, c'est ce que proposera peut-être la Chine.
09:19En tout cas, là, ça a marché.
09:20L'implantation de Quen, l'IA d'Alibaba sur l'iPhone 17.
09:23Ça a marché la nuit dernière.
09:24C'est peut-être le début de quelque chose.
09:25Merci Bruno d'être passé le voir.
09:26Merci beaucoup.
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