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  • il y a 11 minutes
Ce mercredi 1er avril, la volatilité des marchés, ainsi que les données d'inflation qui ont été publiées mardi en zone euro, ont été abordées par Paul Chollet, chef économiste chez Crédit Mutuel Arkéa, membre du comité stratégique de BSI Economics, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Et pourtant les craintes d'inflation sont là, mais ce matin elle se dissipe, il suffit de regarder le marché
00:05obligataire avec une nette détente sur les taux longs, sur les taux courts, le 10 ans français perd plus de
00:1010 points de base à 3,6%.
00:13Bonjour Paul Chollet, merci de nous accompagner ce matin, vous êtes chef économiste de Crédit Mutuel Arkea, membre du comité
00:19stratégique de BSI Economics.
00:21Bon, à chaud là, comment vous regardez un petit peu cette volatilité et puis dans un instant on reviendra sur
00:24les données d'inflation qui ont été publiées hier en zone euro.
00:28Bonjour Etienne, bonjour à tous.
00:30Eh bien oui, d'abord on peut se montrer ce matin extrêmement ravi évidemment que les marchés corrigent assez massivement
00:35et à la hausse après les annonces hier des présidents iraniens et du président Donald Trump.
00:40Ce soir il doit intervenir dans la presse à 21h devant les américains, donc dans la nuit pour nous, probablement
00:47pour confirmer les propos qu'il a tenu hier qui vont donc faire de l'apaisement.
00:51Mais on est aussi par ailleurs habitué au revirement de Donald Trump et la situation israélienne, je le rappelle, est
00:57un petit peu différente de la volonté américaine et du côté d'Israël.
01:02On souhaite encore massivement en tous les cas chercher à bombarder l'Iran pour aller évidemment le plus loin possible
01:07dans la destruction du régime.
01:09Donc on sent quand même que ce jeu géopolitique pourrait de nouveau connaître un virage à 90 voire 180 degrés
01:17dans les prochaines heures.
01:18Mais pour le moment, ce matin évidemment, le marché reçoit cette excellente nouvelle.
01:22Avec notamment une nette baisse pour les cours du pétrole, que ce soit pour le WTI mais également pour le
01:27baril de Brent, le Brent qui redescend sous les 100 dollars.
01:30Donc ça forcément, c'est une bonne nouvelle pour le marché qui depuis un mois est inquiet sur les conséquences
01:37de ce conflit et sur notamment l'inflation.
01:40Ça tombe bien, hier on a eu des chiffres d'inflation en zone euro.
01:44Forcément, avec les remontées des prix à la pompe, l'inflation a bondi à 2,6% en mois de
01:50mars.
01:51Eh bien oui, l'inflation hier a surpris quelque part par sa vigueur.
01:55Elle a progressé de 0,6 point sur le mois de mars d'après le mois de février.
01:59Donc sur un an, elle progresse de 2,5%.
02:02C'était 1,9 en février.
02:04Et le constat, c'est ce que vous avez dit, c'est que le pétrole et le gaz ont connu
02:09leur plus forte progression historique sur un mois.
02:13Le pétrole hier soir clôturait à 118 dollars le baril.
02:17Donc une progression sur un mois de 63%.
02:19C'est plus que lors de l'invasion de l'Irak au Koweït en septembre 1990.
02:25À l'époque, le pétrole avait progressé de 46%.
02:28Et le gaz, lui, sur le mois de mars, a progressé de 60%.
02:32Donc sans surprise, on a retrouvé ces effets très haussiers dans les prix de l'énergie.
02:39Les prix de l'énergie sur le mois de mars, ils ont progressé de 4,9% sur un an,
02:44alors qu'ils étaient en contraction de 3% en février.
02:49Alors ce qui est intéressant après, c'est de regarder pays par pays.
02:52Et ce qui est très, très remarquable, c'est que 10 États membres de la zone euro ont une progression
02:59des prix supérieurs à 3%.
03:00Les pires d'entre eux, c'est la Croatie et la Lituanie.
03:03Mais on peut aussi citer l'Espagne qui a une progression de ses prix de 3,3%.
03:06Et à l'inverse, on n'a que 3 pays sur les 21 de la zone euro qui ont une
03:11progression des prix inférieurs à 2%.
03:13Et dans ces pays, on trouve l'Italie, la France et Chypre, évidemment, plus petits.
03:18Donc voilà, ce constat, il est évidemment relativement intéressant.
03:22Et par ailleurs, ce qu'il faut regarder, c'est est-ce qu'il y a une transmission,
03:25une diffusion de ces hausses de prix aux autres composantes de l'inflation,
03:28à savoir les biens et les services et l'alimentaire.
03:31En ce qui concerne les biens et les services, eh bien non, c'est presque une bonne surprise.
03:35L'évolution des prix sur un an montre une modération par rapport à la situation de février.
03:40Les prix des biens progressent de 0,5 après 0,7 et le prix des services de 3,2 après
03:453,4 en février.
03:48Néanmoins, aujourd'hui, à partir de ces données,
03:50est-ce que vous vous attendez à une hausse de l'inflation dans les prochaines semaines,
03:55dans le sens où certains industriels vont devoir répercuter les hausses de prix
04:00et ainsi peut-être créer un effet boule de neige ?
04:02Quelles sont vos prévisions aujourd'hui chez Crédit Mutuel Arkea, Paul Chollet ?
04:06Oui, alors nous, nos prévisions, c'est quand même que l'inflation dans les prochains mois
04:10devrait continuer à progresser.
04:12Je le redis, mais cette déclaration de Donald Trump hier soir qui rassure les marchés,
04:17eh bien nous, en tous les cas, dans notre scénario central,
04:20on a plutôt tendance à estimer que le conflit pourrait encore durer avec des allers-retours.
04:25Évidemment, plus le conflit dure et plus l'inflation durablement s'installe dans l'économie.
04:30On n'est pas sur quelque chose de linéaire.
04:32En plus, ce n'est pas parce que le conflit dure un mois de plus que l'inflation va progresser
04:36d'autant en avril qu'en mars.
04:37Au contraire, c'est plutôt des phénomènes dits d'accélération.
04:41Et donc nous, ce qu'on va regarder, eh bien c'est la transmission du coup
04:45de cette envolée des prix de l'énergie vers le reste des composantes.
04:48Et là, on a été très attentifs aux données PMI, les enquêtes qui sont adressées aux directeurs d'achat.
04:54Et du côté de ces enquêtes, ce qui est très important, c'est de voir que les prix payés
05:00par les directeurs d'achat, eh bien, sont déjà en très forte hausse.
05:03Mais par contre, les prix facturés, eux, ne progressent pas encore.
05:07Et ce qui est aussi intéressant, c'est de regarder cette corrélation sur le long terme
05:10entre ces deux variables et aller proche de 100%, cette corrélation.
05:13Donc aujourd'hui, si le conflit venait à durer, eh bien les prix facturés
05:17et dans tous les secteurs d'activité dans les prochains mois
05:20viendraient être impactés positivement par ces hausses de prix payées aujourd'hui.
05:25Et donc l'inflation se transmettrait à l'ensemble de l'économie.
05:30Dernier mot sur la situation aux Etats-Unis.
05:32Hier soir, Nike a publié ses résultats.
05:34Le titre était en baisse de 9% en après-bourse,
05:36avec des ventes qui étaient en deçà des attentes.
05:40Alors, si la consommation tient très bien aux Etats-Unis,
05:42c'est plus compliqué en Europe, mais surtout en Chine.
05:45En tout cas, hier, le groupe dit, malgré la guerre en Iran,
05:48la consommation tient aux Etats-Unis.
05:50Ça, c'est quand même un message important à retenir.
05:52Et quand vous regardez typiquement, je ne sais pas,
05:54la confiance des consommateurs, Paul Chollet,
05:56il y a de quoi se dire une nouvelle fois que,
05:58bah oui, en fait, l'économie américaine est robuste.
06:02Oui, alors là, je ne suis plus partagé sur le chiffre qu'on a eu hier.
06:05Effectivement, les données de consommation,
06:06le conférencement d'hier a surpris légèrement à la hausse,
06:09avec une progression, finalement, de la confiance des ménages
06:13au mois de mars par rapport au mois de février.
06:15Mais après, quand on regarde un peu dans le détail de ces chiffres,
06:19on constate qu'ils ne sont pas si bons.
06:20Les ménages sont restés pessimistes, par exemple,
06:22quant à l'évolution du marché du travail.
06:24Ils anticipent évidemment une inflation plus élevée
06:27au cours des 12 prochains mois.
06:28Je rappelle que le galon d'essence,
06:29encore hier, était dépassé le 4 dollars le galon.
06:33Il a progressé de plus d'un dollar depuis un mois.
06:35Donc ça, ça se retrouve évidemment dans la confiance des ménages
06:38et dans l'inflation anticipée.
06:40Et par ailleurs, certes, les marchés d'action ont fortement rebondi
06:43aux États-Unis dès hier soir,
06:44mais ils s'étaient contractés assez massivement sur le mois de mars.
06:47Et on a des effets richesses qui jouent aussi contre la population,
06:53en partie, la plus aisée aux États-Unis.
06:56Et elles aussi, quand on l'interroge,
06:58elles se montrent moins enclines, d'après les données d'enquête,
07:01à réaliser des achats importants dans les prochains mois.
07:04Donc sur les données de consommation,
07:06vraiment cette donnée hier qui était positive,
07:09je tiens vraiment à la nuancer.
07:11Et quand on regarde par ailleurs l'évolution du marché du travail,
07:14on peut rester inquiet.
07:16Hier, le nombre d'offres d'emploi,
07:18qui est un indicateur de la demande de main d'œuvre,
07:20il a diminué de 358 000 et il s'est établi aujourd'hui à 6,9 millions.
07:25Et les embauches, elles, ont diminué de 498 000 postes sur le mois de mars,
07:31pour s'établir autour de 4,8 millions.
07:33Et ça, c'est le niveau le plus bas depuis mars 2020,
07:36c'était le début du Covid.
07:38Et si vous retirez le Covid, il faut revenir à août 2014.
07:41Donc Jérôme Powell, il doit faire avec ce cocktail,
07:43finalement, où la croissance vraiment ralentit.
07:46Le T4, c'était quand même catastrophique aux Etats-Unis,
07:490,7% de croissance sur un an.
07:52C'est inférieur à la croissance de la zone euro, par exemple,
07:55alors qu'évidemment, la croissance américaine
07:57était bien plus soutenue que la zone euro ces derniers trimestres.
08:00Et donc, pour moi, ces données confirment plutôt
08:02le ralentissement de l'économie américaine.
08:05Mais ce matin, de nouveau, une lueur d'espoir.
08:08Et si les marchés actions venaient à rebondir,
08:09la confiance aux Etats-Unis pourrait rebondir encore plus massivement
08:13qu'en Europe.
08:13On sait que ça va un peu plus vite chez eux.
08:15Merci beaucoup, Paul Schley, de nous avoir accompagné ce matin,
08:17chef économie chez Crédit Mutuel Arkea
08:18et membre du comité stratégique du Think Tank BSI Economy.
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