00:00VFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Même si tout n'est pas rose, franchement oui le CAC 40 gagne 0,8%
00:07mais figurez-vous que c'est une exception en Europe puisque l'Europe elle recule à nouveau aujourd'hui légèrement.
00:11Le Rostock 50 perd 0,1%. On a des indicateurs qui montrent un impact quand même,
00:14un croissant de ce qu'on fait au Moyen-Orient sur nos économies, en tout cas sur le moral des
00:18acteurs économiques.
00:19Gilles Mouek nous rejoint, le chef économiste du groupe AXA. Bonjour Gilles.
00:23Ravi de vous retrouver. On peut démarrer par les PMI européens, c'est vrai, qui ont été publiés et qui
00:27sont surprenants.
00:27On attendait une dégradation, mais pas à ce point. On est en contraction carrément.
00:31On repasse sous les 50 pour les PMI européens à 48,6 en avril.
00:36Oui, on repasse sous la barre des 50.
00:38Alors il faut faire attention avec le PMI parce que c'est un indicateur qui était devenu vraiment l'indicateur
00:42phare,
00:43le meilleur prédicteur du PIB.
00:45Et puis depuis quelques années, sa relation au PIB s'est un tout petit peu dégradée,
00:48donc il faut le prendre avec un tout petit peu plus de précaution.
00:51Mais c'est vrai que le signal est quand même assez inquiétant.
00:54Et peut-être que ce qui est le plus surprenant dans cette livraison,
00:57c'est le fait que c'est vraiment le secteur des services qui dévisse,
01:00alors qu'on a l'impression qu'il y a encore une espèce de vitesse acquise du côté du manufacturier.
01:05Je pense que du côté des services, ce qui est en train de se produire,
01:08c'est qu'on a des entreprises qui prennent la mesure en fait de la détérioration probable du pouvoir d
01:14'achat
01:14dans les mois qui vont venir avec la persistance du choc de prix.
01:19Et c'est ça probablement qui explique ce requirement.
01:23Encore une fois, il faut essayer de le prendre, de le mettre en perspective avec d'autres indicateurs.
01:28Mais c'est également l'information qui nous vient de la dernière enquête de l'INSEE,
01:32par exemple pour la France, la dernière enquête de l'IFO en Allemagne.
01:35Il y a vraiment un faisceau d'indices qui nous dit que,
01:37oui, en mars, on avait des choses entreprises qui restaient relativement constructives.
01:42Là, en avril, ça a pris quand même un coup.
01:45Effectivement, un impact.
01:47Alors d'autant plus important cet impact de la guerre au Moyen-Orient
01:50que la plupart des acteurs maintenant anticipent les répercussions
01:54et du coup deviennent plus frileux pour l'avenir.
01:56Et c'est l'Allemagne qui, hier, a divisé par deux quand même, Gilles,
02:00sa prévision de croissance pour cette année 2026.
02:02Malgré le plan de Roland, le plan de défense, le plan dans les infrastructures
02:05qui avait boosté justement cette économie allemande.
02:07Il y a un an, on se disait mais l'Allemagne va redevenir la locomotive européenne.
02:10Et en fait, aujourd'hui, on n'en a plus vraiment le sentiment.
02:14Oui, parce que là, on retrouve l'un des problèmes fondamentaux de l'Allemagne
02:18qui est sa spécialisation industrielle et sa spécialisation géographique
02:22avec une économie qui reste encore très largement retirée par des exportations
02:26à un moment où, assez clairement, on est en train de réviser à la baisse
02:32les anticipations d'exportation, les anticipations de banque mondiale.
02:35À un moment aussi où on va probablement avoir des révisions à la baisse
02:39des progrès d'investissement dans le monde entier.
02:42Or, l'Allemagne est un grand exportateur de biens d'équipement.
02:46Et puis, sur le terrain intérieur, on a effectivement ce choc négatif
02:51sur le pouvoir d'achat des ménages avec une sensibilité des prix allemands
02:55au choc énergétique qui est plus importante qu'en France.
03:00ne serait-ce qu'à cause, encore une fois, de ces spécialisations industrielles
03:03et du fait du mix énergétique allemand qui ne les aide pas
03:06dans la situation dans laquelle on est aujourd'hui.
03:08Mais je douterais que ce qui est frappant dans le cas allemand,
03:11c'est que ça s'inscrit dans une dégradation qui est vraiment maintenant
03:14très longue, très structurelle.
03:16Je regardais ce matin ce qu'on appelle la performance à l'exportation.
03:20Ce sont les exportations qu'on mesure par rapport à la demande mondiale.
03:24Donc, ça vous donne une bonne indication de l'évolution des pertes de marché.
03:27En France, on s'est en fait stabilisé depuis le Covid.
03:32Dans le cas allemand, c'est une espèce de dégradation quasiment continue
03:34en droit de ligne à partir de 15 ans.
03:36Gilles, aux Etats-Unis, on a cette semaine parlé de Banque centrale
03:39avec l'audition de Kevin Walsh devant le Sénat.
03:43Alors, ça a été assez politique comme audition,
03:45mais tout de même, il a tenu sa ligne.
03:48Le futur, normalement, président de la Fed
03:50et notamment sa volonté de réforme de la Banque centrale américaine.
03:56Est-ce que cela vous a plutôt inquiété ou rassuré ?
04:00Il pourrait notamment vouloir un peu moins de transparence
04:02en ne systématisant pas les conférences de presse
04:06à l'issue d'une décision de politique monétaire.
04:10C'était effectivement une prestation extraordinairement politique.
04:15Et moi, je l'ai vraiment, en l'écoutant,
04:17je pensais à cette fameuse phrase du cardinal de Reitz,
04:20« On me sort de l'ambiguïté qu'à son détriment ».
04:22Donc, en fait, fondamentalement, Kevin Walsh n'a rien dit
04:25lors de son audition.
04:27Je vous mets vraiment au défi de me dire
04:29quelle est son orientation de politique monétaire
04:32lorsqu'il rejoindra le bord de la Fed.
04:34Parce que oui, il parle de réforme du système,
04:37réforme de l'approche, prise de distance par rapport au modèle,
04:40prise de distance par rapport aux prévisions,
04:43probablement beaucoup moins de forward guidance.
04:44Tout ça, c'est intéressant.
04:45Mais c'est essentiellement de la communication
04:48ou c'est de la cuisine interne.
04:49Mais sur l'orientation générale de la politique monétaire,
04:53honnêtement, on n'en a pas su davantage.
04:55Et c'est parfaitement compréhensible,
04:56parce que je pense que Kevin Walsh n'a absolument rien à gagner
04:59à dévoiler ses batteries trop tôt.
05:02Je pense qu'il y a un élément intéressant de fond,
05:04d'analyse macroéconomique dans ce qu'il a dit,
05:06qu'il faut retenir, c'est qu'il a rappelé sa croyance
05:09dans le fait que les conditions d'offres aux États-Unis
05:11ont beaucoup changé.
05:12Et dans sa bouche, les conditions d'offres,
05:14ça veut dire quoi ?
05:15Ça veut dire cette idée qu'avec l'IA,
05:17avec la révolution technologique,
05:19on a probablement des gains de productivité
05:20tendanciellement aux États-Unis qui ont accéléré.
05:22Et ça, ça donne davantage de marge de manœuvre
05:25entre guillemets à la politique monétaire,
05:27parce que son attente, c'est que ces gains de productivité
05:30permettent d'obtenir une croissance moins inflationniste.
05:32Mais à part ce qu'il y a de bon macro,
05:34le reste était essentiellement politique.
05:36Oui, mais sur l'IA, effectivement,
05:38il croit vraiment à de grands gains de productivité
05:40qui pourraient, du coup, pour le coup, pourquoi pas justifier
05:42des baisses de taux.
05:43On aura mille fois l'occasion d'y revenir.
05:44Il ne faut pas qu'ici, on oublie trop DeepSync non plus,
05:46parce qu'on en parlait beaucoup, DeepSync,
05:47il y a un an et demi.
05:49Nouvelle façon de faire de l'IA,
05:50beaucoup moins coûteuse.
05:52Peut-être que DeepSync a quand même besoin de capitaux.
05:53En tout cas, on apprend aujourd'hui.
05:54qu'Alibaba et Tencent envisagent d'investir dans DeepSync.
05:57Les discussions portent sur un investissement
05:59de 20 milliards de dollars dans DeepSync.
06:01On en reparlera dans la suite de BFM Bourse.
06:02Merci, Gilles, de nous avoir accompagné.
06:03Gilles Mouec, le chef économiste du groupe AXA.
06:06Le CAC progresse grâce aux solides publications,
06:09aujourd'hui notamment STM ou encore L'Oréal Orange.
06:11On n'oublie pas Orange aussi, qui gagne 3,3%.
06:121,3%.
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