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  • il y a 6 heures
Ce jeudi 23 avril, Gilles Moëc, chef économiste du Groupe AXA, a abordé la contraction surprise sur les indices PMI dans la Zone Euro, la prévision de croissance en Allemagne, et les annonces de Kevin Warsh au Sénat, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00VFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Même si tout n'est pas rose, franchement oui le CAC 40 gagne 0,8%
00:07mais figurez-vous que c'est une exception en Europe puisque l'Europe elle recule à nouveau aujourd'hui légèrement.
00:11Le Rostock 50 perd 0,1%. On a des indicateurs qui montrent un impact quand même,
00:14un croissant de ce qu'on fait au Moyen-Orient sur nos économies, en tout cas sur le moral des
00:18acteurs économiques.
00:19Gilles Mouek nous rejoint, le chef économiste du groupe AXA. Bonjour Gilles.
00:23Ravi de vous retrouver. On peut démarrer par les PMI européens, c'est vrai, qui ont été publiés et qui
00:27sont surprenants.
00:27On attendait une dégradation, mais pas à ce point. On est en contraction carrément.
00:31On repasse sous les 50 pour les PMI européens à 48,6 en avril.
00:36Oui, on repasse sous la barre des 50.
00:38Alors il faut faire attention avec le PMI parce que c'est un indicateur qui était devenu vraiment l'indicateur
00:42phare,
00:43le meilleur prédicteur du PIB.
00:45Et puis depuis quelques années, sa relation au PIB s'est un tout petit peu dégradée,
00:48donc il faut le prendre avec un tout petit peu plus de précaution.
00:51Mais c'est vrai que le signal est quand même assez inquiétant.
00:54Et peut-être que ce qui est le plus surprenant dans cette livraison,
00:57c'est le fait que c'est vraiment le secteur des services qui dévisse,
01:00alors qu'on a l'impression qu'il y a encore une espèce de vitesse acquise du côté du manufacturier.
01:05Je pense que du côté des services, ce qui est en train de se produire,
01:08c'est qu'on a des entreprises qui prennent la mesure en fait de la détérioration probable du pouvoir d
01:14'achat
01:14dans les mois qui vont venir avec la persistance du choc de prix.
01:19Et c'est ça probablement qui explique ce requirement.
01:23Encore une fois, il faut essayer de le prendre, de le mettre en perspective avec d'autres indicateurs.
01:28Mais c'est également l'information qui nous vient de la dernière enquête de l'INSEE,
01:32par exemple pour la France, la dernière enquête de l'IFO en Allemagne.
01:35Il y a vraiment un faisceau d'indices qui nous dit que,
01:37oui, en mars, on avait des choses entreprises qui restaient relativement constructives.
01:42Là, en avril, ça a pris quand même un coup.
01:45Effectivement, un impact.
01:47Alors d'autant plus important cet impact de la guerre au Moyen-Orient
01:50que la plupart des acteurs maintenant anticipent les répercussions
01:54et du coup deviennent plus frileux pour l'avenir.
01:56Et c'est l'Allemagne qui, hier, a divisé par deux quand même, Gilles,
02:00sa prévision de croissance pour cette année 2026.
02:02Malgré le plan de Roland, le plan de défense, le plan dans les infrastructures
02:05qui avait boosté justement cette économie allemande.
02:07Il y a un an, on se disait mais l'Allemagne va redevenir la locomotive européenne.
02:10Et en fait, aujourd'hui, on n'en a plus vraiment le sentiment.
02:14Oui, parce que là, on retrouve l'un des problèmes fondamentaux de l'Allemagne
02:18qui est sa spécialisation industrielle et sa spécialisation géographique
02:22avec une économie qui reste encore très largement retirée par des exportations
02:26à un moment où, assez clairement, on est en train de réviser à la baisse
02:32les anticipations d'exportation, les anticipations de banque mondiale.
02:35À un moment aussi où on va probablement avoir des révisions à la baisse
02:39des progrès d'investissement dans le monde entier.
02:42Or, l'Allemagne est un grand exportateur de biens d'équipement.
02:46Et puis, sur le terrain intérieur, on a effectivement ce choc négatif
02:51sur le pouvoir d'achat des ménages avec une sensibilité des prix allemands
02:55au choc énergétique qui est plus importante qu'en France.
03:00ne serait-ce qu'à cause, encore une fois, de ces spécialisations industrielles
03:03et du fait du mix énergétique allemand qui ne les aide pas
03:06dans la situation dans laquelle on est aujourd'hui.
03:08Mais je douterais que ce qui est frappant dans le cas allemand,
03:11c'est que ça s'inscrit dans une dégradation qui est vraiment maintenant
03:14très longue, très structurelle.
03:16Je regardais ce matin ce qu'on appelle la performance à l'exportation.
03:20Ce sont les exportations qu'on mesure par rapport à la demande mondiale.
03:24Donc, ça vous donne une bonne indication de l'évolution des pertes de marché.
03:27En France, on s'est en fait stabilisé depuis le Covid.
03:32Dans le cas allemand, c'est une espèce de dégradation quasiment continue
03:34en droit de ligne à partir de 15 ans.
03:36Gilles, aux Etats-Unis, on a cette semaine parlé de Banque centrale
03:39avec l'audition de Kevin Walsh devant le Sénat.
03:43Alors, ça a été assez politique comme audition,
03:45mais tout de même, il a tenu sa ligne.
03:48Le futur, normalement, président de la Fed
03:50et notamment sa volonté de réforme de la Banque centrale américaine.
03:56Est-ce que cela vous a plutôt inquiété ou rassuré ?
04:00Il pourrait notamment vouloir un peu moins de transparence
04:02en ne systématisant pas les conférences de presse
04:06à l'issue d'une décision de politique monétaire.
04:10C'était effectivement une prestation extraordinairement politique.
04:15Et moi, je l'ai vraiment, en l'écoutant,
04:17je pensais à cette fameuse phrase du cardinal de Reitz,
04:20« On me sort de l'ambiguïté qu'à son détriment ».
04:22Donc, en fait, fondamentalement, Kevin Walsh n'a rien dit
04:25lors de son audition.
04:27Je vous mets vraiment au défi de me dire
04:29quelle est son orientation de politique monétaire
04:32lorsqu'il rejoindra le bord de la Fed.
04:34Parce que oui, il parle de réforme du système,
04:37réforme de l'approche, prise de distance par rapport au modèle,
04:40prise de distance par rapport aux prévisions,
04:43probablement beaucoup moins de forward guidance.
04:44Tout ça, c'est intéressant.
04:45Mais c'est essentiellement de la communication
04:48ou c'est de la cuisine interne.
04:49Mais sur l'orientation générale de la politique monétaire,
04:53honnêtement, on n'en a pas su davantage.
04:55Et c'est parfaitement compréhensible,
04:56parce que je pense que Kevin Walsh n'a absolument rien à gagner
04:59à dévoiler ses batteries trop tôt.
05:02Je pense qu'il y a un élément intéressant de fond,
05:04d'analyse macroéconomique dans ce qu'il a dit,
05:06qu'il faut retenir, c'est qu'il a rappelé sa croyance
05:09dans le fait que les conditions d'offres aux États-Unis
05:11ont beaucoup changé.
05:12Et dans sa bouche, les conditions d'offres,
05:14ça veut dire quoi ?
05:15Ça veut dire cette idée qu'avec l'IA,
05:17avec la révolution technologique,
05:19on a probablement des gains de productivité
05:20tendanciellement aux États-Unis qui ont accéléré.
05:22Et ça, ça donne davantage de marge de manœuvre
05:25entre guillemets à la politique monétaire,
05:27parce que son attente, c'est que ces gains de productivité
05:30permettent d'obtenir une croissance moins inflationniste.
05:32Mais à part ce qu'il y a de bon macro,
05:34le reste était essentiellement politique.
05:36Oui, mais sur l'IA, effectivement,
05:38il croit vraiment à de grands gains de productivité
05:40qui pourraient, du coup, pour le coup, pourquoi pas justifier
05:42des baisses de taux.
05:43On aura mille fois l'occasion d'y revenir.
05:44Il ne faut pas qu'ici, on oublie trop DeepSync non plus,
05:46parce qu'on en parlait beaucoup, DeepSync,
05:47il y a un an et demi.
05:49Nouvelle façon de faire de l'IA,
05:50beaucoup moins coûteuse.
05:52Peut-être que DeepSync a quand même besoin de capitaux.
05:53En tout cas, on apprend aujourd'hui.
05:54qu'Alibaba et Tencent envisagent d'investir dans DeepSync.
05:57Les discussions portent sur un investissement
05:59de 20 milliards de dollars dans DeepSync.
06:01On en reparlera dans la suite de BFM Bourse.
06:02Merci, Gilles, de nous avoir accompagné.
06:03Gilles Mouec, le chef économiste du groupe AXA.
06:06Le CAC progresse grâce aux solides publications,
06:09aujourd'hui notamment STM ou encore L'Oréal Orange.
06:11On n'oublie pas Orange aussi, qui gagne 3,3%.
06:121,3%.
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