- il y a 2 jours
Catégorie
📺
TVTranscription
00:13Bonjour à tous et bienvenue sur Forbes. Aujourd'hui nous allons découvrir un acteur
00:17discret et pourtant essentiel dans l'univers du luxe. Eurobriance accompagne les grandes
00:22marques dans la création d'emballages à fort potentiel où l'impact visuel, la qualité,
00:28la technicité, joue un rôle fondamental. Mais au-delà de la performance industrielle,
00:34aujourd'hui on va s'intéresser à un autre aspect. L'entreprise se distingue par un modèle fondé
00:38sur la confiance, l'autonomie et le plaisir de travailler ensemble. Bonjour Martin Reimekers
00:44et Boris Offart. Bonjour. Alors quel est exactement déjà votre rôle dans la chaîne de valeur ? C'est
00:52vrai que vous êtes peut-être un peu moins connu du grand public, très connu des grandes marques.
00:57Racontez-nous. Alors Eurobriance, c'est une société qui crée de la matière pour les
01:02emballages. Donc notre rôle dans la chaîne de valeur, c'est de proposer des nouvelles matières
01:07qui soient respectueuses de l'environnement dans un premier temps. Et c'est le défi qui nous anime
01:12aujourd'hui dans cette nouvelle tendance de l'emballage. Donc avant même le produit,
01:17c'est vrai que c'est l'emballage qu'on voit en premier. On ne se rend pas compte que
01:21finalement
01:22l'emballage, c'est un vrai impact. Donc vous m'avez raconté, c'est le côté brillant,
01:27par exemple. Quand on le voit, quand on le touche, c'est quoi vraiment le rôle du packaging
01:34dans la perception d'une marque ?
01:36Nous, on a fait, Boris et moi, il y a dix ans, des tests avec MIT, Harvard et Procter &
01:43Gamble.
01:44Et on a mis des marques métallisées et non métallisées. On a vu que les gens ont tendance
01:50de prendre, à l'instant d'une seconde, fraction de seconde, le métalliser. Et en plus,
01:56une fois le métallisé dans la main, les gens ne changent plus d'avis.
01:59Ils voient même que l'autre est moins cher, ils ne changent plus d'avis, c'est fait,
02:03l'achat est fait. Et la raison se retrouve dans notre mémoire reptilienne, qui date de
02:11très longtemps. Et tout ce qui est cuivre, argent, or, c'est antibactériel. Et les gens
02:18le savaient. On mangeait avec des cuillères en argent. Les portes, c'était en cuivre.
02:27Et donc, les gens savent que le bling-bling, à la fin, c'est bon pour eux et ça les
02:32protège.
02:32Donc, c'est vraiment une explication neuroscientifique, finalement.
02:38Exact, exact.
02:39Et en quoi cette réalité, elle influence votre approche à vous dans la création de ce
02:48packaging premium ?
02:50En fait, quand on crée des matières aujourd'hui, on cherche à les rendre brillantes.
02:56Moi, je pense évidemment à la plaquette de beurre qu'on voit brillante.
03:00Voilà, la plaquette de beurre, historiquement, effectivement, c'était des matériaux qui
03:06sont difficilement recyclables. Aujourd'hui, c'est cette matière qu'on a changée. On
03:11la rend encore plus belle, plus attrayante et avec ce côté métallisé beaucoup plus
03:15présent. Et on fait la même chose pour les emballages cosmétiques et spiritueux.
03:19Donc, même ces nouvelles matières qu'on crée aujourd'hui sont encore plus jolies qu'avant.
03:25Et donc, elles vont refléter cette marque. Ce que la marque attend parce qu'un emballage,
03:29il va convoyer en fait les valeurs de votre marque. Il a plusieurs fonctions. Il convoie
03:37ce que vous voulez transmettre, le respect que vous voulez avoir avec votre consommateur.
03:42Oui, ça commence par les yeux, évidemment.
03:44Ça commence par ça. Vous avez le plaisir d'offrir aussi, qui est très important quand
03:47on va parler de cosmétiques, de spiritueux et l'aspect protecteur quand on parle d'alimentaire.
03:53Oui, parce qu'évidemment, il y a le beau, le visuel, mais il y a la technicité derrière
04:00cette approche brillante.
04:02C'est ça. Et c'est tout un défi de réaliser ces matières-là. Aujourd'hui, on a une marque
04:06zéroplaste. On élimine totalement le plastique de l'emballage. Donc, la fin de vie, elle
04:11est maîtrisée, elle est contrôlée, elle est respectueuse de l'environnement. Et
04:15en même temps, on a un produit qui est vraiment très, très brillant aujourd'hui.
04:19Donc, du beau et du bon pour la planète.
04:21Exactement.
04:22Mais votre organisation, elle s'inspire de modèles d'entreprises responsables, proches
04:30aussi de la philosophie des caring compagnie. Qu'est-ce qui vous a convaincu d'adopter
04:37cette approche ?
04:38Il y a cinq ans, j'ai participé à une conférence où la question était, c'était une conférence
04:45de managers en Belgique, où la question était comment gérer la génération des
04:49millenials. Et en effet, ce qu'on nous a expliqué là-bas, c'est que les boomers voient
04:56les millenials comme, ou l'inverse, les millenials voient les boomers comme des dinosaures.
05:02On ne se comprend pas. Et donc nous, on a dit, c'est clé pour nous qu'on s'adapte.
05:09Et
05:09donc, le caring company, c'est une société qui prend soin de son personnel, mais aussi
05:15de tous ses partenaires, tous les autres partenaires, que ce soit financiers, que ce soit les fournisseurs.
05:19On prend soin de chacun.
05:22Oui, vous avez vraiment tourné votre approche vers placer l'humain au cœur du modèle.
05:31Pourquoi c'est si essentiel pour vous ?
05:34Pour nous, c'est essentiel parce que, je dis toujours, on peut avoir une mauvaise société
05:40avec du bon personnel, des bons gens, ou une belle boîte avec des mauvais gens. Et moi,
05:45je préfère le premier. Parce qu'avec les bonnes gens, les gens motivés, on va vraiment
05:50faire un très grand chemin et un grand succès.
05:54OK. Alors c'est vrai que j'ai été surprise de plein de choses que vous m'avez racontées,
06:01puisque votre approche a privilégié la confiance, l'autonomie. Pourquoi pas ? Ça se voit
06:07de plus en plus. Plutôt que le contrôle. Donc, il y a très peu de contrôle au sein
06:12de l'entreprise. Et bizarrement, ça fonctionne, alors que ce n'est pas forcément intuitif.
06:18Comment on dirige une entreprise en intervenant le moins possible dans le travail des équipes ?
06:24Alors vous avez raison, ce n'est pas forcément intuitif, d'un point de vue du management,
06:28de ce qu'on va apprendre dans les écoles, tout ce qu'on veut.
06:31Par contre, l'avantage d'avoir un modèle dans lequel vous intervenez peu, c'est d'avoir
06:37des gens qui vont être autonomes et qui vont s'investir du projet. Par contre, ce n'est
06:41pas quelque chose qui se fait en un jour. Vous recrutez, vous vous entourez progressivement
06:45aussi des gens qui vont avoir la même vision que vous. Donc, comment aussi le faire d'un
06:50point de vue de la direction ? Il faut aussi exprimer sa vision. Il faut partager. Il faut dire
06:58où on veut aller. Il faut donner le cap. Et après, s'entourer des bonnes personnes.
07:02Et après, la magie opère, en fait.
07:05C'est vrai que certaines règles au sein de votre entreprise, ça aussi, c'est très propre
07:11à vous. Et système de participation était défini par les équipes elles-mêmes.
07:16Et vous observez parfois plus d'exigences que la propre direction. Comment est-ce que
07:22vous l'expliquez, ça ?
07:24Nous, on a décidé de créer un groupe de collaborateurs. C'est l'administration,
07:30c'est la direction, c'est les conducteurs de machines, c'est les gens du magasin.
07:34On a fait un groupe.
07:35Donc, à toutes les échelles de l'entreprise.
07:38Et on les a demandé d'écrire les conditions pour obtenir la prime de participation.
07:43Ok.
07:44Et donc, ils sont venus avec une proposition. On a dit, voilà, vous nous mettez la proposition,
07:48on va la valider ou pas. Et on en a fait un nous-mêmes aussi. Et il s'avère que
07:53ce
07:53qui a été proposé par le personnel est bien plus sévère. Et pour moi, l'explication,
07:59c'est que les gens savent que quelqu'un qui vient 30 minutes en retard, il met la machine
08:04en arrêt. Et ça coûte à tout le monde. Et ça coûte à l'entreprise. Et ce n'est
08:09pas bien, ce n'est pas motivant. Et c'est pour ça qu'ils ont vraiment défini les règles.
08:12Et comme dit, c'était bien plus sévère que nous, on avait mis à la table tout d'abord.
08:18C'est drôle.
08:19Les gens se challengent naturellement. Une fois qu'on leur donne des responsabilités,
08:24ils vont s'impliquer.
08:25C'est motivant.
08:26C'est motivant.
08:27C'est motivant, oui.
08:28Alors, autre chose qui m'a beaucoup surpris. Vos collaborateurs participent au choix
08:32de leurs futurs collègues. Alors là, c'est...
08:35très surprenant. Pourquoi avoir confié une décision aussi stratégique aux équipes
08:41et non à la direction ?
08:43Il y a 30 ans que moi, j'ai commencé ma carrière. En effet, le lundi, on était
08:47introduit au nouveau collaborateur. Et on ne le connaissait pas. Et peut-être, il n'y a
08:53pas un clic entre les gens. Et la décision d'impliquer est venue d'un de nos collaborateurs
09:01qui m'a dit, je suis censé former quelqu'un. Mais après 30 minutes, je sais si ça va
09:06ou si ça ne va pas. Et donc, pourquoi vous ne m'impliquez pas ?
09:10Et là, j'ai dit, c'est vraiment une bonne idée. Et depuis, on le fait. Et donc, les gens
09:16parlent entre eux. Et s'il y a un clic, ça marche.
09:21Ce qui tombe sous le sens, finalement, quand on le met en pratique, mais qui n'est tellement
09:25pas dans les mœurs de recrutement de base.
09:28Oui. Et donc, moi, typiquement, je vois les nouveaux recrues le premier jour, le deuxième
09:32jour. Et le feedback continu que j'ai, c'est que j'avais deux offres parce qu'il y a
09:39de l'offre
09:40sur le marché de travail. J'avais deux offres. Mais j'ai fait le tour d'usine avec mon futur
09:47collaborateur. Et là, j'ai compris. J'ai senti l'ambiance qu'il y a dans votre société.
09:52Et ça m'a fait bifurquer vers vous.
09:55Oui, parce que c'est vrai que surtout, beaucoup depuis le Covid, les gens ont changé leur façon
10:01de travailler, leur envie. Ils ont vraiment envie d'être alignés avec eux-mêmes. Pourquoi
10:06c'est devenu essentiel ? On l'a dit que les collaborateurs aient du plaisir à venir
10:12travailler. Qu'est-ce qui a changé vraiment ? Qu'est-ce que vous avez observé sur ces dernières
10:16années ? Moi, j'ai observé dans ma vie plutôt qu'on travaille pendant huit heures.
10:21On dort pendant huit heures. On se prépare pour aller travailler et revenir encore quatre
10:28heures. Donc, il reste quatre heures pour vraiment vivre. Si déjà, on n'a pas d'autres tâches
10:33ménagères à faire. Donc, si on n'a pas de plaisir au travail, il faut arrêter ce travail.
10:39Il faut faire autre chose parce que c'est la plupart de la vie qui engage. Donc, le plaisir
10:44au travail, c'est fondamental. Et ça motive et ça donne les gens du plaisir. Je suis
10:51sûr que le soir, quand les gens reviennent de chez nous, ils parlent avec leur partenaire
10:56en disant « Tiens, on a fait ça et ça aujourd'hui, c'était bien, c'était marrant ». Donc,
11:00le plaisir
11:01au travail, c'est fondamental.
11:02Et puis, je me dis que c'est du plaisir pour tout le monde parce que pour vous aussi,
11:05dans la direction, quand vous voyez les gens, les partenaires heureux, ça change.
11:12Ça change en termes de motivation. On a aussi du recrutement qui est basé sur la
11:16cooptation. Donc, eux-mêmes vont choisir leurs collaborateurs. Et ça rejoint un peu
11:21ce qu'on disait avant, comment manager sans intervenir. Finalement, en ayant du plaisir,
11:26on va leur donner de l'autonomie et on n'a pas besoin d'intervenir. En plus de ça,
11:31je dirais que le rôle du plaisir au travail, c'est ce qu'a dit Martha en tout premier lieu,
11:37c'est de se faire plaisir un bon nombre d'heures dans la journée. Mais c'est aussi
11:42d'avoir des gens qui vont rester fidèles à la société où on ne va pas avoir beaucoup
11:46de turnover. Et finalement, vous allez monter toute l'organisation en compétences. Et à la
11:51fin, qu'est-ce qui va en résulter ? C'est la qualité du produit que vous allez sortir.
11:54Bien sûr. Est-ce que vous avez une anecdote à me partager avec un partenaire financier
12:01ou dans votre développement qui illustre justement cette nouvelle manière de piloter
12:06l'entreprise ? Oui, oui. Un jour, on avait autour d'une table, je faisais une tour des
12:11banques. On avait plusieurs banques autour de la table. Typiquement, 95% c'était des
12:17hommes, plutôt de ma génération. Et puis, il y avait deux jeunes femmes qui étaient
12:24aussi à la table. Et moi, je racontais la passion qu'on a pour rendre notre emballage
12:30écologique. Donc, plus de cartons plus plastiques, mais cartons zéro place de nos produits qu'on
12:36a développés. Et j'expliquais que je faisais ça pour pouvoir dire à mes petits-enfants,
12:42quand ils sont sur mes genoux, tiens, grand-père a fait ça et ça pour l'environnement.
12:47Et pour sauver la planète. Et pour sauver la planète. Et je disais, l'argent pour
12:51moi, ça vient en deuxième lieu. En fait, ce n'est pas si important, c'est que j'ai
12:55ma passion. Et j'ai vu un peu les hommes me regarder comme une vache qui voit passer
13:03un train. Et puis, en effet, une des deux femmes a vraiment adhéré, a vraiment compris
13:08ce que j'ai dit. Et c'est la banque à elle qui nous a financés.
13:13C'est vrai qu'on est à l'heure où les entreprises cherchent à attirer et fidéliser
13:18de plus en plus les talents. Et c'est quelque chose que vous avez compris chez Eurobriance
13:24que le bien-être au travail passe avant tout. Merci beaucoup pour cet échange.
13:28Merci à vous, Claire. Merci.
13:29Merci.
Commentaires