00:00Tout pour investir, l'événement sur BFM Business.
00:04Et c'est Stéphane Ruzanski qui est avec nous. Bonjour Stéphane.
00:07Bonjour.
00:08Bienvenue Stéphane Ruzanski, président et cofondateur de Réthores Finance.
00:12Pour parler d'un sujet dont on vous a déjà parlé sur BFM Business,
00:16parce que ça accapare nos esprits un petit moment,
00:17c'est les fonds de dette privée Evergreen.
00:20Il n'a échappé à personne qu'il y avait en ce moment des blocages temporaires
00:23du côté de certains fonds aux Etats-Unis.
00:25Globalement, Stéphane, pour vous, il faut s'inquiéter
00:26ou on se fait peur pour rien dans cette histoire ?
00:28Comment vous regardez ça ?
00:29Je pense que le marché se fait un peu peur pour rien.
00:32Il a réagi sur trois chocs, enfin finalement deux chocs
00:36qui ont entraîné le blocage.
00:37Le premier choc, ça a été une série de faillites
00:39qui est arrivée aux Etats-Unis, deux aux Etats-Unis,
00:43une en Grande-Bretagne, qui a commencé à faire peur
00:47un peu aux opérateurs de marché.
00:49Et puis on a eu ce SaaS Apocalypse qui est arrivé en février 2026
00:56avec Anthropix qui lance Claude Cowork et Claude version 4.6.
01:01Je ne sais pas si vous l'utilisez, mais c'est assez puissant
01:03puisque vous pouvez relier directement Claude maintenant à votre disque dur
01:06ou développer des agents IA en les branchant à votre CRM, à plein de choses.
01:10Et ça, ça a beaucoup inquiété les marchés.
01:12Vous l'avez vu sur les marchés cotés, ça a perdu moins 30, moins 35%.
01:15Et il y a beaucoup de sociétés de logiciels qui sont aussi financées
01:20par la dette privée avec des leviers de 4 à 7.
01:22Donc on s'est posé beaucoup de questions.
01:25Donc ces faillites, ce SaaS Apocalypse, a entraîné des retraits massifs,
01:30des demandes de retraits massifs sur les fonds de dette privée Evergreen.
01:33Je vous rappelle, sur les fonds de dette privée Evergreen,
01:35il y a des périodes de liquidité qui sont organisées,
01:38tous les mois ou tous les trimestres, à hauteur de 5% de l'encours du fonds.
01:42Et là, les demandes ont été supérieures finalement à ces 5%.
01:45Donc il y a plusieurs sociétés de gestion, BlackRock, Blackstone, BlueHoy,
01:49qui ont bloqué complètement ces fonds Evergreen.
01:51Oui, ce n'est pas venu d'acteurs mineurs, c'est ça qu'il faut dire.
01:53Non, des gros acteurs, et c'est uniquement des fonds
01:56qui sont investis sur les Etats-Unis.
01:59Donc c'est comme une vraie indication.
02:03C'est ça qui modère votre inquiétude,
02:04le fait que ça soit circonscrit aux Etats-Unis, finalement ?
02:07Alors ça modère...
02:09Alors ce n'est pas le même marché, ce n'est pas le même type d'investisseurs.
02:11Les investisseurs qui vont investir sur la dette privée aux Etats-Unis,
02:13ce n'est pas le même qui vont investir sur la dette privée en Europe,
02:17parce que le taux de rendement est plus faible en Europe,
02:20donc vous allez avoir des investisseurs qui sont moins opportunistes,
02:22c'est-à-dire qui vont moins rentrer et sortir.
02:24On le sait, le taux de croissance en Europe est plus faible qu'aux Etats-Unis,
02:27donc il y a moins d'entrées et sorties.
02:29Donc pour le coup, le risque de demande de rachat massif
02:33sur les fonds qui sont largement investis sur la dette privée européenne
02:37est probablement moins fort.
02:40Après, moi j'ai passé beaucoup de coups de fil en appelant beaucoup les gérants
02:43pour faire un scan vraiment des portefeuilles,
02:45et quand on prend un peu de recul là-dessus,
02:48on a une vue qui est beaucoup moins anxiogène.
02:50D'abord sur le risque de défaut,
02:52le risque de défaut il est inhérent au crédit,
02:54il y aura toujours des boîtes qui vont frauder,
02:59pour qui ça va moins bien se passer.
03:02Sur le high yield, on a un taux de défaut historique à 4%,
03:04sur la dette privée, on a un taux de défaut à 2%,
03:07mais je peux vous trouver des gérants qui ont un taux de défaut
03:09sur leur portefeuille de 0,3%.
03:11Donc le premier réflexe à avoir déjà,
03:13c'est de bien sélectionner ses gérants,
03:15ça c'est la première chose.
03:16Ensuite, le gros sujet qu'on a tous,
03:18mais sur tous les marchés,
03:19c'est finalement l'impact de l'IA sur les logiciels,
03:22qui sont accompagnés par des fonds de private equity,
03:25qui sont financés par des fonds de dette privée,
03:28et je suis tombé sur une interview du fondateur de Thomas Bravo,
03:32Thomas Bravo, juste pour vous situer,
03:34c'est une société de gestion de private equity aux Etats-Unis,
03:37spécialisée sur le logiciel.
03:39C'est le plus gros fonds, ça gère 180 milliards.
03:42Et Thomas Bravo, et Eduardo Bravo,
03:44étaient interrogés par une télé américaine,
03:47en lui demandant son point de vue.
03:50Et il explique que, effectivement, ça va faire des dégâts,
03:53et qu'il trouvait que, finalement,
03:54la baisse des valorisations était parfaitement justifiée
03:58pour certaines entreprises.
03:59Mais tout de suite, il rebondit sur le fait de dire
04:01que l'IA va avoir des répercussions sur les entreprises de logiciels,
04:05mais pas sur toutes.
04:06Sur celles qui traitent des données très spécifiques,
04:12sur celles qui sont dans un processus réglementaire très encadré,
04:15qui demande de la certification,
04:16pour lui, qui est l'expert mondial des sociétés de logiciels,
04:20il n'y aura pas de problème.
04:21Au contraire, l'IA sera en capacité
04:24de permettre à ces entreprises
04:26de monétiser davantage, en fait, leurs produits.
04:29C'est bien de remettre l'église au cœur du centre du village,
04:31parce qu'effectivement, il y a de ça quelques semaines,
04:33il y a eu toute une volée, enfin, une envolée,
04:36des dégagements massifs sur les valeurs
04:37des groupes de logiciels aux États-Unis,
04:39du côté de Wall Street.
04:40Donc, oui, oui, c'est vrai que c'est un sujet
04:41qui est monté d'un seul coup.
04:42D'un seul coup, on s'est mis à taper
04:44sur les éditeurs de logiciels.
04:45Exactement.
04:46Alors qu'il y a de tout, en fait.
04:47Oui, oui, il y a de tout, bien sûr.
04:48Il n'y a pas de données critiques
04:49et qui vont être très facilement
04:50remplaçables par l'IA,
04:51mais des entreprises, de logiciels,
04:53je vous donne un exemple,
04:55les hôpitaux utilisent des logiciels
04:57pour gérer leur banque de sang.
05:00Ces logiciels-là, en fait,
05:02doivent être réglementés par l'État
05:03et certifiés par l'État.
05:05Impossible de rentrer de l'IA dedans.
05:06Impossible.
05:07Alors peut-être qu'on pourra améliorer
05:08la réalisation de tout ça,
05:09mais des logiciels de ce type-là,
05:11en fait, il y en a vraiment plein sur le marché.
05:13Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
05:15il y a une chasse,
05:16enfin, il y a une peur collective
05:18sur le logiciel qui est infondée
05:20et lorsqu'on regarde véritablement
05:23en profondeur le business
05:24de ces logiciels,
05:26on s'aperçoit qu'il y en a
05:27qui sont quand même très protégés.
05:29Et là encore,
05:31moi, je n'ai pas une grande inquiétude
05:32là-dessus, à la fois sur la dette privée
05:34que aussi bien sur les fonds
05:36de private equity
05:36qui sont investis là-dedans
05:37parce que si vous avez choisi
05:38des bons gérants
05:40qui ont bien analysé
05:41leur participation,
05:43qui ont analysé les risques,
05:45le fait que ces logiciels
05:46perdent des clients,
05:48vous êtes absolument protégés
05:50de l'IR.
05:51Bon, comment on fait
05:52pour choisir le bon gérant ?
05:53Ça, c'est la liée.
05:54On va avoir un professionnel.
05:55Je crois que c'est au fur et à mesure
05:56de la semaine
05:57qu'on va se rendre compte.
05:58Exactement.
05:58C'est quand la mer se retire,
05:59comme dit Warren Buffett,
06:00qu'on voit véritablement ce que...
06:01Tout à fait.
06:02Bon, on fait le gros dos,
06:02donc en attendant de voir un petit peu...
06:04On fait le gros dos,
06:04puis on continue à investir.
06:05Voyez-le, je ne sais pas,
06:06est-ce qu'il y a un signe noir
06:07observé ?
06:07Non, il n'y a pas de signe noir.
06:08Et puis, aujourd'hui,
06:10effectivement,
06:11quatre suggestions
06:11qui ont bloqué
06:13temporairement les rachats,
06:14mais sur l'Evergreen,
06:15la condition de la liquidité,
06:17elle n'est pas garantie.
06:18Elle est organisée,
06:19elle est structurée
06:19de manière trimestrielle,
06:21de manière mensuelle.
06:22Mais s'il y a des rachats
06:22supérieurs à ces 5%,
06:24généralement,
06:24c'est bloqué
06:25pour protéger
06:27les intérêts
06:27de tout le monde.
06:28Donc, le premier réflexe
06:30à avoir, à mon avis,
06:31un,
06:32c'est de choisir
06:33des gérants
06:33qui n'ont pas été bloqués,
06:34première chose.
06:35Il ne faut pas jeter
06:36la classe d'actifs
06:37de la dette privée
06:37et de la poubelle.
06:38C'est quand même fondamental
06:39parce que c'est une classe d'actifs
06:40qui a toute sa place
06:41dans nos allocations patrimoniales.
06:42Et puis,
06:43il faut choisir
06:44des gérants
06:45qui ont fait
06:45un vrai travail de due deal,
06:47d'analyse de leur participation.
06:49Et c'est des actifs,
06:51des fonds
06:51qui tournent
06:52à 8-9%
06:53d'en rendement
06:54qui versent
06:55des revenus réguliers
06:57et donc qui assurent
06:58eux-mêmes,
06:58eux-mêmes en fait,
06:59une sorte de liquidité
07:00à l'intérieur
07:00de ces fonds Evergreen.
07:01Voilà, ne jetons pas
07:02toute la classe d'actifs,
07:03les fonds de dette privée
07:03Evergreen,
07:04une panique peut-être
07:04un peu injustifiée
07:05à ce stade,
07:06nous dit Stéphane aujourd'hui.
07:07Merci beaucoup
07:08d'être passé nous voir Stéphane.
07:09Stéphane Rozinski,
07:10président cofondateur
07:11Retores Finance
07:12avec nous aujourd'hui
07:13sur BFM Business.
07:15Merci beaucoup,
07:15à très vite Stéphane.
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