Ce mercredi 26 novembre, Olivier De Royère, gérant actions chez Montpensier Arbevel, s'est penché sur le rebond tardif du secteur de la santé en 2025 et les segments à privilégier dans ce domaine, dans Tout pour investir L'Événement, dans l'émission Tout pour Investir, présentée par Antoine Larigaudrie. Tout pour Investir est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
00:00Tout pour investir, l'événement sur BFM Business.
00:04Tout pour investir, l'événement, c'était il y a quelques jours au pavillon d'Armenonville.
00:08Vous étiez très très nombreux cette année à nous accompagner.
00:11Montpensier Arbevel à nos côtés une nouvelle fois, les fidèles d'entre les fidèles.
00:14Olivier Droyer nous rejoint pour Montpensier Arbevel. Bonjour Olivier.
00:16Bonjour Guillaume.
00:17Vous croyez ferme dans le secteur de la santé et c'est vrai qu'on voit des pousses vertes dans le secteur en bourse depuis l'été.
00:22Avant de l'expliquer, on revient de loin quand même dans ce secteur.
00:24Comment expliquer le très fort retard depuis des années de la santé en bourse ?
00:27Oui, alors ne serait-ce que cette année, avant le rebond de début septembre, on avait 20% de retard sur les indices globaux monde, quand on dézoome un peu.
00:33Donc c'était au coup.
00:34Alors c'était dû à quoi ? Pas en tout cas aux tendances fondamentales, puisqu'en termes de résultats, c'était le deuxième secteur en termes de révision positive bénéficiaire sur le deuxième trimestre.
00:42C'était bien aussi au troisième trimestre.
00:44Ce n'était pas la valorisation puisqu'on était 25% en PE relatif en dessous de l'historique long terme et à peu près 7-8% en dessous en absolu dans un marché, bon, ça qui est quand même assez cher.
00:52Donc c'était la politique, la politique américaine avec Donald Trump une fois de plus.
00:58Il y avait les droits de douane comme partout, mais finalement quand vous avez 80% de marge brute, ce n'est pas le problème le plus grave.
01:04Il y avait les perturbations à la FDA qui autorise des médicaments aux Etats-Unis parce qu'avec Robert Kennedy, toujours un peu fou, il y avait des craintes, il y a eu des changements, des gens sont partis.
01:13Mais malgré tout, ça reste une institution avec des gens sérieux, des scientifiques, malgré tout, ça reste ça quand même le nerf de la guerre.
01:19Donc le sujet principal, c'était vraiment la directive MFN, c'est-à-dire la crainte d'alignement des prix américains sur les meilleurs tarifs des autres pays développés.
01:28Et quand on sait qu'en Europe, les prix des médicaments sont à près deux fois et demi inférieurs à ce qu'ils sont aux Etats-Unis, c'était une vraie menace pour les profits du secteur.
01:34Alors on a été soulagé fin septembre, pourquoi ? Parce qu'il y a eu un premier accord entre Donald Trump et Pfizer, suivi par d'autres pharmaceutiques.
01:42Et en fait, cet accord a concentré ce risque de baisse de prix sur la partie Medicaid.
01:47Alors Medicaid, c'est pour les Américains qui n'ont pas les moyens d'avoir une assurance santé.
01:50Et comme les prix sont déjà bas, c'est que 2% des profits du secteur.
01:53Donc ça a vraiment déclenché un rallye depuis qui a vraiment permis de se départir et d'avoir une hausse à peu près d'une dizaine de pourcents,
02:03alors que le marché depuis est globalement autour d'après 0 et 2% de hausse.
02:07Donc là, une vraie phase de surperformance, ça pourrait continuer puisque la tech aujourd'hui, on voit qu'il y a pas mal de discussions.
02:13Et puis, des secteurs traditionnellement défensifs, comme tout ce qui est cosmétiques, beauté, etc., c'est quand même moins résilient que d'habitude.
02:19Donc ça nous rend confiants.
02:20Voilà, vous êtes de ceux qui pensaient que ce segment santé est amené à continuer son rebond, à le poursuivre.
02:25Quel segment dans ce secteur faudra-t-il privilégier, d'après vous ?
02:28Alors les premiers bénéficiaires, ça a été souvent les grands laboratoires pharmaceutiques.
02:32C'était un peu le trade facile, entre guillemets.
02:34Mais bon, malgré tout, aujourd'hui, avec le rebond, elles sont quand même à peu près à un prix qu'on considère comme normal.
02:39Et puis, il y a des expirations brevetaires, environ 300 milliards sur 2025-2030.
02:46Donc nous, aujourd'hui, on pense que la meilleure opportunité, c'est le segment dit du life science.
02:49C'est-à-dire que c'est les sociétés, finalement, qui font l'externalisation de la recherche clinique,
02:53l'externalisation de la production de médicaments, les équipements qui servent à cette production,
02:56le diagnostic, les équipements de diagnostic, tout ça, c'est des sociétés de croissance
03:01qui, historiquement, avaient souvent des performances à deux chiffres, en parallèle un peu de leur croissance bénéficiaire.
03:07Et puis, depuis la fin du Covid, tout ça a un peu déraillé.
03:09Il y a eu des effets de base, des déstockages, des sujets sur la Chine pour ceux qui étaient exposés,
03:14sur le financement de la recherche académique aux États-Unis.
03:17Bon, en 2025, la performance opérationnelle s'est largement normalisée, à part une ou deux petites poches.
03:22Mais boursièrement, ça a été longtemps compliqué, parce que quand vous avez des craintes sur leurs clients,
03:25vous vous dites, attention, ils vont serrer la vis, et puis certains l'ont un peu fait.
03:28Ce qui fait qu'aujourd'hui, on est encore en dessous des valorisations historiques.
03:31Donc, on a des très belles sociétés, des beaux tracricords de long terme et des valorisations inférieures.
03:35Il y a d'autres segments qui nous intéressent.
03:37Alors, il y a les biotech.
03:38Les biotech, c'est parfois compliqué, mais c'est allé même sur les biotech françaises.
03:41Il y a eu des belles choses, notamment dans tout ce qui est long-acting,
03:44donc médicaments qu'on prend sur le long terme, qui permettent d'améliorer l'observance des traitements,
03:48avec des dossiers comme Bédincel qui ont bien marché.
03:51Surtout, il y a eu un boom du M&A aux Etats-Unis.
03:53On parle de 45% de hausse cette année en valeur, 15% en volume.
03:57Nous-mêmes, on a eu à peu près 4 dossiers en portefeuille qui ont été rachetés.
04:01On n'est pas les seuls, mais c'est vrai qu'il y a eu un vrai boom du M&A.
04:04C'est assez simple à comprendre.
04:05C'est-à-dire qu'on a des entreprises pharmaceutiques qui ont besoin de remplacer leurs expirations brevter.
04:09On a des valorisations qui, au mois de juin, au plus bas, avaient chuté de 55% par rapport à leur pic de 2021.
04:16C'était assez attractif. Les pharmas avaient besoin d'acheter, elles ont acheté.
04:20Ce qui est très intéressant, notamment, c'est les maladies rares.
04:23Parce que les maladies rares, c'est souvent des prix de traitement élevés, avec peu de patients.
04:27Et vous avez une valeur terminale qui est assez élevée.
04:28Parce qu'effectivement, à l'expiration du brevet, il n'y a pas beaucoup de génériques.
04:31Parce que comme les populations sont faibles, si le prix s'effondre, il n'y a plus beaucoup de marché.
04:35Donc, en termes de M&A, c'est quand même des indications qui sont particulièrement attractives.
04:41Quelles sont les grandes innovations du moment dans le secteur de la santé ?
04:45C'est intéressant parce qu'il y avait une grande conférence à Londres, organisée par un broker qu'on ne nommera pas la semaine dernière.
04:52Mais ce n'est pas tout à fait JP Morgan à San Francisco au mois de janvier.
04:55Mais c'est quand même significatif.
04:56Et donc, on a pu vraiment faire un panorama de toutes les innovations.
05:00Il y a des choses qui sont quand même assez encourageantes.
05:02Un cancer, par exemple, comme le cancer du pancréas, sur lequel il n'y avait vraiment rien.
05:05On savait que c'était des pronostics dramatiques.
05:07On a des sociétés qui sont maintenant en toute fin de développement, qui arrivent à montrer des survies médianes supplémentaires de l'ordre de neuf mois.
05:15Toute la sphère globale des cancers gastriques, on sent que c'est quelque chose qui était assez mal traité.
05:19Et il y a vraiment des choses qui sont en toute fin de développement, qui sont peut-être sur le marché aux Etats-Unis d'ici un an, un an et demi,
05:24et qui vraiment améliorent les choses.
05:26Il y a aussi tout ce qui est diagnostique, avec la capacité d'accompagner ces traitements,
05:31en détectant notamment tout ce qu'on appelle le MRD, c'est-à-dire détecter la capacité à ne plus avoir du tout de cellules tumorales circulantes.
05:39Et donc, quand vous avez été traité par un médicament, ça permet de détecter tout début de rechute.
05:43Donc là, dans le diagnostic, il y a beaucoup de progrès aussi.
05:46Et puis finalement, ça nous amène aussi sur l'IA quand même,
05:48parce qu'effectivement, c'est quand même un secteur, la santé, qui est un des secteurs dans lequel il y a le plus de générations de données.
05:54Et donc, l'IA permet d'améliorer le diagnostic par imagerie, beaucoup plus de précision.
05:59L'IA permet de sélectionner mieux les candidats médicaments.
06:02Et puis, toutes ces sociétés de diagnostic, j'évoquais le MRD avant, génèrent énormément de données,
06:07sont capables de les fournir aux sociétés pharmaceutiques pour améliorer la conduite de leurs essais cliniques
06:11en prédisant un peu quels patients vont répondre.
06:14Et en retour, reçoivent finalement des données de ces essais cliniques, de ces laboratoires pharmaceutiques.
06:19Donc, il y a une espèce de cercle vertueux avec l'IA d'enrichissement de ces données.
06:23Merci Olivier Droyer, et vous avez abordé ces thématiques aussi à tout pour investir l'événement.
06:27C'était il y a quelques jours, mon pensier Arbevel à nos côtés.
06:30Bon retour Olivier, et on veut dire que la santé continuera de cartonner effectivement.
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