00:00Tout pour investir, l'événement sur BFM Business.
00:06TPI, l'événement, c'était passionnant la semaine dernière, c'était il y a 7 jours et c'était franchement passionnant.
00:14On a vraiment dressé le bilan, les perspectives de cette année 2025 et toujours utile de prendre le pouls de l'épargnant en cette fin d'année.
00:23Benoît Lombard, Maison Laplace, bonjour, merci d'être avec nous.
00:25On l'a vu avec Gaël Slimane et son étude périodique sur l'état d'esprit des épargnants français.
00:33Il y a quand même quelques trucs qui sont assez frimpants.
00:37Des collectes massives du livret A, bon, on sait tous pourquoi, ça ne rapporte plus rien.
00:40Mais ça reste un impondérable de la plomberie patrimoniale, donc il ne faut pas non plus le déserter totalement.
00:46Mais au-delà de ça, on a d'un côté, alors de plus en plus de gens qui liquident tout ou partie, pour payer l'électricité.
00:53Et franchement, parce que, point de vue pouvoir d'achat, ça commence à piquer.
00:57Donc, c'est de la consommation forcée, pratiquement.
01:00Et face à ça, on a des investisseurs qui ont les moyens d'investir dans peut-être des solutions un petit peu plus dynamiques,
01:07mais qui ne peuvent pas à cause du flou fiscal.
01:09Et on en a parlé avec Marie-Christine Sonquin, ça reste un véritable problème.
01:15Comment vous sentez l'épargnant, l'investisseur, en ce moment, en cette fin d'année ?
01:21Il est rincé, il n'en peut plus, il dit c'est bon, j'attends, maintenant je ne fais plus rien.
01:24Ou alors, au contraire, est-ce que c'est le moment où il va falloir être actif sur ses arbitrages ?
01:29L'investisseur français, avant tout, il est français.
01:32Et donc, il supporte, bien évidemment, le climat assez anxiogède dans lequel on est.
01:38Mais je ne vais pas parler des problématiques géopolitiques, depuis le Covid, on ne connaît que des crises successives.
01:44La problématique fiscale, le budget, la foire fiscale qu'on a connue depuis la présentation du budget,
01:49qui a été repoussée à l'Assemblée nationale la semaine dernière,
01:53qui va être représentée au Sénat, mais dans la première lecture,
01:55donc là on va remettre un IFI, un Productif, on a voté une flag taxe qu'on monte de 5%,
02:01est-ce qu'on va la mettre de 30 à 31,4 ?
02:02Bref, c'est constamment des hausses d'impôts, et je voudrais quand même rappeler que c'est 310 milliards,
02:08à peu près le besoin de financement l'année dernière, de l'État français,
02:11et 310 milliards, et bien c'est 3 fois plus que la recette de l'impôt sur le revenu.
02:17Et donc, une nouvelle fois encore, tandis qu'on a les taux de prélèvement obligatoires les plus forts en Europe,
02:23donc on se retrouve à rincer, si je puis dire un peu, l'épargnant.
02:27Donc, il est stressé par ces éléments-là, il est stressé par le climat géopolitique,
02:31et puis il se dit, qu'est-ce que je fais de mon épargne dans un contexte où, on le voit,
02:35le CAC 40 est quasiment au niveau le plus haut de l'année,
02:39on est à 10% de performance depuis le 1er janvier,
02:44on a des taux où, aujourd'hui, et vous le rappelez mon cher Antoine,
02:48on se retrouve à 1,7 sur le livret A,
02:51et qu'on a une inflation certes modérée, mais persistante,
02:55alors même que les taux directeurs de la BCE font que le rendement,
02:58allez, de la CICAF monétaire, sur lequel est adossé à peu près aussi le livret A,
03:03eh bien, ne permet pas de juguler cette inflation.
03:07Donc, il s'interroge.
03:08Il y a Olivier Jeannoret, avocat chez Duroc, hier,
03:12qui m'a totalement scotché, qui m'a raconté un truc de dingue,
03:16dont on reparlera sans doute, et je ne veux pas défleurer le sujet,
03:18mais sans doute en matinale dans Good Morning Business.
03:21Il dit, ouais, j'ai des clients, ils viennent,
03:24ils disent, c'est bon, je liquide tout, je pars.
03:26Exil fiscal, assumé.
03:28Et ils lui disent, attendez, vous allez payer plus d'impôts dans ce pays-là.
03:35Je m'en fiche.
03:37Je m'en fiche.
03:39Payer plus d'impôts, ce n'est pas grave.
03:41Je veux de la visibilité.
03:43J'ai des affaires à gérer.
03:44J'ai un patrimoine à gérer.
03:46Là, je n'en peux plus.
03:47Même si c'est plus cher ailleurs, les impôts, je m'en fiche.
03:49Est-ce que vous sentez que ce flou est en train véritablement de mordre
03:57sur le bien fondé d'une stratégie patrimoniale ?
04:01Bien sûr, parce qu'en fait, ce dont on a besoin pour construire une stratégie patrimoniale,
04:04c'est du temps, c'est de se projeter, c'est d'avoir cet espace de temps long
04:08pour lequel nous, conseillers, sommes, et bien évidemment,
04:11cela dépend de la segmentation de la clientèle,
04:13mais sommes en quelque sorte le garant d'une stratégie sur du long terme
04:16et qui ne doit pas répondre aux épiphénomènes
04:19ou aux surréactions de problématiques qui existent à l'instant T.
04:23Et ça, cette instabilité, effectivement, leur tour.
04:26Alors moi, je vous rassure, je ne suis pas comme notre cher avocat,
04:29j'ai plutôt des clients qui s'interrogent, non pas de partir,
04:33eux, pour être dans un premier temps,
04:35mais que leur capitaux partent,
04:37parce qu'on ne sait pas à quelle source fiscale on sera mangé demain,
04:40on ne sait pas s'il n'y aura pas une ponction,
04:42vu l'énorme problématique d'endettement français,
04:45et dans un premier temps, il y a déjà le fait de se placer dans des juridictions
04:48qui peuvent être autres.
04:49Et puis la deuxième phase, c'est bien évidemment le départ physique des personnes.
04:53Mais, dès l'instant où on leur explique qu'il faut réellement s'expatrier,
04:57réellement partir, réellement s'installer dans un pays
05:00et couper, en quelque sorte,
05:03les ponts qui nous reliaient avec le pays dans lequel ils vivent,
05:08c'est-à-dire la France,
05:08là, du coup, on va dire, la tentation de s'exiler calme.
05:13Et donc, ce n'est pas l'objectif. L'objectif, il est de donner de la pérennité.
05:16Alors, qu'est-ce qu'il faut faire dans ce contexte ?
05:18C'est ça. On ne peut rien faire sur la fiscalité.
05:20Mais on peut déjà privilégier des embeufs fiscales
05:22où on abrite les capitaux.
05:25L'assurance-vie, le contrat de capi,
05:27Christine parlait du PER à l'instant.
05:30Et le fait d'avoir des embeufs fiscales
05:32où, dès l'instant,
05:33où on ne touche pas aux capitaux,
05:35on ne ponctione pas, on ne retire pas l'argent,
05:37on est en franchise de taxation,
05:39c'est déjà un premier événement.
05:40Et n'oublions pas que 2 000 milliards d'euros,
05:42il y a dans l'assurance-vie,
05:43et que ce n'est pas pour rien
05:45que c'est le placement préféré des Français.
05:48Et donc là, déjà, au moins,
05:49on peut immuniser une partie des gains qu'on fait.
05:52Donc, privilégier cette enveloppe-là.
05:54Deuxième point, diversifier.
05:55Là encore, on le voit.
05:57Mais c'est fondamental, mais il faut le rappeler.
05:59Ne robions pas que nous avons une problématique
06:01en France importante d'éducation financière.
06:03La diversification de l'immobilier, bien sûr,
06:06des actions, bien sûr, des obligations.
06:08Alors, attention, parce qu'on voit que les spreads,
06:09ils ne sont jamais été aussi importants actuellement
06:11entre le bon allemand et le l'été français.
06:15Donc, il faut faire attention avec la baisse des taux.
06:17Et puis, la hausse baisse tout court, hausse taux long.
06:19Donc, bien évidemment, il y aura un impact.
06:21Et puis, aller vers des véhicules d'investissement
06:23qui sont un peu différents.
06:24Si on se projette dans le temps,
06:25enveloppe de poche, si je puis dire,
06:28au sein de laquelle je peux puiser avec un risque modéré.
06:30Et puis, sur le temps long, plus long,
06:33eh bien, aller chercher un peu de risque sur les actions.
06:35Sur le private equity, aujourd'hui, on a des instruments, quand même.
06:37Les ELTIF, notamment, qui viennent d'arriver,
06:39qui nous permettent d'aller chercher de la dette privée.
06:41On a de rentabilité entre 6 et 10 %, selon la duration.
06:44Sur le temps long, qui permet de financer l'entreprise,
06:46qui permet d'aider notre économie,
06:48qui permet de renforcer les fonds propres
06:51ou les quasi-fonds propres de nos PME, nos ETI.
06:54Donc, l'épargne en français est au service de l'économie.
06:57Et c'est ça, ce à quoi nous servons.
06:59Nous sommes là pour l'orienter, le piloter,
07:02dans ce méandre fiscal,
07:03dans ces complexités géopolitiques dont on a parlé.
07:07Et puis, bien évidemment, avec ces instituts économiques
07:09qui demeurent malheureusement trop présentes.
07:12Benoît Lombard, de La Maison Laplace.
07:13Merci d'avoir été avec nous.
07:15Et une prochaine fois, pour commenter l'actualité patrimoniale.
07:18Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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