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  • il y a 2 jours
Un déjeuner partagé avec Fanny Métrat, porte-parole de la Confédération paysanne pour revenir sur les crues exceptionnelles qui ont détruit des villages entiers et endommagé de nombreuses cultures. Jusqu'à 88 départements ont été simultanément placés en vigilance crues ! Les sols saturés par des pluies continues depuis décembre ont favorisé des débordements rapides et prolongés des cours d'eau. Quelles solutions pour que ces épisodes tragiques ne se répètent pas ? L'agriculture française est-elle suffisamment adaptée au changement climatique ?

Au menu également, retour au salon de l'agriculture ; pas de vaches cette année mais de plus en plus de startup avec des innovations qui bouleversent les métiers et nos habitudes alimentaires.

Valérie Brochard et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.

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Transcription
00:11Générique
00:17Bonjour à tous et bienvenue dans Politique à table, l'émission où l'on ne raconte pas de salade,
00:23on met la main à la pâte, on casse la croûte, on s'occupe de nos oignons, c'est-à
00:27-dire de l'agriculture et de l'alimentation.
00:30Et sur le grill de notre table aujourd'hui, Fanny Mettra, bonjour.
00:33Bonjour.
00:34Bonjour à vous Jean-Pierre Montanet.
00:35Bonjour Elsa.
00:36Fanny Mettra, vous êtes éleveuse de brebis dans la Haute-Sévenne, en Ardèche donc.
00:41Vous partagez vos journées, vos semaines entre les pâturages et les réunions syndicales
00:45car vous êtes porte-parole nationale de la Confédération Paysanne depuis 2025.
00:49Vous incarnez une agriculture sociale, écologique, solidaire.
00:53Vous militez depuis plus de 20 ans, vous travaillez sur le climat, le pastoralisme et la solidarité internationale.
01:00Pour vous, le monde agricole, ce n'est pas un décor pittoresque, c'est un écosystème fragile.
01:04Les paysans, les sols vivants, la justice agricole, ce sont vos combats et on les retrouve dans l'assiette, Jean
01:10-Pierre.
01:10Oui, avec un gigot d'agneau de 7 heures, attention, 7 heures et en dessert des pâtisseries orientales.
01:16Dans le dessous des plats, nous allons revenir sur les crues exceptionnelles qui ont détruit certains villages et endommagé de
01:23nombreuses cultures.
01:24Dans les pieds dans le plat, retour au salon de l'agriculture.
01:27Pas de vache cette année, mais de plus en plus de start-up qui proposent des innovations qui bouleversent les
01:33métiers et nos habitudes alimentaires.
01:35Voilà, vous avez le menu, Fanny Métra. On commence tout de suite avec Cuisine et Confidence.
01:45Ah, Fanny Métra, j'étais sûr d'une seule chose en ce qui concerne notre assiette du jour, on ne
01:50dégustera pas de Big Mac.
01:52Non, tant pis, pourtant de temps en temps, ça ne fait pas de mal.
01:54Mais bon, pour vous qui avez, avec d'autres paysans, dont l'illustre moustachu José Bové, démonté le très médiatisé
02:00McDo de Mio,
02:01c'est tout ce que vous détestez. Une certaine idée de la malbouffe, bien sûr, la mondialisation, la standardisation des
02:08goûts.
02:09Et puis dans fast-food, il y a fast qui veut dire vite. Et vous, comment luttez-vous contre ce
02:14toujours plus vite ?
02:15Eh bien, en nous proposant justement cet agneau de 7 heures, 7 plombes, comme on dit.
02:20Oui, c'est l'éloge de la lenteur, le contraire du fast-food, l'inverse d'une agriculture pressée,
02:25entraînée dans une course folle qui, à vos yeux, mène à sa paire.
02:27Toujours plus de productivité, de compétitivité, de normes et au final, des crises.
02:31Alors, le message délivré par cet agneau de 7 heures, c'est ça, la lenteur comme acte politique.
02:36L'apologie du temps long, les interminables kilomètres pour rejoindre votre petite vallée.
02:41On en parlait, le soin minutieux apporté à votre troupeau, la résistance à l'industrialisation,
02:45la patience pour déchiffrer les normes, la lutte de tous les instants pour s'imposer comme femme dans un monde
02:51paysan macho.
02:52Bref, j'imagine que ce plat rustique devenu très branché représente à vos yeux la grandeur du monde rural.
02:59Est-ce que je me trompe ?
03:01Moi, j'y go d'agneau, je ne pouvais pas proposer autre chose que de l'agneau en tant que
03:04productrice d'agneau.
03:05J'espère qu'il est aussi bon que celui que je fais.
03:07Comment ne c'est pas à nous mettre des défis sur la table ?
03:09Justement, goûtez-le et on va remercier le bourbon justement pour nous avoir préparé cette superbe assiette.
03:15Le petit hic de l'assiette, c'est la tomate cerise quand même.
03:19Et ça, je le dis au restaurant parisien, arrêtez avec les tomates cerises en hiver.
03:23Oui.
03:24Parce que c'est tout.
03:24Allez, on est juste au printemps.
03:26Mais voilà.
03:26Fanny Maitre, il commence à critiquer.
03:28Mais ça, c'est toute la différence entre quelqu'un qui fait une cuisine rurale dans son terroir et les
03:32restaurateurs qui veulent essayer de...
03:34Les tomates dans mon jardin arrivent au mois d'août.
03:36Du coup, voilà, forcément.
03:38Alors, l'agneau, justement.
03:39L'agneau.
03:39Goûtez-le.
03:43Alors, justement, j'avais une question.
03:44Il est vraiment fondant.
03:45Ah oui, il est fondant.
03:46Il a cuit 7 heures.
03:47Mais qui a inventé cet agneau de 7 heures ?
03:49Est-ce que c'est une recette au départ rurale, paysanne ?
03:52Ou c'est un cuisinier qui a eu l'idée de le faire cuire 7 heures ?
03:55En fait, il suffit...
03:56Enfin, moi, pour faire de la cuisine par expérimentation,
04:00on se rend vite compte qu'un agneau qu'on met au four,
04:03qu'on imagine, on met au four, on le grille.
04:05En fait, il sèche, il dessèche.
04:07Et très vite, quand on aime cuisiner de la viande,
04:09on comprend que la cuisson lente et aussi le fait de le couvrir,
04:13ça permet une cuisson vraiment fondante, confite, quoi.
04:17Et ça, il suffit.
04:18Là, il est vraiment confit.
04:19Il est vraiment confit.
04:19Et de plus en plus, moi, je réalise, je me rends compte
04:24qu'en couvrant et en cuisson, en cuisant à cuisson lente,
04:28eh bien, on préserve et on confit.
04:30Et en fait, c'est tout l'art de confire la viande.
04:32Et ce n'est pas forcément plus compliqué.
04:34En fait, on ouvre, on oublie, on fait autre chose.
04:36On se met juste un petit réveil, histoire de ne pas oublier.
04:39On n'est pas obligé de le surveiller toutes les cinq minutes.
04:41Non, et même si vous faites huit heures, il sera encore plus fondant.
04:43Il risque de se partir tout seul en morceaux.
04:46Nous qui avons des fourneaux encore dans les cuisines,
04:48enfin, moi, j'ai le fourneau à boire,
04:50où du coup, on peut le mettre à une chauffe lente
04:54et on laisse traîner.
04:55C'est comme les plats qui mijotent, on laisse traîner des heures, quoi.
04:58Et alors, Fanny Métra, justement, vous disiez
05:00« je ne pouvais pas choisir autre chose que de l'agneau ».
05:02Ça peut être une question bête,
05:04mais vous en élevez et après, vous les mangez.
05:07C'est quoi le rapport, justement, que vous avez avec ces bêtes-là ?
05:10Puisque certains pourraient dire
05:11« si on les aime, on ne les mange pas ».
05:13Oui, enfin, c'est le rapport, ça, depuis des millénaires,
05:16depuis que, en fait, l'humain domestique l'animal
05:19pour pouvoir se nourrir, enfin, ça traverse les siècles
05:23et ça traverse le monde.
05:24Il y a plein de peuples pastoraux dans le monde.
05:26C'est une des ressources premières.
05:28Et oui, on aime, enfin, il y a un lien d'affect avec le troupeau,
05:32un lien d'affect avec le territoire.
05:33Mais nous, nos territoires de montagne, par exemple,
05:36ils ne seraient pas ce qu'ils sont sans pastoralisme.
05:38Le pâturage, enfin, les paysages qu'on connaît en France,
05:43mais que ce soit du pastoralisme en montagne, en Garrigue,
05:45ou même dans les zones de plaine,
05:47où avant, il y avait une polyculture élevage
05:49qui permettait d'avoir un maillage hyper varié
05:52et pour nous, qui fait sens, la polyculture élevage,
05:54pour nous, c'est ce qui fait sens en termes de modèle agricole.
05:58Pour nous, ça a du sens.
05:59On est là, en tant qu'éleveur,
06:01pour que la vie de nos animaux se passe le mieux possible,
06:04mais pour, au final, on est des mangeurs aussi.
06:08Pour pouvoir déguster des animaux qui ont bien vécu
06:11et avec qui, oui, c'est sûr, on tisse des liens très forts,
06:15mais autant avec le troupeau qu'avec le lieu qui nous fait vivre.
06:18Mais l'autre jour, par exemple, j'ai invité une amie,
06:20je lui proposais un veau de lait à la maison.
06:21Elle m'a dit, je ne mange pas de bébés animaux.
06:23Alors, effectivement, c'est quelque chose
06:25qu'on entend peut-être de plus en plus souvent.
06:26Et je rebondis sur la question d'Elsa,
06:28parce que c'est non seulement manger votre animal,
06:30mais c'est manger un bébé.
06:31Mais qu'est-ce qu'il y a de plus mignon qu'un agneau ?
06:33Moi, pourtant, je ne suis pas complètement...
06:37Les agneaux que nous, on produit,
06:38comme justement, vous parlez de lenteur quand on est à l'air...
06:40Mais ça m'intéresse de voir leur rapport.
06:42Qu'est-ce que ça vous fait en tant que...
06:43Ce n'est pas les petits agneaux qu'on peut imaginer, nous.
06:46Il faut imaginer un mâle de 6 mois, 9 mois.
06:49Ce n'est pas le petit agneau mignonnel.
06:51D'accord.
06:51Mais non, mais c'est quand même encore...
06:52C'est un agneau, ça reste encore...
06:54Oui, après, le côté bébé qu'on imagine,
06:57c'est les premières semaines.
06:58Après, très vite, ils se transforment.
07:01Et puis, nous, l'idée d'élever avec leur mère
07:03qu'ils puissent vite sortir dehors...
07:06Là, l'agnolage va commencer chez moi d'ici quelques jours.
07:09Très vite, derrière, ils vont sortir au printemps
07:11pour profiter de la pousse de l'herbe
07:12dès que l'herbe va pousser.
07:15Et ça fait sens, en fait.
07:17Mais comment faire pour ne pas être dans l'affect, quand même ?
07:19Mais on a de l'affect, en fait.
07:21C'est juste, on n'est pas dans du déni.
07:23On n'est pas dans du déni dans le sens où...
07:25Puis moi, qui ai voyagé, qui ai vécu en Afrique ou ailleurs,
07:28ce n'est pas possible.
07:29On est quand même dans des sociétés
07:30de plus en plus bourgeoises en Occident
07:31où on a un vrai problème de rupture
07:34avec la production, la mort.
07:36On a un problème avec la mort.
07:38De plus en plus, on s'est dissocié, en fait,
07:41du cycle de la vie en vivant en ville
07:43et en étant de plus en plus...
07:44Les personnes âgées ne vivent plus dans nos maisons.
07:47On délaisse tout ça.
07:48Et la mort, c'est comme si c'était quelque chose
07:51qu'on ne voulait pas voir.
07:52Et justement, parce qu'il y a de plus en plus
07:53de réflexions sur la viande,
07:55notamment le gouvernement, là,
07:56dans sa stratégie sur l'alimentation,
07:58dit qu'il faut limiter.
08:00Ça, vous êtes d'accord en disant
08:01qu'il faut limiter, il faut manger de la bonne viande,
08:03mais il faut peut-être en manger moins souvent ?
08:05Oui, mais bon, le gouvernement,
08:06les contradictions, on peut en citer mille.
08:09En même temps, on continue d'importer, du coup, du soja.
08:13On détruit la forêt amazonienne pour importer du soja,
08:16pour nourrir des troupeaux de façon intensive.
08:18En fait, c'est tout le modèle qu'il faut revoir.
08:20Et on le sait très bien,
08:22le changement climatique, il est dû,
08:24il est lié au modèle agro-industriel.
08:27Le pastoralisme ou la polyculture élevage,
08:29c'est des modèles qui vont à l'encontre de ça.
08:31Justement, il faut arrêter de spécialiser les pays.
08:33Quand on parle de souveraineté alimentaire,
08:35la vraie souveraineté alimentaire,
08:36c'est le fait de donner au peuple le droit
08:39de décider son agriculture et son alimentation.
08:41Du coup, on relocalise.
08:42Je reviens sur ces deux mots que vous utilisez,
08:45pastoralisme, polyculture, élevage,
08:46qui peuvent paraître un peu...
08:48Ça veut dire quoi ?
08:49Ça veut dire qu'il faut que ce soit les animaux
08:51qui broutent l'herbe,
08:52c'est à eux de changer les paysages,
08:54il faut choisir d'élever un peu des animaux différents,
08:56des cultures différentes ?
08:57Mais c'est ce qu'on fait depuis des millénaires et des millénaires.
09:00Le pastoralisme, c'est dans notre façon de voir le monde.
09:04On a de la ressource extérieure.
09:07Entre autres, par exemple, chez moi,
09:09où on ne pourrait pas cultiver,
09:11on est dans des zones de pente, des zones de forêt,
09:13en fait, le pastoralisme, c'est un peu
09:15une des rares activités qui peut se pratiquer
09:17dans des zones très, très difficiles.
09:20Difficiles d'accès, difficiles...
09:21Ça, c'est le pastoralisme, c'est faire en sorte
09:23qu'on a de la ressource et on élève nos animaux
09:24en fonction de la ressource extérieure.
09:26Et pas l'inverse.
09:27Et pas l'inverse.
09:28Et on n'enferme pas pour donner des compléments.
09:31Et la polyculture élevage,
09:33c'est ramener de l'élevage dans les zones de plaine,
09:35justement pour qu'il y ait ce lien
09:36de fertilisation des sols,
09:39avec de la fumure organique,
09:40ce lien qui est indispensable,
09:42qui est à l'origine même
09:44de l'agriculture dans le monde.
09:46Et remettre en question ça,
09:47c'est jouer à l'apprenti sorcier
09:49et voir tous les méfaits.
09:51Enfin, on le voit bien,
09:52sur les pollutions, la santé.
09:54On est allé tellement loin
09:56dans le non-sens
09:58qu'à un moment donné,
09:59revenant à des principes sains, simples,
10:03qui sont installés des jeunes
10:05en élevage pastoral
10:07ou en polyculture élevage
10:08un peu partout en France.
10:09Pour éviter les gros élevages industriels.
10:12Je reviens aussi sur ce que vous disiez
10:14sur notre rapport à la mort.
10:15Et puis, il n'y a pas que les injonctions gouvernementales
10:17pour ne pas manger de la viande.
10:18Ce sont souvent les autorités de santé
10:20qui conseillent notamment
10:21de manger moins de viande rouge.
10:23Mais quand même, cet esprit-là,
10:25je vous parlais des bébés tout à l'heure, animaux,
10:26il y a beaucoup de gens maintenant
10:27qui ont plus de respect pour le vivant
10:30et notamment le vivant animal.
10:31Ça, ça veut aussi vous toucher
10:32que c'est ce mouvement-là
10:34qui monte, qui dit
10:36attention, il faut respecter
10:37la souffrance animale,
10:38il faut respecter la douleur animale.
10:40Et du coup, ça conduit certains
10:41à ne plus vouloir manger de cette viande.
10:42Ce ne sont pas des injonctions
10:43forcément qui viennent d'en haut.
10:45Comment vous voyez ce sentiment
10:47se propager et se développer
10:49dans la population
10:50et chez les consommateurs ?
10:52En fait, il se développe
10:52dans les populations
10:53des pays occidentaux
10:54parce que justement,
10:55on est allé trop loin
10:56dans le délire.
10:57En fait, je pense
10:59et puis je le comprends
11:00quand on voit les élevages
11:01en batterie avec...
11:03Enfin, il n'y a plus aucun respect
11:04ni pour l'animal
11:04ni pour l'éleveur.
11:05C'est à cause de ça
11:07que ce sentiment prospère.
11:08Dans les pays
11:09où ça, c'est pas...
11:11où l'avènement de l'agro-industrie
11:12qui détruit tout
11:13et entre autres
11:14le bien-être animal,
11:15il n'y a pas ces questionnements-là.
11:17Parce que quand on a
11:18son poulailler,
11:20son troupeau,
11:21dans plein de sociétés,
11:23dans le monde,
11:23il y a encore ce lien
11:24à l'agriculture
11:25et à une agriculture
11:27familiale,
11:27traditionnelle.
11:28Il n'y a pas
11:29cette vision
11:30complètement
11:31qui clive
11:32en fait
11:32entre le véganisme
11:33et l'élevage industriel.
11:36Entre les deux,
11:37il y a des nuances
11:37et le problème en France,
11:39c'est que le fait
11:40qu'il y ait de moins en moins
11:41de paysans,
11:41on est moins de 400 000
11:42aujourd'hui,
11:42et d'éleveurs
11:43encore moins,
11:44les gens sont déconnectés
11:46des réalités.
11:46Ce n'est pas qu'en France
11:47le véganisme.
11:48C'est les pays occidentaux.
11:50Oui,
11:50mais pas qu'en France,
11:51les scandinaves,
11:52les Pays-Bas,
11:52les Allemands.
11:53Dans le monde,
11:53c'est une minorité,
11:55il faut bien se remettre
11:57des Oumés.
11:58Ah oui,
11:58mais ça c'est pour des raisons
11:59culturelles et religieuses,
12:00c'est encore autre chose.
12:01Et justement,
12:02sur cette viande ovine
12:03que vous cultivez,
12:04on en importe quasiment
12:05la moitié en France
12:07aujourd'hui,
12:08ça vient essentiellement
12:08du Royaume-Uni,
12:09d'Irlande,
12:10voire de Nouvelle-Zélande.
12:11Pourquoi aujourd'hui ?
12:12Pourquoi la France
12:12ne peut pas produire suffisamment ?
12:14Mais c'est qu'une histoire
12:15de courage politique
12:16et c'est là,
12:17on continue à signer
12:18des accords de libre-échange
12:18entre autres avec l'Australie
12:20actuellement.
12:20La Nouvelle-Zélande,
12:21je crois,
12:21avec la Nouvelle-Zélande.
12:22Ça,
12:22ça a déjà été fait,
12:23ça a cassé la filière ovine.
12:25Produire moins de 45%
12:26de la consommation
12:27de viande ovine en France,
12:29en fait,
12:30c'est une hérésie
12:30parce qu'on pourrait
12:31installer plein de jeunes
12:32en élevage au vin,
12:33lutter contre les incendies
12:34en faisant pâture,
12:35on l'a vu dans l'eau
12:36de l'été dernier.
12:38Alors,
12:39ça vous dit
12:39qu'on pourrait,
12:40ça c'est des incantations,
12:40mais est-ce qu'il y a
12:41des gens qui ont envie
12:42de faire ce métier ?
12:43Quand on voit ensuite
12:45que la vie des exploitants
12:46est quand même
12:46très difficile,
12:48on comprend qu'il n'y ait
12:48pas beaucoup de vocation.
12:50Mais si,
12:51en fait,
12:51il faut aller à Carmejane
12:52ou dans les écoles de Berger,
12:54c'est plein de jeunes
12:55qui ont envie
12:56de revenir à la terre
12:57et revenir au métier.
12:57avec des tout petits cheptels,
12:58est-ce que ça permet
12:58de nourrir la population ?
13:00Parce que le pastoralisme,
13:01c'est très bien,
13:02mais il y a des bouches
13:03à nourrir quand même.
13:04Moi,
13:05je suis justement,
13:06on est à la preuve
13:07que ça peut fonctionner
13:08avec un accompagnement
13:09des politiques publiques
13:10et avec une vraie volonté
13:12d'installer des jeunes
13:13en élevage au vin.
13:15Et ça,
13:15ça demande du courage
13:17et malheureusement,
13:17l'élevage au vin,
13:18c'est un peu
13:18le parent pauvre
13:19du monde de l'élevage
13:21en France
13:21et on ne met pas les moyens
13:23et on continue
13:24à surfer justement
13:25sur il faut sauver
13:27l'élevage au vin
13:27avec la technologie,
13:28tout ça.
13:28Non,
13:29en fait,
13:29il faut rendre accessible
13:30le métier
13:31et entre autres,
13:32rendre accessible
13:32l'accès à la terre
13:33parce que le gros problème,
13:34il y a plein de jeunes
13:36qui tapent à la porte
13:38des confédérations paysannes,
13:39des chambres d'agriculture
13:40dans nos départements.
13:41En fait,
13:42le problème,
13:42c'est les jeunes aimeraient
13:43mais il n'y a pas.
13:44Il n'y a pas
13:45cet accès à la terre
13:47et où des...
13:48Parce qu'elles sont trop chères,
13:49parce qu'elles sont conservées
13:50par des...
13:51En Ardèche,
13:52ça ne doit pas être très cher.
13:53Nous,
13:53le problème,
13:54par exemple,
13:54sur une grande majorité
13:55des terres qu'on a,
13:56on n'a pas de beau écrit.
13:59On est fermier 100%,
14:00c'est-à-dire
14:00qu'on n'est pas propriétaire
14:01des terres.
14:01On a heureusement
14:02des anciens paysans
14:04propriétaires
14:05qui ont joué le jeu
14:06de nous louer la bergerie
14:07et une partie des terres.
14:08Mais il y en a plein d'autres.
14:10Les gens
14:10ne sont pas incités
14:12à louer
14:12sur des zones,
14:13justement,
14:14qui pourraient,
14:15qui sont assez pauvres,
14:16qui pourraient permettre
14:16l'installation
14:17d'un pastoralisme
14:19très vivant.
14:20Vous avez parlé,
14:21justement,
14:21des accords de libre-échange.
14:22On a énormément parlé
14:23du Mercosur.
14:24Donc,
14:24la France n'a pas voulu
14:25signer l'accord
14:25mais l'accord a été signé
14:26malgré tout.
14:27Il y a eu une procédure
14:28avec le Parlement européen,
14:30justement pour la bloquer
14:31et là,
14:32Ursula von der Leyen
14:32a dit
14:33qu'on applique malgré tout.
14:35On pensait
14:35que ça pourrait être suspendu.
14:37Comment vous avez vécu
14:38ce choix ?
14:39Non, mais c'est encore une fois,
14:40c'est du déni démocratique.
14:42On est en train de voir,
14:43nous,
14:43on est souvent à Bruxelles.
14:44Ça ne touche pas
14:44tellement les ovins,
14:45je crois.
14:46Non, mais moi,
14:47je suis porte-parole
14:47de la Confédération paysanne,
14:48de toutes les filières
14:49qui ont le renseignement.
14:51Van der Leyen,
14:52en plus,
14:53elle annonce ça
14:53à la fin du Salon
14:54de l'agriculture,
14:56elle fait fi
14:57de tout
14:57le processus démocratique
14:59parce que là,
14:59quand même,
15:00quand le Parlement
15:00a saisi la Cour de justice européenne,
15:02c'était justement
15:03pour aller au bout
15:04pour dire non,
15:05le Parlement européen
15:06pense que le Mercosur,
15:07ça pose problème
15:08et en effet,
15:09ça pose problème
15:09quand on voit
15:10à quel point
15:11ça soulève des colères
15:12et de faire fi
15:14de la procédure juridique
15:15en disant
15:16on va appliquer provisoirement
15:17le Mercosur,
15:18c'est encore une fois
15:19un passage en force
15:20comme les 49-3
15:21qu'on vit en France.
15:22Pour nous,
15:22c'est un 49-3 européen
15:24et Van der Leyen
15:24est tellement ultra libéral.
15:26Il y a une prise de pouvoir
15:27de la Commission
15:28dans les politiques
15:29européennes.
15:30La question que je pose aussi,
15:31c'est que je vais me faire
15:31l'avocat du diable,
15:32si on ne signe pas
15:33ces accords commerciaux
15:34de libre-échange,
15:35pourquoi pas ?
15:35Et effectivement,
15:36il y a beaucoup de choses
15:38qui ne vont pas
15:38dans cet accord-là.
15:39On laisse la place
15:40aux autres pays,
15:42à la Chine,
15:42aux Etats-Unis.
15:43On voit bien
15:44que le commerce mondial
15:45est verrouillé,
15:45que c'est compliqué
15:46de s'y faire une place.
15:47Donc si on dit non
15:47à tous ces accords
15:49de libre-échange,
15:49est-ce qu'on ne se met pas
15:50hors jeu du commerce international ?
15:52Parce que dans le Mercosur,
15:53les bovins,
15:54la filière bovine
15:55va en souffrir sans doute,
15:56mais d'autres filières
15:56vont en profiter.
15:58C'est aussi...
15:59C'est ridicule,
15:59les filières qui vont en profiter,
16:00c'est ridicule.
16:01C'est pas vrai.
16:03Non, mais je pourrais aussi dire
16:04que les filières
16:05qui vont en pâtir,
16:06c'est ridicule
16:07parce qu'on parle
16:07d'un steak par jour,
16:09d'un steak par an,
16:10par an par habitant.
16:11Alors, on revient là-dessus.
16:12Quand un accord
16:13de libre-échange est signé,
16:14ce n'est pas uniquement
16:14l'histoire des volumes
16:15qui arrivent sur le pays,
16:16c'est que les prix,
16:17forcément,
16:18vont se casser la figure.
16:20On l'a vu avec l'accord
16:21UE Nouvelle-Zélande
16:22sur la viande ovine.
16:23Ce n'est pas uniquement
16:25les volumes...
16:25Mais je pourrais aussi
16:26vous mettre l'accord
16:26avec le Canada
16:27qui a plutôt bien réussi.
16:29Non, la lentille,
16:30on ne produit plus de lentilles.
16:31Mais parce qu'il y avait
16:32moins de contingents
16:34agricoles sur le CETA,
16:35mais quand même,
16:36tout ce qui est légumineuse,
16:37ils ont pris cher.
16:38Et là,
16:38ils ne s'en remettent pas,
16:39les producteurs de légumineuses.
16:41À un moment donné,
16:41il faut qu'on arrive à dire
16:42l'alimentation et l'agriculture
16:44doivent sortir.
16:45On le disait déjà.
16:45De ces accords-là.
16:46Au McDo,
16:46le démontage du McDo,
16:47vous en avez parlé,
16:48c'était sortir l'agriculture
16:49des accords de l'OMC.
16:51On sera au Cameroun
16:52à la fin,
16:53dans un mois,
16:54justement pour continuer
16:55à dire
16:56que ce n'est pas possible
16:57que le système alimentaire
16:58et agricole mondial
16:59soit soumis
17:00aux mêmes règles
17:01que la vente de voitures,
17:03la vente de produits phytos
17:04ou quoi que ce soit.
17:05Ce n'est pas possible.
17:06On le voit,
17:07on est en train
17:07d'aller droit dans le mur.
17:09Alors,
17:09on s'exclut du commerce mondial.
17:10Et on reste en...
17:11Au niveau agricole et alimentaire,
17:13il faut redéfinir
17:14d'autres bases du commerce.
17:16Avec les autres pays.
17:17Mais bien sûr.
17:18Mais en fait,
17:18il faut imaginer
17:19que là avec le Brésil,
17:20nous on est avec
17:20les organisations paysannes.
17:22Eux,
17:22ils vont aussi pâtir
17:23du Mercosur
17:24et ils sont en train
17:24de se lever pour dire
17:25on ne veut pas
17:26de cet accord-là.
17:28Même les éleveurs.
17:29Parce que les grosses latifondias,
17:30c'est tenu
17:31par une minorité.
17:32À un moment donné,
17:33il faut resocialiser
17:35l'agriculture.
17:36Il faut qu'on sorte
17:36de cette logique.
17:37On va droit dans le mur.
17:38Au niveau santé,
17:39au niveau climat,
17:40continuons comme ça
17:41et il n'y aura plus
17:41d'agriculture paysanne demain.
17:43Cette opposition au Mercosur,
17:44elle a été largement partagée
17:45par d'autres syndicats.
17:46La FNSEA,
17:47la Coordination Rurale.
17:49Quels sont, vous,
17:49vos rapports
17:50avec ces autres syndicats ?
17:51La Coordination Rurale,
17:52par exemple,
17:53vous êtes peut-être
17:54à l'opposer politiquement
17:55mais vous arrivez
17:56à avoir des combats communs ?
17:58On a eu le combat commun
18:00de la fin de l'abattage total
18:01sur la dermatose nodulaire
18:03contagieuse
18:03mais sur les accords
18:04de libre-échange,
18:04on voit bien que
18:05nous, ce qu'on dit,
18:06on fait partie
18:07d'un grand réseau international,
18:08l'Avia Campestina
18:09qui est de 200 millions
18:10de membres.
18:11En fait, ce qu'on dit
18:12quand on se bat ici en France
18:13pour dire non
18:14à la concurrence déloyale
18:15de produits importés
18:17qui ne respectent pas
18:17les normes sociales
18:18et environnementales
18:19qu'on a définies ici
18:20en France et en Europe,
18:21on se bat aussi
18:22pour les populations agricoles
18:24au Brésil et ailleurs
18:25dans le Mercosur
18:26ou partout dans le monde.
18:27On ne veut pas mettre,
18:29on stop à la concurrence
18:30entre les paysans en fait.
18:32Ce n'est pas possible.
18:32Ce qu'on dit,
18:33la souveraineté alimentaire,
18:34c'est le droit des peuples
18:35de définir son alimentation
18:36et son agriculture
18:37mais sans dumping
18:38vis-à-vis des pays tiers.
18:40La Coordination Rurale,
18:41ils ne sont pas du tout là-dessus.
18:42Tant qu'on tire la couverture à soi,
18:44tant pis si les autres s'écroulent
18:46tant que les paysans français
18:47sont sauvés.
18:48Et puis alors la FNSEA,
18:49le double discours
18:50avec un Arnaud Rousseau
18:51président d'Avril
18:52qui a des filiales
18:53implantées au Brésil,
18:54on n'y croit pas une seconde.
18:55Il y a vraiment
18:56une déconnexion immense
18:57entre la tête de la FNSEA
18:58et les adhérents.
18:59Et pour vous,
19:01on a l'impression
19:01et on entend
19:03votre émotion,
19:04votre passion
19:04qui a un caractère
19:05un peu irréversible là
19:06qu'on est à l'heure
19:07des choix
19:07où on peut prendre
19:08à la limite deux routes
19:09sur la question agricole.
19:10Vous avez peur
19:11qu'on emprunte la mauvaise ?
19:13On emprunte la mauvaise
19:14depuis des décennies
19:15et depuis 70 ans.
19:16On le voit.
19:17On était un million
19:18il n'y a pas si longtemps
19:19que ça en tant que paysans,
19:20paysannes.
19:21C'est le plus grand plan social
19:22l'agriculture en France
19:23et ailleurs en Europe.
19:25À un moment,
19:25c'est qu'est-ce qu'on veut ?
19:26Qu'est-ce qu'on veut manger ?
19:28Mais qu'est-ce qu'on veut aussi ?
19:29Le lien au territoire,
19:30le lien au lieu
19:31qui nous fait vivre.
19:33Les pollutions de l'eau,
19:34il y a tellement
19:34d'externalités négatives,
19:35on pourrait en parler
19:36pendant des heures.
19:37Mais qu'est-ce qu'on veut demain
19:38et surtout,
19:39qu'est-ce qu'on veut
19:39dans nos assiettes
19:40pour la santé de nos enfants
19:41et quel avenir ?
19:42Vous parlez des assiettes
19:43à tomber
19:44parce qu'on a bien exploité
19:44la casquette éleveuse
19:46de Fanny Mettra.
19:46Maintenant,
19:47j'ai envie de savoir
19:47comment vous êtes au fourneau.
19:49Est-ce que vous êtes
19:49une bonne cuisinière ?
19:50Est-ce que vous aimez cuisiner ?
19:51Vous allez nous raconter.
19:53Et alors,
19:53cet agneau,
19:54vous le faites
19:55dans tous ses états ?
19:56Oui.
19:57Moi,
19:57je pense que j'ai une façon
19:58assez instinctive.
19:59je n'ai jamais trop suivi
20:01de recettes de cuisine.
20:02Vous ne faites pas
20:03l'atelier des chefs ?
20:04Non,
20:04je le fais
20:05de façon assez instinctive
20:06mais par contre,
20:07en regardant des fois,
20:08je n'ai pas de télé,
20:09du coup,
20:09c'est compliqué
20:09de regarder
20:10les émissions de télé
20:10mais les fois,
20:11je chope les idées
20:13ou dans mes voyages
20:14et j'essaye de les reproduire.
20:15Des associations ?
20:16Des associations
20:17mais aussi des façons
20:18de cuisiner.
20:19Moi,
20:20j'adore au Maroc,
20:22j'ai une famille de cœur
20:22au Maroc,
20:23j'ai l'idée du tagine,
20:25de la cuisson,
20:26la terre cuite.
20:27Franchement,
20:27il y a plein de façons
20:28de fer que j'ai observées.
20:30L'agneau est très bien
20:32exploité dans la cuisine
20:33marocaine.
20:33Il suffit de deux bouts
20:34de viande ridicule
20:35pour embaumer
20:40un plat juste
20:40de patates-carottes.
20:41Les meilleures tagines
20:42que j'ai mangées,
20:43c'est les bords de route,
20:44les routiers.
20:45On a des tagines
20:46qui traînent
20:47pendant des heures
20:48sur des feux.
20:49Il y a un jus
20:50et la cuisson des légumes,
20:51elle est incroyable.
20:52C'est le temps.
20:53Mais parfois,
20:54la viande est de moins
20:54bonne qualité
20:55que dans certains établissements.
20:56En fait,
20:57ça donne le goût.
20:58signature avec l'agneau.
20:59Quand vous dites
20:59avec ce petit agneau
21:00que vous aimez bien cuisiner,
21:02c'est quoi votre recette préférée ?
21:04Sans doute l'agneau de 7 heures
21:05puisque vous l'avez proposé.
21:06Vous avez d'autres ?
21:06La cuisson lente,
21:07ça c'est sûr.
21:08Mais moi,
21:08j'adore les sucrés salés.
21:10J'imagine des trucs
21:11avec des fruits secs,
21:13avec des dates.
21:14Avec des châtaignes ?
21:15Châtaignes aussi,
21:16mais c'est moins sucré
21:19qu'une figue
21:21ou une date.
21:22On va continuer
21:24parce qu'on est
21:25intarissable
21:25sur cet agneau
21:26de 7 heures justement.
21:27Si vous voulez le faire
21:28chez vous,
21:29regardez,
21:30écoutez les trois choses
21:31à savoir de Jean-Pierre.
21:33Alors Elsa,
21:34ce n'est pas une recette banale
21:35qui indique,
21:35avec un intitulé,
21:37qui indique
21:37la durée
21:38de la cuisson.
21:40Alors,
21:40attention,
21:417 heures,
21:41ce n'est pas une règle
21:42mathématique.
21:43Le but de cette cuisson
21:45longue,
21:45à basse température,
21:46entre 90 et 140 degrés,
21:49est de permettre
21:49au collagène
21:50de se transformer
21:51en gélatine,
21:52aux fibres de se détendre
21:53et aux saveurs
21:54de se concentrer.
21:55Au bout de 5 heures,
21:56la viande,
21:56parfois,
21:56est encore ferme.
21:57Après 8 heures,
21:58pour le coup,
21:59elle est très confite.
22:00Donc,
22:01visiblement,
22:02le chiffre 7
22:02s'est imposé
22:03au cuisinier.
22:04Un gigot réussi
22:05doit passer le test
22:06de la petite cuillère
22:08qui permet de le découper.
22:09On a besoin du couteau.
22:10Et là,
22:10il a parfaitement passé le test.
22:11Si on suit
22:12la recette classique,
22:13il faut déposer
22:13dans une cocotte
22:14sur un lit de couane
22:15un gigot
22:16qui a déjà été saisir,
22:17ajouter un peu de vin blanc,
22:18carottes,
22:19oignons,
22:19bouquet garni,
22:20bouillon.
22:20À part la durée de cuisson,
22:21cette recette
22:22n'impose rien.
22:23Donc,
22:24un gigot de 7 heures
22:24peut avoir,
22:25selon les inspirations
22:26de chacun,
22:27des aspects
22:27et des saveurs
22:28très différentes.
22:30Il peut y avoir
22:30des accès orientaux,
22:32façon mille et nuits,
22:33si vous ajoutez
22:33des épices
22:34comme le raser la noue,
22:35du miel,
22:36des abricots,
22:36des raisins secs,
22:37autre version
22:38en mode asiatique
22:38avec badiane,
22:40cannelle,
22:40gingembre,
22:41cumin.
22:41Bref,
22:42le gigot,
22:43il y en a
22:43pour tous les goûts.
22:45Voilà,
22:45comme ça,
22:46on sait exactement,
22:47on pourrait faire
22:47une émission de 7 heures
22:48sur le gigot de 7 heures,
22:49mais bon,
22:50on va rester,
22:51on va voir avec quoi
22:51vous avez accompagné
22:53ce gigot,
22:53puisque vous nous proposez
22:54aujourd'hui
22:56ce vin,
22:58un vin nature,
22:59évidemment,
23:00de la Confédération,
23:01on n'en attendait pas moins
23:03de la Confédération Paysanne,
23:04les lendemains qui chantent.
23:05Alors,
23:05parlez-nous de cette bouteille.
23:07Déjà,
23:07vous,
23:07le vin,
23:08il est nature
23:08ou il n'est pas ?
23:09Non,
23:10non,
23:10je ne suis pas catégorique
23:11comme ça,
23:12parce que je pense
23:12que dans la générosité
23:14et en fonction des milieux,
23:16je ne suis pas une puriste
23:17dans le sens où,
23:18oui,
23:18ce que je vais acheter,
23:19c'est du vin nature,
23:20parce que c'est les copains.
23:21Là,
23:22clairement,
23:22c'est des amis très très proches,
23:24Alex et Elsa,
23:25les lendemains qui chantent,
23:26du coup,
23:27qui sont en Ardèche,
23:28qui ont une vraie philosophie,
23:29une vraie,
23:30enfin,
23:30voilà,
23:30on est déjà allé les aider
23:31aux vignes,
23:33ils ont un amour
23:34de la vigne
23:35et de la transformation.
23:36Du coup,
23:36un vin nature,
23:37c'est un vin sans intran,
23:38c'est vraiment du 100% raisin.
23:40Il n'y a rien d'autre.
23:41Là,
23:41c'est du grenache
23:41et de la syrah,
23:44typique en Ardèche,
23:45c'est pour ça
23:45qu'il s'appelle Grubb,
23:46parce que c'est du coup
23:46du grenache.
23:48Ah,
23:48je pensais que c'était
23:49un petit cri de colère.
23:51Oui,
23:51c'est quand même le domaine
23:53les lendemains qui chantent,
23:54aussi,
23:55jeu de mots,
23:55parce que le vin nature
23:56ne fait pas mal à la tête
23:57comme les vins avec sulfite.
23:59Du coup,
23:59le lendemain,
24:00on chante
24:01quand on boit du vin nature.
24:03On vous dira demain,
24:04du coup.
24:04C'est vrai qu'il y a beaucoup
24:04de gens qui souffrent
24:05des sulfites dans le vin.
24:06Ah bah oui,
24:07oui.
24:07Et puis,
24:08voilà,
24:08c'est des amis très très proches
24:09et je pense que le vin rouge,
24:12pour moi,
24:12c'était une évidence aussi,
24:13mais pas que nature.
24:14En général,
24:15la crise viticole
24:16qu'on est en train
24:16de vivre en France,
24:17elle est catastrophique
24:18pour les vignerons
24:19et voilà,
24:20il va falloir qu'on remette
24:21un peu d'honneur
24:23au vin rouge
24:23et au vin blanc.
24:24Et c'est quoi la différence
24:25entre vin bio,
24:26vin nature ?
24:27Ce n'est pas tout à fait
24:27la même chose.
24:28Non,
24:29c'est aussi un vin bio.
24:30C'est la façon de produire
24:33la bio.
24:34C'est la façon
24:35de s'occuper des vignes.
24:37Et après,
24:38le vin nature,
24:39c'est la façon
24:39de le transformer aussi.
24:41Et pour les non-initiés,
24:42est-ce qu'on peut dire
24:42que tous les vins nature
24:43sont bio ?
24:44Oui.
24:44Et en revanche,
24:45tous les vins bio
24:46ne sont pas forcément nature,
24:47c'est ça ?
24:47C'est ça,
24:48complètement.
24:49Il y a une histoire
24:49de production
24:50et une histoire
24:51de transformation derrière.
24:52Eh bien,
24:52on va continuer justement
24:53à faire dorer
24:54notre culture générale
24:55puisqu'on va passer
24:56au quiz.
25:00Fanny Metra,
25:01vous qui avez passé du temps,
25:02vous l'avez dit
25:03à plusieurs reprises,
25:03vous aimez l'Afrique
25:04dans une communauté
25:05paysanne du Burkina Faso,
25:07sauriez-vous nous dire
25:08si ces affirmations
25:09sont vraies ou fausses ?
25:10Là,
25:10on va voir
25:10si vous êtes
25:11une vraie femme de terrain
25:12ou si vous allez
25:13prendre des repas
25:17à l'Hilton du coin.
25:18Le babanda
25:19est le plat traditionnel
25:21numéro 1
25:21du Burkina.
25:22Ah non,
25:23jamais entendu parler
25:23du babanda.
25:24Alors,
25:25faux ou vrai ?
25:26Faux parce que
25:27j'en ai jamais entendu parler.
25:28Faux parce que
25:29cette fois-ci,
25:30j'espère que vous en avez
25:31entendu parler
25:31parce que le vrai
25:32plat traditionnel numéro 1
25:33c'est le thô.
25:34Bien sûr,
25:35j'en ai mangé tellement.
25:36Une pâte faite
25:36à base de céréales
25:37telles que mille,
25:38maïs ou sorgho
25:38accompagnées de sauce.
25:40Le babanda,
25:41lui,
25:41est composé de feuilles d'oseille
25:42et des feuilles de borumburu,
25:44de poudre d'arachide
25:45et de riz.
25:46C'est donc un plat
25:47du Burkina
25:47mais qui n'est visiblement
25:48moins fédérateur
25:50que le thô.
25:51Une autre grande spécialité
25:52est le poulet bicyclette.
25:54Appelez ainsi
25:55car les éleveurs
25:56les accrochent
25:57à l'arrière de leur vélo
25:58pour les livrer.
25:59Vrai ou faux ?
26:00Eh bien,
26:01moi,
26:01ce qu'on m'a expliqué
26:01sur le poulet bicyclette,
26:03c'était que c'était
26:03des poulets
26:05en mode libre
26:06dans les cours
26:06qui couraient tellement
26:07de partout
26:08qu'on les appelait bicyclette
26:09parce que c'était
26:09des poulets
26:10vas-y,
26:11on court dans tous les sens.
26:12Alors,
26:12Fanny Métra,
26:13elle a bien été au Burkina
26:14face au restaurant.
26:15Non seulement
26:15elle nous dit
26:16que c'est faux
26:16mais elle nous donne
26:17la réponse.
26:17Oui,
26:18ces poulets élevés
26:18en liberté
26:19courent toute la journée
26:20et ils ont donc
26:20des cuisses de cyclistes
26:21d'où leur surnom.
26:22Le riz gras du Burkina
26:24est le proche cousin
26:25du riz jolof du Nigeria.
26:27Ah ben,
26:27je ne suis pas allée au Nigeria.
26:28Je sais cuisiner le riz gras.
26:30C'est du coup
26:31le riz cuit
26:31dans le gras de la viande.
26:33Ou du poisson.
26:34Au Burkina,
26:35c'était plus viande
26:36là où j'étais
26:36mais du coup,
26:37je ne sais pas
26:38parce que je ne connais pas
26:39le riz jolof du Nigeria.
26:41Moi,
26:42je dirais non.
26:43Eh ben,
26:43c'est vrai.
26:44C'est un ragoût
26:44avec du riz,
26:45des céréales,
26:45des légumes,
26:46du poisson
26:46ou de la viande
26:46cuit à la vapeur
26:47et c'est un peu cuit
26:48de la même façon.
26:49C'est le coup.
26:49On y était presque.
26:51Le soumbala
26:52est un dessert
26:52à base de lait
26:53et de mille.
26:55Eh ben,
26:55non.
26:56Très forte.
26:57Le soumbala,
26:58c'est une épice,
26:59c'est des espèces
26:59de boules de graines
27:01qui donnent
27:02de néré
27:02qui est un arbre
27:03et qu'on utilise
27:04en cuisine
27:05pour assaisonner.
27:05Et ce dessert
27:07à base de lait
27:07et de mille,
27:08c'est le digui.
27:09Je crois un truc
27:10comme ça.
27:10Le dégué.
27:11Bon,
27:11incollable.
27:12Bravo.
27:13Je serais vous,
27:14je quitterais en traque,
27:15j'irais là-bas.
27:16Mon cœur balance.
27:17Allez,
27:18on va passer
27:18au deuxième quiz
27:19puisqu'avec votre compagnon,
27:20vous vivez aussi
27:21de la récolte
27:21et de la transformation
27:22de châtaigne.
27:24Alors attention.
27:25Les copains caténéiculteurs,
27:26ils vont m'en vouloir.
27:27Alors,
27:28le castanaccio
27:29de Toscane
27:30est un ragoût
27:31de lièvre
27:32aux châtaignes.
27:33En tout cas,
27:34il y a castagne.
27:35Du coup,
27:35c'est à base de châtaigne.
27:36Mais alors,
27:36si c'est du lièvre,
27:37peut-être pas,
27:38j'en sais rien.
27:39Mais en tout cas,
27:40il y a de la châtaigne
27:40vu que c'est castagne.
27:41Alors,
27:42il y a de la châtaigne,
27:42c'est vrai,
27:43mais ce n'est pas
27:44un lièvre aux châtaignes,
27:45c'est un gâteau rustique
27:47à la farine de châtaigne.
27:49On continue.
27:50Les Espagnols
27:51préparent un flanc
27:52parfumé
27:53à la purée de châtaigne.
27:54Est-ce que c'est vrai
27:55ou est-ce que c'est faux ?
27:56Pourquoi pas ?
27:57J'ai mangé des châtaignes
27:58une fois à la frontière portugaise,
28:01Espagne-Portugale.
28:02Non,
28:02c'était plutôt des glands.
28:04J'en sais rien.
28:04Est-ce qu'il y a des châtaignes
28:05en Espagne ?
28:06Je dirais non.
28:07Alors,
28:08c'est vrai.
28:08Ah mince.
28:08C'est le flanc de castanasse,
28:10justement,
28:10le flanc avec des châtaignes.
28:12Doucement,
28:12elles assèdent la castagne,
28:13sur ce que je disais.
28:14Exactement.
28:15Mais à chaque fois,
28:16vous n'êtes pas loin
28:17parce qu'à chaque fois,
28:17vous hésitez.
28:18Le curry gohan japonais
28:19est un riz mélangé
28:21à des châtaignes
28:22cuites à la vapeur.
28:24Je ne connais pas du tout
28:25la cuisine japonaise.
28:26Est-ce que je vais dire oui ?
28:30Aucune idée.
28:31Vraiment aucune idée.
28:32Alors,
28:32c'est vous,
28:33une chose sur deux.
28:33On va dire faux.
28:36C'est vrai.
28:36C'est vrai.
28:37C'est un plat d'automne
28:38très populaire.
28:39Ah d'accord.
28:40Et alors,
28:40on reste au Japon.
28:41Les Japonais ont leur propre version
28:43du fameux gâteau Mont-Blanc
28:44avec de la crème de marron.
28:47Ça,
28:47je n'y crois pas.
28:48Je dirais faux.
28:50C'est vrai ou pas ?
28:50Il faut faire un petit signe.
28:51Est-ce que du coup,
28:52ça veut dire qu'il y a
28:53de la crème de marron au Japon ?
28:54C'est vrai.
28:54C'est un gâteau très apprécié au Japon.
28:57On a bien compris
28:58que sur l'Afrique,
28:58vous êtes incolables.
28:59Japon,
29:00pas du tout.
29:00Il faut réviser.
29:01C'est pour ça que je vous disais
29:02abandonner la châtaigne
29:03en traille à l'eau en Afrique.
29:05Exactement.
29:05Oui,
29:05mais vous m'auriez posé des questions
29:06sur la châtaigne ardéchoise.
29:08Oui,
29:08mais c'était trop facile.
29:09Voilà.
29:10On est taquin ici
29:11dans cette émission.
29:12c'est de piéger avec les quiz quand même.
29:13Au Japon,
29:14je reverrai.
29:15Mais pour rebondir
29:16sur votre interrogation,
29:17effectivement,
29:18le gâteau,
29:18le Mont-Blanc,
29:19qui est une invention d'Angelina,
29:20le fameux salon de thé parisien,
29:23c'est devenu un gâteau.
29:24D'ailleurs,
29:24il suffit d'y aller
29:24pour voir le nombre de Japonais
29:26et les Japonais
29:27ont exploité cette recette.
29:29Et d'ailleurs,
29:29souvent,
29:29les pâtisseries japonaises de Paris
29:30font un Mont-Blanc
29:32un peu japonisant,
29:33mais il y a bien de la crème de marron.
29:34Ok.
29:34Bon.
29:35Je n'ai jamais mangé
29:36de crème de marron du Japon.
29:37À défaut,
29:38elle ressemble
29:38lors d'une prochaine réunion à Paris.
29:40Jean-Pierre vous donnera
29:41des bonnes adresses.
29:42La vôtre,
29:42c'est Clément Fogier.
29:44Ah non.
29:44Ah bon ?
29:45La nôtre,
29:45c'est la nôtre.
29:46C'est celle qu'on fait de nous.
29:47Non,
29:48mais c'était...
29:48Non,
29:48Clément Fogier,
29:49bon,
29:49je ne veux pas aller rentrer dans le détail.
29:51On passe à autre chose.
29:52Mais ce n'est pas que de la châtanne d'Ardèche
29:53dans laquelle on fait.
29:54Oui,
29:54c'est vrai,
29:54mais il l'a bien indiqué
29:56sur sa nouvelle étiquette.
29:57Ok.
29:58Il a pu modifier ses étiquettes.
29:59On va revenir en France,
30:01on va passer à la brève de comptoir.
30:06Et comme avec chacun,
30:07justement,
30:08de nos invités,
30:08on vous demande de réfléchir
30:09à un moment
30:11autour de la gastronomie
30:12de la cuisine
30:13et vous allez nous parler
30:14d'une galette d'héros
30:15un peu spéciale.
30:16Oui,
30:16c'était en janvier,
30:18à Matignon.
30:19Moi,
30:20je n'étais jamais allée à Matignon.
30:21Du coup,
30:22déjà,
30:22c'est assez...
30:24C'est des vieux bâtiments,
30:25comme tous les vieux bâtiments
30:27du monde politique à Paris.
30:29Vieux bâtiments,
30:30des grands chandeliers.
30:31Du coup,
30:31c'était encore Noël,
30:32enfin,
30:32l'ambiance de Noël
30:33avec le sapin gigantesque
30:36comme dans les séries américaines
30:38avec les sapins
30:40qui mesurent 4 mètres.
30:41Le plancher qui grince,
30:42c'est ça qui est rigolo.
30:43On est dans un moment,
30:44le plancher qui grince,
30:46les gens en queue de pique
30:47qui nous accueillent,
30:48tout ça.
30:48Ce sont les heures
30:49de la République.
30:49Ce sont les heures
30:50de la République.
30:51Et du coup,
30:51on avait rendez-vous
30:52en pleine crise agricole
30:53avec, entre autres,
30:54Lecornu,
30:55Gennevar,
30:55ministre de l'Agriculture.
30:56Il y avait le ministre
30:56du Commerce
30:57et des fonctionnaires.
30:59Et il devait être 21h.
31:00Ils avaient rendez-vous
31:01avant avec la FNSEA.
31:02Je crois qu'on était là
31:03depuis 19h.
31:03On attendait.
31:04On avait faim.
31:06Et je pense qu'on rentre
31:08dans le bureau,
31:08ça devait être 21h.
31:10Et du coup,
31:11vu que ça avait traîné,
31:13traîné par rapport
31:13à l'heure de rendez-vous,
31:14ils nous ont amené
31:14la galette des rois,
31:15chacun autour d'une grande
31:17taberonde.
31:18On était une quinzaine.
31:19La galette des rois
31:21face à nous.
31:23Et en fait,
31:24on était tellement
31:25dans un rapport conflictuel
31:27et de face à face
31:28où moi,
31:28je n'ai pas lâché du regard
31:30le premier ministre
31:33et la ministre de l'Agriculture.
31:34Et c'était un peu
31:35tendu et chaud.
31:36Qu'en fait,
31:37impossible de manger.
31:38Et on est tous repartis
31:39avec notre part
31:40de galette des rois
31:41pas touchée,
31:42ceux de la Confédération Paysanne.
31:44Il n'y avait que des fonctionnaires
31:45qui ont mangé
31:45parce que je pense
31:45qu'ils n'en pouvaient plus
31:46d'enchaîner les réunions
31:47et d'attendre.
31:48Mais autant les ministres
31:49que nous,
31:50on n'a pas mangé.
31:51Et on est tous sortis
31:53en disant
31:54mais on aurait rêvé
31:55manger cette galette
31:56et le monde avait faim.
31:57Mais moi,
31:57clairement,
31:58je pense que manger,
31:59c'est un acte de générosité
32:00et de partage
32:01et ça n'est pas possible
32:02de manger avec des gens
32:03avec qui on est
32:04dans un mode de conflit.
32:06Alors,
32:06ça devait être
32:06un conflit très dur
32:07parce que c'est vrai
32:08qu'il y a parfois
32:08des invités
32:09qui nous racontent
32:09un peu l'inverse.
32:10À quel point
32:10le fait de partager un repas
32:12peut apaiser les tensions.
32:14Là,
32:14vous dites que la situation
32:14était tellement tendue.
32:16Ça aurait été vécu quoi ?
32:17Comme une faiblesse
32:18de manger ensemble ?
32:19Je l'ai analysé comme ça.
32:22Le fait de...
32:23En plus,
32:24c'est un dessert,
32:26de lâcher le regard,
32:27de lâcher l'attention
32:28alors qu'on était
32:30dans un moment
32:31de crise agricole
32:31sur la dermatose nodulaire,
32:32l'abattage totale
32:33et le Mercosur.
32:34Une période très tendue.
32:35C'était pas possible
32:36de lâcher l'attention
32:39en mangeant.
32:41On était si sains
32:42de la Confédération Paysanne,
32:43si gourmands.
32:45Personne n'a craqué là-dessus.
32:46C'est curieux
32:47parce qu'elle a raison.
32:47Souvent,
32:48la diplomatie passe par la cuisine.
32:49Il ne faut pas faire d'un père
32:50quand on fait des dîners
32:52comme ça
32:52où il y a deux camps
32:53qui sont...
32:54Si vous avez servi
32:55de l'agneau,
32:56par exemple,
32:57est-ce que ça aurait changé
32:57les choses ?
32:58Non, parce que vraiment,
32:59la colère était grande.
33:00Moi, il n'y avait pas moyen
33:01que je baisse le regard.
33:02Donc là,
33:02la diplomatie était impossible.
33:04Et la galette était bonne finalement ?
33:05On ne sait pas,
33:06on ne l'a pas mangé.
33:06Vous ne l'avez pas...
33:07Ah non,
33:07on n'a pas osé dire...
33:09On peut l'emmener dans...
33:10On n'a pas osé...
33:11Un petit papier.
33:12Il faut tout oser
33:12dans les ministères.
33:13Allez,
33:14on va enchaîner tout de suite.
33:16On va revenir sur...
33:17Vous parliez un des combats
33:18du monde agricole.
33:18L'agriculture a vécu aussi
33:20des périodes compliquées
33:21avec les inondations.
33:22On en parle dans
33:22le Dessous des Plats.
33:29Effectivement,
33:30on connaît des sols saturés
33:31par les pluies
33:32continues depuis décembre.
33:34De nombreuses communes
33:34ont vu des quartiers,
33:36des infrastructures submergées
33:37et des champs inondés.
33:39En Gironde,
33:40le récit Martin de Bornet.
33:42Une exploitation méconnaissable,
33:44entièrement dévastée
33:46par les crues.
33:46On avait nos récoltes
33:48pour le mois de mars,
33:49c'était ici.
33:51Et voilà,
33:51les récoltes perdues,
33:53notamment les oignons,
33:54on les voit un petit peu flotter,
33:55les épinards sont sous l'eau,
33:58les fèves,
33:58les fenouilles,
33:59les petits pois.
34:01Tout est perdu.
34:03C'est près d'un hectare
34:04et demi de cultures
34:05qui ont été entièrement submergées
34:07sous 80 centimètres d'eau,
34:09du jamais vu
34:10pour ce maraîcher.
34:12Au niveau financier,
34:12matériel,
34:13on a perdu environ 15 000 euros
34:15de pertes.
34:16Et puis surtout,
34:17les pertes d'exploitation
34:18au niveau récolte.
34:19Et puis tout le temps
34:20qu'on a pu passer,
34:21printemps et pendant l'hiver,
34:22tout ce temps-là,
34:24il n'aura servi à rien.
34:25Élevage,
34:26maraîchage ou céréales,
34:28toutes les filières
34:28sont touchées
34:29par les inondations.
34:31Dans le Lot-et-Garonne,
34:32ce fermier tente de sauver
34:34ce qui peut encore l'être.
34:36On bosse depuis une semaine.
34:39On a ramassé beaucoup de poireaux,
34:40on a essayé de faire gaffe.
34:43On a essayé de maintenir un petit peu
34:44le chiffre d'affaires.
34:46S'il est encore trop tôt pour compter les pertes,
34:48les agriculteurs redoutent déjà
34:50les conséquences pour la prochaine saison.
34:53Certains syndicats agricoles
34:54demandent la reconnaissance
34:56de l'état de catastrophe naturelle
34:57pour les départements touchés
34:59et des démarches d'indemnisation
35:01simplifiées et accélérées.
35:03De son côté,
35:04la ministre de l'Agriculture,
35:05Annie Gennevard,
35:06a annoncé le déclenchement
35:08du dispositif
35:09des calamités agricoles
35:10pour les plus touchés.
35:13Très impressionnant,
35:14cet agriculteur
35:14qui se déplace en barque.
35:16Est-ce que vous,
35:17à côté de chez vous,
35:18vous avez été impacté
35:19justement par ces crues ?
35:20Est-ce qu'avec la Confédération Paysanne,
35:21vous êtes allé à la rencontre
35:23de ces agriculteurs touchés ?
35:24Non, mais alors,
35:25nous, non,
35:25parce que moi,
35:26je suis en zone de montagne.
35:27Du coup, c'est vrai que les crues,
35:28ça ne nous impacte pas
35:29sur notre ferme spécialement,
35:31même si on a les pluies sévenoles
35:32des fois qui ravagent bien.
35:34Ce n'est pas la même chose
35:35que des sols.
35:36Mais on ne stagne pas.
35:36Oui, oui, ça ne stagne pas.
35:37Par contre,
35:38ce n'est pas la Confédération
35:38qui est allée,
35:39vu que c'est plein de paysans
35:40de la Confédération Paysanne
35:41qui sont directement impactés.
35:45En fait, ça s'accumule.
35:46Entre les sécheresses,
35:47les tempêtes,
35:47les inondations,
35:48ça s'accumule.
35:48C'est de pire en pire.
35:49Et là, quand on a des fermes
35:51qui enchaînent des épisodes
35:53tous les deux, trois ans,
35:54en fait, c'est des fermes
35:55qui ne se remettent pas forcément.
35:56C'est la catastrophe.
35:58Et nous, encore une fois,
36:00oui, on râle beaucoup,
36:00mais on a détricoté, en fait,
36:02le système des calamités agricoles
36:04pour partir bille en tête
36:06sur le système assurantiel.
36:08Sauf que là, on voit,
36:08il y a des maraîchers.
36:09Et c'est surtout les maraîchers
36:10qui ont pris très cher, là.
36:12Les serres ravagées,
36:14pertes de production.
36:14C'est quoi la différence, justement ?
36:16Parce qu'Anne Genevard
36:17parle de calamités agricoles.
36:19On dit dans le même temps
36:19qu'il y a plein d'agriculteurs
36:20qui ne sont pas assurés.
36:22Est-ce que ça veut dire
36:22qu'eux ne pourront pas, justement,
36:24avoir les assurances
36:26qui vont jouer
36:26pour leur permettre
36:27de se relever ?
36:28En fait, c'est ça.
36:28Le système assurantiel,
36:30les petites fermes
36:31comme en maraîchage,
36:31comme plein de fermes,
36:32en fait,
36:33n'ont pas les moyens
36:34de s'assurer.
36:35Du coup, en fait,
36:36à chaque catastrophe,
36:37ils perdent tout.
36:38Et c'est, encore une fois,
36:39les plus gros
36:40qui ont les moyens
36:40de s'assurer,
36:41qui, eux,
36:42arrivent à s'en sortir.
36:43Nous, ce qu'on demande,
36:44c'est un fonds
36:45de mutualisation,
36:46de solidarité,
36:47ou en fait,
36:48un fonds partagé
36:49par toutes les filières
36:51du monde agricole,
36:51mais aussi par les filières
36:52de l'aval.
36:56qui chopent toutes les conséquences
36:58de ces catastrophes
36:59et que, derrière,
37:00les transformateurs,
37:01les distributeurs,
37:02enfin, tout le reste
37:03de la filière,
37:04eux, en fait,
37:06ne sont pas du tout solidaires.
37:07Du coup, nous,
37:07ce qu'on demande,
37:08c'est ça,
37:08c'est un fonds de mutualité
37:10solidaire, en fait,
37:11qui puisse permettre...
37:12En fait, on ne peut pas
37:13perdre encore des fermes
37:14en France.
37:14Ce n'est pas possible.
37:16C'est des milliers de fermes
37:17qui disparaissent chaque année.
37:18On ne peut pas continuer
37:20cette dégringolade-là.
37:21Et justement,
37:21vous parliez
37:21inondation sécheresse.
37:23C'est vrai qu'avec la question
37:23de Londres,
37:24on a l'impression
37:24qu'il y en a soit trop,
37:26soit pas assez.
37:27Question un peu naïve,
37:28mais il y a peut-être
37:28des gens qui diront
37:29comme ça, au moins,
37:30ça remplit les nappes phréatiques,
37:31il n'y aura pas de problème
37:32de sécheresse.
37:33Ce n'est pas si simple.
37:33Quand il pleut trop,
37:34ça ne marche pas comme ça.
37:36Ce n'est pas si simple.
37:36Et nous, on le voit...
37:37Enfin, vraiment,
37:37moi, pour habiter
37:38dans les Cévennes
37:39où c'est plus sévenol,
37:40c'est des draches,
37:41c'est des quantités d'eau
37:43incroyables,
37:43mais du coup,
37:45qui lessivent
37:45et qui partent.
37:47Et du coup,
37:47on peut quand même,
37:54permettra quand même
37:54à des endroits
37:55de ne pas vivre
37:56de sécheresse de printemps,
37:57voire d'été.
37:58Mais là, le problème,
37:59c'est l'enchaînement, en fait.
38:00Les incendies dans l'eau,
38:03les intempéries,
38:04les sécheresses,
38:04on vit des bouleversements
38:06et on est un peu les seuls
38:07à devoir supporter
38:09les conséquences de ça.
38:10Vous avez raison sur le papier,
38:11mais je crois que là,
38:12pour le coup,
38:12j'ai entendu l'autre jour
38:14qu'effectivement,
38:15la plupart des nappes phréatiques
38:16avaient bénéficié
38:17de ce surpludeau.
38:18Le mois de février
38:19a été l'un des plus vieux
38:20de l'histoire
38:22de ces dernières années.
38:23Mais j'avais une autre question
38:24parce qu'elle a dit
38:25cette barque,
38:27ces carottes qui sont sous l'eau.
38:28Mais je pense à vous,
38:29les éleveurs,
38:30on pense souvent
38:31aux terres arables
38:31ou cultivées
38:32quand il y a des inondations,
38:33mais on oublie les éleveurs.
38:34C'est terrible aussi
38:34pour les éleveurs.
38:35Où mettre les animaux ?
38:36Que faire du fourrage ?
38:39Heureusement que dans les campagnes,
38:40quand il arrive
38:41une question comme celle-ci,
38:42un épisode horrible,
38:44en fait,
38:44il y a de la solidarité
38:45et c'est vrai
38:45qu'on pense à sauver
38:47les bêtes avant tout.
38:48C'est pour ça aussi...
38:49Il y a eu des bêtes noyées,
38:50par exemple,
38:51lors de ces dames.
38:51C'est cet épisode...
38:52Ils ont réussi
38:52à prendre les devants.
38:54On a le souvenir
38:55de vaches qui nagent
38:59pour sortir des zones inondées.
39:00Mais je pense
39:02qu'on est très vite,
39:04facilement,
39:04même les voisins,
39:05dès qu'il y a des animaux,
39:06il y a solidarité.
39:07Quand on perd,
39:07on ne va pas aller sauver
39:08des carottes et des poireaux,
39:09du coup, en fait,
39:10les maraîchers perdent tout
39:11d'un coup
39:12et les cerfs dévastent.
39:14Du coup, il faut imaginer
39:15que pour des petits maraîchers,
39:16c'est tous leurs investissements
39:18qui tombent à terre,
39:21Vous parliez justement
39:21de cette question
39:22du dérèglement climatique.
39:24Est-ce qu'il faut aussi
39:25considérer que c'est inévitable,
39:27s'adapter ?
39:27Est-ce qu'on peut changer
39:28aussi certaines cultures en France ?
39:30Je lisais, par exemple,
39:31qu'on peut produire
39:31plus d'agrumes.
39:33On voit qu'avec
39:34certains départements
39:34où la température augmente,
39:36est-ce qu'il faut se dire
39:36que si c'est ça la réalité,
39:38on peut peut-être aussi
39:39produire d'autres choses,
39:40accepter d'une certaine façon
39:42ce qui se passe ?
39:43En fait,
39:44nous, on est des gens
39:45qui travaillons avec le vivant.
39:46Du coup,
39:46on a une capacité
39:47d'adaptation énorme
39:48parce qu'on ne fait que ça,
39:49s'adapter aux conditions climatiques,
39:50aux maladies sanitaires.
39:52Enfin, on est les paysans,
39:54c'est une grande part
39:55de notre métier.
39:55Sauf que là,
39:56il y a des responsabilités aussi.
39:58S'il n'y a pas un changement
39:59de modèle agricole,
40:00on continue à engendrer
40:01en fait cette catastrophe.
40:04On continue à jouer
40:05sur le climat.
40:06Mais par contre,
40:07oui, il y a des choses,
40:08il y a des façons,
40:08il y aurait des façons
40:09de s'adapter.
40:10Ça commence.
40:11Il y a des gens
40:11qui changent leur méthode,
40:13qui changent leur façon de voir.
40:14Quand on voit,
40:14je parlais de la crise viticole,
40:16il y a un grand plan
40:17d'arrachage actuellement.
40:18Il faut imaginer
40:19accompagner les paysans
40:20vers une transition
40:21pour qu'ils puissent
40:22justement faire face
40:23aux défis de demain.
40:24Mais après,
40:25il y a quand même
40:27fondamentalement
40:27des choses à changer.
40:29Mais dans le fond,
40:30sur le modèle agricole,
40:31pour qu'on essaye
40:32d'être un maximum résilient,
40:34ça c'est une certitude.
40:35Les syndicats agricoles,
40:37on l'a vu tout à l'heure,
40:37sont souvent à couteau tiré.
40:38Est-ce qu'au moins
40:39sur cette question,
40:40quand il s'agit de défendre
40:41les agriculteurs,
40:42les éleveurs
40:42qui sont sous l'eau,
40:44au niveau des indemnisations,
40:46sont à peu près
40:46sur la même ligne
40:47et tirent dans le même sens ?
40:48Non, parce que malgré tout,
40:50le système assurantiel,
40:52nous on le dit,
40:52le système assurantiel,
40:53ce n'est pas un système
40:54de solidarité.
40:55Et d'autres le défendent.
40:56Ah bah oui, bien sûr.
40:56Ceux qui ont des grosses
40:57exploitations et qui peuvent
40:58se payer des assurances
40:59contre le gel,
41:00contre les inondations, etc.
41:01Sur des petites fermes
41:02en maraîchage
41:03avec quelques hectares
41:03qui pourtant produisent
41:05vraiment des légumes
41:06pour les familles
41:07à l'entour et tout,
41:08eux, ils n'ont pas
41:08les moyens de ça
41:10et ils perdent tout
41:10et ils ne sont pas accompagnés,
41:11pas aidés.
41:12C'est une vraie injustice.
41:13C'est quand même un comble
41:14que l'eau qui est la vie
41:16et pour les paysans
41:17la source de leur production
41:19soit le cauchemar
41:21des agriculteurs.
41:22À chaque fois,
41:22mais comme tout,
41:23comme le soleil peut être
41:24notre bénédiction
41:25et en même temps
41:26trop de soleil.
41:26Et c'est ça,
41:27je pense que travailler
41:28avec le vivant
41:28quand je parlais d'adaptation,
41:29c'est aussi une crainte
41:31au quotidien.
41:32Les gens disent
41:32oh, les paysans
41:33ils râlent tout le temps,
41:33soit il fait trop chaud,
41:34soit il fait très sec.
41:35Mais en fait,
41:35c'est que quand on vit en ville,
41:37on est déconnecté
41:37des réalités météorologiques,
41:39des réalités du climat,
41:40nous, c'est notre quotidien.
41:41Elle a un impact
41:42tous les jours
41:43sur votre quotidien.
41:44Pour nous,
41:44c'est vraiment,
41:45même on le voit
41:46avec les maladies sanitaires,
41:47on a peur de l'arrivée
41:48du printemps
41:49parce qu'avec l'arrivée
41:49du printemps,
41:50on sait que peut-être
41:51la DNC va se réveiller
41:52ou d'autres,
41:53ou la FCO ou autre chose.
41:54On vit avec ça en permanence
41:56et pour nous,
41:57il faut voyager dans le monde.
41:58Les paysans du monde,
42:00la crainte la plus grande,
42:01c'est la sécheresse,
42:02c'est les inondations,
42:02c'est le climat.
42:03C'est la nature
42:04aussi ce qui a été réservé.
42:06Alors que pour les parisiens,
42:07c'est terrasse ou à l'intérieur ?
42:08Oui, mais c'est ça.
42:09C'est ce que vous voulez dire.
42:10Mais bien sûr.
42:10Allez,
42:11ne qu'à caricaturer ou pas tout.
42:14On va parler d'innovation
42:16à présent
42:16avec les pieds dans le plat.
42:23Signe des temps, Elsa.
42:25Chaque année,
42:25les nouvelles technologies
42:26s'invitent un peu plus
42:27au Salon de l'agriculture
42:28qui, cette année,
42:29a réuni tout un écosystème
42:30de start-up innovants
42:32dont l'ambition
42:32est de transformer
42:34les métiers de la ferme,
42:35de l'agroalimentaire,
42:36ainsi que certains aliments même.
42:38C'est un reportage
42:39d'Hélène Bonduelle
42:39et d'Eva Billion.
42:43Conjuguer innovation
42:44et alimentation,
42:45c'est la mission
42:46de ces jeunes chercheurs
42:47venus présenter
42:48des associations
42:49parfois déroutantes,
42:51comme cette imprimante 3D
42:53alimentaire.
42:54Inutile de s'embêter
42:55à pocher la pâte à choux,
42:57ici,
42:57c'est la machine
42:58qui s'en charge.
42:59Et tout au fond,
43:00on a un petit bras robotique
43:02qui viendra chercher
43:03la cartouche.
43:04pour ensuite aller imprimer
43:05sur le plateau d'impression.
43:06On va vraiment avoir
43:07des lignes d'impression
43:08toutes collées
43:09pour avoir un produit
43:10totalement plein,
43:12sachant que selon
43:13nos intérêts
43:14et les textures
43:14qu'on souhaite obtenir,
43:16on pourrait demander
43:17au modèle
43:18d'espacer les lignes
43:19d'impression
43:19pour avoir
43:20certains vides
43:21dans notre produit.
43:22Et c'est là
43:22tout l'intérêt
43:23de l'impression 3D,
43:25personnaliser l'alimentation.
43:26Des gels laitiers
43:28nutritifs,
43:29par exemple.
43:29Pour les personnes âgées,
43:31on parle principalement
43:32de la cible
43:33des personnes dysphagiques,
43:34donc ayant des troubles
43:35de déglutition.
43:36Sur cette même recette,
43:37si on le moule,
43:38on aura un produit
43:39beaucoup plus ferme
43:40et cassant.
43:41Et ça,
43:41ça peut être problématique
43:42parce que ça peut
43:43engendrer des fausses routes.
43:44Alors qu'en imprimant
43:45en 3D,
43:46on va avoir quelque chose
43:47de beaucoup plus facile
43:48à mastiquer,
43:49de plus fondant en bouche.
43:51On vient accompagner
43:52des entrepreneurs
43:54qui soit innovent,
43:55soit mettent en place
43:55des méthodes
43:56pour accompagner
43:57la transition.
43:58Et là,
43:58je pense que c'est
43:59des méthodes
43:59ou des pistes
44:00qui pourraient être envisagées
44:01pour comment est-ce
44:02qu'on adapte
44:02une alimentation
44:03qui vient répondre
44:04à un besoin
44:05par une innovation.
44:07À côté,
44:09ce sont ces petites boules
44:10chocolatées
44:10imaginées par cette
44:11étudiante ingénieure.
44:13Elles n'ont l'air de rien.
44:15Pourtant,
44:15elles ont été conçues
44:16grâce à un procédé
44:17inattendu.
44:18Elles sont innovantes
44:19parce qu'elles sont
44:20riches en calcium,
44:21et le calcium,
44:22c'est un calcium marin
44:23et vient d'un coproduit.
44:24Ce sont des arêtes
44:25de poissons,
44:26donc des arêtes
44:27de cabillaud
44:27et de lune noire
44:28qui ont été hydrolysées
44:30et micronisées
44:31pour être réduites
44:31en poudres
44:32que nous avons incorporées
44:33dans les billes.
44:34Objectif,
44:35diversifier la consommation
44:36de calcium
44:37pour les femmes
44:37ménopausées
44:38et lutter
44:39contre l'ostéoporose.
44:41Sibylle teste
44:42son prototype
44:43sur le salon.
44:44Avec une portion
44:45de 5 billes,
44:46vous pouvez atteindre
44:4615% des apports
44:48journaliers en calcium
44:49pour les femmes
44:49de plus de 45 ans.
44:51Ce qui vous permet
44:52d'atteindre
44:52les recommandations
44:53de l'ANSES.
44:54Pour toi,
44:55des médicaments,
44:56des choses comme là,
44:57c'est quand même
44:57un peu plus naturel.
44:59C'est quand même
44:59assez important.
45:01Il y a l'aspect gourmand
45:02parce qu'entre le cachet
45:03et la petite bulle de chocolat,
45:05il n'y a pas photo,
45:07on va dire.
45:07Excusez-moi,
45:09je trouve ça intéressant
45:10parce que c'est la valorisation
45:11du co-produit
45:12donc ça,
45:13c'est pour faire
45:13hyper sport.
45:14En fait,
45:15de refondre
45:15un benoin
45:16des franges
45:18est important
45:19et essentiel
45:20et on n'a pas
45:20tous notre
45:22coût de yaourt
45:22sous la main.
45:23On n'a pas la même,
45:24les femmes n'ont pas
45:25la même capacité
45:26à absorber
45:27et gérer
45:27le calcium
45:28et c'est super
45:29alternatif.
45:31Le projet de Sibyl
45:32sera d'ailleurs présenté
45:33lors du prochain concours
45:34d'innovation culinaire.
45:37Alors,
45:37compte tenu
45:38de vos responsabilités
45:39syndicales,
45:39vous avez passé
45:39quatre jours
45:40au salon de l'agriculture.
45:41Est-ce que vous en avez
45:42profité quand même
45:42pour aller voir
45:43cette ferme des Agritech
45:44où il y avait
45:44toutes les innovations,
45:45ces start-up
45:46où vous n'avez pas eu le temps
45:47et ce n'est pas quelque chose
45:48qui vous passionne ?
45:49Vous êtes plus sur le pastoralisme
45:51que sur les innovations.
45:52C'est un peu ça,
45:53c'est les deux.
45:53Pas le temps,
45:54nous c'est rendez-vous politique,
45:55on enchaîne,
45:55on enchaîne,
45:56c'est des journées
46:00de demain
46:00qui se jouent
46:00avec ces petites Agritech
46:02quand même.
46:02Pour nous,
46:03pas du tout.
46:04Et c'est encore une fois
46:05les fausses solutions
46:06prônées pour soi-disant
46:07sauver un modèle agricole.
46:09On fait croire
46:10que la technologie
46:11va sauver l'agriculture.
46:12Moi,
46:12j'ai participé
46:13à plein de COP Climat
46:14à Marrakech,
46:15à Paris.
46:16Pour nous,
46:16c'est une hérésie
46:17de perdre du temps,
46:19de l'énergie là-dedans
46:19alors qu'on n'est pas capable
46:21de sauver l'agriculture.
46:23Vous appelez le réseau
46:24chez vous ?
46:25Entre autres,
46:25oui,
46:26ça c'est sûr.
46:26Vous n'avez pas de réseau.
46:27Il y a une boîte
46:28qui permet d'avoir
46:30un réseau
46:31pour des paysans
46:32qui sont dans les zones
46:32grises ou blanches
46:33et qui permet non seulement
46:34d'avoir un réseau téléphonique
46:35mais aussi de pouvoir
46:36y brancher des appareils,
46:38des applications,
46:39des devices,
46:39comme on dit,
46:40pour optimiser
46:41le rendement de leur ferme.
46:42Bien sûr,
46:43encore une fois,
46:44ce n'est jamais tout noir,
46:44tout blanc.
46:45Mais en tout cas,
46:46pour nous,
46:46ce n'est pas du tout...
46:47Mais ça peut aussi faciliter
46:48la vie de certains agriculteurs
46:49si on peut mettre en place
46:51une machine à distance,
46:52etc.
46:53Ça peut être aussi
46:54une façon d'avoir
46:55un peu plus de temps pour soi.
46:56Alors nous,
46:56on fait partie d'un collectif
46:58où reprendre la terre aux machines,
46:59c'est bien le machinisme à outrance
47:01et la technologie à outrance
47:02qui a tué le monde paysan
47:04dans le monde.
47:05Permettez-moi,
47:06ce n'est pas tout à fait
47:06la même chose.
47:07Le machinisme,
47:07je comprends,
47:08les nouvelles technologies,
47:09quand j'entends par exemple
47:12agrivoltaïsme,
47:12culture hydroponique,
47:14ces solutions-là
47:15qui peuvent permettre
47:15d'avoir plus de souveraineté,
47:17d'avoir moins de pollution,
47:19moins d'intrants,
47:19vous ne dites pas non.
47:20Vous dites,
47:21regarde...
47:21En fait,
47:22c'est des petits sparadrats
47:23qu'on veut nous faire croire...
47:24Si, si,
47:24nous on le voit,
47:25enfin en tout cas,
47:26la Via Campestina,
47:26c'est ce qu'on défend.
47:27Tous ces petits sparadrats
47:28s'en remettent jamais en question
47:30la source du problème.
47:31Pour nous,
47:32on continue à faire croire aux gens
47:34qu'on va avoir des solutions
47:35pour tout ça,
47:36mais pour genre
47:37le changement climatique,
47:39pour lutter contre...
47:40On l'a vu avec les OGM,
47:41on l'a vu avec toutes ces technologies
47:43sur le climat,
47:43entre autres.
47:44Enfin,
47:44moi c'est quand même un sujet
47:45qui me tire à cœur.
47:46pour nous,
47:47c'est du sparadins.
47:48On ne remet pas en cause
47:49le modèle dominant
47:51qui pollue,
47:51qui asservit les travailleurs,
47:53qui...
47:53Enfin,
47:54à un moment donné,
47:55s'il n'y a pas une rupture
47:56du modèle,
47:56on n'arrivera à rien,
47:57malgré toutes les...
47:58Voilà,
47:59toutes les pseudo-solutions
48:01qu'on nous propose.
48:02Là,
48:02c'est moins sur la question agricole,
48:04mais quand on voit,
48:05voilà,
48:05sur des machines
48:06où on peut adapter
48:06plus facilement la texture
48:08pour les personnes âgées,
48:09par exemple,
48:09qui peuvent moins mâcher,
48:11quand on voit
48:11qu'on peut faire aussi,
48:12pas des compléments alimentaires,
48:13mais rassembler tout
48:14pour des femmes
48:15qui sont ménopausées.
48:16Ça,
48:16ça peut être des avancées
48:17qui sont bénéfiques.
48:18Là,
48:19c'est plus l'histoire
48:19de la santé,
48:20presque.
48:20Oui,
48:21mais ce sont des innovations,
48:22quand même.
48:22oui,
48:23mais c'est pas...
48:23Du coup,
48:24il faut aller voir
48:25la ferme 2.0 et tout,
48:26mais enfin,
48:26pour nous,
48:27c'est le cauchemar.
48:28c'est le cauchemar absolu,
48:29oui.
48:29Les jeunes agriculteurs,
48:30ils veulent maintenant,
48:31plus comme leurs ancêtres,
48:32partager du temps
48:33avec leur famille.
48:34Si vous avez sur votre portable
48:36l'intelligence artificielle
48:37qui vous permet
48:38de piloter votre ferme
48:40en analysant
48:40les factures,
48:44les fournisseurs,
48:44les conditions météo
48:46et de gagner du temps
48:46pour passer du temps
48:47avec votre petite fille,
48:48vous dites non,
48:49ça ne m'intéresse pas.
48:50Ça dépend comment on le voit,
48:51mais pour nous,
48:52ce n'est pas ça
48:52le cœur du problème,
48:53ce n'est pas ça
48:54le cœur des solutions.
48:55Et moi,
48:56ça ne fait pas si longtemps,
48:57j'étais encore jeune agriculteur,
48:59actrice,
48:59et on est plein
49:00à vouloir autre chose.
49:01Et les jeunes qui arrivent,
49:03justement,
49:03qui sont issus d'ailleurs,
49:04on le voit avec la lutte
49:05agro-paritech,
49:06les luttes qu'il y a eu,
49:07ils ont quand même
49:10déposé des préhabits de grève
49:12au sein de leurs facultés
49:15et de leurs écoles.
49:16Eux,
49:16ils veulent autre chose,
49:17ce modèle qu'on a hérité,
49:18ils n'en veulent plus,
49:19en fait,
49:19ce modèle agricole
49:20et ce,
49:21toujours plus vers la technologie
49:23alors que le fondement même,
49:25on le chointe complètement.
49:27Revenons à du bon sens,
49:28nous on parle de bon sens paysan.
49:29Je sais que là,
49:30on est dans un débat un petit peu,
49:31mais vous qui connaissez bien l'Afrique,
49:32vous savez que les agritechs
49:33en Afrique
49:34ont des solutions
49:35qui permettent aussi
49:35de temps en temps
49:36d'aider,
49:37bah non,
49:37alors on n'est pas d'accord.
49:38Non,
49:38je fais partie
49:39des gros combats
49:40contre le coton OGM-BG.
49:43Non mais ça,
49:43c'est autre chose.
49:44Mais ne mélangeons pas
49:45les OGM et les nouvelles technologies,
49:47je parle des agritechs.
49:47Ils sont souvent liés.
49:49Pas forcément.
49:50Allez,
49:50j'ai peut-être une solution
49:51pour vous mettre d'accord.
49:52C'est la note sucrée de l'amour.
49:54C'est le péché mignon.
49:55Ça,
49:56généralement,
49:56on ne se dispute pas
49:58autour du péché mignon.
50:03Alors,
50:03c'est le temps du sucré.
50:05de cette émission.
50:05Effectivement,
50:06ça rapproche les points de vue.
50:07Avec un petit voyage à la clé,
50:09grâce à vous,
50:09Fanny,
50:10on file vers l'Afrique du Nord
50:11et globalement,
50:12le Proche-Orient,
50:13l'ex-Empire ottoman
50:14qui a propagé
50:16toutes ces bonnes recettes
50:17de gâteaux au miel
50:17et aux noix
50:18dans toute cette partie du monde.
50:19Alors,
50:20on a des pâtisseries orientales
50:21comme les baklavas,
50:22grâce à Elsa,
50:22qui est allée les chercher
50:24chez un pâtissier turc,
50:26des cornes de gazelle,
50:27des ablias.
50:27Alors,
50:28je ne sais pas
50:28ce qu'il y a encore,
50:29Elsa.
50:29Alors,
50:30il y a des loukoums également,
50:31on a amené quelques dates
50:33et justement,
50:34il y a des tulumba aussi.
50:35Alors,
50:35c'est fait avec des dates,
50:36des sésames,
50:37de la pistache,
50:38de la cannelle,
50:39des amandes,
50:40de la fleur d'oranger.
50:41On va se régaler.
50:42Alors,
50:43pourquoi ce choix ?
50:43Alors,
50:45avant,
50:45qu'est-ce que vous choisissez
50:46dans cette belle assiette ?
50:48c'est amandes,
50:49fleurs d'oranger.
50:50Alors,
50:51cornes de gazelle,
50:52un petit baklavas également.
50:53Il y a la pistache,
50:55cacao.
50:55Oui, la pistache,
50:55je veux bien.
50:56Pourquoi ce tropisme,
50:57cette attirance
50:58pour les pâtisseries orientales ?
51:00Moi,
51:00je pense que,
51:01enfin,
51:01c'est de la vie.
51:02J'ai toujours vécu
51:04en pleine cambrousse
51:07et avec une curiosité
51:09sur le monde
51:10incroyable.
51:11Et j'ai voyagé tard
51:12dans ma vie,
51:13j'ai voyagé
51:13quand j'avais 20 ans
51:15et que je me débrouillais.
51:17Voilà.
51:18Et pour nous,
51:20descendre à la ville,
51:21le truc génial de la ville,
51:23c'était justement
51:24de voyager
51:26avec le fait
51:27qu'il y ait des populations
51:28de plein d'horizons.
51:28Ou dans quelle ville
51:29quand vous alliez
51:29à la grande ville ?
51:30C'était Saint-Étienne.
51:30On habitait dans le Pilat
51:31à 1 000 mètres d'altitude
51:32et du coup,
51:33à Saint-Étienne,
51:34aller...
51:35Le truc sympa,
51:37c'était de pouvoir
51:37aller acheter
51:38des pâtisseries arabes
51:39et qui nous rendaient dingues.
51:41Et juste,
51:42pour moi,
51:42la cuisine,
51:43c'est aussi le voyage.
51:44C'est aussi
51:45juste en mangeant,
51:46on ferme les yeux,
51:46la fleur d'oranger.
51:47Moi, j'ai mon parfum,
51:48c'est de la fleur d'oranger
51:49tellement je suis
51:51fan de fleurs d'oranger.
51:52Vous en faites un peu ?
51:53Vous les faites vous-même ?
51:54Jean-Pierre a des recettes.
51:56J'en ai eu faits,
51:57mais c'est vrai que je me...
51:59En fait,
52:00j'aime voyager aussi,
52:01aller dans un salon de thé
52:02ou avec le thé à la menthe,
52:04entendre des langues étrangères.
52:06Là, c'est pour ça que,
52:07quand on est le siège
52:08de la Confédération paysanne
52:09à Bagnolet,
52:10pour moi,
52:10c'est un bonheur
52:11vers Robespierre
52:12d'aller manger
52:14dans les restaurants
52:15autour de Bagnolet.
52:19Et la bonne pâtisserie
52:21à Saint-Etienne,
52:21où il y avait des Paris-Brestes,
52:22des Saint-Honoré,
52:23des flancs pâtissiers,
52:25ça ne vous intéressait pas vraiment ?
52:26Il y avait moins de découvertes,
52:27moins de voyages ?
52:28Oui, mais on les avait
52:29dans nos villages.
52:30Ce n'était pas exotique.
52:32Ça ne nous transportait pas pareil.
52:33Dans votre petit village,
52:35il y avait des Paris-Brestes
52:35et des Saint-Honoré.
52:36Ah, Marl...
52:37D'accord.
52:38Donc, là,
52:39vous aviez l'impression
52:40de voyager,
52:40de prendre un avion
52:41sans trace carbone.
52:42Oui.
52:43Et surtout,
52:44découverte du monde.
52:45Et c'est lequel,
52:45votre préférée ?
52:47corne de gazelle,
52:47parce que vraiment,
52:48l'amande et fleurs d'oranger...
52:50Amande, pistache,
52:51on en importe aussi beaucoup.
52:53Il faudrait travailler
52:54sur la filière aussi en France ?
52:56Oui, peut-être.
52:57Mais en fait,
52:57là, c'est au-delà.
52:58Dans ce monde
52:59où la haine est propagée
53:01à tout va,
53:01où on clive les gens,
53:03on clive les cultures.
53:04Enfin non,
53:04juste pour moi,
53:05c'est la richesse d'un pays.
53:07Et moi,
53:07vraiment,
53:08mon plus gros bonheur de la ville,
53:09c'est d'être entourée
53:10de gens qui parlent
53:11des langues différentes.
53:12Je ne sais pas,
53:13je me sens appartenir au monde.
53:15et pour moi,
53:16c'est un des rares cadeaux
53:18que la ville vous offre.
53:20Allez,
53:21on va finir de déguster.
53:22On va écouter
53:23la musique que vous avez choisie.
53:25Magnifique chanson
53:26de Nina Simone,
53:27Strange Fruit.
53:28On écoute.
53:48Magnifique chanson,
53:49le Strange Fruit,
53:50ce fruit étrange,
53:51ce sont les esclavins.
53:52En fait,
53:54même après ça,
53:54c'est un homme noir
53:56pendu à un arbre
53:57par le Ku Klux Klan.
53:58Et en fait,
53:59moi actuellement,
54:00je suis hyper en colère
54:01avec la politique de Trump,
54:03l'AIS
54:03et puis ce qui se passe en France
54:05avec cette espèce d'inversion
54:06des valeurs
54:07où on fait croire
54:08que l'antifascisme,
54:09c'est l'ennemi
54:09et le RN
54:10et en fait,
54:11l'extrême droite
54:12serait quelque chose
54:14de convenable.
54:15Enfin,
54:15pour moi,
54:16je ne sais pas où on est,
54:17je ne sais pas ce qu'on est
54:17en train de vivre.
54:18C'est une angoisse terrible
54:19et je me dis,
54:20ce n'est pas possible
54:21que l'on...
54:22Nina Simone,
54:23c'est le combat
54:24pour les droits civiques.
54:25Et on va...
54:26Elle est plus que jamais
54:28d'actualité
54:28et du coup,
54:30vraiment,
54:31les pâtisseries,
54:31tout ça,
54:32c'est dire,
54:32on peut vivre ensemble,
54:33arrêtons de cliver
54:34et entre autres,
54:34arrêtons de cliver
54:35le monde rural
54:36et le monde urbain.
54:37Nous,
54:37on est pour des passerelles,
54:38on est là pour...
54:39Et entre autres,
54:39des passerelles internationales.
54:41On entend votre rappel.
54:42Pour cliver,
54:43il y a certains hommes politiques
54:44qui s'y prennent aussi
54:45avec beaucoup de malice.
54:46C'est sûr.
54:46Merci beaucoup,
54:48Fanny Métrin.
54:48On se finit sur ces notes de musique,
54:50la formidable Nina Simone.
54:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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