- il y a 10 heures
Ce jeudi 26 mars, Pierre-Olivier Beffy, chef économiste de Boussard et Gavaudan, et Mikael Petitjean, chef économiste de Waterloo AM et professeur à l'Université de Louvain, ont évoqué l'impact de la guerre sur les prix de l'énergie et la volatilité des marchés depuis le début du mois de mars, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:01Deux acteurs de marché avec en plateau Pierre-Olivier Béfi, le chef économiste de Boussard et Gavodan.
00:06Bonjour Pierre-Olivier.
00:07Bonjour.
00:08Merci de nous accompagner ce matin et à distance depuis Bruxelles.
00:12Mickaël Petitjean, le chef économiste de Waterloo Asset Management.
00:15Bonjour Mickaël.
00:16Merci également d'être là ce matin dans Good Morning Market.
00:20Alors les prix de l'énergie repartent très légèrement de l'avant, plus 2% pour le baril de Brent.
00:25Pierre-Olivier Béfi, on a une très forte volatilité depuis le début du mois,
00:30que ce soit sur les matières premières mais également sur le marché obligataire, sur les indices actions.
00:35Les marchés sont un petit peu perdus, il y a beaucoup de bruit, c'est vrai, par rapport à cette
00:39guerre en Iran.
00:41Néanmoins, le point central depuis le début, c'est que le marché est convaincu que cette guerre ne va pas
00:45s'éterniser.
00:46Oui, après, je pense que ce n'est pas le vrai sujet paradoxalement, la guerre.
00:50Le vrai sujet, c'est Hormouz.
00:52Donc on peut avoir une situation où le Détroit est bloqué et ça s'arrête à côté et ça ne
01:00sera pas forcément politique pour les marchés.
01:01A contrario, on peut avoir une guerre ou des tensions qui persistent, mais tant que le Détroit est ouvert, ça
01:07détendra les marchés.
01:08Donc je pense que c'est vraiment Hormouz le point important.
01:11Après, le deuxième point, c'est qu'il ne faut pas oublier, c'est Benjamin Graham qui disait ça,
01:16mais qu'à court terme, le marché reste une machine à voter.
01:19À long terme, c'est les fondamentaux qui vont l'emporter.
01:22Aujourd'hui, je pense que c'est très, très compliqué.
01:25On peut aller sur Polymarket, etc.
01:26Mais enfin bon, c'est très compliqué d'avoir un avis.
01:29Il y a beaucoup de postures.
01:30On ne sait pas exactement ce qui se trame dessous.
01:32Donc ça engendre énormément de latinité.
01:34Moi, je pense qu'il faut prendre du recul et réfléchir un peu plus à ce que va être l
01:38'économie et ce que vont être les marchés à moyen terme.
01:40Avec des répercussions qui seront importantes, sûrement.
01:43Alors bon, c'est compliqué de faire des prévisions à 6-12 mois,
01:46parce que bien sûr, tout dépend de la durée de ce conflit, des répercussions,
01:50de quelle façon sont touchées les installations pétrolières,
01:52puisque c'est vrai que typiquement au Qatar, des installations gazières ont été touchées.
01:56Donc même si la guerre arrive rapidement à sa fin, il y aura quand même des répercussions sur le moyen
02:01et le long terme.
02:01Oui, parce que typiquement, par exemple, sur le prix du pétrole, même si on a une détente,
02:07on voit mal les prix du pétrole revenir au niveau très bas qu'ils avaient juste avant cette guerre.
02:13On a encore des contraintes de production.
02:15On sait qu'il y a aussi des capacités de production qui ont été détruites.
02:20Ça va mettre du temps aussi à redémarrer.
02:23Donc voilà, je pense que le marché aujourd'hui, il price grosso modo un pétrole à 80 dollars à la
02:29fin de l'année,
02:3075 dollars l'année prochaine.
02:31Donc on voit quand même que c'est un reflux qui est quand même très lent.
02:36Dans ce cadre-là, on aura au moins, par exemple, 3,5% d'inflation en zone euro aux États
02:43-Unis, dans les pays développés.
02:44Donc ça met une thématique où on se dit, voilà, ça va être dur de revenir à la situation d
02:48'avant
02:48où les banques centrales étaient dans une situation où elles pouvaient baisser les taux.
02:52Peut-être qu'elles ne les montreront pas autant que ce qui est priceé aujourd'hui,
02:55parce qu'on est aussi un peu dans l'émotion.
02:58Mais ça veut dire que ce marché va être plus fragile.
03:00Donc là aussi, un marché actions qui remonte, est-ce qu'il faut vraiment continuer à l'acheter ?
03:06C'est un peu compliqué.
03:07En début d'année, vous voyez, le consensus est sur 7200-7600,
03:10compte tenu du choc qu'on a eu en termes de dégradation du rapport inflation-croissance,
03:15du resserrement des conditions financières qu'on observe via la hausse des taux.
03:21Et le fait aussi qu'on a eu beaucoup de stimulus budgétaire qui a été front-loadé en début d
03:25'année.
03:25On est dans une situation où ça va être compliqué, je pense, aujourd'hui, d'aller au-dessus de 7000.
03:30Bon, ça veut dire que si on rebondit sur le S&P, par exemple, ça veut dire que si on
03:33rebondit de 4-5%,
03:34il n'y a plus grand-chose à aller chercher.
03:36Donc ça veut dire que c'est un marché quand même qui est beaucoup plus fragile structurellement sur toute l
03:39'année maintenant.
03:39Avec une baisse de l'ordre de 9% depuis le début du mois pour le CAC 40,
03:44quand du côté de Wall Street, les indices américains résistent bien mieux.
03:48Mickaël Petitjean, le S&P 500 ou encore le Nasdaq ont perdu de l'ordre de 4 à 5%
03:54depuis la fin du mois de mars.
03:57Avec là aussi, du côté des États-Unis, un regard qui est optimiste sur l'issue de cette guerre.
04:03Pour l'instant, tous les feux sont au vert du côté des États-Unis,
04:07dans le sens où les prix du gaz ne se sont pas envolés.
04:11Ils sont quasiment stables sur les trois dernières semaines.
04:15Et puis dans le sens où la consommation est toujours très forte dans le pays.
04:19Oui, en fait, c'est assez remarquable la performance des États-Unis, je trouve,
04:23parce qu'on a un indice du Nasdaq qui est en baisse de 3%,
04:27S&P moins 4%, Dow Jones moins 5%.
04:30On a des toits à 10 ans qui, fondamentalement, sont aussi assez stables.
04:35On est à 4,37%, quelque chose comme ça.
04:37Ce ne sont pas des niveaux qui sont extrêmement élevés.
04:39On a été plus haut durant l'été 2025.
04:43Donc la performance de l'économie américaine est encore une fois assez remarquable.
04:48Maintenant, évidemment, on est dans un scénario plutôt optimiste
04:51de résolution de cette crise dans un laps de temps raisonnable.
04:57Nous, on estime qu'on peut encore se débrouiller et gérer cette crise si elle dure encore un mois.
05:04Après, ça deviendra un peu plus inquiétant dans les répercussions que ça peut avoir dans la boucle inflation,
05:10croissance et valorisation des actions.
05:12Donc ça, il faudra quand même être vigilant.
05:14Mais ça reste quand même notre scénario de base, un scénario, je dirais, de retour à une forme de normalité.
05:19Vous savez, nous, on aime bien rassurer quand même nos partenaires et investisseurs chez Waterloo Asset Management.
05:26Il faut quand même imaginer ce genre de choc dans les années 70.
05:30Je ne sais pas où on aurait été.
05:32Déjà en 73, on aurait multiplié le prix du pétrole par 3.
05:35Puis encore, trois ans après, par 3, si bien qu'on avait un dollar qui avait été multiplié par 10
05:41en l'espace de 7-8 ans.
05:43Et ici, on a une augmentation de 50%, on va dire, du pétrole, suite en fait à, effectivement, des tensions
05:51sur les étroits d'Ormousse
05:52qui représentent en fait 10% de la consommation mondiale de pétrole.
05:55Maintenant, il faut garder un peu de sang-froid.
05:58Et je pense que dans ces circonstances-ci, il faut plutôt aller chercher des opportunités d'achat
06:01plutôt qu'essayer de vendre de manière un peu indiscriminée.
06:03Et c'est vrai qu'on a commencé à regarder éventuellement des poches de sous-évaluation dans le marché actuellement.
06:10Mais alors où ? Parce qu'autant en Europe, je peux comprendre cette théorie du buy the deep
06:14avec certains indices qui ont perdu plus de 10%, des valeurs qui ont perdu 15-20%.
06:18Autant aux États-Unis, le marché tient très bien.
06:22Exactement. Nous, on n'est pas intéressé pour l'instant par le marché américain.
06:25Parce qu'effectivement, en plus avec le dollar qui joue vraiment super bien son rôle d'amortisseur,
06:32en euros en fait, les investisseurs perdent assez peu.
06:35Je veux dire, c'est quasiment flat.
06:38Mais par contre, vous voyez, il y a des marchés qui sont un peu plus volatiles,
06:41effectivement un peu plus spéculatifs comme la Corée du Sud,
06:44où là on a eu des mouvements assez brusques.
06:47Et on estime qu'à terme, c'est un marché qui pourrait nous intéresser.
06:51S'il y a un signe de rebond, le COSPI avait enregistré une baisse de 13% en un seul
06:56jour.
06:56C'était sa plus forte baisse historique.
06:58Et ce sont des marchés comme ça qui nous intéressent, un peu plus spéculatifs,
07:02mais avec des potentiels de rebond significatifs en termes de croissance,
07:06même si effectivement la Corée du Sud et le Japon sont deux pays assez exposés
07:12à leur dépendance au pétrole du détroit d'Hormuz.
07:14Parce qu'il faut savoir que 90% du pétrole du Japon provient du Moyen-Orient
07:21et on est à 70% du côté de la Corée du Sud.
07:25Donc c'est clair que la réaction des marchés n'est pas non plus irrationnelle.
07:28Moi je n'aime pas parler d'irrationalité.
07:29Mais si le scénario d'une forme de normalisation effectivement se met en place,
07:37ce sont des marchés comme ceux-là qui nous intéressent.
07:39Pierre-Olivier Beffy, le marché obligataire en Europe
07:42a très largement anticipé des hausses de taux de la part de la BCE
07:47avec une remontée fulgurante, que ce soit des taux courts mais également des taux longs.
07:51Encore ce matin, le Bund est à 3%, le 10 ans français est à 3,7%,
07:55d'une hausse également de 40-50 points de base sur les taux courts.
08:00Avec néanmoins des économistes qui sont beaucoup plus prudents
08:03sur ce scénario de hausse de taux de la BCE.
08:06Typiquement hier, Reuters a interrogé une soixantaine d'économistes.
08:09Il ressort que les deux tiers des économistes interrogés par Reuters
08:12pensent que les taux de la BCE vont rester à 2%.
08:15Comment expliquer cette telle divergence, ou peut-être ce fantasme
08:18du marché obligataire que les taux vont remonter ?
08:20Je crois que le premier réflexe, c'est un biais cognitif assez naturel,
08:24c'est de se dire qu'une fois que tout cela sera fini,
08:28on pourra revenir sur les mêmes thèmes d'avant le choc.
08:32Et je pense que ça, c'est une erreur, en fait.
08:34Je pense qu'il y a des plaques tectoniques qui ont bougé.
08:38Sur les taux, vous voyez, avant le choc pétrolier,
08:42on avait une situation, on se disait, de toute façon,
08:45la prochaine action, ça sera de baisser les taux.
08:48On ne savait pas quand, par exemple pour la Fed.
08:51On disait, bon, la BCE, elle ne va pas faire grand-chose,
08:53mais si elle a un biais, elle va plutôt baisser les taux.
08:56Je pense que là, on est rentré dans le schéma inverse,
08:59avec une inflation qui sera au minimum, encore une fois, de 3,5 cette année.
09:02Et encore une fois, il y a des seuils.
09:04Si on est plutôt à 100 dollars cette année,
09:06on sera plutôt au-dessus de 4 en inflation.
09:08Si on est à 120, on est plutôt autour de 5.
09:10Donc, bon, je n'ai aucune idée où sera le pétrole,
09:14mais c'est changement de régime.
09:15Mais à court terme, par exemple, est-ce que vous pensez
09:16que la BCE peut vraiment remonter ses taux ?
09:18Moi, franchement, à court terme, je ne pense rien.
09:21Pour tout vous dire, j'ai énormément réduit mon exposition.
09:26Je pense qu'aujourd'hui, il y a des experts,
09:28on devient tous experts politiques du pétrole, de la géopolitique.
09:32Il y en a qui sont dans la tête de Trump.
09:33Moi, franchement, je pense que là-dessus,
09:35c'est très compliqué de faire de l'argent.
09:36Le conseil que je donne, c'est plutôt de se dire,
09:38voilà, réfléchissons à moyen terme,
09:40reposition-nous sur des thématiques qui peuvent être assez importantes.
09:44Vous voyez, par exemple, sur les régimes, les changements structurels,
09:46on parlait beaucoup de la surperformance des émergents
09:49de l'Europe sur les États-Unis.
09:50Bon, ça, c'est sans doute un peu cassé.
09:52Les États-Unis, c'est un exportateur d'énergie.
09:53On va avoir, même si le conflit est résolu,
09:57on va quand même avoir un prix du pétrole ou un prix du gaz
10:00en moyenne plus élevé dans les 12 mois qui viennent.
10:03Bon, ça veut dire que c'est un peu compliqué de surperformer
10:05une économie exportatrice de pétrole,
10:07alors que nous, on est un portateur d'inflation.
10:09Et donc, ça veut dire avec des banques centrales
10:10qui sont peut-être plus amenées à réagir.
10:15L'autre point qu'il faut de bascule, je pense,
10:17qui est très important sur cette histoire de taux,
10:19c'est qu'il faut bien imaginer qu'en Europe,
10:22on partait avec des prisions de croissance au-dessus de 1% pour cette année.
10:26Bon, si vous êtes avec une hausse de 30% du baril,
10:30vous allez vous retrouver à 0,5% de croissance, 0,6%.
10:33On est encore en croissance.
10:34C'est pour ça que le marché se dit,
10:36aujourd'hui, le risque, ce n'est pas la croissance, c'est l'inflation.
10:39Il est monomaniaque.
10:40Tout ça va sans doute se repricer dans le temps.
10:42Si on a, par exemple, une résolution très rapide du conflit,
10:45peut-être qu'on perdra une ou deux hausses de taux de la BCE,
10:50par exemple, mais ça va être dur de les dépricer complètement
10:52dans un environnement où l'inflation est structurellement plus élevée cette année.
10:55Et donc, vous faites quoi aujourd'hui chez Boussard et Gavodan, dans vos fonds ?
10:58Comment vous arrivez à arbitrer un petit peu tout ce bruit ?
11:01Je pense que déjà, il faut éviter les expositions directes au marché à l'action,
11:06dans le sens où il faut plutôt faire des trades relatifs.
11:10Moi, je pense que dans les grands thèmes…
11:11Donc, ça veut dire quoi, concrètement ?
11:13Concrètement, ça veut dire, par exemple, se dire aujourd'hui,
11:16on a, comme après le Covid, on a eu un choc où les gens se sont dit,
11:19oh là là, il faut avoir de la souveraineté sur les médicaments, sur la défense, etc.
11:24Bon, je pense que le thème de la défense, ça reste un très bon thème.
11:26Il va falloir reproduire beaucoup de missiles avec tout ce qui a été envoyé en Iran.
11:30Et puis, globalement, tous ces pays aussi du Moyen-Orient vont devoir se réarmer beaucoup plus fortement pour prévoir l
11:38'avenir.
11:38Le deuxième thème, c'est sans doute aussi la souveraineté un peu énergétique.
11:42Donc, revenir aussi sur les thématiques du solaire, peut-être de l'uranium,
11:48même si l'uranium a été, par exemple, a subi un peu plus.
11:52Et puis, la troisième jambe, je pense, qui est importante,
11:55et à mon avis, qui sera le second effet de l'inflation.
11:59Moi, je pense quand même qu'on va avoir une inflation des matières premières, notamment agricoles.
12:03On sait que, par exemple, le blé, le maïs, ce sont des matières premières agricoles extrêmement sensibles aux fertilisants.
12:0930% des fertilisants viennent du Moyen-Orient.
12:11Ça va être compliqué d'avoir des productions aussi importantes pour la fin de l'année.
12:17Donc, on peut avoir des thématiques comme ça, qu'on peut commencer à travailler, je dirais, un peu plus structurellement.
12:22Le mot de la fin, Mickaël Petitjean, vous êtes chef économiste de Waterloo Asset Management,
12:26en charge également de l'allocation des portefeuilles, notamment sur les fonds mixtes.
12:31Est-ce que la donne n'a pas changé pour le fonds mixte, le fameux 60-40, avec la partie
12:35obligataire,
12:36dans le sens où la remontée des taux a eu un impact non négligeable sur les obligations passées ?
12:42Oui, c'est clair, surtout en Europe.
12:44On voit quand même des tensions, en fait, plus manifestes sur les taux de la dette en Europe.
12:50Et d'ailleurs, on est quasiment au même niveau maintenant pour la France et l'Italie.
12:55Donc, on voit quand même des tensions sur les taux en Europe plus importants, je trouve, qu'aux États-Unis.
13:01Maintenant, vous savez, moi, je trouve que la poche action reste incontournable.
13:06Le 60-40, moi, je ne l'enterrerai pas nécessairement.
13:08C'est vrai que la poche obligataire va être mise un peu plus sous pression si, effectivement, il y a
13:14une inflation qui commence à imprégner les circuits économiques.
13:19Maintenant, j'aime bien rappeler quand même que les anticipations d'analyse financière, parce que l'économie, ce n'est
13:25pas la bourse.
13:25C'est-à-dire que sur la bourse, vous avez des entreprises cotées qui s'adaptent extrêmement rapidement.
13:31Vous savez, les anticipations des analyses aux États-Unis restent très bonnes.
13:36Elles se sont même améliorées sur les derniers mois.
13:38Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de retournement.
13:40Mais c'est une explication, d'ailleurs, qui est derrière la bonne performance des marchés américains.
13:47Donc, moi, je préfère me baser sur les anticipations du marché, regarder ce qu'elles sont, les anticipations de bénéfices,
13:54que de faire des projections, effectivement, sur l'inflation et les taux, surtout comme...
14:00Et sur le crédit privé, vous êtes inquiet ou pas sur cette classe d'actifs ?
14:04On voit Apollo qui a dû à nouveau brider les retraits.
14:06Sur l'actifs des obligations ?
14:07Le crédit privé, les fonds de crédit privé aux États-Unis.
14:10Oui, ça, oui. En fait, je vais vous dire, c'est ce qu'on a regardé de plus.
14:13On a regardé beaucoup plus l'évolution des crédits privés que, finalement, les étroits d'Ormousse,
14:18parce qu'effectivement, on n'a pas tout donné sous la main.
14:20Il y a tellement d'incertitudes sur le conflit en Iran qu'on a plutôt regardé l'évolution des crédits
14:27privés.
14:27Et là, effectivement, c'est quand même impressionnant, parce que tous les grands acteurs,
14:30Apollo, Blackstone, KKR, ils ont baissé d'environ 35 à 40 % de leur cours, leur cours de bourse.
14:36Donc, clairement, il y a des inquiétudes à ce niveau-là.
14:38Maintenant, quand on a regardé de près l'exposition, surtout du secteur bancaire traditionnel,
14:42parce que c'est ça qu'il faut quand même regarder de près,
14:44c'est ça qui fait basculer une économie dans la récession.
14:47Ce sont des difficultés dans le secteur bancaire traditionnel.
14:50L'exposition est quand même limitée.
14:52C'est un demi-trion de dollars, avec surtout, si vous voulez, des cautionnements beaucoup plus solides.
15:00C'est-à-dire qu'il y a des garanties derrière ces créances-là qui ont été offertes
15:03qui sont beaucoup plus solides que ce qu'on a pu observer dans d'autres marchés,
15:07notamment en 2007-2008.
15:08Donc, la comparaison n'est absolument pas raison, de notre point de vue.
15:10On n'est absolument pas dans une configuration de 2007-2008.
15:13Mais néanmoins, c'est quand même un secteur à surveiller de près,
15:16parce que les décotes, là, sont quand même très impressionnantes.
15:18Merci à tous les deux de nous accompagner.
15:20Michael Petitjean, depuis Bruxelles, le chef économiste de Waterloo Asset Management,
15:24professeur à l'Université de Louvain et en plateau.
15:26Pierre-Olivier Béfi, le chef économiste de Boussard et Gavodan.
15:29Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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