00:019h15, un petit détour du côté de la salle des marchés d'IG où nous attend Alexandre Baradez.
00:04Bonjour Alexandre.
00:05Bonjour Aitaine.
00:06Bon ça y est, le CAC 40 a perdu 1000 points depuis son record du mois de février.
00:10On est passé de 8600 à 7600, voire même en dessous ce matin, à 7551, moins 1,5% du
00:18côté de l'Eurostox.
00:18On est également sur une baisse de 1,5%.
00:21Comment vous regardez ce matin ce CAC 40 qui revient sur des plus bas de septembre ?
00:26On regarde avec la même façon dont on se regardait depuis quelques semaines.
00:30On considérait il y a 2-3 semaines que les niveaux de volatilité un peu globaux n'étaient pas forcément
00:34adaptés à ce qu'on voyait du choc sur le pétrole, des mouvements sur les taux.
00:39Et donc je dirais que les marchés là désormais commencent à intégrer maintenant une bonne partie de ces risques qui
00:44sont des zones qui commencent à devenir je trouve pour le CAC 40 des zones un peu d'opportunité.
00:49Mais le problème que nous avons aujourd'hui, enfin le problème c'est ce qu'on constate donc, c'est
00:53que vous avez une volatilité qui est ce matin on est repassé de la de 30 pour le VIX.
00:56Donc on a une volatilité globale sur les marchés américains qui crème de près 15% par rapport au niveau
01:02de vendredi.
01:03Vous avez les taux qui se renforcent.
01:07On a, je prends un cas très concret, le taux de 10 ans de la France par exemple, depuis la
01:11période d'avant mouvement en Iran et maintenant, il a pris 60 points de base.
01:17Donc c'est-à-dire 0,6% pour le taux de 10 ans français. Là-dedans, on voit aussi
01:21que le marché intègre, et je parle de risque, c'est-à-dire le risque de hausse de taux des
01:26banques centrales.
01:26Et on voit que les grosses banques américaines sont en train d'affûter également ou de réviser plutôt.
01:30C'est comme ça leur scénario pour les hausses de taux en zone euro. En début d'année, c'est
01:35plutôt statu quo sur les taux qui étaient anticipés par la plupart des institutions.
01:40Désormais, on parle de deux hausses de taux possibles cette année, et ça fait écho au propos de la BCE
01:45il y a quelques jours.
01:46Et ça, ça ajoute du stress au marché actions également, parce qu'on est beaucoup à considérer que, est-ce
01:51que la réponse adaptée à un choc d'offres énergie,
01:54à un choc d'approvisionnement, ce sont des hausses de taux ? De l'avis de beaucoup, ce n'est
01:58pas le cas.
01:59Et ceux qui craignent la fameuse spirale un peu d'inflationnistes qu'on avait eue post-Post-Covid, le contexte
02:05par rapport au post-Covid est quand même très différent.
02:06Donc je dirais que c'est pour ça que, d'un point de vue du marché actions, c'est à
02:10la fois ce qui se passe en Iran,
02:11est-ce qu'il n'y a pas que l'énergie qui fait bouger les indices à la baisse, et
02:14plus en Europe qu'aux Etats-Unis,
02:15parce qu'on a une Europe qui est plus dépendante de l'énergie importée qu'aux Etats-Unis.
02:19Mais je pense que l'aspect banque centrale aussi, et la rhétorique des banques centrales, compte aussi un petit peu
02:24dans le fait que la volatilité soit aussi un peu plus aiguisée.
02:28Voilà, donc c'est le sentiment. Après, je pense quand même qu'il faut voir cette correction,
02:34parce que c'est quelque chose que nous nous appelions, il y a un mois ou deux, pas par rapport
02:37à l'Iran donc,
02:38une correction, mais par rapport à des niveaux de valorisation qu'on observait un peu globalement,
02:42si vous voulez, notamment aux Etats-Unis, mais aussi un petit peu en Europe.
02:44Et cette grosse respiration, quand vous avez un CAC 40 comme ça, qui perd 12-13% depuis son sommet
02:49historique,
02:50aujourd'hui ça redevient des niveaux qui sont un peu plus, je dirais, intéressants.
02:54Celui qui a un peu de liquidité de côté, qui investit de manière un peu ponctuelle dans le marché,
02:58quand c'est des gros trous d'air comme ça sur le DAC, sur le CAC, sur tous les indices
03:01européens,
03:02ça commence à devenir plutôt des opportunités à ce stade.
03:06Après la question, c'est où est le point bas ? Et ça, personne n'a la réponse à ça,
03:08mais en revanche, on peut considérer de manière assez objective,
03:11un indice qui perd, un indice dont les fondamentaux étaient plutôt bons avant l'intervention militaire en Iran,
03:19on peut considérer que ces indices à entre moins 10 et moins 15% de leur sommet
03:23commencent à devenir des indices où les opportunités commencent à se créer.
03:26Je pense que sur l'Europe, il faut commencer à le voir comme ça.
03:29Un dernier mot peut-être de l'once d'or, là aussi, on est sur une baisse marquée,
03:33moins 20% depuis les plus hauts, 4 235 dollars ce matin pour une once d'or,
03:38moins 6%, sachant que la semaine dernière, l'once a perdu plus de 10%,
03:42c'était sa pire semaine depuis les années 80.
03:44Oui, et ça c'est le scénario qu'on travaille depuis le début de l'intervention militaire en Iran,
03:47c'est-à-dire qu'on avait remarqué que dès les premiers jours de l'intervention militaire,
03:50l'or ne jouait pas le côté, en tout cas que les investisseurs plutôt,
03:53n'abondaient pas dans le sens d'achats d'or supplémentaires,
03:57parce que, et Florian en a parlé juste avant moi,
04:00les achats ont été réalisés pendant des années en fait,
04:02ça a fait depuis 2022 qu'on a un gros cycle haussier qui s'est mis en place sur l
04:05'or,
04:06donc tous les investisseurs, que ce soit particuliers, institutionnels, spéculateurs ou autres,
04:10avaient tous de l'or dans leur portefeuille.
04:11Donc quand à un moment donné l'événement géopolitique se produit,
04:14eh bien globalement vous avez des portefeuilles qui sont déjà largement exposés à l'or,
04:18et donc le surplus de performance possible, il n'est pas là,
04:21et sachant en plus que vous avez des facteurs, des vents contraires.
04:24On a très bien vu que dès que le mouvement s'est déclenché en Iran,
04:28les taux ont rebondi, le dollar a rebondi,
04:30et on voyait que l'or y était sensible.
04:31Donc nous la stratégie, c'est dès le début du conflit,
04:34c'est de dire voilà on va plutôt être défensif sur l'or,
04:36on peut baisser sur l'or,
04:37sachant en plus qu'il y a des phénomènes après de besoin de couverture en fait,
04:41certains probablement hedge funds ou institutionnels liquident une partie,
04:46liquider c'est un bien grand mot,
04:47mais vendent une partie de leur exposition à l'or,
04:48pour dégager un peu de liquidité et couvrir d'autres positions,
04:51par exemple des actions ou autres,
04:52donc vendre l'actif qui a le plus grimpé dans leur portefeuille,
04:55pour dégager un peu de liquidité, un peu de marge,
04:57pour couvrir d'autres positions.
04:58Donc voilà, je pense maintenant qu'on commence à arriver sur des niveaux
05:00où la vente sur l'or, l'argent, commence à être un peu forte,
05:03et on remarque ça aussi sur des métaux industriels,
05:05où ça peut être des opportunités,
05:06c'est-à-dire qu'il y a plein de métaux type cuivre, aluminium, vin,
05:09qui suivent aussi une tendance baissière,
05:11donc il y a une thématique un peu métaux également là-dedans,
05:12et je pense que pour la partie métaux industrielle,
05:14les gros trous d'air qu'on a actuellement sur les marchés,
05:16sont là aussi pour quelqu'un qui se positionne à moyen terme sur les marchés,
05:19ça peut être des zones d'entrée qui sont plutôt intéressantes.
05:22Et nous verrons dans 10 minutes avec les équipes de Cléper-Chevreux,
05:25qui a une décollecte très forte sur les ETF or,
05:28alors qu'à l'inverse, vous avez une collecte très importante sur les commodities,
05:32et notamment sur les matières premières,
05:35à commencer bien sûr par le pétrole.
05:37Merci beaucoup Alexandre Baradet,
05:38et chef analyste DJ de nous avoir accompagné ce matin.
05:40Le CAC 40, c'est donc 1,5% à 7552 points.
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