- il y a 6 semaines
Dans le cadre de la commission d'enquête relative aux conséquences des accords du Touquet sur l'action publique et le respect des libertés et droits fondamentaux des personnes migrantes, les députés auditionnent Gérald Darmanin, ministre de la Justice et ancien ministre de l'Intérieur (2020-2024). Ancien conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais et des Hauts-de-France, Gérald Darmanin a également été maire de Tourcoing, conseiller départemental du Nord et premier adjoint au maire de Tourcoing, dont il occupe de nouveau la fonction depuis mars 2026. La commission d'enquête, créée en janvier dernier à l'initiative du groupe "Gauche Démocrate et Républicaine", a pour rapporteure Elsa Faucillon (GDR), députée des Hauts-de-Seine, et pour président Sébastien Huyghe (EPR), député du Nord.
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00:00:00...
00:00:07Bonjour à tous et bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:10Dans ce numéro, nous revenons sur les travaux de la commission d'enquête
00:00:13sur les conséquences des accords du Touquet
00:00:15et le respect des libertés et des droits fondamentaux des personnes migrantes.
00:00:19Les accords du Touquet, ce sont des accords entre la France et le Royaume-Uni
00:00:23pour la surveillance de la frontière et la lutte contre l'immigration illégale.
00:00:27Auditionné ce jeudi 28 mai, Gérald Darmanin, actuellement ministre de la Justice
00:00:32mais ancien ministre de l'Intérieur et élu dans le Nord.
00:00:36Regardez.
00:00:37Je vous remercie de vous être rendu disponible pour venir témoigner
00:00:43devant notre commission un double titre, celui de vos fonctions passées
00:00:49de ministre de l'Intérieur entre juillet 2020 et septembre 2024
00:00:53mais également au titre de vos fonctions présentes de garde des Sceaux,
00:00:58ministre de la Justice, depuis décembre 2024.
00:01:01Nous avons auditionné les procureurs de Calais et de Dunkerque il y a quelques semaines.
00:01:08Nous disposons d'une heure trente pour aborder de nombreux sujets
00:01:13dont vous avez eu à connaître dans vos fonctions gouvernementales.
00:01:17La coopération franco-britannique en matière migratoire et les négociations auxquelles elle donne lieu,
00:01:22y compris sur le plan financier.
00:01:25Et on se souvient de la fermeté dont vous avez fait preuve pour exiger des Britanniques
00:01:31qu'elles respectent leurs engagements tout en essayant de développer et de renforcer la coopération opérationnelle.
00:01:40Il y a aussi le sujet des conditions de vie des personnes migrantes sur le littoral,
00:01:45la lutte contre les réseaux de passeurs, l'action des forces de sécurité intérieure
00:01:49et les conditions de sauvetage en mer.
00:01:53Vous voyez, les sujets sont très nombreux.
00:01:57Donc je me dois de rappeler que cette audition est ouverte à la presse,
00:02:02qu'elle est retransmise sur le site de l'Assemblée nationale.
00:02:08Et avant de vous laisser la parole, de rappeler que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958
00:02:15relative à l'organisation de nos assemblées parlementaires
00:02:19impose que les personnes auditionnées dans le cadre d'une commission d'enquête
00:02:24doivent prêter serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
00:02:29Donc je vais vous demander d'allumer votre micro, de lever la main droite et de dire je le jure.
00:02:34Je le jure.
00:02:35Je vous remercie, M. le ministre.
00:02:37A vous la parole.
00:02:40Merci beaucoup, M. le Président, Mme la rapporteure, M. les parlementaires.
00:02:46J'avoue que lorsque j'ai reçu votre invitation, convocation,
00:02:49cela m'a rappelé des souvenirs, des souvenirs mauvais,
00:02:54des relations extrêmement difficiles que j'ai eues avec les homologues britanniques.
00:02:57J'ai connu quatre ministres de l'Intérieur pendant mes quatre ans et demi avec la fin, on va dire,
00:03:03le milieu et la fin du gouvernement de M. Johnson particulièrement,
00:03:08avec des femmes et des hommes politiques conservateurs,
00:03:12qui avaient un caractère certain et un grand poids politique dans l'appareil britannique,
00:03:18mais qui étaient soumis à la pression la plus importante sans doute du cabinet par l'opinion publique
00:03:23à la suite notamment de la campagne du Brexit que j'avais connue lorsque j'étais ministre des comptes publics
00:03:29et en charge des douanes.
00:03:30Et j'avais déjà travaillé avec le gouvernement britannique
00:03:33et notamment sur la question des douanes et de la frontière intelligente dans le nord de la France régulièrement
00:03:37à Calais et un peu à Boulogne pour la pêche.
00:03:41Donc ça fait très longtemps que j'échange avec nos amis anglais,
00:03:44quels que soient les gouvernements, et que ce soit Pridhi Patel, qui était la ministre de l'Intérieur,
00:03:49puis ensuite Sola Braverman et d'autres.
00:03:52C'était très difficile d'avoir une relation qui, officieusement, était très sympathique
00:03:58et officiellement était très marquée par le poids de l'opinion du débat aux communes
00:04:03sur la question de l'immigration irrégulière et régulière
00:04:07et de la relation que nous avions au lendemain du Brexit,
00:04:12puisque je rappelle que l'un des défauts quand même du Brexit,
00:04:14non pas du point de vue anglais mais du point de vue européen,
00:04:16c'est qu'il n'y avait pas été négocié le volet migratoire lors de la séparation.
00:04:21Je pense que pour plein de raisons, le négociateur en chef ainsi que la Commission
00:04:25a considéré qu'on n'avait pas rajouté quelque chose qui est déjà très compliqué,
00:04:28notamment sur les questions économiques, douanières, pêche, l'Irlande du Nord,
00:04:31et donc ces questions migratoires sont un peu vides.
00:04:34Donc le premier point que je voudrais aborder, c'est que le problème du ministre de l'Intérieur
00:04:37et du gouvernement français en général, c'est qu'il a une relation avec son grand voisin,
00:04:41qu'est la Grande-Bretagne, voisin historique,
00:04:44et on sait depuis au moins Jules César, voir Napoléon,
00:04:46qui n'est pas très très loin pour traverser la Manche,
00:04:51nous n'avons pas de relation migratoire classique,
00:04:53nous n'avons pas de relation migratoire qui permette par exemple à des gens
00:04:56de demander l'asile sur le sol britannique
00:04:59et de traverser en doute sécurité pour faire valoir leurs droits
00:05:03dans un pays qui pourtant est adhérent de la CEDH
00:05:06et respecte le droit international.
00:05:08Donc d'abord, je voudrais dire le manque très dur
00:05:12de ne pas avoir de relation internationale entre la Commission européenne,
00:05:16c'est un point très important, et la Grande-Bretagne,
00:05:18non pas entre la France et la Grande-Bretagne.
00:05:20Et je pense que l'une des actions que l'on doit mener,
00:05:24c'est convaincre la Commission européenne et la Grande-Bretagne
00:05:26d'avoir une relation fondée sur l'immigration,
00:05:30avec les intérêts de chacun des partis, évidemment,
00:05:34mais surtout ne pas s'enfermer dans la relation entre la France
00:05:38et la Grande-Bretagne, puisque sinon nous aurions une difficulté,
00:05:42puisque nous serions vraiment la frontière de nos amis britanniques
00:05:46au sens de l'arge du terme, et pas simplement au nom des accords du Touquet
00:05:48qui ont été négociés il y a bien longtemps dans des conditions différentes,
00:05:51au lendemain de Sangatte, et j'allais dire quasiment pour solde de tout compte.
00:05:55Mais c'est un autre sujet.
00:05:57Et moi, personnellement, j'ai toujours tenu à empêcher la diplomatie française,
00:06:03la Commission européenne et parfois même le gouvernement français
00:06:05à accepter un accord entre Britannique et Français sur les retours.
00:06:09Et je suis plus que circonspect sur ce qui a été négocié et accepté
00:06:14par l'ancien ministre de l'Intérieur sur ce point,
00:06:18même si j'ai compris que ça ne touchait que quelques cas peu nombreux,
00:06:21mais qui me paraît très mauvais, sur le symbole plus que sur les faits,
00:06:26puisque évidemment, c'est bien une relation, une frontière que nous tenons pour tout le monde,
00:06:31que nous ne tenons pas simplement pour la France.
00:06:32Et les personnes qui veulent passer en Grande-Bretagne,
00:06:35souvent, ne sont pas issues de l'immigration française.
00:06:39Ils viennent... D'abord, ils passent souvent par l'Italie,
00:06:42qui laissent passer une partie de ces personnes.
00:06:45Souvent, ils rentrent dans un schéma de criminalité organisée
00:06:48passant par Nensbruck en Allemagne,
00:06:51notamment pour récupérer des bateaux et des gilets de sauvetage ou des moteurs,
00:06:58après avoir fait sans doute des récupérations en Turquie
00:07:01de la part de mouvements douaniers qui viennent de Chine.
00:07:04Et puis, nous avons des personnes qui sont souvent des passeurs,
00:07:08qui utilisent des systèmes financiers, souvent en Belgique et aux Pays-Bas,
00:07:12et se mettent d'accord autour de la frontière
00:07:14pour ensuite venir dans le nord de la France,
00:07:15parce qu'on sait tous que la frontière entre la Belgique et la France
00:07:18est très facile à traverser avant de prendre le large
00:07:22à partir d'une large côte, maintenant,
00:07:24qui va de Dunkerque, grosso modo, jusqu'à Wistreham,
00:07:27pour ne pas dire parfois plus, du fait des contrôles que nous mettons en place.
00:07:30Ça, c'est le premier point.
00:07:31Nous devons absolument avoir un lien juridique
00:07:34entre la Commission européenne et la Grande-Bretagne,
00:07:37ce qu'elle a toujours refusé pour l'instant de la Grande-Bretagne
00:07:39et dont la Commission européenne n'a jamais été très à lente.
00:07:43Nous avons une présidence de l'Union européenne par l'Irlande.
00:07:46Je pense qu'il faut se saisir de cette situation.
00:07:49Plus que les Irlandais, nous sommes les premiers voisins européens,
00:07:52en fait, ont peut-être un moyen diplomatique de parler aux deux parties,
00:07:56c'est-à-dire la Grande-Bretagne et la Commission européenne et nous.
00:07:58Je pense que c'est un moment important,
00:08:01qui peut peut-être correspondre d'ailleurs à la sortie de votre rapport de commission d'enquête,
00:08:04pour que nous puissions demander à nos amis Irlandais de créer ce lien.
00:08:07Parce que tant que nous ne le ferons pas,
00:08:08nous allons subir les mêmes difficultés,
00:08:11bien plus d'ailleurs qu'au-delà des accords du Touquet en tant que tel.
00:08:14Le deuxième point que je voudrais souligner,
00:08:16dans la difficulté avec nos amis britanniques,
00:08:17c'est l'incroyable hypocrisie de la société britannique,
00:08:22au sens économique du terme.
00:08:24Nous savons tous que si les gens vont en Grande-Bretagne,
00:08:27c'est pour trois raisons.
00:08:29La première, c'est qu'ils sont en général des anglophones.
00:08:32Et donc, naturellement, ils retrouvent un marché du travail,
00:08:36une société, voire une famille qu'ils connaissent depuis très longtemps.
00:08:39À la suite du drame le plus important que j'ai eu à connaître,
00:08:42une trentaine de morts dans la Manche,
00:08:44en plein hiver, avec des femmes enceintes,
00:08:47des parturiantes qui étaient décédées, noyées,
00:08:48des enfants...
00:08:51Vraiment, c'est sans doute une des situations les plus terribles
00:08:53que j'ai eu à connaître,
00:08:54ayant visité la morgue le jour même avec les élus de Calais.
00:08:59J'avais été très frappé par une double page de Paris Match
00:09:04où il y avait des photos des familles
00:09:07que les migrants allaient rejoindre dans la Grande-Bretagne.
00:09:09C'était leurs fiancés, leurs mariés, leurs enfants, leurs parents.
00:09:12Ils avaient tous un lien avec la Grande-Bretagne,
00:09:15un lien où il y avait déjà des gens sur place.
00:09:17Et donc la Grande-Bretagne est dans une situation
00:09:20où il y a sans doute plus d'un million d'immigrés irréguliers,
00:09:22bien plus que sur le territoire français,
00:09:25où il y a beaucoup de gens qui ont effectivement des liens
00:09:30et vont les rejoindre.
00:09:30Et qu'est-ce qui est plus fort que les liens de l'amour ?
00:09:32C'est assez difficile.
00:09:33Évidemment, on rejoint son mari, son conjoint, ses enfants
00:09:36quand on est migrant et qu'on a traversé
00:09:38dans des conditions extrêmement difficiles.
00:09:39D'ailleurs, l'Europe et parfois l'Afrique ou l'Asie.
00:09:43Deuxième point après cela,
00:09:46parce que là, les Anglais devraient accepter leur groupement familial,
00:09:49c'est qu'ils auront incapacité totale à expulser.
00:09:51Moi, je veux bien qu'on fasse des critiques au gouvernement français
00:09:53sur l'application des EQTF.
00:09:55Mais bon, nous sommes d'ailleurs, chacun le sait,
00:09:57le pays qui expulse son le plus de personnes en Europe.
00:10:02En Grande-Bretagne, de mémoire, à l'époque,
00:10:05ça devait être à peu près 4 à 5 000 expulsions par an.
00:10:08C'est-à-dire que vous avez un million d'immigrés irréguliers, voire plus.
00:10:11Il y a des chiffres qui disent un million deux, un million trois.
00:10:13Et par ailleurs, vous n'avez que 5 000 expulsions par an.
00:10:15C'est-à-dire que quand vous êtes en Grande-Bretagne,
00:10:16vous êtes à peu près certain de ne pas jamais...
00:10:18Non seulement vous rejoignez votre famille,
00:10:19mais par ailleurs, vous êtes certain qu'on n'arrivera pas à vous expulser.
00:10:22D'où l'envie par la Grande-Bretagne
00:10:24d'inventer des choses qui sont parfois totalement contraires
00:10:27au droit international et parfois même à la faisabilité.
00:10:29Donc moi, j'ai tout connu quand je t'ai mis à l'intérieur.
00:10:31Le pays tiers à lequel ont renvoyé les personnes.
00:10:35Les barques prison sur la mer.
00:10:38Voilà. Donc des annonces, on a eu beaucoup.
00:10:39Parfois très reprises par des mouvements politiques à Paris,
00:10:42sans que jamais aucun n'ait été réalisé.
00:10:46Il n'y a pas eu une personne, à ma connaissance,
00:10:48qui a pu avoir l'asile et vivre son asile
00:10:51dans un pays totalement différent du sien, en dehors de la Grande-Bretagne.
00:10:53Donc à chaque fois, les Anglais étaient dans une surenchère politique
00:10:56parce que la presse et l'opinion publique, du fait de la promesse du Brexit
00:11:00qu'il y aurait moins d'immigrés légaux et surtout irréguliers,
00:11:04étaient prises par une relation qui n'était plus saine avec nous
00:11:07puisqu'elle n'était fondée sur quelque chose
00:11:09qui était quasiment impossible à mettre en place,
00:11:11surtout quand les élections législatives arrivaient.
00:11:15Et chaque ministre ayant été viré à peu près tous les ans
00:11:18parce qu'il n'avait pas les bons chiffres d'immigration,
00:11:21était dans une surenchère malgré la qualité de ses ministres
00:11:24et parfois les relations amicales que j'ai pu avoir avec certains d'entre eux.
00:11:28Donc premier point, beaucoup de relations naturelles
00:11:32pour les migrants avec les personnes qui sont déjà sur place.
00:11:37Deuxièmement, évidemment, peu d'expulsions, voire très très peu d'expulsions.
00:11:42Et troisièmement, le marché du travail britannique fonctionne.
00:11:45Alors ça peut être vrai dans beaucoup d'endroits, y compris en France,
00:11:47mais particulièrement en Grande-Bretagne,
00:11:49où la pièce d'identité d'ailleurs n'est pas obligatoire.
00:11:51Ils se sont toujours refusés d'ailleurs à mettre en place un suivi d'identité.
00:11:56Mais il y a évidemment un patronat britannique,
00:11:59je ne dis pas que c'est tout le patronat britannique,
00:12:00mais une partie du patronat britannique qui s'entend extrêmement bien
00:12:03avec le fait que des irréguliers travaillent tout à fait légalement,
00:12:05si j'ose dire, sans véritable contrôle en Grande-Bretagne.
00:12:09Alors pendant longtemps, on m'a dit qu'il y aurait un projet de loi
00:12:12pour mettre fin à cela en Grande-Bretagne.
00:12:14J'ai quitté le ministère de l'Intérieur en 1980,
00:12:16il n'y avait toujours pas ce projet de loi.
00:12:18Je disais avec intérêt les notes diplomatiques de notre ambassade
00:12:22pour savoir si ça avançait.
00:12:24J'ai cru comprendre au moment où je partais,
00:12:26et notamment grâce au gouvernement nouveau des travaillistes,
00:12:28qu'il y aurait eu un projet de loi.
00:12:29Je ne sais pas exactement où ça en est.
00:12:30Et si les contrôles sont effectifs du fait que quand quelqu'un arrive en Grande-Bretagne,
00:12:35non seulement il n'est pas expulsé, il rejoint sa famille,
00:12:38et par ailleurs il peut travailler.
00:12:39Donc on a du mal à voir évidemment pourquoi il n'irait pas,
00:12:42et qu'il prend le risque donc de traverser de la Manche.
00:12:44Le troisième point, je pense que la situation de la Manche,
00:12:46et donc la difficulté de compréhension de pourquoi les accords du Touquet
00:12:49ne sont pas des bons accords,
00:12:51c'est qu'en fait nous avons extrêmement sécurisé la frontière.
00:12:54La vérité c'est qu'après Sangatte,
00:12:56après les périodes Sarkozy-Picasse-Neuve,
00:12:58où chacun a fait, je pense, ce qu'il a pu,
00:13:01nous avons décidé de rendre quasiment imperméable,
00:13:04le shuttle, le passage classique.
00:13:06Vous êtes allé sur place, vous connaissez,
00:13:08c'est extrêmement...
00:13:09Il peut y avoir ici ou là un ou deux migrants qui passent,
00:13:12mais enfin c'est dans des conditions vraiment extrêmement dangereuses,
00:13:16et ce shuttle est complètement sécurisé,
00:13:18et les contrôles routiers sont extrêmement sécurisés.
00:13:20On fait des contrôles, en tout cas comme je l'ai mis à l'intérieur,
00:13:23à partir de la Bourgogne-Franche-Comté,
00:13:24de la Normandie, parfois de la Bretagne,
00:13:27pour justement faire de l'interlande du port,
00:13:29de Calais ou de Bonne-sur-Mer,
00:13:30et c'est quand même extrêmement rare désormais
00:13:32que les policiers, les gendarmes, les douaniers
00:13:35ne trouvent pas les migrants en amont.
00:13:38Donc la voie la plus simple,
00:13:39c'est évidemment,
00:13:40puisque la voie aéroportuaire ne marche pas non plus,
00:13:42c'est évidemment la traversée de la Manche.
00:13:44Il y a de plus en plus de bateaux,
00:13:45il y a de plus en plus de personnes qui ont traversé la Manche,
00:13:47parce que tout le reste est désormais,
00:13:49par la politique publique que nous avons menée,
00:13:50hyper sécurisé,
00:13:51ce qui nous a coûté des centaines de millions d'euros en hommes,
00:13:55et qui a déformé un peu notre magnifique côte d'Opale,
00:13:58qui est la plus belle de France, évidemment,
00:14:00comme chacun sait.
00:14:01Légèrement moins belle que le canal de Tourcoing,
00:14:03mais c'est un autre sujet.
00:14:05Et ça, c'est quand même très important,
00:14:06parce que si on doit sécuriser l'intégralité de nos côtes,
00:14:12dont vous avez vu qu'ils étaient essentiellement des dunes,
00:14:14avec des marais,
00:14:16avec des milieux naturels extrêmement protégés,
00:14:18il suffit de se balader en hauteur pour le voir,
00:14:22par des images satellites,
00:14:24ou des images d'hélicoptères ou de drones,
00:14:26on voit bien que,
00:14:27et c'est pardon du mauvais raisonnement,
00:14:29mais y compris le mur de l'Atlantique,
00:14:30les Allemands n'ont pas réussi à le faire
00:14:31avec des moyens considérables d'une dictature.
00:14:33Donc, bien sûr, que les gens qui veulent traverser
00:14:35dans des conditions de survie,
00:14:38ce n'est pas le nombre de policiers ou de gendarmes,
00:14:40même si c'est important.
00:14:41Au contraire, ils sauvent des vies,
00:14:43ces policiers et ces gendarmes,
00:14:44qui empêchent de le faire,
00:14:45surtout quand il fait aussi beau,
00:14:46et surtout quand la mer est plate,
00:14:47même si ça n'empêche pas de traverser,
00:14:49évidemment, l'hiver.
00:14:51Donc, le sujet de l'attractivité pour les Anglais
00:14:53est très important.
00:14:54Et il faut que, si nous voulons mettre notre poids de corps,
00:14:57après premier point,
00:14:58un accord d'immigration entre l'Union européenne
00:15:00et l'Angleterre,
00:15:02il nous faut réformer,
00:15:04et ça, c'est aux Anglais de le faire,
00:15:06mais ça va être une des conditions
00:15:07de notre négociation diplomatique,
00:15:08réformer le marché du travail en Angleterre,
00:15:11ce qui pose un problème de compétitivité
00:15:12pour l'économie anglaise incontestablement,
00:15:15parce qu'il y a une prolétariat
00:15:16qui est manifestement exploité de ce point de vue.
00:15:18Troisièmement, et je terminerai par là,
00:15:23la relation que nous avons avec nos amis anglais,
00:15:28elle n'est pas, en tout cas à ma connaissance,
00:15:31quand j'étais ministre de l'Intérieur,
00:15:32elle n'est pas tout à fait équivalente.
00:15:35C'est-à-dire que nous avons eu beaucoup de mal
00:15:39à obtenir des Anglais,
00:15:41je ne sais pas si la coopération judiciaire,
00:15:42d'ailleurs, est aujourd'hui en si bon terme,
00:15:44mais moi, j'ai mis trois ans à obtenir des Anglais,
00:15:46que lorsqu'ils interpellaient des migrants,
00:15:49voire des passeurs,
00:15:50dont une partie d'ailleurs de ces passeurs est chez eux.
00:15:53Les passeurs ne sont pas que de notre côté
00:15:55ou que dans les pays d'origine.
00:15:57Ils sont aussi en Angleterre
00:15:59pour pouvoir justement permettre le passage des migrants.
00:16:02Ils ont des filières de criminalité organisées
00:16:05avec pignon sur rue,
00:16:07avec du financement,
00:16:07y compris de l'économie réelle en Angleterre.
00:16:10Nous avons eu beaucoup de mal
00:16:11d'obtenir les données judiciaires.
00:16:14Par exemple, quand ils récupéraient le téléphone,
00:16:16d'avoir les données, les métadonnées,
00:16:17d'avoir le contenu des SMS,
00:16:20à qui appartiennent le numéro de téléphone,
00:16:21parce qu'évidemment,
00:16:22il y avait des discussions avec les passeurs
00:16:23et les accusations criminelles,
00:16:24comment on a eu l'argent,
00:16:25comment on l'a donné, etc.
00:16:26On a mis trois ans à obtenir
00:16:28qu'il y ait enfin une coopération judiciaire.
00:16:30Je ne sais pas d'ailleurs
00:16:31si elle est vraiment effective,
00:16:34puisque je suis parti après
00:16:35du ministère de l'Intérieur,
00:16:36mais de transmission des données,
00:16:38alors que nous, nous les transmettions
00:16:39pour toutes les personnes
00:16:40que nous interpellions,
00:16:41et nous interpellons beaucoup de personnes,
00:16:43et beaucoup de filières sont démantelées,
00:16:45avec un suivi judiciaire
00:16:47qui, d'ailleurs, s'est renforcé,
00:16:48puisqu'on a même augmenté les peines,
00:16:49notamment dans la rémigration
00:16:50que j'ai pu porter à Colivier Dussot.
00:16:52Le deuxième point,
00:16:53c'est évidemment notre difficulté,
00:16:56très importante,
00:16:57à obtenir de la part
00:16:59des amis britanniques
00:17:01qu'ils respectent notre souveraineté.
00:17:05La grande demande
00:17:06du ministre de l'Intérieur britannique,
00:17:07quel que soit le ministre français,
00:17:08c'est que nous voulons
00:17:09des patrouilles communes
00:17:10sur le territoire français.
00:17:12Nous nous sommes toujours refusés à ça.
00:17:14Nous avons fini par accepter
00:17:15des observateurs
00:17:17qui ne peuvent pas intervenir,
00:17:18parce que la confiance ne règne pas,
00:17:20tellement la pression
00:17:21est extrêmement forte.
00:17:23Et le troisième point,
00:17:24c'est le refus de nos amis britanniques
00:17:25de contrôler les frontières
00:17:27ou d'avoir une action
00:17:28de prévention contre l'immigration,
00:17:30quelle qu'elle soit,
00:17:31bien avant la frontière du Nord.
00:17:33Elle se fait dès l'Italie,
00:17:34voire avant.
00:17:35Et la coopération britannique
00:17:37avec des États comme la Tunisie,
00:17:39comme la Libye,
00:17:41comme la Syrie,
00:17:42est quasiment nulle.
00:17:44Et donc, en fait,
00:17:45l'essentiel de l'argent
00:17:46n'est pas de bétonner
00:17:47le nord de la France,
00:17:47mais de travailler très en amont,
00:17:49puisqu'on connaît
00:17:49les motifs de départ,
00:17:51souvent d'ailleurs,
00:17:52et si on est encore plus loin,
00:17:53dans les pays d'origine
00:17:54de leurs anciennes colonies.
00:17:58Nous avons eu,
00:18:00et j'en termine par là,
00:18:01non seulement des drames absolus,
00:18:03on pourra reparler
00:18:04de l'action de la justice
00:18:05ou de la prévention
00:18:06ou de la doctrine
00:18:06d'intervention en mer.
00:18:08Mais moi,
00:18:09je veux constater
00:18:09qu'on a eu parfois
00:18:10des désaccords très profonds
00:18:11avec nos amis britanniques,
00:18:12pas simplement sur les montants
00:18:13d'argent de standards
00:18:14et de ce qu'on payait avec.
00:18:16Bon, je rappelle
00:18:17qu'ils payent qu'un tiers
00:18:17de ce qu'on dépense.
00:18:18C'est pas non plus...
00:18:19On peut dire merci,
00:18:21mais enfin,
00:18:21c'est pas non plus...
00:18:22Voilà.
00:18:23On n'aime pas d'argent, quoi.
00:18:24Et puis surtout,
00:18:25il y a beaucoup d'effectifs
00:18:25qui sont pris pendant ça,
00:18:27ils ne font pas autre chose.
00:18:28C'est-à-dire que le ministre
00:18:28de l'Intérieur,
00:18:29il a un problème,
00:18:29il a un nombre de CRS
00:18:30et de gendarmes mobiles limités.
00:18:33Quand il y a un match du PSG
00:18:35dimanche prochain,
00:18:36quatre concerts à Paris,
00:18:36quand il y a des Jeux Olympiques,
00:18:37par exemple,
00:18:38à organiser,
00:18:39une coupe du monde de rugby,
00:18:40ou voilà,
00:18:40les élections de Vélique et de l'Union,
00:18:42il y a quand même beaucoup de choses.
00:18:43Nous, on a augmenté
00:18:44de 15 UFM en disant,
00:18:45mais moi,
00:18:46mes deux premières années
00:18:46de mandat
00:18:47du ministre de l'Intérieur,
00:18:47j'avais fait des choix.
00:18:50Soit je gardais la frontière,
00:18:51soit je faisais de l'ordre public
00:18:51à Paris ou à Marseille.
00:18:53Maintenant,
00:18:53je pense qu'il y a plus d'effectifs,
00:18:54donc c'est un peu moins difficile.
00:18:56Mais en tout cas,
00:18:56je pense que les amis britanniques
00:18:57ne voient pas à quel point
00:19:00nous mettons des moyens
00:19:01pour protéger leurs frontières.
00:19:02Et nous avons eu,
00:19:03mais le secret de la défense nationale
00:19:05m'empêche de rentrer plus en détail,
00:19:06nous avons eu des moments
00:19:07où, avec nos amis britanniques,
00:19:09nous étions en fâcherie diplomatique
00:19:10extrêmement avancée,
00:19:11parce qu'ils ne respectaient pas
00:19:12notre souveraineté
00:19:13et qu'ils utilisaient des méthodes
00:19:15de pays extrêmement hostiles
00:19:17pour savoir si vraiment
00:19:18nous appliquions,
00:19:19si vraiment nous aménions des choses.
00:19:21Et puis je termine par dire
00:19:21que nous avons aussi eu
00:19:22à connaître avec eux
00:19:24des différences extrêmement fortes.
00:19:25Notamment,
00:19:26on parle d'associations
00:19:28qui aient des migrants en France
00:19:29et c'est leur droit de le faire.
00:19:30Et c'est bien qu'ils puissent le faire
00:19:32dans les conditions de respect,
00:19:33évidemment,
00:19:34du travail des forces de l'ordre
00:19:36et du travail que font
00:19:37admirablement des villes
00:19:38comme Calais,
00:19:38et dont je voudrais saluer une nouvelle fois
00:19:41le travail incroyable
00:19:42de Natacha Bouchard
00:19:43dans sa ville.
00:19:45Mais on va quand même
00:19:46se souligner ensemble
00:19:47que les no-border
00:19:49et les militants pro-migrants,
00:19:50je mets des guillemets,
00:19:51qui parfois attaquent la police
00:19:52ou font du renseignement
00:19:53ou sont britanniques
00:19:55pour une grande partie d'entre eux.
00:19:56Moi, à chaque fois
00:19:57que je voyais un ministre britannique
00:19:58qui venait
00:19:59ou à chaque fois
00:19:59que le président de la République
00:20:00rencontrait son homologue,
00:20:02nous donnions les services,
00:20:03par les services de renseignement,
00:20:04les informations
00:20:05des personnes
00:20:05qui financées par la Grande-Bretagne,
00:20:07je ne parle pas de la société civile,
00:20:09je ne parle pas du gouvernement,
00:20:10bien évidemment,
00:20:10financées des gens
00:20:11qui chez nous,
00:20:12organisés,
00:20:12alors qu'ils sont citoyens britanniques,
00:20:16organisés des manipulations
00:20:17d'informations,
00:20:20aider des passeurs,
00:20:22attaquer des forces de l'ordre,
00:20:23voilà.
00:20:23Donc nous avons aussi
00:20:24des citoyens britanniques
00:20:25qui sont dans l'ordre de la France
00:20:28qui, voilà,
00:20:29sont, organisent,
00:20:30alors par militantisme politique,
00:20:32extrême,
00:20:33ce n'est pas à moi de le juger,
00:20:34mais enfin en tout cas,
00:20:35c'était un peu parfois
00:20:36à force de café
00:20:36de dire à nos amis britanniques,
00:20:38enfin attendez,
00:20:38c'est bien sympathique,
00:20:39mais c'est plutôt
00:20:40vos citoyens qui le font, là.
00:20:42Bon, qu'est-ce que vous faites ?
00:20:43Je crois que ma reconnaissance,
00:20:44ils n'ont jamais vraiment rien fait,
00:20:45ne serait-ce que pour couper
00:20:46les financements
00:20:47à ces associations
00:20:48ou à ces personnes
00:20:50qui parfois font
00:20:50un aller-retour, eux,
00:20:51en shuttle
00:20:51pour pouvoir retrouver
00:20:53leur famille
00:20:53ou retourner
00:20:54sur le territoire britannique.
00:20:56Voilà, en quelques mots,
00:20:57c'est une relation très compliquée.
00:20:59Je veux quand même dire
00:21:00qu'indépendamment du travail
00:21:01vraiment très important
00:21:02du policier des gens,
00:21:03qui aient des préfets successifs
00:21:05qui se succèdent,
00:21:08voilà,
00:21:08le nombre de faits
00:21:10a beaucoup diminué,
00:21:11que la pression migratoire,
00:21:13même s'il existe encore,
00:21:14n'a plus rien à voir
00:21:15avec ce qu'il y avait,
00:21:16même, ne serait-ce que
00:21:16quand je suis arrivé
00:21:17au ministère d'Intérieur,
00:21:17et déjà,
00:21:18c'était très descendu
00:21:19par rapport à ce qu'avaient
00:21:20connu mes prédécesseurs,
00:21:21je pense à Christophe Castaner
00:21:22et Gérard Collomb,
00:21:23mais avant lui,
00:21:24avant Bernard Cazeneuve,
00:21:25par exemple,
00:21:26donc il y a quand même
00:21:26une diminution
00:21:27de cette pression
00:21:28au prix de moyens
00:21:29très importants,
00:21:30au prix aussi
00:21:31d'une dilution,
00:21:32puisque,
00:21:32y compris dans la baie de Somme,
00:21:33maintenant,
00:21:33on voit des départs,
00:21:35alors qu'on voit bien
00:21:36que vers Holt-Nival,
00:21:37le Tréport,
00:21:38Diop,
00:21:38c'est quand même
00:21:38très très loin de là,
00:21:40et donc là,
00:21:40on a un petit problème
00:21:41pour un certain nombre d'élus
00:21:41de connaître l'arrivée
00:21:43de migrants
00:21:43et, bien sûr,
00:21:45de ces traversées
00:21:46qui sont de plus en plus dangereuses,
00:21:48et je terminerai par dire,
00:21:49évidemment,
00:21:50aussi au prix d'opérations
00:21:52de relogement,
00:21:53et juste sur un point,
00:21:54on a déjà eu cet échange
00:21:55à plusieurs reprises,
00:21:56notamment,
00:21:57je crois,
00:21:57avec le groupe communiste
00:21:58à l'Assemblée nationale,
00:21:59mais il y avait,
00:22:01à l'époque,
00:22:02où j'étais ministre
00:22:03de l'Intérieur,
00:22:04la possibilité
00:22:05de loger
00:22:06à peu près
00:22:07un millier de personnes
00:22:08toutes les nuits,
00:22:09et seulement 20-30%
00:22:11de mémoire
00:22:11de ces logements
00:22:12a été occupée,
00:22:13parce qu'il y avait
00:22:14une volonté absolument
00:22:14de rester près des passeurs
00:22:16pour pouvoir traverser,
00:22:17c'est-à-dire que,
00:22:17quand il y a des camps,
00:22:18ce n'est pas parce que
00:22:19l'État les organise,
00:22:20quand il y a des camps,
00:22:21c'est parce que des gens
00:22:22souhaitent rester sur place
00:22:23pour plein de raisons,
00:22:24y compris dans des endroits
00:22:25où des femmes se font violer,
00:22:26où des hommes se font tuer,
00:22:27où des enfants
00:22:28sont hyper-violentés,
00:22:30pour pouvoir attendre
00:22:31le bon moment
00:22:32du passage
00:22:33tôt le matin.
00:22:34ou tard le soir
00:22:34par la Manche.
00:22:37Et je ne pense pas
00:22:37qu'on ait à rougir
00:22:38de la politique publique
00:22:39qu'on a menée
00:22:39dans le nord de la France,
00:22:40même si on peut toujours
00:22:41tout améliorer,
00:22:41dans des conditions désormais
00:22:43où les agents
00:22:44des forces de l'ordre
00:22:45sont particulièrement surveillés,
00:22:46dont toutes les interventions
00:22:47sont filmées.
00:22:50Et si jamais
00:22:50il y avait un problème,
00:22:51évidemment,
00:22:52les choses sont mises en avant.
00:22:54Ce que font jour et nuit
00:22:55les forces de l'ordre
00:22:56dans le nord de la France,
00:22:57notamment,
00:22:57et dans le Pas-de-Calais,
00:22:58est à l'honneur
00:22:59de la police
00:23:00et de la gendarmerie
00:23:01de la République.
00:23:05Merci, M. le ministre.
00:23:09La première question,
00:23:12réflexion,
00:23:13rejoint celle
00:23:14que j'ai formulée
00:23:15auprès du directeur général
00:23:17des étrangers en France
00:23:19que nous auditionnions
00:23:20il y a quelques instants,
00:23:23puisque nous évoquions
00:23:27les accords Sandhurst,
00:23:29l'accord triennal
00:23:30qui vient d'être signé
00:23:32par votre successeur
00:23:34au ministère de l'Intérieur,
00:23:37où nous sommes passés
00:23:40de 550 millions
00:23:41à 766 millions
00:23:43pour faire court,
00:23:45donc avec une augmentation
00:23:48entre 39 et 40%
00:23:50d'une période triennale
00:23:52à l'autre.
00:23:54Et donc,
00:23:57ma question,
00:23:58c'était,
00:23:59enfin,
00:23:59ma réflexion,
00:24:00c'était de dire
00:24:02dans la prochaine période triennale,
00:24:03on va encore augmenter
00:24:05de 40%.
00:24:06si on reste
00:24:08dans le même cadre,
00:24:09finalement,
00:24:11des conséquences,
00:24:12puisque,
00:24:13comme vous l'avez dit,
00:24:13ce n'est pas directement
00:24:14les accords du Touquet,
00:24:15mais les conséquences
00:24:16et les accords suivants
00:24:18qui font que
00:24:19nous gérons la frontière
00:24:22pour le compte des Britanniques.
00:24:24Et donc,
00:24:25ça voudrait dire
00:24:26que la prochaine période triennale,
00:24:28elle pourrait être
00:24:29d'être 1 milliard
00:24:30à 72 millions,
00:24:31en fait,
00:24:32pour continuer
00:24:33à augmenter
00:24:34les moyens
00:24:35pour limiter
00:24:36les passages
00:24:39de la frontière
00:24:41franco-britannique.
00:24:43Et donc,
00:24:44est-ce qu'il n'est pas
00:24:45à un moment
00:24:46tant de,
00:24:47je vais dire,
00:24:48s'il fait la fin
00:24:49de la récréation,
00:24:50c'est peut-être
00:24:51pas la bonne expression,
00:24:52mais de changer
00:24:53carrément le cadre
00:24:54et de dire
00:24:55que ce n'est pas à nous,
00:24:57finalement,
00:24:57de gérer cette frontière
00:25:00et donc peut-être
00:25:01de dénoncer
00:25:02les accords du Touquet.
00:25:03Alors,
00:25:03je sais que vous avez
00:25:05déclaré en 2021
00:25:06qu'il n'était pas question
00:25:07de les remettre
00:25:08en cause
00:25:08et qu'il y avait
00:25:09un nouveau cadre
00:25:11migratoire
00:25:12entre l'Union européenne
00:25:13et le Royaume-Uni
00:25:14à poser.
00:25:16Vous l'avez indiqué
00:25:17il y a quelques instants
00:25:18et je glisse tout doucement
00:25:20sur ma deuxième question.
00:25:22C'est effectivement
00:25:24qu'aujourd'hui,
00:25:25nous ne sommes plus,
00:25:27depuis le Brexit,
00:25:28dans une frontière
00:25:30franco-britannique,
00:25:31mais dans une frontière
00:25:32extérieure à l'Union
00:25:34entre l'Union européenne
00:25:37et le Royaume-Uni.
00:25:39Or,
00:25:40nous avons auditionné
00:25:42un représentant
00:25:44de la DG Homme
00:25:44de la Commission européenne.
00:25:46Nous n'avons pas eu
00:25:47le sentiment
00:25:48que c'était une
00:25:49des préoccupations majeures
00:25:51de la Commission
00:25:53que de gérer
00:25:54cette frontière
00:25:58et que,
00:25:59malgré les années
00:26:00qui ont passées
00:26:01depuis le Brexit,
00:26:03cette évolution
00:26:04est encore devant nous.
00:26:05Alors,
00:26:06on nous a dit
00:26:06que Mme van der Leyen
00:26:10avait annoncé
00:26:11un plan d'action
00:26:12sur le sujet.
00:26:14Nous l'attendons encore.
00:26:16Et ma deuxième question
00:26:19serait celle-ci,
00:26:20puisque vous avez évoqué
00:26:21la nécessité
00:26:22d'intervention
00:26:24plus forte
00:26:24en la matière
00:26:26de l'Union européenne,
00:26:28c'est
00:26:29que devons-nous
00:26:30demander,
00:26:31à votre avis,
00:26:32à l'Union européenne
00:26:33en la matière ?
00:26:34Que pouvons-nous
00:26:35attendre d'eux ?
00:26:40Ma troisième question,
00:26:43c'est bien
00:26:44que vous ayez été
00:26:45ministre de l'Intérieur
00:26:46et que vous soyez
00:26:47garde des Sceaux,
00:26:48puisque nous avons
00:26:51vous nous avez
00:26:52présenté au Parlement
00:26:54un projet de loi
00:26:56que nous avons adopté
00:26:57pour lutter
00:26:57contre
00:26:59la criminalité
00:27:00organisée.
00:27:01Cette loi
00:27:03était
00:27:03à l'origine
00:27:05pour lutter
00:27:05contre
00:27:06le narcotrafic.
00:27:09Et nous avons
00:27:09bien vu
00:27:10dans toutes nos auditions
00:27:11que les réseaux
00:27:13de passeurs
00:27:13finalement fonctionnent
00:27:15sur le même schéma
00:27:17que les réseaux
00:27:19de narcotrafiquants.
00:27:20Et donc,
00:27:22comment,
00:27:23à votre avis,
00:27:25cette loi
00:27:26peut s'appliquer ?
00:27:28Et y a-t-il besoin
00:27:30de faire des adaptations
00:27:31peut-être
00:27:34de celle-ci
00:27:35ou peut-elle répondre
00:27:36pleinement
00:27:37et entièrement
00:27:39à cette situation
00:27:41de réseaux de passeurs
00:27:42internationaux,
00:27:43comme les réseaux
00:27:44de narcotrafic
00:27:46qui sont également
00:27:48internationaux ?
00:27:49Et puis,
00:27:51ma dernière question,
00:27:51c'est véritablement
00:27:56votre casquette
00:27:57de garde des Sceaux.
00:27:58Je vous l'ai dit,
00:27:58nous avons auditionné
00:28:01les procureurs
00:28:02de Calais-Dunker
00:28:04qui nous ont dit
00:28:04qu'il y avait des magistrats
00:28:05qui devaient arriver
00:28:09bientôt
00:28:11dans leurs tribunaux.
00:28:13justement,
00:28:15compte tenu
00:28:16de cette situation
00:28:16particulière,
00:28:17et ça nous a été
00:28:18réclamé
00:28:18par les élus locaux,
00:28:23compte tenu
00:28:23de cette situation
00:28:24particulière
00:28:25et l'influence
00:28:26que ça a
00:28:28sur l'activité
00:28:30de ces deux tribunaux,
00:28:33quelle est votre vision
00:28:34finalement ?
00:28:35Est-ce que
00:28:37les moyens
00:28:37mis en place
00:28:39par votre ministère
00:28:40vous semblent adaptés,
00:28:41suffisants ?
00:28:43Quelles en sont
00:28:43les perspectives
00:28:44pour ces tribunaux
00:28:46et notamment
00:28:47avec ce prisme particulier
00:28:50qui est lié
00:28:51à la frontière
00:28:52franco-britannique,
00:28:54au réseau de passeurs,
00:28:55aux violences
00:28:56qui ont lieu ?
00:28:58Donc voilà,
00:29:00je vous remercie.
00:29:03Merci beaucoup.
00:29:05Sur les accords du Touquet,
00:29:06bon,
00:29:06moi je pense
00:29:07que le débat
00:29:09est dépassé,
00:29:10c'est-à-dire
00:29:10qu'ils ont été négociés
00:29:11dans un autre temps
00:29:13pour parler
00:29:14d'une frontière
00:29:14au moment
00:29:15où il y avait
00:29:15un transport
00:29:16qui était un peu différent,
00:29:17où il y avait
00:29:17des zones à sangates
00:29:20et grandes saintes,
00:29:21mais surtout
00:29:22dans le Pas-de-Calais
00:29:22les plus fortes
00:29:23et surtout
00:29:25où l'Union européenne
00:29:26va travailler de concert,
00:29:27normalement
00:29:27dans une même zone
00:29:29de discussion
00:29:30parce qu'on n'était pas
00:29:30tous dans Schengen.
00:29:32C'est dépassé
00:29:32parce qu'en fait,
00:29:33moi j'entends l'argument
00:29:33de dire on garde
00:29:34la frontière
00:29:34pour les Britanniques.
00:29:36Je pense qu'on peut dire
00:29:37aussi à la Commission européenne
00:29:38qu'on la garde
00:29:38pour les Européens
00:29:40puisque les gens qui viennent
00:29:41c'est l'ensemble
00:29:41des migrants
00:29:41de l'ensemble
00:29:42de l'Union européenne,
00:29:42notamment des pays du Sud
00:29:44dans le nord de la France,
00:29:45mais on la garde aussi pour nous
00:29:47parce que si vous supprimez
00:29:48les accords du Touquet
00:29:49et qu'il n'y a pas
00:29:50un autre accord
00:29:50parce que la question
00:29:51c'est sympathique
00:29:52de supprimer les accords
00:29:52du Touquet,
00:29:53ça peut se faire tout seul
00:29:54mais pour avoir un autre accord
00:29:54il faut être à deux.
00:29:56Et comme notre accord
00:29:57ce n'est pas un accord
00:29:58franco-britannique
00:29:59mais un accord
00:29:59de Commission européenne
00:30:00ou Union européenne britannique,
00:30:03ça prendra un petit peu
00:30:03plus de temps.
00:30:04Qu'est-ce que vous faites ?
00:30:05Vous allez libérer
00:30:07la route migratoire
00:30:08qui fait que les gens
00:30:09vont venir
00:30:09de plus en plus
00:30:11dans le nord de la France.
00:30:12Plus vous mettez
00:30:13la frontière hermétique,
00:30:15plus c'est difficile
00:30:15de traverser,
00:30:16même s'il y a encore
00:30:17des traversées,
00:30:17plus vous découragez
00:30:19des gens de traverser
00:30:19et donc de venir
00:30:20dans le nord de la France.
00:30:21Donc les populations
00:30:22du nord et du Pas-de-Calais,
00:30:23je ne suis pas sûr,
00:30:24d'ailleurs heureusement
00:30:24que ça se déroule
00:30:25dans le nord et du Pas-de-Calais
00:30:25tout ça parce que je pense
00:30:26que dans d'autres coins
00:30:27du territoire,
00:30:28sans doute les gens
00:30:28ont été un petit peu
00:30:29moins patients
00:30:29parce qu'ils ont vécu
00:30:30des choses quand même
00:30:30extrêmement difficiles.
00:30:32Dans le nord et du Pas-de-Calais,
00:30:32on a une longue tradition,
00:30:34je ne sais pas vous
00:30:34que je veux dire,
00:30:35monsieur le député,
00:30:35d'accueil,
00:30:37d'écoute et de fraternité
00:30:38même si ce qu'a vécu
00:30:41Calais ou Grande-Synthe
00:30:42paraît tout à fait incroyable.
00:30:44Je pense que dans les villes
00:30:45du sud de la France,
00:30:46ça aurait été sans doute
00:30:47un petit peu différente.
00:30:48Mais je pense que nous limitons
00:30:50aussi la pression migratoire
00:30:50sur le territoire.
00:30:51Si vous vous dites
00:30:52qu'il n'y a plus d'accord
00:30:52et que les gens peuvent passer
00:30:55et s'il n'y a plus standards
00:30:55parce qu'effectivement,
00:30:57ça a l'air un peu fou,
00:30:58ces montants augmentés,
00:30:59en fait, bien sûr,
00:31:00ça posera des problèmes
00:31:01que les Britanniques.
00:31:01On sera responsable de mort
00:31:02dans la Manche
00:31:03plus que nous aujourd'hui
00:31:04et par ailleurs,
00:31:05vous ouvrirez une voie migratoire
00:31:06que plus personne ne contrôlera.
00:31:07Donc en fait,
00:31:08les Anglais le savent très bien
00:31:09que nous sommes aussi là
00:31:11pour faire diminuer la pression
00:31:13sur notre propre territoire.
00:31:15Donc ces choses sont moins simples
00:31:17que la simple dénonciation
00:31:18des accords du Touquet a priori.
00:31:20Sur les amis européens,
00:31:22oui, je pense qu'ils s'en fichent beaucoup.
00:31:24Je pense qu'ils disent
00:31:25que les Français,
00:31:26c'est un grand pays,
00:31:27ils font ça bien,
00:31:27c'est leur intérêt.
00:31:28Ils ont un lien avec les Britanniques,
00:31:30c'est super.
00:31:32Bon, alors il faut parfois
00:31:33se prostituer
00:31:34pour avoir des financements.
00:31:35Moi, j'ai par exemple obtenu
00:31:36que Frontex,
00:31:37Frontex s'intéresse à nous
00:31:39alors que pendant très longtemps,
00:31:41et d'ailleurs,
00:31:41M. Deledgeri a refusé
00:31:43systématiquement
00:31:44quand il était patron de Frontex,
00:31:45il parlait en anglais
00:31:46dans les réunions
00:31:47et il a fallu que je lui dise
00:31:48qu'il était représentant
00:31:48qu'il était français,
00:31:49que ce serait quand même bien
00:31:50qu'il parle français
00:31:50dans les réunions.
00:31:51Et il s'intéressait beaucoup
00:31:53à la frontière grecque et turque.
00:31:56Il était souvent
00:31:58dans l'est de l'Europe
00:31:59puisque son siège était à Varsovie.
00:32:01Mais alors dès qu'il s'agissait
00:32:02de porter des projets européens
00:32:05pour la partie de la frontière nord
00:32:06qui nous est envers les Britanniques,
00:32:07on a eu beaucoup plus de mal.
00:32:08Et j'ai obtenu,
00:32:09au bout d'énormes pressions,
00:32:12qu'on veuille bien financer
00:32:13un avion
00:32:15qui passe,
00:32:16je ne sais pas s'il passe encore d'ailleurs,
00:32:18de Frontex,
00:32:18qui vient faire des photos.
00:32:19Alors, à l'époque,
00:32:20je me faisais engueuler
00:32:21par ma belle-mère et mon beau-père
00:32:22puisque la bonne-sœur-mère,
00:32:25quand on prend l'apéritif sur la plage,
00:32:27à l'heure matinale de la bière,
00:32:29on entendait l'avion passer.
00:32:30Mais au moins, j'étais rassuré.
00:32:31Et il permettait d'aider
00:32:32un peu l'intervention.
00:32:33Mais c'est tout ce qu'a fait l'Europe
00:32:34de ce point de vue.
00:32:35Et Frontex,
00:32:36j'espère que le nouveau mandat
00:32:37est différent,
00:32:38mais a beaucoup eu de mal
00:32:39à s'intéresser à nous.
00:32:40Alors que voilà,
00:32:41un point très important
00:32:43que nous pourrions mettre en place
00:32:44sur ce point.
00:32:46Il y a un troisième sujet
00:32:47qui me paraît important,
00:32:48c'est que je pense
00:32:48que l'Union européenne
00:32:49n'a pas très envie,
00:32:50on peut les comprendre d'ailleurs,
00:32:51de renouer une discussion
00:32:52avec les Britanniques.
00:32:55Mais bon, je pense
00:32:55qu'il faut un peu oublier
00:32:56les anciennes querelles.
00:32:58Moi, j'ai souvent entendu
00:32:59à la Commission européenne,
00:33:00à l'Union européenne,
00:33:01les Britanniques,
00:33:02ils ont voulu partir,
00:33:03ils ont eu la conséquence
00:33:03de tout ça.
00:33:04On ne va pas commencer,
00:33:04on ne va pas y mettre
00:33:05du poids de corps.
00:33:06Ils n'avaient qu'à rester
00:33:07dans l'Union européenne,
00:33:07grosso modo.
00:33:09Quatrièmement,
00:33:09il y a un engagement
00:33:10du gouvernement britannique.
00:33:11Il y a une lettre
00:33:12de Boris Johnson
00:33:13qui a été rendue publique
00:33:15et d'ailleurs
00:33:15sur les réseaux sociaux
00:33:17où Boris Johnson
00:33:17dit qu'il accepte
00:33:18un accord entre
00:33:19l'Union européenne
00:33:20et le gouvernement britannique,
00:33:23le Royaume-Uni.
00:33:24Donc la question
00:33:26qui se pose,
00:33:27c'est de l'application
00:33:29de la parole
00:33:31du Premier ministre
00:33:31de l'époque.
00:33:32Est-ce qu'elle vaut toujours
00:33:33pour le gouvernement
00:33:34de M. Steimer ?
00:33:35Je ne pense pas
00:33:36qu'il y ait un début
00:33:36de commencement de discussion
00:33:37autour de ça.
00:33:38C'est un peu dommage
00:33:39parce que c'est maintenant
00:33:40qu'il faudrait lancer ça
00:33:41pour qu'on ait un accord
00:33:41dans 3 ou 4 ans
00:33:42parce que ça met du temps
00:33:43de négocier.
00:33:45Sur la question
00:33:47de la criminalité organisée,
00:33:48vous avez parfaitement raison
00:33:48et je ne pense pas
00:33:50qu'il y ait grand-chose
00:33:50à changer
00:33:50parce que désormais
00:33:51les grands hommes de peine
00:33:52sont très élevés
00:33:54et par ailleurs,
00:33:55il y a eu une circule
00:33:56en politique pénale
00:33:56que j'ai prise
00:33:57qui le rappelle.
00:33:59Le PNACO,
00:34:00le Parquet national
00:34:00anticriminalité organisé,
00:34:01n'est pas un parquet spécial
00:34:03anti-stupéfiant,
00:34:03c'est un parquet
00:34:04anticriminalité organisé.
00:34:05Donc il a l'immigration
00:34:07irrégulière
00:34:07et les passeurs
00:34:08dans son champ.
00:34:09D'ailleurs,
00:34:09le PNACO a ouvert
00:34:10des enquêtes
00:34:11depuis sa création
00:34:12au début d'année
00:34:13sur la question
00:34:13de l'immigration irrégulière
00:34:14et dans les prisons
00:34:16de sécurité
00:34:16que nous avons créées,
00:34:17il y a des détenus
00:34:19qui sont responsables
00:34:20de trafic d'êtres humains,
00:34:22de passeurs
00:34:23de très grands vols
00:34:24qui non seulement
00:34:26gagnent beaucoup d'argent
00:34:26mais par ailleurs
00:34:27effectivement
00:34:28sont très dangereux
00:34:28et commettent par ailleurs
00:34:29des assassinats,
00:34:30sont capables
00:34:31d'avoir des réseaux cryptés,
00:34:32une organisation
00:34:33comme la drogue.
00:34:34J'ai toujours pensé
00:34:35que les gens
00:34:36qui trafiquaient la drogue
00:34:40ne croyaient pas
00:34:40en leurs produits.
00:34:42Ils ne bossent pas
00:34:42à la Belle-Hilloise
00:34:43ou chez Stenantis
00:34:44et ils croient
00:34:44aux produits
00:34:45et c'est l'argent
00:34:46qui les intéresse.
00:34:46Tout ce qui fait
00:34:47de l'argent,
00:34:47ça les intéresse.
00:34:48C'est du tabac,
00:34:49c'est de la drogue,
00:34:50c'est des humains.
00:34:52Donc c'est effectivement
00:34:53les mêmes réseaux
00:34:53parce que le but
00:34:54n'est pas la cause
00:34:55que l'on défend.
00:34:56Ils ne cherchent pas
00:34:57à lutter
00:34:59pour la légalisation
00:35:01du cannabis
00:35:01ou pour que les migrants
00:35:03soient heureux
00:35:03en Grande-Bretagne.
00:35:04Ils font juste
00:35:05de l'argent.
00:35:06qui sont extrêmement dangereux
00:35:08et je pense que le ministère
00:35:11de l'Intérieur
00:35:11prend ça très au sérieux.
00:35:12Il y a un office
00:35:13extrêmement efficace
00:35:14et compétent
00:35:15qui travaille
00:35:16notamment en international
00:35:17parce que c'est un sujet
00:35:18par nature
00:35:19de coopération judiciaire
00:35:20internationale
00:35:21et c'est un sujet
00:35:23extrêmement important
00:35:24pour la justice.
00:35:26D'ailleurs,
00:35:28quand j'étais
00:35:28au ministère de l'Intérieur,
00:35:29j'étais toujours
00:35:29très étonné
00:35:30que quand j'allais
00:35:31dans les ambassades,
00:35:32il y avait toujours
00:35:32un attaché de sécurité
00:35:33qui n'étaient que policiers
00:35:34ou gendarmes.
00:35:35Ils se répartissent
00:35:36les AIC, policiers, gendarmes.
00:35:38Selon les postes,
00:35:39j'ai souhaité
00:35:40qu'on mette des sous-préfets
00:35:41et des préfets
00:35:41auprès des ambassadeurs.
00:35:42Il y a notamment
00:35:43en Angleterre,
00:35:44aujourd'hui,
00:35:44Mme Salim Assah,
00:35:45qui est une préfète
00:35:46dont le travail
00:35:47est de s'occuper
00:35:47de questions migratoires
00:35:49pas simplement
00:35:49de questions
00:35:50de coopération policière.
00:35:51Et ça,
00:35:51je pense que c'est important
00:35:52pour avoir plus d'informations,
00:35:54travailler avec nos amis britanniques
00:35:55et créer un système
00:35:56de discussion
00:35:57qui n'est pas
00:35:57qu'une coopération policière
00:35:58avec une coopération
00:35:59plus globale
00:36:00pour que les AIC
00:36:01s'occupent
00:36:01des coopérations policières.
00:36:02La magistrate de liaison
00:36:03s'occupe des questions judiciaires
00:36:05et la préfète
00:36:06s'occupe des coopérations migratoires.
00:36:08Parce qu'au ministère de l'Intérieur,
00:36:08on peut avoir tendance
00:36:09à ne s'occuper
00:36:10que de la police,
00:36:11alors qu'évidemment,
00:36:12le champ est beaucoup plus large.
00:36:14Sur la question
00:36:15des effectifs,
00:36:16non,
00:36:16ils ne sont pas assez nombreux,
00:36:18même s'ils sont renforcés.
00:36:20À Dunkerque,
00:36:21je pense qu'on a pu témoigner
00:36:22et le dire,
00:36:23à Boulogne-sur-Mer,
00:36:25à Calais,
00:36:26enfin,
00:36:26sur toute la côte,
00:36:27d'autant qu'un centre
00:36:29de rétention administratif
00:36:30arrive à Dunkerque
00:36:31qui va faire naître
00:36:32du contentieux
00:36:33et des difficultés
00:36:34parce qu'il y aura
00:36:35des incidents,
00:36:37forcément.
00:36:38Centre de rétention,
00:36:39d'ailleurs,
00:36:39qui a été financé
00:36:40par Sanders
00:36:41puisque parmi les négociations
00:36:42qu'on a eues
00:36:43avec nos amis britanniques,
00:36:44c'était de négocier,
00:36:44de payer bien plus
00:36:46que la réserve
00:36:47de la gendarmerie nationale
00:36:48sur le territoire
00:36:50et notamment,
00:36:51par exemple,
00:36:51la question des drones
00:36:52parce que là,
00:36:52je pense que si on ne met
00:36:53pas des moyens technologiques
00:36:54et je pense que c'est
00:36:54une réponse à vous apporter,
00:36:55M. le Président,
00:36:56je pense que le sujet
00:36:57n'est pas le montant
00:36:58chaque année de Sanders.
00:36:59Ce qui est important,
00:37:00c'est qu'il faut
00:37:01investir dans la technologie
00:37:02qui va nous permettre
00:37:03d'avoir une frontière
00:37:04qui permettra notamment
00:37:05de repérer,
00:37:05ça c'est le truc
00:37:06le plus important,
00:37:07les bateaux
00:37:09ensevelis sous le sable
00:37:10qu'on vient récupérer
00:37:11avant de passer à l'acte.
00:37:13Ce que j'ai connu,
00:37:14moi,
00:37:14à la fin du ministère
00:37:15de l'Intérieur,
00:37:16c'est des migrants
00:37:18avec des passeurs
00:37:19qui se mettaient
00:37:20à la frontière belge
00:37:21parce qu'on ne peut pas dire
00:37:22que la police belge
00:37:22mettait la même activité
00:37:25que nous à l'époque
00:37:25pour arrêter ces personnes.
00:37:27Ils traversaient la frontière,
00:37:29je pensais qu'il y a eu
00:37:29beaucoup de départs
00:37:30à un moment donné
00:37:30autour de Dunkerque
00:37:31et moi,
00:37:32du côté de Boulogne-sur-Mer
00:37:32et de Calais.
00:37:33Et donc,
00:37:34ils traversaient
00:37:34autour du Vitecote
00:37:35et etc.
00:37:37la frontière très très vite.
00:37:38On sait tous
00:37:39qu'elle est très facile
00:37:40à traverser
00:37:40entre la Belgique
00:37:41et la France
00:37:41à ce moment-là.
00:37:42Ils avaient préalablement
00:37:43mis les bateaux
00:37:46ensevelis dans les dunes
00:37:48et ils attendaient
00:37:49une marée favorable
00:37:50pour traverser.
00:37:51Et en quelques dizaines
00:37:52de minutes,
00:37:53les gens traversaient
00:37:53la Belgique,
00:37:54récupéraient les bateaux,
00:37:54traverser,
00:37:55c'est très compliqué
00:37:55pour les policiers.
00:37:57La seule façon
00:37:58d'y arriver,
00:37:59c'est que vous avez
00:38:00des drones
00:38:00et notamment
00:38:01de plus en plus
00:38:01des drones intelligents
00:38:02qui vous permettent,
00:38:03peut-être grâce
00:38:04à l'intelligence artificielle
00:38:05avec nos amis belges,
00:38:06de voir très en longueur
00:38:08non seulement
00:38:09le passage des hommes
00:38:10mais surtout,
00:38:11le plus important,
00:38:11retrouver les bateaux.
00:38:13Et désormais,
00:38:14nous avons les moyens
00:38:14technologiques
00:38:14de trouver des bateaux
00:38:15en dessous de la matière,
00:38:16ce qui n'était pas encore
00:38:17le cas il y a 3-4 ans.
00:38:18Donc je pense que
00:38:18si standards
00:38:19doit continuer à exister,
00:38:21c'est un standards
00:38:21technologique.
00:38:22C'est moins désormais
00:38:24un standard de béton,
00:38:25de barbelé
00:38:26et de buggy
00:38:27qui était nécessaire,
00:38:29enfin qui touche
00:38:30ses limites.
00:38:31Je voudrais attirer
00:38:32votre attention,
00:38:33même si on va continuer
00:38:34à augmenter les effectifs,
00:38:35sur la question
00:38:36d'attractivité
00:38:37pour les magistrats
00:38:37d'aller à Dunkerque,
00:38:38à Calais,
00:38:39parce que contrairement
00:38:40aux ministres intérieurs
00:38:41qui peuvent envoyer
00:38:41des gendarmes
00:38:42parce qu'ils ont
00:38:42un statut militaire,
00:38:43le ministre de la Justice,
00:38:44il ouvre des postes
00:38:44et puis les magistrats
00:38:45ils font ce qu'il y a
00:38:46à la CSM
00:38:47et puis s'ils n'ont pas
00:38:49envie d'y aller,
00:38:49ils n'y vont pas.
00:38:50Je ne peux pas forcer
00:38:51les magistrats
00:38:51à y aller.
00:38:53Donc j'ai proposé
00:38:54qu'on utilise
00:38:55ce qui existe
00:38:56en outre-mer,
00:38:57c'est-à-dire des brigades
00:38:58que le ministre de la Justice
00:38:59peut envoyer
00:39:00dans des territoires
00:39:01pendant 6 mois
00:39:01ou 10 mois
00:39:02pour pouvoir alléger
00:39:03le travail des cours d'appel
00:39:04ou des tribunaux,
00:39:05mais le CSM
00:39:06l'a refusé
00:39:07pour des tribunaux
00:39:08qui sont sur le territoire
00:39:09hexagonal.
00:39:10Je le regrette
00:39:11parce que ça me permettrait
00:39:12notamment de répondre
00:39:12à ces questions
00:39:14parfois de contentieux.
00:39:15On voit bien
00:39:15qu'un contentieux
00:39:16même météorologique.
00:39:18Il est évident
00:39:19que cet été,
00:39:20il y aura plus de contentieux
00:39:21que l'hiver.
00:39:21Et ça,
00:39:22c'est difficile à comprendre
00:39:23dans la RH,
00:39:24le ministère de la Justice,
00:39:25dans le statut organique
00:39:26des magistrats.
00:39:27Cependant,
00:39:28je pense que la crainte
00:39:29la plus importante,
00:39:30monsieur le Président,
00:39:31c'est la juridiction administrative.
00:39:33Les ministères de la Justice
00:39:34n'ont pas les crédits
00:39:34de la juridiction administrative.
00:39:35Je le regrette
00:39:36parce que pour les Français
00:39:37de la Justice,
00:39:37c'est en général.
00:39:38Mais moi,
00:39:38le tribunal administratif,
00:39:39la Cour d'appel
00:39:39et le Conseil d'Etat,
00:39:41ce n'est pas moi
00:39:41qui gère les crédits.
00:39:42C'est une ministre de la Justice
00:39:42avec le Parlement.
00:39:43Et c'est le LGG
00:39:44qui gère ces crédits,
00:39:45comme le Conseil constitutionnel,
00:39:46par exemple.
00:39:47Donc,
00:39:47vous avez un contentieux
00:39:48d'étrangers
00:39:49qui va exploser,
00:39:50qui explose,
00:39:51puisque c'est à peu près
00:39:5250% de ce que font
00:39:53les cours d'appel
00:39:54administratifs
00:39:55et les tribunaux
00:39:55juridictionnels.
00:39:56Vous aurez un CRA.
00:39:57Vous aurez l'application
00:40:00des accords
00:40:01du pacte migratoire
00:40:02à partir du mois de juin.
00:40:04Donc,
00:40:04vous avez une augmentation
00:40:05du contentieux administratif
00:40:06et vous avez
00:40:07des tribunaux administratifs
00:40:08qui n'ont pas
00:40:08le nombre de magistrats
00:40:10suffisant
00:40:10et que personne vraiment
00:40:11ne défend leur budget.
00:40:13Donc,
00:40:13je pense que c'est un point
00:40:14très important
00:40:15puisque l'essentiel
00:40:16du contentieux
00:40:17des étrangers,
00:40:17c'est un contentieux administratif.
00:40:19Il peut y avoir
00:40:19un contentieux pénal,
00:40:20bien sûr,
00:40:20mais c'est quand même
00:40:22rédiduel.
00:40:22Donc,
00:40:23deux sujets,
00:40:23me semble-t-il,
00:40:24le plus important,
00:40:25c'est la question
00:40:25des juridictions administratives
00:40:26qui ne sont pour l'instant
00:40:27défendues
00:40:29par personne,
00:40:29par aucun...
00:40:30En tout cas,
00:40:31pas par le ministre de la Justice
00:40:31et une première ministre
00:40:32ou autre chose à faire
00:40:32que de défendre ses crédits.
00:40:33Je pense que c'est un point
00:40:34très important.
00:40:35Je ne sais pas
00:40:35si vous avez eu l'occasion
00:40:36d'avoir le Conseil d'État
00:40:36ou la Cour d'appel de Douai,
00:40:37mais je pense que ce serait
00:40:38très intéressant
00:40:39de voir leurs difficultés.
00:40:41Je terminerai sur un dernier point
00:40:43avec nos amis britanniques
00:40:44pour me poser la question
00:40:45de Sanders.
00:40:46L'une des choses
00:40:47qu'il ne faut pas accorder
00:40:48à nos amis britanniques,
00:40:49c'est le consulat à Lille.
00:40:52Parce qu'en fait,
00:40:53ils ont une revendication
00:40:53qui est assez intéressante
00:40:54qui consiste à dire
00:40:55on s'entend bien,
00:40:56il faut ouvrir des consulats
00:40:58pour les franco-britanniques,
00:40:59pour les...
00:40:59Tout ça est très vrai.
00:41:01Il n'y a pas une énorme pression
00:41:03des britanniques non plus
00:41:03dans le nord de la France.
00:41:05On a plus de sujets
00:41:06avec les portugais,
00:41:07par exemple.
00:41:09Le consulat dans le sud-ouest
00:41:10pour les britanniques
00:41:11peut s'entendre
00:41:11parce qu'il y a beaucoup
00:41:12de britanniques qui y vivent.
00:41:14Mais pourquoi ouvrir
00:41:14un consulat à Lille ?
00:41:16Alors évidemment,
00:41:17moi j'ai toujours refusé
00:41:18parce que les ambassadeurs
00:41:19sont formidables.
00:41:20C'est des gens
00:41:21de très grande qualité
00:41:21d'ambassadeurs de Grande-Bretagne
00:41:22en France.
00:41:24Toujours une discussion
00:41:25très franche aux mésobologues.
00:41:27Pourquoi ils veulent l'obtenir
00:41:27de chacun des ministres ?
00:41:28Ils le demandent d'ailleurs
00:41:29directement au président de la République
00:41:30à qui on doit dire
00:41:31malheureusement non.
00:41:32Ce n'est pas facile
00:41:33quand on est ministre
00:41:33ou aux ministres d'Affaires étrangères
00:41:35parce qu'ils vont avoir
00:41:36des bonnes relations.
00:41:37Parce que le jour
00:41:38où on ouvre un consulat britannique
00:41:39à Lille,
00:41:40nous aurons dans la métropole lisoise
00:41:42une deuxième façon
00:41:43d'ouvrir la relation migratoire
00:41:46qui est encore plus éloignée
00:41:48de leurs frontières.
00:41:49Et moi j'ai une peur importante
00:41:51et je pense que cette peur est fondée
00:41:53que si on ouvre quelque chose
00:41:55à Lille,
00:41:56comme ils savent qu'un jour
00:41:56il y aura un accord
00:41:57qui va naître
00:41:58entre la Commission européenne
00:41:59et la France,
00:42:01ils vont dire
00:42:02que les demandes d'asile
00:42:02se font là-bas.
00:42:04Nous en France,
00:42:05on ne peut pas faire
00:42:06que l'asile se demande ailleurs
00:42:08que sur le sol de la République
00:42:09puisque c'est à la fois
00:42:10la dégradation des droits de l'homme
00:42:11et dans le préambule de 1946.
00:42:13Il faudrait qu'on modifie
00:42:14ces textes fondamentaux
00:42:15pour qu'on puisse demander l'asile
00:42:16en dehors du sol de la République.
00:42:19Mais les Britanniques n'ont pas ça.
00:42:20D'abord, chacun sait
00:42:21que leur constitution
00:42:21est très largement différente
00:42:22puisque celle du Nil
00:42:24est orale pour une autre partie.
00:42:26et deuxièmement
00:42:26parce qu'ils peuvent demander
00:42:28et c'est pour ça
00:42:29qu'ils ont réfléchi
00:42:29à cette question
00:42:30de pays extérieurs
00:42:31de demandes d'asile
00:42:34ou l'asile sur l'eau
00:42:36pour reprendre leurs expressions.
00:42:39Si on ouvre des consulats
00:42:40et notamment dans le nord
00:42:41de la France britannique,
00:42:43il y a un risque
00:42:43que ça devienne
00:42:44les guichets d'entrée,
00:42:45d'attente,
00:42:46que les Britanniques disent
00:42:47oui ou non à la fin
00:42:48sur tel hôtel
00:42:49des deux séjours
00:42:49et plus souvent non
00:42:50que oui.
00:42:51Donc c'est aussi
00:42:51un point très important.
00:42:53Je ne sais pas si
00:42:53le quai d'Orsay
00:42:54ou le ministère de l'Intérieur
00:42:54vous en a parlé,
00:42:55mais c'est une revendication
00:42:57extrêmement importante
00:42:58et répétée
00:42:59de nos amis britanniques
00:43:00qui cachent à mon avis
00:43:01quelque chose
00:43:02et qui un jour,
00:43:04si un jour nous devions le donner,
00:43:06il faudrait que ce soit
00:43:06dans un accord plus global
00:43:08de retour des étrangers expulsés
00:43:09ou de nous,
00:43:10des regroupements familiaux
00:43:11de personnes qui sont
00:43:12sur le territoire national
00:43:13et qui doivent aller
00:43:13en Grande-Bretagne.
00:43:14et en tout cas,
00:43:14c'est très important
00:43:15de comprendre ce point
00:43:17qui peut beaucoup
00:43:18nous handicaper
00:43:18et qui sera beaucoup plus
00:43:23difficile pour la petite
00:43:24qu'une nouvelle monnaie
00:43:24qu'un nouveau stand-off.
00:43:29Très bien.
00:43:30Merci, M. le ministre.
00:43:30Je donne la parole
00:43:31à Mme la rapporteure.
00:43:33Merci, M. le président.
00:43:34M. le ministre,
00:43:35j'ai pas mal de questions
00:43:36comme vous vous en doutez,
00:43:37donc je me permets
00:43:39de vous demander peut-être
00:43:40d'être concis
00:43:41sur les réponses.
00:43:42Vous avez assez largement
00:43:45déjà, et avec des propos libres,
00:43:47je souhaite que vous puissiez
00:43:48les conserver lors
00:43:49de ces réponses,
00:43:51sur la nature des relations
00:43:52franco-britanniques
00:43:53lorsque vous étiez
00:43:55ministre de l'Intérieur.
00:43:56Je voudrais savoir
00:43:57quelles étaient à ce moment-là
00:43:58vos lignes rouges
00:43:59dans le cadre des demandes
00:44:01et des pressions
00:44:02exercées par les Britanniques.
00:44:04Est-ce qu'elles ont été
00:44:05respectées, ces lignes rouges,
00:44:07non seulement lorsque vous étiez
00:44:09ministre de l'Intérieur,
00:44:10mais aussi depuis ?
00:44:12J'ai en tête, par exemple,
00:44:14le principe de réadmission,
00:44:15mais peut-être que vous avez
00:44:16d'autres choses à nous dire
00:44:17là-dessus.
00:44:17C'est la première question.
00:44:20Dans le cadre des accords
00:44:22et de ces suites,
00:44:24est-ce que vous trouvez
00:44:26que la politique d'empêchement
00:44:28des départs de small boat
00:44:30sur les côtes du Calaisie,
00:44:31du Dunkerquois,
00:44:32et maintenant également
00:44:34en Picardie,
00:44:36est-ce que tout ça est efficace
00:44:37au regard des moyens déployés ?
00:44:39D'ailleurs, je veux bien
00:44:40une demande de précision
00:44:41sur cette question des moyens,
00:44:43puisque vous nous dites
00:44:45que les Britanniques
00:44:46ne dépensent qu'un tiers
00:44:47des moyens déployés.
00:44:50M. Retailleau lui parlait
00:44:51dans le cadre d'une commission
00:44:53d'enquête au Sénat
00:44:54de la moitié,
00:44:55et la DGEF dit que les Britanniques
00:44:57donnent environ 60%
00:44:59de la somme.
00:45:00Et j'avoue qu'on a du mal
00:45:02quand même à avoir la transparence
00:45:03sur toutes ces questions.
00:45:04Donc si vous avez des éléments,
00:45:06je les veux bien aussi.
00:45:07Déjà, si je peux avoir
00:45:09des réponses à ces questions,
00:45:10et ensuite, je passerai
00:45:11à une autre série.
00:45:12Je vous remercie.
00:45:14Alors sur le coup,
00:45:15madame la rapporteure,
00:45:16moi, ce que j'ai,
00:45:16mes chiffres datent
00:45:18de lorsque je me suis
00:45:18acquitté le ministère intérieur,
00:45:19donc à l'été 2024.
00:45:21Donc peut-être qu'entre-temps,
00:45:22il y a l'inflation
00:45:23et d'autres éléments.
00:45:25Enfin, c'était la négo
00:45:26de Sanders que j'avais effectuée
00:45:28pour 2023-2026.
00:45:30La France, elle supporte
00:45:3238% du coût total
00:45:34de la lutte contre
00:45:38ce qu'on appelle la LIC,
00:45:39la lutte contre l'immigration irrégulière.
00:45:42Donc moi, c'est pour ça
00:45:43que je dis un tiers.
00:45:45La France supporte un tiers.
00:45:47Sur 100%, sur 100%,
00:45:50sur 100%.
00:45:51Oui, oui, mais sur 100%,
00:45:52la France supporte un tiers.
00:45:54Et ensuite, nous avons
00:45:55d'autres aides.
00:45:57Il n'y a pas que les britanniques.
00:45:58On a un peu de Frontex,
00:45:59on a un peu de l'Union européenne.
00:46:00On a aussi d'aides,
00:46:03parfois, d'autres actions,
00:46:06comme l'HCR pour l'accueil,
00:46:08parce que dedans,
00:46:08je mets évidemment
00:46:09l'accueil des réfugiés.
00:46:10Et moi, j'avais,
00:46:11dans la programmation
00:46:12de Sanders précédente,
00:46:14un quart,
00:46:15c'était un quart,
00:46:16les britanniques payaient
00:46:16un quart de la tenue de la frontière.
00:46:18Et j'avais 40%,
00:46:20grosso modo,
00:46:20pour le 2023-2026.
00:46:24Bon, alors après,
00:46:25je n'ai pas le chiffre
00:46:26de 540 millions d'euros
00:46:27entre 2023-2026
00:46:28qui étaient prévus.
00:46:30Donc après,
00:46:30il faut les décaisser
00:46:31parce que vous avez des services,
00:46:32parce qu'il faut savoir
00:46:34que comme la confiance règne,
00:46:36nous avons seulement 3 ou 4 agents,
00:46:37me semble-t-il,
00:46:38à la DGEF,
00:46:38à l'Action générale
00:46:39des étranges d'enfance,
00:46:40qui tiennent la comptabilité
00:46:41et qui, en fait,
00:46:42les britanniques payent
00:46:43par service fait.
00:46:45Ils ne donnent pas l'argent
00:46:45et pour le dépenser,
00:46:46on paye et puis après,
00:46:47ils remboursent.
00:46:48Voilà.
00:46:49Pardon ?
00:46:50Oui, non, mais en tout cas,
00:46:52ce qui est sûr,
00:46:53c'est que cette action,
00:46:57moi, de mémoire,
00:46:57c'était 40-40 chacun
00:46:59et le reste,
00:46:59c'était d'autres financements,
00:47:00mais je ne suis plus
00:47:01au ministère de l'Intérieur,
00:47:02donc je tendance à croire
00:47:03ce que vous avez dit,
00:47:03une DGEF.
00:47:04C'est lui qui est sans doute
00:47:05aujourd'hui le plus à même
00:47:06de répondre à ça.
00:47:07Moi, mon DGEF était
00:47:08M. Jalon,
00:47:08un préfet de Corse,
00:47:11mais en tout cas,
00:47:12c'est des chiffres
00:47:13que j'ai dans mes archives,
00:47:14ce que je n'ai pas redemandé
00:47:15au ministère de l'Intérieur
00:47:15pour votre audition.
00:47:18Sur les lignes rouges,
00:47:21moi, je me suis toujours fixé
00:47:23avec les services,
00:47:24c'est-à-dire qu'il ne devait pas
00:47:24y avoir d'espionnage
00:47:25ou d'ingérence.
00:47:28Il ne devait pas y avoir
00:47:29de double patrouille.
00:47:31Les Anglais ne devaient pas
00:47:32pouvoir patrouiller
00:47:33sur le sol français.
00:47:34Voilà.
00:47:34Nous sommes un pays souverain.
00:47:36Ils n'accepteraient pas
00:47:37de notre part.
00:47:38Voilà.
00:47:38Personne n'accepterait.
00:47:40Ils ne devaient pas
00:47:41y avoir de consulat,
00:47:42je l'ai dit.
00:47:43Et par ailleurs,
00:47:44dans des cas humanitaires graves,
00:47:46les Britanniques
00:47:47devaient nous prendre
00:47:48des personnes.
00:47:49Donc je pense par exemple
00:47:50à des cas très précis.
00:47:53Les enfants,
00:47:54trouvés seuls,
00:47:55dont on avait la preuve
00:47:56que leurs parents
00:47:57étaient en Grande-Bretagne,
00:48:00il n'était pas question
00:48:01pour moi
00:48:01que les Britanniques
00:48:02disent non.
00:48:03Le deal qu'ils avaient,
00:48:05c'est qu'il ne fallait pas
00:48:05en parler.
00:48:06Bon.
00:48:06Donc j'ai préféré faire
00:48:07des opérations
00:48:09de rapprochement
00:48:10quand j'étais...
00:48:10Pardon ?
00:48:11Excusez-moi.
00:48:14Je disais qu'il pouvait y avoir
00:48:15des cas, par exemple,
00:48:16où des enfants mineurs
00:48:18étaient sur le sol français,
00:48:20dont le père ou la mère
00:48:21n'étaient pas retrouvés
00:48:22sur le sol français,
00:48:23où ils étaient morts
00:48:24dans des traversées
00:48:25avant de venir
00:48:26sur le sol français,
00:48:27où ils étaient assassinés
00:48:28parce qu'il y a aussi
00:48:28des problèmes extrêmement graves
00:48:30dans des camps de migrants,
00:48:31où les difficultés faisaient
00:48:33et qu'on était certain
00:48:33que ces mineurs
00:48:34étaient isolés en France,
00:48:36mais dont leurs parents
00:48:36ou leurs grands-parents
00:48:38étaient en Grande-Bretagne.
00:48:39Nous le savions.
00:48:40Je ne pouvais pas...
00:48:42On n'acceptait pas.
00:48:42Moi, je n'acceptais pas
00:48:43au ministère de l'Intérieur
00:48:44qui nous dise non.
00:48:45Donc on obtenait...
00:48:47Voilà.
00:48:47Après, pour d'autres questions,
00:48:48on pouvait toujours discuter.
00:48:50Mais on avait trouvé un accord,
00:48:51d'ailleurs,
00:48:51avec le gouvernement conservateur,
00:48:53et c'était une bonne chose.
00:48:54C'était quelques personnes,
00:48:55pas extrêmement nombreuses.
00:48:57Donc après, ensuite,
00:48:58est-ce que c'est efficace ?
00:49:00C'est une question difficile,
00:49:01madame la rapporteure.
00:49:02Moi, je pense que c'est efficace
00:49:03pour sauver des vies.
00:49:04Je pense que ce n'est pas efficace
00:49:06pour lutter contre l'immigration,
00:49:07ce que nous faisons.
00:49:09C'est-à-dire que nous sommes
00:49:10extrêmement efficaces
00:49:12pour éviter des passages
00:49:14de bateaux.
00:49:16Moi, j'ai vu...
00:49:17Je pense que vous avez peut-être
00:49:18fait des nuits
00:49:18avec les policiers
00:49:19et les gendarmes sans place,
00:49:20mais parfois,
00:49:22c'est avec des piscines d'eau
00:49:24que l'on met dans des petites courées
00:49:27quand nous,
00:49:27on a envie que nos enfants
00:49:29pataugent dans 50 cm,
00:49:31que des personnes traversent la Manche.
00:49:34Personnellement,
00:49:34je l'ai vu de mes yeux vus.
00:49:35Ce n'est pas des Zodiacs.
00:49:37Il peut y avoir
00:49:37un ou deux bateaux semi-rigides.
00:49:39D'ailleurs,
00:49:39ils sont de plus en plus professionnels,
00:49:43mais on a vraiment
00:49:44des choses absolument horribles.
00:49:45Et les gens prennent l'eau,
00:49:46prennent la mer,
00:49:47la nuit,
00:49:48parfois dans une mer
00:49:49à des degrés très basses,
00:49:51dans ce genre de traversée.
00:49:53Je l'ai vu.
00:49:54Je pense que,
00:49:55évidemment,
00:49:55c'est ceux que les policiers et gendarmes
00:49:57interpellent et arrêtent le plus.
00:50:00Et ils leur sauvent la vie
00:50:01en faisant ça,
00:50:01parce que,
00:50:02peut-être traverser dans ces conditions.
00:50:03Et à chaque fois qu'il y a eu,
00:50:04d'ailleurs,
00:50:04des traversées qui sont mal passées,
00:50:05chaque fois,
00:50:06c'était vraiment un bateau
00:50:09où il y avait une surpopulation,
00:50:10pour le coup,
00:50:10sur un petit mètre carré,
00:50:12où, vous savez comment ça se passe,
00:50:14pendant un moment,
00:50:15les passeurs
00:50:15ou ceux qui sont dans le bateau
00:50:16jettent les plus vulnérables
00:50:18à la mer.
00:50:19Les migrants eux-mêmes,
00:50:20parfois,
00:50:20ou les passeurs,
00:50:21jettent les enfants,
00:50:22jettent les parturiantes à la mer.
00:50:23C'est parce que le bateau coule,
00:50:26parce que le bateau prend l'eau.
00:50:27Donc,
00:50:27je pense que ce que nous faisons
00:50:29est extrêmement efficace.
00:50:30En tout cas,
00:50:31ça a été immensément efficace
00:50:33pour le shuttle.
00:50:33Ça, c'est sûr.
00:50:34Je crois que les moyens
00:50:35qui ont été mis,
00:50:35notamment dans le travail
00:50:36avec les Britanniques,
00:50:37ont très bien fonctionné
00:50:38pour le shuttle.
00:50:40Quasiment efficace
00:50:41à intégralité
00:50:42sur les traversées de camions,
00:50:44qui était quand même
00:50:44le grand drame
00:50:45des années 2017,
00:50:462018,
00:50:472019.
00:50:48On ne voit plus d'images
00:50:49où les migrants
00:50:50traversent l'autoroute,
00:50:51où ils attaquent
00:50:52des chauffeurs routiers
00:50:53pour entrer dans les camions,
00:50:54où des gens meurent
00:50:55frigorifiés
00:50:55dans des camions frigorifiques.
00:50:57Voilà.
00:50:57Je pense que c'est extrêmement,
00:50:58désormais,
00:50:59diminué.
00:51:00Moi,
00:51:00j'en ai très,
00:51:01très peu connu
00:51:01quand j'étais
00:51:01à 80 000 mètres à l'intérieur.
00:51:02Par contre,
00:51:04nous ne sommes pas très efficaces
00:51:06pour les traverser.
00:51:07On peut tous se dire
00:51:08qu'il y a moins de 10,
00:51:0920 %,
00:51:09moins de 20 %.
00:51:11On a un chiffre
00:51:11à peu près exact,
00:51:12parce qu'avec les images
00:51:13satellites,
00:51:13maintenant,
00:51:13on le sait.
00:51:14En revanche,
00:51:15je pense qu'on sauve
00:51:16énormément de vies.
00:51:18Énormément de vies.
00:51:18Je pense que c'est ce que
00:51:19les policiers et les gendarmes,
00:51:20avec les sauveteurs,
00:51:20bien évidemment,
00:51:21mais ils font un travail humanitaire
00:51:22dans le nord de la France.
00:51:24Ils ne font pas un travail
00:51:25de sécurité,
00:51:26d'immigration.
00:51:28Donc,
00:51:29si on ne faisait pas ça,
00:51:30c'est la question
00:51:31qu'on doit se poser,
00:51:32si on ne faisait pas ça,
00:51:33qu'est-ce qui se passerait ?
00:51:34Il se passerait que,
00:51:35sans doute,
00:51:35des milliers de personnes
00:51:36prendraient la mer
00:51:37sur des petits bateaux
00:51:41et sans doute
00:51:42qu'il y aurait
00:51:43une multiplication
00:51:44de noyer
00:51:45pour traverser.
00:51:46Donc,
00:51:46ce que nous faisons,
00:51:47c'est ça.
00:51:47Je pense qu'il faut regarder
00:51:49l'efficacité
00:51:51de façon plus humanitaire
00:51:52que sur l'immigration.
00:51:53Encore une fois,
00:51:55pour la France,
00:51:56que des gens partent
00:51:57pour aller en Grande-Bretagne,
00:51:59vous voyez,
00:52:00c'est un problème migratoire
00:52:01pour le ministre de l'Intérieur.
00:52:02Si on regarde les choses
00:52:03très cyniquement,
00:52:03on se dirait
00:52:04qu'on ne va pas les retenir.
00:52:05Les gens ne demandent pas
00:52:06l'asile en France.
00:52:08Pour le coup,
00:52:08je vais peut-être dire une bêtise,
00:52:09mais c'était moins de 5%
00:52:10des gens
00:52:10qui étaient dans le camp
00:52:12de Grande-Synthe
00:52:12qui demandaient l'asile,
00:52:13alors que l'OFPRA y allait.
00:52:14Moi, je me rappelle
00:52:15avoir été avec l'OFPRA.
00:52:16Les types avaient un bureau.
00:52:17Ils allaient voir les gens.
00:52:18Les associations, d'ailleurs,
00:52:19les poussent à le faire,
00:52:19ce qui est tout à fait compréhensible.
00:52:20Ils ne veulent pas l'asile en France.
00:52:21Ils ne veulent pas rester
00:52:22sur le territoire national et européen.
00:52:23Ils veulent aller
00:52:24du côté de Londres
00:52:25et du côté
00:52:26de nos amis anglais.
00:52:28Donc, je pense que, oui,
00:52:28c'est efficace
00:52:29de façon humanitaire,
00:52:31même s'il y a des drames,
00:52:32évidemment, insupportables.
00:52:33Ce serait bien pire
00:52:34si les policiers gendarmes
00:52:35ne faisaient pas ce travail.
00:52:36et ce n'est pas très efficace
00:52:38sur le plan d'immigration.
00:52:46Il y a quand même des morts
00:52:47et pas mal.
00:52:50Trop, en tout cas.
00:52:52Et puis, tous les jours,
00:52:53il y a des droits humains,
00:52:54des droits fondamentaux
00:52:55qui sont bafoués
00:52:56aux abords du littoral,
00:52:59dans des campements de fortune,
00:53:01avec des personnes
00:53:02qui, au petit matin,
00:53:04sont surpris
00:53:05par des forces de l'ordre envoyées
00:53:08pour démanteler un campement.
00:53:09Et parfois, des hommes,
00:53:10des femmes, des enfants
00:53:13présentes sur ces campements.
00:53:15Donc, moi, en tout cas,
00:53:17je vous le dis,
00:53:17j'ai du mal
00:53:18à juger une forme d'efficacité
00:53:22sur la sauvegarde
00:53:23de la vie humaine
00:53:24et encore plus,
00:53:25a fortiori,
00:53:26de la dignité humaine
00:53:27dans le cadre
00:53:29de cet objectif
00:53:30d'empêchement au passage.
00:53:33D'autant que nous voyons
00:53:35partout où il y a
00:53:36externalisation aux frontières
00:53:37que ces empêchements au passage
00:53:39ne les empêchent pas.
00:53:41Mais en revanche,
00:53:42qu'elles rendent les routes
00:53:43plus dangereuses.
00:53:43Et d'ailleurs,
00:53:44vous le disiez vous-même,
00:53:45maintenant,
00:53:45il y a des départs
00:53:45de plus loin encore
00:53:47puisque les réseaux de passeurs
00:53:49s'adaptent.
00:53:51D'ailleurs, je note que
00:53:53vous-même,
00:53:54à un moment,
00:53:55vous disiez,
00:53:56lorsqu'on parlait
00:53:57des missions de démantèlement,
00:53:59l'impression persiste
00:54:00que l'on vit de quelque chose
00:54:01qui se remplit.
00:54:02Donc, il y avait quand même
00:54:05soit le tonneau des Danaïdes,
00:54:07soit Sisyphe
00:54:07qui se confrontait,
00:54:09auquel étaient confrontées
00:54:10les forces de l'ordre.
00:54:12Vous appelez à ce que
00:54:12l'Union européenne
00:54:13se saisisse plus fortement
00:54:15de cette question.
00:54:18Mais pourquoi faire exactement ?
00:54:20Parce que vous-même,
00:54:21d'ailleurs,
00:54:21je note une forme
00:54:22de contradiction
00:54:23dans vos propos liminaires,
00:54:25puisque vous dites,
00:54:27même le mur de l'Atlantique,
00:54:28qu'il était friable.
00:54:29Et effectivement,
00:54:30la Manche,
00:54:32la mer du Nord,
00:54:33sont des espaces
00:54:33qui peuvent être franchis
00:54:35et les côtes
00:54:36sont très proches,
00:54:37visibles.
00:54:38Donc,
00:54:39par la grande détermination
00:54:40et le désespoir
00:54:41des personnes exilées,
00:54:43il y a une volonté
00:54:43de passage.
00:54:45Donc,
00:54:45qu'est-ce que vous appelez
00:54:46dans le cadre
00:54:50de l'Union européenne ?
00:54:52Est-ce que c'est un renforcement
00:54:53de quelque chose
00:54:55qui existe déjà aujourd'hui,
00:54:57qui est certes largement
00:54:58financé par la France,
00:54:59mais qui viendrait
00:55:00encore un peu plus
00:55:01amener une présence
00:55:03de forces de l'ordre,
00:55:05probablement des barbelés
00:55:06supplémentaires,
00:55:07et si je comprends bien,
00:55:08un peu plus de drones
00:55:09et un peu plus peut-être
00:55:10d'intelligence artificielle
00:55:12ou de reconnaissance faciale.
00:55:14Est-ce que c'est ça
00:55:14que vous appelez de vos voeux ?
00:55:17Vous faites un glissement.
00:55:19Je ne pense pas avoir utilisé
00:55:19mon reconnaissance faciale,
00:55:20mais...
00:55:21Oui, mais bon,
00:55:23je vais mettre un rapporteur,
00:55:24je pense que vous faites
00:55:24un glissement.
00:55:25D'abord, je voudrais vous dire
00:55:25que s'il y a des atteintes
00:55:27aux droits humains,
00:55:28ils sont condamnés
00:55:28par les tribunaux.
00:55:30Je constate que les très nombreuses
00:55:35insultes aux forces de l'ordre,
00:55:37puisque c'est une accusation
00:55:38extrêmement grave,
00:55:38que portent les gens
00:55:39qui disent qu'en effet
00:55:40les forces de l'ordre là-bas
00:55:41ne respectent pas le droit,
00:55:44on pourrait regarder
00:55:45le nombre de décisions judiciaires
00:55:46et des décisions administratives
00:55:47qui ont été prises,
00:55:48mais dans l'immense partie
00:55:50des cas dans les tribunaux
00:55:52de la République française,
00:55:53donnent raison
00:55:53au ministère de l'Intérieur,
00:55:55qui fait un travail humanitaire
00:55:56que je pense qu'il ne faut
00:55:58absolument pas sous-estimer.
00:55:59On devrait les remercier,
00:56:00parce qu'il y a des policiers
00:56:01et des gendarmes
00:56:01qui se jettent à l'eau
00:56:02dans une eau à 8 degrés
00:56:03pour sauver des enfants
00:56:06et qui n'ont jamais fait le contraire
00:56:08de ce qui est écrit dans le droit
00:56:09que vous élaborez
00:56:10en tant que législateur.
00:56:13Et oui, il y a effectivement
00:56:14des copements illégaux.
00:56:17Et donc, comme ils sont illégaux,
00:56:18ils ne doivent pas pouvoir rester là.
00:56:19Et pour autant,
00:56:20nous les aménageons.
00:56:21Je vois le travail incroyable
00:56:22que fait la maire de Calais
00:56:25ou le travail de subvention de l'association.
00:56:27Il s'agisse d'ailleurs
00:56:27des collectivités locales
00:56:28de tous bords politiques.
00:56:29D'ailleurs, moi, je trouve
00:56:30que l'action que fait Zébertrand
00:56:31ou que fait Natacha Bouchard
00:56:34est vraiment extrêmement exemplaire.
00:56:36Et il y a des policiers,
00:56:37des gendarmes
00:56:39toute la journée
00:56:39qui font ça.
00:56:40Et dans les camps,
00:56:41il se passe des choses horribles.
00:56:42Dans les camps,
00:56:43il y a de la prostitution infantile.
00:56:45Dans les camps,
00:56:45il y a des femmes qui sont violées.
00:56:47Dans les camps,
00:56:47il y a des hommes qui sont torturés.
00:56:49Et donc, il y a le bon sens
00:56:53humanitaire comme ça
00:56:54où on se dit
00:56:54« Laissons les gens dans les camps
00:56:55puisque ce sont des pauvres malheureux ».
00:56:57La vérité,
00:56:58c'est que si nous les laissons là,
00:57:00c'est la loi des passeurs
00:57:01qui s'applique.
00:57:02Ce n'est pas la loi de la République,
00:57:02madame,
00:57:03mais les policiers et les gendarmes
00:57:04qui font leur travail.
00:57:05Et leur travail,
00:57:06c'est d'empêcher des camps trop gros
00:57:07de se mettre
00:57:08parce que d'abord,
00:57:09c'est illégal.
00:57:09Deuxièmement,
00:57:10parce que les gens
00:57:10qui habitent à côté,
00:57:11qui sont souvent
00:57:12un électorat extrêmement populaire,
00:57:15extrêmement populaire,
00:57:16qui vivent dans des HLM
00:57:19ont acheté
00:57:20des toutes petites maisons brillantes
00:57:21parce que sur les quartiers
00:57:22de Calais
00:57:22qui sont près des camps,
00:57:23il faut l'avoir visité
00:57:24pour s'apercevoir
00:57:24que ce n'est pas
00:57:26dans les beaux quartiers.
00:57:30Et les accords du Touquet
00:57:31portent mal leur nom,
00:57:32d'ailleurs,
00:57:32si je peux me permettre,
00:57:33puisque en vrai,
00:57:35c'est bien ce littoral-là
00:57:36de Dunkerque à Calais
00:57:38qui subit les difficultés
00:57:39les plus grandes.
00:57:40Donc moi,
00:57:40je ne laisserais pas dire,
00:57:40si je peux me permettre
00:57:41comme le rapporteur,
00:57:42avec la liberté à trouver
00:57:42la mienne,
00:57:43que la police de la République
00:57:44ou le ministère de l'Intérieur
00:57:45ou que l'État a honte
00:57:46de ce qu'il fait
00:57:47dans le Pas-de-Calais.
00:57:47Heureusement qu'il est là,
00:57:49l'État,
00:57:49dans le Pas-de-Calais.
00:57:51Le deuxième sujet,
00:57:53c'est qu'il n'y a pas
00:57:54de contradiction.
00:57:55Je pense qu'il y a
00:57:55des moyens importants
00:57:58en policiers,
00:57:58en gendarmes,
00:57:59notamment en moyens technologiques.
00:58:01Mais je vous ai justement dit
00:58:02que pour moi,
00:58:02ce n'était pas ça
00:58:04qu'ils étaient structurants.
00:58:05Il faut évidemment le faire
00:58:06parce que sinon,
00:58:07nous allons rendre impossible
00:58:09la vie des habitants
00:58:10du Nord-Pas-de-Calais
00:58:10et par ailleurs,
00:58:11nous allons rendre dangereux
00:58:13encore plus la traversée.
00:58:15Mais je vous ai justement dit,
00:58:16me semble-t-il,
00:58:17qu'il y avait deux grands sujets
00:58:18à faire.
00:58:18D'abord,
00:58:19un accord migratoire
00:58:20entre l'Union européenne
00:58:23et la France
00:58:24et la Grande-Bretagne.
00:58:26Ça, c'est un point très important
00:58:27pour que les gens
00:58:28qui demandent l'asile,
00:58:29pour qu'il y ait des retours.
00:58:30Et que les retours,
00:58:30par exemple,
00:58:30pourquoi c'est important ?
00:58:32Parce que si jamais
00:58:33on se met d'accord
00:58:33sur les retours,
00:58:34comme l'a fait manifestement
00:58:35l'ancien ministre de l'Intérieur,
00:58:36pour quelques unités,
00:58:37donc je ne fais pas grief,
00:58:38c'est-à-dire que les gens
00:58:39de Calais,
00:58:39de Boulogne-sur-Mer,
00:58:40par exemple,
00:58:41ils vont être le lieu
00:58:41du retour des étrangers
00:58:42qui vont être expulsés
00:58:43du gouvernement britannique.
00:58:44Bon, ben si.
00:58:45Non, mais si on fait un accord,
00:58:47si on fait un accord,
00:58:47c'est celui-là.
00:58:48Bon, non,
00:58:48ce n'est pas le cas
00:58:49puisque là,
00:58:49il y a que quelques unités.
00:58:50Donc ça ne sert à rien.
00:58:51Le but du jeu,
00:58:52ce serait de dire,
00:58:54on a un sujet très important,
00:58:55soit avec les pays d'origine,
00:58:56bien évidemment,
00:58:57soit avec les pays
00:58:58de première entrée
00:58:58de ces migrants,
00:59:01notamment,
00:59:01je pense à l'Italie.
00:59:04Donc, en Italie,
00:59:05il n'y a aucune envie
00:59:06d'aider le gouvernement français,
00:59:07le gouvernement britannique
00:59:08à se trouver un accord
00:59:09de retour à la mission.
00:59:10Quand je dis
00:59:10ministère de l'Intérieur,
00:59:11il me semble que
00:59:12c'était plus d'un tiers
00:59:13des personnes
00:59:13qui passaient vers l'Angleterre
00:59:14qui étaient passées
00:59:15par l'Italie,
00:59:16qui les laissaient passer
00:59:18entre guillemets
00:59:19sans les contrôler.
00:59:21Le deuxième sujet
00:59:22qui est très important
00:59:23pour nous,
00:59:24c'est évidemment
00:59:25la réforme
00:59:26de la vie économique
00:59:27en Grande-Bretagne.
00:59:28Je pense que c'est
00:59:29l'accord le plus structurant
00:59:30que nous pourrions trouver,
00:59:31aider la Grande-Bretagne
00:59:32à accepter
00:59:33que les gens
00:59:34qui vont travailler
00:59:34chez eux
00:59:35ne puissent pas être exploités
00:59:37par une forme
00:59:38de patronat sauvage,
00:59:40une armée de réserve.
00:59:41Voilà,
00:59:41c'est le cas.
00:59:43Et on sait tous
00:59:44que quand on arrive
00:59:44en Grande-Bretagne,
00:59:45on retrouve sa famille,
00:59:47on parle la langue
00:59:47grosso modo du territoire
00:59:49et par ailleurs
00:59:50on trouve facilement
00:59:50un travail.
00:59:52Donc je pense que
00:59:52si vous me posez la question
00:59:53de savoir
00:59:53qu'est-ce qui est
00:59:54le plus structurant,
00:59:54je vous dirais
00:59:55que c'est la réforme
00:59:56économique et du travail
00:59:57en Grande-Bretagne.
00:59:57Et je pense que
00:59:58c'est une négociation
00:59:59qu'on doit avoir
00:59:59parce que les Britanniques
01:00:00ont sans doute
01:00:01d'autres demandes
01:00:02avec l'Union européenne
01:00:03qui est tout autre sujet.
01:00:04C'est le principe
01:00:04de la diplomatie.
01:00:05On avance d'un côté,
01:00:06on avance de l'autre.
01:00:06Je pense que c'est ça
01:00:08ce qui structurellement
01:00:09permettrait de limiter
01:00:10la pression à la frontière
01:00:12du nord de la France.
01:00:13Après, moi,
01:00:14je ne partage pas
01:00:15votre idée
01:00:16que les choses
01:00:17vont de pire en pire.
01:00:19La pression migratoire,
01:00:20en tout cas,
01:00:21je t'ai mis à l'intérieur,
01:00:22elle a baissé,
01:00:22elle a repris un peu.
01:00:23C'est vrai que récemment,
01:00:24elle a repris.
01:00:25Je prends l'exemple 2023.
01:00:27Je comprends
01:00:28que dans les modes d'opératoire
01:00:29qui désormais représentent
01:00:3080% d'arrivée
01:00:32des migrants au Royaume-Uni,
01:00:34c'est ce qu'on appelle
01:00:34désormais les taxi-boats,
01:00:35bon, en 2023,
01:00:37il y avait à peu près
01:00:384 000 passages de migrants
01:00:40et en 2025,
01:00:41à peu près 8 000 passages
01:00:42de migrants.
01:00:43En 2025,
01:00:44je comprends qu'il y en aurait eu
01:00:4523 792,
01:00:46après ce que je comprends,
01:00:48avec des passages,
01:00:49avec ces nouvelles façons
01:00:50de faire
01:00:50que sont les taxi-boats.
01:00:52Mais pendant,
01:00:54si on regarde
01:00:54le nombre de migrants
01:00:55en attente
01:00:56dans le nord
01:00:57et le Pas-de-Calais
01:00:57de la France
01:01:00pour aller en Grande-Bretagne
01:01:01par rapport à ce qu'a connu
01:01:02M. Cazeneuve
01:01:02ou ce qu'a connu
01:01:03M. Sarkozy,
01:01:04la pression migratoire,
01:01:05elle a diminué.
01:01:06Elle est encore importante,
01:01:08incontestablement,
01:01:08mais elle a diminué.
01:01:09D'ailleurs,
01:01:09tous les élus
01:01:10du Nord-Pas-de-Calais,
01:01:11quel que soit leur bord politique,
01:01:12vous le disent,
01:01:12tous les élus locaux,
01:01:13vous le disent.
01:01:14Ça ne veut pas dire
01:01:15qu'il ne faut pas faire attention,
01:01:16ça ne veut pas dire
01:01:16qu'il ne faut pas lutter
01:01:17contre l'immigration irrégulière,
01:01:18ça ne veut pas dire
01:01:18qu'il ne faut pas obtenir,
01:01:19nos amis britanniques,
01:01:19des réformes très importantes
01:01:20ni de l'Union européenne.
01:01:21Mais je ne suis pas sûr
01:01:22que la politique
01:01:23que l'on a menée
01:01:25est témoin dure.
01:01:26Après,
01:01:26ça dénoncit beaucoup
01:01:27de la géopolitique,
01:01:28et vous le savez.
01:01:30D'ailleurs,
01:01:30les flux de migrants
01:01:32changent de nationalité
01:01:33selon la géopolitique.
01:01:35Et ce n'est pas la même chose
01:01:36quand il y a
01:01:37la déstabilisation au Sahel,
01:01:38quand il y a Daesh,
01:01:39quand il y a des problèmes
01:01:40au Pakistan,
01:01:40au Bangladesh,
01:01:42quand il y a des réfugiés climatiques.
01:01:44Donc je pense
01:01:44que la politique publique,
01:01:45elle n'est pas seule
01:01:46responsable de cette situation.
01:01:48Donc non,
01:01:48je n'appelle pas
01:01:50la militarisation
01:01:52de ma région,
01:01:53si je peux me permettre.
01:01:54Je pense qu'on en a touché
01:01:55le bout.
01:01:57j'en appelle
01:01:57à des réformes
01:01:59qui sont très difficiles.
01:02:00Elles sont sans doute
01:02:01les plus difficiles.
01:02:01On a fait le plus facile
01:02:02en faisant
01:02:03de la lutte sécuritaire
01:02:05dans le nord de la France,
01:02:06si j'ose dire,
01:02:07même si c'est déjà très dur.
01:02:08La négociation diplomatique
01:02:09avec l'Union européenne
01:02:10et la réforme
01:02:11du marché du travail britannique
01:02:13est très importante.
01:02:14Mais ça veut dire
01:02:14que les Britanniques,
01:02:15il faut qu'ils acceptent
01:02:15une idée simple,
01:02:16c'est qu'en fait,
01:02:17le Brexit,
01:02:19ça ne marche pas
01:02:20sur l'immigration.
01:02:22Je pense que le déclic
01:02:24important,
01:02:24c'est de comprendre
01:02:24que ceux qui leur ont vendu
01:02:27de façon démagogique
01:02:28qu'avant se séparant
01:02:29de l'Union européenne,
01:02:30ils auraient moins d'immigrés,
01:02:32de même qu'ils ont vendu aussi
01:02:33sans doute que la pêche
01:02:34retrouverait sa souveraineté
01:02:35dans les eaux britanniques,
01:02:36mais c'est un autre sujet.
01:02:37En fait,
01:02:37ça ne marche pas.
01:02:38C'est la coopération
01:02:39avec l'Union européenne
01:02:40qui marche,
01:02:41même si ce n'est pas
01:02:42100% de réussite.
01:02:44Un pays qui a repris
01:02:45sa souveraineté entièrement,
01:02:46qui a impliqué le Brexit,
01:02:47il a plus d'immigrés légaux
01:02:48et illégaux qu'avant,
01:02:49et quels que soient
01:02:51les gouvernements.
01:02:56Merci.
01:02:58On a reçu,
01:03:00il y a quelques jours,
01:03:01semaine,
01:03:02les syndicats policiers
01:03:03pour venir justement
01:03:05nous expliquer
01:03:06quelles étaient
01:03:07leurs conditions de travail
01:03:08dans le Calaisie
01:03:09et le Dunkerquois.
01:03:12Je dois dire
01:03:12qu'ils n'avaient pas
01:03:14tout à fait
01:03:15les mêmes propos
01:03:16que leur direction générale,
01:03:18police nationale
01:03:19ou gendarmerie
01:03:20que nous avions reçus
01:03:22avant eux.
01:03:23Ils disaient évidemment
01:03:25les difficultés
01:03:26auxquelles ils étaient confrontés,
01:03:28les drames
01:03:28auxquels ils étaient confrontés,
01:03:31parfois aussi
01:03:31le peu de considération
01:03:33en termes de conditions
01:03:34de travail,
01:03:35notamment avec des primes
01:03:36qu'ils n'obtenaient pas
01:03:37et qu'ils n'arrivaient pas
01:03:39à obtenir.
01:03:41Je voulais savoir,
01:03:42vous, au moment où vous étiez
01:03:43ministre de l'Intérieur,
01:03:43quelles étaient les remontées
01:03:44de terrain des forces de l'ordre
01:03:45sur leurs conditions de travail ?
01:03:47On a ressenti,
01:03:48je dois le dire aussi,
01:03:49de leur part,
01:03:49parfois, une quête de sens
01:03:50dans ce qu'ils pratiquaient,
01:03:53même si,
01:03:54pour ne rien enlever
01:03:55à leurs propos,
01:03:57certains disaient également
01:03:58qu'il y avait aussi
01:04:01des vies humaines sauvées,
01:04:02etc.
01:04:03Mais enfin,
01:04:03ils avaient quand même
01:04:03aussi le sentiment
01:04:05d'agir pour quelque chose
01:04:06qui se répétait,
01:04:08tout en sachant que
01:04:09quand ils empêchaient
01:04:10une tentative de passage,
01:04:11quelques jours plus tard,
01:04:13les personnes allaient retenter
01:04:14et bien souvent réussir
01:04:15à passer sur les conditions
01:04:17de travail des syndicats,
01:04:19enfin,
01:04:20des policiers,
01:04:21pardon.
01:04:21Et puis,
01:04:22vous parliez
01:04:22d'armes et d'armes et de réserves.
01:04:25Évidemment,
01:04:26ça fait écho chez moi,
01:04:27mais au-delà de ça,
01:04:28ça me fait penser
01:04:28à la part de réservistes
01:04:29qui est extrêmement important
01:04:32aujourd'hui sur ce terrain.
01:04:36Est-ce que vous aviez,
01:04:37vous,
01:04:37à l'époque,
01:04:37décidé de limiter
01:04:38la part de réservistes
01:04:40qui exerçait sur le territoire ?
01:04:42Est-ce que vous jugez aujourd'hui,
01:04:44par exemple,
01:04:44que lorsqu'on atteint
01:04:4650 à 60 %
01:04:48de parts de réservistes
01:04:49sur les effectifs quotidiens,
01:04:50c'est trop ?
01:04:55Bon,
01:04:55d'abord,
01:04:57ça fait deux ans maintenant
01:04:58que je ne suis pas mis ça
01:04:59à l'intérieur.
01:04:59Je ne sais pas
01:05:00quelles sont les conditions
01:05:00de travail
01:05:01et les négociations
01:05:02et les primes.
01:05:02En tout cas,
01:05:02je pense que ce n'était pas,
01:05:03en tout cas,
01:05:04ce sont les primes
01:05:06le cas lorsque j'y étais,
01:05:07mais je veux bien
01:05:08regarder les choses
01:05:09plus précisément.
01:05:10J'allais sur la frontière
01:05:13de la Ligue
01:05:13tous les mois et demi
01:05:16pendant 4 ans et demi.
01:05:17Bon,
01:05:17d'abord parce que
01:05:18je suis de la région
01:05:18et c'était sans doute
01:05:19plus simple pour moi,
01:05:20mais aussi parce que
01:05:20je voyais bien
01:05:21que c'était une difficulté
01:05:22extrêmement importante
01:05:22pour les femmes et les hommes,
01:05:23pas simplement les policiers
01:05:24et les gendarmes
01:05:25qu'il faut saluer,
01:05:25mais les agents de préfecture,
01:05:26les sous-préfets,
01:05:27la sous-préfète de Calais,
01:05:28par exemple,
01:05:29c'est un des postes
01:05:29les plus importants
01:05:30sans doute aujourd'hui
01:05:30de la République.
01:05:31Bon,
01:05:32il ne faut pas être
01:05:33sous-préfet à Calais,
01:05:34c'est quand même
01:05:35quelque chose d'important
01:05:36parce qu'il y a tout le travail
01:05:37d'un gros arrondissement économique
01:05:38et par ailleurs,
01:05:39il faut s'occuper de la Ligue.
01:05:41le préfet de zone,
01:05:41quand on est préfet du Pas-de-Calais
01:05:43ou préfet de zone de l'île,
01:05:44c'est un excellent travail.
01:05:46Donc,
01:05:46c'est vraiment toute une communauté
01:05:47au ministère d'Ataïr
01:05:48qui travaille.
01:05:49Le deuxième point,
01:05:50je crois que,
01:05:51bon,
01:05:51c'est essentiellement quand même
01:05:52un sujet gendarmerie,
01:05:53c'est aussi un sujet police,
01:05:55mais enfin,
01:05:55c'est essentiellement
01:05:56un sujet gendarmerie
01:05:56qui fonctionne,
01:05:58pour le coup,
01:05:58avec une pensée militaire
01:06:00plutôt bien faite.
01:06:01Moi,
01:06:01j'ai eu la chance
01:06:02d'avoir un général
01:06:02de la Létoile
01:06:03qui s'occupait de ça
01:06:03pendant plus de trois ans,
01:06:04qui était un excellent général,
01:06:06qui était tout très près
01:06:07des femmes et des hommes
01:06:08de la gendarmerie
01:06:09et on avait pris ensemble
01:06:10l'idée,
01:06:10effectivement,
01:06:11d'augmenter la réserve.
01:06:12Pourquoi ?
01:06:13Parce que sinon,
01:06:13vous prenez l'intégralité
01:06:15des unités du Nord
01:06:16et du Pas-de-Calais
01:06:17quand il y a des coups de bourg
01:06:18et vous retirez
01:06:20les effectifs
01:06:21des autres bouts du territoire.
01:06:24Je prends l'exemple
01:06:25de Tourcoing
01:06:27comme élu local.
01:06:28Nous,
01:06:28on a quatre équipages
01:06:30de bacs à Tourcoing.
01:06:31Il y en avait deux sur quatre
01:06:34qui,
01:06:34tous les soirs,
01:06:35étaient à la frontière.
01:06:36À la frontière côté Calais.
01:06:39C'est-à-dire qu'ils prenaient
01:06:40leurs voitures
01:06:42et ils traversaient
01:06:43une heure et demie
01:06:44puis une heure et demie
01:06:44de retour
01:06:46pour aller aider
01:06:47leurs collègues
01:06:48à Calais ou à Dunkerque.
01:06:50Non seulement à Tourcoing,
01:06:51la population de 100 000 habitants
01:06:52n'avait pas les quatre voitures
01:06:52de bacs,
01:06:53mais en plus,
01:06:53on perdait trois à quatre heures,
01:06:55je ne parle même pas du prix
01:06:55de l'essence
01:06:56ou de l'usure de la voiture
01:06:58pour aller faire ce travail.
01:06:59Donc c'était un peu absurde.
01:07:00Il faut savoir arrêter de...
01:07:02Il y a encore sans doute
01:07:03ce genre de fonctionnement
01:07:05manifestement,
01:07:05même s'il a diminué.
01:07:06Donc oui,
01:07:06j'ai augmenté la réserve
01:07:07parce que les crédits budgétaires
01:07:09de la réserve
01:07:09étaient très mal faits
01:07:11au ministère de l'Intérieur.
01:07:12Ils consistaient
01:07:13à mettre
01:07:14un montant X de réserve
01:07:15et en général,
01:07:16en septembre-octobre,
01:07:17on faisait moins de réservistes
01:07:18puisqu'on avait moins de crédits.
01:07:20C'est les crédits annulables
01:07:20le plus facilement.
01:07:21Ça tombe mal
01:07:22puisqu'en septembre-octobre,
01:07:23novembre-décembre,
01:07:23c'est le moment
01:07:23où il y a le plus de traversées.
01:07:25Donc on a augmenté la réserve,
01:07:27on l'a sanctuarisé
01:07:28et j'entends ce que vous dites
01:07:29sur les conditions de travail
01:07:30ou sur la perte de sens,
01:07:31mais à ma connaissance,
01:07:33il n'y a pas de problème
01:07:33de recrutement.
01:07:35Police et gendarmerie,
01:07:37c'est l'opération Peséidon,
01:07:38je crois qu'elle s'appelait
01:07:39pour la gendarmerie,
01:07:40ont fait 100%
01:07:41de ses réserves.
01:07:42Il n'y a même
01:07:42peut-être pas encore
01:07:44assez de crédits
01:07:44pour pouvoir répondre
01:07:45à la demande
01:07:45de tous les gendarmes
01:07:47qui veulent aller servir
01:07:48dans le Nord
01:07:49et dans le Pas-de-Calais
01:07:50quelques semaines,
01:07:50quelques mois
01:07:51ou parfois plus longtemps.
01:07:53Vous avez des plus structurants
01:07:54en revanche
01:07:55et je pense que c'est
01:07:55ce que vous voulez aussi dire.
01:07:56Je n'ai pas entendu
01:07:57votre audition
01:07:57des syndicats de policiers,
01:08:00c'est pour les commissariats
01:08:01de secteur.
01:08:02Je pense que leur problème,
01:08:03c'est quand vous êtes policier
01:08:07affecté aux commissariats
01:08:08de Dunkerque et de Calais,
01:08:10vous avez à gérer
01:08:12une population
01:08:13qui est déjà très importante,
01:08:14c'est deux grandes villes,
01:08:15l'une de quasiment
01:08:16100 000 habitants,
01:08:16l'autre de plus de 60 000,
01:08:17une grande conurbation,
01:08:19beaucoup de difficultés sociales,
01:08:20donc beaucoup d'interventions
01:08:22de l'État
01:08:22et notamment de la police.
01:08:24Et par ailleurs,
01:08:24vous avez des phénomènes migratoires.
01:08:26Et il est vrai
01:08:27que le ministère de l'Intérieur
01:08:29n'avait pas pondéré
01:08:31les effectifs
01:08:32en fonction du niveau
01:08:33de délinquance.
01:08:34M. Saint-Eure,
01:08:34il pondérait à l'époque
01:08:35les effectifs
01:08:36en fonction du nombre
01:08:37d'habitants.
01:08:38Mais habiter dans 100 000 habitants
01:08:39en calme
01:08:40ou dans 100 000 habitants
01:08:41où il y a de l'activité,
01:08:44un réseau autoroutier,
01:08:45des grandes gares,
01:08:46une frontière
01:08:48qui est à tenir,
01:08:49ça pose des problèmes énormes.
01:08:50Le maire de Dunkerque,
01:08:51M. Vergritte
01:08:52m'était venu me le dire,
01:08:54Mme Bouchard
01:08:54était venu le dire,
01:08:55et ils avaient obtenu
01:08:56non seulement des nouveaux commissariats
01:08:57et des nouvelles implantations
01:08:59qui vont être inaugurées
01:09:00très bientôt
01:09:00pour une partie de la côte
01:09:02jusqu'à Boulogne-sur-Mer.
01:09:04Et on refait
01:09:06le commissariat de Berck,
01:09:07on refait le commissariat
01:09:07du Touquet,
01:09:08qui sont dans des conditions
01:09:09d'ailleurs extrêmement affreuses.
01:09:11On refait un certain nombre
01:09:13d'activités policières,
01:09:15mais c'est vrai
01:09:15qu'en termes d'effectifs,
01:09:16en termes de voitures
01:09:17et en termes d'effectifs,
01:09:18les commissariats de secteur
01:09:19sont sous-dotés.
01:09:21Vous avez parfaitement raison.
01:09:22Donc je distinguerai
01:09:23les moyens qu'on y met
01:09:24pour tenir la frontière exceptionnelle
01:09:25avec des unités de CRS
01:09:27ou des unités de gendarmes mobiles
01:09:28très nombreuses,
01:09:29les réserves qui sont nécessaires
01:09:30et les commissariats
01:09:32de secteur police
01:09:33qui souffrent
01:09:34parce que, eux,
01:09:35la pondération
01:09:36n'a pas été faite
01:09:37à l'activité.
01:09:38Voilà.
01:09:42Alors, j'ai créé
01:09:43la réserve opérationnelle
01:09:44de la police en 2022.
01:09:46Donc là,
01:09:47le temps de la mettre en place
01:09:48en 2023,
01:09:48je vous avoue
01:09:49qu'après les Jeux olympiques
01:09:50sont arrivés
01:09:50et je ne sais pas exactement
01:09:51ce qu'il en est,
01:09:52mais avant,
01:09:53il n'y avait pas de réserve opérationnelle
01:09:54dans la police.
01:09:55Pour la gendarmerie,
01:09:56c'est ce que je vous disais,
01:09:57le montant,
01:09:57je pense qu'on a dû doubler
01:09:58les crédits de réserve budgétaire
01:09:59dans les 4 ans que j'y étais,
01:10:00mais peut-être à quelques unités près,
01:10:04pas le cas.
01:10:04Et moi,
01:10:04je n'avais pas de sujet.
01:10:06Est-ce qu'avoir 60%
01:10:07de réserve,
01:10:08mais c'est un problème ?
01:10:09La réponse,
01:10:09c'est moi,
01:10:10je ne crois pas.
01:10:11Je ne crois pas.
01:10:12D'abord,
01:10:12parce que la gendarmerie,
01:10:13la police a ses grandes qualités,
01:10:16enfin,
01:10:16la gendarmerie,
01:10:16elle a une grande qualité quand même.
01:10:18Elle fait beaucoup de formation
01:10:19de ses agents
01:10:20et elle a toujours un encadrant
01:10:21avec...
01:10:21Quand il y a deux personnes
01:10:22chez les gendarmes,
01:10:22elle a toujours un chef.
01:10:24Et c'est moins grave
01:10:25quand vous avez un chef
01:10:27et de la bonne formation.
01:10:28Et je sais bien sûr
01:10:29qu'il peut y avoir
01:10:30parfois un moment de désespérance.
01:10:31Et je voudrais dire,
01:10:32sur ce point,
01:10:32madame la rapporteure,
01:10:33que je comprends l'argument,
01:10:35mais je ne l'admets pas
01:10:37quand on me dit,
01:10:38oui,
01:10:38mais dans trois jours,
01:10:38quatre jours,
01:10:38ça recommence.
01:10:39C'est le principe
01:10:39de la police
01:10:40et de la gendarmerie.
01:10:41Dans trois jours,
01:10:42quatre jours,
01:10:42ça recommence.
01:10:43Mais c'est vrai surtout.
01:10:44C'est vrai sur le bruit
01:10:44dans le square d'à côté.
01:10:46C'est vrai pour les violences conjugales.
01:10:48C'est vrai pour les problèmes
01:10:49dans des quartiers.
01:10:50C'est vrai pour la drogue.
01:10:52C'est vrai,
01:10:53c'est vrai,
01:10:53oui,
01:10:53c'est le principe
01:10:54de la police
01:10:54et de la gendarmerie.
01:10:55La maire s'en s'en s'en s'en recommencer.
01:10:56Oui,
01:10:57leur travail,
01:10:57ce n'est pas de changer
01:10:59structurellement les choses
01:10:59aux policiers et aux gendarmes.
01:11:00C'est de régler en urgence
01:11:01des problèmes
01:11:01que la société n'a pas réglés.
01:11:03Après,
01:11:03il y a d'autres politiques publiques,
01:11:04l'éducation,
01:11:04l'intégration,
01:11:06la diplomatie
01:11:07qui règlent structurellement
01:11:08les choses.
01:11:08Mais ce n'est pas
01:11:08les policiers et les gendarmes
01:11:09qui règlent structurellement
01:11:10les choses.
01:11:10Vous demandez aux policiers et aux gendarmes
01:11:11de faire des choses,
01:11:12oui,
01:11:12qui sont très répétitives.
01:11:13C'est vrai,
01:11:14ce qui peut être un problème
01:11:15pour eux,
01:11:16bien sûr,
01:11:16pour perdre leur vocation.
01:11:17Mais oui,
01:11:18tous les trois jours,
01:11:18ou quatre jours,
01:11:19ils sauvent des vies,
01:11:19parfois les mêmes.
01:11:20C'est vrai.
01:11:22C'est l'honneur de leur action.
01:11:27Tout en précisant
01:11:28que les personnes exilées
01:11:29ne sont pas des personnes délinquantes.
01:11:34Autre question
01:11:35sur une situation précise.
01:11:36Je reviens sur le démantèlement
01:11:38du campement de Grande-Synthe
01:11:39qui a eu lieu le 16 novembre 2021,
01:11:42quelques jours avant le naufrage
01:11:46du 24 novembre.
01:11:48très grand campement.
01:11:52D'abord,
01:11:53je voudrais que vous me précisiez
01:11:54parce que je me souviens
01:11:56qu'après le naufrage
01:11:57de novembre 2021,
01:11:59vous étiez venu devant
01:12:00la commission des lois
01:12:01où vous aviez expliqué
01:12:02que le démantèlement
01:12:04avait permis l'arrestation
01:12:07de plusieurs personnes
01:12:09d'un réseau de passeurs.
01:12:10Je voudrais comprendre
01:12:12comment se prend la décision
01:12:13de votre point de vue
01:12:14de démanteler un campement
01:12:16de 1 500 personnes
01:12:18où peu de solutions alternatives
01:12:21sont proposées aux personnes
01:12:22qui sont là
01:12:23et dont on sait
01:12:24qu'elles vont se retrouver
01:12:25en errance.
01:12:27D'ailleurs,
01:12:29des personnes
01:12:30qui sont décédées
01:12:31dans le cadre du naufrage
01:12:32étaient présentes
01:12:33sur ce même campement
01:12:35de Grande-Synthe.
01:12:36donc on se retrouve
01:12:37avec des personnes
01:12:38en tout cas que moi,
01:12:39je juge plus vulnérables encore
01:12:41en étant dans cette errance.
01:12:44Je voudrais savoir
01:12:44comment se prend la décision
01:12:45entre le fait d'aller chercher
01:12:49dans le cadre
01:12:50d'un démantèlement
01:12:51des passeurs,
01:12:52donc de lutter contre
01:12:53l'immigration irrégulière
01:12:55en allant interpeller
01:12:57et où à la fois
01:12:58on sait très bien
01:12:59que cette situation
01:13:01de démantèlement
01:13:02va créer ensuite
01:13:03une situation humanitaire
01:13:05sur laquelle
01:13:06il n'y a pas toujours
01:13:07les réponses adaptées.
01:13:09D'abord,
01:13:09nous avons fait ce démantèlement
01:13:10à la demande
01:13:11du maire Europe Écologie des Verts,
01:13:12Damien Carême.
01:13:14D'ailleurs,
01:13:14je tiens à disposition
01:13:15de votre commission
01:13:15parce que c'était
01:13:16le courrier nombreux
01:13:17qui m'a adressé
01:13:18expliquant que ce n'était
01:13:19plus possible
01:13:20pour sa population
01:13:20et on peut très bien
01:13:22le comprendre
01:13:22comme le maire communiste
01:13:24à l'époque de Sangatte
01:13:25l'avait demandé
01:13:25je crois au ministre
01:13:26Nicolas Sarkozy
01:13:27qui avait été fait
01:13:28citoyen d'honneur
01:13:29je crois
01:13:29par le monsieur le maire
01:13:30de la ville
01:13:31parce qu'on peut très bien
01:13:32comprendre
01:13:33que lorsqu'un camp
01:13:34obtient des milliers
01:13:36de personnes
01:13:37ça devient insupportable
01:13:39pour des communes
01:13:40d'ailleurs qui sont
01:13:40quand on connaît
01:13:41les grandes cinq
01:13:41pas très importantes
01:13:43en termes de services
01:13:44publics et d'actions.
01:13:46Le deuxième sujet
01:13:46c'est que je n'ai pas
01:13:47tout à fait la même vision
01:13:48que vous
01:13:49de la vulnérabilité
01:13:50c'est à dire que
01:13:51moi je pense que
01:13:52les gens qui sont
01:13:53dans des camps
01:13:54sont extrêmement
01:13:56soumis à la loi
01:13:57justement des passeurs
01:13:58et malgré le travail
01:13:59important que font
01:14:00des associations
01:14:00ou parfois les services
01:14:02publics de l'état
01:14:03ou des communes
01:14:04ça reste
01:14:06quelque chose
01:14:06d'irrégulier
01:14:07et donc quand il y a
01:14:09un problème
01:14:09de désordre public
01:14:10malheureusement
01:14:11c'est pas dans le public
01:14:12républicain
01:14:13qui s'y applique.
01:14:14Nous avions à l'époque
01:14:15à Grande-Synthe
01:14:16notamment
01:14:17dans ce camp
01:14:17dès l'année 2020
01:14:19quand je suis arrivé
01:14:19au ministère
01:14:20de l'intérieur
01:14:21des informations
01:14:22de procédures judiciaires
01:14:23des interpellations
01:14:24des constats
01:14:25de gens qui étaient
01:14:26torturés
01:14:27des assassinats
01:14:28des coups de couteau
01:14:29des viols
01:14:30et donc je me voyais mal
01:14:31à la demande
01:14:32du préfet
01:14:33de l'époque
01:14:34qui était
01:14:34Michel Lalande
01:14:36pour la préfecture
01:14:37de Zone
01:14:37qui était ancien
01:14:38directeur de cabinet
01:14:38de M. Cazeneuve
01:14:42qui avait bien connu
01:14:43aussi le site
01:14:44et qui est un humaniste
01:14:45incontestable
01:14:46qui m'avait
01:14:47à plusieurs reprises
01:14:48dit que c'était
01:14:49vraiment une responsabilité
01:14:50très forte
01:14:50de l'État
01:14:52que de ne pas laisser
01:14:54continuer
01:14:54à se construire
01:14:55ce camp.
01:14:59Ensuite
01:14:59vous posez une question
01:15:00intéressante
01:15:00qui est les moyens
01:15:01je ne partage pas
01:15:02non plus totalement
01:15:03votre constat
01:15:04il peut ici ou là
01:15:05y avoir effectivement
01:15:05des difficultés
01:15:07vu le nombre de personnes
01:15:08mais ne faisons pas
01:15:09100% de relogement
01:15:12des personnes
01:15:12qui parfois sont proposées
01:15:13de reloger
01:15:14très très loin
01:15:14dans le pays
01:15:16je me rappelle
01:15:17des propositions
01:15:17de relogement
01:15:18en Bourgogne
01:15:19dans les pays
01:15:20de la Loire
01:15:22avec des mises
01:15:23à l'abri
01:15:24dans des cadavres
01:15:25pour les demandeurs
01:15:25d'asile
01:15:26quand nous démantelons
01:15:27un camp
01:15:27hormis les passeurs
01:15:28évidemment
01:15:28qui sont en infraction
01:15:31au sens pénal
01:15:32du terme
01:15:32les autres sont irrégulièrement
01:15:33sur le territoire national
01:15:34au sens du droit
01:15:35de la République
01:15:36ce n'est pas
01:15:37une qualification pénale
01:15:38mais ce n'est pas
01:15:39être en régularité
01:15:42vis-à-vis
01:15:42des règles
01:15:42de la République
01:15:44cependant
01:15:44ce que font
01:15:45les policiers
01:15:45des gendarmes
01:15:46avec des associations
01:15:48observatrices
01:15:48d'ailleurs
01:15:48à chaque fois
01:15:50c'est qu'ils proposent
01:15:51l'asile
01:15:53qu'on puisse remplir
01:15:54un dossier
01:15:54à l'OFPRA
01:15:55et encore une fois
01:15:56on se l'est dit
01:15:56et je pense que
01:15:58vous le savez
01:15:58vous êtes d'accord
01:15:59moins de 5% d'entre eux
01:16:00déposent une demande d'asile
01:16:01ce qui leur permettrait
01:16:02d'avoir un statut
01:16:03de régularité
01:16:04sur le territoire national
01:16:05et par ailleurs
01:16:05d'obtenir des droits
01:16:06je pense à l'ADA
01:16:07je pense à des accompagnements
01:16:09qui ne sont pas
01:16:10d'un montant
01:16:11évidemment important
01:16:12mais qui permet
01:16:13à ces personnes
01:16:14d'être suivies
01:16:15la scolarisation des enfants
01:16:17dont beaucoup de personnes
01:16:17refusent
01:16:18la scolarisation des enfants
01:16:19il y a beaucoup de gens
01:16:20formidables
01:16:20qui proposent
01:16:21même pour quelques semaines
01:16:22quelques mois
01:16:22la scolarisation des enfants
01:16:23qui est une obligation
01:16:24de la république
01:16:26lorsque une personne
01:16:28est même irrégulière
01:16:29sur le territoire national
01:16:29et c'est heureux
01:16:30et par ailleurs
01:16:31le relogement
01:16:32et nous n'avons jamais
01:16:33saturé
01:16:34nos capacités de logement
01:16:35parce que les gens
01:16:36ne veulent pas aller
01:16:36dans ces logements
01:16:37enfin une partie d'entre eux
01:16:38ne veulent pas le logement
01:16:38pourquoi ?
01:16:40pardon ?
01:16:40parce qu'ils ne veulent pas
01:16:41aller de l'autre côté
01:16:42de la frontière
01:16:42exactement
01:16:43et pourquoi ?
01:16:43parce qu'un certain nombre
01:16:44de passeurs
01:16:45les forces
01:16:46ou leur promettent
01:16:49donc le sujet
01:16:50n'est pas
01:16:51la république
01:16:51qui n'aurait pas mis
01:16:52les moyens
01:16:52on n'a jamais
01:16:53à ma connaissance
01:16:54comme ministre intérieur
01:16:56démantèlement
01:16:56ou pas démantèlement
01:16:57nous n'avons jamais
01:16:57saturé nos capacités
01:16:58de logement
01:16:58les gens refusent
01:16:59de déposer l'asile
01:17:00et refusent
01:17:02parfois de scolariser
01:17:02leurs enfants
01:17:03et refusent
01:17:04de rentrer
01:17:05dans les logements
01:17:07qui sont proposés
01:17:08en lien
01:17:09avec les collectivités locales
01:17:11alors évidemment
01:17:11cette situation
01:17:12vous avez parfaitement raison
01:17:13de dire
01:17:13ils veulent passer
01:17:14je partage
01:17:15cette opinion
01:17:15c'est pour ça
01:17:16que je vous dis
01:17:16que l'aspect
01:17:18d'action
01:17:18du ministère de l'Intérieur
01:17:19a ses limites
01:17:20il ne faut pas demander
01:17:20au ministère de l'Intérieur
01:17:21ce qu'il ne peut pas faire
01:17:23lui son travail
01:17:24le ministère de l'Intérieur
01:17:24ça me paraît normal
01:17:25c'est de ne pas laisser
01:17:25des zones de non-droit
01:17:26sur le territoire national
01:17:27c'est quand même
01:17:27le minimum
01:17:27de ce qu'on lui demande
01:17:28surtout quand les EUCO
01:17:29le demandent
01:17:30est-ce qu'en soi
01:17:31le démantèlement
01:17:32de Caen
01:17:32est une réponse
01:17:34en soi
01:17:34la réponse est non
01:17:35c'est pas en soi
01:17:35une réponse
01:17:36elle permet cependant
01:17:37d'éviter
01:17:37la reconstitution
01:17:38de l'Ande
01:17:39dans la constitution
01:17:40de ce qu'a connu
01:17:40Calais
01:17:41ou Dunkerque
01:17:41ou Grande-Synthe
01:17:43que M. Cazeneuve
01:17:44avec le gouvernement socialiste
01:17:45a mis fin
01:17:46c'est heureux
01:17:47éviter cette reconstitution
01:17:48pour la population locale
01:17:50pour les migrants eux-mêmes
01:17:51qui ont des statuts
01:17:52extrêmement différents
01:17:53vous le savez
01:17:54selon les personnes
01:17:55mais qui subissent
01:17:55la loi des passeurs
01:17:56et qui n'est pas
01:17:57la loi de la République
01:17:58et dont on essaye tous
01:18:00de leur dire
01:18:00me semble-t-il
01:18:01venez
01:18:02la République est fraternelle
01:18:04elle va étudier
01:18:05vos dossiers
01:18:05elle va scolariser
01:18:06vos enfants
01:18:07elle va vous suivre
01:18:07y compris médicalement
01:18:08et qui ne le font pas
01:18:10donc bien sûr
01:18:11c'est pas une politique publique
01:18:12en soi
01:18:13que démanteler les camps
01:18:14elle est prise au moment
01:18:15pour répondre totalement
01:18:16à votre question
01:18:17où les élus locaux
01:18:18le préfet
01:18:19les renseignements de police
01:18:20que nous avons
01:18:20considèrent que nous rentrons
01:18:21dans une zone de non-droit
01:18:22et dont on ne maîtrisera plus
01:18:23la population
01:18:24dont on ne maîtrisera plus
01:18:25ce qui se passera dans ce camp
01:18:27j'ai une dernière question
01:18:28avant de laisser mes collègues
01:18:30poser les leurs
01:18:31justement sur la stratégie
01:18:33zéro point de fixation
01:18:35vous dites que c'est pas
01:18:36une politique en soi
01:18:37mais vous l'avez poursuivi
01:18:40est-ce que vous la jugez
01:18:41efficace du point de vue
01:18:43des objectifs affichés
01:18:44moi mon sentiment
01:18:45je vais vous le dire
01:18:46pour avoir fait plusieurs visites
01:18:48de terrain
01:18:50à Grande-Synthe
01:18:52à Calais
01:18:53à Dunkerque
01:18:53c'est qu'en réalité
01:18:55le démantèlement
01:18:56de la jungle
01:18:57il a créé
01:18:58des petits campements
01:19:00isolés
01:19:01et un peu plus
01:19:02d'errance encore
01:19:03même si aucune
01:19:04des deux situations
01:19:06n'est enviable
01:19:07pour personne
01:19:08mais en tout cas
01:19:10la jungle de Calais
01:19:11ne fait plus
01:19:12la une des médias
01:19:13les morts en manche
01:19:14ne le font pas non plus
01:19:16et nous n'entendons
01:19:17quasiment plus parler
01:19:18des personnes exilées
01:19:20sur le littoral nord
01:19:22donc
01:19:23je voudrais savoir
01:19:24si vous pensez
01:19:26que cette stratégie
01:19:26de zéro point de fixation
01:19:27elle a une forme
01:19:29d'efficacité
01:19:29dans les objectifs
01:19:30que vous vous étiez fixé
01:19:34alors
01:19:35je pense
01:19:36oui
01:19:38à plusieurs titres
01:19:40d'abord parce que
01:19:42l'action que la police
01:19:43et la gendarmerie mène
01:19:43c'est aussi pour les habitants
01:19:45du nord et du Pas-de-Calais
01:19:46c'est à dire que
01:19:47eux aussi ils ont le droit
01:19:47de la considération
01:19:48et eux aussi
01:19:49ils peuvent vivre
01:19:50dans un cadre républicain
01:19:51où ils n'ont pas d'insécurité
01:19:53où ils ne vivent pas
01:19:54entourés d'immondices
01:19:56et ils ne vivent pas
01:19:57dans des conditions
01:19:58d'élabrement
01:20:00de l'espace public
01:20:01complet
01:20:02donc ne serait-ce que
01:20:03pour les habitants
01:20:03du nord et du Pas-de-Calais
01:20:04pour les habitants de Calais
01:20:05pour les habitants
01:20:05de Grande-Synthe
01:20:06pour les habitants
01:20:07de Dunkerque
01:20:08pour les habitants
01:20:09de Boulogne-sur-Mer
01:20:10de Marquise
01:20:12c'est nécessaire
01:20:12de le faire
01:20:14et de ce point de vue
01:20:15oui la politique publique
01:20:16qui consiste
01:20:16à ce que les gens
01:20:17qui habitent là
01:20:17souvent de milieux
01:20:18extrêmement populaires
01:20:20puissent être considérés
01:20:21par les pouvoirs publics
01:20:22me paraît être
01:20:23un objectif
01:20:23et je pense d'ailleurs
01:20:24qu'ils le montrent
01:20:25en réalisant d'ailleurs
01:20:27souvent
01:20:27quel que soit
01:20:28leur bord politique
01:20:29les élus
01:20:30qui défendent
01:20:31cette politique
01:20:33que ce soit
01:20:33à Grande-Synthe
01:20:34que ce soit
01:20:35à Calais
01:20:35que ce soit
01:20:36à Dunkerque
01:20:37que ce soit
01:20:37à Boulogne-sur-Mer
01:20:38ou d'autres situations
01:20:39deuxième point
01:20:40oui du point de vue
01:20:40de l'ordre public
01:20:41comme je vous l'ai dit
01:20:41dans les camps
01:20:42et similièrement
01:20:43dans les camps
01:20:43qui existaient précédemment
01:20:46avant les grandes opérations
01:20:47de démantèlement
01:20:48de Bernard Cazeneuve
01:20:50qui a eu le courage
01:20:51de prendre cette décision
01:20:52et qui aurait pu
01:20:53en effet
01:20:53très mal se passer
01:20:54il y avait des incendies
01:20:55il y avait des bébés
01:20:57qui mouraient
01:20:58à quelques semaines
01:20:59ou quelques mois
01:21:00de leur naissance
01:21:02il n'y avait pas de vaccination
01:21:03il n'y avait pas de suivi sanitaire
01:21:05il y avait des difficultés
01:21:08encore une fois
01:21:08de violences sexuelles
01:21:10ou de violences
01:21:11conjugales
01:21:12si on peut le dire
01:21:13donc oui
01:21:14c'est toujours vrai
01:21:15c'est moins vrai
01:21:16parce qu'il y a moins de camps
01:21:17mais oui
01:21:17et en général
01:21:18ça se passe dans les camps
01:21:19ça ne se passe pas
01:21:19lorsque la République
01:21:20s'en occupe
01:21:21donc ça je pense
01:21:22que c'est le deuxième point
01:21:243 oui
01:21:24en nombre
01:21:29c'est difficile
01:21:30d'avoir des chiffres
01:21:30mais on s'accorde
01:21:31à dire
01:21:32qu'on a 4 à 5 fois moins
01:21:35de pression migratoire
01:21:36aujourd'hui
01:21:37par rapport à 2012
01:21:37dans le Nord
01:21:38et le Pas-de-Calais
01:21:40ça reste beaucoup
01:21:41il y a encore des dizaines
01:21:41de milliers de personnes
01:21:42qui attendent
01:21:43se compter par centaines
01:21:44de milliers
01:21:45je crois que c'était
01:21:45plus de 300 000
01:21:46au moment de 2012
01:21:48donc il y a une pression migratoire
01:21:49qui a baissé
01:21:50malgré tout
01:21:50dans le Nord-Pas-de-Calais
01:21:52après
01:21:53si votre question
01:21:55c'est
01:21:55est-ce qu'on met fin
01:21:56à l'immigration
01:21:58irrégulière
01:21:58au trafic des passeurs
01:22:01qui d'ailleurs
01:22:02utilisent souvent les camps
01:22:03vous le savez bien
01:22:04comme étant l'endroit
01:22:05où ils peuvent le plus
01:22:07récupérer
01:22:08j'allais dire
01:22:09des clients potentiels
01:22:10le mot est extrêmement mal choisi
01:22:11mais des personnes soumises
01:22:15je pense que
01:22:16non
01:22:17c'est une réussite
01:22:18à une demi-teinte
01:22:18puisque par nature
01:22:19nous avons fait
01:22:21collectivement baisser
01:22:21la pression migratoire
01:22:22mais nous n'avons pas
01:22:23évidemment
01:22:25anéanti
01:22:26pour la bonne et simple raison
01:22:27que comme je vous l'ai dit
01:22:28et je pense qu'on peut être d'accord
01:22:29sur ce point
01:22:29ce n'est pas ça
01:22:30la réponse principale
01:22:32qu'il faut mener
01:22:33la réponse principale
01:22:34c'est pas le démantèlement des camps
01:22:35c'est pas le nombre de policiers
01:22:36de gendarmes
01:22:36ou de barbelés
01:22:37ou de drones
01:22:38la réponse principale
01:22:39c'est l'accord diplomatique
01:22:40avec les camps de Bretagne
01:22:41et c'est
01:22:42à mon avis
01:22:43personnellement
01:22:43le changement
01:22:44de leur façon de faire
01:22:45lorsqu'ils accueillent
01:22:46des migrants
01:22:48dans leur pays
01:22:49voilà
01:22:50donc moi je pense
01:22:51que c'est nécessaire
01:22:52de le faire
01:22:53c'est évidemment
01:22:54une politique
01:22:54qui est extrêmement difficile
01:22:55qui mobilise
01:22:56énormément de moyens humains
01:22:58qui sont sans doute
01:22:59extrêmement violents
01:22:59pour les personnes
01:23:00qui sont délogées
01:23:01et qui sont amenées
01:23:03à rencontrer
01:23:04les policiers
01:23:05et les gendarmes
01:23:06je sous-estime pas
01:23:07cette violence
01:23:09symbolique
01:23:09qu'ils peuvent connaître
01:23:10enfin qui est toujours mieux
01:23:11pour eux
01:23:11et qui est surtout mieux
01:23:12pour les habitants
01:23:13du Nord-Pas-de-Calais
01:23:15Juste pour une précision
01:23:18quand vous dites
01:23:19accord migratoire
01:23:20est-ce que
01:23:20par là même
01:23:21vous dites
01:23:21qu'il faudrait
01:23:23que l'Angleterre
01:23:23ouvre certaines voies légales
01:23:25pour les personnes
01:23:26qui souhaitent
01:23:27rejoindre l'Angleterre ?
01:23:28Oui
01:23:30Voilà pour ce numéro
01:23:31de la séance est ouverte
01:23:32à très vite sur LCP