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  • il y a 9 heures
Un déjeuner partagé avec la députée écologiste du Rhône, Marie-Charlotte Garin pour parler des PFAS, ces polluants éternels que l'on retrouve partout, dans l'eau, dans les sols. Reportage chez deux agriculteurs des Ardennes qui voulaient cultiver des légumes sans pesticides et se retrouvent avec des terres contaminées aux PFAS. Une décontamination est-elle possible ? Que vont devenir ces terres impropres à la culture ?
Au menu également un supermarché 100% local géré par des agriculteurs qui vendent leur production au juste prix pour eux et pour les consommateurs...

Elsa Mondin-Gava et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.

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Transcription
00:17Bonjour à tous et bienvenue dans Politique à table, notre restaurant sur LCP, la promesse, un repas partagé dans la
00:24bonne humeur mais aussi des réflexions autour de l'alimentation, de l'agriculture et de la gastronomie.
00:30Aujourd'hui, notre invitée, Marie-Charlotte Garin. Bonjour. Bonjour. Bonjour, madame Garin. Et bonjour, Jean-Pierre Montané. Bonjour, Elsa. Alors,
00:36Marie-Charlotte Garin, vous êtes députée écologiste et sociale de la troisième circonscription du Rhône, élue à 26 ans en
00:422022. Vous êtes réélu dès le premier tour après la dissolution. Vous êtes écologiste donc, mais aussi féministe et ça
00:49se voit dans vos combats ici à l'Assemblée nationale pour faire entrer le consentement, le non-consentement dans la
00:55définition pénale du viol ou encore la fin du si mal nommé devoir conjugal.
00:59Avant d'être députée, c'est dans le milieu associatif que vous avez fait vos armes pour défendre les sans
01:03-abri et les réfugiés, puis pour handicap international. Engagement associatif qui s'est muet donc en engagement politique.
01:10Vous faites partie de cette génération climat inquiète mais ouverte sur le monde, à l'image du menu que vous
01:15proposez aujourd'hui, Marie-Charlotte Garin, n'est-ce pas, Jean-Pierre ?
01:17Oui, des lasagnes végétariennes et en dessert une douceur libanaise ou orientale, un moulat habillé.
01:23Dans le dessous des plats, on va parler des pifas, les polluants éternels. On les retrouve partout, dans l'eau,
01:28dans les sols. Reportage à suivre dans les Ardennes.
01:30Dans les pieds d'empla, bienvenue dans le Gard, dans un supermarché 100% local, géré par les agriculteurs du
01:35coin qui vendent leur production au juste prix pour eux et surtout pour les consommateurs.
01:39Voilà pour le menu. Marie-Charlotte Garin, on va commencer tout de suite avec Cuisine et Confidence.
01:50Marie-Charlotte Garin, désolé pour cette entrée en la matière un peu rude mais je dois constater que vous les
01:55écolos, à table, vous êtes sans doute les plus prévisibles de la classe politique.
01:59Ici, il y a deux adages souvent cités, dis-moi ce que tu manges, je te dirai pour qui tu
02:03votes et inversement, dis-moi pour qui tu votes et je te dirai ce que tu manges.
02:06Eh bien vous, bim, vous cochez les deux. Avant de me focaliser sur votre étiquette, j'avais tilté sur votre
02:11ancrage politique à Lyon, capitale de la gastronomie, ce n'est pas rien.
02:15Ça mérite un hommage. Donc moi, le Ghosn, je vous imaginais en ambrassadrice de la cuisine de Bouchon avec par
02:20exemple, Elsa, un gratin d'andouillette.
02:23Pas toujours facile à digérer, je le concède. Ou bien une cervelle au beurre noisette. Mais non, les abats lyonnais,
02:29visiblement, ce n'est pas votre truc.
02:31Incompatible avec votre label Génération Climat. Et oui, pas de viande, forcément, menu carnet interdit, suis-je bête ?
02:37Écolo à table, égale assiette végée. Mais alors, quelle recette ? Et là, c'est en me penchant sur votre
02:42histoire que j'ai compris pourquoi on a donc droit à ces lasagnes végétariennes.
02:46D'abord, vous faites partie d'une fratrie de cinq. Donc pour les parents, les lasagnes, c'est le bon
02:51plan.
02:51Et je subodore même qu'à l'époque, du côté de Vernon, elles étaient au bœuf.
02:55Et puis, votre parenthèse sur l'île de Chypre a laissé des souvenirs comme celui des macaronias tout fournoux.
03:02Une sorte de pasticiot grec, des pâtes à la viande avec tomate, béchamel, fromage alloumi, tout ça bien gratiné, une
03:09tuerie.
03:10Mais en fait, aujourd'hui, il fallait oublier les dictates culinaires de l'écologie, Marie-Charlotte Garlin.
03:14C'est plutôt ce macaronia avec Elsa qu'on aurait aimé déguster.
03:18Alors, pourquoi ce choix ?
03:19Alors, c'est vrai que ça fait bien longtemps que je n'ai pas mangé des macaronias, mais je vois
03:22que la recherche a été fine.
03:24Non, les lasagnes, parce qu'en fait, c'est un plat qui, vous l'avez dit, est hyper familial, hyper
03:28facile à faire quand on n'a pas le temps et aussi en fonction des moyens qu'on a.
03:32Avec des lasagnes, on peut même, quand on n'a pas beaucoup de sous et une famille nombreuse, nourrir toute
03:36la famille d'une manière simple.
03:37Et surtout, c'est un plat qui s'adapte à toutes les saisons.
03:39Je ne suis pas écolo pour rien.
03:40En fait, on peut mettre tous les légumes qu'on veut dans les lasagnes et on peut faire ce plat
03:44toute l'année.
03:45C'est un plat qui est hyper convivial.
03:46Moi, j'aime bien aussi, quand je reçois, c'est facile, on met dans le four.
03:49Tout le monde aime ça.
03:50Enfin, c'est très rare de trouver des personnes qui n'aiment pas les lasagnes, on ne va pas se
03:52mentir.
03:53Donc, c'est plutôt consensuel, finalement, familial et abordable aussi en termes de four d'achat.
03:57Alors, on va les goûter.
03:58On va remercier le restaurant Le Bourbon qui nous a préparé ses lasagnes.
04:02On voit effectivement des petits pois, des carottes, des petits morceaux de champignons.
04:06Donc, le végétarien s'est bien respecté, effectivement.
04:09Est-ce qu'elles sont bonnes ?
04:14Verdict. J'arrive, j'arrive.
04:15Non, non, mais allez-y.
04:16C'est tout un art de discuter tout en mangeant.
04:19Moi, je les trouve bonnes.
04:20Elles sont très bonnes.
04:21Et comme vous le disiez, justement, on peut les faire avec un peu ce qu'on a dans le frigo.
04:25Avec ce qu'on veut, en fait.
04:26Et ça, c'est plutôt pratique.
04:28On voit bien aussi, quand on essaye justement d'avoir une consommation un peu locale,
04:32je pense qu'on en reparlera aussi tout à l'heure, deux saisons, etc.
04:35En fait, les lasagnes avec les légumes d'hiver, c'est super bon.
04:37Les lasagnes avec les légumes d'été, c'est super bon.
04:40Ça plaît à tout le monde.
04:41Franchement, c'est un petit peu le plat de la simplicité,
04:44mais qui réunit, je trouve, toujours très largement.
04:46Mais si vous deviez nous recevoir, tous les deux avec Elsa, ce soir,
04:48pour des lasagnes végétariennes,
04:50vous mettriez quoi aujourd'hui à cette saison, à l'intérieur ?
04:54On commence, on n'est pas encore à la saison des légumes d'été,
04:57donc je pense qu'on commence un petit peu à avoir...
05:00Des asperges vertes, des petites courgettes,
05:01on peut faire des lasagnes vertes un petit peu.
05:03Moi, les asperges, j'ai du mal parce que je trouve que c'est...
05:05Enfin, j'ai du mal à les cuire...
05:07Enfin, à les mettre dans des plats où on va masquer le goût
05:09parce que je trouve que c'est tellement bon.
05:11Un peu nature ou avec juste une petite sauce.
05:12Et puis nous, à Lyon, on n'en a pas énormément non plus,
05:15ça ne vient pas de chez nous,
05:16donc c'est vrai que quand on en a, on les apprécie
05:18et on les met en valeur de manière plutôt unique.
05:19Mais c'est sûr qu'en ce moment,
05:22on pourrait commencer à aller vers quelques légumes d'été,
05:24finir un petit peu les légumes d'hiver
05:26et de se dire, en plus, si on a envie d'être un peu chic,
05:30on peut changer aussi le fromage qu'on met par-dessus
05:31pour ceux qui mangent du fromage.
05:32Donc vraiment, ça nous laisse...
05:34Il faut les préparer la veille.
05:36Est-ce que vous, vous le faites ou...
05:37Ça, c'est surtout bon quand il s'agit de la viande
05:39parce que la viande, elle aime bien recuire.
05:41Quand il s'agit de légumes, je suis plus limitatif.
05:44Il vaut mieux les faire le jour même.
05:47Oui, si on veut être original,
05:48on peut aussi mettre de la menthe dedans.
05:50Quand on met justement les petits pois à la menthe,
05:52c'est une association qui marche super bien.
05:53De la feta, enfin, je veux dire, il y a une base...
05:55La ricotta aussi, c'est très bon pour des lasagnes végétariennes.
05:58Alors, question, Pat, vous êtes comment ?
05:59Vous l'achetez vous-même ?
06:00Vous la faites ?
06:01Vous l'achetez sèche ou fraîche ?
06:03Alors, je ne vais pas mentir.
06:04Je l'achète et je l'achète sèche.
06:06Je vais au plus simple, je l'avoue...
06:08Précuite, même, j'imagine.
06:09Précuite.
06:09En fait, j'achète les lasagnes déjà prêtes.
06:10C'est ça que je ne vous ai pas dit.
06:13C'est ça votre secret.
06:14Au plus simple.
06:20C'est facile à faire, quoi.
06:22Alors, elles sont végétariennes.
06:23Jean-Pierre le faisait remarquer avec Malice.
06:25Vous, c'est un choix et c'est parce que vous l'êtes végétarienne.
06:29Vous avez même été végane avant.
06:30Racontez-nous comment vous avez décidé de ce choix.
06:33Moi, quand j'ai quitté, du coup, le domicile familial pour faire mes études,
06:36je me suis aussi, on va dire, politisée.
06:38Je me suis informée et notamment, donc on est en 2013 à l'époque,
06:42je m'informe aussi notamment sur l'ampleur du réchauffement climatique.
06:45On est juste avant la vague du mouvement climat.
06:47Et donc, le plus j'en apprends, le plus je me rends compte
06:49que pour faire face à une planète qui se réchauffe,
06:52à un climat qui change,
06:54un des leviers les plus faciles à activer au niveau individuel, c'est quoi ?
06:57C'est l'alimentation.
06:58Parce que l'élevage, par exemple, c'est responsable au niveau mondial
07:01de 15% des émissions à effet de serre.
07:03Et donc, on le sait que personne n'est obligé de devenir
07:06complètement végétarien ou végane.
07:08Mais on sait que quand on diminue notre consommation de viande,
07:12ça a un impact.
07:13Après, en disant ça, du coup, moi, ça fait plus de 10 ans que je suis végétarienne.
07:16J'ai été même complètement végane au début.
07:19Je ne le suis plus aujourd'hui.
07:20En fait, en disant ça, finalement, il faut quand même prendre du recul
07:23en se disant que les comportements individuels,
07:24ce n'est pas l'alpha et l'oméga.
07:26Parce qu'après, on rentre dans des discours hyper culpabilisants pour les gens.
07:28Oui, on fait porter toute la responsabilité.
07:30C'est des voix de faute et c'est ce que vous mangez qui a un impact.
07:33Et ça, moi, mon rôle aussi en tant qu'écolo et politique,
07:36c'est de dire, attendez, tout le monde se détend,
07:38chacun fait ce qu'il peut au quotidien.
07:39On n'a pas tous la même capacité à adapter notre alimentation.
07:42Par contre, on a tous un regard sur le système.
07:44Et le système, aujourd'hui, c'est un système qui, justement,
07:48consomme énormément de viande, surtout de la viande de mauvaise qualité,
07:50beaucoup d'importations.
07:51Enfin, nous, quand on voit justement les petites exploitations,
07:54les agriculteurs qu'on a prêts de chez nous,
07:55ça, ce serait le modèle pour les gens qui veulent continuer à manger de la viande
07:58qu'on veut promouvoir, en fait.
08:00Et de se dire que si on se posait tous très calmement,
08:03qu'on regardait l'impact, les conséquences de manger de la viande
08:06et de la mauvaise viande, tout le monde se dirait,
08:08en fait, il faut lever le pied.
08:10Il y a l'impact sur le climat, il y a l'impact sur la santé.
08:13Ce n'est pas pour rien que quand votre oncle, il a un accident cardiaque,
08:15qu'est-ce qu'on lui dit ?
08:16En fait, de consommer moins de viande, moins de viande rouge,
08:18on ne vous a jamais dit, ralentissez les pois chiches, quoi.
08:20Donc, on voit bien que c'est un impact très concret aussi sur la santé
08:23et sur les agriculteurs, notamment dans les énormes fermes-usines
08:27qui sont toxiques pour tout le monde, quoi.
08:29Donc, sans forcément dire à tout le monde de devenir végétarien,
08:32vous dites, attention à la viande qu'on consomme,
08:34peut-être en manger moins, mais ça serait d'où elle vienne.
08:37Mais c'est aussi contradictoire, parce qu'effectivement,
08:39cette viande mauvaise, elle est à bas prix,
08:41elle permet aussi à certaines personnes d'accéder à la viande,
08:44alors que la viande, la belle rouge, est très chère.
08:46Prenons Master Poulet, cette histoire à Saint-Ouen,
08:48qui déchire la gauche quand on voit que France Insoumise,
08:52ils défendent ce point de vente
08:53où on achète du poulet ukrainien, polonais,
08:56qui est dégoûtant, alors qu'il n'est pas cher.
08:58Mais est-ce que c'est un bon combat ?
08:59Vous soutenez ce combat ?
09:00C'est pour ça qu'on se retrouve après aussi avec des agriculteurs
09:02qui râlent, parce qu'ils disent, en fait, ce n'est pas juste, quoi.
09:04Pourquoi nous, on a plein de normes ?
09:05Mais est-ce que vous soutenez le combat de France Insoumise
09:06pour défendre ce point de vente ?
09:08Parce qu'effectivement, ce sont les plus pauvres,
09:10les plus démunis qui vont pouvoir se nourrir, mais en même temps...
09:13Mais c'est pour ça que, nous, écolo,
09:15on défend plus largement, par exemple,
09:16la sécurité sociale de l'alimentation.
09:18Moi, dans ma circonscription, on a une expérimentation
09:20d'une caisse de sécurité sociale de l'alimentation
09:22dans un des plus gros quartiers populaires,
09:25donc, clairement, il y a des taux de précarité
09:27qui sont très élevés dans la ville.
09:28Du coup, c'est les habitants qui, eux-mêmes,
09:30ont défini leurs critères, et donc, il y a une caisse
09:31avec des personnes qui ont moins de moyens,
09:33des personnes qui ont plus de moyens.
09:34Ils cotisent, ils reçoivent de l'argent en échange
09:37et qu'ils doivent consommer, qu'ils peuvent consommer
09:39dans des lieux, on va dire, un peu éthiques, responsables et solidaires.
09:43Et donc, ça passe, évidemment, de la biocop,
09:45le truc classique auquel on s'attend, mais aussi
09:47de l'épicerie sociale. Nous, on a la maison engagée
09:49et solidaire de l'alimentation, où, en fait,
09:50les gens peuvent venir, et s'ils habitent le quartier
09:53et qu'ils ont des besoins particuliers,
09:55ils payent 4 euros leur repas complet, entrée, plat, dessert.
09:57Si vous venez de plus loin, vous payez plus cher.
09:59Et là, en fait, moi, j'échange souvent avec les habitants
10:02et je vais régulièrement manger là-bas.
10:04Les gens vous disent, mais moi, ça a changé ma vie,
10:05parce qu'en fait, je ne pouvais pas manger du bio,
10:07je ne pouvais pas manger du vrac, etc.
10:08Et donc, là, ils ont accès à des bons produits de qualité,
10:11mais parce qu'on a repensé un système
10:13et aussi une solidarité collective autour de l'alimentation.
10:18Défendre tel magasin, telle chaîne, etc.,
10:20de manière individuelle, en fait, c'est des pansements, quoi.
10:22On ne vient pas regarder le système en face
10:24et se dire quel modèle d'alimentation.
10:26On se souhaite pour tout le monde, quoi,
10:27parce qu'on n'est pas tous égaux face à l'alimentation.
10:29C'est vrai qu'il y a cette initiative dont vous parliez,
10:31mais les Français, quand ils font leurs courses,
10:33ils voient bien que c'est difficile.
10:36Effectivement, c'est quand même plus cher de mieux s'alimenter.
10:39À la fin, il faut faire des choix sur le porte-monnaie.
10:41Qu'est-ce qu'ils peuvent faire ?
10:42Mais bien sûr, et c'est pour ça que moi, je dis,
10:43il ne faut vraiment pas culpabiliser les individus.
10:46Moi, je ne suis pas mère de famille avec cinq enfants au SMIC.
10:49Je ne sais pas ce que c'est que de pouvoir nourrir ma famille avec du bio.
10:52En fait, ça n'existe pas de pouvoir faire ça quand on a cinq gamins.
10:55Ce qu'on dit, c'est qu'on doit changer notre rapport
10:59à l'agriculture aussi, de manière générale.
11:01On a tous vu la crise agricole.
11:04Ça, c'était le symptôme d'un système qui est défaillant à la base.
11:07Quand on a une PAC, où il y a 80%,
11:09une politique agricole commune au niveau européen,
11:11où 80% des aides vont aux 20% les plus gros.
11:13En fait, on se dit bien que ça ne marche pas.
11:15Et que donc, ça veut dire aussi plus de souveraineté.
11:18Parce qu'en fait, je crois qu'en plus, dans notre pays, franchement,
11:20on est tous tellement fiers de notre gastronomie, de nos producteurs.
11:24Et c'est ça qu'on doit pouvoir promouvoir.
11:26Et donc, ça suppose de faire des choix politiques,
11:28de financement, d'organisation.
11:30Il y a un autre exemple qui est pas mal aussi,
11:32c'est celui de la restauration collective.
11:34Nous, à Lyon, on a la mairie qui a décidé,
11:36par exemple, pour la restauration scolaire,
11:38donc pour les cantines, de dire,
11:40on va faire des choix, on va avoir un cahier des charges
11:42pour ce que mangent nos enfants.
11:43Et donc, on choisit qu'il y ait 65% de l'approvisionnement
11:47qui soit en local, plus de 50% qui soit en bio.
11:49On a remis en route une cuisine centrale.
11:52Et au final, on se retrouve avec des gosses qui, à 93%,
11:55vous disent, en fait, c'est bon ce qu'on mange à la cantine.
11:57Et on sait que le repas à la cantine pour les enfants,
12:00c'est bien souvent le seul repas de la journée
12:01où ils peuvent manger de manière équilibrée des bonnes choses.
12:05Et puis, qui peut transformer aussi leurs habitudes alimentaires.
12:07Bien sûr, ça couvre, en fait.
12:09Pour justifier votre choix de manger moins de viande,
12:11vous avez invoqué le climat.
12:13Vous n'avez pas invoqué le bien-être animal.
12:14Ça compte aussi pour vous ?
12:15Parce qu'il y a beaucoup de gens qui, à cette table,
12:17on entend souvent, je ne peux pas manger un bébé animal.
12:21Je ne veux pas manger des animaux.
12:22La souffrance.
12:24Effectivement, aujourd'hui, il y a des abattoirs
12:26qui se déplacent dans les fermes.
12:27Mais ça reste quand même des conditions souvent épouvantables
12:29pour le bétail.
12:30Ça n'a pas été ma porte d'entrée.
12:32Donc, ma porte d'entrée, ça a vraiment été
12:33la question climatique à l'époque.
12:35Mais du coup, c'est de facto quelque chose
12:37auquel j'ai été sensibilisée en arrêtant de manger de la viande
12:39en m'informant.
12:41Et aujourd'hui, je suis libre de manger de la viande
12:43ou du poisson.
12:44En fait, c'est moi qui décide.
12:45Il n'y a personne qui me force.
12:46Je ne suis pas dans une secte.
12:47C'est vraiment...
12:47Ça relève d'un choix personnel.
12:49Et pourquoi je ne le fais pas quand bien même,
12:50parfois, je pourrais avoir une envie,
12:52un souvenir d'une odeur, d'un goût que j'appréciais avant ?
12:55En fait, je ne le fais pas parce que pour moi,
12:57c'est plus coûteux de manger un animal mort
13:00que de ne pas en manger.
13:02Parce qu'aujourd'hui, effectivement, je me dis
13:03que je suis en bonne santé.
13:05Je peux m'alimenter tout à fait correctement
13:06sans générer de la souffrance animale.
13:08Donc, pourquoi est-ce que je ferais ce choix ?
13:10Et il y a une époque où, effectivement,
13:11j'étais végane, une époque où je faisais
13:138 heures de karaté par semaine.
13:14J'étais en super santé.
13:15Je récupérais beaucoup mieux.
13:17Enfin, il y avait quelque chose aussi de physique
13:19sur l'impact de la santé.
13:20Donc, pourquoi est-ce que j'irais consommer
13:22des produits qui viennent de la souffrance animale
13:24alors que je peux être en parfaite santé sans le faire ?
13:26On ne va pas pousser le vis jusqu'à vous demander
13:29si vous craqueriez, ce serait pourquoi.
13:31Mais justement, Jean-Pierre parlait un peu
13:33des dictates qu'il y a.
13:34C'est vrai que ce n'est pas facile d'être écolo
13:36et d'avoir une assiette 100% écolo tout le temps.
13:38Est-ce que parfois, vous craquez
13:40ou vous essayez de suivre toutes les règles écolo à la lettre ?
13:44Est-ce que ça veut dire ne pas manger de fruits
13:46du bout du monde, manger que bio, que local ?
13:49Dans la vraie vie, ça n'existe pas, en fait.
13:51Et puis, en plus, on rentrait dans une espèce de pureté
13:54qui n'existe pas et qui, en plus, je pense,
13:56vient enlever aussi du plaisir qu'on a de manger
13:58et d'être ensemble.
14:00Et donc, non, c'est impossible.
14:02Et puis, en fait, moi, je vous donne l'exemple,
14:03ne serait-ce qu'à l'Assemblée.
14:04C'est pas vrai que, quand on va au restaurant,
14:08entre nos réunions, après la commission,
14:10c'est pas vrai qu'on pourrait avoir une assiette
14:12qui coche toutes les caisses de manière systématique.
14:14Donc, évidemment, il faut de la flexibilité.
14:15Et le sujet, c'est vraiment l'intention qu'on met aussi
14:18et ce qui est juste pour soi.
14:19Comment est-ce que nous, on est alignés ?
14:20C'est pour ça que tout le monde n'a pas vocation
14:22à être végane ou à être végétarien.
14:24Par contre, tout le monde doit prendre conscience
14:26que tout ça est le fruit d'un système
14:27et qu'on prend nos décisions aussi
14:29en fonction de comment est-ce qu'on se sent alignés
14:31et juste dans ce système.
14:32– Alors, on sait que vous faites déjà des lasagnes
14:34avec des pâtes précuites.
14:36Donc, quel cuisinière êtes-vous ?
14:38Vous êtes au fourneau par plaisir, par nécessité ?
14:42Ça vous intéresse ?
14:43Au contraire, ça vous ennuie terriblement ?
14:45Quel est votre rapport à la cuisine ?
14:46– Alors, je sais qu'en fonction de ce que je dis,
14:49je vais être rattrapée par ma police personnelle derrière.
14:52Non, plutôt par nécessité.
14:54Plutôt par nécessité, aussi, de facto,
14:56d'un manque de temps.
14:57Aujourd'hui, je cuisinais plus avant d'être...
15:00– Mais député, en général, ça ne laisse pas beaucoup de temps.
15:01– Oui, ça laisse assez peu de temps.
15:03Donc, je cuisinais plus avant, c'est sûr.
15:05Et en gros, moi, mon rapport à la nourriture,
15:07c'est que j'essaye de prendre du plaisir,
15:08surtout dans les moments partagés, en fait, ensemble.
15:10Donc, ça me fait plaisir de cuisiner quand je reçois du monde.
15:13Ça me fait plaisir de manger des bons produits
15:16quand c'est dans un cadre convivial.
15:18Mais j'avoue que, par exemple, quand je suis seule,
15:21mon but, ça va être surtout de manger,
15:22de quoi me nourrir un peu sainement,
15:24pour tenir avec un bon impact sur la santé.
15:27Parce que notre rythme en politique, c'est un peu de l'endurance.
15:29Donc, ça exige aussi qu'on s'alimente correctement.
15:32– Et justement, pour remplacer la viande et le poisson,
15:34vous mangez quel type de protéines végétales
15:36pour compenser des légumineuses énormément ?
15:40Parce que je trouve que c'est vraiment le plus simple.
15:42On parlait des pois chiches tout à l'heure.
15:44Le sacro-saint pois chiche, ça marche très bien
15:46et puis sous des formes très différentes.
15:47Les lentilles, on a des très bonnes, en plus, dans la région.
15:50– Très de millions, oui.
15:51– Exactement.
15:51Donc, vraiment, ça, c'est un peu la facilité.
15:54Et puis, je trouve que c'est accessible à tout le monde.
15:56Tout le monde peut cuisiner, notamment les lentilles.
15:58C'est un plat qu'on connaît bien dans notre patrimoine gastronomique.
16:01C'est facile à cuisiner, chaud, froid.
16:03– Alors, vous n'êtes pas lyonnaise, vraiment.
16:04Vous êtes lyonnaise d'adoption, vous l'avez dit vous-même.
16:06Comment vous vous sentez dans cette ville capitale de la gastronomie ?
16:10Je parlais des abats tout à l'heure en préambule, des andouillettes.
16:13Vous vous sentez très à l'aise ?
16:15Vous fréquentez les bouchons, par exemple ?
16:16– Alors, ça demande un petit peu d'habilité pour naviguer tout ça.
16:20Notamment, je me souviens d'une visite, nous, on a les…
16:22– Le tablier de sapeurs, vous avez goûté ?
16:23– On a les magnifiques Halles Paul Bocuse.
16:25– Ah oui.
16:26– Et donc, qui sont parmi les meilleures Halles d'Europe,
16:30donc avec beaucoup de produits lyonnais, mais pas que.
16:32Et effectivement, je me souviens d'une visite où on visitait touristes.
16:35On est en fait, il y a beaucoup de choses que moi, je ne souhaitais pas manger
16:38parce que ce n'était pas en accord avec mes valeurs.
16:40Mais ça n'empêche pas de discuter quand même avec les producteurs.
16:44– Bon, on a quand même, dans les classiques de la gastronomie lyonnaise,
16:48moi, il ne me reste pas grand-chose.
16:49Il me reste, en gros, la cervelle de canut.
16:51– Qui n'a rien à voir avec de la cervelle.
16:54– Oui, il faut le préciser.
16:56– Non, mais c'est lié parce que la cervelle était hors de prix.
16:59Donc, avec le fromage blanc, on reconstituait un petit peu
17:01cette couleur blanche de la cervelle.
17:03Mais c'était celle du canut qui était l'ouvrier des métiers à tissage.
17:07Et donc, c'était une image.
17:08Mais si, la broche, la quenelle.
17:10– Si, elle n'est pas au poisson.
17:12– Et effectivement, nous, on a la chance…
17:14– C'est allé au poisson.
17:15– Ah oui, je ne mange pas de poisson, moi.
17:17Mais on a la chance à Lyon…
17:18– Oui, je sais.
17:20Je sais, je sais.
17:21Je vous vois faire la tête.
17:23Non, on a la chance à Lyon, en fait,
17:24d'en avoir des végétarianes maintenant qui sont super bonnes.
17:26Et c'est vrai que l'autre jour, je rentrais de Paris
17:28et les Albucus sont juste à côté de la gare Pardieu.
17:31Je me suis dit, ça fait super longtemps.
17:33Et je suis passée et ils ont des quenelles végétariennes
17:35qui sont vraiment super bonnes.
17:35– Il y a de plus en plus d'alternatives.
17:37Allez, si ça vous donne envie,
17:38vous nous voyez manger ces lasagnes végétariennes,
17:40prenez votre cahier de recettes.
17:41Ce sont les trois choses à savoir de Jean-Pierre Montané.
17:44– L'origine des lasagnes, ma chère Elsa,
17:48elle remonte à l'Antiquité.
17:50On pense que ça date d'il y a quelques années
17:52dans un restaurant italien, pas du tout.
17:54Les Romains déjà se régalaient de ces bandes de pâtes
17:56appelées la ganon, superposées avec légumes, fromage, viande,
17:59mais pas systématiquement.
18:01Ce qui veut dire que, dès l'origine,
18:03les lasagnes végées existaient déjà sans le savoir.
18:06La première recette proche de lasagnes végétariennes
18:08est mentionnée dans un manuscrit culinaire italien
18:10Libère des Coquinas au XIVe siècle.
18:13L'arrivée de la tomate en Europe au XVIe siècle
18:16dans les bateaux espagnols depuis l'Amérique du Sud
18:18va tout changer avec la naissance des lasagnes au ragout,
18:21sauce tomate et viande en Émilie-Romagne
18:23qui vont devenir un peu la recette totémique
18:25de la cuisine de la botte sous le nom de lasagnes bolognaises.
18:29Mais dans les années 80, sous la pulsion des vegans
18:31et du mieux manger, vont émerger les lasagnes
18:34qui, aujourd'hui, sont sur toutes les cartes.
18:36Effectivement, maintenant, il y a des lasagnes végétariennes
18:38quasiment dans toutes les restaurations.
18:40Végées ou pas, les lasagnes se préparent de la même façon.
18:42Ce sont des morceaux de pâte superposés
18:44avec au choix des couches de béchamel,
18:45de sauce tomate, de fromage et donc de légumes
18:47qui varient, vous l'avez dit, selon les saisons.
18:49Au printemps, oser les lasagnes vertes
18:51avec asperges, petits pois, pousses d'épinards, ricotta
18:53ou encore les lasagnes aux artichauts poivrades.
18:56Délicieux.
18:57À l'automne, les champignons se prêtent
18:58à de gourmandes de lasagne des bois,
19:00tandis qu'une sauce aux lentilles peut avantageusement
19:02remplacer la viande pour des lasagnes bolo, végées.
19:06Végées et des lasagnes véganes ?
19:07Vous avez rivier à en faire ?
19:09J'ai déjà fait.
19:10J'ai déjà fait.
19:11On a maintenant ce qu'on appelle des fromages,
19:14on va dire des produits de substitution aussi
19:15pour le fromage, pour faire gratiner dessus.
19:18C'est très facile.
19:19On met à peu près la même chose.
19:20La crème, enfin la béchamel,
19:21on peut la substituer par la crème végétale.
19:25Franchement...
19:26Soja, avoine, amandes,
19:27il y a toute une panoplie,
19:30mais pour le coup,
19:31les petites crèmes végétales,
19:32ça se substitue vraiment facilement à la crème,
19:34notamment pour les personnes qui sont intolérantes
19:36au lactose.
19:37Il y en a, c'est aussi des substituts sympas.
19:40Et franchement, en plus,
19:41avec un fromage un peu gratiné,
19:42on ne voit pas tant la différence à la fin.
19:44Pour accompagner,
19:45vous nous avez proposé cette ginger beer
19:48en bon français.
19:50Alors justement,
19:51c'est une boisson sans alcool.
19:53Alors, dites-nous pourquoi ce choix,
19:55Marie-Charles Gué.
19:55Alors, j'ai une confession à faire,
19:57qui est qu'avant de venir vous retrouver
19:59pour cette émission,
20:00je me suis dit qu'il fallait absolument
20:01que je ramène une bouteille de vin.
20:02Que c'est ce qui était attendu,
20:04en fait, d'un député,
20:05d'une députée.
20:06Ça tombe bien,
20:07ça s'appelle cuisine et confidence.
20:08Allez-y, on vous écoute.
20:10Confidence toute faite.
20:11Je me suis dit,
20:12il faut absolument que je ramène
20:12une bouteille de vin.
20:13Et en plus, bon,
20:14venant de Lyon,
20:14avec les Côtes-dures,
20:15on ne j'ai de quoi faire.
20:16Moi, j'ai grandi aussi en Ardèche,
20:17donc en Ardèche,
20:18on a quand même...
20:19Oui, j'étais cernée par le vin.
20:20J'étais cernée par le vin,
20:21avec aussi des amis qui sont...
20:23Vous êtes ambassadrice d'un terroir,
20:25quand même.
20:25Tout à fait.
20:26Et puis, en fait,
20:27je me suis dit que
20:28je n'étais pas exactement alignée
20:29avec moi-même
20:30en vous ramenant du vin
20:30parce que,
20:32aussi sympathique que ce soit ce repas,
20:33pour moi,
20:33ça reste du travail.
20:35Et en fait,
20:35je ne bois pas d'alcool au travail.
20:36C'est un choix que j'ai fait
20:37avec le rythme qu'on a,
20:39etc.
20:40Et je préfère garder l'alcool
20:41pour des moments qui sont,
20:43on va dire,
20:43plus conviviaux
20:44et plus personnels.
20:46Et ça ne veut pas dire
20:47pour autant que je n'apprécie pas
20:48l'alcool quand j'en bois
20:49et que ça ne fait pas partie
20:50de notre patrimoine.
20:51Mais il y a quand même
20:52une tendance,
20:53et on le voit nous aussi
20:54dans les couloirs de l'Assemblée,
20:55il y a eu des gros débats
20:56sur est-ce qu'on interdit
20:57l'alcool à la buvette.
20:58Exactement.
20:59Parce qu'en gros,
21:00il y a aussi une forme
21:00de banalisation de
21:02l'alcool,
21:02ce serait anodin.
21:04Et en fait,
21:04l'alcool,
21:05ce n'est pas anodin.
21:06Moi, je travaille sur les questions
21:07de violences sexistes et sexuelles
21:08une fois sur deux,
21:09quand il y a des violences,
21:10en fait,
21:10il y a de l'alcool impliqué.
21:11On a des témoignages
21:12de gendarmes qui se disaient
21:13on va essayer de répertorier
21:15quand on part en intervention
21:16s'il y a des addictions
21:17et donc de l'alcool impliqué.
21:19Au final,
21:19ils sont arrivés à la conclusion
21:20qu'il valait mieux noter
21:23quand il n'y avait pas d'alcool
21:25plutôt que quand il y en avait
21:26puisqu'en fait,
21:26c'était la norme
21:27de leurs interventions,
21:28notamment en soirée.
21:30Donc voilà,
21:30on peut dire qu'il y a des substituts
21:32qu'on n'est pas obligés
21:33de boire tout le temps
21:33et qu'en tout cas,
21:34il ne faut pas ignorer
21:38des autres,
21:38mais ça ne veut pas dire
21:39que ça ne s'apprécie pas
21:40avec modération.
21:41Et c'est vrai que ce que vous disiez,
21:43on a vu parmi les jeunes députés
21:45depuis quelques années,
21:45on voit que l'Assemblée
21:46s'est rajeunie,
21:47beaucoup disent du coup
21:48qu'ils ne boivent plus
21:49le petit verre de vin à table,
21:51etc.
21:51Vous le voyez tout bord confondu.
21:53La jeune génération,
21:55elle,
21:55elle a arrêté de boire
21:56de l'alcool le midi ?
21:57Alors,
21:57peut-être pas tout le monde
21:58et puis je ne peux pas parler
21:59pour l'ensemble de mes collègues
22:00mais en tout cas,
22:01c'est sûr que moi,
22:02je vois les collègues
22:03avec qui je déjeune régulièrement,
22:04on boit moins d'alcool
22:05mais c'est vrai que moi,
22:06au début,
22:06quand j'ai été élue en 2022,
22:09en fait,
22:09j'étais assez surprise aussi
22:10d'observer ce réflexe
22:11de tout le monde.
22:12En fait,
22:12c'est normal de boire un verre
22:13avec le repas,
22:14ce qui n'est pas mon habitude
22:15que ce soit systématique en tout cas
22:17et encore moins sur le lieu de travail.
22:19Allez,
22:20vous avez bien voulu choisir aussi,
22:22je pense que vous avez choisi
22:23la ginger beer et pas d'alcool
22:25puisque vous saviez
22:25qu'il y avait les quiz dernièrement.
22:27Vous vouliez garder
22:28la tête froide,
22:29j'en suis sûre.
22:29On va passer aux quiz.
22:35Alors,
22:35Marie-Charlotte Garin,
22:36vous avez passé une partie
22:37de votre enfance en Ardèche,
22:38vous l'avez dit,
22:39au pays de la Châtaigne.
22:41Alors,
22:41sauriez-vous nous dire
22:42si ces affirmations sont vraies ou fausses ?
22:43J'ai l'impression.
22:44En Ardèche,
22:45on recense 102 variétés de Châtaigne.
22:51Je dirais que c'est faux.
22:52Oui, c'est faux.
22:53On en recense
22:53quasiment la moitié de mien.
22:5565.
22:56Ça me semblait
22:56que ça faisait beaucoup.
22:59La Corse,
23:00attention,
23:00un vrai rival sur la Châtaigne,
23:02produit davantage de Châtaigne
23:04que l'Ardèche.
23:04C'est vrai ?
23:06Non, c'est faux.
23:06Production moyenne en Ardèche,
23:085000 tonnes
23:08contre 1000 à 1200 tonnes
23:10en Corse.
23:11Battue à plate couture.
23:13Clément Fogier,
23:14vous connaissez forcément
23:15grâce à sa crème de marron.
23:16Il a inventé la crème de marron
23:17en 1885.
23:20Il faut savoir qu'il y a des débats
23:21chez les Ardècheois.
23:22Est-ce que Clément Fogier
23:23est la meilleure ou pas ?
23:23Je n'ai pas dit que c'était la meilleure.
23:25J'ai dit qu'il l'avait inventée
23:26sa crème de marron.
23:27Moi, je l'aime beaucoup.
23:28Je dirais vrai.
23:28Oui.
23:29Ce jeune Ardècheois de Priva,
23:31il a eu l'idée de récupérer
23:32les débris de marron
23:33pour en faire de la crème.
23:34Un intitulé qui a été déposé
23:36en 1924,
23:37la crème de marron
23:38qui existe toujours.
23:40En 2025,
23:41ce même Clément Fogier
23:42a dû retirer de ses boîtes
23:43la mention
23:44marron d'Ardèche.
23:45Est-ce que c'est vrai ?
23:46Oui.
23:47Oui.
23:47Car à la demande
23:48de la répression des fraudes,
23:49car la provenance
23:50des châtaignes utilisées
23:52ne se limitait pas
23:53au seul département de l'Ardèche.
23:55Donc avant,
23:55effectivement,
23:56les vieilles,
23:56quand on était petit
23:57et que vous étiez petit,
23:57c'était marron d'Ardèche,
23:59ça a disparu.
24:003 sur 4,
24:01Marie-Charlotte,
24:01c'est tout à fait honorable.
24:03Il me semble qu'il y a un sujet,
24:04en fait,
24:05ils n'utilisent pas
24:05les mêmes châtaignes
24:06pour les mêmes choses,
24:06notamment pour les marrons glacés,
24:08etc.
24:08Il y a aussi,
24:09en fonction de la taille
24:10et de la provenance.
24:10C'est-à-dire que sur les marrons glacés,
24:11il faut que le marron soit impeccable
24:13pour pouvoir le garder entier,
24:14alors que quand on fait de la crème,
24:15on peut se contenter de brisures.
24:17Tout à fait.
24:17Lui, il utilisait même
24:18les brisures de marrons glacés
24:19pour faire de la crème.
24:27capitale de la gastronomie,
24:29alors capitale de la gastronomie,
24:31c'est Jean-Pierre
24:32qui l'affirme,
24:33sauriez-vous nous dire ?
24:35Ou capitale des Gaules,
24:35comme ça,
24:35tout le monde est d'accord.
24:36C'est la capitale de la gastronomie,
24:38c'est vrai.
24:39Oui, oui, non, mais...
24:39Tout à fait.
24:40Je précisais juste
24:41qu'on avait deux Lyonnais à table.
24:43Nous sommes alliés.
24:44Voilà.
24:45La plus connue,
24:46la mère brasier
24:47est la première chef
24:47à avoir obtenu 3 étoiles
24:49pour deux restaurants différents.
24:51C'est vrai.
24:52C'est vrai.
24:52En 1932,
24:54suivi ensuite par Alain Ducasse,
24:56Marc Vérat,
24:57Thomas Keller,
24:58Joël Robuchon
24:59et Yannick Alenot.
25:00Cette même mère brasier
25:02est aussi connue
25:03pour avoir dormi
25:04quelques jours
25:05en prison.
25:07Ça m'évoque vachement,
25:08vaguement quelque chose.
25:10Vrai aussi.
25:11C'est vrai.
25:12Huit jours,
25:13exactement,
25:14condamnés en 1941
25:15pour marcher noir,
25:17comme beaucoup de restaurateurs
25:18à l'époque.
25:18C'était pendant la guerre.
25:20Exactement.
25:20Le plat signature
25:21de la mère Filiou
25:22dans son bouchon lyonnais
25:24était le poulet aux morilles.
25:28C'est vrai.
25:29C'est faux.
25:31C'était le plat signature
25:32de la mère Blanc.
25:33La spécialité de la mère Filiou,
25:35c'était les quenelles au gratin.
25:36On en parlait des quenelles
25:37de beurre d'écrevisse.
25:39la mère Blanc de Vonas,
25:41Vona, Vonas,
25:43Vona, Vonas,
25:44a été désignée
25:45meilleure cuisinière du monde
25:47par le critique Kurnowski.
25:49C'est vrai, ça, je crois.
25:51C'est vrai, tout à fait.
25:52Alors, attendez,
25:53j'ai pu mes comptes,
25:54mais je crois qu'on est à peu près...
25:553 sur 4.
25:55Oui, 6 sur 8.
25:57Pour une yonnaise d'adoption,
25:58moi, je dis chapeau.
25:58C'est pas mal, non ?
25:59Chapeau, tout va bien.
26:00Vous pouvez boire
26:01un petit peu de ginger beer
26:02et un peu d'eau.
26:02On traine au ginger.
26:04Exactement, voilà.
26:05D'habitude, on dit
26:05que l'abus d'alcool
26:06n'est pas bon pour la santé,
26:07mais là, on peut en boire
26:08même deux verres
26:09puisque c'est sans alcool.
26:09Un peu moins bon
26:09qu'au trottin
26:10ou le Saint-Joseph,
26:12mais bon.
26:12Je serais obligée de revenir.
26:13Allez, on va passer à présent
26:14à la brève de comptoir.
26:19On demande à chaque invité
26:21de nous raconter une anecdote
26:22justement autour
26:23de l'alimentation,
26:24de la nourriture.
26:24Alors, qu'avez-vous choisi
26:25de nous raconter,
26:26Marie-Charlotte Garin ?
26:26Alors, j'ai choisi
26:27de vous parler d'un choix
26:29qu'on a fait, nous,
26:30qui est d'organiser
26:30ce qu'on appelle la galette,
26:31en fait, chaque année
26:33dans la circonscription.
26:34Et en fait, c'est un substitut
26:35pour ce qu'on attendrait
26:37d'une députée,
26:38c'est-à-dire d'organiser des vœux.
26:39Et en général,
26:39la cérémonie des vœux,
26:40c'est un exercice
26:41un peu protocolaire.
26:42On invite les autorités, etc.
26:44Et moi, je n'ai pas fait
26:45ce choix-là,
26:46parce que déjà,
26:47on se croise tous et toutes
26:48à toutes les cérémonies de vœux,
26:49des maires d'arrondissement,
26:49des préfets, etc.
26:51Et j'ai choisi
26:51qu'on puisse faire une galette
26:53pour tout simplement aussi
26:54valoriser notre tradition,
26:55qui est celle de la galette des rois,
26:56que moi, je trouvais
26:57une super tradition culinaire
26:59qu'on a en France.
27:00Et de la faire
27:01dans le quartier des États-Unis,
27:02à Lyon,
27:02dans le 8e arrondissement,
27:03qui est un quartier populaire
27:05et qui est le plus grand
27:06quartier populaire de la ville.
27:07Et donc, on organise ces vœux,
27:10qui en fait sont surtout
27:11un moment pour se retrouver ensemble
27:13avec de la galette des rois,
27:15des jeux pour les enfants,
27:16des animations.
27:17Et la première année
27:18où on l'a fait,
27:20les habitants sont venus nous voir
27:21en nous disant,
27:21en fait, un député
27:22n'avait jamais organisé
27:23quelque chose pour nous
27:24dans ce quartier-là.
27:26Parce qu'en fait,
27:27souvent, on a tendance
27:27à aller là où c'est le plus facile,
27:29donc dans les endroits
27:30les plus centraux
27:30de nos circonscriptions,
27:31pour ceux d'entre nous
27:32qui avons des circonscriptions urbaines.
27:34Évidemment, c'est différent
27:35pour les collègues
27:36qui habitent en ruralité.
27:38Et en fait, maintenant,
27:39ça devient un rendez-vous
27:40et il y a toujours
27:40plein d'enfants qui viennent,
27:41plein d'adultes,
27:42des personnes très différentes
27:43qui se parlent.
27:44Et on pourrait se dire
27:46que c'est pas politique.
27:48Et en fait,
27:48c'est hyper politique
27:49de se retrouver
27:49autour d'un moment convivial
27:51parce que des personnes
27:52qui d'habitude se disent
27:53bon, en fait,
27:53on n'a pas du tout confiance
27:54en les politiques,
27:55ça ne sert à rien
27:56d'aller leur parler.
27:57En fait, c'est un peu
27:58comme un moyen
27:59de rentrer en contact
27:59et d'échanger.
28:00Un temps d'échange, de partage.
28:01Et nous, de faire notre rôle
28:02en fait aussi en tant que député,
28:04c'est-à-dire d'écouter
28:05ce que les gens ont à nous dire
28:06sur leur quotidien,
28:07leur pouvoir d'achat,
28:08leur vie,
28:09les problèmes à l'école, etc.
28:11Et peut-être l'occasion
28:11de leur parler de vos combats.
28:13On va revenir sur l'un d'entre eux
28:14du groupe écologiste et social
28:16ici à l'Assemblée.
28:17La lutte contre les pifas,
28:18ces polluants éternelles.
28:19On va en parler
28:20dans le Dessous des Plats.
28:27Et on va tout de suite
28:28retrouver un reportage
28:29dans les Ardennes
28:29avec deux agriculteurs
28:31qui voulaient cultiver
28:32des légumes sans pesticides.
28:33Ils se retrouvent
28:34avec des terres contaminées
28:36au Pifas.
28:37Reportage signé
28:37Céline Crespi
28:39et Marion Devauchelle.
28:43Belge,
28:43Anne et Sébastien Abraham
28:45ont changé de vie
28:46il y a trois ans
28:47en achetant cette ferme
28:48dans les Ardennes.
28:50Leur projet,
28:50vivre dans la nature
28:52et cultiver des produits sains,
28:54sans pesticides.
28:56Ici, c'est toutes les parties
28:57qu'on a cultivées
28:58depuis trois ans,
29:00depuis qu'on est arrivés
29:00sur l'exploitation.
29:02Mais aujourd'hui,
29:04tout est à l'arrêt.
29:05C'est de la désolation
29:08quand on voit
29:09qu'il y avait encore
29:10des poivrons sur les pieds
29:11qu'on n'a pas récoltés,
29:13des aubergies.
29:16Il y a quelques mois,
29:17à la demande de l'État,
29:19des prélèvements
29:20ont été réalisés
29:21sur leurs légumes.
29:22Et quand les résultats
29:24sont tombés...
29:24C'est nos fameuses blettes,
29:28qui dépassent le taux
29:30de limite européen
29:31et pour lesquelles
29:32on a une interdiction
29:33de commercialisation
29:35parce que potentiellement
29:36dangereuse pour la santé.
29:38Carottes, navets, choux,
29:40la moitié de leur production
29:42s'avère finalement contaminée.
29:44Les betteraves affichent même
29:46un taux de PFOA,
29:48le plus cancérigène des pifaces,
29:51240 fois au-dessus
29:52du seuil d'alerte.
29:54C'était un choc.
29:56Là, on a fermé définitivement
29:58notre entreprise.
29:59On est arrivés ici en 2023
30:01et que les épandages,
30:03ce n'est pas nous
30:04qui avons décidé
30:05de les pratiquer.
30:06Ça a été fait
30:06par l'ancien propriétaire.
30:08Donc nous, ici,
30:10on est vraiment victimes
30:11de ce qui s'est passé avant.
30:14Ce n'est pas la chambre
30:15d'agriculture qui a autorisé,
30:17c'est la préfecture.
30:18Et donc, ce n'est pas
30:21les agriculteurs
30:21qui sont responsables
30:22si on ne les prévient pas
30:24que c'est des produits
30:25potentiellement pollués.
30:26Tout le monde ici
30:27connaît l'histoire
30:28du couple Abraham
30:31et redoute
30:32que ce soit pareil,
30:34ailleurs.
30:35Et si toutes les cultures
30:36étaient contaminées
30:38dans une zone rurale
30:40comme les Ardennes,
30:42le dixième département
30:43le plus pauvre de France,
30:46ce serait une catastrophe
30:47économique.
30:50Reportage donc
30:51dans les Ardennes.
30:52Marie-Charlotte Garin
30:53en 2023,
30:54vous et 13 de vos collègues,
30:55vous aviez fait tester
30:56vos cheveux
30:57et vous aviez malheureusement
30:58découvert que des pifaces,
31:00on en a partout.
31:01On en a partout.
31:02Donc c'était à l'initiative
31:03de mon collègue Nicolas Thierry
31:04qui a été l'artisan
31:05de la loi d'interdiction
31:06contre les polluants éternels.
31:08Il faut savoir que les polluants éternels,
31:09globalement,
31:10ils sont partout,
31:10qu'on en retrouve même
31:11dans le sang des ours polaires
31:12aujourd'hui.
31:13Pour dire que c'est
31:14un phénomène mondial.
31:15Et donc Nicolas Thierry
31:16nous avait proposé
31:17de couper nos cheveux,
31:18de les envoyer à un labo
31:19pour que ça soit testé.
31:20Et moi,
31:21non seulement j'étais contaminée
31:23de manière positive,
31:24mais j'étais sur le podium.
31:25C'est-à-dire que j'étais celle
31:26qui avait le plus de pifaces
31:27en nombre
31:27et le plus en quantité aussi.
31:29Et là,
31:29ça vous fait réfléchir deux secondes
31:31quand tout à l'heure
31:31je parlais de la question
31:32des comportements individuels
31:33et du système.
31:38j'ai du sport
31:38et pourtant,
31:40j'ai quand même mon corps
31:40qui est pollué
31:41alors que j'ai rien fait
31:43pour ça.
31:43Donc un peu ce truc de
31:45il y a un problème
31:45avec le système
31:46qu'on doit changer.
31:47Et là,
31:48c'est vraiment ce qu'on voit aussi
31:49dans ce reportage
31:50avec ces agriculteurs
31:52qui en plus
31:52sont des agriculteurs
31:53qui s'installent récemment
31:55pour changer de vie
31:56et pour avoir un projet
31:57où justement
31:57ils veulent produire
31:58des produits
31:59qui ne soient pas trop polluants.
32:01Et là,
32:01eux,
32:01ils se retrouvent impactés
32:02alors qu'ils n'ont rien demandé
32:03à personne.
32:04Et ça,
32:04c'est le fruit
32:05de décennies
32:06et de décennies
32:07d'absence de régulation.
32:09Et moi,
32:10quand j'ai appris,
32:12enfin,
32:12quand j'ai commencé
32:12à travailler
32:13sur les polluants éternels,
32:14en général,
32:14on conseille de regarder
32:15le film Dark Waters
32:16qui est un film
32:17sur le scandale
32:18aux Etats-Unis
32:18il y a 30 ans.
32:19Et en fait,
32:20ce qui est fou,
32:20c'est ce qu'on voit,
32:21c'est qu'en fait,
32:21il y a 30 ans,
32:22on savait déjà.
32:23Et moi,
32:23quand j'étais petite,
32:24je me souviens de ma mère
32:25qui d'un coup disait
32:26« Oh là là,
32:27les poils au téflon,
32:28il faut arrêter,
32:29c'est cancérigène. »
32:30J'ai juste ce souvenir.
32:31Je n'ai pas plus
32:31de souvenirs que ça,
32:32mais j'ai ce souvenir d'enfant.
32:33C'est-à-dire qu'il y a 20 ans,
32:36plus de 20 ans,
32:37on savait déjà.
32:38On ne sait pas
32:39si c'était une légende urbaine
32:40ou si c'était de la mauvaise pub,
32:41mais c'est vrai qu'on disait.
32:42Et on attend finalement
32:43d'être dans les années 2020
32:44pour légiférer.
32:45Et donc,
32:46qu'est-ce qu'on fait
32:47de toute la pollution passée ?
32:49Et c'est pour ça
32:49que nous,
32:49on a défendu
32:50le principe de pollueur-payeur,
32:51en fait,
32:52que ceux qui ont pollué,
32:52ce soit eux qui payent.
32:53Et je crois qu'il y a eu
32:54des études là récemment
32:55qui sont sorties
32:56en disant
32:56qu'il n'y a pas assez d'argent
32:57sur Terre
32:58pour financer
32:59la dépollution
33:00des polluants éternels.
33:02Et on voit
33:02qu'il y en a dans l'eau,
33:03il peut y en avoir
33:03dans les aliments aussi.
33:05Alors,
33:05le gouvernement a quand même
33:07essayé de prendre aussi
33:08ce sujet à bras-le-corps.
33:09Il y a des tests
33:10sur l'eau du robinet.
33:11C'est pour ça
33:11que dans les Ardennes,
33:12par exemple,
33:13elle a été déclarée impropre
33:14jusqu'à temps
33:15de faire d'autres vérifications.
33:17Sur les bouts d'épandage aussi,
33:18ce qui peut être
33:19la cause de la pollution des sols,
33:20ça ne va pas assez vite,
33:22assez loin d'après vous ?
33:23Non.
33:23Et puis,
33:24moi,
33:24je viens d'un territoire
33:25qui est particulièrement concerné
33:26à Lyon.
33:26On a la vallée de la chimie.
33:28Donc,
33:29moi,
33:29j'ai pu avoir aussi de la colère
33:30dans les débats
33:31qu'on a eus au Parlement
33:32quand on nous expliquait
33:33qu'on avait le temps,
33:33qu'il fallait qu'on attende
33:34que l'Union européenne
33:35se saisisse du sujet,
33:36etc.
33:37Parce qu'en fait,
33:37nous,
33:37quand on va à Oulim-Pierre-Bénite,
33:38donc c'est au bout
33:39de la ligne de métro à Lyon,
33:41on a les témoignages
33:41des collectifs d'habitants
33:43et moi,
33:43je suis encore vraiment marquée
33:45par un des témoignages
33:46d'une dame
33:46qui nous explique
33:47que son mari,
33:49il est décédé en fait
33:50d'un cancer,
33:51qu'en face,
33:52il y a un cancer pédiatrique
33:53chez le voisin d'en face
33:54mais qu'il y en a aussi
33:55chez les voisins de droite
33:56et chez les voisins de gauche.
33:57C'est-à-dire que
33:58ce n'est pas juste
33:59des questions normes
33:59et on va faire la loi,
34:01on peut se permettre d'attendre.
34:02C'est qu'il y a beaucoup de gens
34:02qui en sont déjà morts
34:03et qu'aujourd'hui,
34:04il y a des gens
34:04qui en meurent encore
34:05et qui sont malades
34:06et ce n'est pas juste abstrait.
34:08Il y a des populations
34:09comme ce couple d'agriculteurs
34:11dont les quatre enfants
34:13sont contaminés
34:14à des taux vraiment supérieurs
34:15au seuil.
34:16Et de se dire
34:17qu'on n'a pas le temps
34:17d'attendre sur la dépollution.
34:19Alors, on parle
34:20de polluants éternels,
34:21le terme n'est pas anodin.
34:22Ça signifie que,
34:23je rebondis sur votre dernière phrase,
34:25que ces terres arables
34:26qu'on a vues dans ce reportage,
34:27elles ne pourront plus jamais
34:29accueillir de culture ?
34:30Est-ce qu'une décontamination
34:31est possible ?
34:32Ça prend du temps
34:33et ça coûte de l'argent surtout.
34:34Et donc, c'est pour ça
34:35que nous,
34:35quand on avait porté
34:36la première version du texte,
34:38on avait dit
34:38qu'il faut déjà aller tester
34:40notamment l'eau
34:40un peu partout sur le territoire.
34:42En fait, il nous faut faire
34:42une cartographie
34:43parce que c'est bien beau
34:44de réagir.
34:44Mais si on prend
34:45cet exemple concret,
34:46si on veut décontaminer
34:47ces terres de ce couple,
34:49qu'est-ce qu'il faut faire
34:50concrètement ?
34:51Il faudrait décontaminer
34:52mais ça prend du temps
34:53et de l'argent.
34:54Et on le voit,
34:55nous, en gros,
34:55quand on en a dans le corps,
34:57ça met énormément de temps
34:59à s'évacuer
35:00parce qu'en fait,
35:01c'est des polluants
35:01qui restent très longtemps.
35:03Qui s'accumulent aussi.
35:04Qui s'accumulent
35:04et qui restent très longtemps.
35:06Donc nous,
35:06ce qu'on dit,
35:06c'est qu'il faut déjà
35:07couper le robinet à la source,
35:08donc empêcher
35:08qu'il y ait de nouvelles pollutions.
35:10Petit à petit,
35:10regardez quelles sont
35:11les zones prioritaires
35:12pour dépolluer
35:13parce qu'en fait,
35:13on ne va pas pouvoir
35:14le faire partout en même temps.
35:15Il va bien falloir cibler
35:16là où c'est faisable
35:17et peut-être qu'on commence
35:18par des terres
35:19qui sont moins polluées
35:20parce que ça va être plus facile
35:21pendant que les autres,
35:22on va dire,
35:22avec le temps,
35:23les taux de pollution baissent.
35:24Parce que j'ai lu aussi
35:25que sur ces terres arabes,
35:26on pouvait aussi à ce moment-là
35:27ne plus avoir de culture alimentaire
35:29mais des cultures forestières.
35:30Par exemple,
35:31les arbres,
35:31on s'en fiche un peu
35:32qu'ils aient des pifaces.
35:33Oui,
35:34mais je pense qu'on n'est peut-être
35:35pas au bout aussi
35:36de tout ce qu'on a à trouver
35:37sur par exemple
35:37les pifaces dans l'air.
35:38Vous voyez,
35:39on est de toute façon
35:40sur une pollution qui est massive
35:41et sur laquelle
35:42il faut déjà arrêter la source
35:44et ensuite avoir
35:45une vraie méthodologie
35:46et mais surtout,
35:47je reviens dessus,
35:48le nerf de la guerre,
35:49c'est les moyens
35:49parce que si on fait un constat
35:50mais qu'on ne met pas
35:51d'argent derrière
35:51pour répondre à la crise,
35:53ça ne va nous mener nulle part.
35:54Et surtout,
35:54pour les consommateurs
35:55ou les Français,
35:56c'est bien compliqué.
35:57Il y a parfois
35:58une suspicion
35:58avec l'eau du robinet
35:59donc parfois,
36:00elle est considérée
36:01comme impropre
36:01mais on voit
36:02qu'il y a des scandales
36:03également dans l'eau
36:04minérale en bouteille
36:05donc on ne sait plus
36:06comment faire.
36:07Et c'est la difficulté
36:08finalement,
36:09dans un contexte
36:10qui est très anxiogène,
36:11on parlait encore récemment
36:12de la pollution au cadmium.
36:14Pardon,
36:14mais moi par exemple,
36:15je suis une grande consommatrice
36:16de pommes de terre,
36:18pleines de cadmium
36:19et là récemment,
36:20on apprend ensuite
36:21les flocons d'avoine.
36:22C'est mon petit déjeuner
36:23depuis 10 ans.
36:23Moi je me suis dit
36:24mais en fait,
36:24je ne peux plus rien manger
36:25et c'est ce que se disent
36:26les Français.
36:26Et que le bio
36:27ne préserve pas
36:28de la présence
36:29ou non de cadmium.
36:30Ça diminue quand même
36:33les taux.
36:33En tout cas,
36:34pour les flocons d'avoine,
36:35j'ai lu ça.
36:36Mais c'est la nature des terres,
36:38ce n'est pas les intrants
36:38donc est-ce que
36:41votre avoine
36:41elle est plantée
36:42dans des...
36:43Là en tout cas,
36:44sur les dernières études,
36:45c'était testé
36:45en fonction de marques précises
36:47donc ça permettait
36:48d'avoir un petit peu
36:49un avis.
36:50Mais du coup,
36:50ça crée une défiance aussi
36:51en fait de la part
36:53des consommateurs,
36:54en fait de vous et moi,
36:55des gens qui mangent
36:56qui se disent
36:56mais en fait,
36:57on ne peut plus rien manger,
36:57on ne peut plus rien faire confiance.
36:59Le risque,
36:59c'est que ça crée aussi
37:00une forme de lassitude
37:02et donc de se dire
37:03plus que de toute façon.
37:04Et moi j'entends
37:04des gens qui disent ça
37:05et j'ai une fois
37:06de résignation
37:07de personnes qui disent
37:08mais de toute façon,
37:09on est empoisonné de partout
37:10donc tant pis finalement,
37:12à quoi bon faire attention.
37:13Et ça,
37:13cette espèce de défaitisme
37:15face à cet impact
37:16sur notre santé
37:17et je pense que peut-être
37:17on est aussi en mesure
37:19d'être résigné
37:20quand on n'est pas
37:21soi-même concerné
37:22parce qu'en fait,
37:23quand le cancer,
37:24les maladies,
37:26les problèmes d'hormones
37:27arrivent autour de soi
37:28et qu'on arrive à faire
37:29le lien direct
37:29avec d'où ça vient,
37:31moi les habitants
37:32que je rencontre,
37:32ils sont plutôt
37:33très en colère
37:34sur l'inaction.
37:35Donc le sujet,
37:36c'est de se dire à nouveau,
37:36ce n'est pas les comportements
37:37individuels,
37:38c'est le système
37:38et donc ça suppose
37:40en fait de porter
37:40un plaidoyer
37:41et aussi,
37:42je suis désolée,
37:43mais de voter pour des personnes
37:45systèmes qui ne nous empoisonnent pas.
37:46Sur cette question
37:47du cadmium,
37:48il va y avoir
37:48des possibilités
37:49de dépistage
37:50pour avoir une ordonnance
37:51d'un médecin de ville
37:52dans les zones
37:53où il y en a beaucoup,
37:54est-ce que pour vous
37:54c'est une bonne solution
37:55ou est-ce que par rapport
37:56à ce que vous disiez
37:57au comportement individuel,
37:58on peut s'imaginer
37:59que les Français
37:59vont se retrouver
38:00avec leur prise de sang
38:01et puis en fait,
38:02si on a beaucoup de taux,
38:04oui, mais qu'est-ce
38:04qu'on fait derrière ?
38:05C'est ça la question,
38:06c'est-à-dire que c'est bien beau
38:06de se faire dépister,
38:07moi quand je me suis fait dépister
38:08au PIFAS,
38:08j'étais là,
38:09bon bah super,
38:09qu'est-ce que je fais
38:10de cette information ?
38:11À part essayer de savoir
38:12d'où ça vient, etc.,
38:14il n'y a pas grand-chose
38:14qui se passe.
38:15Donc c'est pour ça
38:16que nos collègues
38:17Benoît Bito et Clémentine Autain
38:18ont déposé une proposition
38:19de loi sur le sujet,
38:20sur le cadmium
38:21et qu'à nouveau,
38:22il y a deux aspects
38:23quand on parle d'alimentation
38:25mais en réalité de santé
38:26de manière générale,
38:27c'est comment on réagit
38:28quand on est en crise
38:29mais comment est-ce qu'on fait
38:29de la prévention en amont ?
38:31Et moi je trouve
38:32que dans le contexte actuel,
38:33quand on parle de prévention,
38:35aujourd'hui on n'est pas entendu.
38:36Quand on dit que
38:36en fait c'est en amont
38:38qu'il faut faire attention,
38:39aujourd'hui ce n'est pas
38:40un discours qu'on entend
38:41et on est tellement submergé
38:42par toutes ces alertes
38:43de crise à droite, à gauche
38:45qu'en fait c'est décourageant.
38:47Et du coup notre rôle
38:47c'est de dire que non,
38:48il ne faut pas baisser les bras
38:49et qu'il faut continuer
38:50à demander qu'il y ait
38:51des mesures qui soient prises
38:52quand on découvre
38:53que vous êtes pollués
38:54et surtout que les pollueurs
38:56soient tenus responsables
38:57en fait de cette pollution.
38:59Allez, une dernière question Jean-Pierre.
39:01Très vite, j'ai cru comprendre
39:01qu'il y avait encore deux pesticides
39:03encore autorisés
39:03qui contiennent des pifaces.
39:05Le dit flux nééniquant,
39:07je crois de façon provisoire,
39:08et le désherbage chimique de champs
39:10pour le désherbage chimique de champs
39:11et le flux fénacète.
39:12Est-ce qu'il n'y a pas urgence
39:13à interdire ces pesticides
39:15alors qu'on ne s'est pas contaminé,
39:18décontaminé les terres
39:18et qu'on continue de les contaminer ?
39:19La difficulté en plus
39:21avec les polluants éternels
39:22c'est qu'on a aussi des fabricants
39:23qui en gros changent une molécule,
39:25changent de nom
39:25et du coup peuvent continuer à produire
39:26si ça ne rentre pas
39:27dans l'exacte famille
39:28qu'on a décidé d'interdire.
39:29Donc oui, il y a urgence,
39:30mais aujourd'hui,
39:31on n'est même pas dans un périmètre
39:32où la loi que nous avons votée
39:34est appliquée de manière correcte.
39:36On a eu des débats à l'Assemblée
39:37ces derniers mois
39:38où d'un coup on nous expliquait
39:39qu'on allait reporter
39:40certains décrets
39:41alors que ça fait plus de trois ans
39:42que le sujet est dans les tuyaux.
39:44Donc oui,
39:45on pourrait aller plus loin,
39:46mais aujourd'hui,
39:47on a déjà urgence
39:47à faire appliquer la loi
39:48telle qu'elle a été votée
39:49par le Parlement.
39:50Allez, on va essayer
39:50d'être un peu optimiste aussi
39:52avec une initiative à présent
39:54à un supermarché
39:54et pas comme les autres.
39:55On vous en parle
39:56dans Les Pieds dans le plat.
40:03Pour contrer la grande distribution
40:04Elsa et pour reprendre la main
40:06sur les prix de vente,
40:07près de 600 agriculteurs du Gard
40:08ont monté en 2019
40:10leur propre supermarché
40:11pour écouler
40:12leur production locale,
40:13fruits, légumes,
40:14viandes, produits laitiers,
40:15oeufs et même du vin.
40:16Tout ça à des prix justes.
40:17Le succès est-il au rendez-vous ?
40:19Élément de réponse
40:20avec ce reportage
40:21de Katia Gilder
40:22et de...
40:23Philippe Lecroc.
40:24Philippe Lecroc.
40:27Des fruits et légumes,
40:28du fromage,
40:29du vin en abondance
40:30qui s'étalent
40:31sur plus de 1000 mètres carrés.
40:33On pourrait se croire
40:35dans une grande surface ordinaire
40:36mais ici,
40:37tout est 100% local
40:38et sans intermédiaire.
40:40A l'image de Thomas,
40:41producteur venu lui-même
40:43apporter ses oeufs bio
40:44tout juste sorti de l'affaire.
40:46Voilà, je livre les oeufs
40:46deux fois par semaine.
40:47Ah ben, ce sont des poules
40:49donc déjà on a une norme
40:50à respecter
40:50au niveau de...
40:51le parquage des poules.
40:53Une norme de surface
40:54pour accès à l'extérieur
40:56et surtout,
40:57elle mange un aliment
40:58qui est bio
40:58donc à base de céréales
41:00qui ne sont pas traitées.
41:01Ici, pas que du bio
41:02mais tout est produit
41:03en circuit court
41:04principalement dans le Gard.
41:06Au-dessus des cagettes,
41:08le prix,
41:08le nom du producteur
41:09et la distance
41:10qui sépare le champ
41:11du magasin
41:12de quoi satisfaire les clients.
41:14Je suis venu
41:14dès le premier jour
41:15dès l'ouverture.
41:17Donc ça avait été annoncé
41:18et j'attendais que ça ouvre
41:19et donc depuis,
41:20je suis un fidèle.
41:22Sorti de terre
41:23il y a sept ans,
41:23le masque des agriculteurs
41:25regroupe aujourd'hui
41:25plus de 600 producteurs,
41:27tous originaires du Gard.
41:29Ça ne peut pas être
41:29qu'un numéro.
41:30Donc ils ont des besoins,
41:32on a des besoins
41:33et on se retrouve
41:34devant une table
41:35ou devant un café
41:35et on discute
41:37et on avance ensemble.
41:40Et ici,
41:41tout le monde s'y retrouve,
41:42le client
41:43comme l'agriculteur,
41:44mieux rémunéré.
41:45C'est le producteur
41:46qui fixe son prix.
41:48Nous ici,
41:49on fait de l'achat-revente.
41:51L'idée,
41:51c'était que justement
41:52le producteur soit gagnant
41:54mais que le client
41:54s'y retrouve aussi
41:56que ce soit au niveau du prix
41:57ou au niveau de la qualité
41:59et de la fraîcheur
41:59des produits
42:00parce que les produits
42:01qu'on a mis en vente
42:02ce matin,
42:04ils ont été ramassés hier.
42:05Alternative
42:06à la grande distribution,
42:07le masque des agriculteurs
42:09fait le plein de consommateurs
42:10avec 10 000 clients
42:11en moyenne
42:12et il est sur le point
42:13d'ouvrir
42:14un second magasin
42:15dans le nord du Gard.
42:17Est-ce que vous pensez
42:18que c'est une vraie alternative
42:19à la grande distribution ?
42:20Que ce système-là,
42:21puisque vous dénoncez
42:21toujours le système,
42:22ce système-là
42:23de ces coopératives,
42:24enfin de ces grandes distributions
42:26gérées par les agriculteurs
42:27eux-mêmes
42:27peut vraiment
42:29contrecarrer
42:30et concurrencer
42:31la grande distribution
42:32avec ces marges infernales ?
42:33En tout cas,
42:34on en a un bel exemple
42:34d'une alternative
42:37qui fonctionne.
42:38Nous,
42:39on a aussi à Lyon
42:40des complements de producteurs
42:41qui marchent bien.
42:42C'est sûr que ça a
42:43un coût d'entrée pour eux
42:44de se constituer
42:46en groupement
42:46ou avec un supermarché.
42:47Je suppose que ça a demandé
42:48beaucoup d'énergie
42:49et de collectifs aussi
42:51et de structuration
42:52pour pouvoir réussir.
42:53Peut-être même d'apprentissage
42:53parce que ce n'est pas
42:54le même métier.
42:55Ce n'est pas effectivement
42:55le métier tel qu'il est conçu
42:57et tel qu'il est transmis.
42:58Mais en réalité,
42:59il y a quand même aussi
43:00plein d'endroits
43:00où on a encore
43:01la possibilité
43:02d'aller acheter directement
43:03chez le producteur.
43:04Bon, ici à Paris,
43:05c'est un peu différent
43:06dans les grandes villes,
43:06etc.
43:07Mais moi,
43:08en Ardèche,
43:09quand on voit
43:09sur les routes souvent...
43:10Bien sûr,
43:11on fait encore ça.
43:12Donc, il n'y a pas
43:13une alternative unique.
43:14Il y a plusieurs alternatives
43:15qui cohabitent.
43:17Il se trouve que ça,
43:17c'en est une.
43:18Et en plus,
43:18c'est une qui,
43:19manifestement,
43:19est aussi très pratique
43:20pour le consommateur.
43:21Parce que là,
43:22vous pouvez aller faire
43:22vos courses,
43:23tout est regroupé
43:24au même endroit,
43:24etc.
43:25Vous savez d'où ça vient.
43:26Vous pouvez échanger
43:26avec vos producteurs.
43:27En général,
43:27ces modèles,
43:28quand ils sont montés,
43:29ce qu'on constate,
43:29c'est que ça fonctionne
43:30plutôt bien.
43:317 ans, ça marche.
43:32C'est sûr,
43:32ils ont fait 7,5 millions
43:33d'euros
43:34de chiffre d'affaires,
43:35150 000 clients.
43:36Mais est-ce que c'est
43:37un cas isolé ?
43:38Est-ce qu'il y a
43:38des leviers politiques
43:39pour faire en sorte
43:40que ce modèle-là,
43:42ce contre-modèle
43:43de la grande distribution
43:44puisse se généraliser
43:44sur le territoire ?
43:46C'est toujours la question
43:47de comment est-ce que
43:48les modèles alternatifs,
43:49on en fait la promotion
43:49et on permet de faciliter
43:51leur constitution
43:52et leur installation.
43:53C'est-à-dire,
43:53vous, vous êtes agriculteur
43:55en Ardennes, par exemple,
43:56comme on a vu tout à l'heure.
43:57Comment est-ce qu'on vous aide aussi
43:58et on vous accompagne
43:59dans une installation collective
44:00et un modèle alternatif
44:01qui, en plus,
44:02est bon pour l'économie locale ?
44:04Parce que, mine de rien,
44:05consommer local,
44:06on sait très bien
44:06que c'est positif.
44:07L'autre levier,
44:08c'est aussi,
44:08comme je disais tout à l'heure,
44:10celui de la restauration collective.
44:11Moi, j'ai déposé
44:12une proposition de loi
44:13en ce sens
44:13sur le volet végétarien,
44:15mais on a la restauration collective
44:16qui a vraiment
44:17un bon moyen
44:18d'impulser en termes
44:19de politique publique
44:20de dire, bon,
44:21quand on a des marchés
44:22qui s'organisent,
44:23on peut promouvoir
44:24des modèles différents
44:26avec une puissance publique,
44:27donc genre l'État,
44:28les collectivités,
44:28les mairies,
44:29qui contractualisent
44:30en direct
44:31avec les producteurs
44:31pour soutenir
44:32ce type de modèle.
44:33Et on parlait tout à l'heure
44:34justement de la défiance
44:35que peuvent avoir
44:36un certain nombre de Français
44:37en disant,
44:37de toute façon,
44:38on a l'impression
44:39qu'on ne peut plus rien manger.
44:40Vous avez le sentiment
44:41que face à ces initiatives,
44:43ça peut marcher,
44:44ça peut rassurer
44:44de voir la tête
44:45de l'agriculteur
44:46qui a produit
44:47ce type de légumes.
44:48On sait que ce n'est pas loin.
44:49Ça rassure ?
44:50On sait que ce n'est pas loin.
44:51Après,
44:52on ne doit pas dire
44:53que c'est à toute épreuve non plus
44:55puisqu'on l'a bien vu
44:56avec le couple de producteurs
44:58dans les Ardennes.
44:59Eux,
44:59ils pensaient
45:00produire de manière saine,
45:02etc.
45:03Et finalement,
45:04ils n'étaient pas
45:04à l'abri de la pollution.
45:05Mais déjà,
45:06juste le fait
45:07de recréer du lien
45:07effectivement avec son producteur,
45:09savoir ce qu'on mange,
45:10d'où ça vient,
45:11par qui ça a été fait,
45:13en fait,
45:13ça change tout
45:13et ça reparticipe aussi
45:15de notre lien
45:15à notre patrimoine
45:16qui est la gastronomie,
45:17qui est l'alimentation
45:18et que sont nos beaux produits.
45:20Moi,
45:21j'ai pu voyager
45:22un petit peu dans ma vie.
45:24On a une chance inouïe
45:25en fait ici
45:26d'avoir des produits
45:27de qualité,
45:28comme on a en France.
45:30Et donc,
45:30en plus,
45:30aller les acheter
45:31auprès du producteur
45:32qu'on connaît bien,
45:33qu'on peut aussi soutenir
45:35si jamais il y a des problèmes
45:36dans les récoltes.
45:36C'est un peu le système
45:37aussi des AMAP,
45:39les associations
45:40pour l'agriculture maraîchère
45:41où on a son panier
45:42qu'on va chercher
45:42toutes les semaines.
45:43On sait que le contenu
45:44du panier va varier
45:45en fonction des récoltes,
45:46mais on sait que dans l'ensemble,
45:48on s'adapte
45:49et on s'y retrouve à la fin.
45:50Donc,
45:51les initiatives,
45:52on en a plein en France.
45:53La question,
45:54c'est comment est-ce
45:54qu'on en parle
45:55comme on fait aujourd'hui
45:56pour qu'elles soient plus connues
45:58et comment est-ce qu'on accompagne
45:59ceux et celles
45:59qui veulent les mettre en place ?
46:01Et c'est des habitudes
46:03du consommateur
46:03qui doit aussi...
46:05Est-ce qu'on peut dire
46:06que le consommateur
46:06doit faire aussi
46:07un peu parfois des efforts ?
46:08Parce qu'effectivement,
46:09ce type de magasin,
46:10mais ça veut dire
46:11qu'on ne peut pas faire
46:11toutes les courses,
46:12donc il va falloir se rendre
46:13dans un autre magasin,
46:14l'essence est chère,
46:14etc.
46:15Est-ce que les consommateurs,
46:17pour justement soutenir
46:18les agriculteurs,
46:19on dit qu'on adore
46:19nos agriculteurs,
46:20mais est-ce qu'on est tous prêts
46:21à faire finalement
46:21l'effort nécessaire
46:22et l'effort qui est parfois
46:23aussi financier
46:24à faire pour pouvoir
46:26soutenir notre agriculture ?
46:27Et c'est là qu'on retombe
46:28sur quel modèle de société
46:29en fait on a envie
46:30de promouvoir
46:31quand on parle d'alimentation.
46:32Et à nouveau,
46:33on n'est pas là
46:34pour culpabiliser les gens
46:36dans leur comportement individuel
46:37parce qu'effectivement,
46:38c'est plus compliqué peut-être
46:40de faire trois magasins différents
46:41alors qu'on ne pourrait
46:42en faire qu'un seul.
46:43Mais aujourd'hui,
46:44on pourrait aussi penser
46:45des systèmes où effectivement
46:46on a les petits producteurs
46:47puis après aussi
46:48d'autres magasins
46:49qui se constituent à côté
46:50et on pourrait aussi
46:52tout recentrer au même endroit.
46:53Et ce n'est pas toujours
46:54possible et accessible
46:55mais je crois que
46:56les consommateurs,
46:57quand ils ont l'information
46:58et quand ils ont les moyens,
47:00il faut le dire,
47:00les moyens,
47:01donc les moyens c'est
47:01l'argent et le temps,
47:03ils le font l'effort.
47:04Parce qu'en fait,
47:05quand on pose la question
47:06est-ce que vous préférez manger
47:08des produits de qualité
47:09qui viennent de 50 km
47:10qui soutiennent
47:11monsieur et madame
47:13qui ont travaillé pour vous
47:15versus une barquette
47:16des produits de moins bonne qualité
47:18issus de l'agro-industrie,
47:20quand les gens ont le choix,
47:20ils vont toujours choisir
47:22en fait les produits
47:22de meilleure qualité.
47:23Donc notre rôle à nous
47:24en tant que politique,
47:25c'est de permettre
47:26que le choix
47:27pour les consommateurs,
47:28pour monsieur et madame
47:29tout le monde,
47:29soit moins coûteux.
47:31Vous dites qu'il faut
47:31toujours changer les systèmes,
47:32je livre une hypothèse
47:33parce qu'effectivement
47:34on se dit que ça peut prospérer
47:35ces petits supermarchés locaux
47:37mais ça demande
47:39une certaine cohésion
47:40des agriculteurs entre eux,
47:41une entente,
47:42du bâti
47:42et si on ne faisait pas
47:43un système hybride
47:44où la grande distribution
47:45était forcée d'intégrer
47:46parce que la grande distribution
47:47elle vend aussi du dentifrice,
47:48des pneus
47:49et des rasoirs.
47:50Donc c'est intéressant
47:51d'avoir tout au même endroit
47:52mais que toute la partie
47:54viande, légumes,
47:55eux,
47:55soit traitée justement
47:57par un sous-sous-marché,
47:59un sous-ensemble
48:00avec un marché agricole.
48:01Est-ce que comme ça,
48:02juridiquement,
48:03ça peut tenir selon vous ?
48:04Alors je ne sais pas
48:05si ça peut tenir juridiquement
48:06mais dans tous les cas,
48:07ça posera la question
48:08de l'encadrement des marges
48:09et comment est-ce que
48:10un gros face à plusieurs petits,
48:11ce n'est pas le gros qui gagne
48:12et les petits qui perdent en fait.
48:13C'est un peu ça la logique
48:15mais aujourd'hui,
48:16au-delà de...
48:16Non mais il serait intégré
48:17à l'intérieur de ce rythme.
48:19Mais dans quelles conditions ?
48:21Comment est-ce qu'on s'assure
48:22que ça reste juste
48:23et avantageux
48:24pour les petits producteurs ?
48:25Aujourd'hui,
48:26on a quand même aussi
48:27déjà des épiceries
48:28qui sont des coopératives
48:30où vous trouvez
48:31effectivement de l'alimentation,
48:32vos produits pour le linge,
48:34de quoi faire vos courses.
48:36On a aussi déjà des modèles
48:38qui commencent à poindre
48:38où ce n'est pas juste
48:39les producteurs
48:40mais vous avez des épiceries
48:41qui, elles,
48:42centralisent des bons producteurs
48:44au même endroit.
48:45Allez, on va finir
48:45ce repas
48:46avec le péché mignon.
48:51Alors voici
48:52le temps des douceurs
48:53qui nous viennent du Levant,
48:54le moulin habillé
48:55qui exale des parfums
48:56de fleurs d'oranger,
48:57sans doute le dessert
48:58libanais par excellence,
49:00une sorte de flan au lait
49:01et non aux oeufs
49:01dont l'origine remonterait
49:02au temps des Sanacides,
49:05dynastie perse
49:05qui a régné
49:06sur le monde iranien
49:06de 224
49:07jusqu'à la conquête
49:08arabo-musulmane
49:09en 651.
49:10On fait de l'histoire
49:10en mangeant.
49:11Voilà pourquoi
49:12ce lait parfumé,
49:12on le retrouve donc
49:13en Iran,
49:14ex-Pers,
49:15en Turquie,
49:16en Syrie,
49:16mais aussi en Grèce,
49:17sous le nom de
49:18Mahab Lepi
49:19ou Malbi
49:19en Algérie.
49:21C'est l'un de mes desserts
49:21préférés,
49:22donc je vous remercie.
49:23Et vous allez nous dire
49:24pourquoi et comment
49:25vous avez découvert,
49:26alors je pensais encore
49:26à Chypre,
49:27mais comment vous avez découvert
49:29ce moulin habillé
49:30et pourquoi ça a été
49:31le coup de foudre ?
49:31On a ça en commun,
49:32que ce soit un monde,
49:34c'est aussi mon dessert
49:35préféré.
49:36En fait,
49:36moi c'est ma mère
49:37qui faisait la Malabeya
49:38quand j'étais petite.
49:40Moi je viens d'une famille
49:41qui a beaucoup vécu
49:42au Moyen-Orient.
49:44Ma mère est née en Égypte,
49:45mes grands-parents aussi,
49:46etc.
49:46Donc on a une culture
49:47familiale, culinaire
49:48qui est très très imprégnée
49:50justement de ces saveurs-là.
49:53Et vous savez,
49:53je crois que dans
49:55toutes les familles,
49:55parfois quand on rentre
49:56chez soi,
49:57il y a toujours un peu
49:57un plat signature
49:58et confort qu'on fait.
50:00Dans la catégorie
50:01de dessert,
50:01chez nous,
50:02quand on rentre à la maison,
50:03c'est la Malabeya.
50:05On l'appelle comme ça.
50:07Et toujours à la fleur d'oranger
50:08avec la pistache,
50:09avec une consistance différente
50:11de comment on la fait.
50:12Parce que ça dépend
50:13de la texturie.
50:14C'est un peu comme
50:14la panna cotta.
50:15Si c'est trop dense,
50:16si la cuillère tient comme ça...
50:17En fonction de comment
50:18elle est faite,
50:19elle peut être soit
50:19effectivement plus ou moins
50:20épaisse ou plus ou moins
50:21crémeuse.
50:22C'est votre maman
50:22qui la faisait ?
50:23Oui.
50:23Et qu'est-ce qu'elle mettait
50:24comme gélifiant,
50:26comme épaississant ?
50:27Elle est très bonne.
50:27Elle est bonne.
50:28On ne va pas se mentir,
50:29elle est très bonne.
50:30On remercie le bourbon,
50:31on sent très bien
50:31la fleur d'oranger,
50:32l'épistache,
50:33c'est très bon.
50:35Et en fait,
50:36du lait,
50:37de la maïzena
50:37et de la fleur d'oranger,
50:39c'est aussi simple que ça.
50:40Alors,
50:41ma mère,
50:41impossible de lui demander
50:43de suivre une recette
50:43puisqu'elle fait tout
50:45en goûtant et en disant
50:46« Non, mais là ! »
50:47Si on veut être plus local,
50:47on peut mettre du agar-agar
50:48ou de la gomme arabique
50:49qui donne des substances
50:51un peu moins épaississantes
50:52que la maïzena
50:53qui a tendance à donner
50:54un petit côté compact.
50:55Ça dépend du ratio,
50:56ça dépend combien de temps
50:57on la laisse reposer, etc.
50:58Enfin, nous,
50:59on la mangeait vraiment
51:00dans toutes ces nuances
51:01à la maison.
51:02Et je crois que c'est aussi
51:03un petit peu...
51:03Enfin, moi,
51:04je suis assez attachée
51:05à cette espèce
51:06de métissage culinaire
51:07qu'on a à la maison
51:08parce qu'en fait,
51:09je trouve que c'est vraiment
51:10le symptôme de
51:10« On se retrouve autour
51:11de la nourriture, quoi. »
51:12Et que la nourriture,
51:13ça nous fait voyager,
51:14ça crée des liens
51:14et que là,
51:16on est hyper...
51:16Enfin, moi,
51:17je m'appelle Marie-Charlotte,
51:17personne ne s'attend
51:18à ce que je vous ramène
51:19de la Malabéia
51:20pour l'émission de LCP
51:22et pourtant, en fait,
51:22ça fait partie
51:23de mon histoire familiale
51:24et dans quelque chose
51:25de trait viscéral, quoi,
51:26que je ressens
51:27dans ma chair
51:28et que j'ai vécu.
51:28Moi, quand je rentre
51:29dans certains magasins
51:31des puisses orientales,
51:31en fait, je suis émue
51:33parce que ça me rappelle
51:34les odeurs
51:35de quand je vivais à Chypre
51:35quand j'étais petite,
51:36les odeurs de la cuisine
51:37à la maison
51:38et en fait, ça,
51:39je trouve ça magnifique
51:40et ça me fait du coup
51:42penser tout ce métissage.
51:43Je pense au verre
51:46de Christiane Taubira
51:47dans son poème
51:47« Seuls et vaincus »
51:48qui dit
51:49« Et vos enfants,
51:51joyeux et vifs,
51:52feront ronds et farandole »
51:54et avec nos enfants,
51:56s'aimeront
51:56et feront des petits-enfants
51:57chatoyants
51:58et c'est toute l'histoire
51:59de ces métissages
52:00et de ces mélanges
52:01et la nourriture,
52:02c'est vraiment
52:03l'exemple parfait de ça, quoi.
52:05Desserts orientaux,
52:06d'autres desserts aussi,
52:07sur quoi vous craquez facilement ?
52:09Le chocolat.
52:11Et vous voyez,
52:12ça, c'est pas forcément écolo,
52:13pour le coup,
52:13quand on dit
52:14que le chocolat
52:14vient de loin et tout ça.
52:15Il n'y a pas de pureté
52:17dans ce qu'on mange
52:18et moi, j'adore le chocolat
52:19alors que pourtant,
52:21dans toutes ces déclinaisons,
52:22c'est quoi ?
52:22Fondant au chocolat,
52:23gâteau au chocolat,
52:24mousse au chocolat ?
52:25Mousse au chocolat,
52:26mais surtout,
52:27le chocolat,
52:27en tant que tel,
52:28je trouve que c'est un dessert...
52:30Je sais que tout le monde
52:31ne dira pas que c'est un dessert,
52:32mais en tout cas,
52:32c'est une manière
52:33de terminer les repas
52:34qui est quand même
52:34extrêmement agréable,
52:36qui va très bien
52:36avec un bon verre de vin,
52:38notamment,
52:39un bon verre de rouge,
52:39un carré de chocolat noir.
52:41Tout simple.
52:42Je me lance,
52:43une ardéchoise,
52:43vous devez forcément
52:44aimer le Mont Blanc.
52:46Non,
52:46parce qu'il n'y a pas
52:47assez de crème de marron,
52:49c'est ça ?
52:49Moi, je préfère
52:53je suis plutôt
52:53sur des goûts simples,
52:56ou alors de la mousse
52:57à la crème de marron,
52:57ou le fondant
52:58à la crème de marron.
52:59Ça,
52:59un bon fondant
53:00à la crème de marron,
53:01ça bat un fondant au chocolat.
53:02Ah !
53:03Le débat est ouvert.
53:05Alors là,
53:05c'est...
53:05Vous allez faire polémique,
53:07Marie-Charles Diol.
53:07Les grands desserts français,
53:08le Saint-Honoré,
53:09le Paris-Brest,
53:09tout ça,
53:10vous avez...
53:10Vous aimez ou...
53:11Paris-Brest,
53:11mon préféré,
53:12sans équivoque,
53:13depuis toujours.
53:14Très sucré, donc.
53:15On écoute la musique
53:16que vous avez choisie
53:17pour finir ce repas.
53:18Gaëlle Faille,
53:19des graines.
53:42Pourquoi Gaëlle Faille ?
53:45Alors moi,
53:45je suis une amoureuse absolue
53:48de ses mots à Gaëlle Faille
53:49puisqu'il est chanteur
53:51mais il est aussi romancier.
53:52Il a eu le concours
53:53d'hélicien pour Petit Pays
53:55et je trouve qu'il y a
53:56dans sa prose...
53:58En gros,
53:58quand on lit ses mots,
53:59on a l'impression
53:59de dire de la poésie
54:00alors qu'on lit un roman
54:01et c'est pareil
54:01quand on écoute sa musique.
54:04Et cette chanson en particulier,
54:06au moment du refrain,
54:07elle dit
54:08« Ils ont cru qu'ils allaient
54:09nous enterrer
54:09mais ils d'ignoraient
54:10que nous étions des graines. »
54:11Et du coup,
54:12je trouve que c'est un peu
54:12une ode à la résistance
54:14et à l'espoir
54:14et de se dire
54:15qu'on peut toujours revenir
54:17quand on vit des choses difficiles.
54:19Et il y a un chœur
54:20qui est très beau
54:20et moi,
54:20je me souviens
54:21de l'avoir vu
54:21aux Nuits de Fourvière
54:22à Lyon en festival
54:24et qu'il avait fait chanter
54:26toute la foule
54:27sur ce refrain
54:27et en fait,
54:28c'était un moment
54:29extrêmement bouleversant
54:30et du coup,
54:30je retiens beaucoup
54:31de force et de joie
54:31de cette chanson.
54:33Force et joie,
54:33on va continuer à l'écouter
54:34pour finir cette émission.
54:35Merci infiniment,
54:37Marie-Charlotte Garin.
54:38Merci.
54:38Merci à vous.
54:39Merci, madame Garin.
54:40À très vite sur LCP.
54:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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