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  • il y a 6 minutes
Mercredi 25 mars 2026, retrouvez Dominique Ceolin (Président et directeur général, ABC arbitrage) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:01Générique
00:10Le dernier quart d'heure de SmartBourse, chaque soir c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir c'est celui des marchés, les marchés qui sont la matière première d'ABC Arbitrage.
00:18Nous parlons des résultats annuels 2025 d'ABC Arbitrage et son président PDG est à mes côtés en plateau, Dominique
00:24Céolin.
00:24Bonsoir Dominique, merci beaucoup, ravi de vous retrouver pour parler à la fois d'ABC Arbitrage comme je le dis
00:30souvent
00:30et justement de l'environnement de marché qui est votre matière première.
00:35Sur les résultats 2025, je donne quelques métriques, notamment une que vous aimez bien mettre en avant
00:40qui est une métrique clé pour ABC Arbitrage, le retour sur capitaux, un ROE qui est solide quasiment à 15
00:48% sur l'année
00:49donc on est au niveau de la moyenne historique des 31 dernières années d'exercice d'ABC Arbitrage.
00:54Dominique, belle progression de l'activité qui croit de 15% d'une année sur l'autre
01:01dans un environnement qui en 2025, on parlera de 2026, mais qui a été favorable à l'activité aux stratégies
01:09d'ABC l'an dernier, Dominique ?
01:12Vous avez souligné les bons chiffres, merci, c'est important de souligner une progression
01:16puisque 2024 avait été positivement impactée par un résultat exceptionnel sur lequel on a longuement communiqué,
01:23je n'y reviens pas, mais donc il y a une vraie progression du résultat net et de l'activité,
01:27vous l'avez dit, c'est tout à fait exact.
01:28Donc ça c'est un point important, je pense, de montrer quand même que des progrès sont là.
01:31Vous avez aussi raison, l'année a été en partie favorable et si je redécoupe très rapidement,
01:37on a eu cinq mois au-dessus de la moyenne historique, donc très favorable pour le groupe,
01:41en particulier le mois d'avril, dont tout le monde se rappelle très bien, je pense.
01:44Même si ça a été court dans le temps, ça a été assez brutal et nous on aime bien ce
01:47genre de sport.
01:48La volatilité est un moteur de performance où les stratégies d'ABC sont designées pour...
01:53C'est bien de le rappeler, vous avez raison, nous on baigne dedans, mais vous avez raison de le rappeler,
01:58la volatilité est notre premier moteur exogène qui ne dépend pas de nous,
02:01mais je reprends souvent l'image du vent dans les voiles,
02:04donc c'est vraiment un vent fort dans les voiles quand ça monte,
02:06et donc le bateau avance plus vite avec plus de danger, mais on sait le piloter.
02:10Donc cinq mois favorables, voire même très favorables en avril, vous avez raison,
02:15quatre mois bien moins favorables, on ne s'en souvient pas,
02:18mais juin et septembre sont quatre mois quand même moins favorables pour l'activité,
02:22et puis un dernier trimestre moyennement favorable,
02:24mais dans lequel le groupe a su tirer son épingle du jeu, c'est tout à fait exact.
02:28Un point que vous mettez en avant pour rester encore sur 2025,
02:30c'est que les encours, alors qu'ils sont autour de 250 millions,
02:36250 millions, vous notez quand même qu'il y a une forme d'inertie,
02:40c'est-à-dire que les encours ne suivent pas aussi vite que ce que vous auriez pu espérer,
02:45les performances des stratégies et de l'activité d'ABC.
02:47Tout à fait, ça fait partie je pense des déceptions avouées et reconnues,
02:51néanmoins nous avons trois bonnes raisons d'être optimistes,
02:55la première c'est que nous avons modifié un de nos produits sur la demande client,
03:00on a constaté qu'il y avait une demande pour plus d'agressivité,
03:03donc on a modifié ce produit-là depuis à peu près fin 2024, pour faire très simple,
03:07donc ça fait un an que ce produit est modifié et il produit d'excellentes performances,
03:11avec plus de 10% sur la part de l'art en 2025,
03:15et puis depuis le début de l'année 2026, plus de 7,5% dans des environnements difficiles,
03:21donc on démontre à nouveau cette capacité à performer dans des environnements compliqués, en tout cas complexes,
03:27donc ça c'est une très bonne nouvelle et une très bonne raison d'être optimiste.
03:30La deuxième raison d'être optimiste, c'est cette performance qui dure maintenant depuis trois ans,
03:35donc on pense que ça va quand même finir par convaincre que le produit est bon,
03:39et il est bon parce que même dans les années moins volatiles, il amène de la performance,
03:43donc ça c'est top, ce qu'on appelle un produit chez nous, all weather, toute météo,
03:46et puis la troisième raison c'est que le pipeline se remplit,
03:49alors j'utilise souvent l'expression, je ne fais pas le malin, tant que ce n'est pas signé, je
03:52suis méfiant,
03:53mais en tout cas le pipeline se remplit, parce que nous avons avec les deux premières raisons de quoi convaincre,
03:59et donc ça c'est plutôt tout à fait positif.
04:01C'est qu'il y a toujours un peu d'inertie, les clients et les partenaires.
04:04C'est plus long que je n'aimerais, c'est plus long que je n'aimerais.
04:05J'aime bien voir un peu de track effectivement avant de s'y faire.
04:08Les due diligence sont plus longues, tout est plus long, mais en tout cas, sans garantie, nous avons des raisons
04:14d'être optimistes.
04:15Vous communiquez là, à travers la publication de vos résultats annuels, vous communiquez également sur ce quasi premier trimestre 2026,
04:23vous allez jusqu'à la date du 20 mars pour communiquer sur votre activité,
04:28et force est de constater que là, vous êtes dans un environnement, vous le qualifiez de difficile,
04:34mais dans lequel vous manœuvrez plutôt bien sur ces trois premiers mois.
04:38Oui, on a deux raisons de ce joli résultat, ou cette jolie progression en base de comparaison 2025,
04:45on compare à l'ensemble de l'année 2025, et donc la première raison qui est à nouveau la volatilité,
04:50c'est une raison exogène, elle ne dépend pas de nous, mais elle est là, et ça pour nous, on
04:54sait que c'est favorable,
04:56et donc clairement, on a toujours su faire, on se rend compte depuis un certain temps, vous le savez,
05:00et donc ça, c'est vraiment une raison exogène.
05:03La deuxième raison, c'est que les investissements réalisés depuis quelques années amènent des progrès,
05:07y compris dans cette zone-là, et ça, depuis un an, 18 mois, on pense qu'on a réussi à
05:12installer un effet
05:13qu'on appelle chez nous double turbo, c'est-à-dire avant, on avait un turbo dans la volatilité,
05:17et maintenant, on a un double turbo, donc on a une accélération, une nette accélération des résultats
05:21dans ce type d'environnement.
05:23Et ça, c'est des améliorations structurelles que vous avez apportées à vos stratégies ?
05:28C'est quoi ? C'est de la R&D, concrètement ?
05:31Exactement.
05:31Parce que c'est des stratégies qui peuvent être un peu complexes, parfois.
05:35Vous avez raison, ça fait un peu boîte noire, un peu pâche.
05:37Non, mais je ne l'ai pas dit comme ça, parce que...
05:38Non, non, mais je planche.
05:40D'ailleurs, certaines de vos stratégies sont réservées à des clients professionnels, institutionnels,
05:45exclusivement, même.
05:45Et même exclusivement, donc on n'est pas dans l'univers du retail.
05:48Non, non, vous avez raison.
05:49Mais il y a des améliorations structurelles.
05:51Oui, oui, alors les améliorations peuvent être, j'allais dire, technologiques,
05:55mais aussi en termes de modèles, d'approche de marché, de finesse, de compréhension
06:01et d'amélioration, finalement, de chaque brique du Lego.
06:04Toutes les équipes y ont contribué.
06:06Bravo à elles, parce que franchement, les progrès dans cette zone-là,
06:09le fameux, ce que j'appelle le double turbo, est vraiment présent.
06:11Alors, on l'a confirmé en avril 2025.
06:13On le reconfirme à nouveau au premier trimestre.
06:15Il faut le confirmer tout aussi régulièrement que possible, évidemment.
06:18Mais en tout cas, je suis très confiant sur cette zone de double turbo.
06:21Vous vous livrez à l'exercice également des perspectives de marché de 2026.
06:26On n'est pas dans la prévision, mais dans ce qui vous anime en matière de réflexion,
06:30une réflexion importante, c'est que peut-être que le régime de volatilité
06:34est en train de changer structurellement dans les marchés.
06:37Vous dites, alors le VIX, ça c'est votre manière de catégoriser les choses
06:40et de rentrer en zone 3, en régime de zone 3.
06:43Qu'est-ce que ça veut dire ?
06:44Et qu'est-ce qui vous fait imaginer qu'il y a peut-être un changement structurel de régime de
06:47volatilité ?
06:48Mon découpage est forcément un peu subjectif,
06:50mais on a découpé avec les équipes en 3 zones.
06:53Une zone inférieure à 15 de VIX, le VIX étant un bon proxy, un bon approximateur.
06:59Ça, c'est la mer calme, quoi.
07:00Voilà, on appelle ça la no-life zone ou la dead zone chez nous.
07:03Donc c'est vraiment, vous avez tout à fait raison, la mer calme, c'est très bien.
07:05Une zone de 15 à 18 ou 15 à 20,
07:0918-20 étant la moyenne historique du VIX sur 10 ans, 18, et sur 20-30 ans, 20.
07:14Et donc c'est une zone moyennement favorable ou moyennement calme.
07:17On commence à rentrer en zone d'alerte.
07:19Et puis la zone au-dessus de 18-20 qui est une zone de stress.
07:22Alors évidemment, plus ça monte, plus c'est stressant pour les marchés.
07:25Mais c'est clairement ces trois zones-là que nous découpons.
07:27Et donc ce qu'il faut bien comprendre et bien retenir, je pense,
07:30c'est que sur les 40 dernières années, la période exceptionnelle,
07:33ce n'est pas celle que nous vivons maintenant,
07:35c'est celle que nous avons vécue de 2012 à 2022-2023,
07:38ce que j'ai souvent appelé la période des banques centrales.
07:42C'est vraiment une période atypique qui a amené la zone 1,
07:45donc la fameuse dead zone, très majoritaire dans cette répartition du VIX weekly,
07:50enfin en semaine ou même daily, donc le journée.
07:54Et donc c'est vraiment une répartition atypique,
07:56alors que historiquement nous avions plutôt une répartition un tiers, un tiers, un tiers,
08:00voire même plutôt au-dessus de 40% dans la zone de stress
08:03et sur laquelle nous avons bâti d'ailleurs notre business model,
08:06cette répartition de 33-33.
08:08Donc oui, nous avons souffert nous en termes de modèles,
08:11mais bon ça nous pousse aussi à innover en termes de modèles dans la zone de banque centrale,
08:15mais c'est vrai que là on sent quand même des prémices d'un retour
08:18à une normalité de répartition de la volatilité.
08:21Et pourquoi ? Qu'est-ce que ce nouveau régime reflète comme risque de marché aujourd'hui ?
08:26D'abord la vie est faite qu'elle apporte sa zone où c'est problématique
08:31et donc effectivement les marchés peuvent bouger,
08:33et donc encore une fois c'est ce qui fait que sur 40 ans cette fameuse répartition
08:36était à peu près un tiers, un tiers, un tiers pour faire très simple.
08:38Donc c'est normal.
08:39Et là plus particulièrement nous arrivons probablement en fin de zone des banques centrales.
08:45Elles arrivent un peu à la limite de ce qu'elles savent faire.
08:48Elles sont prises au piège entre l'inflation et la baisse des taux
08:51à cause de l'endettement mondial qui est extrêmement significatif.
08:54Ce marteau et cet enclume pose problème aux banques centrales.
08:59Donc attention, les limites et les problèmes c'est fait pour être dépassés.
09:02On va voir ce que va faire la Fed 3.0 avec le nouveau patron d'A Fed.
09:05Le futur nouveau, oui.
09:07J'allais dire sous tutelle, c'est pas bien.
09:08Mais en tout cas, on va dire influencé fortement par le gouvernement américain.
09:12On verra ce que ça donne.
09:13Mais si on reste rationnel, il est clair que les banques centrales
09:17sont arrivées un peu à la fin de ce qu'elles savaient faire.
09:19Même si encore une fois, elles sont très présentes.
09:21La taille de leur bilan est encore 6 à 8 fois supérieure
09:23à ce qu'elles avaient en 2007 par exemple ou en 2006.
09:26Elles étaient capables de tuer la volatilité des marchés.
09:31Aujourd'hui, je ne vais pas dire que c'est elles qui génèrent de la volatilité.
09:34Mais en tout cas, elles peuvent à certains moments apporter...
09:37J'ai souvent pris l'expression du vase qui se remplit.
09:40Je pense que le vase de la volatilité se remplit.
09:42Ça ne veut pas dire que c'est certain.
09:44Ça ne veut pas dire que les banques centrales
09:45ne seront pas encore à la manœuvre dans le futur.
09:47Mais en tout cas, la probabilité de retrouver une répartition
09:50un tiers, un tiers, un tiers, augmente step by step.
09:53Je traduis le titre de l'outlook 2026 pour les marchés.
09:57C'est sous forme de question, mais 2026 pourrait être
10:00The Year of the Great Reckoning, l'heure de la grande édition.
10:03Oui, à un moment, on va falloir payer peut-être nos propres turpitudes.
10:08C'est-à-dire, en fait, je rappelle que les dettes mondiales, en 10 ans, ont augmenté de plus de
10:1450 %,
10:14en passant de 200 000 milliards à plus de 340 000 milliards, à quelques milliards près.
10:20Donc, c'est vraiment très significatif.
10:23Le deuxième point important, c'est que plus de 50 % des dettes qui vont arriver à échéance en 2027,
10:30pour être tout à fait honnête, j'ai même été surpris qu'en 2025, on n'ait pas déjà des
10:34impacts de ce type-là,
10:35même si on pourra reparler la dette privée, si vous le voulez, on sent quand même des choses qui pointent.
10:38Mais en 2027, plus de 50 % des dettes avec les anciens taux très bas vont arriver à échéance
10:44et vont devoir être renouvelées avec des taux probablement deux fois supérieurs à ce que ces anciennes dettes portaient.
10:49C'est là que ça commence à mordre, quoi.
10:51Donc, je ne dis pas qu'encore une fois, c'est certain, les problèmes seront certains,
10:55le pire n'est jamais certain, mais quand même, on arrive un peu au bout du bout du sujet
10:59et donc, effectivement, on peut penser qu'il y aura des problématiques de volatilité
11:04ou en tout cas de stress complémentaire sur les marchés.
11:06Bon, dernière question, Dominique, je laisse de côté le sujet du crédit privé,
11:10on en parle tous les jours dans l'émission, ça fait partie des points de vulnérabilité potentiels,
11:15effectivement, des marchés américains et donc ce qui se passe aux Etats-Unis,
11:18généralement, a plutôt tendance à se diffuser un peu en dehors également des marchés américains.
11:23Comment on amène ABC arbitrage, coté en bourse, bien sûr, à une capitalisation boursière
11:28de plus de 500 millions d'euros, puisque ça fait partie des objectifs du nouveau plan Momentum 2028 ?
11:33Oui, alors, pour être tout à fait honnête, on a toujours eu cet objectif,
11:36mais là, on le réaffirme plus fortement parce qu'on pense que c'est vraiment important
11:40de montrer qu'on est capable de faire de la croissance sur le cours de bourse,
11:44au-delà d'être une valeur de rendement reconnue depuis 30 ans.
11:48Donc, c'est important de faire de la croissance aussi pour nos actionnaires.
11:51Le cours de bourse actuel est décevant par rapport à nos annonces, par exemple, d'hier,
11:54et j'en suis désolé pour nos actionnaires, mais c'est à court terme, à charge à nous,
11:59de démontrer le plan en question.
12:00Et en particulier, je suis convaincu que si nous arrivons à monter les encours sous gestion,
12:05et donc à monter quelque part des recettes récurrentes,
12:07et de monter ce fameux résultat bas récurrent,
12:10alors je pense que nous aurons de quoi crédibiliser une valorisation
12:13qui ira chercher les 500 millions et plus.
12:16En tout cas, c'est bien l'objectif.
12:17Avec l'idée aussi qu'à l'occasion, vous allez pouvoir renforcer vos fonds propres.
12:22C'est important de renforcer les fonds propres dans le monde aujourd'hui ?
12:25Oui, alors, vous avez raison.
12:27Le renforcement des fonds propres va forcément dépendre de la collecte.
12:30Si on collecte, je prends des chiffres très caricaturaux,
12:33mais 3-4 milliards à terme, alors pas dans les deux ans,
12:35mais à terme, on aura moins besoin de fonds propres,
12:37mais l'industrie a évolué,
12:39la taille nécessaire pour exister dans l'industrie a évolué,
12:42et donc ABC doit aussi accompagner cette évolution.
12:46Donc ça passe aussi par les fonds propres.
12:48Donc c'est un sujet important pour nous de faire grossir l'activité,
12:51les métiers d'ABC.
12:52Et puis le deuxième point, j'allais dire encore plus simple,
12:55ou encore plus plein de bon sens,
12:57c'est qu'en fait, avec des rentabilités comme nous savons les produire,
13:00je pense que pour les actionnaires, c'est intéressant de profiter de cette rentabilité en direct,
13:04et non pas seulement par des commissions de gestion.
13:06Merci beaucoup Dominique.
13:07Merci de venir régulièrement, une à deux fois par an,
13:10parler de l'activité d'ABC Arbitrage,
13:13évidemment très directement liée à l'environnement de marché,
13:15et à l'activité de marché.
13:17Dominique Séolinde, PDG d'ABC Arbitrage,
13:19était l'invité de ce dernier quart d'heure de Smart Bourse ce soir.
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