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Lundi 23 mars 2026, retrouvez Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:04Le dernier quart d'heure de Smart Bourse, chaque lundi c'est le quart d'heure américain avec notre correspondant
00:10américain Pierre-Yves Dugas qui est à distance avec nous.
00:14Bonsoir et bienvenue Pierre-Yves.
00:16Donc je le disais en introduction de l'émission, début d'une quatrième semaine de crise iranienne et de conflits
00:23dans le golfe avec un twist dont seul Donald Trump a le secret.
00:28Qu'est-ce qu'on peut dire des derniers développements et ce renversement de situation, en tout cas qu'on
00:33observe sur les marchés Pierre-Yves et puis on pourra regarder un peu au-delà effectivement partant notamment du casse
00:41-tête que cette situation représente pour les banques centrales et pour la Fed en l'occurrence ?
00:47Alors, j'ai tendance à voir un peu le mal partout. Je me souviens très bien quand Donald Trump a
00:54dit qu'il avait un deal à 90% fait pour la paix en Ukraine.
01:01Là, il est très satisfait de la progression de discussions dont nous ignorions l'existence, discussions, négociations dont la réalité
01:12est démentie publiquement par l'Iran,
01:15qui implique Steven Whitcoff et Jared Kushner qui sont ses envoyés négociateurs au Proche-Orient, mais qui ne parlent pas
01:25directement à l'Iran, mais qui ont des intermédiaires.
01:28Et qui sont ces intermédiaires ? Ce n'est pas la Suisse, ce n'est pas la Norvège, ce n
01:33'est pas la Finlande, c'est la Turquie, le Pakistan, puissance islamique nucléaire,
01:40et l'Égypte. J'espère que les choses progressent et que les Iraniens ont sincèrement fait passer le message qu
01:53'ils étaient prêts à renoncer à l'enrichissement de l'uranium et à l'arme atomique.
01:59Ils prétendaient l'avoir déjà fait il y a un mois. Je ne sais pas, je trouve ça étrange et
02:06je garde dans le coin de la tête le fait que
02:09les hostilités ont commencé le 28 février, alors qu'il y avait déjà une forme de négociation en cours entre
02:17les Etats-Unis et l'Iran par l'intermédiaire des pays du Golfe.
02:21Donc je salue le soulagement de Wall Street, pour mon petit portefeuille, ça me permet de respirer un petit peu,
02:29mais je demande à voir.
02:32Oui, degré de confiance assez limité effectivement à ce stade et on le voit d'ailleurs. Alors si le soulagement
02:38est réel, c'est quand même un rebond qui s'est un petit peu amoindri
02:42depuis le renversement de situation et les propos de Donald Trump il y a quelques heures, Pierre-Yves.
02:49Une chose est sûre, c'est que la situation laissera sans doute quand même à minima des séquelles, pour combien
02:57de temps c'est toute la question,
02:58mais elle change quand même les paramètres, notamment pour les banques centrales et peut-être même pour la réserve fédérale
03:04américaine
03:05qui était une des rares banques centrales qui avaient encore l'option de pouvoir baisser ses taux au cours de
03:09l'année 2026.
03:11Alors je suis tout à fait d'accord avec vous. Il y a quelqu'un que je suis de très
03:16près, d'abord parce qu'il est sympathique et parce qu'il parle clairement
03:20et qu'il a une grande expérience, c'est le gouverneur de la réserve fédérale, Christopher Waller,
03:27qui avait d'ailleurs été pressenti pour éventuellement être sélectionné pour succéder à Jérôme Powell.
03:35Vous vous souvenez peut-être qu'il y a dix jours, les meilleurs experts de la banque centrale américaine nous
03:42avaient dit
03:43« Plus que jamais la Fed est divisée, le comité monétaire va encore nous pondre à communiquer avec au moins
03:51trois voies de dissension ».
03:56Tiens, c'est curieux, mais ceux qui ont prédit cela, et tout le monde se trompe dans les prédictions, moi
04:01le premier,
04:02il n'y a qu'une seule dissension dans la décision de la Fed de la semaine dernière,
04:07et c'est naturellement celui qui payait et qui envoyait par Donald Trump pour cela, c'est Stephen Byron,
04:13qui a voté pour baisser le taux des Fed funds.
04:16Mais Christopher Waller, qui l'an dernier, avec Michel Bowman, avait été en tête de l'argumentation selon laquelle
04:26le marché du travail américain faiblissant, il était urgent d'envisager des baisses de taux.
04:32Christopher Waller a voté, comme Michel Bowman, comme un seul homme, pour le statu quo.
04:38Et il s'est exprimé au lendemain de cette décision et de la publication du communiqué,
04:45et j'ai trouvé extrêmement intéressant ce qu'il a dit.
04:48Et il a dit une chose que je n'avais pas, moi, véritablement intégrée.
04:52Mais on nous explique, je cite presque mot pour mot,
04:56on nous explique, et j'ai tendance à le croire,
04:58que la croissance de la population active sera nulle cette année.
05:05Dans ce contexte-là,
05:08s'alarmer de voir que les chiffres décrèrent son aide d'emploi, comme en février,
05:12et même si on en fait la moyenne glissante des trois derniers mois,
05:16sont nulles, voire négatives,
05:17n'est pas nécessairement alarmant.
05:21Arrêtons, pour le moment,
05:23de paniquer sur la détérioration du marché de l'emploi américain.
05:27La population active n'augmente plus,
05:29parce qu'on a bloqué l'immigration,
05:30et parce que la population vieillit.
05:33Quelle est l'autre urgence qu'il a dans le double mandat de la Fed ?
05:36C'est l'inflation.
05:37Et là, Christopher Waller nous dit,
05:42un conflit qui dure un mois, d'accord,
05:44un conflit qui dure trois mois,
05:46ah non,
05:47il sera inflationniste,
05:48parce qu'il ne faut pas confondre
05:49l'effet inflationniste d'augmentation des droits de douane,
05:53et ça fait six mois qu'il plaide pour dire
05:55les droits de douane vont augmenter,
05:57mais ne vont pas nécessairement relancer l'inflation,
05:59parce que it's a one-off,
06:01c'est-à-dire c'est juste un ajustement à la hausse,
06:03et il n'y aura pas de diffusion de l'augmentation de prix
06:05dans le reste de l'économie,
06:07tandis que le pétrole
06:08entre dans la composition de toutes sortes de biens,
06:12pas simplement l'énergie pour le transport,
06:15et que dans ce cas-là,
06:17il va falloir que la Fed réagisse,
06:18et l'inflation, même pour Christopher Waller,
06:21devient le problème numéro un,
06:22les marchés l'ont très bien compris,
06:24n'anticipant plus de réduction pratiquement de taux cette année,
06:29et peut-être se préparant,
06:31si ce conflit dure,
06:33dès l'été ou l'automne,
06:36à des relèvements de taux.
06:37Ce qui nous promet une situation d'excommunication immédiate de Kevin Walsh,
06:44si ce dernier parvient à succéder à Jerome Powell suite à un vote du Congrès,
06:50parce que Kevin Walsh a été nommé sur la promesse d'être bienveillant en matière de baisse de taux,
06:56et il sera peut-être obligé de majorer les taux.
07:00Bon, on verra,
07:01la situation risque de s'imposer quand même aux banquiers centraux américains,
07:05je notais tout à l'heure une petite phrase de Stephen Mariran,
07:07qui lui continue de plaider pour des baisses de taux,
07:09et c'était le seul dissident effectivement sur le dernier FOMC,
07:12il admet lui-même que la situation actuelle
07:15pourrait amener à un moment la réserve fédérale américaine,
07:17non pas à baisser, mais à monter ses taux d'intérêt.
07:21Vous parliez de la non-croissance de la population active
07:24avec le coup d'arrêt de l'immigration,
07:26à propos d'immigration,
07:28Pierre-Yves,
07:29donc je rappelle, il y a toujours une forme de shutdown partiel aux Etats-Unis,
07:32puisqu'il n'y a pas eu de budget voté pour le département de la sécurité civile notamment,
07:36les aéroports américains sont affectés,
07:38et Donald Trump a la bonne idée d'envoyer l'ICE,
07:44la police de l'immigration dans les aéroports.
07:48Le mal par le mal,
07:51le chaos par le chaos.
07:53Depuis le 14 février,
07:55les démocrates bloquent
07:56l'adoption du budget
07:59du département de la sécurité civile,
08:01Department of Homeland Security.
08:04Ce département est énorme,
08:06et il comprend
08:08toutes sortes de police des douanes
08:10et de police de l'immigration,
08:11et également l'administration
08:13qui est chargée d'assumer la sécurité
08:16dans les aéroports.
08:19Le problème, c'est que les agents de l'immigration
08:21et du contrôle des frontières,
08:22eux, sont quand même payés.
08:24Et ils travaillent,
08:25et on les a vus à l'œuvre,
08:27notamment dans le Minnesota,
08:29avec un ZEL qui a conduit à la mort
08:31de deux citoyens américains
08:32qui protestaient contre leurs interventions,
08:35qui sont souvent agressives.
08:40En revanche,
08:41les employés du TSA,
08:44Transportation Security Agency,
08:46administration, pardon,
08:48ceux-là doivent travailler,
08:50mais ils ne sont pas payés.
08:51Cette situation dure depuis le 14 février.
08:54Que se passe-t-il ?
08:54Ils ne viennent plus travailler.
08:56L'absentéisme s'envole.
08:57Trois heures d'attente maintenant
08:59dans les aéroports à Houston,
09:01à Atlanta, à New York, à Chicago.
09:04Donald Trump propose,
09:05écoutez, on manque d'employés au TSA,
09:08on va faire venir la police aux frontières
09:11de l'immigration.
09:12Mais, a-t-il dit tout à l'heure,
09:14ils pourront travailler sans masque.
09:17Alors, les syndicats qui représentent les TSA
09:20et d'autres employés,
09:21et naturellement les démocrates qui sont derrière,
09:23disent, il est hors de question de tolérer cela,
09:27mais ils ne peuvent pas faire grand-chose.
09:29On a vu, déjà, ce matin,
09:31dans plusieurs aéroports américains,
09:33discrètement,
09:35les forces de police armées
09:38de l'immigration et du contrôle des frontières,
09:41se livrer à des tâches qui sont présentées
09:44comme complémentaires de celles du TSA,
09:47à savoir qu'ils n'assurent pas
09:48l'examen des bagages
09:51dans les centres de rayon X,
09:53mais ils vérifient les identités.
09:55Et ils essayent ainsi de raccourcir
09:58ces énormes files d'attente,
10:00mais ça n'est pas une solution
10:01au fond du problème.
10:02Il faudrait que s'engage
10:03une véritable négociation
10:06entre démocrates et républicains
10:07sur la question du financement.
10:09Les démocrates imposent des conditions
10:11qui sont rejetées par la Maison-Blanche
10:12pour le moment.
10:13L'obligation d'un mandat
10:16pour aller perquisitionner
10:17et chercher des immigrants sans papier,
10:20le port de caméras
10:22et l'abandon de l'uniforme,
10:24pardon,
10:25et l'obligation de l'uniforme
10:27et l'abandon des masques
10:28pour ces forces-là
10:30de manière à ce que les immigrés
10:31puissent les voir venir.
10:32Pour l'instant,
10:33Donald Trump ne veut pas
10:34accorder cela aux démocrates
10:36et le bras de fer continue.
10:38Avec un précédent quand même incroyable,
10:40et là,
10:41il y avait longtemps
10:42que je n'avais pas dit du mal
10:43du New York Times,
10:46on nous présente comme normal
10:48le fait que la minorité au Congrès
10:52bloque et provoque un shutdown
10:54sur une question de principe.
10:56Un jour,
10:57il y aura un démocrate à la Maison-Blanche
10:58et les républicains
10:59vont faire la même chose.
11:00Sur un autre sujet peut-être.
11:03Que diront
11:04les élites
11:05de la presse américaine ?
11:06Est-ce une manière
11:07de gérer un pays
11:08que d'obliger des fonctionnaires
11:10à ne pas être payés
11:11just to make a point ?
11:13Simplement pour
11:14humilier le président
11:15et bloquer la situation
11:17et essayer d'en tirer parti
11:18d'un point de vue électoral.
11:19Je pense que c'est une mauvaise chose
11:21pour le système politique américain
11:22et que ça ne fait pas avancer
11:24la cause de l'émocrate.
11:25Bon, mauvais calcul peut-être
11:27effectivement de ce point de vue-là.
11:28La chronique de la vie politique américaine,
11:31c'est chaque lundi
11:32dans le quart d'heure américain
11:33avec notre correspondant américain
11:35Pierre-Eve Dugas
11:36en visio avec nous.
11:37Une interview que vous retrouvez
11:38comme toutes les autres
11:39en replay sur bsmart.fr
11:41ou en podcast
11:42sur l'ensemble de vos plateformes
11:43d'écoute préférées.
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