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  • il y a 12 heures
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.

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00:00Business et la Tribune présente
00:04Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
00:09Vous êtes bien dans le 18-19, mon invité, c'est donc Thierry Blandinière, le directeur général de In Vivo.
00:15Bonsoir Thierry Blandinière.
00:16Bonsoir Edwige.
00:17Merci d'être là, ça fait longtemps que vous n'êtes pas venu.
00:19Je sais que les temps sont quand même compliqués pour vous.
00:21Vous allez nous dire justement comment vous vous affrontez, parce que vous avez des chocs un peu partout.
00:27Vous êtes, on va rappeler très rapidement, vous êtes un groupe coopératif, 200 coopératives.
00:32Vous êtes un des leaders, le leader français, bien sûr, mais vous êtes un des leaders aussi européens.
00:38Vous êtes président de l'agriculture, les céréales, le négoce, les boulangeries, le malte, très important, parce que vous êtes
00:45devenu numéro un.
00:46Et puis les jardineries, bien sûr, 11,4 milliards de chiffres d'affaires, c'est ça, c'est le dernier
00:51en date ?
00:51C'est le dernier chiffre, oui.
00:52Oui, d'accord, parce que vos résultats, c'est mi-juin.
00:55C'est au 30 juin.
00:56Le dernier fiscal, c'est au 30 juin.
00:5715 000 collaborateurs, donc c'est-à-dire que vous êtes présents, importants, dans 38 pays, notamment les pays qui
01:01font mal.
01:02Mais si je voulais absolument vous avoir là ce soir, c'est qu'on parle beaucoup de ce qui se
01:05passe sur la pénurie de pétrole,
01:08enfin le choc, en tous les cas, avec le blocage du détroit d'Hormuz.
01:12Et il y a un autre choc dont on commence tout juste à parler, mais qui est essentiel pour l
01:17'agriculture,
01:18c'est le choc, la pénurie pour le coup, d'engrais.
01:20Parce qu'en France, on apporte 100% des engrais.
01:24Et là, actuellement, il y a 21 navires qui sont bloqués dans le T-3 d'Hormuz.
01:31Et que là, il y a une grosse... Qu'est-ce que vous pouvez faire ?
01:35Du coup, on dépend des Russes.
01:37Vous avez fait de nous expliquer.
01:38Bien sûr. On a déjà vécu un choc il y a quelques années, rappelez-vous, avec la guerre en Ukraine,
01:44notamment, et la Russie.
01:47Déjà, il y a eu un choc sur les engrais conséquents, mais qui a été accompagné aussi par un choc
01:51sur l'augmentation des prix des céréales.
01:53Donc, on a déjà vécu ce moment de tension, et donc on est plutôt serein, parce qu'on sait que
01:58maintenant, effectivement, on a une expérience.
02:01Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?
02:03Effectivement, l'engrais qui est produit dans ces pays-là est plutôt à destination de l'Asie et de la
02:08Chine.
02:09Donc, ça veut dire que nous, en France, on n'a pas de rupture, de risque de rupture de chaîne,
02:13de volume pour notre agriculture européenne.
02:16Puisqu'on s'approvisionne de plus en plus au Maroc, aux États-Unis, plus en Russie.
02:21On va en parler, mais plus en Russie.
02:23Pour autant, il va y avoir un enjeu sur les prix, aujourd'hui, pour les agriculteurs.
02:28Alors, j'ai fait le point ce matin, on avait une réunion à un conseil d'administration.
02:31J'ai posé la question aux membres du conseil, qui sont des présidents de coopératives.
02:34J'ai dit, vous êtes couverts comment pour les campagnes de printemps ?
02:37En fonction des régions, on peut dire qu'en termes de prix, ils sont couverts à 80 %,
02:42sauf pour le maïs dans le sud-ouest, ou plutôt à 50 %.
02:45Donc, ça veut dire que l'impact n'est pas direct.
02:47Pour autant, il y a des agriculteurs qui ne sont pas couverts, et qui, eux, vont avoir un énorme problème.
02:51Alors, qu'est-ce qui va se passer ? Il va y avoir des arbitrages sur la production.
02:54Puisque les engrais sont chers, soit ils ne vont pas produire, soit on va produire d'autres cultures moins gourmandes
02:59en engrais.
03:00Ça veut dire quoi ?
03:01Ça veut dire qu'il va y avoir un impact sur les volumes pour le marché des céréales à terme.
03:07Et donc, ça veut dire que potentiellement, comme ça va se reproduire dans le monde entier,
03:11c'est-à-dire que tous les agriculteurs du monde entier vont avoir cet arbitrage de moins produire.
03:15Oui, parce qu'il y a quand même un million de tonnes qui sont bloquées dans le départ.
03:18Exactement. Et donc, du coup, par rapport au manque de production potentielle,
03:20on va avoir certainement une inflation sur les céréales, plutôt à la rentrée, d'une manière significative.
03:28Et donc, ça veut dire pour le consommateur et pour les produits transformés,
03:31une augmentation des prix, plutôt en fin d'année ou en janvier.
03:36Quel est le montant ? On ne sait pas encore.
03:39Mais l'an dernier, on avait vécu, pendant trois ans, une inflation cumulée de 15 %.
03:45Et donc là, sur les produits alimentaires à la fin.
03:48Ah, sur les produits alimentaires à la fin.
03:50Vous pensez qu'on va être dans ce même scénario ?
03:52Alors, est-ce qu'on va aller jusque-là ?
03:54C'est ça la question aujourd'hui qui est devant nous.
03:55Tout dépend de la guerre aujourd'hui en Iran.
03:58Est-ce qu'elle va s'arrêter ou pas ?
04:00Mais si elle ne s'arrête pas, il n'y a aucune raison qu'on n'ait pas un scénario
04:03inflationniste de cette dimension.
04:05D'accord. Donc, ce que vous êtes en train de nous dire, c'est que,
04:08non seulement, il y a l'inflation due à l'énergie, au coût de l'énergie,
04:11mais là, il y a une inflation qui sera presque plus grande,
04:15si j'écoute les chiffres que vous nous donnez, Thierry Blandinière,
04:18une inflation qui sera supérieure à cause des engrais.
04:22Exactement, parce que les engrais, ça peut être plus durable que l'effet spéculatif sur les céréales.
04:27La chance qu'on a aujourd'hui, c'est qu'il y a un stock mondial de céréales très élevé.
04:31Si bien qu'aujourd'hui, les marchés ne calculent pas des tensions sur les prix.
04:35Mais dans six mois, l'offre et la demande vont sûrement se déréguler.
04:38Et là, il va y avoir des arbitrages de couverture et d'inflation sur les prix.
04:42De combien ? Je ne sais pas aujourd'hui.
04:44Tout dépend de l'impact sur les engrais.
04:46Vous savez, l'an dernier, il y a deux ans, trois ans, pardon,
04:50au moment de la crise en Ukraine,
04:51les engrais étaient montés jusqu'à 800 euros la tonne, 1000 euros la tonne.
04:55Aujourd'hui, on est à 500 euros la tonne.
04:57Vous voyez qu'on n'est pas encore sur le pic qu'on a connu,
05:01donc il y a trois ans.
05:02Mais, attention, tout dépend de la guerre.
05:07Là, il y en a un qui, une fois de plus, va peut-être tirer son épingle du jeu,
05:11parce que c'est le premier producteur d'engrais.
05:13C'est la Russie, la Russie qui va renforcer ce pouvoir-là aussi.
05:19Si je dis aussi, c'est parce que sur le pétrole,
05:22même si ce n'est pas aussi spectaculaire,
05:23mais ça veut dire que vous pourriez de nouveau importer de Russie
05:28de l'engrais au niveau européen ou d'autres pays ?
05:32Alors, on parlait de géopolitique du lait.
05:34Vous vous rappelez, il y a trois ans,
05:35il y a aussi une géopolitique des engrais maintenant,
05:38puisque la Russie peut utiliser et livrer ses engrais
05:41dans des pays qui étaient clients de l'Iran
05:45ou de la zone aujourd'hui en guerre.
05:47Donc, ils vont déjà tirer un bénéfice
05:49en trouvant des nouveaux clients,
05:51en répondant aux demandes de certains pays africains,
05:53notamment, qui, du coup, vont s'arbitrer
05:56avec de l'engrais russe.
05:59Donc, pour lui, il va peser de plus en plus
06:01sur la géopolitique mondiale.
06:03Donc, c'est un argument supplémentaire pour Poutine,
06:06une arme supplémentaire.
06:07C'est un effet d'aubaine.
06:09Je pense qu'il saura en tirer profit.
06:11Et pour revenir sur la France,
06:13qu'est-ce qui est important aujourd'hui
06:14par rapport aux agriculteurs ?
06:16C'est important qu'au niveau de l'Europe,
06:18on soit en capacité de les protéger.
06:19Comment les protéger ?
06:20C'est déjà arrêter et s'arbitrer
06:23sur les droits douaniers,
06:25sur les taxes aujourd'hui, sur les tarifs.
06:27Parce que, je vois, quand vous importez,
06:28par exemple, du Maroc,
06:29vous importez des États-Unis,
06:30vous avez des taxes de 8, 10, 16 %.
06:33Il faudrait faire un moratoire sur les engrais.
06:34Sur les engrais, on est toujours sur les engrais, évidemment.
06:36Du coup, finalement, sur les engrais,
06:38effectivement, il faudrait qu'on ait un moratoire
06:39en moins d'un an.
06:40Les taxes, vous savez, carbone,
06:43devraient être aussi arrêtées.
06:44Ça va jusqu'à 60 euros la tonne.
06:46Aujourd'hui, ce n'est pas très clair avec Bruxelles.
06:49Donc, du coup, il faudrait un moratoire clair et net
06:51au niveau européen
06:53pour arrêter ces taxes
06:54et aider les agriculteurs
06:56à pouvoir acheter plus cher les engrais,
06:58mécaniquement liés, effectivement,
06:59à l'inflation en cours.
07:00Il faut aussi s'actualiser une démarche européenne.
07:02Il y a des discussions là-dessus ou pas du tout ?
07:04Oui, il y a des discussions en cours.
07:06Il faut faire attention à ce que chaque pays,
07:08parce que c'est le cas aujourd'hui,
07:09ne commence pas à interpréter la crise
07:12et à apporter des solutions au niveau national.
07:14L'Espagne, aujourd'hui, a dit
07:16je vais compenser 22 euros la tonne tout de suite.
07:18Sur les engrais ?
07:19Sur les engrais.
07:20Absolument, parce qu'ils le font sur le pétrole.
07:22Ils le font sur le pétrole.
07:22Mais tout ça, c'est déstabilisant
07:24par rapport à la politique agricole commune.
07:25Donc, il faut rapidement
07:26que l'Europe reprenne la main là-dessus
07:28et une politique massive,
07:30envoyant un signal massif
07:31aux agriculteurs européens.
07:34Oui, mais pour l'instant,
07:36il y a une prise de conscience
07:37au niveau des pouvoirs publics ?
07:39Il y a des discussions en cours,
07:40ça c'est certain.
07:40Je sais que les syndicats, bien sûr,
07:43sont en première ligne là-dessus.
07:44Le monde coopératif aussi.
07:46Donc, les discussions sont sur la table.
07:47Mais on est un peu frileux
07:49au niveau du ministère de l'agriculture aujourd'hui.
07:51La ministre en a conscience,
07:54a annoncé certaines mesures
07:55qui sont qualifiées parfois
07:56de mesurettes pour le moment
07:57par certains syndicats.
07:59Mais l'idée, c'est d'aller plus loin, effectivement.
08:00Ce n'est pas assez massif.
08:01On ne prend pas vraiment la crise à pleine main.
08:04Oui, mais ce que vous nous dites,
08:05c'est que là, ce que ça risque,
08:06c'est l'impact.
08:08C'est-à-dire, c'est l'aspect
08:08du phénomène de boule de neige.
08:10C'est-à-dire qu'il y a un impact
08:12au niveau des engrais,
08:13après sur les céréales,
08:14et puis après, évidemment,
08:15sur les produits transformés.
08:17Oui, parce que si les agriculteurs
08:18arrêtent de produire,
08:19on a une inflation.
08:20Donc, il vaut mieux les aider
08:21pour essayer qu'ils continuent
08:22à produire dans les meilleures conditions,
08:23donc avec des taxes en moins, ponctuelles,
08:27plutôt que de dire,
08:28vous n'êtes pas,
08:28vous allez payer des taxes.
08:29Et donc, la réponse,
08:30c'est qu'on va réduire la production
08:31et du coup, on aura
08:32de l'inflation programmée.
08:33Oui, il y a une autre solution
08:34que pourraient dire peut-être
08:36des voix plus écologistes,
08:38c'est de dire,
08:39il faut mettre moins d'engrais.
08:42Alors, on peut débattre là-dessus
08:43sur la qualité de l'engrais, etc.
08:45parce qu'il y a différentes initiatives.
08:46Mais la conséquence,
08:47c'est moins de production.
08:48Donc, c'est de l'inflation.
08:49Ah non, parce que je croyais
08:50qu'on pouvait trouver
08:50des engrais verts de plus en plus.
08:52Alors, il y a des engrais verts,
08:53mais aujourd'hui...
08:53Il y a des recherches
08:54très importantes là-dessus.
08:55Alors oui, il y a différents projets,
08:57on pourra en reparler.
08:58Mais aujourd'hui,
08:59on n'a pas la masse d'engrais verts
09:01suffisant pour substituer
09:02les importations.
09:04D'ailleurs, c'est un peu le problème
09:05quand on parle
09:05de souveraineté alimentaire.
09:06Moi, je l'avais dit,
09:07je crois, sur ce plateau
09:08il y a deux ou trois ans,
09:09c'est un peu l'éléphant dans la pièce,
09:10c'est qu'on parle
09:11de souveraineté alimentaire,
09:12mais le chénon manquant,
09:13l'engrais, personne n'en parle.
09:15Et aujourd'hui, il y a un sujet
09:16de relocaliser
09:17cette production d'engrais en Europe.
09:18Oui, mais parce que
09:19c'est vous,
09:20vous envisagez ça.
09:22Vous avez dans vos cartons,
09:24toujours, justement,
09:26c'est un sujet
09:26dont on parle régulièrement,
09:28à long terme,
09:29mais oui,
09:29vous auriez pu le faire.
09:31Alors, on a un autre projet
09:32qui s'appelle Fertigy,
09:33c'est l'idée de faire
09:34des engrais décarbonés,
09:36donc pour 500 000 tonnes.
09:37C'est pour 2038, non ?
09:39Non, 2032.
09:402032, pardon.
09:40C'est déjà là.
09:41En fait, il faut aussi
09:42apporter des solutions courtes.
09:43Mais vous le maintenez
09:44parce que c'était un peu
09:45dans vos cartons quand même.
09:45Non, non, on le maintient.
09:46On a eu des accords.
09:48Donc, c'est un site Cébézo.
09:49Donc, sauf s'il y a des recours.
09:51C'est jamais.
09:52Parce qu'il faut quand même voir
09:53que les populations
09:53ne sont pas très...
09:55Dans la zone où on est,
09:56théoriquement,
09:56on n'a pas de recours.
09:57Tout se passe bien.
09:58Donc, je croise les doigts
09:59pour que le projet avance
10:00parce que ce serait vraiment
10:01une usine pilote.
10:03500 000 tonnes d'engrais verts
10:04aujourd'hui produits
10:06sur la région nord de la France.
10:08Donc, c'est à peu près
10:0915% du marché.
10:11Si cette usine fonctionne,
10:12c'est-à-dire
10:13si elle trouve ses clients
10:14avec des engrais verts
10:14au bon prix,
10:16on peut en construire d'autres.
10:17Il y aura d'autres initiatives.
10:18Et donc, du coup,
10:19avec 5, 6 usines comme ça en Europe...
10:20Est-ce que les populations
10:20sont prêtes à accepter
10:21des usines comme ça ?
10:22Mais c'est le problème
10:22de l'industrie en France.
10:23Alors, est-ce qu'on veut
10:24remettre de l'industrie en France ?
10:25C'était ça aussi.
10:26On cochait toutes les cases
10:27avec ce projet.
10:28On ramenait de l'industrie en France.
10:30On défendait notre souveraineté alimentaire.
10:31Donc, on a le soutien
10:32du président de la République.
10:33On lui avait présenté.
10:34On a le soutien des ministres.
10:35Tout le monde nous soutient
10:36sur ce projet
10:36parce qu'il coche toutes les cases.
10:37Mais c'est une vision de long terme.
10:39Ça ne règle pas
10:40le problème court terme.
10:41Mais il faut les deux.
10:41Il faut avoir la vision de long terme
10:43avec ce projet et d'autres.
10:44Et le court terme,
10:45et là, c'est simplement
10:46une question d'argent.
10:47Comment on arbitre ?
10:48L'autre conflit
10:49où vous étiez très présent,
10:51très impacté,
10:52je crois que vous avez
10:52encore 500 personnes.
10:53C'est ça, en Ukraine,
10:54à peu près ?
10:54Oui.
10:57Vous aviez...
10:57Parce que la question se pose,
10:59il faut être un peu optimiste,
11:00c'est comment préparer
11:01l'après-guerre ?
11:02On sait qu'il y a déjà
11:03les Chinois,
11:04les Russes, évidemment,
11:05qui...
11:06Parce que via la mer Noire,
11:07on a accès à toute la Méditerranée.
11:10Vous aviez le projet,
11:11enfin, en tous les cas,
11:12c'était un peu...
11:13Oui, c'était un peu dans l'air,
11:15de créer un silo portuaire.
11:17Est-ce que vous avez toujours
11:18ce silo ?
11:19Parce qu'à partir de là,
11:20vous pouvez exporter
11:22vers l'Arabie Saoudite,
11:23l'Égypte...
11:24Mais là, on est maintenant,
11:26peut-être que les scénarios
11:28sont contrariés.
11:29Le fameux corridor d'Odessa,
11:31dont on parlait aujourd'hui,
11:32il est quand même sous pression.
11:34Le silo qu'on avait prévu
11:36de reprendre
11:37a été bombardé récemment.
11:39Personne n'en parle,
11:40parce qu'on ne parle plus du tout
11:41de ce qui se passe en Ukraine.
11:42Mais au contraire,
11:43il se passe beaucoup de choses
11:44et les Russes accélèrent.
11:45Donc, il y a beaucoup de bombardements
11:46et ce silo-là sur Odessa,
11:48il a été partiellement détruit.
11:50Alors là,
11:51les Ukrainiens,
11:51ce soir,
11:52ils viennent de bombarder un port,
11:54justement,
11:54en Russie.
11:55où la bataille de la mer Noire
11:56est essentielle,
11:57vous le savez bien,
11:58les Russes n'ont pas trop de marines
11:59aujourd'hui.
12:00Ils ont perdu pas mal de bateaux.
12:02Les Ukrainiens ont plus ou moins
12:03la main,
12:04mais ça ne suffit pas.
12:05Donc, aujourd'hui,
12:06investir dans ces conditions-là,
12:07ce n'est juste pas possible.
12:08Donc, on attend.
12:09Mais le projet était là aussi.
12:11Donc, on attend.
12:12On espère qu'il y aura
12:12un accord,
12:13un moratoire,
12:13un jour,
12:14un statu quo.
12:15Mais vous étiez très...
12:15Je disais que vous étiez
12:16un peu sur tous les fronts.
12:18Mais aujourd'hui,
12:19je veux dire,
12:19c'est compliqué,
12:20parce que les fronts
12:21sont devenus
12:21des théâtres de guerre.
12:23Donc, vous étiez
12:24en Ukraine.
12:26Vous étiez aussi
12:27au Moyen-Orient.
12:29Arabie Saoudite.
12:29Alors là,
12:29c'est une autre...
12:30Pardon ?
12:30Arabie Saoudite, oui.
12:31Arabie Saoudite, oui.
12:33Un autre théâtre
12:33qui n'est pas de guerre.
12:34Enfin, c'est une guerre commerciale.
12:35Donc, c'est quand même
12:36aux États-Unis.
12:37Donc, là,
12:37il y a la question
12:38des droits de douane.
12:39C'est compliqué.
12:40Est-ce que vous allez modifier
12:42la stratégie d'Invivo,
12:43du coup ?
12:43Parce que vous êtes
12:44un peu contraints et forcés.
12:45Alors, il faut s'adapter
12:46toujours.
12:47C'est une question d'agilité.
12:48Mais on continue quand même
12:49à avancer.
12:49J'étais récemment
12:50en Afrique du Sud.
12:51On a ouvert
12:52une nouvelle malterie.
12:54J'étais en Inde,
12:54à New Delhi,
12:55il n'y a pas si longtemps aussi,
12:56où on a un projet
12:57d'ouvrir une malterie.
12:59Donc, il y a des marchés
12:59qui sont encore
13:00un peu protégés
13:01et en croissance.
13:02Donc, on continue à investir
13:03sur les marchés du futur.
13:05Par contre, il est clair
13:06qu'en Europe,
13:06on réduit actuellement
13:07la voie dure
13:08et puis on essaye
13:08de tenir au mieux
13:10notre rentabilité
13:11sur cette zone
13:12qui est aujourd'hui
13:12sous pression.
13:13Ça, c'est sûr.
13:14Oui, mais en même temps,
13:14si on regarde un peu
13:16vos différentes activités,
13:18le Malte,
13:18le Malte, c'est difficile.
13:20Vous étiez venu ici,
13:21vous avez fait
13:21l'acquisition
13:23en Australie.
13:25Ça a été très important.
13:27Il y a eu soufflé.
13:28Vous avez fait
13:29des grosses acquisitions.
13:31Mais aujourd'hui,
13:32ça peine quand même
13:33à...
13:34Ça va moins vite
13:35que prévu.
13:36Mais pour autant,
13:37il faut penser le temps long.
13:38C'est un peu
13:38notre façon de faire
13:40quand on est investisseur.
13:41Il faut penser le temps long.
13:43considère qu'il y a
13:43une crise à passer.
13:44On a des raisons
13:45d'y croire aussi.
13:46Donc sur le Malte,
13:47on est toujours
13:48bien sûr leader mondial.
13:49Nos clients,
13:50les brasseurs,
13:50les distilleurs
13:51ont un peu de pression
13:52aujourd'hui sur la consommation.
13:53Mais ça dépend des zones.
13:55Par exemple,
13:55en Inde,
13:55c'est difficile.
13:56Voilà.
13:58Pas trop.
13:58En Inde,
13:58il y a toujours
13:59une très bonne consommation
14:00sur une montée en gamme
14:01possible sur la bière
14:02ou sur les whisky notamment.
14:05Avec Pernod Ricard,
14:06je cite les marques
14:07et les partenaires.
14:07Voilà, mais quand même
14:08Inecken, etc.
14:09Donc on a quand même
14:09des partenaires solides
14:12dans ces pays-là.
14:13On n'y va pas tout seul.
14:14On y va pour créer
14:15une chaîne de valeur complète.
14:17Et donc le Brésil
14:18et le Mexique,
14:18on est présent aussi.
14:19Bon, ils ne vivent pas
14:21si mal que ça
14:21la crise aujourd'hui.
14:22La consommation
14:23est toujours là.
14:24Donc on passe du temps
14:24dans ces pays
14:25et on patiente
14:26dans les pays aujourd'hui
14:27où la consommation
14:29est à tonne.
14:30Et vous avez gagné
14:30l'argent sur le premier semestre
14:342025-2026,
14:34enfin 2025 plutôt, non ?
14:36On a des activités
14:37très profitables
14:38malgré tout
14:39qui est le Malte.
14:40Une activité très profitable.
14:41Donc ça,
14:41c'est très important.
14:43La boulangerie industrielle
14:44aussi, c'est un marché
14:45qui est en pleine croissance
14:46au niveau mondial.
14:47Vous avez vu,
14:47ça bouge beaucoup.
14:48Il y a beaucoup d'acquisitions
14:49actuellement dans le secteur
14:49avec des valeurs d'entreprise.
14:51d'acheter l'Espagnol
14:52pour devenir libéral.
14:53C'est intéressant
14:54comme marché,
14:54c'est un marché
14:55à côté du mal.
14:56La boulangerie surgelée ?
14:56Absolument,
14:56c'est en boulangerie
14:57en BVP comme on dit.
14:58Oui,
14:58c'est surgelée.
14:59Et donc ça,
15:00on va continuer à investir aussi
15:01parce qu'on est sur les marchés
15:02potentiellement porteurs
15:03et mondialisés.
15:04Pour les autres métiers,
15:05je ne vous cache pas
15:06qu'on est sous pression
15:07et qu'on est en train
15:07d'ajuster nos charges
15:09et nos coûts.
15:09Donc ça veut dire
15:10des sessions potentielles ?
15:11Des sessions
15:12ou des fusions potentielles
15:14avec d'autres acteurs.
15:15Ah,
15:16des fusions
15:16avec d'autres acteurs ?
15:17Alors je prends un exemple,
15:18une petite filière du vin par exemple,
15:19on vient d'annoncer
15:20que notre société Cordier
15:21s'est rapprochée d'Advini
15:23pour fusionner nos activités
15:25face à la crise du vin.
15:26Vous voyez ?
15:27Donc ça s'est annoncé
15:27il y a 3-4 semaines.
15:29Donc on réfléchit aussi
15:31à des partenariats.
15:32Alors parfois,
15:32on peut être majoritaire
15:33ou minoritaire.
15:34On verra en fonction
15:35des stratégies
15:36et des filières
15:37que l'on souhaite développer.
15:38Sur,
15:40j'ai une question là-dessus,
15:41justement,
15:41les partenariats,
15:42ça ne vous a pas toujours réussi,
15:43on va en dire un mot.
15:45Mais juste avant,
15:46vous êtes dans la jardinerie,
15:48les Jardiland,
15:49Gamver,
15:50là aussi,
15:51quand même,
15:52ça souffle
15:52parce qu'il y a eu
15:53un effet Covid positif.
15:54Mais aujourd'hui,
15:55ça peut estomper
15:56et surtout maintenant,
15:57vous avez la concurrence
15:58de la grande distribution.
15:59Est-ce que vous serez tenté
16:01de trouver un partenariat
16:02pour reprendre votre expression,
16:04série Blandinière,
16:04ou au contraire,
16:06peut-être de céder Jardiland,
16:08voire Gamver ?
16:09Alors Gamver,
16:10il n'est pas question
16:11de céder Gamver,
16:11c'est la marque,
16:13on va dire,
16:13qui fédère
16:13toutes les coopératives françaises
16:15et donc avec une spécificité
16:16très agricole.
16:19Il y en a fait tout ce cétatif
16:20trop fort.
16:21Et qui est assez rentable
16:22parce qu'on n'est pas
16:24trop exposé
16:25comme Jardiland
16:25parce qu'on n'est pas
16:26100% végétal.
16:28On est aussi sur
16:29les produits alimentaires,
16:30les locaux,
16:30on est dans des zones
16:33de petites villes
16:34avec des loyers
16:34qui ne sont pas si chers que ça.
16:35Donc les Gamver sont rentables,
16:37ça c'est sûr.
16:37Mais Jardiland, non.
16:38Jardiland,
16:39c'est plus compliqué
16:39sur les gros magasins
16:40puisque comme effectivement
16:41il y a une baisse de consommation,
16:42on a des charges fixes
16:43qui sont importantes.
16:45Alors ce qu'on fait aujourd'hui
16:45sur Jardiland,
16:47c'est qu'on réfléchit
16:48à franchiser
16:48nos succursales
16:49de manière à alléger
16:51nos charges.
16:52Donc je sais que
16:52beaucoup de secteurs
16:53dans la grande distribution
16:56sont partis
16:57dans cette tendance.
16:58Aujourd'hui,
16:58j'ai 80 succursales
17:00Jardiland,
17:00on va les transformer
17:01en franchises.
17:02Donc ça va alléger
17:03notre modèle.
17:04D'accord.
17:05Puisque vous parliez
17:06de partenariat,
17:06vous aviez,
17:07avec Terrac,
17:08vous aviez fait une opération
17:10qui a fait beaucoup de bruit
17:12et avec Xavier Niel,
17:13Mathieu Pigas,
17:15Mouez Zouary,
17:16c'était pour acheter casino,
17:18enfin une partie de casino,
17:19une grosse partie de casino.
17:21Bon, ça a échoué.
17:22Est-ce que ça y est,
17:23l'acte de divorce
17:24a été annoncé
17:26ou pas complètement ?
17:27Parce qu'il y avait
17:27une cotation en bourse.
17:29Donc il faut compliquer.
17:31On a lancé
17:32un retrait de cote.
17:33Donc on est dans le processus
17:35du retrait de cote.
17:36Si tout va bien,
17:37je pense que fin mai,
17:38on verra bien,
17:39ou début juin,
17:39on aura retiré Terrac de la cote.
17:42Ça veut dire
17:43qu'on aura remboursé
17:44nos actionnaires
17:44et puis on aura remboursé
17:47aussi nos partenaires.
17:49Donc voilà,
17:49le projet, c'est ça.
17:50Et la facture,
17:51c'est combien ?
17:53Ça a été communiqué,
17:54c'est 3,12 euros l'action.
17:56Oui,
17:57mais au total,
17:58au total,
17:58on ne va pas faire
17:59le calcul ici.
18:00Je n'ai pas la facture totale,
18:01mais vous avez une estimation.
18:02C'est une société cotée,
18:03donc moi je vous dis,
18:04c'est 3,12 euros l'action.
18:07Donc tout le monde
18:08aura cette valeur.
18:10à 3,12 euros.
18:11Vous ne voulez pas me dire
18:12la facture finale ?
18:13Je ne la connais pas en fait.
18:14Non, mais bon,
18:15un ordre de grandeur.
18:16Je ne la connais pas.
18:17Je ne peux pas vous dire.
18:17Moi aussi,
18:17vous la connaissez forcément,
18:18sinon vous ne serez pas lancé
18:19dans cette opération.
18:20Je ne la connais pas.
18:20De retrait de cote et tout,
18:22vous avez bien où est-ce que vous allez ?
18:23Vous avez une idée quand même
18:24où est-ce que vous allez ?
18:25Nous, on va reprendre les actions.
18:27On prenait le flottant
18:28à 3,12 euros.
18:29Donc voilà,
18:30une certaine somme
18:31qui va nous permettre
18:32de racheter.
18:34Et puis ensuite,
18:36on va pivoter
18:38sur le modèle franchisé
18:39sur Jardinland.
18:40C'est ça le projet.
18:41C'est pour ça,
18:42on change de braquet.
18:43Pour revenir sur le dossier
18:45Casino,
18:46on était effectivement
18:46les premiers
18:47à travailler.
18:49on n'a pas voulu mettre
18:50un milliard d'euros
18:51pour aller plus loin.
18:52Donc on a laissé
18:53le mieux-disant passer.
18:54Et là,
18:55vous vous dites heureusement
18:56qu'on l'a laissé passer.
18:57Comment vous voyez
18:57la bien de Casino ?
18:58Je n'avais pas de commentaire
18:58sur la situation.
18:59Pourquoi ?
19:01Le commentaire que je peux faire,
19:02c'est que les enjeux
19:04qu'on avait listés à l'époque
19:07se passent.
19:08Donc on voit bien
19:08les défis
19:09que Casino a relevé maintenant.
19:12Mais il peut les relever.
19:14Tout est possible dans la vie.
19:15Mais ces défis
19:16sont considérables.
19:19Un mot quand même aussi.
19:21On a vu qu'il y a un accord
19:23qui doit être signé,
19:24enfin qui va être signé
19:25entre l'Union européenne
19:26et l'Australie.
19:27Vous êtes très présents.
19:29Il y a eu le Mercosur.
19:31Donc l'accord a été signé
19:32malgré la France.
19:34Et donc,
19:35je ne sais pas si vous avez vu
19:36l'éclaration tout à l'heure
19:38de la FNSEA
19:39et des jeunes agriculteurs
19:40en disant
19:40que la Commission européenne
19:41persiste dans sa politique
19:42de démantèlement
19:43de notre outil
19:44de production agricole
19:45en annonçant
19:47cette signature,
19:47etc.
19:48Vous êtes d'accord avec eux ?
19:49Avec la FNSEA ?
19:50Vous êtes alignés ?
19:51Ou au contraire,
19:51vous pensez que c'est
19:52une opportunité aujourd'hui ?
19:54C'est toujours difficile
19:56ces accords internationaux
19:57parce que pour certaines
19:58filières agricoles,
19:59il y a des avantages.
20:00Pour d'autres filières,
20:01il y a des inconvénients.
20:02Donc c'est des arbitrages
20:02toujours difficiles.
20:04C'est vrai que la filière bovine
20:05est toujours en première ligne
20:06dans ces dossiers.
20:08Et donc c'est compliqué.
20:10Je comprends l'inquiétude aussi
20:11de la FNSEA
20:12et des syndicats à l'école
20:13sur cette filière
20:14parce qu'il faut absolument
20:16réguler ça.
20:17C'est-à-dire qu'il faut
20:17des clauses de sauvegarde
20:18qui soient vraiment sécures.
20:20C'est que tant que la valeur
20:20est tenue,
20:22il faut pouvoir dire
20:23OK.
20:23Le jour où on voit
20:24qu'il y a une dégradation
20:25de la valeur,
20:25il faut pouvoir dire stop.
20:26Donc il faut que les clauses
20:28de sauvegarde soient robustes.
20:30Oui, et pour l'instant
20:31elles ne le sont pas.
20:32Et en tout cas,
20:33aujourd'hui,
20:34elles n'ont pas fait
20:34la démonstration suffisamment
20:37pour assurer les agriculteurs.
20:39Toute dernière question
20:40sur la surexposition
20:41au cadmium,
20:42notamment avec les céréales.
20:46Donc c'est clairement
20:47la principale cible,
20:51l'alimentation.
20:52Et l'ANSES vient de rendre
20:53les conclusions
20:54d'une vaste enquête
20:55qui dit qu'il faut absolument
20:57faire quelque chose
20:57justement sur les sols agricoles
20:59et les teneurs de fertilisants,
21:01les engrais, etc.
21:03Est-ce que vraiment
21:04on est contaminés
21:06au cadmium, nous ?
21:08Chacun, tous les Français ?
21:09Non, je pense qu'il faut
21:09rassurer tout le monde.
21:11Ce n'était pas très rassurant
21:12cette enquête de l'ANSES.
21:12Mais ce n'est pas rassurant,
21:13mais j'ai découvert ça ce matin.
21:14ANSES a sorti une communication
21:16un peu brutale.
21:17Ah, très brutale.
21:18Parce qu'en fait,
21:19ce qu'il faut comprendre,
21:19c'est que...
21:20On est touchés par les céréales
21:21du petit déjeuner,
21:22les pâtes, les canoiseries,
21:23les pâtisseries,
21:24tout ce que vous faites,
21:26Thierry Bordinaire.
21:26Les fruits et légumes aussi.
21:27Les fruits et légumes.
21:28Il y a tout.
21:28Pâtes, riz, blé.
21:30Voilà.
21:30Donc je crois que c'est
21:31un peu brutal comme communication.
21:32En tout cas,
21:33ce n'est pas très pédagogique.
21:34Parce que ce que je peux
21:35vous dire là-dessus...
21:35Parce qu'il y a une réalité.
21:36Mais en tout cas,
21:37la réalité, c'est quoi ?
21:37C'est que depuis déjà
21:3910-15 ans,
21:40on fait beaucoup d'efforts
21:40et que nous, en France,
21:41on applique la réglementation européenne.
21:44Qui est un certain niveau,
21:45je ne le vois pas
21:45dans les détails techniques,
21:49de poids
21:49de tel ou tel métaux
21:52aujourd'hui
21:53dans les unités d'azote.
21:56On respecte ce quota.
21:58Et on va même plus loin.
21:59In vivo,
21:59nous, on a créé Fertiline
22:00et on a lancé un label
22:02qui fait qu'on pousse encore
22:04le quota trois fois plus bas.
22:06Et donc l'idée,
22:07peut-être demain,
22:08c'est qu'effectivement,
22:09la nouvelle norme européenne
22:09soit le quota du label.
22:11Donc nous,
22:11on est favorable à ça
22:12pour rassurer les consommateurs.
22:14Oui, mais la ministre de l'Agriculture
22:15vient de dire
22:16qu'il y a un décret
22:17qui est attendu
22:17pour une réduction
22:18très progressive des seuils.
22:20Parce qu'il faut aller
22:21encore plus vite.
22:22Non, mais il y a déjà
22:23des choses qui sont en avance.
22:24Nous, on vend
22:25un million de tonnes d'engrais,
22:2720% du marché
22:27et on est en capacité
22:29aujourd'hui
22:30de livrer 25%
22:31de notre production
22:32avec ce nouveau label.
22:33Donc on ne part pas de rien.
22:34Je veux rassurer les consommateurs,
22:35on ne part pas de rien.
22:36Il y a beaucoup de choses
22:37positives qui sont faites.
22:38Maintenant,
22:38il faut l'accélérer.
22:40Merci beaucoup,
22:40Thierry Bordinaire,
22:41d'être venu ici
22:42nous expliquer un peu
22:43tous les enjeux,
22:43notamment sur l'engrais,
22:45mais les enjeux aussi
22:46pour In vivo.
22:48Merci beaucoup.
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